Exit (Fausto Paravidino / Anne-Sophie Pauchet / La Manufacture / Avignon Off 19

(de quoi ça parle en vrai)

« A quitte B. A et B se séparent. Plus tard, A rencontrera C et B rencontrera D. Exit c’est l’histoire éternelle de la fin annoncée d’un couple. Et de ce qui pourrait se passer après. L’histoire du renoncement, des échappatoires, des petites lâchetés et des grandes désillusions. Une variation drôle et acide sur la difficulté de concilier le besoin de liberté personnelle et d’émancipation avec un exigeant besoin d’affection et d’une « vie satisfaisante ». Un questionnement sur la crise qui habite ces adultes bourgeois européens parfois autant incapables de courage politique que de courage intime. » (source : ici)

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Crédits photos : Laure Delamotte-Legrand

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Cette fois-ci, l’auteur italien s’attaque à l’histoire d’un couple bourgeois en crise. Nous suivons son parcours, pas forcément dans l’ordre, mais surtout une rupture et ses conséquences.

Le bon point de la pièce est ses comédiens, Laure Mathis en tête (que j’ai toujours (en tête) depuis le magnifique « Doreen » de David Geselson). A noter également, la découverte de Jean-François Levistre (pour une fois que je souligne la présence d’un comédien « mâle »…) qui détonne par son physique, son phrasé étonnamment normaux. Il pourrait être n’importe qui dans la rue, mais il est comédien et il le fait bien. (ça pourrait être mal pris, mais c’est réellement un compliment : sa normalité m’a fait du bien)

La pièce, à mon sens, repose uniquement sur les épaules des comédiens (et la direction d’acteurs) car le texte de Fausto Paravidino ne présente pas un réel intérêt, tant il manque d’originalité. J’ai l’impression d’avoir déjà vu cette pièce, sous une forme spectaculaire ou filmique, un certain nombre de fois. Cerise sur le gâteau, nous avons droit à une énième scène de danse sur du David Bowie (ici « Modern Love ») (d’ailleurs, il faudrait légiférer, j’en ai déjà parlé, sur l’emploi des musiques de Bowie ou Nina Simone – cette dernière sera d’ailleurs la figure centrale de la prochaine pièce de David Geselson avec Laure Mathis, je boucle la boucle). 

Il parait loin le temps de Peanuts et de Gênes 01… (autres pièces autrement plus passionnantes)

 

EXIT

Texte : Fausto Paravidino

Metteur en scène : Anne-Sophie Pauchet 

Avec Arnaud Troalic, Laure Mathis, Manon Rivier et Jean-François Levistre

Scénographie : Laure Delamotte-Legrand – Régie générale et création lumière : Max Sautai – Régie son : Gaetan Le Calvez – Régie plateau : David Amiard et Romain Renault (en alternance) 

Jusqu’au 25 juillet 2019 (sauf les 11 et 18) à 12h à la Manufacture – Château St-Chamand, Avignon Off

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Vu le mardi 16 juillet 2019 à la Manufacture, Château St-Chamand, Avignon Off

Prix de ma place : invitation

 

(sans titre)

Ce qui est bien avec les salles extramuros, c’est qu’on voit du pays. Cette fois-ci, ce sont les zones commerciales, l’autre jour, un peu comme à Thoiry, les cités qui n’en ont sûrement rien à faire du festival…

Je n’ai absolument pas fait exprès de choisir de voir une pièce qui s’appelle « Exit » alors même qu’il s’agira de ma dernière pièce de ce festival. Voir une pièce avec un tel nom, en dehors des remparts, veut bien dire ce que ça veut dire, il est temps de partir.

Les signaux EXIT m’enquiquinent dans les théâtres. C’est trop vert. C’est trop lumineux.

(évidemment il était absolument nécessaire que j’écrive cette affirmation)

(ça se voit un peu que je n’ai plus du tout d’inspiration pour cette section de l’article, alors que je vais embarquer dans mon avion dans 28 minutes et que je me dépêche de terminer ma chronique et de la publier…)

Festival d’Avignon 2019, ma sélection Off

Autant vous dire, qu’une fois n’est pas coutume, il y a l’embarras du choix cette année dans le Off d’Avignon. La Manufacture, Les Halles, les Doms sont toujours là, deux autres lieux prennent également de plus en plus de place et proposent cette année encore une programmation alléchante et exigeante : le 11 Gilgamesh Belleville et le Train Bleu, qui en très peu d’années (seulement la deuxième pour le Train Bleu) font déjà office d’incontournables.

Je ne parviens pas à me souvenir combien de festivals d’Avignon j’ai faits. Le premier, c’était en 1996, le dernier, forcément, l’an passé. J’ai fait les trois semaines de festival à deux reprises, encore en 1996 et en 2001, autrement dit dans une autre vie. A la fin d’un séjour, il n’est jamais certain que je revienne l’année suivante. Et pourtant, un manque s’immisce en moi et finalement j’organise mes vacances en fonction de.

Je serai de retour à Avignon du 10 au 16 juillet. L’an passé, j’ai vu 24 spectacles en 8 jours (5 + 3). Mon objectif n’est pas d’en voir autant (trois par jour est une bonne moyenne… et c’est déjà beaucoup), mais de mieux apprécier les spectacles et la ville. Prendre le temps aussi pour voir un film à l’Utopia ou une expo à la Collection Lambert. Bref…

Voici donc les vingt-sept spectacles que j’ai sélectionnés parmi les 1 592 qui se joueront dans les différents lieux du Off (sachant que je compte n’en voir que 18 tout au plus, in inclus, je vous laisse calculer) : (classés par horaire)

(NB : Pour ceux qui repassent par là, j’ai ajouté 3 spectacles à ma sélection initiale qui se trouvent en n° 10, 15, 22)

1/ GUERRE, ET SI ÇA NOUS ARRIVAIT ? de Janne Teller par Laurent Maindon à Présence Pasteur à 9h45

« IMAGINE : Et si, aujourd’hui, il y avait la guerre en France… Où irais-tu ? »

Avec une collègue de l’Occupation Bastille période Tiago Rodrigues. Il est toujours bon de suivre les gens qu’on a croisés ici et là.

2/ CRÂNE de Patrick Declerck, mise en scène d’Antoine Laubin, au Théâtre des Dons à 10h

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© Beata Szparagowska

« Devant nous, un écrivain à qui l’on doit retirer une tumeur. Il s’agit d’une intervention dite de chirurgie éveillée. Il faudra sonder le patient pour être certain de ne pas lui ôter le langage. C’est son outil de travail en quelque sorte et sa raison de vivre peut-être. On nous parlera du deuil impossible pour un chien, de la poésie de Shakespeare, du ridicule accoutrement opératoire et de la dignité qui se loge parfois dans les détails même face à une mort hypothétique. »

J’avais découvert le travail d’Antoine Laubin aux Doms avec « Le Réserviste » d’après un texte de Thomas Depryck. Je suis quelqu’un de fidèle.

3/ LATERNA MAGICA de Dorian Rossel et Delphine Lanza au 11 Gilgamesh Belleville à 10h30

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© Todd Hido

« Ce spectacle est une réinvention pour le plateau de la fausse autobiographie d’Ingmar Bergman. Ce récit sans complaisance, entre mémoires et exutoire psychanalytique, dessine un autre portrait du génie protéiforme. Il se raconte, les souvenirs dérivent, réinventant sa propre histoire pour en mesurer l’étendue et se l’approprier enfin. Bergman fait de sa vie une matière, fertile et fluctuante, pétrie de contrariétés, d’humour et de manques, sédiments propices à l’éclosion de sa créativité. »

Grande impatience avant chaque spectacle de Dorian Rossel, dont je regrette de ne pas encore avoir vu son adaptation du Dernier Métro de Truffaut.

4/ PLAIDOYER POUR UNE CIVILISATION NOUVELLE d’après Simone Weil par Jean-Baptiste Sastre au Théâtre des Halles à 11h25

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Crédit photo : DR

« Simone Weil : figure radicalement à part de la pensée française du XXe siècle. Sa vie durant, elle a cherché jusqu’à l’épuisement des clefs pour tenter de se comprendre et de comprendre le monde. Elle travailla en usine, prit part à la guerre d’Espagne aux côtés des Républicains, avant de rejoindre Londres et la « France Libre », où elle mourût à l’âge de 34 ans. « Elle ne méprisait rien sinon le mépris lui- même » Albert Camus. Après La France contre les robots de Georges Bernanos, Hiam Abbass et Jean-Baptiste Sastre adaptent une partie de la correspondance, L’Enracinement et d’autres textes de cette philosophe qui relèvent ses apports à la philosophie, à la critique politique et à la spiritualité. »

L’idée de voir l’actrice Hiam Abbass dans la salle de la Chapelle m’impressionne au plus haut point, surtout avec des textes aussi majeurs (et on parle de Simone Weil, pas de Simone Veil… j’ai vérifié avant)

5/ MARX ET LA POUPÉE  d’après le roman de Maryam Madjidi par Raphaël France-Kullmann au Théâtre Artéphile à 11h45

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« Depuis le ventre de sa mère, Maryam vit de front les premières heures de la révolution iranienne. Six ans plus tard, elle rejoint avec sa mère son père en exil à Paris. À travers les souvenirs de ses premières années, elle raconte l’abandon du pays, l’éloignement de sa famille, l’effacement progressif du persan au profit du français avant de le retrouver pleinement. Maryam Madjidi raconte avec humour et tendresse les racines comme fardeau, rempart, moyen de socialisation, et même arme de séduction massive. »

Parce que j’aime énormément ce premier roman et qu’aussi j’avais apprécié discuter avec son autrice les deux fois où on s’est vu. (ce n’était pas pour un rendez-vous Tinder, je préfère préciser, nous avons une connaissance en commun qui avait même traîné Maryam à mon anniversaire pour mes 30 ans, autrement dit il y a dix ans, déjà…)

6/ J’AI RENCONTRÉ DIEU SUR FACEBOOK d’Ahmed Madani au 11 Gilgamesh Belleville à 11h50

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©François-Louis Athènas

« Comment une adolescente bien sage et bien protégée par sa maman peut-elle sombrer dans une mascarade pseudo-religieuse d’aventure extraordinaire ? Comment une jeune mère qui est parvenue à s’émanciper du poids de la tradition, de la religion, réagit-elle face à ce qu’elle considère comme une trahison de son combat pour la liberté ? Voilà un vrai sujet de société dans lequel la fiction et la poésie peuvent trouver une voie d’expression qui fera écho chez les spectateurs, et les adolescents. »

Après F(l)ammes, je suis curieux de voir ce que nous prépare Ahmed Madani.

7/ LE MASSACRE DU PRINTEMPS d’Elsa Granat au Théâtre du Train Bleu à 11h50, les jours pairs

Le Massacre du Printemps – Teaser from Elsa Granat on Vimeo.

« J’ai mûri d’un seul coup puis j’ai régressé exactement en même temps. J’ai poussé fort et dans tous les sens. Il m’est arrivé d’accompagner des gens en fin de vie. Des combattants sans monument aux morts. Il y a des événements comme ça qui semblent insurmontables, tu penses qu’ils vont te laisser clouée au sol. Et pourtant tu vas découvrir des forces inespérées qui vont t’inspirer pour inventer des printemps même sur pelouse synthétique. Tu participes aujourd’hui au Massacre du Printemps. Oui j’ai bien dit « Massacre ». »

On dit que je suis fidèle… J’ai découvert Elsa Granat il y a déjà neuf ans avec « J’ai plus pied ». Une amie jouait dans cette pièce. J’ai découvert également Claire Méchin (qu’on connait chez les Blond and Blond and Blond et surtout à revoir dans Les Secrets d’un Gainage Efficace). Mais surtout Elsa Granat… une écriture, un point de vue, un sens de la mise en scène. (et je viens seulement de comprendre le jeu de mots (Mas)Sacre du Printemps…

8/ EXIT de Fausto Paravidino par Anne-Sophie Pauchet à la Manufacture à 12h

Bande-annonce EXIT Tournée / Fausto Paravidino / Anne-Sophie Pauchet from Florent_Houdu on Vimeo.

« A quitte B. A et B se séparent. Plus tard, A rencontrera C et B rencontrera D. Exit c’est l’histoire éternelle de la fin annoncée d’un couple. Et de ce qui pourrait se passer après. L’histoire du renoncement, des échappatoires, des petites lâchetés et des grandes désillusions. Une variation drôle et acide sur la difficulté de concilier le besoin de liberté personnelle et d’émancipation avec un exigeant besoin d’affection et d’une « vie satisfaisante ». Un questionnement sur la crise qui habite ces adultes bourgeois européens parfois autant incapables de courage politique que de courage intime. »

L’idée de revoir Laure Mathis, admirable Doreen dans la pièce éponyme de David Geselson et que j’aime l’écriture de Fausto Paravidino.

9/ L’OISEAU MIGRATEUR de Dorian Rossel à la Maison du Théâtre pour Enfants à 14h

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« Deux blocs noirs, deux comédiens, deux craies pour conter l’amitié insolite entre un petit garçon, sa voisine et un passereau. À contre-courant des temps tonitruants, L’Oiseau migrateur parie sur la simplicité et invite l’imaginaire à se déployer. L’histoire s’esquisse par des dessins à la ligne épurée, avant que le texte prenne le relais. »

Pour les mêmes raisons qui m’amènent à voir Laterna Magica et parce que je ne rechigne jamais à voir un spectacle dit jeune public.

10/ TROUBLE par Philippe Duban et Didier Cousin à Lascierie à 14h (jusqu’au 14 juillet)

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« Initié dans une réflexion libre à la lecture d’écrits de Michel Foucault, le projet s’est construit à travers une coopérative de création sous la direction de Philippe Duban et Didier Cousin. « Trouble » propose une plongée historique atypique autour de l’histoire de la folie qui résonne avec notre époque actuelle. Sur scène, un orchestre d’une quinzaine de musiciens en live, des projections d’images, un trapèze et un chœur d’acteurs danseurs et chanteurs. Porté avec souffle par une équipe de trente artistes, « Trouble » évoque la mue des enfermements, interroge la place des singularités dans les cercles d’appartenances, appelle à l’union dans la diversité. »

Pour avoir déjà officié pendant trois ans en tant que comédien soutien dans une troupe composée essentiellement de jeunes adultes « hors normes », je sais que ce spectacle sera une expérience incomparable. Surtout que la troupe de ce « Trouble » comprend un de ces fameux jeunes aux milles talents cachés (le voir m’imiter un soir de résidence fut un grand moment de… trouble)

11/ LA PAIX DANS LE MONDE de Diastème au Théâtre Artéphile à 14h05

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crédit photo Vanessa Filho

« Cinq ans avaient passé. Puis dix, puis quinze. Le juge peut interdire au coupable d’approcher la victime pour une durée d’au plus cinq ans. Simon n’a pas revu Lucie. Il vit en Suisse, à quelques kilomètres de la maison de Charlie Chaplin. Il lit des livres, il fait du feu. Il ne voit pas le temps passer. Simon se prépare. Au jour où Simon et Lucie seront enfin réunis. Il doit être prêt. Tout doit être prêt. Le monde n’oubliera jamais ce jour. »

Diastème fait partie de ces auteurs, un peu comme Xavier Durringer, qui ont imprimé mon inconscient de leurs thèmes, de leur écriture.

12/ UN DÉMOCRATE de Julie Timmerman à Présence Pasteur à 14h40

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« Une traversée épique à l’humour impitoyable de la vie et de l’œuvre d’Edward Bernays (1891-1995), neveu de Freud, inventeur dans les années 20 de techniques de manipulation des masses sans précédent : la “Fabrication du consentement”. S’inspirant des découvertes de son oncle sur l’inconscient, il vend indifféremment savons, cigarettes, Présidents et coups d’État. Goebbels lui-même s’inspire de ses méthodes pour la propagande nazie – mais Eddie ne comprend pas car Eddie est un démocrate… Où en est la Démocratie à l’ère du Big Data et de l’hyper-communication? »

Ça doit faire trois ans que j’en entends parler, mieux vaut tard…

13/ FLAVIEN par Flavien Bellec au Théâtre du Train Bleu à 15h20

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« Un homme, FLAVIEN, décide de faire un spectacle sur lui. Pudique, il n’a cesse d’éviter le face à face, terrible, avec l’autre, le spectateur. Dans une succession de performances anti-spectaculaires, FLAVIEN tente de donner une représentation idéalisée de lui-même. Une entreprise narcissique impossible qui voit affluer, en miettes et fragments, des souvenirs d’enfances et des fantasmes obscurs, dans un spectacle qui prend peu à peu la forme d’un n’importe quoi poétique. La scène devient alors le théâtre d’une lutte étrange entre FLAVIEN et sa propre représentation, jusqu’à devenir le cimetière de ses identités. »

Je devrais pourtant me méfier. Le Flavien fait partie des Divins Animaux

14/ JOIE d’Anna Bouguereau par Jean-Baptiste Tur au Théâtre du Train Bleu à 16h40

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« Est-ce qu’on est obligé de pleurer à un enterrement ? Est-ce que c’est normal qu’on enferme les morts dans des boites ? Pourquoi on fait plus de slows ? Pourquoi les croque-morts on l’air dépressif ? Qui a choisi cette musique improbable ? Pourquoi la dame au premier rang pleure si fort ? Est ce qu’on a le droit de coucher avec son cousin ? Pourquoi il faut attendre d’être mort pour être couvert de fleurs ? Comment continuer à vivre puisque les gens meurent ? »

J’ai découvert Anna Bouguereau dans « En réalités » et bluffé que je fus, je suis intrigué de voir et entendre ce qu’elle a écrit.

15/ IN-TWO par la Cie Tandaim au Festival Villeneuve en Scène de 18h30 à 22h30

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photo : Gabrielle Voinot

« C’est une petite collection de trois grandes boîtes aux allures de caisses de transport qui vous invite à entrer pour partager une histoire, une confidence, un (jardin) secret… Dans ces confessionnaux du quotidien où vous serez le seul spectateur, les mots de nos auteurs complices vous seront susurrés à l’oreille… Des formes courtes (6 à 8 minutes) à la manière d’un entresort, pour un acteur et un spectateur. »

Du théâtre intime, du théâtre qui ne fait pas mal (entendre : aucune gêne), on m’en a dit grand bien et cela serai aussi l’occasion de revoir peut-être Lucile Oza, une comédienne déjà vu dans mon coup de cœur Avignon 2016 :  Zoom (Gilles Granouillet / Marie Provence)

16/ LES SECRETS D’UN GAINAGE EFFICACE par les Filles de Simone au 11 Gilgamesh Belleville à 18h45

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© Christophe Raynaud de Lage

« Elles sont cinq et écrivent un livre sur le corps des femmes, comme leurs aînées des 70’s. Elles débattent et se débattent avec les hontes et traumatismes liés à ce corps et disent tout haut ce que tout le monde vit tout bas. Elles explorent leur intimité autant que l’Histoire ou la presse et réinventent les raisons de la colère. Des injonctions esthétiques à la transmission mère-fille, des règles au clitoris, elles explosent à grands coups d’autodérision les clichés qui leur collent à la peau. »

Mise à part la comédienne Claire Méchin dont j’ai parlé un peu plus tôt, je vais me laisser convaincre par le bouche à oreille.

17/ LES SIESTES ACOUSTIQUES par Bastien Lallemant à la Collection Lambert avec Là c’est de la musique à 19h

Les Siestes Acoustique de Bastien Lallemant from François GLRN on Vimeo.

« Laboratoire collectif et bienveillant, les Siestes Acoustiques de Bastien Lallemant sont imprévisibles, et réunissent acteurs et dormeurs autour de l’instant. Ne ratez pas l’occasion de faire cette expérience d’écoute musicale et sensorielle dans un cadre exceptionnel et surtout n’oubliez pas…de vous laisser aller à dormir ! »

Parce que j’aurais besoin de dormir un peu. Le problème, c’est que c’est à 19h et que 19h, c’est pas vraiment le bon horaire pour faire la sieste, on s’endort, on se réveille ensuqué, on ne sait plus où on est…

18/ LE GROËNLAND de Pauline Sales par Sylvie Boutley à la Salle Roquille à 21h

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« Cartographie d’une intimité. Monologue d’une femme qui perd le contrôle de sa vie, mais juste le temps d’une nuit … le temps d’aller au Groenland et de revenir… Théâtre d’une parole ironique. Elle fugue à travers les rues d’une ville, la nuit, en compagnie de sa fille, sa chouette son loup. Elle veut l’emmener au Groenland, un pays lointain, un retour à des origines esquimaudes ou un désir qui insiste. »

Les mots de Pauline Sales, la mise en scène certainement très sobre de Sylvie Boutley (que je connais un peu pour avoir travaillé avec elle en 2001 sur un texte de Ronald Laing)

19/ LA DERNIÈRE BANDE de Samuel Beckett par Jacques Osinski au Théâtre des Halles à 21h30

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©Pierre Grosbois

« « Viens d’écouter ce pauvre petit crétin pour qui je me prenais il y a trente ans, difficile de croire que j’aie jamais été con à ce point- là. » Chaque année, le jour de son anniversaire, Krapp fait le point sur sa vie et s’enregistre sur un magnétophone. Chaque année, il écoute quelques bandes anciennes et peste contre celui qu’il a été tout en se remémorant certains instants merveilleux et perdus. Il est à la recherche de l’instant T, du moment fondateur, celui de l’amour peut-être. « Sois de nouveau, sois de nouveau ». »

Denis Lavant + Samuel Beckett = un retour forcément déconcertant et inévitable.

20/ 11 SEPTEMBRE 2001 de Jacques Vinaver par le collectif Ildi Eldi au Théâtre des Halles à 21h30

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©C. Raynaud de Lage

« Depuis le 11 septembre 2001, une page nouvelle de l’histoire contemporaine s’est ouverte concernant le terrorisme, non seulement dans les faits, mais aussi dans les consciences. C’est comme si, à force de subir les attentats à répétitions, nous étions devenus plus à même de les accepter comme une normalité. La parole des acteurs, témoins et victimes du drame constitue le coeur de ce texte qui refuse tout jugement : les récits alternent, sans hiérarchie entre eux. Des casques, des micros, une partition sonore. Les comédiens prêtent leurs voix à l’ensemble des personnages, terroristes, rescapés ou hommes politiques. Dans cette atmosphère confinée et intime, le collectif ildi ! eldi évite tout pathos en dépassant la sidération et la saturation d’images par des voix murmurées qui ne peuvent être qu’un souffle. »

Même si je fus quelque peu déçu par « Ovnis » l’automne dernier, je ne raterai pas ce nouveau spectacle du collectif. Et aussi parce que je suis un inconditionnel de Grégoire Monsaingeon !

21/ HÉROÏNES 2 de Dominique Richard par Lucile Jourdan au Théâtre de l’Entrepôt (du 12 au 15 juillet) à 21h30

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« Une femme se cherche, ivre de désir d’amour et d’absence, dans le frais gazon vert de la maison calme, elle prend le temps de délacer les fils emmêlés de sa vie amoureuse. De l’enfance – aux côtés de son frère Paul, double adoré et jalousé – à aujourd’hui, elle suit les rainures de sa mémoire. »

Parce que la pièce était sélectionnée dans le festival Court au Théâtre du Théâtre Berthelot à Montreuil, dont je suis la programmation pour Le Blog de Nestor (un peu de réclame n’a jamais fait de mal) et aussi parce qu’on m’a grandement conseillé de découvrir l’écriture de Dominique Richard.

22/ IPHIGÉNIE À SPLOTT (Gary Owen / Blandine Pélissier) au Théâtre Artéphile à 21h40

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« Effie habite à Splott, un quartier de Cardiff touché par le chômage et la paupérisation. Effie, c’est le genre de fille qu’on évite de regarder dans les yeux, qu’on se permet de juger l’air de rien. Effie, c’est la provocation incarnée. On croit la connaître, mais on n’en connaît pas la moitié. Tous les samedis, elle se jette dans une spirale d’alcool, de drogue et de petits drames, et émerge au bout de trois jours d’une gueule de bois pire que la mort pour tenir jusqu’au bout de la semaine et mieux recommencer. Et puis, un soir, l’occasion lui est offerte d’être plus que ça. »

Je ne sais pas s’il s’agit d’un hasard, mais voir cette pièce au même endroit et à la même heure qu’une certaine Irish Story vue l’an passé est de bon augure. Surtout que la co-traductrice du texte n’est autre que Kelly Rivière (l’autrice et interprète de « An Irish Story », tout le monde suit ?) et que je pourrai y admirer Morgane Peters, que j’avais énormément appréciée dans des pièces jouées avec sa promo de l’ERACM.

23/ LOUISE O’SMAN au Théâtre de la Croisée des Chemins à 21h50

« Chausser des bottes de sept-lieues, devant la folie des Hommes, de ceux qui ne croquent plus la pomme -surtout dans la rue Paradis. Écouter la beauté des ondes, des veilleurs de ponts et des sourdes frondes enfouis dans le bleu endormi. Raconter les frênes trop frêles, les cœurs étouffés sous le satin, la violence des miroirs quotidiens. S’asseoir enfin à l’ombre des mémoires pour chanter l’attente, le manque et l’absence, qui sont peut-être déjà, les premiers signes du printemps. À la fois doux et intime, incisif et courtois, le répertoire de Louise O’sman marque par sa force, son originalité et sa poésie. »

C’est de la chanson, c’est de l’accordéon, c’est aussi un peu de copinage car la demoiselle se produisait également avec les No Man’s Louise que je suivais de Paris à Marseille…

24/ LA CONVIVIALITÉ par Arnaud Hoedt et Jérome Piron au Théâtre du Chapeau d’Ebène à 22h15

La Convivialité, Théâtre National, septembre 2016

« Le spectacle des deux belges qui veulent simplifier la langue française » : tout est faux dans cette phrase. Pas « simplifier » mais faire preuve d’esprit critique. Pas « deux belges», mais deux curieux qui veulent partager les découvertes des linguistes. Pas même la langue, seulement son orthographe. Car l’orthographe, c’est pas la langue, juste le code graphique qui permet de la retranscrire. Nous avons écrit pour dédramatiser, pour réconcilier et aussi parce qu’on a toujours pensé que l’Académie Française avait un vrai potentiel comique. Notez que tout n’est pas faux : il s’agit bien d’un spectacle ! Et drôle en plus ! C’est quand la dernière fois que vous avez changé d’avis? »

Je ne m’en orgueillis jamais assez : je suis le vice-champion départemental des Bouches du Rhône 1991 d’orthographe.

25/ DÉGLUTIS ÇA IRA MIEUX d’Andréa Bescond et Éric Métayer au Théâtre du Balcon à 22h30

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« Déglutis, ça ira mieux est l’histoire d’une femme, Aline, éternelle adolescente de 45 ans, fuyant sa vie, ses responsabilités et surtout son rôle de mère. Lorsqu’elle apprend qu’elle est atteinte d’une maladie dégénérative, elle se débrouille pour retrouver sa fille, Nina, devenue adulte trop tôt et qui a fait ses bagages depuis longtemps. Les retrouvailles entre ces deux femmes que tout oppose – ou presque – seront déjantées et passionnées. Bien malgré elle, Nina se retrouve emportée par la folie douce et l’humour de sa mère. Aline, elle, a une idée derrière la tête. Faire la paix avec sa fille. Et lui demander l’impossible… »

Je n’ai point vu de spectacles du duo Andréa Bescond / Eric Métayer. Je veux seulement revoir Géraldine Martineau sur scène. C’est dit.

26/ CHARLY CHANTEUR à l’Arrache-Coeur à 22h30

 

« Les ballades spleenétiques sont comme des chansons dépressives mais en plus drôles. Les poèmes-poubelles sont des poèmes récupérés dans une poubelle et mis en musique. Charly Chanteur est un chanteur gourou de la secte du « Spleen », un vrai-faux chanteur qui fait un vrai-faux concert. »

L’acolyte de Léopoldine HH revient à l’Arrache-Coeur tout seul. Pour bien terminer la soirée.

27/ LA 7E VIE DE PATTI SMITH de Claudine Galea par Benoît Bradel à la Manufacture, du 13 au 19 juillet à 23h

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crédit photo Benoît Bradel

« 2 portraits en parallèle, 2 amplis, 3 micros, 1 jeune fille, 1 jeune femme, des guitares électriques. À la fin des années 70, dans un village près de Marseille, une jeune fille timide porte difficilement ses 16 printemps. Jusqu’au moment où elle entend une voix. Celle bien saccadée d’une autre jeune femme maigre et timide. Mais trentenaire celle-ci. C’est Patti Smith qui, avec Horses, entre dans la légende. En adaptant à la scène l’écriture de Claudine Galea, Benoît Bradel signe un trio électrique sur notre irrépressible besoin de liberté. »

Patti Smith + Marie-Sophie Ferdane = deux raisons suffisantes.

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À part ça, j’ai déjà vu et je ne peux que conseiller :

La Légende de Bornéo du Collectif L’Avantage du Doute au Théâtre des Carmes, Désobéir de Julie Berès à la Manufacture (chronique très en retard), Le Champ des Possibles d’Elise Noiraud au Théâtre Transversal, On voudrait revivre par Léopoldine Hummel, Maxime Kerzanet et Chloé Brugnon à la Caserne des Pompiers, Vies de papier par la Cie La Bande Passante au 11 Gilgamesh Belleville, Batman contre Robespierre par le Grand Colossal Théâtre au Théâtre des Gémeaux, En réalités par Alice Vannier au Théâtre du Train Bleu, le Syndrome du Banc de Touche de Léa Girardet au Théâtre du Train Bleu.

Il y a bien deux trois autres pièces que j’ai vues et qui repassent par Avignon mais que je ne conseillerai pas et que je ne mentionnerai pas ici (dans l’onglet AVIGNON 2019, vous pourrez tout de même les trouver, j’y ai même mis des étoiles, on n’arrête pas le progrès !)

Il s’agit bien évidemment d’une sélection complètement subjective. Je le répète, il y a presque 1 600 spectacles programmés dans le Off. J’ai déjà reçu énormément de courriels m’invitant à découvrir certaines pièces. Ça me désole (et déprime aussi) de ne pas pouvoir répondre, je vous prie de bien vouloir m’excuser. Mais n’hésitez tout de même pas à donner vos conseils, vos envies. On sait jamais…

Avignon c’est dans un mois. Et d’ici là…

Et d’ici là, j’ajouterai bientôt trois nouveaux spectacles qui sont arrivés à mes oreilles…

Ps : Pourquoi Off alors que In ? Parce que si In plutôt Out. Ou bien On et Off ? Pourquoi en anglais d’ailleurs ?

Speed Leving (Levin / Brethome / Manufacture / Avignon Off)

(de quoi ça parle en vrai)

Speed LevinG est le fruit d’un constat terrifiant propre à notre société contemporaine : de plus en plus d’histoires de vie et d’amour prennent naissance à l’issue de rencontres « calibrées » dans un cadre « minuté », les soirées « Speed dating ». Dans une distribution franco-israélienne paritaire, cinq femmes et cinq hommes jouent dans leur langue. Cette différence devient un facteur propice à la non réalisation d’histoires amoureuses. (source : ici)

 

(ceci n’est pas une critique mais…)

Hanokh Levin est typiquement le genre d’auteur pour lequel il faut savoir où on met les pieds. Certes, c’est drôle, mais c’est désespéré, l’échec de l’homme dans toute sa splendeur, la solitude moderne…

Par la forme de cette pièce, composée de courtes saynètes, l’ensemble reste inégal, même si les acteurs y mettent du leur pour dynamiser l’ensemble, entrecoupé de danses et de chansons écrites également par le dramaturge israëlien. Le mélange des langues (français et hébreu) est assez artificiel. Malgré le gimmick du « je regarde les sur-titres pour comprendre ce que mon partenaire dit », le bilinguisme n’est pas complètement exploité, me semble-t-il. La durée ne permet pas non plus à tous les acteurs de s’exprimer totalement. Pourtant certains acteurs se démarquent, comme Morgane Peters (qui aime en faire des caisses… en parlant de caisses… si tu n’aimes pas l’humour scatologique, passe ton chemin) ou Diana Golbi.

En somme, un spectacle enlevé, non dénué de défauts, qui met à nouveau en lumière le(s) théâtre(s) de Hanokh Levin.

Ps : Encore une fois, je pose ma candidature pour la relecture des sur-titres : de trop nombreuses fautes syntaxiques étaient présentes. Je fus vice-champion départemental d’orthographe des Bouches du Rhone quand j’étais en cinquième, ce job est pour moi !

 

SPEED LEVING

Metteur en scène : Laurent Brethome

Textes de Hanokh Levin (Éditions théâtrales), traduction Laurence Sendrowicz

assistant mise en scène Alex Crestey – création musicale Jean-Baptiste Cognet – création lumière David Debrinay – préparation au chant Jeanne-Sarah Deledicq – chorégraphie Aurélien Desclozeaux – préparation physique Valentin L’Herminier – photo de couverture : Olivier Quéro

Avec les élèves-comédiens de troisième année de l’ERACM : Fernand Catry, Nicolas Gachet, Morgane Peters , Frederico Semedo Rocha , Leslie Granger et les élèves-comédiens de Nissan Nativ Acting Studio (Tel Aviv) Tamir Ginsburg, Hadar Glesinger , Diana Golbi , Netta Gold , Maya Koren

Coproduction ERACM, Compagnie Le menteur volontaire. En collaboration avec Nissan Nativ Acting Studio (Tel Aviv)

à la Manufacture Patinoire (Avignon Off) jusqu’au 26 juillet 2018 à 19h50

 

vu le vendredi 20 juillet 2018 à la Manufacture Patinoire (Avignon Off)

prix de ma place : 19,50€

 

(quand j’attends dans la salle…)

Le premier Hanokh Levin, c’était là, à la Patinoire. La Putain de l’Ohio. Je venais de prendre une claque monumentale dans le in avec « Les Particules Élémentaires » par Julien Gosselin. J’enchaîne car je voulais découvrir l’écriture de l’auteur israélien. Je suis au deuxième rang et pendant le dernier tiers de la pièce, je vois un acteur vieillissant, le pantalon et la culotte sur les chevilles, en train de se rouler dans la terre et littéralement de tirer sur le zizi pour mimer la masturbation. Impossible de sortir, j’aurais été obligé d’attendre dans la cour que le spectacle se termine pour reprendre la navette. Aujourd’hui c’est mon deuxième Hanokh Levin et me voilà qui prend peur.

Voilà à quoi je pense quand j’attends dans la salle.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

J’appelle mes frères (Khemiri / Rosenblatt / Manufacture / Avignon Off)

(de quoi ça parle en vrai)

Amor, jeune européen né de l’immigration marche dans sa ville au lendemain d’un attentat. Quelle attitude adopter quand on ressemble comme un frère à ceux qui…? Le téléphone sonne, ses proches s’inquiètent, ils connaissent ses angoisses. Et Amor marche encore, court, tremble sous le regard des passants. Est-il réellement observé, traqué, coupable? Aux quatre comédiens se mêle un groupe de onze amateurs, des habitants de la ville sur scène. C’est un spectacle percussif et urbain, qui avance au rythme d’Amor. C’est le récit d’une crise identitaire, mais aussi la possibilité d’un apaisement. (source : ici)

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Crédits photos : Simon Gosselin

(ceci n’est pas une critique mais…)

J’aurais tant aimé adorer cette pièce, recevoir la claque qu’il m’a manqué pendant ce festival (off) et vu le sujet, cela aurait pu être celle-là. Pourtant il m’a manqué un petit quelque chose ou, si je puis m’exprimer ainsi, plusieurs petits quelques choses. L’acteur principal, Slimane Yefsah, ne démérite pas, mais j’ai l’impression qu’il joue toujours sur le même rythme, j’entends une même musique. La pièce écrite par J.H. Khemiri doit être comme on l’a vue à la Manufacture, mais j’aurais aimé voir un peu plus les personnages secondaires, interprétés par des acteurs très justes. Je me suis aussi interrogé sur la présence de choeur, que j’aurais aimé voir plus présent. En résumé, j’aurais aimé que le curseur soit plus haut dans tous les paramètres, parce que j’ai suivi le cours des événements mais n’ai pas ressenti ce que cette pièce aurait pu me donner.

C’est honnête, respectable, mais il m’a manqué quelque chose. (je crois qu’on l’a compris)

 

J’APPELLE MES FRÈRES

Metteur en scène : Noémie Rosenblatt

Traduit du suédois par Marianne Ségol-Samoy. Le théâtre de J.H. Khemiri est publié aux éditions Théâtrales, éditeur et agent de l’auteur.

Avec : Priscilla Bescond, Kenza Lagnaoui, Maxime Le Gall, Slimane Yefsah et un groupe de 11 amateurs

Accompagnement des amateurs : Julie Minck – Scénographie : Angéline Croissant – Lumière : Claire Gondrexon – Régie lumière : Alix Weugue – Son : Marc Bretonnière – Régie son : Damien Gandolfo – Mouvement : Marie-Laure Caradec – Costumes : Camille Pénager – Administration : Le Bureau des Filles : Annabelle Couto et Véronique Felenbok – PRODUCTION : Compagnie du Rouhault

à la Manufacture Patinoire  (Avignon Off) jusqu’au 26 juillet 2018 à 15h50

 

vu le vendredi 20 juillet 2018 à la Manufacture Patinoire (Avignon Off)

prix de ma place : invitation

 

(quand j’attends dans la salle…)

Waouh, cette année, ils ont changé les fauteuils ! Non, ils ont seulement mis une housse sur les sièges en plastique. Il y a toujours aussi peu de place pour les jambes, et je ne dépasse pas le mètre soixante-dix, et toujours cette sale impression d’avoir un gros cul… Ok, j’ai un gros cul. Je reformule, j’ai toujours cette satanée impression d’avoir des kilos en trop… Ok, j’arrive pas à m’en débarrasser. Je gagne, je perds… Ben là, j’ai toujours cette putain d’impression de déborder de mon fauteuil. Non, je n’ai pas besoin d’un putain de régime. C’est à cause de vos sièges, voilà, je suis énervé.

Voilà à quoi je pense quand j’attends dans la salle.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Cent mètres papillon (M.Taffanel / N. Pulicani / La Manufacture / Avignon Off)

(de quoi ça parle en vrai)

Cent Mètres Papillon raconte l’histoire de Larie, un adolescent épris de natation. Il suit le courant en quête de sensations, d’intensité et de vertiges. Au rythme de rudes entrainements, et de compétitions éprouvantes, il rêve d’être un grand champion. Ce récit témoigne de ses joies et de ses doutes, « au fil de l’eau ». C’est aussi l’histoire de Maxime Taffanel, nageur de haut niveau devenu comédien, l’histoire de son corps poisson devenu corps de scène. (source :  ici)

 

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Crédits photo : Ludo Leleu

 

(ceci n’est pas une critique mais…)

En ma qualité d’ancien nageur en club à Marseille à la piscine Haïti dans le 12e arrondissement (du CP à la 6e, soit 6 ans de compétition le dimanche matin), nous avons affaire là à un vrai nageur. Merci, au revoir.

Blague à part, s’il n’y avait qu’un mot à retenir, cela serait le mot « sensation ». La recréation sur scène des sensations qu’on peut éprouver en nageant est remarquable : l’enchaînement des mouvements, leur rythme. L’envie qui nous fait avancer, continuer (ou son absence) qui est aussi ici bien représentée, qu’on retrouve en natation, au théâtre… : Que se passe-t-il quand on n’a plus envie alors qu’on est destiné à faire carrière dans tel ou tel milieu ? On arrête ? Comme ça ? Ou le doute.

Maxime Taffanel est un corps, celui d’un ancien nageur, doté d’une intelligence de jeu, se glissant d’un personnage à un autre, parfois même avec drôlerie.

Un joli moment, en somme.

PS : Cette micro-critique ne contient aucun jeu de mot d’ordre sportif ou « natationnel ».

 

100 MÈTRES PAPILLON

Idée originale et texte: Maxime Taffanel

Adaptation et mise en scène: Nelly Pulicani

Jeu: Maxime Taffanel Création musicale: Maxence Vandevelde – Création lumières : Pascal Noel – Conseils costumes: Elsa Bourdin

Production Collectif Colette

Jusqu’au 26 juillet 2018 à 16h25 (sauf les 12 et 19) à la Manufacture (Avignon Off)

 

vu le lundi 9 juillet 2018 à la Manufacture (Avignon Off)

prix de ma place : invitation

 

(quand je suis dans la salle…)

Je suis heureux, on me fait signe qu’il reste un siège. Je n’aurai pas à poser mon séant sur un coussin sur les marches. Pardon Monsieur, pardon Madame. Je suis assis. Ah ! Oui ! Je comprends mieux. Le poteau. Il y a un poteau en face de ma face. « Non mais c’est gênant, tout de même », dis-je avec la voix de Bourvil. Note pour plus tard : trouver un moyen pour mettre un poteau au milieu de mon article et empêcher la lecture de certains mots.

Voilà à quoi je pense quand je suis dans la salle…

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Ça ne se passe jamais comme prévu (Tiago Rodrigues / Théâtre de l’Aquarium)

(quand on ne lit pas la bible)

Ça ne se passe jamais comme prévu ? Moi quand je me rendais à un rendez-vous galant ?

 

(de quoi ça parle en vrai)

Au moment de chercher un point de départ à ce travail, Tiago Rodrigues a lu l’interview d’un spécialiste en prévention des attentats. Il commentait un exercice effectué par les forces de sécurité et disait que la règle d’or, même au cours d’un entraînement, est de savoir que les choses ne se passent jamais comme prévu. Le parallèle avec le théâtre est évident : un exercice préparé au détail près ne peut exister que s’il embrasse l’imprévu. Dans cette pièce, un groupe de seize étrangers découvre Lisbonne et tente de monter un spectacle au cours duquel, tout comme la vie dans cette cité, rien ne se passe comme prévu. (http://www.theatredelaquarium.net/IMG/pdf/manufacture.pdf)

 

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Crédits photo : Filipe Ferreira (ci-dessus, c’est l’acteur qu’on ceinture qui m’a sauté dessus pendant la représentation, parce que je suis toujours bien placé et celui qu’on choisit pour subir ce genre de sévices, je suis le bon client !)

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Dieu sait que je n’aime pas les jeunes, surtout ceux qui sortent des écoles. Et pourtant ceux-là… Il faut dire qu’ils ont été grandement aidé par le sorcier (gourou diront certains) Tiago Rodrigues. Ce dernier a écrit dix-lettres pour seize acteurs. Il y a quelque chose d’Alessandro Baricco (le roman Océan Mer pour être plus précis) dans le postulat de départ : les acteurs découvrent, dans le tiroir d’un des appartements qu’ils occupaient lors de leur résidence lisboète, un paquet de lettres d’adieux destinées à un être rencontré une seule et unique fois dans le parc de Principe Real.

Autant dire que ça ne pouvait que me toucher puisque j’écris inlassablement sur le même sujet : l’histoire d’un garçon qui est obsédé par une fille qu’il a rencontrée une seule et unique fois dans une piscine alors qu’il était adolescent.

On sent, on sait que l’auteur portugais aime les acteurs, ces jeunes acteurs en particulier. Dès le préambule, on s’amuse de l’exercice de style qu’est le spectacle de sortie d’école de théâtre : Oui, ils vont chacun avoir leur moment. On est lucide aussi : C’est probablement la dernière fois qu’on les verra tous réunis sur une scène de théâtre et sur ces 16 acteurs, combien d’entre eux parviendront à sortir du lot et vivre de leur métier ?

Et ce qui est bien, c’est qu’une fois ce préambule passé, on l’oublie. Parce qu’on suit l’histoire, parce qu’on est touché, ému, amusé par ces petits moments d’acteurs et surtout par ces lettres qui évoquent une rencontre inattendue, un deuxième rendez-vous qui n’aura pas lieu, une ville (Lisbonne) passionnante mais qui se transforme  au rythme incessant des flots de touristes que déversent les avions low costs (comme toutes les grandes villes, soit dit en passant), quitte à perdre son âme et ses habitants ou la disneylandisation (comme me l’a souligné un proche lors d’une discussion passée), des histoires de femmes, d’hommes, la saudade…

La pièce dure 2h30, on sait d’avance qu’il y aura dix-sept lettres. On voit le temps passer et c’est important car on ne veut pas le voir vite passer. On ne veut pas quitter ces jeunes gens, tous talentueux, aucun identique. Aussi à cause du côté éphémère de ce genre de spectacle, car même si « Ça ne se passe jamais comme prévu » sera joué à Montpellier ou à Lyon, il n’a pas vocation à tourner indéfiniment. On se sent un peu privilégié, on a envie aussi de tenir en nos mains le texte du spectacle, brillamment traduit par Thoams Resendes. On apprécie encore le don de passeur de Tiago Rodrigues qui va nous (me) faire acheter un livre du poète Luís Vaz de Camões, cité dans la pièce.

Certes, il y a parfois quelques auto-citations (clins d’oeil à « Antoine et Cléopâtre » ou « By heart », on voit parfois un peu les coutures de l’exercice, le numéro de danse (même si danser sur scène avec « Sabotage » des Beastie Boys en bande son reste un rêve pour moi) peut paraître accessoire (clin d’oeil à Bovary), et finalement pour qui a vu nombre de ses pièces, on aime quand même ça, un auteur qui creuse un sillon, qui traverse des thèmes sans jamais les épuiser.

Et malgré tout, je reviendrai à Lisbonne. Pour mes 40 ans, c’est décidé. Et je m’offrirai des gants chez Ulysse.

 

vu le samedi 23 juin 2018 au Théâtre de l’Aquarium

prix de la place : entrée libre sur réservation

 

ÇA NE SE PASSE JAMAIS COMME PRÉVU

texte et mise en scène Tiago Rodrigues, traduction Thomas Resendes

assistante Teresa Coutinho, son Ponto Zurca, direction technique Nicolas Berseth

avec les élèves de la promotion I du bachelor théâtre LA MANUFACTURE – Haute école des arts de la scène de Suisse Romande – Lausanne : Donatienne Amann, Raphaël Archinard, Julie Bugnard, Greg Ceppi, Angèle Colas, Isabela De Moraes Evangelista, Catherine Demiguel, Laura Den Hondt, Morgane Grandjean, Isumi Grichting, Camille Le Jeune, Pépin Mayette, Guillaume Miramond, Samuel Perthuis, Victor Poltier, Lucas Savioz.

Jusqu’à cet après-midi 15h au Théâtre de l’Aquarium dans le cadre du festival des écoles du théâtre public 2018 puis les 26 et 27 juin au Théâtre du Loup à Genève, les 29 et 30 juin au Printemps des comédiens à Montpellier, les 2 et 3 juillet au Théâtre T. Kantor de l’ENS dans le cadre des Nuits de Fourvière а Lyon.

 

(une autre histoire)

Quand ma soeur vivait à Québec, il me plaisait de lui rendre visite durant l’été, deux mois durant. À mon arrivée, je posais mon sac à dos près du sofa, je passais deux jours allongé à me remettre d’une année scolaire éreintante et accessoirement du décalage horaire. Je profitais de son absence pour lire les livres québécois qu’elle avait achetés, regarder des séries en rattrapage, aller à l’épicerie, prendre le bus pour aller dans le centre, souper au Bonnet d’Âne dans la haute ville, me faire un ciné, bouquiner encore sur les plaines d’Abraham, courir en longeant les rives du Saint-Laurent. Je ne sais pas très bien ce que je suis. Je ne sais pas très bien ce que j’étais. Je ne suis pas un touriste, je ne suis pas un résident. Toujours eu le cul entre deux chaises.

Pourquoi je pars seul ? Pour faire ce que je veux. Aller au rythme que je veux. A New York, j’ai passé trois heures à regarder du basket de rue, à converser avec les gens en buvant un thé glacé, alors même que j’avais prévu la visite de Brooklyn et même un musée.

Rien ne se passe jamais comme prévu.

Je voudrais écrire un éloge à la lenteur, à la contemplation.

LISBONNE

Je n’y ai pas passé autant de temps que je l’aurais souhaité. L’idée était de ne rien prévoir. Mais tu comptes un peu tes sous, tu vois le monde arriver dans une ville dont tu es tombé en amour au premier regard. Ne rien prévoir est un luxe. Tu te mets à prévoir alors même que tu voulais l’éviter. Ça ne se passe jamais comme prévu, même quand tu n’avais rien prévu.

Lisbonne… cette ville… J’en avais rêvé… depuis que j’avais découvert les mots de Fernando Pessoa, pourtant j’ai attendu l’an passé pour enfin y aller. Ça ne se passe jamais comme prévu. J’avais besoin d’un déclic, d’une évidence, d’une rencontre.

Lisbonne… Je te connais plus grâce à Pessoa, Lobo Antunes, Rodrigues (Amalia). Je te connais sans te connaitre, pourtant dès que j’ai emprunté une de tes rues, sans carte, sans gps, je m’y suis senti bien.

Le temps, je me souviens… Le temps que j’ai passé dans tes cafés, à écrire. Jamais je n’avais écrit quelque chose aussi rapidement. J’étais venu te voir, Lisbonne, car je savais que tu serais inspirante. Je m’étais retenu d’écrire avant de te voir, puis quand vint le moment, au deuxième jour, la panne. Trop d’excitation. Rien ne sortait. Ça ne se passe jamais comme prévu. Alors j’ai marché, levé les yeux… au ciel, bu des bières, des cafés, marché sur les pas de Pessoa, vu un spectacle au Dona Maria II (l’époustouflant Bacantes de Marlene Monteiro Freitas), un film à la Cinemateca… Déclic. Les mots vinrent, mes doigts coururent sur le clavier de mon ordinateur. Jamais je n’avais écrit un premier jet aussi rapidement. Une trentaine de pages.

ÉPILOGUE

J’ai mis ce que j’ai écrit à la poubelle. Façon de parler. Disons que ce que j’ai écrit sera disséminé par ci par là dans d’autres textes. Un mal pour un bien, c’est en forgeant, tout vient à point, c’est parce que ça et parce que ça, que maintenant il se passe ça.

Ça ne se passe jamais comme prévu (et tant mieux).

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Une (mini) sélection OFF AVIGNON 18 très subjective et désordonnée…

Si j’ai bien lu, 1538 spectacles seront programmés cette année dans un Off d’Avignon, qui enfle, qui enfle chaque année… 1538. Quand on y pense, si on voit 5 spectacles par jour, uniquement dans le Off, entre les 6 et 29 juillet inclus, on ne verra que 7,80% des spectacles proposés. Encore une fois cette année, je ferai confiance, comme bon nombre de fidèles festivaliers, en la programmation de certains théâtres qui ont toujours fait preuve d’audace, d’innovation, de curiosité et d’une certaine qualité, je pense à La Manufacture (qui s’enrichit de deux nouvelles salles), au Théâtre des Halles (un des théâtres permanents d’Avignon, dirigé par Alain Timar), au 11 Gilgamesh Belleville (dont la bonne réputation s’est propagée comme une traînée de poudre), pour ne citer que ces trois-là. D’autres pépites seront proablement disséminées ailleurs, je pense à la Parenthèse, au théâtre Artéphile, aux Doms

Pour ma part, je serai présent en Avignon pendant « seulement » 8 jours, à raison de 4 spectacles par jour, ce qui fait tout de même une belle moyenne, laissant aussi la place à la découverte, au bouche à oreille et au repos (si si)… et aussi à l’écriture, puisque j’ai la chance de bénéficier cette année d’une accréditation blog/presse, m’obligeant à écrire quasi instantanément sur les spectacles vus (chose que je fais déjà à Paris, avec plus ou moins de bonheur, mais là, ça sera 4 spectacles par jour, ça risque d’être un brin sportif).

Je vous présente donc ma petite sélection tout à fait subjective et désordonnée, à partir de mes recherches sur les différents sites des théâtres (puisque le site du Off n’a toujours pas mis en ligne son catalogue, à l’heure où est publié cet article) : 

 

1/ J’ABANDONNE UNE PARTIE DE MOI QUE J’ADAPTE par le Group Nabla au Théâtre des Doms (du 6 au 26 juillet 2018 à 19h30 (relâche les 11 et 18) – durée : 1h10)

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Crédit photo : Hubert Amiel

Parce que ma très grande amie belge l’a vu fin 2017 au Théâtre National Wallonie Bruxelles et qu’elle m’en dit le plus grand bien (ou l’argument ultime). Pour information, la pièce a été sélectionné pour le prochain festival Impatience qui célèbre le théâtre émergent (au CentQuatre et au T2G).

 

2/ VOICI MON COEUR C’EST UN BON COEUR de et avec Anne Alvaro, Nicolas Daussy, Thierry Thieû Niang à la Belle Scène Saint-Denis / La Parenthèse (du 9 au 20 juillet 2018 à 19h (relâche le 15) – durée : 1h)

(photo by Pascal Victor/ArtComPress)
Crédit photo : Pascal Victor

Parce que, hormis le plaisir de voir Anne Alvaro et d’entendre sa voix, un soir d’avril, au sortir de la pièce Club 27, de triste mémoire, au TGP Saint-Denis, une amie et moi avions rencontré une spectatrice sur le quai du RER, qui sortait de ce spectacle et nous avait vraiment donné envie d’entendre ces textes d’autrices amérindiennes.

 

3/ PETITE CHIMÈRE de la Compagnie Les Voyageurs Immobiles à Présence Pasteur (du 6 au 29 juillet 2018 à 10h40 pour les 0-3 ans et à 11h45 pour les 3-6 ans (relâche les 9, 16 et 23) – durée : ?

Parce que la créatrice de ce spectacle, Magali Frumin, m’a mis en scène à la fac dans « La demande d’emploi » de Michel Vinaver et que j’avais déjà vu et apprécié « Le bruit des couleurs », autre spectacle jeune public qu’elle avait créé.

 

4/ LE MAÎTRE ET MARGUERITE par Igor Mendjisky au 11 Gilgamesh Belleville (du 6 au 27 juillet 2018 à 19h40 (relâche les 11 et 18) – durée : 1h50

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Crédit photo : Léna Roche

Parce que j’ai vu deux spectacles de la compagnie des Sans Cou (« Notre Crâne » et « J’ai couru comme dans un rêve ») et que je suis bien curieux de voir ce nouveau spectacle, déjà présenté au théâtre de la Tempête à Paris.

 

5/ POLAROÏDS par la Compagnie Lalasonge au Théâtre du Train Bleu (du 6 au 29 juillet 2018 à 15h50 (relâche les 9, 16 et 23) – durée : 1h20)

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Parce que j’ai vu l’unique actrice de ce spectacle, Claire Marx, dernièrement dans les Manigances de Johanne Debat au théâtre de l’Opprimé et que ça m’a donné envie de la suivre.

 

6/ J’APPELLE MES FRÈRES par la Compagnie du Rouhault à la Manufacture (du 6 au 26 juillet 2018 à 15h55 (relâche les 12 et 19) – durée : 2h)

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Crédit photo : Compagnie du Rouhault

Parce qu’une amie me l’a conseillé et je crois bien que j’ai fait un réveillon avec la metteure en scène, mais je n’en suis pas certain.

 

7/ SPEED LEVING (Hanokh Levin – Laurent Brethome) à la Manufacture (du 17 au 26 juillet 2018 à 19h50 (relâche le 19) – durée : 1h45)

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Compagnie le Menteur Volontaire

Parce que les élèves de l’ensemble 25 de l’ERACM que j’ai suivi sur au moins trois spectacles (encore grâce à l’ami marseillais…).

 

8/ LÉOPOLDINE HH à l’Arrache-Coeur (du 6 au 29 juillet 2018 (relâche les 11, 12, 18 et 25) à 15h – durée : 1h)

Parce que je suis tombé par hasard sur un de ses clips et que cette chanson m’a obsédé assez longtemps…

 

9/ SI RICHARD SI par Florence Fauquet et Chloé Lasne au Théâtre des Béliers (du 6 au 29 juillet 2018 à 10h50 (relâche les 9, 16 et 23 / séances supplémentaires : les 15 et 22 à 19h) – durée : 1h15)

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Si Richard si

Parce que l’ami marseillais l’a vu l’an passé et me l’a conseillé. Et que je ne peux résister à une histoire autour de Richard III (même si je n’ai pas aimé celle de Thomas Jolly… c’était ma confession)

 

10/ UNE LÉGÈRE BLESSURE au Théâtre des Halles (du 6 au 29 juillet 2018 à 19h30 (relâche les 9, 16 et 23) – durée : 1h)

Parce que le texte de Laurent Mauvignier, parce que Johanna Nizard.

 

11/ LA VIOLENCE DES RICHES au Théâtre des Carmes  (du 6 au 23 juillet 2018 à 11h25 (relâche les jeudis) – durée 1h10)

Parce que ça parle de violence sociale et que… ben… on est en plein dedans.

 

12/ UN GARÇON D’ITALIE (Philippe Claudel / Mathieu Touzé) au Théâtre Transversal  à 10h35

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Parce que j’en entends parler depuis longtemps grâce aux réseaux sociaux et que je suis curieux… (et si Arnaud Laporte en dit aussi du bien…)

 

13/ LODKA au Chêne Noir  (du 6 au 29 juillet 2018 à 10h (relâche les 9, 16 et 23) – durée : 1h20)

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Parce que Semianyki.

 

14/ 100 M PAPILLON par le Collectif Colette à la Manufacture (du 6 au 26 juillet 2018 à 16h25 (relâche les 12 et 19) – durée 1h05)

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Crédit photo : Collectif Colette

Parce qu’avant on disait « je peux pas, j’ai piscine »… Ce n’est absolument pas un argument, mais comme aujourd’hui « je peux pas, j’ai théâtre » l’a remplacé…

 

15/ LETZLOVE de Pierre Maillet à la Manufacture dans le cadre des Night Shot (du 21 au 26 juillet 2018 à 23h – durée : 1h10)

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Pierre Maillet

Parce que Michel Foucault.

 

16/ BELLE FILLE au Petit Louvre  (du 6 au 29 juillet 2018 à 20h25 (relâche les 11, 18 et 25) – durée 1h10

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Parce que Maud Wyler.

 

17/ LES TRAVAUX AVANCENT À GRANDS PAS, un projet collectif L’Amicale au 11 Gilgamesh Belleville (du 6 au 27 juillet à 15h (relâche les 11, 18 et 25) – durée 1h10)

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Parce que chaque jour sera différent et que j’espère bien tomber sur le projet d’Antoine Defoort voire celui d’une certaine Ina Mihalache…

 

18/ LA PEAU D’ÉLISA de Carole Fréchette au Théâtre des Halles (du 6 au 29 juillet 2018 (relâche les 9, 16 et 23) à 17h – durée : 1h10)

Parce que l’écriture de Carole Fréchette ne me quittera pas de sitôt…

 

19/ CONSTANCE « Pot Pourri » au Ciné Vox (du 7 au 29 juillet 2018 à 14h – durée : 1h10)

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Parce qu’il me manquait un spectacle d’humour, entendre un one-wo.man show. Parce que Constance me fait rire, que je l’ai déjà vue sur scène et qu’elle est une des rares humoristes qui ne m’a pas fait dire : « 1h c’est trop long… »

 

20/ AN IRISH STORY au Théâtre Artephile

21/ LOVE & MONEY au 11 Gilgamesh Belleville

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Avant de partir… je voudrais ajouter que de nombreux théâtres (tous les théâtres ?) font relâche ici ou là mais ne ferment pas pour autant leurs portes et proposent, en lieu et place des spectacles, moults événements dont des lectures, notamment celle (musicale) du roman de Maryam Madjidi « Marx et la Poupée » en français et en langue des signes par la Compagnie Les Petits Plaisirs le 9 juillet à 23h à la Factory (nouveau nom du théâtre de l’Oulle) !

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À suivre…

Laïka

(quand on ne lit pas la note d’intention)

Quand l’acteur qui joue l’ours en peluche Judy Garland dans la pièce mise en scène par Thomas Quillardet « Tristesse et joie dans la vie des girafes », prend à bras le corps le rôle de la chienne Laïka, premier être vivant en orbite autour de la Terre.

 

(ce que ça raconte en vrai)

De l’ironie à la farce, de la satire politique à la réalité crue, Ascanio Celestini et David Murgia nous emmènent dans un monde engagé, peuplé de personnages attachants. Un clochard immigré, une prostituée, une voisine à la tête embrouillée… et un pauvre Christ, bien seul au milieu du fatras du monde, qui observe cette humanité. Après une journée incroyable, il explique à Pierre, son colocataire, ce qu’il a vu et ce qu’il a raconté aux gens du bar, ceux qui ne sortent plus et ignorent tout du monde extérieur. Les portraits s’enchaînent et de petits miracles se dessinent. Y aurait-il quelque chose de divin dans tous ces êtres humains ? (site du théâtre de l’Ancre)

 

(ceci n’est pas une critique mais…)

Ce que j’aime, c’est suivre un artiste au fil de ses créations. J’en parlerai peut-être lors de la chronique sur « Sopro » de Tiago Rodrigues, mais j’aime voir les passerelles entres les oeuvres, percevoir un renouvellement tout en restant fidèle à des thèmes. « Discours de la Nation », « Dépaysement » (Celestini à l’écriture et au jeu – lire sans Murgia) et « Laïka » se répondent et vont dans un même sens. Ils donnent la parole aux sans-voix, comme j’ai pu lire ici ou là. Le rythme impulsé par l’écriture de Celestini et le débit de parole de Murgia est incomparable et c’est ce qu’on aime retrouver dans leurs oeuvres. On ne se pose même pas la question de la redite. Le plaisir est là et c’est l’essentiel.

 

vu le 14 juillet à 17h20 à la Manufacture Patinoire (1h45, temps de navette inclus), dans le cadre du Festival Off d’Avignon.

Prix de la place : 13,5€ (tarif réduit Carte Off)

Laïka

Conception : Ascanio Celestini et David Murgia

Texte et mise en scène : Ascanio Celestini Interprétation : David Murgia et la voix de Yolande Moreau) – Musique : Maurice Blanchy (accordéon) – Régie : Philippe Kariger

Production Festival de Liège – Coproduction Le Théâtre National Wallonie-Bruxelles.

En tournée : du 9 au 12/10/17 à Charleroi (L’Eden)

 

(une autre histoire)

Avignon, il faut qu’on parle. Pourquoi ai-je toujours autant mal au cul quand je viens te voir ? Je veux dire, littéralement. Le prix que me coûtent tes places, radin que je suis, on en parlera peut-être une prochaine fois. Je me croirais au théâtre du Soleil après quatre heures de Mnouchkine. N’y aurait-il pas un moyen pour financer des sièges plus confortables. Je sais que la plupart de tes salles ne vivent que le temps d’un été, mais quand bien même. Tu sacrifierais quelques places pour plus de confort, tu rendrais tes spectateurs bien plus heureux et surtout ces derniers recevraient de meilleure manière les spectacles que tu leur offres. Et quand je t’interpelle, Avignon. C’est autant le In que le Off.

Appelons une chatte une chatte, j’ai un gros cul. Est-ce que tu crois que mon séant, disons enveloppé, est heureux quand il voit ces sièges en plastique qui sont encore plus étroits qu’un siège de la Ryanair ? Pense également à mes camarades voisins spectateurs qui me voient arriver et poussent des hauts cris de terreur : « Noooooooooooon ! » Précisons les choses, surtout à destination de mes groupies : ce n’est pas vrai, je n’ai pas un gros cul. Je fais du sport, je cours aux Buttes Chaumont tous les samedis de 9h15 à 10h dans le sens inverse des aiguilles d’une montre (j’ai des Adidas noires et un short très seyant qui va bien à mon cucul). Quand j’écris que j’ai un gros cul, c’est à des fins littéraires. Ne croyez pas tout ce que vous lisez, je vous en conjure. Où en étais-je ? J’en suis arrivé à venir bien en avance pour pouvoir choisir la place en bout de rang, histoire de ne pas être entre deux. Et quand on me demande de me décaler, je dis niet. Pour Laïka, à cause du jeu des navettes et des gens qui se débordent sur tous les côtés (Ah ces Français !!!), aucune place en bout de rang n’était disponible.

L’anecdote : Un type est en bout de rang. Reste la place à côté de lui. « Je préfère garder cette place : plus d’espace pour les jambes ! » me dit-il goguenard. Sympathique, je réponds : « J’en aurais fait de même à votre place. » Toutefois je ronge mon frein et je m’énerve tout seul. Parce que le gars, il ne met pas ses jambes sur le côté pour pouvoir les étendre, non. Il les écarte ostensiblement : manspreading ! Oui, je fus victime de manspreading ! Et le gars, en plus, il a dormi pendant la représentation. Je suis colère. Ça me rappelle le moment, devrais-je dire ces moments, où le gars prend l’accoudoir dans l’avion, le train ou le cinéma. J’ai trouvé ma cause pour laquelle me battre : elbowspreading !

 

Crédit photo : Dominique Houcmant-Goldo

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

 

Captation_Laika / Ascanio Celestini-David Murgia from Festival de Liège on Vimeo.