La Bible, vaste entreprise de colonisation d’une planète habitable (Céline Champinot / Théâtre de la Bastille)

(de quoi ça parle en vrai)

« S’inspirant très librement de la Bible, elle met en scène cinq jeunes scouts à la sortie du catéchisme, indignées contre le Ciel. À la fois trop haut et trop vide, cet ami traître n’entend plus se soucier de la catastrophe annoncée que nous sommes devenus : des petits colons possesseurs de la nature… » (Elsa Kedadouche – source : ici)

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© Céline Champinot

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Céline Champinot et le groupe LA gALERIE savent occuper un espace. Pour leur précédente pièce, la salle du haut du théâtre de la Bastille avait été repeinte en couleurs vives. Cette fois-ci, nous pénétrons dans un centre omnisports.

Leur nouveau spectacle est dans la lignée de « Vivipares (posthume), brève histoire de l’humanité ». Et les qualités relevées il y a deux ans sont toujours présentes : un quintet d’actrices au diapason et à l’énergie folle (Louise Belmas est « remplacée » par Claire Rappin (jolie découverte) et nous retrouvons avec plaisir le reste du groupe), l’énorme travail vocal autour du texte (on en ressent d’autant plus l’implication du groupe, rien n’est laissé au hasard, tout est orchestré), l’inventivité des décors, l’ingénieuse utilisation des accessoires, des jolis (et drôles) intermèdes musicaux (concoctés par la metteure en scène elle-même, en collaboration avec la pianiste inclassable Eve Risser (qu’on pourra voir le 15 décembre au Nouveau Théâtre de Montreuil)) et l’écriture de Céline Champinot, profonde, poétique et ludique, qui, je trouve, a gagné en puissance.

Malheureusement, on retrouve un défaut déjà présent dans « Vivipares… », un certain trop-plein. Il est difficile de suivre et d’entendre ce texte dans son intégralité, tellement il y a de choses à appréhender et aussi parce qu’il manque parfois de variations dans l’oralité : tout ou presque est au même niveau sonore, à la même vitesse. L’univers du groupe est foisonnant, certes, mais surtout touffu.

Mais l’humour, l’investissement des comédiennes et les mots de Céline Champinot donnent envie de continuer à les suivre dans un prochain épisode…

 

LA BIBLE, VASTE ENTREPRISE DE COLONISATION D’UNE PLANÈTE HABITABLE

Avec Maëva Husband, Élise Marie, Sabine Moindrot, Claire Rappin et Adrienne Winling

Texte et mise en scène Céline Champinot / groupe LA gALERIE

Dramaturgie et chorégraphie Céline Cartillier – Scénographie Émilie Roy – Stagiaire scénographie Héloïse Dravigney – Lumières Claire Gondrexon – Costumes Les Céline – Confection costumes Louise Lafoscade – Musique Céline Champinot et Ève Risser – Régie générale Géraud Breton – Construction Géraud Breton et François Douriaux

Jusqu’au 8 décembre 2018 au Théâtre de la Bastille, Paris

 

(une autre histoire)

Je suis baptisé, j’ai à mon compteur huit ans de catéchisme et je ne me souviens toujours pas de ce que représente la Pentecôte.

Un jour, ma mère m’a dit : « Faut que tu viennes avec moi à l’église pour Vendredi Saint, y a le curé des loubards qui va faire un discours. » J’ai dit ok ! En fait, le père Gilbert n’était point là. Je ne sais plus qui, quelqu’un devait seulement lire un de ses sermons, et on devait marcher dans le village en reproduisant le chemin de croix de JC et ses je ne sais combien de stations, tout en récitant « Notre Père », autant de fois qu’il y a de stations. J’étais le plus jeune, j’étais le plus barbu, qui est-ce qui s’est coltiné la croix en bois sur le dos pendant tout le trajet ? C’est Bibi ! Heureusement que je n’ai rencontré personne que je connaissais. De toute façon, je ne connais personne dans mon village. Les gens ne me reconnaissent jamais.

A Noël, il nous arrive d’aller à la messe. C’est pas à minuit, donc c’est acceptable. L’hostie fait office d’apéritif d’apéritif, quoique quelque peu sec. Je ne fais plus que les mariages, les enterrements et la messe de Noël. Y a un truc que je déteste, c’est quand on doit s’embrasser ou se serrer la main pour donner la paix du Christ. Il fait froid, tout le monde est malade, je ne vous fais pas un dessin. Sans parler de l’hypocrisie sans nom de la manoeuvre.

Je ne mentionnerai pas la fois où le curé colombien nous a absous de tous nos péchés d’un vague signe de croix du bout de l’index. Plus personne ne va à confesse. Tout fout le camp.

Tout comme la fois où le curé, à la fin de la célébration, nous a invités à rejoindre les trains en partance pour la Manif pour tous. C’était d’ailleurs la dernière fois que je mis les pieds dans cette église. Je suis comme ça, moi. Brut de pomme.

 

vu le mercredi 19 novembre 2018 au Théâtre de la Bastille, Paris

Prix de ma place : 13€ / mois (pass Bastille)

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

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