À quelle sauce… (mon programme pour cet automne)

(article mis à jour le mercredi 27 septembre 2017)

 

 

PARCE QUE JE FAIS COMME TOUT LE MONDE ET QUE J’AVAIS PEUR DE M’ENNUYER D’ICI MA RENTRÉE, VOICI MES MULTIPLES IMPATIENCES AUTOMNE 2017 (parce que les saisons, c’est beau et c’est raccord avec ce qui se passe à la Colline. Québec, tu me manques, le message est passé.)

SEPTEMBRE

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Crédit photo : Axel Ito
  • Camille (Trianon) : Enregistrement de l’émission Alcaline : Maman, on va me voir à la télé !!! ✓
  • Lecture concert du roman de David Grossman « Un cheval entre dans un bar » pour France Culture (Colline) : Je n’ai jamais lu ce monsieur, c’est grave ? ✓
  • We love Arabs – Hillel Kogan (Théâtre du Rond Point) : Le Rond Point ou la seconde maison de la Manufacture à Avignon, qui voit nombre de ses spectacles repris dans la maison de Jean-Michel Ribes avec notamment « We Love Arabs » – déjà programmé l’an passé avec succès au Monfort Théâtre. (du 12 septembre au 8 octobre 2017) ✓
  • Novecento – Alessandro Baricco/André Dussolier (Rond Point) : L’an passé, André Dussolier avait pris au pied de la lettre le « Merde » anglophone : « Break a leg ». (du 1e septembre au 1e octobre 2017) ✓
  • Mount OlympusJan Fabre (Grande Halle de la Villette) : J’espère qu’on me laissera sortir prendre une douche, je vis à six minutes chrono de la Villette. (du 15 septembre 19h au 16 septembre 19h) ✓
  • Les Grands – Fanny de Chaillé (Centre Pompidou) (avec, entre autres, le Grand Grégoire Monsaingeon, prochainement dans la reprise de « Bovary » au Théâtre de la Bastille) #FAP17 (du 20 au 23 septembre 2017) ✓
  • Agatha – Marguerite Duras/Hans Peter Cloos (Café de la Danse) : La preuve que je vais aussi voir des spectacles dans le privé. (jusqu’au 7 octobre 2017) ✓
  • La Pomme dans le noir – Clarice Lispector/Marie-Hélène Soma (MC93 Bobigny) : La preuve que je vais voir des spectacles en banlieue. (jusqu’au 8 octobre 2017) ✓
  • Real Magic – Forced Entertainment/Tim Etchells (Théâtre de la Bastille)  : Le retour (déjà) des responsables de The Notebook. Un spectacle vivement conseillé par Géraldine Chaillou, directrice adjointe du théâtre, mais quand elle nous en a parlé (période Occupation Bastille), j’étais un peu pompette, donc je ne me souviens plus de ce qu’elle a dit. #FAP17 (du 18 au 24 septembre 2017) ✓
  • Grande – Tsirihaka Harivel & Vimala Pons (Centquatre) : un des trois spectacles que je reverrai cette année, en tentant de récupérer ma place au milieu au deuxième rang – Vimala, je t’aime -) (du 19 septembre au 11 octobre 2017) ✓
  • Le Bruit des Arbres qui tombent – Nathalie Béasse (Théâtre de la Bastille) : Je suis contractuellement obligé de suivre l’intégralité de la programmation du Théâtre de la Bastille, celui-là (et 3 autres) en particulier. Attention, les Infiltré.e.s sont dans la place. (du 28 septembre au 14 octobre 2017) ✓

 

OCTOBRE

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Crédit photo : Axel Ito
  • Stadium – Mohamed El Khatib/Frédéric Hocké (Colline) S’ils avaient choisi des supporters du PSG, pas certain que j’aurais pris ma place, marseillais que je suis… #FAP17 (du 27 septembre au 7 octobre 2017) ✓
  • La Logique du Pire – Étienne Lepage/Frederick Gravel (Théâtre de la Bastille) : … est parfois la meilleure. (du 4 au 14 octobre 2017) ✓
  • Alex Beaupain – Les Gens sur l’Enveloppe (Philharmonie 2)… Un livre album qui m’a hautement ému, côté fiction comme côté enquête. (5 octobre 2017) ✓
  • Eve Risser (Dynamo Pantin) : Où comment je fais entièrement confiance en une amie chère qui m’a fortement conseillé d’assister à un des concerts de cette pianiste. (7 octobre 2017) ✓
  • Non c’est pas ça (Treplev Variations) (CentQuatre) : Mais combien d’adaptations de la Mouette cette année ? (du 5 au 14 octobre 2017)
  • Flêche la Chair (Bab-Ilo) : C’est vraiment pour faire plaisir à une amie que j’y vais…(tous les 2e jeudis du mois)
  • Se sentir vivant (Centre Culturel Suisse) : CCS qui est dans la même rue que la crêperie Suzette. (du 10 au 12 octobre 2017)
  • La Mécanique de l’Histoire – Yoann Bourgeois (Panthéon) : En treize ans de vie parisienne, je ne suis jamais entré dans le Panthéon, l’occasion fait le larron. (du 3 au 14 octobre 2017) ✓
  • Gala – Jérôme Bel (Rond Point) : Je croise les doigts pour qu’il y ait la magnifique Marlène Saldana ce soir-là. #FAP17 (du 4 au 15 octobre 2017) ✓
  • Le Camion (MC93) : Je rêve de remonter à pied les trois étages pour me rendre dans la nouvelle salle. (du 14 au 22 octobre 2017)
  • MaMA Festival 2017 : Ou quand tu es censé préparer ta venue en écoutant les artistes et que tu n’as pas le temps de le faire… (du 18 au 20 octobre 2017)
  • Weezer (Olympia) : Remember remember Summer 1995… (je tease déjà le côté fiction de la chronique) (19 octobre 2017) ✓
  • Mathieu Madenian (Bataclan) : Je n’ai jamais été trop fan des one-man shows, je trouve ça toujours trop long. (21 octobre 2017) ✓
  • Sgt Pepper’s Lonely Heart Club Band Live (Philharmonie) : et pour fêter les 50 ans de l’album et faire revivre la musique des Beatles sur scène : Ed Harcourt, Carl Barat & Pete Doherty (The Libertines), Steve Mason (The Beta Band), Danny Goffey & Gaz Coombes (Supergrass), Barrie Cadogan (Primal Scream), etc. (22 octobre 2017) ✓
  • Ensemble Ensemble – Vincent Thomasset (Théâtre de la Bastille) : Ne rien lire, ne rien savoir, se boucher les oreilles… #FAP17 (du 18 au 24 octobre 2017) ✓
  • The Rolling Stones (U Arena) : Qu’on veille à ce que Mick, Keith, Charlie, Ronnie prennent bien leurs cachets d’ici là, merci. (David, Roger, Leonard, si vous me lisez…) (25 octobre 2017) ✓
  • Stadium – Mohamed El Khatib (Mucem – Marseille) : Une lecture projection du spectacle vu un peu plus tôt dans le mois avec notamment Jacques Bonnaffé ou quand les ch’tis sont accueillis à Marseille. (27 octobre 2017) ✓

 

NOVEMBRE

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Crédit photo : Claire Guichon
  • Disabled Theater – Jérôme Bel (Espace Cardin et aussi à la Commune) : Moment sûrement émouvant qui me fera repenser à… (voir plus bas « Les étoiles nous regardent d’en haut ») #FAP17 (du 3 au 6 novembre 2017) ✓
  • Compassion, l’histoire de la mitraillette – Milo Rau (Grande Halle de la Villette) : Un des ces créateurs inconnus de moi mais qui reviennent souvent à mes oreilles (cf Simon Stone) #FAP17 (du 7 au 11 novembre 2017) ✓
  • Des Territoires (… d’une prison à l’autre…) – Baptiste Amann (Théâtre de la Bastille) : Ils sont de retour et ils ne sont pas contents. #FAP17 (du 2 au 25 novembre 2017) ✓
  • Les Barbelés –  Annick Lefèbvre/Alexia Bürger (Colline) : Québec mon amour. (je me répète) (du 8 novembre au 2 décembre 2017) ✓
  • Brad Mehldau & Chris Thile (Cité de la Musique 2) : On ferme les yeux. (13 novembre 2017)
  • La Cantatrice Chauve (13e Art) : Qu’on me tape sur les doigts, je ne suis toujours allé voir la version du théâtre de la Huchette ! (du 14 novembre au 10 décembre 2017) (remplacé par Réparer les vivants.)
  • C’est la vie – Mohammed El Khatib (Espace Cardin) : Après « Finir en beauté »… #FAP17 (du 10 au 22 novembre 2017) ✓
  • Bella Figura – Yasmina Reza (Rond Point) : Jean-Michel, il faut qu’on parle. J’avais prévu de voir un certain nombre de spectacles dans tes petites salles, mais ton abonnement m’oblige à choisir 4 spectacles dans ta grande salle, qui sont certainement de bonne facture, mais voilà j’ai dû choisir par défaut (et donc dépenser des sous en plus) (du 7 novembre au 31 décembre 2017) ✓
  • Ouvrage – Liv Compagnie (Théâtre de la Bastille) : Revoir notamment les gracieuses Alma Palacios et Ruth Vega Fernandez. (du 3 au 17 novembre 2017) : Les représentations de « Ouvrage » par la Compagnie Liv au mois de novembre au Théâtre de la Bastille ont été annulées, la compagnie n’ayant pas pu obtenir les droits d’un texte de Yukio Mishima. Les voies des ayants droits sont impénétrables
  • Les Damnés – Ivo Van Hove (Comédie Française) : Mais faut-il (re)voir le film avant la représentation ? (du 29 septembre au 10 décembre 2017) ✓
  • Le Chant de L’Oiseau Amphibie Tous des oiseaux – Wajdi Mouawad (Colline) : Mais sur mon ticket, je lis « Tous des oiseaux ». Que vais-je voir en fait ? (du 17 novembre au 16 décembre 2017) ✓
  • Les étoiles nous regardent d’en haut (L’Incendie) Laboratoire à Théâtre/Miguel Angel Sevilla (Spectacle avec des jeunes adultes ayant une déficience mentale ou physique) (MPAA St Germain) : Projet cher à mon coeur, puisque je fus un des comédiens soutiens sur les deux précédents projets de l’atelier. Heureux et curieux de les revoir avec les petits nouveaux. (18 et 19 novembre 2017) ✓
  • Conférence de Choses – François Grémaud/Pierre Mifsud (Rond Point) : Il faudra qu’on m’explique comment le Nouveau Théâtre de Montreuil peut proposer la même série de spectacles pour 5€ par conférence en juin prochain, alors qu’avec l’abonnement du Rond Point c’est trois à quatre fois plus cher. Je ne suis pas radin, mais je compte mes sous. (du 21 novembre au 31 décembre 2017) ✓
  • Gardarem – Brunelle Lemonnier (Manufacture des Abbesses) : Ça parle de la lutte du Larzac dans les années 70 avec des comédiens qui sont trop jeunes pour l’avoir connue, dont une de mes cousines éloignées que je verrai pour la première fois sur scène… (du 9 au 26 novembre 2017) ✓
  • Les Trois Soeurs – Anton Tchekhov/Simon Stone (Odéon) : Céline Salette et l’occasion pour moi d’enfin découvrir le travail de Simon Stone. (du 10 novembre au 22 décembre 2017) ✓
  • À nous deux maintenant – Jonathan Capdevielle (Amandiers) : Jerk forever. #FAP17 (du 23 novembre au 3 décembre 2017) ✓
  • Girls in Hawaii au Trianon : Le retour du groupe belge qui te fait monter au ciel et donne des frissons. (28 novembre 2017) ✓
  • La Face Cachée de la Lune – ExMachina/Robert Lepage (Grande Halle de la Villette) :  Transformers 2 ou 3 vs Pink Floyd. (du 24 novembre au 2 décembre 2017) ✓

 

J’AI DÉJÀ VU, C’EST BIEN MAIS JE N’Y RETOURNE PAS PARCE QUE JE N’AI PLUS DE SOUS ET QUE J’ESSAIE D’AVOIR UNE VIE SOCIALE…

Pinocchio (Carlo Collodi/Joël Pommerat) à la MC93 (deux ans sans nouvelle création de Joël Pommerat… Je dis ça, je ne dis rien (mais je le dis quand même) (du 13 au 17 septembre 2017)Réparer les Vivants au Théâtre de la Porte St Martin : deux ans après l’avoir vu à la Condition des Soies pendant le Festival Off d’Avignon, j’étais assis à côté de Jil Caplan, mon coude s’en souvient encore (à partir du 12 septembre 2017)Un Album (Laetitia Dosch) au Théâtre du Rond Point : vu sur le toit du Point Éphémère, insurpassable) (du 11 octobre au 5 novembre 2017) F(l)ammes à la Maison des Métallos (du 17 au 29 octobre 2017) et au Théâtre de la Tempête (du 16 novembre au 17 décembre 2017) – Les Particules Élémentaires (Michel Houellebecq/Julien Gosselin) au Théâtre de l’Odéon (du 12 septembre au 1e octobre 2017), etc (La Règle du Jeu à la Comédie Française, Singing in the Rain au Grand Palais, Tristesse et Joie dans la Vie des Girafes à Monfort, Intramuros à la Pépinière Théâtre, Néant au Tarmac)

Je dois en oublier, mais il y a tout de même de plus en plus de reprises…

 

ON PEUT S’EN PASSER…

Les Batteurs (Adrien Béal) au T2G : … qui ne m’avaient pas emballé la saison dernière au théâtre de la Bastille – Bovary (les films sont plus harmonieux que la vie) (Cendre Chassagne) à la Maison des Métallos : vu l’an passé au Théâtre des Halles (Avignon OFF 16)… il faudrait que je développe, mais j’ai trouvé ça assez vain (vidéo accessoire, dialogue au téléphone avec Truffaut ridicule…)

 

ÇA COMMENCE EN NOVEMBRE MAIS J’Y VAIS EN DÉCEMBRE…

Maîtres anciens (Thomas Bernhard/Nicolas Bouchaud) au Théâtre de la Bastille #FAP17 (à partir du 22 novembre 2017)Mélancolies (Julie Deliquet) au Théâtre de la Bastille #FAP17 (à partir du 29 novembre 2017)Je suis un pays – Voilà ce que jamais je ne te dirai (Vincent Macaigne) à Nanterre Amandiers (pour le coup, j’irai à la Colline en juin, parce que Nanterre c’est loin) #FAP17 (à partir du 25 novembre 2017)

 

Ce programme (donc le mien) est loin d’être représentatif de ce qui va être présenté ces prochains mois dans les différents théâtres (essentiellement publics, je plaide coupable), mais on ne peut pas être partout et je sais déjà que je vais rater une ou plusieurs perles (arriver à se dire : ce n’est pas grave si je rate ci ou ça). Mon planning est sûrement appelé à être modifié, des spectacles en plus, des flemmes inévitables, des conflits d’agenda également. Tous ces spectacles seront chroniqués à ma sauce…

Bonne rentrée à toutes et à tous mais surtout à moi.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

 

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The Divine Comedy + Feist + Ozark Henry

(pas une critique)

The Divine Comedy

Bad Ambassador : Neilapoleon Hannon a troqué sa Guinness pour du Gin Tonic, mais c’est toujours avec humour et classe qu’il interprète ses nouvelles (très bon  dernier album : Foreverland) et moins récentes chansons, avec même un clin d’œil au « Blue Monday » de New Order (mais que jouent-ils les autres jours de la semaine ?) Et même s’il ne va plus aussi facilement dans les aigus, « Bad Ambassador » (qui est ma chanson préférée) restera un moment de pureté pile à l’heure magique.

(aucune date française annoncée)

 

Feist

1 2 3 4 : L’ancienne membre de Broken Social Scene est de retour (avec une magnifique robe de bal rose) et en belle forme. Des nouveaux morceaux qui tiennent la route, on écoute, on apprécie, on bouge un peu plus (et on chante) quand Mushaboom ou Sea Lion Woman sont rejouées. On aime ce qu’elle fait de 1 2 3 4, à peine reconnaissable, même si je repense toujours à sa version pour Sesame Street. (quand tu sens que la rentrée des classes arrive à grands pas…)

(aucune date française annoncée)

 

Ozark Henry

(we can be) Heroes : Une nouvelle découverte d’un artiste flamand très populaire ici en Belgique. Ses chansons à tendance électro se laissent écouter, mais c’est surtout sa version de la chanson de David Bowie qui m’a touché au coeur. A réécouter, sachant qu’apparemment Ozark Henry aime changer de style musical tout comme  l’orchestration de ses propres morceaux.

(aucune date française annoncée)

 

(une autre histoire)

Tu préfèrerais quoi ? Te souvenir de quand tu dors ou de quand tu vis ? Je veux dire, de ce dont tu rêves quand tu dors ?

Il y a ce film de Wim Wenders. Je ne l’ai jamais vu, je l’ai raté à sa sortie et il n’a jamais été publié, me semble-t-il, en dvd. Un des personnages avait accès à ses rêves et passait ses journées à les regarder. C’était une drogue. Je ne sais pas bien si c’est moi qui ai rêvé ce personnage ou bien s’il existe vraiment. Jamais vérifié. Mieux que les séries, du David Lynch, en veux-tu en voilà. Plus besoin de tenter de les noter dans un carnet quand tu te réveilles. Tu t’en souviens de tes rêves ? On y pense pis on oublie. Les rêves qu’on fait quand on est petit, on s’en souvient mieux, non ? Ou bien c’est moi. L’histoire du croque-mitaine dans les escaliers de la tour, marcher au ralenti à mesure que la lumière du jour décline, le baiser avec la fille de ses rêves (forcément). Parfois je rêve d’elle au petit matin. J’avais écrit un autre texte là-dessus, dans une autre vie, sur les rêves au petit matin. Que ça nous poursuivait toute la journée, que ça la conditionnait. Moi ça me met par terre. Je disais quoi ? A rêver la nuit et à revoir tes songes la journée, en définitive, tu n’aurais aucune chance de les vivre, tes rêves. Déjà que…

Il y a cette anthologie télévisuelle anglaise, assez sombre, souvent d’anticipation. Un épisode en particulier. Tu enregistres tout. Pis tu te repasses le film de ta vie en sautant les passages les plus ennuyeux. Attention, t’es pas là avec ta caméra à filmer tes chansons préférées pendant un concert que tu verrais uniquement à travers le viseur ou l’écran de ton appareil. (qu’est-ce que ça apporte finalement ?) Non, dans la série, on pouvait se faire implanter dans le cerveau une puce qui permettait d’enregistrer tout ce qu’on voyait (sûrement que notre cerveau était relié à un cloud quelque part dans le ciel) et on pouvait revenir sur ses souvenirs et pourquoi pas en effacer certains (Welcome to Lacuna). « Be kind and rewind »… Non… « Erase and rewind » ou l’inverse. Résultat, tu ne vivrais plus que dans le passé, tu deviendrais un zombie. Ressasser répéter… Déjà que c’est dur de vivre avec ses souvenirs, de replonger dans ces moments passés avec un père disparu, un amour perdu…

Tu préfères quoi alors ?

 

The Divine Comedy – Feist – Ozark Henry

vus le lundi 14 août 2017 sur la Place des Palais dans le cadre du Brussels Summer Festival.

Prix du pass 10 jours : 58€

Crédit photo : Axel Ito

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

 

Klô Pelgag + Lisa Leblanc + Bears of Legend

(pas une critique)

Une fois n’est pas coutume, voici la non-critique avant la micro-fiction, parce que ce fut une de mes meilleures soirées depuis plusieurs mois (j’ai peut-être la mémoire courte, mais tant pis)

Était organisée ici au BSF la soirée Canada (et non pas Québec, puisque Lisa Leblanc, malgré sa francophonie, est acadienne) avec trois artistes ou groupe pas encore vus de mes yeux. J’ai une longue histoire avec ce côté-ci du globe (3 étés, 1 Noël, 2 vacances de février), j’en reparlerai peut-être ici ou là prochainement mais cela dit, si vous ne connaissez pas, je vous conseille de prêter une oreille à Jean Leloup, Karkwa (et/ou Louis-Jean Cormier), Monogrenade, Patrick Watson, Arcade Fire, Pierre Lapointe, Valaire, Jorane…

Bears of Legend

C’est la curiosité qui doit nous faire avancer. Le chanteur de ce groupe de Trois Rivières et Shawinigan (mais qui chante en anglais) l’a parfaitement rappelé. Je suis avant tout venu pour les deux artistes ci-dessous, mais je me suis laissé tenté à découvrir ce groupe, à l’aveugle, à la sourdine, comme on dit et j’en fus bien heureux. Cette formation de sept musiciens oscille entre folk et rock avec générosité. Il est beau le moment où tu te dis : « Mais comme ça me fait du bien, mais comme c’est bien ! »

(de retour à Paris le 13 octobre 2017)

Lisa Leblanc

Un concert pêchu de Lisa Leblanc et ses boys, entre chansons en anglais et en français. Comme un air de country avec le banjo qui nous donne envie de danser en ligne. Et chanter bien fort « Peut-être que demain ça ira mieux mais aujourd’hui, ma vie c’est d’la marde », ça n’a pas de prix. (et ses nouvelles chansons sont très bien aussi)

(c’était la dernière date de sa tournée européenne)

Klô Pelgag

Klo Pelgag LIVE @ Club Soda from Laurence Morais (Baz) on Vimeo.

La claque de la soirée. La frustration que ça n’ait pas duré plus longtemps avec une Klô Pelgag hypnotique, cette façon de bouger, avant, pendant, après. Des petits pas. Et ces regards au public, à ses musiciens. Tu sens qu’il y a une autre histoire qui se passe entre eux, sans toutefois nous mettre trop à l’écart. Une poésie dans les textes, une orchestration inventive, tout un univers. Hyper inspirant.

(notamment les 8 octobre 2017 à Montpellier, 12 octobre 2017 à Rodez, 20 mars 2018 à Toulouse…)

Klô Pelgag – Lisa Leblanc – Bears of Legend

à la Madeleine

 

(une autre histoire)

– J’ai eu une idée, tu vas me dire ce que tu en penses, je l’ai eue hier soir en assistant au concert de Klô Pelgag, tu connais ?

– Non.

– Je t’offrirai son dernier album, ça sera une surprise. Donc, imagine, un spectacle, je joue dedans. Comme un concert, mais à la place des chansons, ce sont mes textes.

– Comme un one man show ?

– Non, moi j’suis pas drôle. Pas intentionnellement en tout cas. Je n’écris pas pour faire rire. Si on rit, c’est correct, mais là n’est pas mon intention première. Pis, tu vois, y aurait juste un micro.

– Tu sais que tu parles avec l’accent québécois, là ?

– T’sais, je dois avoir du sang de Chicoutimi, je crois bien. Anyway.

– Tu veux faire du stand up alors ?

– No way, j’en serais pas capable. Non, puisque que je t’ai dit qu’il y aurait mes textes mais comme des chansons. Genre, je déclame mon premier texte, il se termine. Pause de cinq secondes, je bois une gorgée de Guinness, peut-être un « Ça va Clermont-Ferrand ? »

– Pourquoi Clermont-Ferrand ?

– Les Micheline, les trains, ils existent toujours ?

– Je comprends rien.

– Alors je poursuis. Tu vois, je sais plus si je faisais déjà ça au lycée. Quand je répète, je joue, pis quand je joue plus, je suis toujours dedans, mes doigts gigotent, mes pieds piétinent, je ne peux pas tenir en place. Ben y aurait ça, entre les textes, comme une chorégraphie improvisée. Peut-être qu’il y aurait une histoire, un fil rouge aussi, ça serait quand même pas mal. Y aurait même un percussionniste avec moi. J’en connais un.

– Je vais être terre à terre, tu le payes comment ?

– Il tient une boutique bio. Je lui achèterai des trucs. Il parait que je dois manger plus sainement.

– Des trucs ? Au fait, tu ne devais pas écrire un spectacle pour moi. On en avait parlé, genre, y a deux ans ?

– Oui, je devais. Justement, on fait un pacte. Tu me mets en scène et j’écris ton spectacle.

– Pas question, si c’est dans ce sens-là, tu n’écriras jamais.

– Ok, alors disons que tu me mets en scène, je garde ton fils deux soirs dans le mois et j’écris ton spectacle.

– Trois soirs par mois pendant un an et on est quitte.

– That’s a deal. Tiens !

– C’est quoi ?

– Les 700 pages des textes que j’ai déjà écrits pour moi. Tu lis, tu sélectionnes douze textes et on démarre les répétitions. Je sens que ça va être ben l’fun.

 

vus le dimanche 13 août 2017 dans le cadre du Brussels Summer Festival

prix du pass 10 jours : 58€

 

Textes et crédit photo : Axel Ito

Sacha Toorop + Le Manou

Aussi belle est douce -Sacha Toorop from olivier verdoot – D.O.P. on Vimeo.

 

Sacha Toorop à la Madeleine – Le Manou au Magic Mirrors

 

(ceci n’est pas une critique mais…)

Chose que je n’ai pas faite au dernier festival off d’Avignon : assister à des spectacles dont je ne sais rien. Ce que j’ai fait ce soir. Je dis ça, mais je m’étais tout de même renseigné pour savoir si ce n’était pas du metal ou du raggaeton, genres musicaux pas très chers à mon coeur (je suis de mauvaise foi, je n’ai jamais écouté de reggaeton ni la chanson de l’été « Despacito », ceci est ma confession du jour). Et comme au théâtre (dans 95% des cas), on sait dès les premières chansons si tout cela est digne d’intérêt. J’évoquerai donc seulement, par charité chrétienne, même si je ne suis pas pratiquant, le chanteur d’origine liégeoise Sacha Toorop qui m’a séduit par sa générosité, sa plume poétique et ses mélodies (le monsieur a travaillé pour Dominique A et Yann Tiersen…). Celui-ci étant évoqué, j’aborderai tout de même le cas du Manou à qui il manquerait peut-être un peu plus de maturité (bientôt le deuxième ou troisième album ?) pour écrire des textes un poil plus consistants (j’ai quelques poils en réserve si le groupe en désire) mais la musique reste dansante. Voilà, je peux désormais critiquer les disques dans l’émission de Laurent Ruquier.

 

vu le vendredi 12 août 2017 dans le cadre du Brussels Summer Festival (jusqu’au 15 août).

Prix du pass 10 jours : 58€.

 

(une autre histoire)

Ceci est un nightshop. Pourtant il ne fait pas encore nuit. En France (à Paris surtout), on appellerait ce genre de magasins « l’Arabe du coin ». Aujourd’hui, ces magasins tendent à disparaître au profit des chaînes du type « Carrefour », « G20 » (d’ailleurs, cher G20, quand tu écris que ton heure de fermeture est à minuit, j’aimerais qu’à 22h30 je ne trouve pas ta devanture fermée, alors que j’ai besoin, j’ai bien dit besoin, de Maronsuis’), etc. Je préfère l’intitulé québécois : le Dépanneur, qui veut bien dire ce que ça veut dire.

Nous pénétrons dans le nightshop alors qu’il ne fait pas encore nuit et l’ami rouquin m’offre une bière. Une canette de cinquante centilitres. Une légère. Une Jupiler. Je ne suis pas parvenu à la terminer. L’heure du concert arrivant et ne pouvant entrer dans la salle avec, j’ai dû me résoudre à la jeter à la poubelle (je n’étais pas assez en forme pour lui jeter un sort, comme dit ma grande-cousine, pour la terminer cul sec). Mais que m’arrive-t-il ? Il est 18h55 et je n’arrive pas à terminer une maudite Jupiler ? J’ai le ventre plein pourtant, j’ai mangé des cannelloni à midi. Certes bio, mais quand même. Hier soir j’ai descendu quatre bières différentes (Maredsous, Takumi, Saison Dupont, Taras Boulba), je reste normalement fringant malgré un taux d’alcool légèrement élevé et voilà t-y pas que je me trouve désormais dans le bêtisier des plus beaux gadins du Café Belga (place Flagey) : Il y avait deux marches, mais je n’avais pas vu la troisième. Et bimbadaboum. Oui, c’est le bruit que j’ai fait en me rétamant. D’habitude, je me relève aussi sec : « Mais non, je ne suis pas tombé. Mais non, je n’ai pas mal. » Comme si la fierté de se remettre le plus droit possible supprimait tout ce qui venait de se passer. Je suis resté un certain temps au sol, personne ne m’a aidé à me relever : « Mais qu’est-ce que je fais là ? ». Je me suis mis sur mes deux pieds, assez laborieusement. J’ai senti que ma cheville était douloureuse. J’ai croisé le regard d’une jolie donzelle qui avait tout filmé. J’ai souri et arrêté subitement. It’s happening. Je vieillis. Les fêtes, je les fais le vendredi pour avoir tout le weekend pour me remettre. Je prends de la citrate de bétaïne pour mieux encaisser l’alcool que j’ingurgite pour ne pas que je la régurgite. J’ai rasé ma barbe car trop blanche. Il y a quatorze ans, j’ai joué le Père Noël pour ma voisine d’en haut. Elle avait quatre ans, elle a sauté sur mes genoux, y a la photo qui le prouve. Aujourd’hui, je n’aurais même plus besoin de fausse barbe. J’ai rasé la barbe, le problème c’est que ça fait ressortir la marque du bronzage, je suis ridicule. J’ai même des poils blancs sur le torse, ça c’est depuis le Togo, mais c’est une autre histoire. Ce soir, je devais rester un peu plus longtemps pour voir le concert de Jil Caplan (accompagné notamment de Jean-Christophe Urbain, un des membres d’un groupe cher à mon coeur, Les Innocents) mais mon dos me fait souffrir quand je reste trop longtemps debout et demain je pars pour la journée en excursion à Mons. Ne me demandez pas ce qu’il y a à Mons, je n’en sais fichtrement rien. Je ne vous parle pas de ma mémoire, je ne saurais que vous dire. Malheureusement demain je ne me souviendrai plus de rien. Heureusement j’écris tout ce que je vois, tout ce que j’entends, tout ce que je lis, tout ce que je vis.

 

Crédit photo : Axel Ito

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

 

Fishbach + Jain

Makeba / Jain from Greg&Lio on Vimeo.

 

Brussels Summer Festival – jour 1

Fishbach + Jain

 

(ceci n’est pas une critique mais…)

Ce soir, nous découvrons ces deux interprètes : d’un côté (« Bonsoir, je m’appelle ») Fishbach, qui tient son personnage de bout en bout, à la fois sombre et séductrice. Elle emmène le public dans son univers singulier (j’aime sortir ce genre de formule) et on s’amuse à la voir prendre des poses, nous regarder de son regard assez troublant, cigarette aux lèvres (il faisait froid hier soir). Des chansons bien écrites, pessimistes, légèrement teintée 80’s, qui font se demander : Mais quelle mouche a piqué les programmateurs du festival pour la programmer juste avant Jain. Ou peut-être devrait-on dire : Mais pourquoi programmer Jain après Lescop (que je n’ai pas pu voir) et Fishbach ?

Jain, col claudine, baskets blanches, chignon, qui harangue et sollicite la foule à chacune de ses chansons. Elle ne nous épargne pas : on lève les bras, on saute, on s’accroupit (de plus en plus difficile de tenir la pose pour moi), on tape dans les mains. C’est un poil trop pour votre serviteur taciturne car la musique de Jain se suffit à elle-même : elle est efficace, elle rentre dans la tête comme il faut (Makeba Makeba Make Bella… Ooooooooui !), le son est propre, tout est maîtrisé (à un fou rire près, lorsque elle demande au public de chanter pour elle). Nous attendons avec impatience son deuxième album, en cours de préparation : l’album de la transition, l’album de la maturité ?

 

vu le mercredi 9 août 2017, au Mont des Arts (Bruxelles, Belgique)

Prix de la place : (58€ : pass 10 jours)

 

(une autre histoire)

– fin de la chanson –

Merci Bruxelles. Qu’est-ce que je capote d’être icitte ! Ah pardon, j’ai fait l’accent québécois au lieu du tien : Ça va bien, une fois ? T’as la frite, Bruxelles ? Ça va ou quoi, Bruxelles ? Est-ce que t’es chaud pour faire la fête ou quoi ? Je ne t’entends pas. J’aime mieux ça.

Maintenant je vais chanter une toute nouvelle chanson. Pour ceux qui ne me connaissent pas, toutes mes chansons sont nouvelles, je sais, mais faites-moi confiance, celle-ci, même ceux qui me connaissent ne la connaissent pas, à moins d’avoir dans ses connaissances des gens que je connais et qui me connaissent assez pour que je leur fasse connaitre mes nouvelles chansons. Tu me suis, Bruxelles ? Cette nouvelle chanson, elle parle d’amour, avec un H majuscule. Est-ce que t’aimes ça, aimer, Bruxelles ? Je ne te parle pas d’aimer manger les choux de Bruxelles, perso je déteste. Non, je te parle de l’amour qui vient du coeur et de la tête et du zizi aussi, mais du coeur, surtout. Un peu du zizi quand même. Je sais qu’il y des enfants ici, je fais attention aux mots qui sortent de ma bouche. Tout à l’heure, on chantera « Inspecteur Gadget », j’ai aussi pensé à vous. L’amour…

(arrête de parler !)

Qui a dit ça ? Je parle si je veux, ok. C’est important l’amour. On sous-estime trop le pouvoir de l’amour. Si les gens s’aimaient un peu plus, je suis sûr qu’il n’y aurait plus de guerre. Que Donald Trump et Kim Jon Un organiseraient une méga golden shower et arrêteraient ainsi de se défier et de menacer notre belle planète. Les enfants, une Golden Shower, c’est quand les adultes demandent à d’autres adultes qui ont bu trop de bière de les aider à prendre une douche. Je fais un clin d’oeil aux parents, parce que je suis un gars responsable. Note pour plus tard : écrire une chanson sur le pipi, parce qu’on ne prend pas assez le pipi au sérieux : c’est un liquide neutre, composé de 95% d’eau. Oui, Madame, oui Monsieur, je lis le Science & Vie tous les jours. Mon père y est abonné depuis des années. Et tu sais, Bruxelles, quand je lis Science & Vie ? Quand je fais pipi ! Et caca aussi. L’amour du caca. L’amour, c’est universel. On dit aimer son prochain. Moi je dis : Aimez-vous les uns  les autres, aimez-vous vivants, aimez votre caca ! C’est naturel, c’est bio ! L’amour ! J’ai écrit cette chanson, un dimanche matin, c’était avant d’aller à la messe… Non, je plaisante. Je suis agnostique.

(il sait même pas ce que ça veut dire !)

Oui, je sais ce que veut dire le mot « agnostique »… (silence) Mais parlons plutôt de l’amour. L’autre jour, j’ai rencontré la femme de ma vie. Elle s’appelle Gwendoline. Mais j’ai fait tomber mon téléphone dans les chiottes, je lisais en même temps le Science & Vie, impossible de récupérer son numéro. Alors j’ai écrit une chanson. J’étais sur le trône. C’est toujours là que j’écris mes chansons. Les chiottes, c’est mon bureau. Tout sort de là. (silence) Une chanson pour Gwendoline. Et j’avais pensé la diffuser dans le monde entier, pour que je la retrouve, parce que je suis croque love de Gwendoline. Est-ce que tu veux m’aider, Bruxelles, à retrouver Gwendoline ou pas ?

Et cette chanson s’appelle Juliette.

 

 

Crédit photo : Axel Ito

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

 

Fishbach – Un autre que moi from wearehandsome on Vimeo.