Deux mille dix-huit

SPECTACLE VIVANT

Une année record (j’avais déjà dit cela l’an passé, mais j’ai de nouveau battu mon record, c’est moi qui ai la plus longue, pour une fois). Alors même que cette année j’ai travaillé à plein temps (pour le pire et le moins pire), je sais déjà que j’en ferai beaucoup moins en 2019, j’ai vu mes limites, tant physiques qu’inspirationnelles, si je puis dire. (ça aussi, je l’ai déjà écrit l’an passé, mais à moins qu’on me paye pour écrire, je verrai réellement beaucoup moins de spectacles l’an prochain). Pour être plus sérieux, j’ai la fâcheuse impression que d’en voir beaucoup me blase un tantinet…

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Bibliothèque du Théâtre de Gennevilliers

139 spectacles (71 il y a 2 ans, 101 l’an passé) à Paris, Montreuil, Bobigny, Nanterre, Gennevilliers, Aubervilliers, Saint-Denis, Boulogne-Billancourt, Saint-Ouen, mais aussi Avignon, Bussang, Bruxelles, Londres et Lausanne, dans 66 lieux avec des artistes français, belges, anglais, néerlandais, italiens, portugais, canadiens, danois, suisses, brésiliens, grecs, polonais, allemands, israëliens, russes… parfois (souvent) dans le texte. Du théâtre, des chevaux, des images, du son, de la musique, des marionnettes, des objets, du théâtre documentaire, de la danse, du cirque, du seul en scène, du one wo.man show, des écoles de théâtre, des gens tous nus, des performances, du jeune public, des professionnels, des « amateurs » et même des pièces dans le privé…

Trois spectacles vus une 2e fois (« Iliade » par Pauline Bayle, « Bovary » et « Sopro » de Tiago Rodrigues) ou une 3e fois (« By Heart » de Tiago Rodrigues, toujours lui)

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Ça ne se passe jamais comme prévu de Tiago Rodrigues avec les élèves de la Manufacture au Théâtre de l’Aquarium

J’ai vu cinq spectacles du tg STAN (« Quoi Maintenant », « Infidèles », « Atelier », « Après la répétition », « Quartett »), quatre de Tiago Rodrigues (+ « Ça ne se passe jamais comme prévu ») (#TeamTiago), quatre de Julien Gosselin (« 1993 » et sa trilogie Don DeLillo), quatre de Gwenaël Morin (sa tétralogie « Molière de Vitez »), trois de Marc Lainé (« La fusillade sur une plage d’Allemagne », « Hunter », « La Chambre désaccordée »), deux du Collectif L’Avantage du Doute (« Grande Traversée », « La Caverne ») (le film de Judith Davis « Tout ce qu’il me reste de la révolution » sort début février, soit dit en passant), deux de Pauline Bayle (« Iliade » et « Odyssée »), deux avec Laetitia Dosch (« La Maladie de la Mort » de Katie Mitchell et « Hate »), deux avec Emilie Incerti Formentini (« Au bois » et « Love me tender »), deux avec Grégoire Monsaingeon (« Bovary » et « Ovni(s) »), deux de Lisbeth Gruwez (« We’re pretty fuckin’ far from ok », « The Sea Within »), etc.

Par souci de transparence, je tiens à mentionner que j’ai bénéficié de 43 invitations  (dont 19 dans le cadre du Festival Off d’Avignon) grâce à ce blog ou dans le cadre de  mes contributions au Blog de Nestor (blog sur l’actualité culturelle montreuilloise). J’ai donc payé 96 fois ma place…

À part ça de grands souvenirs avec (dans le désordre) :

  • France Fantôme de Tiphaine Raffier au TGP St-Denis
  • B. Traven de Frédéric Sonntag au Nouveau Théâtre de Montreuil
  • The Encounter de Simon McBurney à l’Odéon Théâtre de l’Europe
  • Tragédies Romaines de Ivo Van Hove à Chaillot (je ne l’ai pas chronique, vous rendez-vous compte ?!?)
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Tragédies romaines d’Ivo Van Hove à Chaillot

Et dans les (plus ou moins) bons souvenirs :

  • le bataillon 30 hyper dissipé aux Tanneurs pour le « By Heart » de Tiago Rodrigues.
  • ma crampe à la cuisse droite durant la trilogie Don DeLillo aux Ateliers Berthier.
  • le site magnifique du Théâtre du Peuple à Bussang.
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Théâtre du Peuple, Bussang
  • mon extinction de voix à cause de Laetitia Dosch (ou plutôt à cause de ma persévérance à ne pas vouloir acheter de parapluie)
  • mon accréditation pour le Off d’Avignon.
  • la découverte du Barbican à Londres (clin d’oeil à Camellia Burows)
  • tomber amoureux d’une bonne dizaine de comédiennes/danseuses (en vrai, j’ai préféré ne pas compter pour ne pas me faire du mal) (clin d’oeil à Laurent, je te laisse Laetitia, mais j’ai vu Lisbeth avant toi, je te ferai remarquer !)
  • ces moments « je vais aux toilettes ou je n’y vais pas » pendant les spectacles de Gosselin ou Van Hove.
  • ma gêne lors de ma rencontre avec une comédienne qui avait lu ma chronique mitigée d’une pièce dans laquelle elle avait joué (longue phrase bien lourde).

 

CONCERTS

16 soirées concerts (soit moitié moins que l’an passé) mais avec 27 artistes ou groupes.

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Parce que je fais parfois régisseur son…

TOP 5

 

EXPOS

La découverte (enfin) des Rencontres Photographiques d’Arles, les polaroïds de Wim Wenders à Londres, mon initiation à l’architecture…

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La Cité Radieuse par le Corbusier sur la Planète Mars

 

CINÉMA

Moitié moins de films cette année (35 au 26 décembre 2018), la faute au théâtre et aux chroniques à écrire, à la flemme. Huit films sont tout de même parvenus à se détacher : 

  • Leto de Kirill Serebrennikov
  • Shéhérazade de Jean-Bernard Marlin (#TeamLycéeMichelet)

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  • Amanda de Mikael Hers
  • Climax de Gaspar Noé
  • Woman at War de Benedikt Erlingsson
  • Au Poste de Quentin Dupieux
  • Phantom Thread de Paul Thomas Anderson
  • Ready Player One de Steven Spielberg

 

SÉRIES

J’ai vu énormément (trop ?) de saisons cette année : 50 si j’ai bien compté

TOP 5

  • l’intégrale de Six Feet Under (enfin !) : qui m’a totalement dévasté, je pèse mes mots.
  • la saison 2 de The Good Fight : série trop méconnue, légèrement anti-Trump.
  • la saison 1 de Kidding (+ S1 : I’m dying up here) : Jim Carrey. Voilà.
  • la saison 1 de Counterpart : Espionnage et monde parallèle…
  • la saison 1 de The First : Sean Penn, Mars… Elle prend son temps.

 

LIVRES

TOP 5

  • la découverte FabCaro avec « Zaï  Zaï Zaï Zaï »et son roman « Le Discours » auquel je me suis pas mal reconnu (c’était même assez troublant à certains endroits) :

 

« Je ne suis pas comme vous, je vous emmerde, j’ai trop de problèmes dans ma vie pour faire la chenille, j’ai lu « Le livre de l’intranquillité » de Pessoa, vous imaginez quelqu’un qui a lu « Le livre de l’intranquillité » de Pessoa faire la chenille ? »

 

  • l’Arabe du Futur 4 de Riad Sattouf
  • Vernon Subutex 3 de Virginie Despentes
  • Le Lambeau de Philippe Lançon

 

CÔTÉ BLOG 

5 articles pas par moi : de grands remerciements encore et toujours à Cyril Bivalski et Laurent Suavet. La porte reste toujours ouverte pour vous (et pour d’autres aussi, soyons fous !)

130 articles écrits par moi…

Top 10 fréquentation (au 26 décembre) :

Le blog va plutôt bien, merci de demander. 

 

SUR LE PLAN PERSONNEL

Sans rentrer dans les détails… J’ai donc écrit de nombreux articles pour ce blog (130), quelques articles pour le Blog de Nestor (19 peut-être). J’ai collaboré à Radio Mortimer (et fait la connaissance de personnes très très intéressantes). J’ai (enfin) terminé d’écrire ma deuxième pièce que j’espère pouvoir monter d’une façon ou d’une autre en 2019, participé au labo social (fantôme) mené par le collectif « L’Avantage du Doute » lors de l’Occupation Bastille 2 (dans le théâtre du même nom), joué à deux reprises dans la salle du haut du théâtre de la Bastille en compagnie de mes amis Les Infilitré.e.s (et dit un de mes textes, tout seul devant le public)… Je crois que j’ai beaucoup écrit cette année… (et je ne suis absolument pas épuisé, mais ça c’est l’âge)

 

Et prochainement en 2019… Les Infiltré.e.s saison 2 au théâtre de la Bastille les 9 et 10 mai… « Dedans ma tête », le seul en scène écrit et interprété par moi-même… Des chroniques made in Québec…

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photo : Marc Woog – Compagnie Mimesis

 

Textes et photos (sauf mention contraire) : Axel Ito

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Cuisine et confessions (Les 7 Doigts de la Main / Bobino)

(quand on ne lit pas la bible)

Cuisine et confessions ? Ou comment des policiers donnent leurs recettes pour cuisiner leurs suspects ?

 

(de quoi ça parle en vrai)

« Les 7 doigts de la main donnent naissance à un spectacle d’un nouveau genre, dans lequel le toucher, l’odorat et le goût s’ajoutent à l’émerveillement des yeux et des oreilles, faisant de la cuisine le point de rencontre des cultures. Nous sommes nous-même composés d’un savant mélange d’ingrédients qui fait de chacun de nous une recette unique. » (source : ici)

 

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©Alexandre Galliez (pour info, la représentation ne comptait que 7 artistes au lieu des 9 présents ci-dessus et seuls 3 figuraient dans la distribution d’origine)

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Ce n’était pas une représentation comme les autres puisque celle-ci a dû être interrompue suite à l’accident survenu à une des artistes. Une mauvaise réception, une mauvaise chute, cela fait son petit effet (et j’ai repensé immédiatement à Tsirihaka Harivel dans le spectacle « Grande » mais je n’y étais pas, donc je ne peux pas comparer). Ils ont bien tenté de poursuivre le spectacle, notamment par un solo de Terrance Robinson au mât chinois, mais le coeur ne devait pas y être et quand on coupe un doigt d’une main, ben on est handicapé, on ne peut plus tout faire comme on veut. J’espère de tout coeur que ce fut plus de peur que de mal.

Quoi qu’il en soit, je tenais à dire que les 7 acrobates/danseurs/comédiens présents sur scène sont des artistes émérites et sur bon nombre de numéros, ils prouvent leur grand talent et un certain sens du rythme. Je fus notamment assez impressionné par le numéro des anneaux chinois (en fait des cadres plus ou moins grands à travers lesquels les acrobates passent tête en avant, fesses en arrière…) exécuté par Terrance Robinson et Enmen Song ainsi que par celui de Anna Kichtchenko au tissu aérien.

En revanche, je n’ai pas trouvé l’ensemble à mon goût. Je vais peut-être faire preuve de cynisme (ce n’est peut-être pas le bon mot), mais voir des numéros de diabolo ou de jonglage avec 3 fouets de cuisine, ça ne casse pas trois pattes à un canard (même si excellemment exécutés, je le précise). L’introduction du spectacle était interminable (on fait participer le public : on lui fait casser un oeuf d’une seule main, on tente d’envoyer un bonbon dans la bouche…) et c’est seulement lors du fameux numéro des anneaux chinois (qui étaient donc carrés) qu’il y eut un net regain d’intérêt. Malheureusement les intermèdes sont plutôt longs et surtout n’est pas comédien qui veut. Je ne doute pas de la sincérité des interprètes quand ils racontent leurs souvenirs d’enfance dans la cuisine de leurs parents, mais on ne s’improvise pas comédien (surtout quand le français n’est pas notre langue maternelle) et les anecdotes auraient peut-être nécessité une session de réécriture (qui aurait certainement empêché un certain naturel, je le concède).

L’ensemble était beaucoup trop sucré à mon goût, pour que le charme opère complètement (avec ou sans gâteau aux bananes). Et comme je tente bon gré, mal gré, de perdre du poids…

 

CUISINE ET CONFESSIONS

avec Mishannock Ferrero, Anna Kichtchenko, Pablo Pramparo, Soen Geirnaert, Nella Niva, Terrance Robinson, Enmen Song

Production Les 7 Doigts

Création et mise en scène Shana Carroll et Sébastien Soldevila

Assistance à la mise en scène Mathias Plaul – Direction musicale Sébastien Soldevila

Jusqu’au 12 janvier 2019 à Bobino (Paris) puis le 18/01/19 à l’Olympia (Arcachon) et le 22/01/19 à la Maison de la Culture (Nevers)

 

(une autre histoire)

#1 Je ne dis jamais que je cuisine mais que je me fais à manger.

#2 Quand j’étais petit, on me disait que le foie gras était du pâté, parce que j’adorais ça, le pâté.

#3 Une fois j’ai pris une torgnole de mon père parce que je ne voulais pas finir ma soupe.

#4 Ma grand-mère me donnait une pièce de 2 Francs quand je l’aidais à faire la vaisselle.

#5 A chacun de mes anniversaires, on me rappelle que quand j’étais petit, je ne mangeais que du gruyère et des coquillettes.

#6 Le mercredi, c’était purée tournedos et le samedi steak frites (des vraies, pas les congelées)

#7 Je n’aime que le gratin de courgettes de ma mère. Pas un autre.

 

vu le samedi 29 septembre 2018 (16h30) à Bobino, Paris

prix de ma place : invitation

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

À quelle sauce… (automne 2018)

Nouvelle saison (18/19) et nouvelles habitudes. Un peu comme les résolutions du Nouvel An, nous essaierons de nous y tenir : je veux ralentir le mouvement. Ça veut dire, accepter de ne pas tout voir, ne pas tout voir, ne pas tout chroniquer. (même si je verrai tout du Théâtre de la Bastille, mon théâtre de prédilection)

Voici donc dans cet article les spectacles que j’irai voir, ceux que j’ai tout de même en vue, ceux que j’ai déjà vus (et que j’ai aimés… donc je ne parlerai du Fils, malgré le changement de distribution ou de Sombre Rivière de Lazare au Rond Point…).

Encore une fois, le théâtre subventionné, comme on dit, aura la part belle, on ne se refait pas, même si je ne suis pas (complètement) sectaire (suivez mon regard vers le Off d’Avignon…). Pour conclure, celle liste est évidemment non exhaustive (je n’ai pas l’oeil sur tout) et sera certainement amenée à être modifiée dans les semaines à venir.

Et c’est parti !

 

SEPTEMBRE

HATE
HATE par Laetitia Dosch (Photo Philippe Quesne et Dorothée Thébert Filliger)

J’irai voir :

  • LE SYNDROME DU BANC DE TOUCHE au Théâtre de Belleville (parce qu’on me                       l’a conseillé… et qu’on m’a invité, je l’avoue) (critique : ici)
  • le festival TRANSFORMES à la Villette (parce qu’il y aura notamment une pièce mise en scène par Thomas Resendes, le traducteur attitré de Tiago Rodrigues et qu’il est bon de soutenir un nouveau festival et comme c’est à côté de chez moi, je peux faire des allers retours très facilement)
  • INFIDÈLES au Théâtre de la Bastille / Festival d’Automne (tg STAN, prise 1) (critique : ici)
  • RADIO VINCI PARK (parce que j’aime aller sur un parking à Nanterre en milieu de semaine voir des motos)
  • LA FÊTE DE L’HUMANITÉ (essentiellement pour Franz Ferdinand et Catherine Ringer mais aussi pour la présentation de 1336, parole de Fralibs… j’en profiterai d’ailleurs pour faire le plein de leurs thés excellents)
  • LOVE ME TENDER aux Bouffes du Nord (parce que Guillaume Vincent)
  • SHOCK CORRIDOR au Nouveau Théâtre de Montreuil (parce que je vais sûrement écrire dessus pour le compte du blog de Nestor)
  • LE PROCÈS à l’Odéon Théâtre de l’Europe / Festival d’Automne (parce que j’ai déjà joué dans une adaptation du roman de Kafka, qui m’avait valu le plus grand trou de texte de toute l’histoire du théâtre amateur)
  • HATE à Nanterre Amandiers / Festival d’Automne (parce que Laetitia Dosch)
  • CHRIS GARNEAU (Point Éphémère) (parce que ça fait longtemps que je ne l’ai pas vu en concert… dix ans en fait, après Bruxelles et New York… oui, je me la pète, mais y a prescription)
  • L’OCCUPATION au Théâtre Berthelot (Montreuil) (parce que les mots d’Annie Ernaux et surtout la présence de Romane Bohringer)
  • CUISINE ET CONFESSIONS par les 7 Doigts à Bobino (parce que c’est québécois)

J’irai (peut-être) voir :

  • L’ENVOL DES CIGOGNES + LE DERNIER JOUR DU JEÛNE au Théâtre du Soleil (parce que Simon Abkarian et Ariane Ascaride)
  • LES DÉMONS à l’Odéon Théâtre de l’Europe (parce que Nicolas Bouchaud et Valérie Dréville et que je n’ai toujours pas vu de pièce de Sylvain Creuzevault)
  • LE PÈRE à la MC93 Bobigny (parce que Julien Gosselin)
  • SCALA à la Scala (parce que Yoann Bourgeois et la curiosité de découvrir ce nouveau théâtre)
  • LA NUIT DES ROIS à la Comédie Française (parce que Shakespeare et Ostermeier)
  • LA REPRISE à Nanterre Amandiers (parce que Milo Rau et toutes les bonnes choses que j’ai entendues pendant le Festival d’Avignon)
  • CALLISTO ET ARCAS aux Bouffes du Nord (parce que Guillaume Vincent deux fois)
  • CONSTRUIRE UN FEU à la Comédie Française (parce que Marc Lainé)
  • CONVERSATION EL KHATIB / CAVALIER à Nanterre Amandiers (parce que curieux de ce que peuvent se dire ces deux artistes)
  • RICHARD BOHRINGER au Théâtre de l’Oeuvre (parce que je ne l’ai jamais vu en vrai)

J’ai déjà vu (et je recommande) :

 

OCTOBRE

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Atelier par TG STAN / DE KOE / MAARSCHAPPIJ DISCORDIA (© Jorn Heijdenrijk)

J’irai voir :

  • ATELIER au Théâtre de la Bastille / Festival d’Automne (tg STAN, prise deux)
  • EVOL au Théâtre de la Bastille (parce que je suis obligé de le voir, car je suis passé en deuxième année d’infiltration, comprend qui pourra)
  • QUASI NIENTE au Théâtre de la Bastille / Festival d’Automne (parce que j’ai la carte illimitée)
  • OVNI(S) au Théâtre Ouvert (malgré les mauvais retours de cet été au Festival d’Avignon, parce que Grégoire Monsaingeon et les auteurs du Nouveau Ciné-Club)
  • WESTERN au Nouveau Théâtre de Montreuil (parce que Mathieu Bauer)
  • KING KONG THEORIE au Théâtre de l’Atelier (parce que j’adore cet essai de Virginie Despentes et que j’apprécie (et voudrais remercier pour un certain conseil) Marie Denarnaud)
  • LA CHAMBRE DÉSACCORDÉE à l’Espace Cardin (parce que Marc Lainé et Léopoldine Hummel aka Léopoldine H.H.)
  • COMPLETE WORKS à l’Espace Cardin (parce que Shakespeare et Forced Entertainment)
  • LA GUERRE DES SALAMANDRES à la Maison des Métallos (parce qu’on m’en a dit du bien)
  • FLÉAU au Tarmac (parce que Dave St Pierre)

J’irai (peut-être) voir :

  • GEORGE DANDIN à la MC93 Bobigny (parce que les acteurs du CDN de Vire)
  • LA PLAZA au Centre Pompidou (parce que je suis curieux)
  • FRANCIS SAUVE LE MONDE au Centre Wallonie-Bruxelles (parce que c’était une série de bandes dessinées hilarantes avec un blaireau au départ et je ne sais absolument pas ce que ça va donner)
  • MONSIEUR FRAIZE à l’Européen (parce qu’il crève l’écran)

J’ai déjà vu :

 

NOVEMBRE

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Joueurs / Mao II / Les Noms par Julien Gosselin (Photo : Christophe Raynaud de Lage. Hans Lucas)

J’irai voir :

J’irai (peut-être) voir :

  • LOVE aux Ateliers Berthier (parce qu’il n’y a pas tant que ça de metteurs en scène britanniques qui passent la Manche)
  • 4.48 PSYCHOSE au Théâtre Paris Villette (parce que Sarah Kane et Sophie Cadieux)
  • FURIA à Chaillot (parce que Lia Rodrigues)
  • SOEURS aux Bouffes du Nord (parce que Marina Hands, même si Pascal Rambert ne me convainc pas tout le temps)
  • L’AVALÉE DES AVALÉS aux Déchargeurs (parce qu’un texte québécois que j’ai raté cet été au Petit Louvre à Avignon)
  • LA VOIX HUMAINE à l’Espace Cardin (parce que Ivo)
  • THE OTHER VOICE à l’Espace Cardin (parce que Van Hove)

J’ai déjà vu :

 

À suivre…

On fait le bilan (Avignon Off 2018)

8 jours de festival, 24 spectacles vus dans 17 théâtres différents, 1 concert, 2 spectacles avec de la musique en vrai, 9 seul.e en scène ou one wo.man show, des zizis et des tétés dans 3 spectacles seulement. Le hasard fait que parmi les 24 spectacles vus, 13 ont été mis en scène par des femmes…

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Grande satisfaction : J’abandonne une partie de moi que j’adapte (j’ai mis le temps à mémoriser ce titre et on aura l’occasion de (re)voir ce spectacle prochainement en Belgique et en France.

Grandes surprises : Batman contre Robespierre / Ode Maritime

Hors série : le concert de Léopoldine HH

 

Photo Leopoldine HH 3

 

Je ne parlerai pas des déceptions, même si je pourrais m’étendre sur un certain spectacle, qui semble avoir reçu l’unanimité de mes camarades blogueurs. J’espère malgré tout qu’il pourra être repris à Paris et dans le reste de la France pour se confronter à un public plus large.

Il m’est difficile de faire un vrai bilan du OFF, n’ayant vu que 2% des spectacles proposés. Je ne peux que m’étonner de ce nombre très commenté de 1536 spectacles dans le Off. Les différents articles des « Bruit du Off », « Zibeline » et autres journaux régionaux et nationaux y sont revenus en long et en large. Cette année, j’ai donc pu profiter de ma position de « blogueur accrédité » pour observer ce grand cirque. Qu’arrive-t-il aux spectacles, qui ne jouent pas dans les théâtres qui ont la carte ou le vent en poupe, qui n’ont pas d’attaché.e.s de presse efficaces ou qui n’ont pas de relais sur les réseaux sociaux ? J’ai reçu de nombreuses invitations pour assister à des représentations et deux ont retenu mon attention, dans lesquelles j’ai pu lire ceci :

« Ma dernière création « *** », n’a pas encore eu la chance d’être couverte par la presse avignonaise, ni par aucun blog. »

et

« Je sais que vous devez être inondé de demandes, cependant permettez-moi d’attirer votre attention sur mon spectacle « *** » j’aurais aimé que quelqu’un vienne pour avoir une chance d’être peut être parmi vos coups de cœur, qui sait ???? On ne decouvre un artiste qu’en le voyant sur scène… »

Tout ça m’interroge. Pourquoi vais-je voir telle ou telle pièce ? Faisons le récapitulatif  :

Sur les 24 pièces vues : 3 pour le « entendu à la radio » (Constance / Pablo Mira / Roukiata Ouedraogo), 1 pour le buzz Twitter (Un garçon d’Italie), 7 pour les conseils d’amis (J’abandonne une partie de moi que j’adapte / La Violence des riches / Pas pleurer / Trouble(s) / J’ai appelé mes frères / Ode Maritime / Si Richard Si), 7 parce que j’avais déjà vu des pièces des artistes (Lodka / Les Travaux avancent à grands pas / Le Maître et Marguerite / Speed Leving / Polaroïds / La Bataille d’Eskandar / Belle fille), 1 parce que j’aime ses chansons (Léopoldine HH), 2 parce que j’ai écrit un article sur l’opération « Montreuil en Avignon » pour Le Blog de Nestor (Batman contre Robespierre / An Irish Story), 1 parce que copinage (Petite Chimère), 1 pour découvrir un auteur (Love & Money), 1 parce que je ne sais pas, je l’ai senti comme ça (Cent mètres papillon)

En conclusion, il n’y a qu’un seul vrai saut dans l’inconnu (même si le fait que 100m Papillon soit programmé à la Manufacture a aidé)

À part ça… Les (presque) petits nouveaux Le 11 Gilgamesh Belleville (malgré ses problèmes de sécurité) et le théâtre du Train Bleu ont présenté une programmation de qualité, le théâtre des Doms et ses artistes belges s’imposent comme un incontournable. Il est intéressant de constater que la Manufacture et les Doms n’hésitent pas à proposer un abonnement 3 spectacles qui court-circuite la fameuse Carte Off (le tarif est même inférieur à celui proposé avec la carte Off).

Je remercie les lecteurs, les attaché.e.s de presse, les théâtres (mais pas un certain haut lieu du Off qui n’a pas daigné répondre à mes sollicitations « Non, on ne s’en occupe pas sur place, vous appelez la personne responsable… Allô ? Pouvez-vous m’écrire ? » Je conçois que je ne suis pas grand chose ici bas, il n’empêche que je ne peux qu’être déçu par ce théâtre dont j’ai toujours salué la programmation, surtout quand deux des pièces que j’ai chroniquées par ici jouaient devant une salle à moitié remplie (restons positifs)), le Festival Off, les artistes et les compagnies qui ont relayé certaines de mes chroniques sur les réseaux sociaux, les blogueurs…

Et je remercie plus particulièrement Ludovic grâce à qui j’ai pu dormir intra muros durant ma première semaine et ça change la vie et Laurent l’ami marseillais pour notre 9e festival d’affilée ensemble.

Je ne sais pas encore si l’année prochaine je reviendrai, parce que la vie, tout ça… Mais ce fut une sacrée expérience.

 

Ps : J’avais commencé à écrire mes chroniques avignonnaises, à réfléchir sur des capsules audios et/ou vidéos. Or le temps n’est pas extensible, ma fatigabilité a été mise à rude épreuve cette année et je n’en ferai pas plus, parce que je veux me reposer et surtout écrire autre chose d’ici mon périple à Bussang le mois prochain…

Lodka (Chêne Noir / Avignon Off)

(de quoi ça parle en vrai)

Les artistes co-auteurs du spectacle culte La Famille Semianyki (…) reviennent dans leur nouvelle création LoDka (en Russe « petit bateau »). Passés maîtres dans l’art du Clown, ils nous embarquent cette fois-ci dans le tumulte du quotidien d’un petit théâtre : un univers à lui tout seul, où les acteurs sont piégés dans les personnages d’une pièce dont l’écriture échappe à tout contrôle. (lien : ici)

 

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Je n’ai pas trouvé l’auteur des photos, mais les droits sont réservés…

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

En faisant quelques recherches, je suis tombé sur les photos des comédiens de LoDka sans leur maquillage. C’est époustouflant à quel point, après un long moment de maquillage, je présume, et surtout des années d’apprentissage du clown, on peut se métamorphoser, en une vieille dame, un vieux beau, une vamp drôlatique (même si au naturel… l’artiste en question a de quoi jouer les vamps drôlatiques…).

Malheureusement, après mon habituel moment d’adaptation face à ce genre de spectacle (clown + onomatopées), j’ai trouvé que l’action mettait du temps à se mettre en place. L’autrice écrit une nouvelle pièce et parvient à engager un acteur qui a eu naguère sa renommée : c’est seulement là que ça décolle. L’intérêt pour les tableaux est assez inégal  : les artistes « rament » pour faire avancer la situation et les tableaux les plus captivants sont ceux où, justement, l’action fait une pause et où la poésie et la chorégraphie l’emportent : je pense à ce jeu de miroir ou à ces personnages qui volent.

Malgré mes réserves, il convient de saluer le sens de l’organisation de l’équipe qui fait tourner les décors et autres accessoires du spectacle avec brio pour un espace qu’on imagine assez restreint, le sens du rythme des acteurs que j’ai eu tout de même plaisir à revoir et à reconnaître pour la plupart après « La Famille Semianyki ».

 

vu le dimanche 8 juillet 2018 au théâtre du Chêne Noir, Festival Avignon Off)

prix de la place : invitation

 

LODKA

De et avec Olga Eliseeva, Alexander Gusarov, Yulia Sergeeva, Marina Makhaeva (artistes du Teatr Semianyki) et Natalia Parashkina

Mise en scène : Sergey Bysgu

Scénographie : Boris Petrushanskij / Lumière : Egor Bubnov / Son : Sergey Ivanov

Production Quartier Libre

Jusqu’au 29 juillet 2018 (sauf les lundis) à 10h au Théâtre du Chêne Noir (Avignon Off)

 

(quand j’attends dans la file…)

– Vous ne passez pas, Monsieur. Patientez.

– Mais j’ai la carte !

– Je ne vous écoute pas, Monsieur. Vous voyez bien !

– Et ces gens-là, ils passent, alors pourquoi pas moi ?

– Parce que vous avez votre place.

– Mais non !

– Mais si !

– Mais non, c’est mon badge, je veux dire mon accréd…

– Mais pourquoi vous ne le portez pas autour du cou ?

– Ben parce que…

– Voilà, c’est mieux, il faut toujours la porter autour du cou. Pourquoi se cacher ? Vous pouvez passer, Monsieur. Mais il faudra ressortir quand vous aurez votre place et vous me remontrerez votre sac, parce que j’aurai oublié son contenu… Bon festival !

Voilà ce qui peut se passer (ou presque) quand on attend dans la file…

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Le dur désir de durer (Théâtre Dromesko / Monfort Théâtre)

(quand on ne lit pas la bible)

Le dur désir de durer ? Ceci n’est pas un spectacle inspiré par les écrits de Cioran, c’est certain.

 

(de quoi ça parle en vrai)

(…) Deuxième volet d’un diptyque, Le Dur désir de durer, démarre là où s’est arrêté Le Jour du Grand Jour. On les retrouve dans le même dispositif que traversent les comédiens, musiciens, danseurs comme on traverse sa vie. Ici, le Théâtre Dromesko évoque le temps qui passe, l’abandon, le désenchantement, la fragilité de la vie, ses tempêtes aussi, jusqu’à la disparition, avec l’inconnu et le mystère qui nous attend tous, derrière la porte. Il n’y a plus qu’à se laisser emporter… (…) Sur ce petit bout de plancher perdu au milieu du public, ponton flottant sur cette marée humaine, nous allons passer et repasser, courant ou trainant, seuls ou nombreux, allant toujours dans la même direction. Apercevoir des fragments de parcours, des parenthèses de vie avant un « après », ou après un «avant ». Une vierge naine, un homme portant un jeune enfant, un chirurgien dans son habit de lumière… Tous, anonymes de la vie et normaux de l’imaginaire. (http://www.lemonfort.fr/programmation/le-dur-desir-de-durer-apres-demain-demain-sera-hier)

 

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Crédits photos : Fanny Gonin

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

C’est drôle parfois la vie, on croise quelqu’un, on lui parle cinq secondes, cette personne a juste le temps de mentionner le nom Dromesko, allez comprendre pourquoi cela pique notre curiosité, la personne disparait, on pense à elle avant le début du spectacle puis on se dit qu’on ne la remerciera jamais assez pour avoir évoqué ce spectacle. (Ce n’est pas la première fois que ça m’arrive, ce genre de mésaventures. Peut-être me lira-t-elle ?)

Alors attention, ce spectacle, dont les thèmes sont éternels : la vie, la mort, le passage, que dis-je, la traversée d’un état à un autre (j’en reparlerai plus tard, de ces traversées), n’est pas exempt de défauts, car après un départ en fanfare avec ces corps sans tête à quatre jambes qui supportaient et faisaient avancer la Vierge Naine de Séville (ça je l’ai lu dans le programme) et ces musiciens tout droit sortis d’un Freak Show, le soufflé retombe quelque peu. Je ne suis pas à une contradiction près, moi qui écris beaucoup, mais les parties écrites/parlées font baisser le rythme et l’attention (je ne parle pas de la qualité de l’écriture, qui est bien présente, je précise). Car le Théâtre Dromesko sait nous transporter dans un ailleurs grâce à ces images qui m’ont fait penser aux meilleurs films de Kusturica (les naissances, les mariages…), il y aurait aussi quelque chose de Fellinien (j’imaginerais bien un jeune garçon qui verrait ce spectacle et qui tomberait amoureux d’une des artistes, un peu comme dans Amarcord).

Ce que je n’ai pas dit, c’est que nous sommes ici dans un dispositif bifrontal (et on est très mal assis, mais ça, c’est une autre histoire) et il y a une seule entrée et une seule sortie. Ce sont ces traversées qui fascinent. Rien ne s’arrête mais on fait tout pour durer ou faire durer le plaisir. Et c’est très bête, mais voir un personnage tirer un lit d’hôpital, le sortir de scène et le voir revenir de l’autre côté alors que le lit n’a pas fini sa sortie, ça me fait rire.

La dernière demi-heure est fantastique : un personnage ne parvient pas à sortir, se heurtant à un mur invisible, là où des dizaines d’individus (joués par les huit autres comédiens) entrent et sortent de plus en plus rapidement, le vent (et le burlesque) s’invite dans la partie, un « chien-taureau », un poney, pas de cochon hier soir mais cet oiseau… irréel. Je ne me souviens pas en avoir vu un tel de toute ma vie. Est-ce un contorsionniste ? Une marionnette ? C’est un marabout (je me suis renseigné) d’un autre âge, qui joue remarquablement bien. Ses ailes, son bec, ses pattes sont tout un poème (oui, je sais, j’ai déjà écrit cela du corps de Robert Lepage, mais Robert Lepage est-il un marabout ? Ahhh…)

« Le dur désir de durer »… à chaque fois que j’écris ce titre, j’ai envie d’écrire « Le dur désir d’aimer », allez comprendre…

 

vu le samedi 17 février 2018 au Monfort Théâtre (Paris)

prix de la place : 20€

 

LE DUR DÉSIR DE DURER (Après-demain, demain sera hier)

par le Théâtre Dromesko (http://www.dromesko.net/fr/)

conception, mise en scène et scénographie Igor et Lily – textes : Guillaume Durieux

jeu / danse Lily, Igor, Guillaume Durieux, Violeta Todό-González, Florent Hamon, Zina Gonin-Lavina, Revaz Matchabeli, Olivier Gauducheau, Jeanne Vallauri

interprétation musicale Revaz Matchabeli (violoncelle), Lily (chant), Igor (accordéon)

construction décor Philippe Cottais – costumes Cissou Winling – lumière Fanny Gonin – régie plateau Olivier Gauducheau – création son Philippe Tivilliers – régie son Morgan Romagny – création et régie lumière Fanny Gonin

EN PARTENARIAT AVEC LE THÉÂTRE DE LA VILLE

C’était la dernière représentation au Monfort Théâtre… Et du 22 au 26 mai 2018 à la Scène Nationale de Sète et du Bassin de Thau.

 

(une autre histoire)

Parfois j’ai des idées… Je vis dans le 19e arrondissement de Paris et le Monfort Théâtre se trouve dans le 15e. C’est 3 métros pour y aller ou 2 tramways. Mais quelle mouche m’a donc piqué pour que je me mette en tête d’y aller à pied ? Selon mon amie Mappy, cette promenade durerait près de 2h30 pour environ une dizaine de kilomètres. Et je suis parti chaussé de mes sempiternelles Docs Martens.

Il fait beau, pas trop froid. Faut dire que je suis resté toute la journée chez moi. Je devais me remettre à courir, à la place j’ai bu trois cafés et regardé deux films (Le paradis de Alain Cavalier et American Sniper de Clint Eastwood : aucun rapport, je sais). Je devais aller au cinéma, à la place j’ai regardé le début de la saison 2 de Search Party et envoyé deux courriels importants.

La meilleure façon de marcher… c’est de mettre de bonnes chaussettes.

Je respire le bon air parisien, je m’arrête quand le petit bonhomme est rouge, je suis un garçon discpiliné. Je lève les yeux au ciel. Oh Félix Potin ! Je commence à compter les Caisse d’Épargne mais arrête assez rapidement. Je marche de plus en plus lentement, il ne fait plus jour mais pas complètement nuit, comme dans un rêve. Je passe devant le Brady (jamais allé), l’Archipel (j’avais vu une pièce avec S.), le Théâtre Antoine (ils passent Art… pas envie…), le Comédia, la future Scala, la Gaîté Lyrique (toujours pas compris à quoi ça servait), les théâtres du Châtelet et de la Ville en travaux, au-dessus de la Seine avec un côté des berges encore inondé. Photo. Saint Michel. De ce côté-ci de la Seine, je ne suis pas à l’aise. C’est bien la seule fois où je suis heureux (et je le revendique) d’être à droite.

Mince, j’ai des ampoules au pied, c’est à cause des chaussettes, ça. Je crois que je transpire. Mince, j’ai torp envie de faire pipi. Je vais avoir quelle tête en arrivant ? C’est quand qu’on arrive ? Elle est longue la Rue du Cherche-Midi… Attends, je m’arrête, je vais envoyer un message à Calimero, ça va me reposer deux minutes. Non, je ne sais pas envoyer un texto tout en marchant.

J’arrive. Tout ça pour quoi ? Pour me donner de l’inspiration ? Pour économiser un ticket de bus ?

Moi je sais pourquoi.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Deux mille dix-sept

SPECTACLE VIVANT

Parce que j’aime faire des bilans, même si l’année théâtrale est plus scolaire que civile. L’occasion également d’inclure des spectacles vus l’été dernier durant le Festival d’Avignon (in & off).

Une année record, aussi parce que je n’ai pas travaillé entre février et août (vive le temps partiel annualisé qui me manque tant), pourtant c’est entre septembre et décembre que j’ai vu le plus de spectacles… Et je sais déjà que j’en ferai beaucoup moins en 2018, hors Festival d’Avignon bien entendu, j’ai vu mes limites, tant physiques qu’inspirationnelles, si je puis dire.

101 spectacles (71 l’an passé) à Paris, Avignon, Marseille, Saint Martin de Brômes, Montreuil, Nanterre, Toulouse, Les Lilas, Porto, Lisbonne, Bruxelles, Bobigny, dans 50 lieux avec des artistes français, portugais, suisses, québécois, italiens, grecs, belges, allemands, israëliens, brésiliens, parfois (souvent) dans le texte. Du théâtre, de la danse, du seul en scène, du one wo.man show, des lectures, des sorties d’ateliers, d’écoles de théâtre, du cirque, des lectures, des performances, du jeune public, des professionnels, des « amateurs » et même des pièces dans le privé, mais pas trop quand même… Trois spectacles vus deux fois (Gala, Bacchantes, Grande)…

À part ça de grands souvenirs avec (dans le désordre et les liens vers mes non-critiques qui vont avec) :

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(Sopro)
  • Bacantes / Bacchantes (Marlene Monteiro Freitas – TNDM II, Lisboa & Centre Pompidou, Paris)
  • Gala (Jérôme Bel – Rond Point, Paris & Kaaitheater, Bruxelles)
  • Sopro (Tiago Rodrigues – Cloître des Carmes, Avignon)
  • Grande (Tsirihaka Harivel & Vimala Pons – CentQuatre, Paris)
  • Tous des oiseaux (Wajdi Mouawad – Colline, Paris)
  • Les barbelés (Annick Lefèvbre/Alexia Bürger – Colline, Paris)
  • Néant (Dave St Pierre – Oulle, Avignon)
  • La face cachée de la lune (Robert Lepage – Grande Halle de la Villette, Paris)
  • F(l)ammes (Ahmed Madani – Les Halles, Avignon)
  • Maîtres anciens (Nicolas Bouchaud – Bastille, Paris)
  • Interview (Nicolas Truong / Nicolas Bouchaud / Judith Henry – Monfort, Paris)
  • We love Arabs (Hilel Korgan – Rond Point, Paris)
  • Doreen (David Geselson – Bastille, Paris)
  • Pindorama (Lia Rodrigues – Chaillot, Paris)
  • Mount Olympus (Jan Fabre – Grande Halle de la Villette, Paris)

 

CONCERTS

30 soirées concerts mais 46 artistes entre Paris, Bruxelles, Reykjavik, le fin fond des Alpes de Haute Provence, Pantin, Torshavn avec dans les coups de coeur (et dans le désordre, avec les liens vers mes non-critiques qui vont avec) :

Klo Pelgag – Le sexe des étoiles (Live) from DTO FILMS on Vimeo.

 

  • Klô Pelgag (Brussels Summer Festival)
  • La soirée hommage à Lhasa (Philharmonie de Paris avec le festival Aurores Montréal)
  • Girls in Hawaii (Trianon, Paris)
  • Shannon Wright (Café de la Danse, Paris)
  • Seu Jorge (Théâtre Silvain, Marseille)
  • et le spécial copinage mais elles le valent bien : No Man’s Louise (Vieille Grille, Paris & le Jam, Marseille) (tous les dimanches du mois de janvier à 17h sur la péniche Le Nez Rouge)

 

DISQUES

J’achète toujours des CD, j’en emprunte quelques uns à la médiathèque. Comme pour les livres, je ne suis pas forcément l’actualité… (réécoute des albums de Lhasa, de Suuns, de The Divine Comedy) mais à part ça…

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  • Girls in Hawaii « Nocturne »
  • Klô Pelgag « L’alchimie des monstres » (son premier album)
  • Lcd Soundsystem « American Dream »
  • Pierre Lapointe « La Science du Coeur »
  • Courtney Barnett & Kurt Vile « Lotta Sea Lice »
  • Lhasa « Live in Reykjavik »

 

 

CINÉMA

Beaucoup de films (70 au 27 décembre 2017), vus dans 31 cinémas différents et pourtant pas de grands coups de coeur et je serais bien incapable de faire un top 15. Et quand je liste les films que j’ai ratés, je ne peux que m’en tenir pour responsable. Donc on se limite à dix films avec, dans le désordre :

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  • La Villa (Robert Guédiguian)
  • L’autre côté de l’espoir (Aki Kaurismaki)
  • Le sens de la fête (Nakache / Toledano)
  • Diane a les épaules (Fabien Gorgeart)
  • Baby Driver (Edgar Wright)
  • Les Filles d’Avril (Michel Franco)
  • L’Amant d’un jour (Philippe Garrel)
  • The Square (Ruben Ostlund)
  • I am not your negro (Raoul Peck)
  • Lion (Garth Davis) , le plaisir coupable qui m’a fait pleurer comme ça faisait longtemps que je n’avais plus pleuré au cinéma…

Cependant je pourrais ajouter des films (re)vus enfin sur grand écran et qui m’ont procuré énormément de plaisir comme La Ronde (Max Ophüls), La règle du jeu (Jean Renoir), The Kid (Charles Chaplin), La Maman et la Putain (Jean Eustache)

 

RATTRAPAGE TV

  • Hungry Hearts de Saverio Costanzo avec Alba Rohwacher et Adam Driver
  • Jim & Andy, documentaire de Chris Smith avec Jim Carrey sur le tournage de « Man on the moon » de Milos Forman

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  • It follows de David Robert Mitchell
  • Frank de Lenny Abrahamson avec Michael Fassbender, Domnhall Gleeson, Maggie Gyllenhall
  • 99 Homes de Ramin Bahrani avec Michael Shannon, Andrew Garfield

 

SÉRIES

Je n’ai toujours pas vu The Crown, The Leftovers, The Handmaid’s Tale, la dernière saison de Twin Peaks, aucune saison du Bureau des Légendes, Stranger Things.

En revanche, j’ai apprécié :

  • la saison 2 de « Master of None »

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  • la saison 1 de « The Good Place »
  • la saison 1 de « The Good Fight »
  • la saison 1 de « This is us »
  • les trois saisons de « Broadchurch »

Et j’ajouterai également la saison 2 de la série québécoise humoristique « Like moi » qui va bientôt connaître une adaptation française, j’ai peur.

 

LIVRES

  • Dans les essais : « Modern Romance » d’Aziz Ansari (Hauteville) et « Aller au cinéma ou faire l’amour » de Christine Delmas (Textuel).
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illustrations de Yann Legendre
  • Dans les romans : « Marx et la poupée » de Maryam Madjidi (Le Nouvel Attila).
  • Dans les romans/documentaires : « Les gens dans l’enveloppe » de Isabelle Monnin (avec une musique de Alex Beaupain) (Livre de Poche)
  • Dans les bandes dessinées : toute l’oeuvre de Guy Delisle (Delcourt) et les « Faits divers » de Anouk Ricard (Cornélius).
  • Dans les correspondances : « Lettres à la fiancée » de Fernando Pessoa (Rivages)

 

Sur le plan personnel… Non, je n’en parlerai pas. Seulement que j’espère bien que ce blog vivra une année 2018 exceptionnelle, entre Paris, Avignon, Marseille, Bruxelles, Londres et ailleurs… Infiltré, bientôt de nouveau occupé (je vous laisse l’avantage du doute… comprend qui pourra)… En route vers de nouvelles aventures avec mon amie la sterne arctique croisée lors d’une balade en vélo à Seydisfjordur (Islande) et qui ne me quitte plus depuis. A bientôt ici ou ailleurs.

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Espaece (Aurélien Bory / Georges Pérec / Centquatre)

(quand on ne lit pas la bible)

Un spectacle sponsorisé par la Générale de la Roulette, fournisseur officiel des roulettes des décors de Simon Stone, aussi visible à une moindre échelle dans certaines productions de Alexis Michalik.

 

(de quoi ça parle en vrai)

Espèces d’espaces est le titre d’un essai de Georges Perec. Espèce et Espace sont aussi deux obsessions poétiques, philosophiques et scénographiques d’Aurélien Bory. Avec Espæce, mot-valise qui contracte les deux notions, le créateur polymorphe donne à voir les habitants lettrés d’une œuvre polysémique… En proie au jeu hasardeux d’un grand mur sur roulettes, cinq interprètes déploient des trésors de grammaires gestuelles. Rhétorique de l’enfermement, dynamique de l’échappée. D’aplatissement en contorsions, les comédiens, danseurs et acrobates rivalisent d’imagination avec la paroi mouvante. (site du 104)

 

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Crédits photos : Aglaé Bory, Christophe Raynaud de Lage (lui et/ou l’autre ?)

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

« Vivre, c’est passer d’un espace à un autre, en essayant le plus possible de ne pas se cogner »

Après Avignon en 2016 et sûrement d’autres endroits mais j’ai pas creusé la question, Aurélien Bory s’empare d’un des espaces du 104 pour y installer sa machine infernale. Il y a quelque chose de Kafka dans cette histoire avec ces cinq personnages enfermés dans cet espace protéiforme. Ce fameux grand mur est impressionnant et je suis époustouflé, comme dans un spectacle de magie, même si ça m’énerve, de le voir bouger avec l’aide quasi-invisible des régisseurs. Parler de Perec sans énoncer un seul mot. Un peu comme quand celui-ci écrit une histoire sans utiliser la lettre e. Impossible n’est pas français. Je pense qu’on pourrait demander à plusieurs spectateurs la petite histoire qu’ils se sont fait dans leur tête, nous obtiendrions à chaque fois une version différente. Car Espaece ouvre notre boite à imaginaire, aidé par les performances des interprètes, acrobate, contorsionniste, chanteuse lyrique, Olivier Martin Salvan qui est un effet spécial à lui tout seul, avec un solo hilarant, qui s’adaptent comme ils peuvent à ce fameux espace.

Il y a sûrement des références qui nous échappent, mais on tient là un très bel objet visuel non identifié.

 

vu le dimanche 10 décembre 2017 au Centquatre, Paris.

prix de la place : 15€ (abonnement)

 

ESPAECE

conception, scénographie et mise en scène : Aurélien Bory

interprétation : Guilhem Benoit, Mathieu Desseigne Ravel ou Nicolas Lourdelle, Katell Le Brenn ou Lise Pauton, Claire Lefilliâtre, Olivier Martin-Salvan

collaboration artistique : Taïcyr Fadel  – création lumière : Arno Veyrat – composition musicale : Joan Cambon – décor : Pierre Dequivre – automatismes : Coline Féral – costumes : Sylvie Marcucci, Manuela Agnesini – régie générale : Arno Veyrat – régie plateau : Thomas Dupeyron, Mickaël Godbille – régie lumière : Carole China – régie son : Stéphane Ley ou Bernard Lévéjac

jusqu’au 13 décembre 2017 au Centquatre (Paris) avec le Théâtre de la Ville

Et du 5 au 7 avril 2017 au Théâtre de Caen.

 

(une autre histoire)

Printemps 1991 : Finale départementale d’orthographe des Bouches du Rhône. J’en suis. Je suis arrivé deuxième. Déjà quand j’étais petit, à l’école primaire, j’étais deuxième. On m’appelait Poulidor. Les adultes m’appelaient comme ça, parce que nous autres enfants ne savions absolument pas qui était Poulidor. D’ailleurs, je suis persuadé que certains d’entre vous ne connaissent pas non plus cet ancien formidable coureur cycliste. On l’appelait Poupou… Oh purée ! Je m’en rends seulement compte maintenant. A l’école, on m’appelait Poupou. Aujourd’hui sur mon lieu de travail, on m’appelle aussi Poupou. En fait on m’appellait Poussin et c’est devenu Poupou. Pourquoi Poussin, je n’en sais rien. Poupou je fus, poupou je resterai. Toute ma vie. Même dans la rue, on m’appelle Poupou ! Ça craignait un peu quand j’étais plus jeune (ça craint toujours pour d’autres raisons) : « Hey, tu veux sortir avec Poupou ? Poupou ! Devant toi, là, tu le vois pas ? Mais oui, Poupou c’est son nom… En fait j’ai jamais su pourquoi on l’appelait comme ça, mais j’ai jamais demandé son vrai prénom. Je crois avoir entendu Alex… » Je préfère Poupou.

Je pense que si je n’étais pas arrivé deuxième de ce fameux concours d’orthographe, j’aurais brisé la mélédiction du poupou. La première du concours, elle était dans mon collège, je la connaissais. D’ailleurs je l’ai revue y a quelque temps, elle travaille dans l’édition, un chouette boulot. Si j’avais été premier, j’aurais aussi travaillé dans l’édition et on ne m’aurait plus appelé Poupou. Tout ça à cause d’une miniscule erreur : j’ai écrit espaece au lieu d’espèce.

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

 

La Mécanique de l’Histoire… (Yoann Bourgeois/Th.de la Ville/Panthéon)

(quand on ne lit pas la bible)

L’histoire est grippée, ça ne tourne plus. Une seule solution : appeler à la rescousse le seul mécano du district assez fou pour accepter la mission. Il s’appelle LE MÉCANO ! Avant il s’occupait de trains. aujourd’hui, c’est une histoire personnelle. « Je suis trop vieux pour ces conneries. », répète-t-il. Oui, mais il est le seul à pouvoir sauver le monde. Qui ça ? LE MÉCANO ! Il ne sourit jamais depuis un grave accident de coucou. Un ressort qui lui est resté en travers de la gorge. « Je suis pas content », dit-il. Qui ça ? LE MÉCANO !

 

(de quoi ça parle en vrai)

Un spectacle déambulatoire pour une rencontre inédite entre acrobates-équilibristes et le Pendule de Foucault (site du Théâtre de la Ville)

 

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Crédits photos (et couverture) : CCN2 Centre chorégraphique national de Grenoble)

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Les grandes portes du Panthéon s’ouvrent. Nous sommes comme dans le sikh de Petra, un dernier virage et alleluia ! Le Panthéon s’offre à nous, lieu inconnu de mes pieds, contrairement à celui de Lisbonne, mais c’est une autre histoire. Clic clac Kodak, certaines personnes éterniseront ces moments (ou l’intégralité de ces moments). Une acrobate culbuto nous accueille. Puis nous nous diviserons en quatre groupes. Je serai Force Bleue, mais elle ne suffira pas à réduire à néant les flashs des photographes amateurs. Il y aura le tourniquet, le trampoline, la balance et le plateau mouvant (ou un retour en enfance) (je vous invite à parcourir le guide du spectacle avec les vrais noms de ces numéros). C’est la première fois que je vois un spectacle de Yoann Bourgeois. J’ai appris que certains des numéros présentés l’avaient déjà été dans des spectacles précédents, mais ils ont tous une force et une capacité à capter l’attention indéniables. Tout est millimétré, forcément. Dans le premier numéro vu par le groupe bleu, les deux artistes tentent de trouver le point d’équilibre pour pouvoir s’asseoir sur une chaise autour d’une table, le tout sur un plateau instable. Ils ne regarderont qu’à la toute fin : un premier et ultime regard, fondu au noir, fin. Des histoires de couples, des gens qui tombent mais qui remontent toujours, une personne seule qui nous observe d’en haut. Et pendant ce temps, Culbuto (que l’artiste m’en excuse) continue d’évoluer autour du fameux pendule de Foucault, il ne faut pas avoir le tournis.

Les artistes répèteront leurs numéros quatre fois, comme autant de groupes de spectateurs. Quatre fois où ils devront se re-mobiliser, se re-concentrer. Certes, comme j’en ai parlé avec une amie, c’est leur métier mais il n’empêche, je les admire.

Les numéros sont suffisamment longs pour laisser libre cours à notre imagination, oublier la mécanique, ne voir que ces hommes et ces femmes dans des images presque cinématographiques, comme des images montées à l’envers quand les acrobates reviennent du trampoline, se croisent ou font du surplace sur le tourniquet. Un micro-geste imperceptible de l’artiste sur la balance la bascule, la met en apesanteur (de là-haut, je vois ma maison).

On se sent privilégié d’être dans ce lieu historique et lourd de sens, le soir, avec un remarquable travail de lumière, même si à mon humble envie le lieu n’est pas totalement utilisé comme il devrait.

Des images qui impriment la rétine. Une envie de voir ça avec un grand ciel bleu, dehors. à la campagne, à la montagne.

 

vu le samedi 14 octobre 2017 au Panthéon.

Prix de la place : 31€ (tarif abonnement)

 

La mécanique de l’histoire, une tentative d’approche d’un point de suspension, exposition vivante au Panthéon

Conception & mise en scène  : Yoann Bourgeois (La Balance de Lévité)

Conception : Marie Fonte & Yoann Bourgeois – Scénographies : Yoann Bourgeois, Goury

Avec Yoann Bourgeois, Estelle Clément-Bealem, Raphaël Defour, Sonia Delbost-Henry, Damien Droin, Émilien Janneteau, Élise Legros, Jean-Yves Phuong, Lucas Struna, Yurié Tsugawa

Création musicale : Florentin Ginot & Lola Malique – Collaboration musicale : Dirk Rothbrust – Réalisateur en informatique musicale : Martin Antiphon – Son : Antoine Garry – Lumières : Jérémie Cusenier – Costumes Sigolène Petey – Costumes de La Balance de Lévité : Ginette – Réalisation scénographies  : David Hanse & Nicolas Picot (C3 Sud Est)

du 3 au 14 octobre 2017 au Panthéon avec le Théâtre de la Ville dans le cadre de l’opération monuments en mouvement du centre des monuments nationaux.

En tournée le 10/02/18 à L’Hexagone (Meylan), du 4 au 6/4/18 au Pont des arts (Cesson-Sévigné), du 1er au 3/6/18 aux Scènes du Jura (Lons-le-Saunier) et du 7 au 9/6/18  juin à La CAPI, Théâtre du Vellein, Biennale du cirque (Villefontaine)

 

(une autre histoire)

S’il te plaît, ne saute pas sur le lit. C’est pas un trampoline. La dernière fois, tu as cassé une latte. Non, je ne suis pas rabat-joie, seulement pragmatique. Je n’utilise pas assez souvent ce mot, n’est-ce pas ? Tu casses, tu remplaces alors ? Je veux bien casser une latte ou deux quand on est en pleine action, comme l’autre soir, si tu vois ce que je veux dire. Mais pas autrement, quoi, on n’a plus sept ans. Ou on fait ça à l’hôtel, mais pas chez moi. J’aurais trop peur de passer à travers le plancher et de nous retrouver chez le voisin. Je me demande où se trouve son lit. Est-ce qu’il nous entend ? La dernière fois, quand tu as crié, tout le monde t’a entendue, j’en suis certain. Tu m’as fait peur d’ailleurs. Et ces spasmes… Impossible de te toucher après. Je me la suis mise derrière l’oreille, t’as pas été cool. Je suis très souple. Mais non… c’est une expression, tu ne la connais pas ? Ah bon… Faudrait que je re-tapisse. Mais j’ai le vertige. Je ne peux pas monter sur une échelle, impossible. Tu le ferais pour moi ? Non, tu ne pourras pas sauter sur le lit. Mais c’est quoi cette obsession ? J’aurais trop peur que tu te fasses mal. Et que tu casses une autre latte. Mais où tu vas ? Mais non, rentre pas chez toi. Y a plus de métro à cette heure-ci. Ah non, me dis pas que tu vas prendre un Über. Ecoute, je te ferai sauter sur mes genoux, dans mon fauteuil club, là y a pas de danger. Mais oui, je sais vivre dangereusement. Pas plus tard qu’hier, je suis allé manger au McDo. J’étais encore en avance pour voir le spectacle de Yoann Bourgeois, j’avais faim, je voulais prendre un Sundae au caramel et là l’engrenage, j’ai commandé sur place et j’ai pris un Maxi menu. J’ai mangé du pain alors que… oui… mon régime sans gluten, envolé. J’ai passé mon temps à avoir des maux d’estomac et des flatulences au Panthéon. Qui repose là-bas ? Simone Veil ? Non pas encore ? Marie Curie ? Ben ça l’a réveillée, Marie Curie. Et ça lui a donné des idées, pour des nouvelles expériences de chimie, à partir de mes pets. Tu ne trouves pas ça de bon goût ? En même temps, on parle de pets…

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito