Ode Maritime (F. Pessoa / S. Roquette / Parvis d’Avignon / Avignon Off)

(de quoi ça parle en vrai)

Le poème de Pessoa évoque un homme au bord de la mer qui est venu sur un quai désert attendre quelqu’un qui ne viendra pas. À la faveur d’une rêverie, il se plonge dans un passé imaginaire : « Tout navire au loin vu maintenant est un navire dans le passé vu de près. Pour lui, « tout le quai est une mélancolie de pierre », et l’ancienne vie maritime des bateaux à voile le fascine car elle est « la Distance absolue, le Pur lointain, libéré du poids de l’Actuel »… Il est ensuite entraîné dans un délire où il redécouvre une identité ancestrale, celle des marins des vieux navires, puis des légendaires pirateries sanguinaires. Il ne ressortira pas indemne de cette traversée : elle le conduira dans les profondeurs de son enfance, à la racine de sa vie. Au terme de ce voyage intérieur, c’est son rapport au présent et à la réalité qui s’en trouvera transfiguré. (source : ici)

 

PHOTO Ode maritime
Crédits photos : Émile Zeizig

 

(ceci n’est pas une critique mais…)

Sur les bons conseils d’une amie infiltrée, me voilà dans cette ancienne chapelle, presque nouveau lieu de création, pour entendre mon ami Fernando Pessoa… pardon… Alvaro de Campos, que j’affectionne tout particulièrement.

Nous sommes placés face à l’autel, un pupitre est installé, le comédien arrive et démarre sa lecture tel un prêche un dimanche matin. Choix surprenant. La voix est assurée, le regard posé, nous voilà embarqués.

C’est avec fièvre que Stanislas Roquette s’empare de ce texte poétique, jamais simple. Mais le principal est là : on entend le texte, on le redécouvre pour ceux qui ont la chance de connaître la plume de Pessoa et de ses hétéronymes. Le pupitre, la lecture ne sont que des appuis de jeu que l’acteur fera valdinguer littéralement. Le rythme s’accélère, le comédien s’enflamme.

Un lieu, les mots de Pessoa, un comédien humble et passionné, tout est réuni pour assister à un moment inoubliable.

 

ODE MARITIME

Texte de Fernando PESSOA / Álvaro DE CAMPOS / Traduction : Dominique TOUATI, revue par Parcidio GONÇALVES et Claude RÉGY

Conception et interprétation : Stanislas ROQUETTE (Compagnie Artépo)

Mise en scène : Stanislas ROQUETTE et Miquel OLIU BARTON

Création son : Jérémy OURY et Julien HATRISSE – Création lumière : Geneviève SOUBIROU et Yvan LABASSE 

les 13, 17, 18, 19 juillet 2018 à 17h au Parvis d’Avignon (Avignon Off)

 

vu le mardi 10 juillet 2018 au Parvis d’Avignon (Avignon Off)

prix de ma place : invitation

 

(entre mes mains…)

Je relis Pessoa. Son livre de l’intranquillité écrit par son hétéronyme Bernardo Soarès a bénéficié d’une nouvelle traduction, ses textes d’un nouvel agencement. ce nouvel ouvrage, désormais, de l’inquiétude, est entre mes mains, sur les marches du Parvis d’Avignon. Je tente de retrouver un texte que j’avais appris par coeur, by heart, il y a dix-sept ans :

« Lorsque les gouttes de pluie ralentirent leur chute sur les toits, et que le milieu pavé de la chaussée se mit à refléter le lent bleuissement du ciel, le bruit des véhicules fit alors résonner un autre chant, plus fort et plus joyeux, et l’on entendit les fenêtres s’ouvrir contre le désoubli du soleil… »

Seules ces phrases me restent en mémoire. Je ne retrouve pas le texte, les nouveaux mots. Je feuillette, je m’arrête, je lis. Me voilà replongé dans la prose de Bernardo Soarès, buvant chacune de ses paroles. A bientôt.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

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