Joueurs – Mao II – Les Noms (Don DeLillo / Julien Gosselin / Odéon Théâtre de l’Europe)

(de quoi ça parle en vrai)

Joueurs (1977) Pammy et Lyle Wynant sont au bord de la rupture quand leur route croise celle d’un groupe de terroristes. Cette rencontre fait basculer leur classique destin de couple moderne. Conciliabules et obsessions sexuelles font bientôt d’eux des « joueurs » aveugles et impuissants, emportés dans une spirale qu’ils ignorent et qui risque pourtant d’engloutir tout un pan de la société américaine…

Mao II (1990) Moon, Khomeiny, Mao – vu par Andy Warhol –, le terrorisme et le fanatisme, un écrivain et son éditeur, une photographe, une téléphage, un archiviste monomane : Mao II prend thèmes et personnages au piège d’une illusion romanesque impitoyable, tel un miroir où la fin du XXe siècle peut se contempler, fascinée et inquiète.

Les Noms (1982) Ils sont Américains. Ils travaillent pour des multinationales qui essaiment dans les régions les plus névralgiques du globe, tandis que monte la menace terroriste des années 1970. L’un de ces nouveaux nomades, entraîné par sa fascination pour une secte criminelle et par sa passion pour la mystique du langage, se livre à une périlleuse enquête, comme une tentative d’explication de l’Amérique. (source : ici)

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Crédits photos : Simon Gosselin

(ceci n’est pas une critique, mais…)

J’aurais dû adorer cette nouvelle expérience proposée par Julien Gosselin et sa bande. « Les Particules élémentaires » furent un vrai choc, les 12h de 2666 passèrent crème. Allez comprendre, je redoutais de passer plus de neuf heures dans un fauteuil devant cette nouvelle production du collectif « Si vous pouviez lécher mon coeur », alors même que je n’avais jamais lu les mots de Don DeLillo.

Je ne remets nullement en cause les thèmes abordés par Gosselin, importants, essentiels. Je comprends ses préoccupations récurrentes : la violence, le monde, son rapport à la littérature… Je pense d’ailleurs ajouter un nouveau livre, écrit par DeLillo, à ma pile. Je suis le premier à lever la main pour défendre l’utilisation de la vidéo quand elle est pertinente. Ici la qualité de l’image est impeccable, l’équipe technique est très douée : ça voltige. Les acteurs qu’on reconnait d’une pièce à l’autre sont tout aussi talentueux et énergiques, notamment Noémie Gantier, Victoria Quesnel et Caroline Mounier du côté des filles et Denis Eyriey du côté des garçons. Frédéric Leidgens, d’une autre génération et d’un autre style de jeu que ses jeunes camarades, tient une place à part dans la pièce, il casse une certaine musique par sa présence et sa diction si particulière mais je n’ai pas toujours eu l’impression que la greffe prenait.

Néanmoins, malgré toutes ces qualités, j’ai éprouvé une frustration, comme une mise à l’écart. Je sais que les acteurs sont là, derrière un voile, une fumée, une cloison, je les vois jouer grâce à la présence de la caméra. Encore une fois, j’entends la volonté de raconter une histoire autrement. Avec cettre trilogie, la vidéo est encore plus présente que pour 2666. Mais ça m’a contrarié, qu’il y ait presque toujours ce filtre, ce quatrième mur. Et encore une fois, c’est assez indéfinissable, car un autre jour j’aurais été très enthousiaste. Peut-être aurais-je dû voir les trois pièces séparément ? Je m’inquiète parce que je me suis plaint de la vidéo en continu, du bruit incessant.

Le samedi 24 novembre 2018, j’avais besoin de calme, de silence.

Je parais très mitigé, pour ne pas dire autre chose. Pourtant le spectacle est là, sérieux, à la hauteur de ses ambitions. Mais je ne fus pas capable.

Alerte Divulgâchage : Et c’est là où je me dis qu’à quinze jours de mon passage à 40 ans, je vire vieux con, mais on avait vraiment besoin que presque tous les acteurs se foutent à poil lors d’une très longue scène ? Même si la transe, tout ça tout ça…

Moment « j’en suis pas fier et tout le monde s’en fiche » : J’ai eu une crampe à la cuisse en plein milieu du marathon. La dernière fois que j’en avais eu une, c’était au mollet et droit et… Non… je ne le raconterai pas, mais j’étais en pleine activité physique…

JOUEURS – MAO II – LES NOMS

avec Rémi Alexandre, Guillaume Bachelé, Adama Diop, Joseph Drouet, Denis Eyriey, Antoine Ferron, Noémie Gantier, Carine Goron, Alexandre Lecroc-Lecerf, Frédéric Leidgens, Caroline Mounier, Victoria Quesnel, Maxence Vandevelde

adaptation et mise en scène Julien Gosselin

traduction Marianne Véron – scénographie Hubert Colas – création musicale Rémi Alexandre, Guillaume Bachelé, Maxence Vandevelde – création lumière Nicolas Joubert – création vidéo Jérémie Bernaert, Pierre Martin – création sonore Julien Feryn – costumes Caroline Tavernier

production Si vous pouviez lécher mon cœur

avec le Festival d’Automne à Paris

jusqu’au 22 décembre 2018 aux Ateliers Berthier – Odéon Théâtre de l’Europe et aussi le 19/01/19 au Bonlieu, Annecy, le 16/02/19 au Théâtre de Saint Quentin en Yvelines, le 16/03/19 au Quartz à Brest et du 23 au 30 mars 2019 au Théâtre National de Bretagne, Rennes

(une autre histoire)

Il n’y aura pas d’autre histoire aujourd’hui. En parallèle, j’ai terminé d’écrire un monologue d’une trentaine de pages. J’estime avoir le droit de ne rien écrire aujourd’hui.

« Et puis, Monsieur, Madame, Mademoiselle,

Sachez qu’en ce moment, je suis bien fatigué,

J’en ai marre, j’en ai marre, j’en ai marre, j’en ai marre,

Et je voudrais bien me reposer.

J’en ai marre d’aligner des paroles et des paroles… »

 

vu le samedi 24 novembre 2018 aux Ateliers Berthier (Odéon Théâtre de l’Europe)

prix de ma place : 48€ (abonnement festival d’Automne)

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

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3 réflexions au sujet de « Joueurs – Mao II – Les Noms (Don DeLillo / Julien Gosselin / Odéon Théâtre de l’Europe) »

  1. Pas vu, mais j’ai lu plusieurs livres de Don Delillo. Toujours pertinents, questionnements intelligents, actions originales, style (traduction) parfait. Pourtant, même impression de lecture. Comme un voile qui m’obscurcirait la réflexion. Donc, Gosselin a saisi l’auteur avec brio!?

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