Deux mille dix-huit

SPECTACLE VIVANT

Une année record (j’avais déjà dit cela l’an passé, mais j’ai de nouveau battu mon record, c’est moi qui ai la plus longue, pour une fois). Alors même que cette année j’ai travaillé à plein temps (pour le pire et le moins pire), je sais déjà que j’en ferai beaucoup moins en 2019, j’ai vu mes limites, tant physiques qu’inspirationnelles, si je puis dire. (ça aussi, je l’ai déjà écrit l’an passé, mais à moins qu’on me paye pour écrire, je verrai réellement beaucoup moins de spectacles l’an prochain). Pour être plus sérieux, j’ai la fâcheuse impression que d’en voir beaucoup me blase un tantinet…

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Bibliothèque du Théâtre de Gennevilliers

139 spectacles (71 il y a 2 ans, 101 l’an passé) à Paris, Montreuil, Bobigny, Nanterre, Gennevilliers, Aubervilliers, Saint-Denis, Boulogne-Billancourt, Saint-Ouen, mais aussi Avignon, Bussang, Bruxelles, Londres et Lausanne, dans 66 lieux avec des artistes français, belges, anglais, néerlandais, italiens, portugais, canadiens, danois, suisses, brésiliens, grecs, polonais, allemands, israëliens, russes… parfois (souvent) dans le texte. Du théâtre, des chevaux, des images, du son, de la musique, des marionnettes, des objets, du théâtre documentaire, de la danse, du cirque, du seul en scène, du one wo.man show, des écoles de théâtre, des gens tous nus, des performances, du jeune public, des professionnels, des « amateurs » et même des pièces dans le privé…

Trois spectacles vus une 2e fois (« Iliade » par Pauline Bayle, « Bovary » et « Sopro » de Tiago Rodrigues) ou une 3e fois (« By Heart » de Tiago Rodrigues, toujours lui)

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Ça ne se passe jamais comme prévu de Tiago Rodrigues avec les élèves de la Manufacture au Théâtre de l’Aquarium

J’ai vu cinq spectacles du tg STAN (« Quoi Maintenant », « Infidèles », « Atelier », « Après la répétition », « Quartett »), quatre de Tiago Rodrigues (+ « Ça ne se passe jamais comme prévu ») (#TeamTiago), quatre de Julien Gosselin (« 1993 » et sa trilogie Don DeLillo), quatre de Gwenaël Morin (sa tétralogie « Molière de Vitez »), trois de Marc Lainé (« La fusillade sur une plage d’Allemagne », « Hunter », « La Chambre désaccordée »), deux du Collectif L’Avantage du Doute (« Grande Traversée », « La Caverne ») (le film de Judith Davis « Tout ce qu’il me reste de la révolution » sort début février, soit dit en passant), deux de Pauline Bayle (« Iliade » et « Odyssée »), deux avec Laetitia Dosch (« La Maladie de la Mort » de Katie Mitchell et « Hate »), deux avec Emilie Incerti Formentini (« Au bois » et « Love me tender »), deux avec Grégoire Monsaingeon (« Bovary » et « Ovni(s) »), deux de Lisbeth Gruwez (« We’re pretty fuckin’ far from ok », « The Sea Within »), etc.

Par souci de transparence, je tiens à mentionner que j’ai bénéficié de 43 invitations  (dont 19 dans le cadre du Festival Off d’Avignon) grâce à ce blog ou dans le cadre de  mes contributions au Blog de Nestor (blog sur l’actualité culturelle montreuilloise). J’ai donc payé 96 fois ma place…

À part ça de grands souvenirs avec (dans le désordre) :

  • France Fantôme de Tiphaine Raffier au TGP St-Denis
  • B. Traven de Frédéric Sonntag au Nouveau Théâtre de Montreuil
  • The Encounter de Simon McBurney à l’Odéon Théâtre de l’Europe
  • Tragédies Romaines de Ivo Van Hove à Chaillot (je ne l’ai pas chronique, vous rendez-vous compte ?!?)
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Tragédies romaines d’Ivo Van Hove à Chaillot

Et dans les (plus ou moins) bons souvenirs :

  • le bataillon 30 hyper dissipé aux Tanneurs pour le « By Heart » de Tiago Rodrigues.
  • ma crampe à la cuisse droite durant la trilogie Don DeLillo aux Ateliers Berthier.
  • le site magnifique du Théâtre du Peuple à Bussang.
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Théâtre du Peuple, Bussang
  • mon extinction de voix à cause de Laetitia Dosch (ou plutôt à cause de ma persévérance à ne pas vouloir acheter de parapluie)
  • mon accréditation pour le Off d’Avignon.
  • la découverte du Barbican à Londres (clin d’oeil à Camellia Burows)
  • tomber amoureux d’une bonne dizaine de comédiennes/danseuses (en vrai, j’ai préféré ne pas compter pour ne pas me faire du mal) (clin d’oeil à Laurent, je te laisse Laetitia, mais j’ai vu Lisbeth avant toi, je te ferai remarquer !)
  • ces moments « je vais aux toilettes ou je n’y vais pas » pendant les spectacles de Gosselin ou Van Hove.
  • ma gêne lors de ma rencontre avec une comédienne qui avait lu ma chronique mitigée d’une pièce dans laquelle elle avait joué (longue phrase bien lourde).

 

CONCERTS

16 soirées concerts (soit moitié moins que l’an passé) mais avec 27 artistes ou groupes.

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Parce que je fais parfois régisseur son…

TOP 5

 

EXPOS

La découverte (enfin) des Rencontres Photographiques d’Arles, les polaroïds de Wim Wenders à Londres, mon initiation à l’architecture…

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La Cité Radieuse par le Corbusier sur la Planète Mars

 

CINÉMA

Moitié moins de films cette année (35 au 26 décembre 2018), la faute au théâtre et aux chroniques à écrire, à la flemme. Huit films sont tout de même parvenus à se détacher : 

  • Leto de Kirill Serebrennikov
  • Shéhérazade de Jean-Bernard Marlin (#TeamLycéeMichelet)

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  • Amanda de Mikael Hers
  • Climax de Gaspar Noé
  • Woman at War de Benedikt Erlingsson
  • Au Poste de Quentin Dupieux
  • Phantom Thread de Paul Thomas Anderson
  • Ready Player One de Steven Spielberg

 

SÉRIES

J’ai vu énormément (trop ?) de saisons cette année : 50 si j’ai bien compté

TOP 5

  • l’intégrale de Six Feet Under (enfin !) : qui m’a totalement dévasté, je pèse mes mots.
  • la saison 2 de The Good Fight : série trop méconnue, légèrement anti-Trump.
  • la saison 1 de Kidding (+ S1 : I’m dying up here) : Jim Carrey. Voilà.
  • la saison 1 de Counterpart : Espionnage et monde parallèle…
  • la saison 1 de The First : Sean Penn, Mars… Elle prend son temps.

 

LIVRES

TOP 5

  • la découverte FabCaro avec « Zaï  Zaï Zaï Zaï »et son roman « Le Discours » auquel je me suis pas mal reconnu (c’était même assez troublant à certains endroits) :

 

« Je ne suis pas comme vous, je vous emmerde, j’ai trop de problèmes dans ma vie pour faire la chenille, j’ai lu « Le livre de l’intranquillité » de Pessoa, vous imaginez quelqu’un qui a lu « Le livre de l’intranquillité » de Pessoa faire la chenille ? »

 

  • l’Arabe du Futur 4 de Riad Sattouf
  • Vernon Subutex 3 de Virginie Despentes
  • Le Lambeau de Philippe Lançon

 

CÔTÉ BLOG 

5 articles pas par moi : de grands remerciements encore et toujours à Cyril Bivalski et Laurent Suavet. La porte reste toujours ouverte pour vous (et pour d’autres aussi, soyons fous !)

130 articles écrits par moi…

Top 10 fréquentation (au 26 décembre) :

Le blog va plutôt bien, merci de demander. 

 

SUR LE PLAN PERSONNEL

Sans rentrer dans les détails… J’ai donc écrit de nombreux articles pour ce blog (130), quelques articles pour le Blog de Nestor (19 peut-être). J’ai collaboré à Radio Mortimer (et fait la connaissance de personnes très très intéressantes). J’ai (enfin) terminé d’écrire ma deuxième pièce que j’espère pouvoir monter d’une façon ou d’une autre en 2019, participé au labo social (fantôme) mené par le collectif « L’Avantage du Doute » lors de l’Occupation Bastille 2 (dans le théâtre du même nom), joué à deux reprises dans la salle du haut du théâtre de la Bastille en compagnie de mes amis Les Infilitré.e.s (et dit un de mes textes, tout seul devant le public)… Je crois que j’ai beaucoup écrit cette année… (et je ne suis absolument pas épuisé, mais ça c’est l’âge)

 

Et prochainement en 2019… Les Infiltré.e.s saison 2 au théâtre de la Bastille les 9 et 10 mai… « Dedans ma tête », le seul en scène écrit et interprété par moi-même… Des chroniques made in Québec…

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photo : Marc Woog – Compagnie Mimesis

 

Textes et photos (sauf mention contraire) : Axel Ito

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Radio Mortimer #17

À part ça, j’ai eu la joie et l’angoisse de participer à Radio Mortimer, dix-septième du nom. C’est une émission (audio) web faite par des passionné.e.s de théâtre comme moi, avec ou sans blog. Et c’est à l’Odéon Théâtre de l’Europe que nous avons eu la chance d’enregistrer ce nouveau numéro (j’allais ajouter quelque chose, mais je ne le ferai pas, je suis le seul à comprendre cela)

Nous avons disserté à propos de « La Locandiera » de Carlo Goldoni sur une mise en scène d’Alain Françon (Comédie Française), « J’ai rencontré Dieu sur Facebook » d’Ahmed Madani (en tournée), « J’abandonne une partie de moi que j’adapte » du Nabla Group sur une mise en scène de Justine Lequette (les 11 et 12 décembre au Théâtre de Gennevilliers), « Joueurs / Mao II / Les Noms » de Don DeLillo adaptés et mis en scène par Julien Gosselin (Ateliers Berthier – Odéon Théâtre de l’Europe) et « La Bible – vaste entreprise de colonisation d’une planète habitable » par Céline Champinot (Théâtre de la Bastille).

Pour ma part, je suis intervenu sur les deux derniers segments (à partir de 32’15) : j’ai bafouillé, hésité, eeeeeeeet…. cherché mes mots et mes idées. Un grand merci à Mélina (Théâtrices) pour ses coups de ciseaux et bien plus encore et évidemment à toute l’équipe de Radio Mortimer présente lors de l’enregistrement pour leur accueil chaleureux : (par ordre alphabétique) : Bénédicte (Nouvelle Claque), Bertrand, Christine (Théâtre Côté Coeur), Hélène, Iris, Thibaut, Suzanne (Mordue de Théâtre), Valérie (R42 Culture Gourmande), Véro (Théâtrelle)

Je ferai mieux la prochaine fois…

Ps : Je n’ai absolument pas été payé pour dire tout cela, j’ai même fait un chèque en sortant de l’enregistrement…

 

Fléau (Dave St Pierre – Alex Huot / Le Tarmac)

(quand on ne lit pas la bible)

Fléau ? Ils se donnent le mot ? Une nouvelle adaptation d’un roman de Stephen King ?

(de quoi ça parle en vrai)

« Les artistes québécois Dave St-Pierre et Alex Huot creusent au noyau de l’intime. Fléau est un objet performatif flirtant avec la danse contemporaine et l’art visuel qui exhibe la fusion et les tiraillements de leur relation. » (source : ici)

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© Dave St-Pierre & Alex Huot

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Je ne sais pas par quoi commencer. Je pourrais parler du malaise, de l’ennui que le spectacle a provoqué en moi. Mettons d’abord les choses dans leur contexte.

C’est l’histoire d’un couple qui a un chien. Ils font du sport, s’excitent mutuellement. Puis, du jour au lendemain, l’un d’entre eux se trouve dans un état végétatif. Son compagnon l’aide à manger, à se laver. Il en profite aussi pour se donner du plaisir, lui en donner. Et c’est la fin. Je suis resté volontairement soft. J’étais au deuxième rang et je n’ai rien raté. Les deux performeurs sont nus. Y aura bien des tableaux où ils porteront un costume poilu et un masque de loup, tandis qu’une troisième acolyte se baladera en costume de corbeau (la mort ?), mais bon…

Dave St Pierre et Alex Huot font durer ces moments indéfiniment. Il ne s’y passe pas forcément grand chose. Ils ne tentent pas de rendre séduisant cette relation (les lumières de service resteront allumées durant toute la représentation et la musique sortira d’un téléphone), il n’ y a pas de surenchère dans le pathos. On est face à une performance, une installation. « Fléau » est à l’opposé de « Néant », que j’avais beaucoup aimé et qui m’avait fait revenir en cette chaude soirée du mois d’octobre.

Oui, j’ai détourné mon regard à plusieurs reprises lors de la scène du souper.

Reste le chien, court sur pattes, qui s’appelle Fléau. Qui joue son rôle de chien. Qui aboie quand un spectateur se fait entendre ou sort de la salle.

Ce que je regrette, après avoir fait mes petites recherches, c’est que la pièce a été d’abord conçue comme une installation, beaucoup plus longue que l’heure et demie à laquelle nous avons assisté et que le spectateur n’était pas censé rester assis, passif,  dans son fauteuil, mais pouvait déambuler sur la scène, sortir, entrer. Je ne sais pas si ça m’aurait plus plu (est-ce que ce genre d’oeuvre est faite pour plaire, c’est une autre question) mais en tout cas, j’aurais mieux compris la démarche.

 

FLÉAU

Une idée de Dave St-Pierre et Alex Huot

Interprètes-créateurs : Alex Huot, Alanna Kraaijeveld et

Dustin Ariel Segura-Suarez

Équipe de création : Angie Cheng, Hubert Leduc-Villeneuve, Guillaume Rémus et Dave St-Pierre

Jusqu’au 12 octobre 2018 au Tarmac, Paris (c’est donc déjà fini)

 

(une autre histoire)

Quelqu’un m’a dit l’autre jour qu’elle pouvait être gênée par ce que je racontais dans cette partie de ma chronique. Que c’était trop intime. Aujourd’hui, j’ai donc pensé à elle, je ne parlerai pas de masturbation ou des pratiques sexuelles que j’affectionne, ce qui aurait été en phase avec certaines scènes du spectacle vu ce soir.

Je parlerai de l’avant, de l’après, mais pas du pendant.

Je me demande si mon voisin m’entend. Je l’entends ronfler, donc il doit m’entendre, nous entendre.

Parfois je me dis : « Et si je mentais, si je racontais quelque chose qui ne s’était jamais passé ? »

J’ai mis un sparadrap sur la caméra de mon ordinateur. Il y a un magasin à Paris qui s’appelle « Le roi de la capote ». Je ne suis jamais entré dans un sex shop. J’ai envie de relire du Stephen King. (parce que Fléau… faut vraiment que j’explique tout ?) Une fois, j’ai pensé à quelqu’un d’autre. Mais c’était y a longtemps. Neuf. « Drôle, si vous voulez, personnellement, elle ne me fait pas rire »… Pourquoi cette réplique me revient en mémoire ? Par deux fois je me suis rendu avec ma promise dans le restaurant en bas de chez moi, par deux fois ma promis rompit (rompa ? romput ?) dans les quarante-huit heures.

Une scène longue… Non ce n’est jamais long.

Tout cela n’a ni queue.

 

vu le mercredi 10 octobre 2018 au Tarmac, Paris

prix de ma place : 18€

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Atelier (tg STAN / de Koe / Maatschappij Discordia / Théâtre de la Bastille / Festival d’Automne)

(de quoi ça parle en vrai)

« Le comédien – comme tout artiste – a-t-il un atelier pour répéter et exercer son art ? Si oui, sous quelle forme se présente-t-il et comment le comédien y occupe-t-il ses journées ? Le comédien est-il lui-même son propre atelier ? Et peut-on dire qu’il est, en tant qu’« objet regardé », une œuvre d’art vivante ? Ce sont ces questions que soulève le spectacle Atelier, dernière « polyproduction » des compagnies tg STAN, de KOE et Maatschappij Discordia, qui nous font pénétrer dans leur intimité, grâce à une installation instable faite de bric et de broc, se construisant petit à petit sous nos yeux. Sans un mot, les trois comédiens apportent un éclairage sur leur travail quotidien, sur leur statut de comédien, sur ce qui fait théâtre, sur l’Art aussi… dans un spectacle burlesque qui promet du rire, de la fantaisie, mais aussi beaucoup de poésie. » (source : ici)

 

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© Jorn Heijdenrijk

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Mais où vont-il chercher tout cela ? Je l’ai déjà écrit sur les réseaux sociaux, mais ce que j’ai vu ce soir relève pour moi du génie. Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas vu un spectacle qui m’interroge sur son processus de création. D’accord, c’est un peu le sujet de la pièce, l’atelier, tout ça mais il n’empêche. Tout est foutraque, mais tout fait sens. On se demande où ça va. Puis on comprend, les références à différentes oeuvres. On recherche, on prend tout ce qui nous tombe sous la main, on essaie, on échoue, on recommence.

Et c’est drôle. Le spectacle est quasiment muet, proche du burlesque d’antan. Humour de répétition.

Après Onomatopée dans lequel le trio sévissait déjà, nos trois artisans mettent sens dessus dessous la salle du bas du Théâtre de la Bastille, le dispositif scénique est bi-frontal, on s’amuse des réactions de nos voisins d’en face. On retrouve le regard tantôt inquiétant tantôt malicieux de Peter Van Den Eede (De Koe), la bonhomie de Damiaan De Schrijver (tg STAN) et le flegme de Matthias de Koning (Maatschappij Discordia), acteurs qui osent tout, même de l’humour pas très fin, aux corps qui ne sont plus tout jeunes, des physiques disparates, mais hyper intéressants à observer.

Un génial bordel organisé.

 

ATELIER

De et avec Matthias de Koning, Damiaan De Schrijver et Peter Van den Eede

Costumes Elisabeth Michiels – Technique Pol Geusens, Bram De Vreese et Tim Wouters

Production tg STAN, de KOE et Maatschappij Discordia

Jusqu’au 12 octobre 2018 au Théâtre de la Bastille (avec le Festival d’Automne à Paris)

(une autre histoire)

« Salut, je m’appelle Matthieu, mais tous mes amis m’appellent Matt (avec deux tt)… T’as vu, j’ai fait de l’humour : deux tt, j’ai deux tétés. Trop drôle. Ce soir, je vais au théâtre. On m’a filé des places, donc j’y vais. C’est au théâtre de la Bastille. J’ai failli arriver en retard, je croyais que c’était à l’Opéra Bastille, mais non, c’est le théâtre rue de la Roquette. Je me suis bien habillé pour rien, quoi. C’est pas grave. J’aime particulièrement mes belles baskets blanches. On dit que c’est trop la mode des baskets blanches. Vu leur prix, y a intérêt que ça soit à la mode ! Je sais pas trop de quoi parle la pièce, hormis que c’est un atelier. De couture peut-être, ça tombe bien, j’ai un ourlet à faire faire sur mon nouveau pantalon… Ça vous fait pas rire ?

(…)

Je m’ennuie… Je m’emmerde même. Y a pas de dialogues. Je vois trois vieilles personnes… On m’avait dit que dans le théâtre contemporain, y avait des acteurs à poil. J’avais plutôt imaginé des actrices à poil. C’est un poil dégoûtant. Ils balancent tout un tas de trucs sur des planches, je comprends rien. C’est quoi l’histoire ? Je sais pas si j’ai bien fait de me mettre au premier rang…

(…)

Bordel de putain de comédiens de merde ! Ils m’ont bousillé mes baskets blanches. Y a le gars, là, le tout maigre au crâne chauve, il est assis en équilibre dans un fauteuil et il tombe sur moi ! Il avait plein de peinture noire sur son corps dégueulasse, sur ses mains et j’ai l’empreinte de ses doigts sur mes baskets blanches qui m’ont coûté un bras ! Je peux porter plainte ? Je peux porter plainte ? M’en fous, j’applaudirai pas. Bon, ok, j’applaudirai, mais des deux mains. Je veux dire, lentement, comme ça ils verront ces Flamands de merde ce que je pense de leur théâtre de… merde. Et ce mec-là, en face de moi, qu me regarde, qui me sourit. Avec sa chemise à carreaux de merde et sa barbe pas taillée. Il a une barbe et il la taille même pas, oh l’autre eh ! Il se fout littéralement de ma gueule. Je t’attends à la sortie et j’essuierai mes godasses sur ta gueule de barbu pas taillé ! »

 

vu le samedi 6 octobre 2018 au Théâtre de la Bastille, Paris

prix de ma place : 13€ / mois (Pass Bastille)

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Hate (Laetitia Dosch / Nanterre Amandiers / Festival d’Automne)

(quand on ne lit pas la bible)

Hate ? Deuxième partie d’un diptyque Love/Hate qui dure le temps de tatouer ces quatre lettres sur les phalanges d’un comédien qui porte le masque de Robert Mitchum ?

 

(de quoi ça parle en vrai)

Dans ce nouveau spectacle, HATE, l’actrice nue joue, soliloque et dialogue avec un cheval auquel elle se livre sans candeur et sans impudeur. Afin de mieux comprendre et cerner le chaos de notre époque, et pour en finir une bonne fois pour toutes avec ce sentiment de pouvoir qui pousse à la destruction des gens supposés inférieurs, de la nature, des animaux, elle choisit de vivre avec un cheval en établissant une relation d’égalité avec lui et, au-delà, avec l’Autre (le partenaire, le faible, la nature). Une relation respectueuse. De petites chansons en rap ravageur, de récits intimes en engagements politiques, du temps qui passe en moments suspendus par la beauté des images, d’une quête joyeuse en incompréhensions violentes, HATE est aussi l’improbable mais possible invention d’un amour fou entre la femme et le cheval. Sans domination humaine, sans manipulation, sans sauvagerie animale, la relation est-elle viable? L’amour et le partage peuvent-ils apporter un peu de poésie? Alors, Laetitia Dosch monte à cheval, lève son épée et se jette à corps perdu dans cette épique quête utopique. (source : ici)

 

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(ceci n’est pas une critique, mais…)

Dorénavant, tout spectacle devrait avoir son cheval. Qu’est-ce que ça fait du bien d’entrer dans une salle à pas feutrés (j’espère que Laetitia Dosch, assise sur les marches, a remarqué combien je faisais attention à ne pas faire de bruit en les descendant), d’apprécier ce silence avant le début de la représentation. rien de tel pour entrer dans l’univers de Corazon, déjà présent sur scène.

Il reste immobile. Il joue ou bien il est ? Il parait vivant. Non, il parait conscient de la tournure des événements.

Laetitia Dosch arrive, l’observe, enlève ses vêtements par souci d’équité avec l’équidé et entre dans l’arène.

Alors que dans « Un Album », la comédienne suisse se prêtait au jeu des personnages, ici, elle parle à la première personne, parle à Corazon comme s’il était son confident apparemment muet, de ce que devient le monde, de ce qu’elle est et fait, elle, dans ce monde.

On ressent un amour et un respect quasi-mutuels entre les deux artistes présents sur scène. Parce que Corazon parle aussi. Comme les deux Corvidés auxquels Jonathan Capdevielle et Laetitia Dosch avaient prêté leurs voix lors d’un précédent festival d’Avignon.

Corazon joue, Laetitia s’adapte, improvise, retrouve le fil.

Corazon pisse, Corazon bande. Il parait tranquille, serein. Il apprivoise la comédienne.

Une relation intime, charnelle se crée sous nous yeux, parfois dérangeante quand on y pense.

Aux saluts, Corazon est accompagné d’une camarade. A la fin de ceux-ci, Laetitia Dosch adresse une dernière caresse à Corazon et lui chuchote quelque chose à l’oreille. Le spectacle est terminé, les spectateurs commencent à se lever, elle continue à lui parler avant de s’éclipser.

Un moment hors du commun, un moment suspendu.

 

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Un spectacle de Laetitia Dosch avec la participation de Yuval Rozman

Co-Mise en scène : Yuval Rozman & Laetitia Dosch

Avec Laetitia Dosch et Corazon

Collaboratrice chorégraphique et coach cheval Judith Zagury / Shanju

Scénographie : Philippe Quesne, d’après une peinture de Albert Bierstadt (Courtesy Fogg Art Museum) – Lumières : David Perez – Son : Jérémy Conne – Collaborateur dramaturgique  : Hervé Pons – Collaborateurs ponctuels : Barbara Carlotti, Vincent Thomasset – Assistante à la mise en scène : Lisa Como

les 26 et 27 septembre 2018 à Marseille, au TNB de Rennes du 16 au 20/10, au NEXT Festival du 30/11 au 01/12, au Bonlieu d’Annecy du 16 au 18/01/19, au Quai d’Angers les 7 et 8/03/19…

 

(d’autres histoires)

Voilà quatorze ans que je vis à Paris et je n’ai toujours pas de parapluie. J’ai bien un imperméable de type K-Way, mais je ne le mets jamais. Je ferme alors mon blouson, enfonce ma casquette jusqu’à mes broussailleux sourcils et attend que ça se passe.

Aujourd’hui, il pleut. Je dois marcher sous la pluie, j’arriverai trempé au théâtre, prendrai froid parce que mes vêtements n’auront pas eu le temps de sécher pendant la représentation et je perdrai ma voix deux jours plus tard. Ce mercredi après-midi, j’aurais pu accomplir quelque chose qui m’aurait comblé, mais je ne pus point (du verbe pouvoir), à cause de ma voix et de ma toux (que j’avais déjà pour le Procès, mais vous le savez déjà, si vous me suivez). Tout comme au mois de novembre, j’aurais pu accomplir autre chose d’assez amusant, mais je suis empêché par une réunion de travail.

La pluie et le travail m’empêchent de réaliser mes rêves. Je vais donc démissionner  de ce pas de mon emploi rémunérateur et partir en croisade contre la pluie. Je ne sais pas comment je vais faire, mais je vais le faire.

*****

Je l’ai croisée un matin dans un parc parisien, vers le 14 juillet. Je courais, elle marchait. Je ne pouvais pas m’arrêter, parce qu’une fois que la machine est lancée…  Pis, qu’est-ce que je lui aurais dit ?

– Excusez-moi de vous déranger, j’aime beaucoup ce que vous faites. Je transpire un peu, je sais, je suis comme ça. Mais, ce que je voulais vous dire, c’est ce que… Je vous ai vue dans ce film et dans cette pièce et sur le toit du Point Ephémère aussi et dans cette performance au Centre Pompidou et encore dans cette pièce. Je serai là au deuxième rang (parce que je n’aime pas le premier rang).

– C’est pour mieux me voir mon enfant ?

– Oui.

 

vu le dimanche 23 septembre 2018 à Nanterre Amandiers

prix de la place : 15€ (abonnement Festival d’Automne)

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Transformes (Espace Périphérique de La Villette)

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Le weekend du 8 septembre 2018 a eu lieu un festival pas comme les autres, nommé Transformes. Né de l’envie d’étudiants en Master 2 Professionnel Métiers de la production théâtrale de Paris 3 – Sorbonne Nouvelle (je reprends mon souffle), Transformes, ce furent 24h de théâtre, de danse, de musique, de performances, de débats, d’installations à l’Espace Périphérique de la Villette.

« Le temps d’une rotation de la Terre sur elle-même, interrogeons-nous sur ce qu’il se passe « entre », sur l’endroit du changement, sur ce mouvement qui nous traverse pour faire évoluer nos quotidiens, nos travails, nos corps, nos vies. »

Le lieu est assez singulier. En mauvais voisin que je suis, c’était la première fois que j’y allais, sous le périph’, entre le canal de la Villette et la ligne de tramway. Des street artistes se sont emparés des murs, pour certains gigantesques.

Je ne fus pas l’un des mohicans à rester vingt-quatre heures durant à la Villette, même si le festival regorgeait de propositions toutes plus intéressantes les unes que les autres et à toute heure, ne serait-ce que cette performance « Statu »  dirigée par Suzanne, durant laquelle dix interprètes en alternance se confrontèrent à l’erreur en répétant une série de gestes. De les voir se relayer, essayer à différents moments de l’événement, il y avait quelque chose de touchant. Rien de plus difficile que d’être ensemble.

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Statu – Crédit photo : Joseph Banderet

Là où je m’en suis voulu, c’était de ne pas avoir pris la peine d’écouter le collectif Blacklist ou les rappeurs Beeby, Chris Da Vinci et Chapsy. Car le festival donnait la parole à des artistes qui ne ressemblent pas forcément à nous autres, jeunes (et moins jeunes) gens, qui allons voir des performances dans des friches ou du théâtre dans des lieux subventionnés (je schématise énormément, je le sais). Parce que cette musique-là, à de rares exceptions, ne me touche pas. Je suis assez ignorant, en fait, de cette mouvance musicale, hormis les IAM et NTM, des références qui datent un peu, j’en conviens. Et cette tentative d’ouverture était suffisamment intéressante pour le souligner.

Après eux, j’ai tout de même assisté au concert d’Apaache, sympathique et groovant groupe qui tourne bien.

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Apaache – Crédit photo : Studio Nicecream (grand jeu : où est Charlie ?)

Evidemment, j’ai vu du théâtre. La première pièce, « À ton ombre » par l’autrice-metteuse en scène et comédienne Caroline Fouilhoux, ne m’a pas convaincu. Il s’agissait d’une quête d’un jumeau perdu, des rencontres, des identités multiples, le voyage… Peut-être parce que j’en attendais autre chose, dans l’esprit d’Antonio Tabucchi et de son Nocturne Indien, quelque chose de plus contemplatif sûrement. L’ensemble était tout de même digne d’intérêt.

L’autre pièce, prometteuse, par le Collectif Satori et son metteur en scène Thomas Resendes s’intitulait « Les Ennemis Publics ». Malgré l’heure tardive (0h30), elle sut me captiver en retraçant notamment l’histoire (pourtant connue de moi) de la Bande à Baader et en l’entremêlant avec des réflexions plus contemporaines. Me revinrent à l’esprit « Ça ira – Fin de Louis » de Joël Pommerat dans la manière d’utiliser l’espace public pour les scènes de débat, d’autres pièces dans lesquelles les acteurs jouent différents personnages. Il y a une économie de moyens mais de l’ambition dans cette pièce qui est tout à fait enthousiasmante.

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Evidemment, je n’ai vu qu’une infime partie de tout ce que proposait « Transformes » (figurait également dans le programme Rebecca Chaillon, pour ne citer qu’elle). C’est donc un festival foisonnant et audacieux que nous ont proposé ces jeunes gens. Je ne sais pas s’il s’agissait d’un « one shot », mais aux vues de leur énergie et de leur enthousiasme, il serait dommage de ne pas renouveler l’essai l’an prochain (et d’ajouter  alors un deuxième foodtruck, ça serait pas mal non plus)

 

TRANSFORMES

à l’Espace Périphériques de la Villette, Paris 19e

du samedi 8 septembre midi au dimanche 9 septembre midi

Programme complet : ici

 

 

(une autre histoire)

Je discute avec une camarade, de dix-huit ans ma cadette. Je me sens vieux. Elle ne fait rien pour me faire sentir vieux, mais c’est juste moi. Ça me travaille. Tout à l’heure, j’étais au premier rang pour le concert d’Apaache. Non pas que je sois leur fan number one, mais y avait de la place contre la barrière, j’ai pu m’y adosser, mon dos me faisant souffrir. Faut dire que j’ai couru six kilomètres ce matin et que je récupère bien moins vite. Je vois ce photographe prendre des photos du public. Mais que va-t-on penser de ce vieux au milieu de jeunes ? Ma camarade de dix-huit ans ma cadette me donne trente-huit ans. J’en ai trente-neuf, bientôt quarante. J’ai des cheveux poivre et sel, mais ça ne se voit pas trop. Pourtant ma coiffeuse s’étonne de la rapidité à laquelle mes cheveux blanchissent. L’âge, je lui dis. Elle me répond le stress. J’ai la barbe qui grisonne. Ça en revanche, ça se voit… J’ai un certain nombre de poils blancs sur le torse. Mon ancienne copine m’avait demandé si je comptais les couper. J’ai dit non. C’est un souvenir du Togo. Au Togo, je suis tombé malade, j’avais des furoncles. D’un furoncle purulent est né mon premier poil blanc. Puis ça proliféra. J’ai trouvé cet été mon premier poil pubien blanc. Jusqu’à présent, j’étais plutôt fier d’avoir été épargné de ce côté-là. Je suis déprime.

 

Présent du samedi 8 septembre à 17h30 jusqu’au dimanche 9 septembre à 02h30.

prix de la place : entrée libre (mais j’ai mon prénom dans le programme grâce à ma participation au crowdfunding)

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

À quelle sauce… (automne 2018)

Nouvelle saison (18/19) et nouvelles habitudes. Un peu comme les résolutions du Nouvel An, nous essaierons de nous y tenir : je veux ralentir le mouvement. Ça veut dire, accepter de ne pas tout voir, ne pas tout voir, ne pas tout chroniquer. (même si je verrai tout du Théâtre de la Bastille, mon théâtre de prédilection)

Voici donc dans cet article les spectacles que j’irai voir, ceux que j’ai tout de même en vue, ceux que j’ai déjà vus (et que j’ai aimés… donc je ne parlerai du Fils, malgré le changement de distribution ou de Sombre Rivière de Lazare au Rond Point…).

Encore une fois, le théâtre subventionné, comme on dit, aura la part belle, on ne se refait pas, même si je ne suis pas (complètement) sectaire (suivez mon regard vers le Off d’Avignon…). Pour conclure, celle liste est évidemment non exhaustive (je n’ai pas l’oeil sur tout) et sera certainement amenée à être modifiée dans les semaines à venir.

Et c’est parti !

 

SEPTEMBRE

HATE
HATE par Laetitia Dosch (Photo Philippe Quesne et Dorothée Thébert Filliger)

J’irai voir :

  • LE SYNDROME DU BANC DE TOUCHE au Théâtre de Belleville (parce qu’on me                       l’a conseillé… et qu’on m’a invité, je l’avoue) (critique : ici)
  • le festival TRANSFORMES à la Villette (parce qu’il y aura notamment une pièce mise en scène par Thomas Resendes, le traducteur attitré de Tiago Rodrigues et qu’il est bon de soutenir un nouveau festival et comme c’est à côté de chez moi, je peux faire des allers retours très facilement)
  • INFIDÈLES au Théâtre de la Bastille / Festival d’Automne (tg STAN, prise 1) (critique : ici)
  • RADIO VINCI PARK (parce que j’aime aller sur un parking à Nanterre en milieu de semaine voir des motos)
  • LA FÊTE DE L’HUMANITÉ (essentiellement pour Franz Ferdinand et Catherine Ringer mais aussi pour la présentation de 1336, parole de Fralibs… j’en profiterai d’ailleurs pour faire le plein de leurs thés excellents)
  • LOVE ME TENDER aux Bouffes du Nord (parce que Guillaume Vincent)
  • SHOCK CORRIDOR au Nouveau Théâtre de Montreuil (parce que je vais sûrement écrire dessus pour le compte du blog de Nestor)
  • LE PROCÈS à l’Odéon Théâtre de l’Europe / Festival d’Automne (parce que j’ai déjà joué dans une adaptation du roman de Kafka, qui m’avait valu le plus grand trou de texte de toute l’histoire du théâtre amateur)
  • HATE à Nanterre Amandiers / Festival d’Automne (parce que Laetitia Dosch)
  • CHRIS GARNEAU (Point Éphémère) (parce que ça fait longtemps que je ne l’ai pas vu en concert… dix ans en fait, après Bruxelles et New York… oui, je me la pète, mais y a prescription)
  • L’OCCUPATION au Théâtre Berthelot (Montreuil) (parce que les mots d’Annie Ernaux et surtout la présence de Romane Bohringer)
  • CUISINE ET CONFESSIONS par les 7 Doigts à Bobino (parce que c’est québécois)

J’irai (peut-être) voir :

  • L’ENVOL DES CIGOGNES + LE DERNIER JOUR DU JEÛNE au Théâtre du Soleil (parce que Simon Abkarian et Ariane Ascaride)
  • LES DÉMONS à l’Odéon Théâtre de l’Europe (parce que Nicolas Bouchaud et Valérie Dréville et que je n’ai toujours pas vu de pièce de Sylvain Creuzevault)
  • LE PÈRE à la MC93 Bobigny (parce que Julien Gosselin)
  • SCALA à la Scala (parce que Yoann Bourgeois et la curiosité de découvrir ce nouveau théâtre)
  • LA NUIT DES ROIS à la Comédie Française (parce que Shakespeare et Ostermeier)
  • LA REPRISE à Nanterre Amandiers (parce que Milo Rau et toutes les bonnes choses que j’ai entendues pendant le Festival d’Avignon)
  • CALLISTO ET ARCAS aux Bouffes du Nord (parce que Guillaume Vincent deux fois)
  • CONSTRUIRE UN FEU à la Comédie Française (parce que Marc Lainé)
  • CONVERSATION EL KHATIB / CAVALIER à Nanterre Amandiers (parce que curieux de ce que peuvent se dire ces deux artistes)
  • RICHARD BOHRINGER au Théâtre de l’Oeuvre (parce que je ne l’ai jamais vu en vrai)

J’ai déjà vu (et je recommande) :

 

OCTOBRE

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Atelier par TG STAN / DE KOE / MAARSCHAPPIJ DISCORDIA (© Jorn Heijdenrijk)

J’irai voir :

  • ATELIER au Théâtre de la Bastille / Festival d’Automne (tg STAN, prise deux)
  • EVOL au Théâtre de la Bastille (parce que je suis obligé de le voir, car je suis passé en deuxième année d’infiltration, comprend qui pourra)
  • QUASI NIENTE au Théâtre de la Bastille / Festival d’Automne (parce que j’ai la carte illimitée)
  • OVNI(S) au Théâtre Ouvert (malgré les mauvais retours de cet été au Festival d’Avignon, parce que Grégoire Monsaingeon et les auteurs du Nouveau Ciné-Club)
  • WESTERN au Nouveau Théâtre de Montreuil (parce que Mathieu Bauer)
  • KING KONG THEORIE au Théâtre de l’Atelier (parce que j’adore cet essai de Virginie Despentes et que j’apprécie (et voudrais remercier pour un certain conseil) Marie Denarnaud)
  • LA CHAMBRE DÉSACCORDÉE à l’Espace Cardin (parce que Marc Lainé et Léopoldine Hummel aka Léopoldine H.H.)
  • COMPLETE WORKS à l’Espace Cardin (parce que Shakespeare et Forced Entertainment)
  • LA GUERRE DES SALAMANDRES à la Maison des Métallos (parce qu’on m’en a dit du bien)
  • FLÉAU au Tarmac (parce que Dave St Pierre)

J’irai (peut-être) voir :

  • GEORGE DANDIN à la MC93 Bobigny (parce que les acteurs du CDN de Vire)
  • LA PLAZA au Centre Pompidou (parce que je suis curieux)
  • FRANCIS SAUVE LE MONDE au Centre Wallonie-Bruxelles (parce que c’était une série de bandes dessinées hilarantes avec un blaireau au départ et je ne sais absolument pas ce que ça va donner)
  • MONSIEUR FRAIZE à l’Européen (parce qu’il crève l’écran)

J’ai déjà vu :

 

NOVEMBRE

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Joueurs / Mao II / Les Noms par Julien Gosselin (Photo : Christophe Raynaud de Lage. Hans Lucas)

J’irai voir :

J’irai (peut-être) voir :

  • LOVE aux Ateliers Berthier (parce qu’il n’y a pas tant que ça de metteurs en scène britanniques qui passent la Manche)
  • 4.48 PSYCHOSE au Théâtre Paris Villette (parce que Sarah Kane et Sophie Cadieux)
  • FURIA à Chaillot (parce que Lia Rodrigues)
  • SOEURS aux Bouffes du Nord (parce que Marina Hands, même si Pascal Rambert ne me convainc pas tout le temps)
  • L’AVALÉE DES AVALÉS aux Déchargeurs (parce qu’un texte québécois que j’ai raté cet été au Petit Louvre à Avignon)
  • LA VOIX HUMAINE à l’Espace Cardin (parce que Ivo)
  • THE OTHER VOICE à l’Espace Cardin (parce que Van Hove)

J’ai déjà vu :

 

À suivre…

On fait le bilan (Avignon Off 2018)

8 jours de festival, 24 spectacles vus dans 17 théâtres différents, 1 concert, 2 spectacles avec de la musique en vrai, 9 seul.e en scène ou one wo.man show, des zizis et des tétés dans 3 spectacles seulement. Le hasard fait que parmi les 24 spectacles vus, 13 ont été mis en scène par des femmes…

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Grande satisfaction : J’abandonne une partie de moi que j’adapte (j’ai mis le temps à mémoriser ce titre et on aura l’occasion de (re)voir ce spectacle prochainement en Belgique et en France.

Grandes surprises : Batman contre Robespierre / Ode Maritime

Hors série : le concert de Léopoldine HH

 

Photo Leopoldine HH 3

 

Je ne parlerai pas des déceptions, même si je pourrais m’étendre sur un certain spectacle, qui semble avoir reçu l’unanimité de mes camarades blogueurs. J’espère malgré tout qu’il pourra être repris à Paris et dans le reste de la France pour se confronter à un public plus large.

Il m’est difficile de faire un vrai bilan du OFF, n’ayant vu que 2% des spectacles proposés. Je ne peux que m’étonner de ce nombre très commenté de 1536 spectacles dans le Off. Les différents articles des « Bruit du Off », « Zibeline » et autres journaux régionaux et nationaux y sont revenus en long et en large. Cette année, j’ai donc pu profiter de ma position de « blogueur accrédité » pour observer ce grand cirque. Qu’arrive-t-il aux spectacles, qui ne jouent pas dans les théâtres qui ont la carte ou le vent en poupe, qui n’ont pas d’attaché.e.s de presse efficaces ou qui n’ont pas de relais sur les réseaux sociaux ? J’ai reçu de nombreuses invitations pour assister à des représentations et deux ont retenu mon attention, dans lesquelles j’ai pu lire ceci :

« Ma dernière création « *** », n’a pas encore eu la chance d’être couverte par la presse avignonaise, ni par aucun blog. »

et

« Je sais que vous devez être inondé de demandes, cependant permettez-moi d’attirer votre attention sur mon spectacle « *** » j’aurais aimé que quelqu’un vienne pour avoir une chance d’être peut être parmi vos coups de cœur, qui sait ???? On ne decouvre un artiste qu’en le voyant sur scène… »

Tout ça m’interroge. Pourquoi vais-je voir telle ou telle pièce ? Faisons le récapitulatif  :

Sur les 24 pièces vues : 3 pour le « entendu à la radio » (Constance / Pablo Mira / Roukiata Ouedraogo), 1 pour le buzz Twitter (Un garçon d’Italie), 7 pour les conseils d’amis (J’abandonne une partie de moi que j’adapte / La Violence des riches / Pas pleurer / Trouble(s) / J’ai appelé mes frères / Ode Maritime / Si Richard Si), 7 parce que j’avais déjà vu des pièces des artistes (Lodka / Les Travaux avancent à grands pas / Le Maître et Marguerite / Speed Leving / Polaroïds / La Bataille d’Eskandar / Belle fille), 1 parce que j’aime ses chansons (Léopoldine HH), 2 parce que j’ai écrit un article sur l’opération « Montreuil en Avignon » pour Le Blog de Nestor (Batman contre Robespierre / An Irish Story), 1 parce que copinage (Petite Chimère), 1 pour découvrir un auteur (Love & Money), 1 parce que je ne sais pas, je l’ai senti comme ça (Cent mètres papillon)

En conclusion, il n’y a qu’un seul vrai saut dans l’inconnu (même si le fait que 100m Papillon soit programmé à la Manufacture a aidé)

À part ça… Les (presque) petits nouveaux Le 11 Gilgamesh Belleville (malgré ses problèmes de sécurité) et le théâtre du Train Bleu ont présenté une programmation de qualité, le théâtre des Doms et ses artistes belges s’imposent comme un incontournable. Il est intéressant de constater que la Manufacture et les Doms n’hésitent pas à proposer un abonnement 3 spectacles qui court-circuite la fameuse Carte Off (le tarif est même inférieur à celui proposé avec la carte Off).

Je remercie les lecteurs, les attaché.e.s de presse, les théâtres (mais pas un certain haut lieu du Off qui n’a pas daigné répondre à mes sollicitations « Non, on ne s’en occupe pas sur place, vous appelez la personne responsable… Allô ? Pouvez-vous m’écrire ? » Je conçois que je ne suis pas grand chose ici bas, il n’empêche que je ne peux qu’être déçu par ce théâtre dont j’ai toujours salué la programmation, surtout quand deux des pièces que j’ai chroniquées par ici jouaient devant une salle à moitié remplie (restons positifs)), le Festival Off, les artistes et les compagnies qui ont relayé certaines de mes chroniques sur les réseaux sociaux, les blogueurs…

Et je remercie plus particulièrement Ludovic grâce à qui j’ai pu dormir intra muros durant ma première semaine et ça change la vie et Laurent l’ami marseillais pour notre 9e festival d’affilée ensemble.

Je ne sais pas encore si l’année prochaine je reviendrai, parce que la vie, tout ça… Mais ce fut une sacrée expérience.

 

Ps : J’avais commencé à écrire mes chroniques avignonnaises, à réfléchir sur des capsules audios et/ou vidéos. Or le temps n’est pas extensible, ma fatigabilité a été mise à rude épreuve cette année et je n’en ferai pas plus, parce que je veux me reposer et surtout écrire autre chose d’ici mon périple à Bussang le mois prochain…

Les Travaux Avancent À Grands Pas (L’Amicale de Production / 11 Gilgamesh Belleville / Avignon Off)

(de quoi ça parle en vrai)

Présentation de six projets différents tout au long du festival. L’Amicale se transforme en cantine coopérative. Il y a de nouvelles·eaux cuisinières·ers, et six projets sont sur le feu. On voudrait vous raconter tout ça, et autre chose, et puis on jouera au jeu de tirer au sort lequel des six on vous montrera vraiment. (lien : ici)

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Cette présentation s’articule autour de deux points : la présentation de la présentation et la présentation d’un des projets en chantier, tiré plus ou moins au sort lors de la présentation de la présentation, vous me suivez ?

Cet après-midi ne se répètera pas et c’est ce qui fait la force de cette forme. Aujourd’hui sont présents Antoine Defoort, Julien Fournet et Samuel Hackwill. Après l’introduction métaphoriquement drôle de Antoine Defoort et son explication sur le système de tirage au sort (j’ai voulu reproduire le tableau excel présenté sur scène, à base de métrage, de piste d’atterrissage et d’avions en papier, mais je n’ai pas que ça à faire…), vient le tour de Julien Fournet de nous présenter les grandes lignes de son projet « Amis, il faut faire une pause ». Parce que tous viennent avec des propositions inachevées, des maquettes en somme, c’était ça le principe et ainsi se confronter à l’avis du public.

Le projet de Julien Fournet est en fait une conférence dans laquelle il nous invite à nous remémorer d’un ou plusieurs événements culturels auxquels nous avons pris part et surtout à enlever nos sandales, à triturer de la pate à modeler pour en faire un souvenir d’une manifestation culturelle qui nous a marqués et à nous laisser aller. Bon, il faisait encore une fois très chaud, j’ai fermé les yeux et j’ai somnolé, mais ce massage moral à base de philosophie, de jeu, de souvenir n’était pas désagréable, même si un peu frustrant de par la courteté (ce mot se dit ?) du moment.

Les deux phrases du jour : « La pate à modeler, c’est bon pour se concentrer » et « On viendra à bout du capitalisme quand nos mères configureront elles-mêmes leur message de répondeur. »

 

vu le dimanche 8 juillet 2018 au 11 Gilgamesh Belleville

prix de la place : invitation

 

 

LES TRAVAUX AVANCENT À GRANDS PAS

Un projet coopératif de l’Amicale

Avec les projets d’Antoine Defoort, Julien Fournet, Ina Mihalache, Diederik Peteers, Sofia Teillet.

Régie générale Romain Crivellari – Collaborateurs.rice associé.es Emmanuelle Wattier, Kevin Deffresne et Camille Bono – Intervention fugaces ou autres trucs du genre et remerciements à tous les ami.es qui feront une apparition

Production Marion Le Guerroué assistée de Benjamin Berthe

Jusqu’au 27 juillet 2018 (sauf les mercredis) à 15h au 11 Gilgamesh Belleville (Avignon Off)

 

 

(quand j’attends dans la salle…)

Ina Mihalache n’est pas là. Ina Mihalache n’est pas présente. Je pars ou je reste ? J’ai le droit d’être remboursé même si je n’ai pas payé ? Elle sera là à partir du 12. Mais je pars le 12, elle a fait exprès ? Et je suis certain qu’elle repartira quand je reviendrai : le monde est ligué contre moi !

Voilà à quoi je pense quand j’attends dans la salle…

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Grande Traversée (L’Avantage du Doute / Théâtre de la Bastille)

(quand on ne lit pas la bible)

Grande Traversée ? Les membres du Collectif L’Avantage du Doute prennent leurs rames pour expliquer pendant deux heures aux participants de l’Occupation première du nom avec Tiago Rodrigues que : « Non, c’est pas pareil ! » ?

 

(de quoi ça parle en vrai)

Afin d’inaugurer « Occupation 2 », le collectif L’Avantage du doute revisitera ses trois premiers spectacles, tous présentés au Théâtre de la Bastille, sous la forme d’une pièce unique. Qu’est-ce qui a changé depuis leurs créations ? Qu’est-ce qui n’a pas bougé ? Comment trouver, ensemble, le germe d’un questionnement futur ? Tout ce qui nous reste de la révolution, c’est Simon questionnait l’engagement politique à la lumière de Mai 68, La Légende de Bornéo les formes contemporaines du travail tandis que Le bruit court que nous ne sommes plus en direct interrogeait le rôle des médias dans notre vie quotidienne. Revisiter ces spectacles, cela signifie en écrire une trajectoire nouvelle, mais aussi porter un regard rétrospectif, critique et sans aucun doute fécond. Une traversée en forme d’invitation au voyage et au doute. Une belle entrée en matière, pour découvrir ou redécouvrir le travail du collectif. (site du théâtre de la Bastille)

 

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Crédits photos : Pierre Grosbois

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Autant dire que ce n’est toujours pas simple d’écrire quelque chose d’un tant soit peu objectif quand on connait en vrai certains membres du collectif dont on veut parler. Là où c’est intéressant, c’est que depuis le début de cette année 2018, j’ai passé quelque chose comme quatre-vingts heures avec Judith Davis et Claire Dumas à découvrir le comment du pourquoi de la création d’un spectacle du Collectif L’Avantage du Doute. Parce qu’en connaissant plus ou moins la cuisine interne, forcément on ne voit pas le spectacle du même oeil.

Surtout que je n’avais point vu leurs deux premières pièces. J’ai eu donc plaisir à entendre, rééentendre, voir ces six scènes choisies (plus ou moins) au hasard par le public parmi les quatorze proposées (soit 1 chance sur 2 162 160 de tomber sur cette combinaison-là). Le collectif ne commente pas les scènes jouées, il laisse le public se faire sa propre opinion : Depuis le temps où les spectacles ont été créés (entre 2 et 10 ans), est-ce que ça a changé ? La réponse est non. Le Pôle Emploi brazilien dépeint avec folie par une Claire Dumas survoltée, les réflexions sur une certaine gauche, Mylène Farmer vs Bernard Stiegler, « mais faire du théâtre c’est un vrai métier ? » etc. font toujours écho aujourd’hui.

C’est toujours génial (et c’est cliché de le dire, je le sais) de voir que c’est du théâtre mais pas que. Qu’on peut rire, mais pas que. Ou plutôt qu’on sait qu’il y a énormément de recherches, de discussions, de collages, de doutes et que malgré tout, grâce au talent de ce collectif (non ce n’est pas improvisé…), tout passe et surtout tout fait sens.

Et ce qui est intéressant de constater, c’est que les scènes isolées de leur contexte (les pièces « Tout ce qui nous reste de la révolution, c’est Simon », « La légende de Bornéo », « Le bruit court que nous ne sommes plus en direct ») fonctionnent, que ce montage en direct de ces scènes apparemment disparates apparait presque miraculeusement naturel.

Je ne sais pas si je suis le seul à avoir fait ce parallèle-là mais je me souviens que lors de l’Occupation 1, trois soirées s’intitulaient : « Ce soir ne se répètera jamais ». Demain est un autre jour et justement samedi 26 et dimanche 27, c’est une autre Grande Traversée auxquelles vous assisterez, car ces soirées-là ne se répèteront pas.

Ps : Et j’ai comme une envie de lire du Walt Whitman.

Pps : Scène jouées lors de la première représentation : « Pôle emploi », « Ethique Télé 1 », « Le dîner » , « Rescapés de la gauche », « Simon ce héros » et « Disco » (le joker du collectif)

 

vu le mercredi 23 mai 2018 au théâtre de la Bastille, Paris

prix de la place : invitation

 

 

LA GRANDE TRAVERSÉE

par le collectif L’Avantage du Doute

Avec Simon Bakhouche, Mélanie Bestel, Judith Davis, Claire Dumas et Nadir Legrand

Lumière et régie générale Wilfried Gourdin – Vidéo Kristelle Paré – Collaboration technique Erwan Belland, Jérôme Perez et Thomas Rathier

Jusqu’au 27 mai 2018 au Théâtre de la Bastille et l’Occupation 2 continue jusqu’au 16 juin avec « La Caverne » (spectacle tous publics), les Veillées et différentes animations organisées par le théâtre lui-même. (http://www.theatre-bastille.com/saison-17-18/occupation-2)

 

(une autre histoire)

– Mais j’ai pas compris cette Occupation 2 ! C’est comme avec Tiago Rodrigues ?

– Attends, je ne suis pas le porte-parole du collectif ou du théâtre…

– Peut-être, mais tu dors au théâtre de la Bastille… L’Occupation 1, tu y étais, les Manifestes du Choeur l’an passé, tu y étais. Cette année…

– Mais je ne voulais rien faire cette année ! Mais on me l’a gentiment proposé, comment voulais-tu que je refuse ? Je n’ai jamais su dire non…

– Faut dire que tu n’as aucune vie sociale et sentimentale.

– Je ne te permets pas de dire ça. Je… Non… Rien. Je te le dirai une autre fois.

– Mais quoi ?

– J’ai un agenda.

– Oui, Moleskine, tout le monde le sait, avec Snoopy dessus.

– Je veux dire, j’ai un agenda. Un grand projet : je vais m’infiltrer.

– Ça aussi, tout le monde le sait. Tu fais partie des Infilitré.e.s. en spectacle au théâtre de la Bastille le vendredi 25 mai à 20h et le samedi 26 mai à 17h, réservations par téléphone au 01 43 57 42 14 ou par courriel : accueil@theatre-bastille.com …

– Je vais m’infiltrer dans toutes les occupations. En 2019, Nathalie Béasse, Occupation 3 : je m’infiltre. Ils feront sûrement une Occupation avec le tg STAN : je m’infitre. Céline Champinot, elle occupera, j’en suis persuadé et je m’infiltrerai, etc. L’idée c’est qu’à la dixième occupation…

– Tout le monde sera mort.

– A la dixième occupation, c’est moi qui occuperai tout seul. L’occupation d’un spectateur. Pendant dix ans, j’écrirai un texte au long cours sur mes différentes occupations et j’occuperai le théâtre : une déambulation infinie, une logorrhée interminable.

– Tu sais que personne ne viendra…

– Je sais que personne ne viendra. Mais j’ai dix ans pour convaincre les gens.

(à suivre…)

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

The Encounter (McBurney / Odéon Théâtre de l’Europe)

(quand on ne lit pas la bible)

The Encounter ? Ou la première rencontre avec une entité extraterrestre qui porte le nom de code de A.L.F. ?

 

(de quoi ça parle en vrai)

Les Mayoruna, hommes-félins, vivent non loin des sources de l’Amazone, dans la vallée du Javari. En 1969, le photographe-reporter Loren McIntyre s’enfonça dans la jungle, aux confins du Brésil et du Pérou, à la recherche de leur tribu isolée et semi-nomade. L’expérience transforma sa vie. Seize ans plus tard, à Manaus, il raconta son histoire à Petru Popescu. L’écrivain roumain en tira un roman de cinq cents pages, Amazon Beaming. Simon McBurney y a puisé la matière d’un spectacle solo étrange et envoûtant, pour nous faire partager ce voyage hors du temps par les voies du théâtre le plus inventif et le plus contemporain. Muni d’un casque audio, chaque spectateur est immergé dans un univers sonore où le récit se fait parcours initiatique à travers les échos d’une autre nature, aux frontières immémoriales de la conscience. McBurney et sa compagnie Complicité ont longuement mis au point ce projet en s’entourant d’une équipe de techniciens de pointe et en prenant conseil auprès de spécialistes des sciences cognitives. Les créations de Complicité ont été applaudies dans plus d’une quarantaine de pays. Invité en France par Peter Brook dès 1995, Simon McBurney y est revenu à plusieurs reprises, notamment avec Mnemonic (1999). Il n’avait jamais encore eu l’occasion de se produire à l’Odéon. (http://www.theatre-odeon.eu/fr/2017-2018/spectacles/encounter)

 

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Crédits photos : Robbie Jack

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

On va aussi au théâtre pour voir des choses qu’on n’a jamais vues. Ou plutôt devrais-je dire, entendues. Je me souviens d’une capsule au Ciné 13 Théâtre durant laquelle le spectateur, les yeux bandés, écoutait une histoire jouée, bruitée par des comédiens. Je me souviens d’un concert de Amadou et Mariam à la Cité de la Musique dans le noir, avec diffusion de parfums et variations de températures.

Ici, Simon McBurney nous demande de mettre sur nos oreilles un casque, nous explique le dispositif, ce qui me fait dire que les écouteurs avec lesquels j’écoute ma musique dans le métro sont vraiment de mauvaise qualité, tellement avec ce système, on se sent immergé dans l’univers de l’artiste britannique, enveloppé. Plusieurs fois on en vient à enlever son casque pour écouter, alors qu’en fait on entend à peine la voix de Simon McBurney ou bien on se retourne, persuadé que quelqu’un vient d’ouvrir une porte derrière nous, souffle dans notre oreille droite, qu’un moustique nous tourne autour. On ne sait plus si c’est dans la salle, dans sa tête ou seulement l’enregistrement. Et là, où la 3D au cinéma, dans 95% des cas, n’est qu’un gadget, ici le dispositif est à 100% pertinent, parce qu’en plus, il ne s’agit pas d’une pièce radiophonique qu’on pourrait écouter tranquillement dans son fauteuil club avec un verre de whisky japonais en fermant les yeux (ça c’est mon rêve).

Il faut voir Simon McBurney progressivement prendre les corps et les voix du narrateur (lui-même) et du photographe Loren McIntyre, utiliser des bouteilles d’eau ou des bandes magnétiques de cassettes vhs pour les différents bruitages. Car c’est une réelle performance de deux heures à laquelle se livre ce McBurney, conteur hors pair, aidé par un travail lumière et son incroyable. Avec une histoire qui a un propos politique : l’Amazonie, une tribu, les Mayoruna… 1969… 2018, même combat ! Malheureusement toujours le même combat…

 

vu le samedi 7 avril 2018 à l’Odéon Théâtre de l’Europe, Paris

Prix de la place : 28€ (tarif abonnement)

 

THE ENCOUNTER

un spectacle de Complicité / Simon McBurney d’après Amazon Beaming de Petru Popescu

avec Simon McBurney

coréalisation Kirsty Housley – collaboration à la mise en scène Jemima James – scénographie Michael Levine – son Gareth Fry, Pete Malkin – lumière Paul Anderson – vidéo Will Duke

production Complicité (http://www.complicite.org)

Jusqu’au 8 avril 18 à l’Odéon Théâtre de l’Europe, Paris. Puis en tournée au Barbican, Londres, à la Schaubühne, Berlin…

 

(une autre histoire)

Je suis allergique aux moustiques. À leurs piqûres mais également à leur bourdonnement. Quand j’entendis dans mon oreille droite un mosquito approcher, mon sang sucré ne fit qu’un tour. Je me levai, m’emmêlai les fils de mon casque, tombai sur ma voisine qui me faisait de la jambe et sortis finalement de la salle sous les huées du public. Sur la place du théâtre, j’entendis le crieur qui faisait la réclame pour son théâtre. « Vous êtes au courant qu’il n’y a personne encore. » lui dis-je. « Mais vous êtes là ! » me répondit-il. « Je suis là, mais je ne suis pas là, en fait. », conclus-je.

Parce que je n’étais vraiment pas là. Ma tête était ailleurs. En fait, je suis resté au milieu de la place, immobile, impassible. Et j’avais encore Simon McBurney dans la tête.

– Vous êtes sorti en plein milieu de mon show. Je vous hanterai jusqu’à la fin de vos jours.

– Oui, je sais, mais y avait un moustique.

– C’était pas un vrai moustique.

– Je sais bien, mais c’est plus fort que moi.

– Je pensais que j’étais malade, mais je ne suis pas le seul.

– Vous savez, c’était la première fois que je vous voyais au théâtre.

– Mais vous m’aviez vu au cinéma.

– Oui, c’est ça. En fait, je vous ai vu plusieurs fois dans des films, mais sans vous identifier, jusqu’à…

– Jusqu’à Mission Impossible 4 ou 5.

– Vous ne savez pas ?

– Ils ont arrêté de compter, selon les études, les gens préfèrent un sous-titre à un numéro. Les gens sont stupides.

– C’est vous qui le dites.

– Vous ne voulez pas revenir dans la salle ?

– Vous avez arrêté la pièce pour moi ?

– Oui et non, là on vous entend.

– Quoi ?

– C’est magique.

– Mais ils doivent s’ennuyer, je n’ai rien dit de bien intéressant.

– J’ai trafiqué votre voix, ça les fait rire.

– Ah ! Bon, ben je reviens alors. Comme ça, vous êtes vraiment allé en Amazonie ?

– Non, mais Sting est un ami, il m’a raconté un soir. Raoni était invité aussi.

– Le chef avec le plateau ?

– On s’est pas mal amusé avec.

– Je pourrai monter sur scène avec vous ? Je cherche une reconversion et…

– Non.

– Pourquoi ?

– Parce que tout ça n’est pas vrai. En fait, vous êtes mort.

– Ah ! Et je vais être condamné à avoir votre voix dans ma tête pour l’éternité ?

– Oui. Ça ne vous fait rien d’être mort ?

– Un petit peu, oui. Mais j’ai fait le ménage chez moi avant de venir ici, donc c’est pas trop grave. Je suis mort de quoi ?

– Une piqûre de moustique.

– Ah !

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

21 Pornographies (Mette Ingvartsen / Centre Pompidou)

(quand on ne lit pas la bible)

21 pornographies ? Parce qu’il y en a vingt et une ?

 

(de quoi ça parle en vrai)

Partant du constat que la pornographie s’est répandue dans la société, Mette Ingvartsen explore ses effets à travers une série de matériaux érotiques et affectifs, dont peu ont à voir avec le sexe mais qui caractérisent la pornographie : les expressions de la cruauté, la précision clinique, la violence et la douleur, le rire, l’excitation. Le mélange des actions et des descriptions narratives crée une chorégraphie spéculative dont le spectateur ressent les sensations imaginaires et viscérales. (https://www.centrepompidou.fr/cpv/ressource.action?param.id=FR_R-8f3b52c442e56dc59cd9c4b2ee904f&param.idSource=FR_E-8f3b52c442e56dc59cd9c4b2ee904f)

 

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Crédits photos : Marc Domage

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Mette Ingvartsen est une artiste protéiforme qui n’a pas froid aux yeux et pas froid tout court, et en appelle à la danse mais surtout à la littérature, à la politique…

« Pour moi, la nudité est un costume. (…) Dans mes performances, j’ai toujours abordé le nu comme un rôle que nous jouons. »  (in http://www.telerama.fr/sortir/entre-rire,-degout-et-effroi,-la-choregraphe-mette-ingvartsen-explore-la-pornographie,n5533898.php)

Finalement, c’est quoi au juste la pornographie ? Si j’en crois mon ami Robert, c’est la représentation de choses obscènes destinées à être communiquées au public, l’obscénité étant ce qui blesse ouvertement la pudeur, surtout par des représentations d’ordre sexuel ou scatologique, ça c’est mon amie la Rousse qui me le sussurre au creux de l’oreille. Pour le commun des mortels, c’est des images d’ordre sexuel interdites aux moins de dix-huit ans mais qu’on peut retrouver à portée de clic. Ou bien n’est-elle pas omniprésente dans des formes, elles, admises et même accessibles encore plus facilement au plus grand nombre ?

Si on lit le « de quoi ça parle en vrai » ci-dessus, le pari est réussi. L’artiste est déjà dans la salle quand nous y pénétrons (c’est parce que je sais à quoi elle ressemble que je l’ai reconnue). On entend sa voix, en français, on passe d’une fête chez le Marquis de Sade au tournage d’un film coquin dans les années 70 en passant par une guerre indéterminée. Mette Ingvartsen a quelque chose de Angélica Liddell dans ce jusqueboutisme, cette façon de provoquer le spectateur mais jamais gratuitement, qui conclut sa performance de manière hypnotico-stroboscopique, jouant avec les ombres et les lumières d’un tube de néon, son corps prenant diverses formes assez inconcevables par la seule inclinaison du tube, puis qui tourne sur elle-même indéfiniment, le visage encagoulé, me laissant coi comme à la fin du film « Irréversible » de Gaspar Noé.

« 21 Pornographies » vaut bien plus qu’un Ferrero Roche d’Or, vaut bien mieux que cette non-critique d’ailleurs (branche d’ortie, flagellation, sado-masochisme… Sade encore lui…).

 

vu le jeudi 22 mars 2018 au Centre Pompidou à Paris.

prix de la place : 15,75€ (prix adhérent FNAC)

 

21 PORNOGRAPHIES

Concept, chorégraphie et performance : Mette Ingvartsen

Lumières : Minna Tiikkainen – Création sonore : Peter Lenaerts – Scénographie : Mette Ingvartsen, Minna Tiikkainen – Dramaturgie : Bojana Cvejic – Directeur technique : Hans Meijer – Assistant à la chorégraphie : Dolores Hulan

Production : Mette Ingvartsen / Great Investment

Dernier jour ce 24 mars 2018 au Centre Pompidou et en tournée en Europe

http://www.metteingvartsen.net/performance/21-pornographies/

 

(une autre histoire)

L’artiste nous invite à saisir un chocolat placé sous notre siège. J’ai faim. Je le cherche mais ne le trouve point. Ma voisine, de première jeunesse et déjà à quatre pattes, m’aide à le trouver. Je la remercie. Je souris même. Enfin je crois.

Un Ferrero Roche d’Or. Ouf, ce n’est pas un Mon Chéri. Parce que je déteste les Mon Chéri. Saviez-vous que ça s’appelle comme cela car cela vient du mot anglais « cherry » qui veut dire « cerise » ? Quand j’ai appris cela, ça a fait ma journée et depuis je répète à qui veut l’entendre cette anecdote, surtout lorsque je suis invité aux soirées de l’Ambassadeur. En règle générale, je n’aime pas les liqueurs avec du chocolat à l’intérieur. Pardon, c’est l’inverse. J’aime l’alcool, j’aime le chocolat mais je n’aime pas les deux en même temps.

J’engouffre le chocolat dans ma bouche, je manque de m’étouffer et évite l’accident malheureux. J’aurais peut-être dû demander à ma jeune voisine si elle avait son brevet de secourisme. Le problème, c’est que ça me donne faim et mis à part mes ongles, j’ai pas grand chose à me mettre sous la dent. Le parfum de la personne avec qui je partage un accoudoir n’arrange rien. J’ai l’eau à la bouche. Je ferme les yeux un instant.

Je vois une farandole de chocolats me tourner autour. Je tente de les attraper , en vain.

J’ouvre les yeux, une seconde a passé. En ce moment, je rêve beaucoup. L’autre soir pour The Great Tamer, par exemple… Je ne rêve plus dans mon lit, je rêve dans les salles de spectacle. Je ne sais pas si c’est bon signe. Ou bien dois-je demander à un.e ami.e de venir faire un seul en scène à la maison, je m’installerais dans mon canapé pas assez profond et je rêverais ? Parce que d’habitude, je note tous mes rêves dans un carnet noir de marque Moleskine (publicité clandestine) pour les réutiliser dans mes autres histoires… Comme ça, quand je n’ai absolument rien à raconter, je recycle. Je ne me souviens jamais quel jour passe la benne à ordures pour la poubelle jaune. J’ai envie de faire pipi. J’ai l’impression que l’artiste en face de moi a aussi envie de faire. Ça, c’est le thé. J’ai voulu me réchauffer tout à l’heure après la manifestation, un thé vert s’il vous plait ? Y avait un chocolat « Michel et Augustin » servi avec. Je l’ai mangé, même s’ils soutiennent la Manif pour tous. Je me suis senti honteux. Alors je suis allé aux toilettes. Et j’ai repensé à Angélica Liddell. Elle me manque. Son dernier spectacle, je n’avais pas pu le voir, il avait été annulé à cause des attentats du 13 novembre.

J’ai gardé l’emballage du Ferrero Roche d’Or offert par Mette Ingvartsen. Il est tout près d’une baguette chinoise qui m’avait été lancée par un des acteurs de Angélica Liddell à la dernière de Ping Pang Qiu.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

À quelle sauce (printemps-été 18)

Parce que j’ai encore dix jours avant de voir mon prochain spectacle et que je m’ennuie, donc je dégaine avec un peu d’avance mon programme pour ces quatre prochains mois.

 

MARS

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Crédits photos : Théâtre de la Bastille
  • Claude de et par Gauthier Ployette (Théâtre À la croisée des chemins) : Premier spectacle du mois, premier saut dans l’inconnu… (tous les mercredis et jeudis, du 7 mars au 5 avril 18)
  • Bovary (Théâtre de la Bastille) : Tiago Rodrigues est de retour avec la reprise de Bovary (mais sans le grand Jacques Bonnaffé) avant un feu d’artifice en 18/19 ? (Sa façon de mourir avec le tg STAN + Sopro ?) (du 1e au 28 mars 18)
  • NTM (Accorhôtels Bercy) : Ce soir, on vous met… Ce soir on vous met la fièvre… pendant des heures… (du 8 au 10 mars 2018)
  • Hunter – Le chant nocturne des chiens (Théâtre de Chaillot) : Marc Lainé n’est jamais aussi bon que quand il écrit lui-même ses spectacles. (du 7 au 16 mars 18)
  • Cubix par Mathieu Enderlin (Le Mouffetard) : Découverte d’un spectacle jeune public. (du 14 au 25 mars 18)
  • Ithaque (Ateliers Berthier) : Christiane Jatahy est de retour avec les comédiennes de sa version des Trois Soeurs et rien que ça… (du 16 mars au 21 avril 18)
  • The Prisoner (Bouffes du Nord) : Peter Brook est de retour… Un beau moment de simplicité et de poésie en perspective. (du 6 au 24 mars 18)
  • The Great Tamer (Grande Halle de la Villette) : Après sa présentation au dernier Festival d’Avignon, je me suis laissé convaincre par la vidéo de Ronan sur ses attentes pour 2018. (du 20 au 23 mars 18)
  • 21 Pornographies par Mette Ingvartsen (Centre Pompidou) : Non non… rien… (du 22 au 24 mars 18)
  • M comme Méliès (Théâtre de Chaillot) : Di Fonzo Bo / Vigier dans un spectacle alliant théâtre, cinéma et magie. On fait confiance. (du 22 au 29 mars 18)
  • Notre innocence (anciennement Victoires) (La Colline) : Curieux de voir cette nouvelle création de Wajdi Mouawad, quelques mois seulement après le très beau « Tous des oiseaux ». (du 14 mars au 11 avril 18)
  • Les Émigrants – The Ghostchasers (en 2 parties) (Théâtre de la Bastille) : Je ne sais pas quoi dire. (du 20 au 31 mars 18)
  • By Heart (Les Tanneurs, Bruxelles) : Troisième fois que je verrai ce moment mené par Tiago Rodrigues. Oserai-je apprendre avec neuf autres personnes le fameux sonnet de Shakespeare ? (du 28 au 30 mars 18)

AVRIL

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Crédits photos : Robbie Jack
  • For Claude Shannon (du 3 au 6 avril 18) + This Duet that we’ve already done (so many times) (du 4 au 8 avril 18) + Radical Light (du 9 au 15 avril 18) + A Kind of Fierce (du 12 au 15 avril 18) (Théâtre de la Bastille) : Découvertes également de toutes ces pièces de danse avec tout de même l’envie de revoir Frédérick Gravel.
  • The Encounter (Odéon Théâtre de l’Europe) : Spectacle immersif par Simon McBurney (du 29 mars au 8 avril 18)
  • La Mécanique du Coeur d’après le roman de Mathias Malzieu (À la Folie Théâtre) : Pour être honnête, je fus un grand fan de Dionysos mais beaucoup moins des romans de Mathias Malzieu. Curieux de voir ce qui en a été fait pour le théâtre, même sans la musique du groupe. (les jeudis, samedis et dimanches, du 12 avril au 25 juin 18)
  • Les 7 jours de Simon Labrosse (Théâtre de Ménilmontant) : Je ne ferai aucun commentaire car cette pièce reste pour moi… Non, je ne dirai rien. (tous les mardis jusqu’au 29 mai 18)

MAI

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Olafur Arnalds
  • Au bois (Colline) : Revoir enfin Emilie Incerti Formentini sur scène après Rendez-vous Gare de l’Est de Guillaume Vincent (du 3 au 19 mai 18)
  • Mona (CentQuatre) : Ceci n’est pas un concert ni une pièce, mais Emily Loizeau. (les 2 et 3 mai 18) -> J’avais noté Mona, mais d’après le site internet du 104, ça serait un concert hommage à Lou Reed, à suivre…
  • Olafur Arnalds (Trianon) : Quelque chose de l’Islande dans ma tête, sûrement. (le 15 mai 18)
  • Gaz Coombes (Maroquinerie) : La satisfaction du concert hommage des Beatles l’autombe dernier, que je vois enfin tout seul, à défaut de l’avoir vu avec Supergrass. (le 29 mai 18)
  • Quelque chose se prépare au Théâtre de la Bastille auquel je participerai… les 25 et 26 mai 18… dans la salle du haut… Les Infiltré.e.s
  • Et toujours au théâtre de la Bastille, le collectif L’Avantage du doute prend la suite de Tiago Rodrigues pour occuper Bastille et ça sera forcément différent : Occupation Bastille 2 (du 23 mai au 16 juin 18)
  • Voilà ce que jamais je ne te dirai + Je suis un pays (La Colline) : C’est Macaigne et j’ai un peu peur de ce qu’il va nous demander de faire, surtout pour le 1e spectacle. (du 31 mai au 14 juin 18)

 

JUIN/JUILLET

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Crédits photo : Tanztheater Wuppertal
  • Tragédies romaines (Théâtre de Chaillot) : IVO VAN HOVE… voilà, c’est tout. (du 29 juin au 5 juillet 18)
  • Nefes (Théâtre des Champs Elysées) : PINA BAUSCH… voilà c’est tout. (du 2 au 12 juillet 18)

Encore une fois, il s’agit ici d’une liste qui risque de s’allonger ou de se modifier dans les prochaines semaines, au gré des invitations, conseils et autres rencontres.

 

J’AI DÉJÀ VU, C’EST BIEN MAIS JE N’Y RETOURNE PAS PARCE QUE JE N’AI PLUS DE SOUS ET QUE J’ESSAIE D’AVOIR UNE VIE SOCIALE…

  • Nicolas Bouchaud au Théâtre du Rond Point avec La loi du marcheur (du 7 au 18 mars 18), Un métier idéal (du 20 au 31 mars 18) et Le méridien (du 4 au 14 avril 18), avec une préférence pour le premier et les mots de Serge Daney.
  • La reprise, toujours au Rond Point des Bijoux de Pacotille par Céline Milliat Baumgartner et Pauline Bureau (du 6 au 31 mars 18)
  • La reprise encore au Rond Point du spectacle de Mathieu Madenian (du 24 au 26 mai 18)
  • La reprise de la Conférence de Choses par François Grémaud et Pierre Mifsud au Nouveau Théâtre de Montreuil (du 20 au 24 juin 18)
  • Jusque dans vos bras des Chiens de Navarre à la MC 93 Bobigny (du 24 au 29 avril 18)
  • La nuit je suis Robert de Niro de Guillaume Barbot, mise en scène par Elsa Granat (dont on devrait entendre parler la saison prochaine…) à la Loge (du 12 au 15 juin 18)
  • F(l)ammes à la Commune (du 9 au 11 avril 18)
  • Une Chambre en Inde au Théâtre du Soleil (même si je n’avais pas été complètement convaincu). (du 24 février au 29 avril 18)

(court) BILAN HIVER 2018

42 spectacles vus du 1e décembre 2017 au 19 février 2018, 35 chroniques écrites (une seule chronique pour les deux volets d’Adieu Ferdinand de Philippe Caubère et pour le diptyque Iliade Odyssée, aucune chronique pour des spectacles déjà vus et chroniqués : le concert des No Man’s Louise au Nez Rouge et au Jam à Marseille, Bacchantes de Marlene Monteiro Freitas, Gala de Jérôme Bel, pas de chronique non plus concernant une Pastorale dans le village familial pour des raisons de proximité, mais deux articles « hors série » avec mon bilan 2017 et la soirée Gladparty). Je n’ai raté aucun spectacle de mon programme, mis à part celui de Phia Menard, mais c’était pour la bonne cause et surtout pour Londres.

Dans les coups de coeur, je mentionnerai la confirmation Marlene Monteiro Freitas et son Jaguar à Bastille, la claque Lia Rodrigues et son Pindorama à Chaillot et la découverte des Petites Reines de Justine Heynemann (que des femmes, dites donc et encore je n’ai pas cité Emma Dante !)

Les chroniques les plus lues : Mélancolies, Saïgon et Adieu Ferdinand ! (sans compter celle de la Gladparty)

 

A bientôt en mai pour un billet spécial sur les nouvelles saisons 18/19 présentées dans les différents théâtres, ainsi que sur la programmation du prochain Festival d’Avignon !

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Jaguar (Marlene Monteiro Freitas / Andreas Merk / Théâtre de la Bastille)

(quand on ne lit pas la bible)

Jaguar ? Marlene Monteiro Freitas danse autour de voitures prêtées par la célèbre marque ? Une seule pensée vient alors à l’esprit des spectateurs : Mais comment diable ont – ils fait pour entrer toutes ces voitures dans la salle du bas du théâtre de la Bastille ?

 

(de quoi ça parle en vrai)

Accompagnée de son acolyte Andreas Merk, la chorégraphe cap-verdienne, au cours d’une partie de chasse endiablée, caresse les limites de l’esthétiquement correct. Les deux pantins clownesques se livrent à un savant mélange de sursauts et contorsions, saccadés et répétés en de multiples variations, alternant épuisement et état de transe devant un animal démesuré. Exaltés par la musique classique comme par les rythmes entraînants du carnaval du Cap-Vert, ils nous transportent dans leur univers énigmatique, fabuleux, singulier – évoquant le mythe de Diane surprise au bain par Actéon – où chacun pourra librement intérioriser les permanentes métamorphoses de ces deux danseurs. Une performance véritablement physique et animale. (http://www.theatre-bastille.com/saison-17-18/les-spectacles/jaguar)

 

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Crédits photos : Laurent Paillier

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Parce que je tiens « Bacantes » pour être l’un des meilleurs spectacles vus ces dernières années, c’est avec une impatience non dissimulée mais aussi une certaine appréhension, car peur d’être déçu, que je me suis rendu au Théâtre de la Bastille pour voir cette nouvelle pièce de Marlene Monteiro Freitas en collaboration avec Andreas Merk.

Ce spectacle est peut-être moins évident à appréhender que Bacantes, car on ne saisit pas immédiatement le lien entre les scènes (pour celui inspiré d’Euripide… ben la réponse était dans la question). Ce qui est en revanche bienheureux de retrouver, c’est la performance physique de Marlene Monteiro Freitas et de Andreas Merk qui, durant 1h45,  n’arrêteront pas une seule seconde.

« Jaguar » ne laisse pas indifférent. Il emprunte au burlesque, au clownesque dans cette façon de déformer les corps et les visages, épuise chaque possibilité autour de l’utilisation des accessoires : « ceci n’est pas une serviette », étire le temps et laisse surtout le champ libre à l’imagination et à toutes sortes d’interprétation. On apprécie également l’utilisation de morceaux classiques plutôt connus, d’airs de carnaval cap-verdien (ça je l’ai lu, je ne l’aurais pas deviné tout seul), tout comme on apprécie entendre un David Bowie qu’on n’a pas entendu 50-12 fois (Love is lost).

Puis ce mélange de baiser ou de tête de bête de foire…

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Encore une chose, Marlene Monteiro Freitas, je vous aime.

 

vu le mardi 13 février 2018 au Théâtre de la Bastille

Prix de la place : 13€/mois (pass Bastille)

 

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Chorégraphie Marlene Monteiro Freitas avec la collaboration de Andreas Merk

Performance Marlene Monteiro Freitas et Andreas Merk

Lumières et espace scénique Yannick Fouassier – Accessoires João Francisco Figueira en collaboration avec Miguel Figueira – Son Tiago Cerqueira – Recherches João Francisco Figueira et Marlene Monteiro Freitas

Spectacle présenté en coréalisation avec l’Atelier de Paris / Centre de développement chorégraphique national.

Jusqu’au 18 février 2018 au théâtre de la Bastille (Paris)

 

(une autre histoire)

Bonsoir, je vous remercie de bien vouloir signer cette autorisation. Vous vous engagez seulement à ne pas me poursuivre pénalement ou civilement, si jamais j’évoque un de vos faits et gestes durant cette soirée, mais également de continuer à m’adresser la parole. Je suis un peu à court d’idées, de ce fait, je grapille un peu tout ce qui me passe sous la main.

Par exemple, je pourrais évoquer ces deux spectatrices assises ce soir devant moi qui ont passé la moitié du spectacle à chercher un bijou qui avait glissé sous leurs sièges et qu’elles n’ont jamais retrouvé. Mais je ne le ferai pas, puisque l’une d’elles m’a avoué qu’elle lisait mes chroniques et que je suis un poltron. Je ne peux pas parler non plus de mes éventuelles conquêtes (rires du public) ni des rendez-vous galants que je donnerais au théâtre, car ces personnes-là sont également au courant de cet espace non-critique et je ne veux pas l’utiliser comme défouloir pour me venger d’une certaine personne qui aurait refusé mes avances et que j’ai déjà supprimé de mes contacts… Mais je n’en dirai pas plus. Non non, n’insistez pas. Je… Aaaah… Non, je ne raconterai rien, même sous la torture.

Tous mes amis partent de Paris, ils font des bébés, ah je vous jure ! Donc je n’aimerais pas me mettre à dos mes quelques amis restants. Sinon, je serais obligé de passer des annonces sur Twitter pour trouver des amis, je m’infiltrerais dans un atelier théâtre pour socialiser, pour me casser les dents sur des filles trop jeunes pour moi, j’essaierais de trouver une occupation près de Bastille, parce que j’aime beaucoup ce quartier, etc, etc.

Je deviendrais pathétique. Ou gênant. Ou les deux à la fois.

Vous pourriez dater, je vous prie, voilà, merci.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Bestie di scena (Emma Dante / Théâtre du Rond Point)

(quand on ne lit pas la bible)

Bestie di scena ? Bêtes de scène ? Les Italiens s’attaquent à nos deux bêtes de scène à nous, Johnny et Cloclo dans une lutte fratricide à coups de hologrammes. Le téléphone va pleurer et on va y allumer le feu.

 

(de quoi ça parle en vrai)

D’ici repartira un nouvel élan. Quatorze comédiens, comédiennes, danseurs et danseuses sur le plateau : Emma Dante les expose, les exhibe. Corps déshabillés, perdus dans l’espace, en mouvement, ils dansent en sous-vêtements ou nus. Instants de grâce et images chocs. Pierre Notte https://www.theatredurondpoint.fr/spectacle/bestie-di-scena/

 

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Crédits photos : Masiar Pasquali

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Je sais, je me répète, mais j’aime les premières fois. Jusqu’à ce soir, je n’avais vu aucun spectacle d’Emma Dante et j’ai donc choisi un spectacle dans lequel tous les performeurs sont à poil pour me dépuceler. (humour (?) de répétition (cf critique sur Khatia Buniatishvili) (c’est quand on commence à s’auto-référencer qu’il faut redescendre de son nuage)). Cela dit, j’avais vu le film « Palerme » réalisé par Emma Dante, donc pas totalement vierge de ce qui peut trotter dans la tête de la dame.

Ici quatorze artistes coincés quelque part, qui deviendront les pantins malgré eux d’une entité supérieure. Et pourtant ils en sortiront… Pas un mot de plus.

Ce n’est pas rien de se retrouver au troisième rang face à ces performeurs bientôt nus comme des vers. Alors on se concentre sur leurs visages, férocement expressifs (je ne sais pas ce que ça veut dire, mais j’aime bien). Il n’ y aucune sexualisation des corps. Les danseurs-comédiens tentent même de cacher leurs attributs, tant bien que mal, livrant ici un des moments les plus facétieux du trop court spectacle, à peine une heure. Mais le spectacle commence avant le spectacle, avec ce qu’on appellera un échauffement devant le public qui arrive progressivement dans la salle. Je suis d’ailleurs toujours éberlué devant l’indifférence (« ô téléphone mon amour » ou « blababla » on saura tout de leur vie) que montrent certains spectateurs quand les artistes sont déjà sur scène. Mais quel bonheur de les voir évoluer avant les trois coups, de faire connaissance avec ces personnes toutes plus différentes les unes que les autres.

On aime la liberté, le lâcher prise, cet investissement total. On aime cette poupée désarticulée, ce joueur de basket, ce grand singe, cette mangeuse de cacahuètes (à deux doigts de l’étouffement)… Et quand à la fin, il se retrouvent encore face à nous, toujours aussi nus, quelque chose a changé. Une libération. Dans leur regard, dans leur posture, dans notre regard.

 

vu le mercredi 7 février 2018 au théâtre du Rond Point (Paris)

prix de la place : 19€ (tarif abonnement)

 

BESTIE DI SCENA (Bêtes de scène)

Un spectacle de : Emma Dante

Avec : Elena Borgogni, Sandro Maria Campagna, Viola Carinci, Italia Carroccio, Davide Celona, Sabino Civilleri, Roberto Galbo, Carmine Maringola, Ivano Picciallo, Leonarda Saffi, Daniele Savarino, Stéphanie Taillandier, Emilia Verginelli, Marta Zollet

Et avec : Daniela Macaluso, Gabriele Gugliara

Décors : Emma Dante – Lumières : Christian Zucaro – Directeur de plateau : Gabriele Gugliara – Assistanat à la production : Daniela Gusmano – Coordination et diffusion : Aldo Miguel Grompone

Jusqu’au 25 février 2018 au théâtre du Rond Point (Paris), puis les 30 et 31 mars 2018 au théâtre Anthéa – Antipolis (Antibes-Juan les Pins) et le 3 avril 2018 à la MA Scène Nationale de Montbéliard.

 

(une autre histoire)

Être spectateur est un métier à risques. Ce soir, j’ai reçu une goutte d’eau mêlée à de la salive, projetée de la bouche d’un des danseurs. Elle est venue directement se loger sur mes lèvres. J’aimerais me glisser dans les coulisses à la fin du spectacle avec mes cotons tiges et prélever un peu de leur adn. « Qui de vous est un peu en moi ? » Que va-t-il m’arriver ? Vais-je devenir un danseur ? Parce qu’il y a un peu de votre ADN en moi mainenant. J’ai toujours été nul en biologie. Même quand j’ai redoublé ma seconde. Pourtant durant le premier trimestre, j’avais de bonnes notes en sciences, je me disais même que je pourrais choisir la section scientifique mais tout ça est redescendu bien vite.

Il va se passer quoi dans quelques heures, quand je serai allongé dans mon lit, que je rêverai d’une telle ou d’une telle ? Peut-être que je rêverai de toi ? Un mélange de toi, de toi et de toi ? Je serai nu, à poil et ça sera bien le cas de le dire. En chair et en os et à poil. Quand on vieillit, les poils poussent moins, non ? Je serai donc nu. Je serai à la fois dedans et dehors. A l’intérieur puis à l’extérieur. Je sentirai chaque centimètre carré de mon corps bouger, en vingt-quatre dimensions. Je ne cacherai pas mes parties intimes. Il n’ y a rien à voir de toute façon. Du ciel tombera la neige, c’est ça mon cadeau du gars ou de la fille au-dessus de tout ça. Je m’immobiliserai et je deviendrai bonhomme de neige. Je fumerai la pipe, j’aurai tout de même mon écharpe et mon chapeau, mon nez se transformera en carotte ce qui me rendra plus aimable. Puis viendra le redoux, je fondrai, me jetterai dans la Seine, ce qui fera remonter le niveau du fleuve jusqu’aux couilles du Zouave. Paris inondée. Les grandes crues. Mon immeuble dans les flots. L’eau monte, l’eau monte, jusqu’au sixième étage. Le fleuve est mon ascenseur. Personne ne veut m’ouvrir à l’intérieur parce que je n’y suis pas. Heureusement j’ai un double des clés. J’ouvre et je suis allongé dans mon lit, sous ma couette, en chien de fusil. Il y a un trou au-dessus de moi, la neige tombe et me recouvre. Parce que j’ai laissé la porte de la salle de bains ouverte, le froid s’engouffre dans tout l’appartement, je gèle. On se reverra au printemps, promis.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Ex Anima (Bartabas / Zingaro)

(quand on ne lit pas la bible)

Ex Anima ? L’histoire d’un échange d’âme qui tourne mal ?

 

(de quoi ça parle en vrai)

Comme un souffle de l’âme, « un cheval hennit quelque part, jusqu’à la fin du monde »*…

Voilà presque trente ans qu’au cœur de l’Aventure Zingaro les chevaux vivent et travaillent à nos côtés. Ils sont les inspirateurs de nos créations, notre moteur de désir. À leur contact, nous avons appris à nous ensauvager pour recevoir les leçons qu’ils ont bien voulu nous enseigner et comprendre qu’ils sont une ‘‘partie mémorielle de nous-mêmes’’ **. Pour cette ultime création, je souhaiterais les célébrer comme les acteurs véritables de ce ‘‘théâtre équestre’’ si original… Montrer un rituel sans mémoire, une cérémonie où le spectateur se surprendra à voir l’animal comme le miroir de l’humanité. Pour cela nous devons apprendre à nous dépouiller de notre ego, de notre corps individuel au profit d’un corps partagé, anonyme… N’être plus qu’une présence en retrait et devenir des ‘‘montreurs de chevaux’’ et avec eux, défricher des terres nouvelles… BARTABAS (* Joseph Delteil  ** Michel Onfray)  (http://bartabas.fr/theatre-zingaro/spectacles/)

 

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Crédits photos : Marion Tubiana

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Deuxième spectacle signé Bartabas que je vois de mes yeux vus. Le premier baignait au son de Tom Waits et était accompagné par des anges. Il m’avait fait grande impression, notamment grâce au lieu magique qu’est le théâtre Zingaro, le survol des écuries…

Cette fois-ci, on nous promet un spectacle sans humains. Ou presque. L’homme, le dresseur restera en retrait, à l’image du grand Manitou Bartabas, tapi dans l’ombre mais veillant au grain à ce que tout soit parfait. Or, par définition, mettez deux canassons tout seuls sur scène, rien ne sera parfait et c’est ça qui est génial. On les voit récalcitrants, cabotins… Nous ne savons pas ce que nous regardons ni où nous allons. Cela fait-il partie du spectacle, ça commence quand, ça finit quand ? C’est une expérience quasi mystique à laquelle nous invite Bartabas et toute son équipe, durant laquelle l’animal et l’anima ne font qu’un (latin jusqu’en seconde). Moi qui n’ai jamais monté un seul cheval de toute ma vie (et ici, dois-je le préciser, aucun cheval n’est monté), je suis resté fasciné du début à la fin, ou presque. Je dis presque, car, hormis l’absence d’effet de surprise de la première fois, on peut ressentir quelques longueurs, mais largement compensées par une musique jouée en direct par des musiciens maîtrisant de multiples instruments de toutes origines (je ne pouvais pas faire plus vague, désolé… y avait le machin qu’on voit dans les westerns, comme un élastique…)

Mais surtout, à l’heure où on parle régulièrement de la souffrance animale, on ne peut s’empêcher de se demander : « Mais comment ont-ils fait ? A quoi réagissent les chevaux ? Une odeur, un ultra-son, une caresse, un toussotement ? Combien de temps pour ce résultat ? » (liste non exhaustive)

On reste en tout cas ébahi devant la beauté de ces chevaux, de gabarits et d’origines différents (je me souviens des chevaux courts sur pattes en Islande…). Dommage que ce spectacle ne se termine par une scène plutôt graphique, pour aller dans l’euphémisme (voir la section « une autre histoire »). On préferera garder en mémoire les sons, les parfums, le mouvement équestre et la liberté.

 

vu le mardi 30 janvier 2018 au théâtre Zingaro, Aubervilliers

prix de la place : cadeau anniversaire

 

EX ANIMA

Une création du Théâtre équestre Zingaro

Conception, mise en scène, scénographie : Bartabas

Musique Originale : François Marillier, Véronique Piron, Jean-Luc Thomas, Wang Li

Jusqu’au 4 mars 2018 au théâtre équestre Zingaro (Aubervilliers), du 19 avril au 13 mai 18 à Bourget-le-Lac, du 28 septembre au 24 octobre 18 à Caen.

 

(une autre histoire)

Un cheval mécanique ? Non. Un engin en forme de cheval avec un trou à la place de la queue (de cheval) pour accueillir la semence de l’étalon qui s’approche. Comment dire ? Je n’ai jamais vu ça. Comment appelle-t-on ce genre de… un étalon ? Pourtant j’ai déjà vu des films à caractère pornographique et… je me suis caché les yeux. Je n’ai jamais vu un tel membre. Il avait peine à trouver où était le trou, ça me rappelle quelqu’un… Euh… non, non… la piste est glissante, je ne dois pas m’y engager, même si c’est toujours bon signe quand c’est glissant. Je m’enfonce. Je ne devrais peut-être pas dire ça. On pourrait se méprendre, je ne suis absolument pas obsédé.

Attendez, je remets mon pantalon, j’aime me mettre à l’aise quand j’écris. Je m’imagine à une autre époque trempant ma plume… tout en trempant mon biscuit… J’ai honte. Je manque de sommeil, il faut dire. J’essaie de trouver un sous-entendu graveleux pour enchainer, mais je n’y arrive point. Je vous l’ai dit, je manque de sommeil. Je m’endors toujours facilement, mais je me réveille au milieu de la nuit, souvent à la suite d’un cauchemar. Je rêve qu’il n’y a plus rien là où je fais pipi. Vous me direz… enfin… l’une d’entre vous pourrait dire : Déjà qu’il faut bien chercher en temps normal… Purée, je m’étais promis de ne pas en parler ! Je n’ai donc plus rien. Mais y a même pas de trou à la place et j’ai envie de faire pipi.

La vérité, c’est que je ne sais pas où cette histoire va. Ou plutôt si, elle part à vau-l’eau. Encore de l’eau et ça me donne encore envie de faire pipi. Et du coup (je viens d’utiliser mon joker « du coup » du mois), je ne sais plus si j’ai envie de faire pipi en vrai ou seulement dans mon rêve. Une fois j’ai rêvé que j’étais aux toilettes…

De quoi je parlais ? De la queue du cheval. Est-ce qu’on peut en faire des tresses ?

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Deux mille dix-sept

SPECTACLE VIVANT

Parce que j’aime faire des bilans, même si l’année théâtrale est plus scolaire que civile. L’occasion également d’inclure des spectacles vus l’été dernier durant le Festival d’Avignon (in & off).

Une année record, aussi parce que je n’ai pas travaillé entre février et août (vive le temps partiel annualisé qui me manque tant), pourtant c’est entre septembre et décembre que j’ai vu le plus de spectacles… Et je sais déjà que j’en ferai beaucoup moins en 2018, hors Festival d’Avignon bien entendu, j’ai vu mes limites, tant physiques qu’inspirationnelles, si je puis dire.

101 spectacles (71 l’an passé) à Paris, Avignon, Marseille, Saint Martin de Brômes, Montreuil, Nanterre, Toulouse, Les Lilas, Porto, Lisbonne, Bruxelles, Bobigny, dans 50 lieux avec des artistes français, portugais, suisses, québécois, italiens, grecs, belges, allemands, israëliens, brésiliens, parfois (souvent) dans le texte. Du théâtre, de la danse, du seul en scène, du one wo.man show, des lectures, des sorties d’ateliers, d’écoles de théâtre, du cirque, des lectures, des performances, du jeune public, des professionnels, des « amateurs » et même des pièces dans le privé, mais pas trop quand même… Trois spectacles vus deux fois (Gala, Bacchantes, Grande)…

À part ça de grands souvenirs avec (dans le désordre et les liens vers mes non-critiques qui vont avec) :

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(Sopro)
  • Bacantes / Bacchantes (Marlene Monteiro Freitas – TNDM II, Lisboa & Centre Pompidou, Paris)
  • Gala (Jérôme Bel – Rond Point, Paris & Kaaitheater, Bruxelles)
  • Sopro (Tiago Rodrigues – Cloître des Carmes, Avignon)
  • Grande (Tsirihaka Harivel & Vimala Pons – CentQuatre, Paris)
  • Tous des oiseaux (Wajdi Mouawad – Colline, Paris)
  • Les barbelés (Annick Lefèvbre/Alexia Bürger – Colline, Paris)
  • Néant (Dave St Pierre – Oulle, Avignon)
  • La face cachée de la lune (Robert Lepage – Grande Halle de la Villette, Paris)
  • F(l)ammes (Ahmed Madani – Les Halles, Avignon)
  • Maîtres anciens (Nicolas Bouchaud – Bastille, Paris)
  • Interview (Nicolas Truong / Nicolas Bouchaud / Judith Henry – Monfort, Paris)
  • We love Arabs (Hilel Korgan – Rond Point, Paris)
  • Doreen (David Geselson – Bastille, Paris)
  • Pindorama (Lia Rodrigues – Chaillot, Paris)
  • Mount Olympus (Jan Fabre – Grande Halle de la Villette, Paris)

 

CONCERTS

30 soirées concerts mais 46 artistes entre Paris, Bruxelles, Reykjavik, le fin fond des Alpes de Haute Provence, Pantin, Torshavn avec dans les coups de coeur (et dans le désordre, avec les liens vers mes non-critiques qui vont avec) :

Klo Pelgag – Le sexe des étoiles (Live) from DTO FILMS on Vimeo.

 

  • Klô Pelgag (Brussels Summer Festival)
  • La soirée hommage à Lhasa (Philharmonie de Paris avec le festival Aurores Montréal)
  • Girls in Hawaii (Trianon, Paris)
  • Shannon Wright (Café de la Danse, Paris)
  • Seu Jorge (Théâtre Silvain, Marseille)
  • et le spécial copinage mais elles le valent bien : No Man’s Louise (Vieille Grille, Paris & le Jam, Marseille) (tous les dimanches du mois de janvier à 17h sur la péniche Le Nez Rouge)

 

DISQUES

J’achète toujours des CD, j’en emprunte quelques uns à la médiathèque. Comme pour les livres, je ne suis pas forcément l’actualité… (réécoute des albums de Lhasa, de Suuns, de The Divine Comedy) mais à part ça…

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  • Girls in Hawaii « Nocturne »
  • Klô Pelgag « L’alchimie des monstres » (son premier album)
  • Lcd Soundsystem « American Dream »
  • Pierre Lapointe « La Science du Coeur »
  • Courtney Barnett & Kurt Vile « Lotta Sea Lice »
  • Lhasa « Live in Reykjavik »

 

 

CINÉMA

Beaucoup de films (70 au 27 décembre 2017), vus dans 31 cinémas différents et pourtant pas de grands coups de coeur et je serais bien incapable de faire un top 15. Et quand je liste les films que j’ai ratés, je ne peux que m’en tenir pour responsable. Donc on se limite à dix films avec, dans le désordre :

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  • La Villa (Robert Guédiguian)
  • L’autre côté de l’espoir (Aki Kaurismaki)
  • Le sens de la fête (Nakache / Toledano)
  • Diane a les épaules (Fabien Gorgeart)
  • Baby Driver (Edgar Wright)
  • Les Filles d’Avril (Michel Franco)
  • L’Amant d’un jour (Philippe Garrel)
  • The Square (Ruben Ostlund)
  • I am not your negro (Raoul Peck)
  • Lion (Garth Davis) , le plaisir coupable qui m’a fait pleurer comme ça faisait longtemps que je n’avais plus pleuré au cinéma…

Cependant je pourrais ajouter des films (re)vus enfin sur grand écran et qui m’ont procuré énormément de plaisir comme La Ronde (Max Ophüls), La règle du jeu (Jean Renoir), The Kid (Charles Chaplin), La Maman et la Putain (Jean Eustache)

 

RATTRAPAGE TV

  • Hungry Hearts de Saverio Costanzo avec Alba Rohwacher et Adam Driver
  • Jim & Andy, documentaire de Chris Smith avec Jim Carrey sur le tournage de « Man on the moon » de Milos Forman

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  • It follows de David Robert Mitchell
  • Frank de Lenny Abrahamson avec Michael Fassbender, Domnhall Gleeson, Maggie Gyllenhall
  • 99 Homes de Ramin Bahrani avec Michael Shannon, Andrew Garfield

 

SÉRIES

Je n’ai toujours pas vu The Crown, The Leftovers, The Handmaid’s Tale, la dernière saison de Twin Peaks, aucune saison du Bureau des Légendes, Stranger Things.

En revanche, j’ai apprécié :

  • la saison 2 de « Master of None »

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  • la saison 1 de « The Good Place »
  • la saison 1 de « The Good Fight »
  • la saison 1 de « This is us »
  • les trois saisons de « Broadchurch »

Et j’ajouterai également la saison 2 de la série québécoise humoristique « Like moi » qui va bientôt connaître une adaptation française, j’ai peur.

 

LIVRES

  • Dans les essais : « Modern Romance » d’Aziz Ansari (Hauteville) et « Aller au cinéma ou faire l’amour » de Christine Delmas (Textuel).
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illustrations de Yann Legendre
  • Dans les romans : « Marx et la poupée » de Maryam Madjidi (Le Nouvel Attila).
  • Dans les romans/documentaires : « Les gens dans l’enveloppe » de Isabelle Monnin (avec une musique de Alex Beaupain) (Livre de Poche)
  • Dans les bandes dessinées : toute l’oeuvre de Guy Delisle (Delcourt) et les « Faits divers » de Anouk Ricard (Cornélius).
  • Dans les correspondances : « Lettres à la fiancée » de Fernando Pessoa (Rivages)

 

Sur le plan personnel… Non, je n’en parlerai pas. Seulement que j’espère bien que ce blog vivra une année 2018 exceptionnelle, entre Paris, Avignon, Marseille, Bruxelles, Londres et ailleurs… Infiltré, bientôt de nouveau occupé (je vous laisse l’avantage du doute… comprend qui pourra)… En route vers de nouvelles aventures avec mon amie la sterne arctique croisée lors d’une balade en vélo à Seydisfjordur (Islande) et qui ne me quitte plus depuis. A bientôt ici ou ailleurs.

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Pindorama (Lia Rodrigues / Chaillot)

(quand on ne lit pas la bible)

Le cirque Pinder brave les interdits et accède à la salle Firmin Guimier du théâtre National de Chaillot avec sa ménagerie et ses fauves, pourtant interdits dans Paris. L’occasion de retracer la glorieuse histoire de ce cirque traditionnel vieux d’un certain nombre d’années. (oui, bon, ok, Pindorama et pas Pinderama, mais c’est la fin de l’année, je fais ce que je peux pour écrire mes dernières chroniques avant le 31 décembre !!!)

 

(de quoi ça parle en vrai)

Lia Rodrigues poursuit ici son travail commencé en 2000 : mettre le public dans le même espace que la danse dans une proximité des corps. Pindorama voit les interprètes évoluer le plus souvent au sol, sur une bâche plastique transparente comme gorgée d’eau. Le mouvement quasi perpétuel de cette bâche agitée par les danseurs fait penser à un océan entre calme et révolte. Le public, debout au plus près d’eux, peut ressentir les vibrations de cette danse à nu. La dimension politique et écologique de la chorégraphie de Lia Rodrigues, comme magnifiée par la beauté des vagues gestuelles, transporte chacun au lointain. Pindorama, qui dans la langue tupi désigne le Brésil d’avant la colonisation, est une invitation engagée au voyage. (Philippe Noisette)

 

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Crédits photos Sammi Landweer

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

La bâche, le retour. Après ce moment poétique vécu grâce à Nathalie Béasse un peu plus tôt dans la saison au théâtre de la Bastille dans « Le bruit des arbres qui tombent », à nouveau une chorégraphe nous fait rêver, partir très très loin grâce à l’utilisation ingénieuse d’une simple bâche transparente, légère, en plastique. L’océan est devant nous, déchaîné. La femme, l’homme, dans le plus pur et le plus simple appareil se battent contre les éléments, perdent, se rassemblent. Investissement physique total.

La re-création de Lia Rodrigues est fascinante, on est plongé dans un imaginaire, alors qu’il n’y a rien : une bâche, de l’eau, des ballons d’eau (des capotes) qui seront tous explosés sous les corps des danseurs qui se mouvront tout en horizontalité, à ras de sol.

C’est quand même quelque chose de se retrouver aussi proche de danseurs nus. On a l’habitude d’en voir, mais il y a presque toujours ce quatrième mur invisible.

Un moment suspendu. On est dans une bulle, on ne l’éclatera qu’à la fin du spectacle, au moment des applaudissements.

 

vu le jeudi 21 décembre 2017 au Théâtre National de Chaillot.

prix de la place : 25€ (abonnement)

 

PINDORAMA

Chorégraphie Lia Rodrigues

Dramaturgie : Silvia Soter – Collaboration artistique : Guillaume Bernardi – Lumières : Nicolas Boudier – Direction des répétitions  : Amalia Lima

Avec Amália Lima, Leonardo Nunes, Gabriele Nascimento, Francisco Thiago Cavalcanti, Clara Castro, Clara Cavalcante, Dora Selva, Felipe Vian, Glaciel Farias, Luana Bezerra, Thiago de Souza, com a participação na criação de Gabriela Cordovez (distribution lors de la création en 2013 – je ne suis pas parvenu à trouver celle de cette reprise, car j’ai oublié de prendre le programme, mais où avais-je la tête ?)

 

(une autre histoire)

« Putain, mais ils sont où les sièges ? J’ai passé une heure dans les transports en commun, debout, à laisser les places assises à des dames qui ne sont sûrement pas assez vieilles pour avoir pris leur retraite, mais que voulez-vous, je suis comme ça, je suis un romantique, mais bordel, j’ai mal aux jambes ! J’ai pas payé 25€ pour être debout ou assis par terre. Je comprends mieux pourquoi la nana tout en haut des marches m’avait conseillé de déposer mon manteau à la consigne. J’ai pas suivi son conseil, pas envie d’attendre après le spectacle. Résultat, je vais me coltiner mon manteau pendant une heure et demie sous le bras. Attends, pourquoi ces gens-là ont droit à une petite chaise ? Il faut faire quoi pour avoir une chaise ? Ah bon ? Ils se déplacent difficilement ? Ils sont vieux ? Mais putain, moi je suis quoi ? C’est toujours les mêmes qui touchent. Bande d’assistés ! M’en fous, je m’assois par terre, j’allonge mes jambes et pis c’est tout. Attends, sans déconner, faut que je me déplace encore ? Mais mettez-la ailleurs votre bâche ! Attends, je vais m’assoir à côté de cette jolie dame, un peu vieille à mon goût, mais bien conservée. Hoho ! Elle voit un spectacle de danse, elle veut faire comme eux, elle fait ses exercices d’assouplissement. Encore bien souple, la dame. Aujourd’hui c’est la journée mondiale de l’orgasme, je dis ça je dis rien. Oh putain, les danseurs ils sont tous à poil ! Les meufs, les mecs. C’est qu’ils sont pas mal beaux les mecs ! Putain, qu’est-ce qu’il m’arrive, mais je vais pas bien, moi ? Oh des bombes à eau, je vais les éclater aussi, c’est marrant. Quoi j’ai pas le droit ? C’est pour les danseurs ? Je fais ce que je veux, moi ! C’est Noël ! »

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

À quelle sauce ? (Hiver 17/18)

L’AUTOMNE SE TERMINE ET L’HIVER APPROCHE… APRÈS UN MOIS DE DÉCEMBRE ENCORE BIEN CHARGÉ ET LA FIN DU FESTIVAL D’AUTOMNE, L’ANNÉE 2018 SERA  D’APPARENCE PLUS CALME. SI JAMAIS LE PÈRE NOËL EST GÉNÉREUX, PEUT-ÊTRE QUE DE NOUVEAUX SPECTACLES VIENDRONT REMPLIR MES CHAUSSONS…

 

DÉCEMBRE

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Bacchantes – crédit photo : Filipe Fereira
  • Mélancolie(s) (théâtre de la bastille) – Julie Deliquet : Mes mouchoirs sont prêts ou l’occasion d’enfin découvrir le travail de Julie Deliquet, moi qui me mords les doigts de ne pas avoir pu voir Vania à la Comédie Française. (du 29 novembre au 12 janvier) ✓
  • Jusque dans nos bras (bouffes du nord) – Les Chiens de Navarre : J’assisterai à la dernière aux Bouffes du Nord de cette nouvelle création. Note pour plus tard : vérifier où je suis assis, je me méfie toujours d’eux. (jusqu’au 2 décembre) ✓
  • Adieu Ferdinand (théâtre de l’athénée) : Je ne pouvais pas rater les deux derniers (?) épisodes de sa saga. Devrais-je avouer que j’ai déjà écrit mon autre histoire… (du 2 décembre au 14 janvier) ✓
  • La route chante : Hommage à Lhasa  (philharmonie de paris) : Patrick Watson, Sophie Hunger, Plants & Animals, Emilie & Ogden et compagnie pour rendre hommage à cette artiste aujourd’hui disparue. Deuxième rang au milieu. Je suis prêt. (3 décembre) ✓
  • Maîtres Anciens (théâtre de la bastille) – Nicolas Bouchaud : Love forever. (jusqu’au 22 décembre) ✓
  • Crowd (nanterre amandiers) – Gisèle Vienne : Mais sans Jonathan Capdevielle (du 7 au 16 décembre) ✓
  • Espaece (centquatre) – Aurélien Bory : Découverte également de ce créateur. (du 7 au 13 décembre) ✓
  • Bacchantes (centre pompidou) – Marlene Monteiro Freitas : Deuxième fois que je le verrai : Vais-je autant en prendre dans la face qu’en avril dernier au théâtre Dona Maria II de Lisbonne ? (du 13 au 16 décembre) ✓
  • Gala (kaaitheater) – Jérôme Bel : L’occasion était trop belle de retourner à Bruxelles fêter mon anniversaire (le 16 décembre, soit dit en passant) et revoir ce magnifique spectacle. ✓
  • Actrice (bouffes du nord) – Pascal Rambert : C’est Marina Hands qui parle pendant une heure suivie de Audrey Bonnet qui parle pendant une heure à son tour ? (du 12 au 30 décembre) ✓
  • Pindorama (chaillot) – Lia rodrigues : Pour le coup, je ne sais absolument rien de ce spectacle, mis à part que cette chorégraphe avait fait grande impression auprès de certains de mes amis lors de sa venue l’an passé au Centquatre. (du 19 au 22 décembre) ✓
  • En manque (grande halle de la villette) – Vincent Macaigne : Être au premier rang ou ne pas être. Et je viens d’apprendre que finalement le spectacle serait en placement libre. (du 14 au 22 décembre) ✓

JANVIER

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We’re pretty fuckin’ far from okay – Lisbeth Gruwez
  • Saïgon (théâtre de l’odéon – ateliers berthier) – Caroline Guiela Nguyen : En avant-première… ✓
  • Vies de papier (le mouffetard théâtre) – Cie La Bande Passante : Quelque chose de « Des gens dans l’enveloppe » de Isabelle Monnin, première venue au Mouffetard Théâtre et aussi première invitation en tant que blogueur, jouons-la cartes sur table. ✓
  • Iliade Odyssée (théâtre de la bastille) – Pauline Bayle : L’intégrale ! Ou revoir la première partie (déjà vue à la Manufacture – Avignon Off 2016) avant d’enchainer avec la seconde partie. (du 8 janvier au 3 février) ✓
  • 1993 (théâtre de gennevilliers) – Julien Gosselin : En attendant son adaptation de Don de Lillo à Avignon cet été et à Odéon au prochain festival d’automne. ✓
  • Les Bijoux de pacotille (théâtre paris villette) – Pauline Bureau : Même si je fus déçu par « Dormir 100 ans » et moyennement convaincu par « Mon coeur », j’irai voir la nouvelle pièce de Pauline Bureau, surtout qu’elle s’est apparemment mise au service de Céline Milliat Baumgartner qui a écrit et joue la pièce. (du 16 au 20 janvier) ✓
  • We’re pretty fuckin’ far from okay (théâtre de la bastille) – Lisbeth Gruwez : Mais nous le serons assurément devant la reprise de ce spectacle de Lisbeth. Oui je suis optimiste. Grande impatience après son magnifique « Lisbeth Gruwez dances Bob Dylan ». (du 15 au 20 janvier) ✓
  • Le jeu de l’amour et du hasard (théâtre de la porte st martin) – Catherine Hiégel : Nouvelle incursion dans le privé. Mais l’association (de malfaiteurs) Laure Calamy + Nicolas Maury + Clotilde Hesme + Vincent Dedienne a fini de me convaincre de lâcher plus de 30€ pour un 2e catégorie. (à partir du 16 janvier) ✓
  • La maladie de la mort (bouffes du nord) – Katie Mitchell : Duras avec Laetitia Dosch… Pourquoi pas ? (du 16 janvier au 3 février) ✓
  • Quoi/maintenant (théâtre de la bastille) – tg STAN : Rien à ajouter. (du 23 janvier au 9 février) ✓
  • L’après-midi d’un foehn (philharmonie de paris) – Phia Menard : Découverte également de cette artiste, qui a le mérite d’avoir un spectacle court, en après-midi, à sept minutes à pied de chez moi. (27 et 28 janvier)
  • Moeder (barbican london) – peeping tom : Faire totalement confiance en le choix de Camellia Burows : https://camelliaburows.com ✓
  • Ex Anima (Zingaro) – Bartabas : ou l’inverse… C’est mon cadeau d’anniversaire !!! ✓

 

FÉVRIER

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  • France Fantôme (tgp saint denis) – Tiphaine Raffier : De très bons échos… ✓
  • Vertigo (philharmonie de paris) – Cinéconcert Alfred Hitchcock : Première fois que j’assiste à ce genre d’événement. La salle, le film, Kim Novak en grand, Jimmy Stewart, Hitch, Bernard Herrmann : ça devrait aller. (4 février) ✓
  • Khatia Buniatishvili (philharmonie de paris) : Cette pianiste me fascine, je l’avoue. (5 février) ✓
  • Bêtes de scène (rond point) – Emma Dante : Après le Mount Olympus de Jan Fabre, les danseurs tous nus me manquaient trop. (du 6 au 25 février) ✓
  • Quills (colline) – Robert Lepage : Robert en visite chez Wajdi, c’est à ne pas manquer. (du 6 au 18 février) ✓
  • Jaguar (théâtre de la bastille) – Marlene Monteiro Freitas : Curieux de découvrir un deuxième spectacle de cette chorégraphe qui m’a fait grand effet avec Bacchantes (Bacantes en portugais) (du 12 au 18 février) ✓

 

J’AI DÉJÀ VU, C’EST BIEN MAIS JE N’Y RETOURNE PAS PARCE QUE JE N’AI PLUS DE SOUS ET QUE J’ESSAIE D’AVOIR UNE VIE SOCIALE…

  • Cap au pire à l’Athénée Louis Jouvet (du 2 décembre au 14 janvier) : pas la pièce la plus évidente, je ne pourrais même pas dire que c’est bien, ça ne serait pas le terme adéquat : fascinant et énervant. Mieux vaut être reposé avant d’entendre et voir Denis Lavant dire du Samuel Beckett.
  • Adishatz/Adieu au théâtre du Rond Point (du 12 décembre au 6 janvier) : Capdevielle Capdevielle Capdevielle !

 

Encore une fois, il s’agit ici d’une liste qui risque de s’allonger ou de se modifier dans les prochaines semaines, au gré des invitations gagnées, conseils et autres rencontres.

 

(court) BILAN AUTOMNE 2017

Autant vous dire que je me suis impressionné moi-même à voir autant de spectacles, à écrire une chronique pour chacun de ces spectacles tout en ayant une activité professionnelle plutôt prenante à côté, un atelier théâtre, un film ou deux au cinéma par semaine, sans parler d’autres activités que je ne mentionnerai pas ici. J’ai clairement perçu mes limites, non pas créatives car je suis parvenu, à une ou deux exceptions près, à livrer la chronique relativement dans le délai que je m’étais imparti (je crois que je n’avais jamais autant écrit de ma vie). C’est plutôt physiquement que ce fut compliqué (genre le sommeil) et je sais que je ne reprendrai plus autant de spectacles, Festival d’Avignon excepté (mais là-bas, je suis en vacances, y a pas les transports en commun, etc.)

45 spectacles vus du 9 septembre au 29 novembre, 45 chroniques écrites (double chronique pour le hors-normes Mount Olympus et 1 seule pour Stadium vu à la Colline et au Mucem à Marseille en format lecture). Le seul spectacle que j’ai raté fut le concert de Brad Meldhau qui tombait le même soir que mon atelier théâtre. Les beaux et vrais coups de coeur sont arrivés assez tardivement : (dans le désordre) Les Barbelés d’Annick Lefèbvre, Tous des oiseaux de Wajdi Mouawad, ainsi que les reprises de La Face Cachée de la Lune de Robert Lepage, We love Arabs de Hilel Kogan et Grande de Tsirihaka Harivel et Vimala Pons.

Les trois chroniques les plus lues : Des gens dans l’enveloppe (merci à Isabelle Monnin pour le partage de l’article sur Facebook et Twitter), Gardarem (merci à la compagnie L’oeil du renard pour le partage sur Facebook) et Tous des oiseaux (merci Google ?).

Spéciale dédicace à la famille éloignée et les amis qui me poussent à être encore plus imaginatif.

Spéciale dédicace à celles et ceux qui ont googlelisé mon nom et sont tombés ici bas : Papa ? Maman ? Les gens du boulot ?

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

 

Conférence de choses #2 (2B Company / Rond Point)

(quand on ne lit pas la bible)

Venez assister à une conférence à propos de choses et surtout de trucs en tous genres. Parce que les bidules, c’est la vie et bien plus encore que tous les machins du monde.

 

(de quoi ça parle en vrai)

On y reviendra. Il parle et passe du coq à l’âne, de l’âne à Woody Allen, des héros de la mythologie à l’avènement de l’automobile. En une heure, le conférencier Pierre Mifsud invite à une déambulation ludique dans une encyclopédie exhaustive aux données sérieuses. (site du Rond Point)

 

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Crédits photos : la 2B company

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Voici le 2e spectacle (sur 3) découvert à la Manufacture pendant le festival off d’Avignon ces dernières années, que propose le théâtre du Rond Point cette saison. (« Laïka » de Murgia/Celestini la saison prochaine ?) 9 épisodes composent cette « Conférence de choses », chaque épisode reprenant là où s’est arrêté le précédent. La conférence est certes écrite (et apprise), mais notre conférencier se permet de partir dans certaines digressions, au gré des réactions du public, qui se sent libre d’intervenir ou même de devancer les affirmations de l’orateur.

C’est la deuxième conférence de la série à laquelle j’ai assisté : en préambule, Pierre Mifsud a fait un rapide topo sur le théâtre du Rond Point, sa localisation dans Paris puis est revenu comme par magie à la fin de la première conférence au cours de laquelle il avait abordé la fable du Loup et du chien, ensuite nous a emmenés vers Pierre et le Loup de Prokofiev et c’est sans temps mort et en adoptant les tics de langages d’un conférencier plus vrai que nature, que notre guide est passé de Vivaldi à la Comète de Halley, sans oublier Christine roi de Suède, Annie Hall, Descartes et le Styx, le tout sans nous ennuyer un seul instant, en 53 minutes et trente-trois secondes cocotte chrono, comme dans un énorme « Trois petits chats, chapeau d’paille » (spoiler alert : à la fin de la comptine, ça revient à son point de départ).

C’est avec facétie et finesse que Pierre Mifsud fait le tour de force de nous intéresser, nous amuser, nous intriguer : l’imprévisibilité du propos est séduisante et réussit à nous prendre à défaut quand on pense savoir où il veut en venir. (j’ai appris plein de trucs ce soir-là, faut juste que j’arrive à les ressortir en soirée, je m’en suis d’ailleurs voulu de ne pas avoir pris de notes).

On oublie la cocotte, puis on se dit « mince c’est bientôt terminé ». Frustration. On a envie de revenir. J’attends avec impatience le contrôle des acquis.

 

vu le mercredi 22 novembre 2017 au théâtre du Rond Point  à Paris.

prix de la place : 19€ (tarif abonnement)

 

CONFÉRENCE DE CHOSES (en 9 épisodes)

conception, mise en scène et co-écriture : François Gremaud

interprétation et co-écriture : Pierre Mifsud

une production 2b company

Jusqu’au 23 décembre 2017 au théâtre du Rond Point, Paris (et le 17 décembre, intégrale de 8h)

Mais également le 10 mars 2018 au théâtre de Chelles, les 22 et 23 mai 2018 à la Passerelle de Saint-Brieuc et du 20 au 24 juin 2018 au Nouveau Théâtre de Montreuil.

 

(une autre histoire)

Les enfants, quel est le mot repère pour le son [m] ? Mo-mie. Momie. Deux syllabes. Qui sait ce qu’est une momie ? Une momie, c’est un corps humain desséché, entouré de bandelettes et conservé par des procédés d’embaumement, qu’on trouve dans les sépultures d’Égypte… Non Amir, les morts vivants n’existent pas, c’est dans les films, les romans, les histoires qui font peur. « Do you like scary movies », entendait-on dans le film de Wes Craven « Scream », dont le titre n’est pas inspiré de cette fameuse chanson de Janet et Michael Jackson, mais évidemment du célèbre tableau de Edvard Munch « Le cri », qui date de 1883. Nous devons prononcer son nom [muŋk] et non [munʃ], c’est pourquoi il n’a rien à voir avec le syndrome de Munchausen, célèbre pathologie psychologique qui se définit par un besoin de simuler une maladie dans le but d’attirer l’attention ou la compassion. et encore moins avec la ville de Munich, München la ville bavaroise, jumelle de Bordeaux, ville appréciée notamment pour son vin, même si je préfère le Bourgogne qui est moins dans la productivité et plus dans la qualité. Certes il s’agit d’un avis très subjectif, mais que je partage avec mon caviste avec qui j’ai conversé l’autre soir. En effet, ce dernier avait organisé un cours de dégustation oenologique. Je m’y étais rendu, pensant rencontrer la femme de ma vie. Malheureusement trois couples étaient déjà présents et un autre homme célibataire me faisait du pied. Hormis mon hétérosexualité convaincue, surtout par moi-même, c’est son admiration pour le Paris Saint Germain qui m‘a fait tout de suite mettre le hola. Je me suis alors levé, mais personne ne m’a suivi dans cette grande tradition sportive, qui est de se lever et former une vague non aquatique, du grec aqua, qui veut donc dire « eau », vous le savez évidemment, comme l’eau de ce verre que je n’ai pour l’instant pas bu, car je ne sais pas d’où elle provient. Quelqu’un a-t-il craché dans ce contenant ? L’eau est-elle empoisonnée ? Je ne peux point trinquer ici pour le vérifier et ainsi verser quelque peu de mon breuvage dans un verre voisin, m’assurer de la non-dangerosité de mes convives et donc boire ma première gorgée, non pas de bière comme l’affectionne l’auteur Philippe Delerm, en regardant dans les yeux mon supposé camarade. Et oui, cela vient de là, cette habitude de trinquer, dans les yeux. Mais comment font alors les aveugles ? Et ceux qui sont amoureux, n’en parlons pas. Des aveugles amoureux qui se rencontrent par hasard, ils se dirigent chacun de leur côté et se heurtent, comme dans un des premiers courts-métrages du duo Caro et Jeunet « Foutaises », que je vous conseille fortement de voir, si ce n’est pas fait, dans lequel Dominique Pinon aimait croquer les oreilles des Petits Beurres, de fabrication bretonne. Petits beurres qui n’étaient pourtant pas salés, contrairement à la mer, à ne pas confondre avec ma mère qui est peut-être elle aussi salée, mais je ne l’ai point goûtée, n’ayant jamais été allaité.

Ça sonne ! Courez vite en récré mes petits, je reprendrai là où je me suis arrêté, c’est à dire les seins de vos mères !

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

 

C’est la vie (Mohamed El Khatib / Festival d’Automne)

(quand on ne lit pas la bible)

Performance participative durant laquelle les spectateurs seront invités à danser jusqu’au bout de la nuit sur une unique chanson diffusée en boucle, celle de Chuck Berry « You never can tell », popularisée grâce au film de Quentin Tarantino « Pulp Fiction ».

 

(de quoi ça parle en vrai)

Il y a un vide terminologique à l’endroit de ceux qui ont perdu leur enfant, ces « orphelins à l’envers ». C’est la vie marche dans ce désert à la recherche d’un mot, d’un espoir, en invitant deux comédiens à témoigner de cette indicible douleur. Une performance-expérience-limite qui tient sur le fil de la délicatesse. (site du festival d’Automne à Paris)

 

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Crédit photo : Joseph Banderet (Couverture : Christophe Raynaud de Lage)

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

C’est un « spectacle » qui devance les critiques dès son résumé : « une performance expérience limite qui tient sur le fil de la délicatesse » et va même jusqu’à « fast-checker », dans le livret distribué en début de spectacle, par les comédiens eux-mêmes les mots écrits par Mohamed El Khatib. Un peu comme si l’auteur d’un blog prévenait ses lecteurs qu’ils ne sont pas en train de lire une critique parce qu’il n’est pas bon dans cet exercice, mais qu’il le fait quand même. Car El Khatib a l’habitude de nous laisser nous dépatouiller avec ce qui est vrai et ce qui l’est moins. Tout est écrit, que cela soit… écrit. Il n’est pas évident de critiquer une telle performance tellement elle touche à l’intime et au coeur. Alors oui, on peut trouver que les moments où les comédiens interagissent sont un brin artificiels, mais pourtant essentiels à faire respirer la parole de l’un et de l’autre autour du drame qu’ils ont chacun vécu. D’ailleurs les écrans vidéos viendront les soutenir et alléger leur peine. L’humour y est également très présent, par le truchement des histoires juives racontées avec appétit par David Kenigsberg.

La jauge des spectateurs est réduite, nous sommes au plus près. Le soir où j’ai assisté à la représentation, celle-ci était traduite en langages des signes, ce qui me fait écrire que cela devrait être toujours le cas, tellement ça apporte de la poésie (même si ce n’est pas le but recherché, de toute évidence). Et comme pour « Finir en beauté », les acteurs ne viendront pas saluer mais seront présents à la sortie. Et comme pour « Finir en beauté », je prononçai du bout des lèvres un timide « merci ». L’émotion est là, car la sincérité de Mohamed El Khatib est toujours présente, même dans ses petits arrangements avec les morts, finalement indispensables.

 

C’EST LA VIE

Une performance documentaire du Collectif Zirlib
Texte et conception : Mohamed El Khatib
Avec Fanny Catel et Daniel Kenigsberg
Réalisation : Frédéric Hocké et Mohamed El Khatib
Régie : Olivier Berthel

Jusqu’au 22 novembre 2017 à l’Espace Cardin – Théâtre de la Ville dans le cadre du Festival d’Automne à Paris.

 

(une autre histoire)

Il hausse les épaules, sa tête se penche vers la gauche : « C’est la vie ! », me dit-il. Je n’ai pas raté mon métro, je n’ai pas craqué mon pantalon en posant mon pied alors que la selle de mon vélo est bien trop haute, je n’ai pas cramé mon soufflé au fromage, etc. Il me dit « C’est la vie ! » alors que… Je ne sais pas si ce qui m’a insupporté, c’est qu’il me dise ça ou qu’il accompagne cette parole avec ce geste qu’il conclut en tapant le côté de ses cuisses. Ou bien juste après quand il me parle de bien trop près en posant sa main sur mon épaule et en me la malaxant, comme si j’avais besoin d’un massage de l’épaule droite. C’est bien connu, toute la tension se situe dans l’épaule droite, surtout quand on est droitier. Je l’écoute, mais je n’en pense pas moins. Si je pleure, c’est devant l’incroyable imbécilité de ce qu’il me raconte. « Aller de l’avant », « Tu n’es pas tout seul », « Haut les coeurs ». Moi, dans une pareille situation, je ne dis rien. Un sourire de compassion, voilà tout. Je pense, en fait, que ce qui me ferait du bien, c’est lui mettre un pain dans la gueule. Genre, une boule. Pas une demi-baguette, hein, ou une ficelle ? Une boule bien lourde, comme celle que vend le boulanger du bas de ma rue. Pas celui du haut, notez bien, parce qu’il ne faut pas s’étonner s’il y a tous les jours une file d’attente hyper longue devant le boulanger du haut, si longue qu’on se croirait en U.R.S.S.. Il est putain de bon, son pain, au boulanger du haut de ma rue. Je ne sais pas ce qu’il y met. Et c’est pas pour la boulangère qu’on y va. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. La boulangère n’est pas moche, mais cela va au-delà de ses miches. Je n’ai jamais vu ses mioches dans le magasin, cela dit… Cela dit, je mets au rencard mon régime sans gluten, rien que pour leur pain. Parce que le pain, c’est la vie.

« Pourquoi tu souris ? » me demande-t-il, toujours avec sa main et ses ongles beaucoup trop longs pour être honnête sur mon épaule.

« Je souris parce que… parce que… »

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

 

La Mécanique de l’Histoire… (Yoann Bourgeois/Th.de la Ville/Panthéon)

(quand on ne lit pas la bible)

L’histoire est grippée, ça ne tourne plus. Une seule solution : appeler à la rescousse le seul mécano du district assez fou pour accepter la mission. Il s’appelle LE MÉCANO ! Avant il s’occupait de trains. aujourd’hui, c’est une histoire personnelle. « Je suis trop vieux pour ces conneries. », répète-t-il. Oui, mais il est le seul à pouvoir sauver le monde. Qui ça ? LE MÉCANO ! Il ne sourit jamais depuis un grave accident de coucou. Un ressort qui lui est resté en travers de la gorge. « Je suis pas content », dit-il. Qui ça ? LE MÉCANO !

 

(de quoi ça parle en vrai)

Un spectacle déambulatoire pour une rencontre inédite entre acrobates-équilibristes et le Pendule de Foucault (site du Théâtre de la Ville)

 

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Crédits photos (et couverture) : CCN2 Centre chorégraphique national de Grenoble)

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Les grandes portes du Panthéon s’ouvrent. Nous sommes comme dans le sikh de Petra, un dernier virage et alleluia ! Le Panthéon s’offre à nous, lieu inconnu de mes pieds, contrairement à celui de Lisbonne, mais c’est une autre histoire. Clic clac Kodak, certaines personnes éterniseront ces moments (ou l’intégralité de ces moments). Une acrobate culbuto nous accueille. Puis nous nous diviserons en quatre groupes. Je serai Force Bleue, mais elle ne suffira pas à réduire à néant les flashs des photographes amateurs. Il y aura le tourniquet, le trampoline, la balance et le plateau mouvant (ou un retour en enfance) (je vous invite à parcourir le guide du spectacle avec les vrais noms de ces numéros). C’est la première fois que je vois un spectacle de Yoann Bourgeois. J’ai appris que certains des numéros présentés l’avaient déjà été dans des spectacles précédents, mais ils ont tous une force et une capacité à capter l’attention indéniables. Tout est millimétré, forcément. Dans le premier numéro vu par le groupe bleu, les deux artistes tentent de trouver le point d’équilibre pour pouvoir s’asseoir sur une chaise autour d’une table, le tout sur un plateau instable. Ils ne regarderont qu’à la toute fin : un premier et ultime regard, fondu au noir, fin. Des histoires de couples, des gens qui tombent mais qui remontent toujours, une personne seule qui nous observe d’en haut. Et pendant ce temps, Culbuto (que l’artiste m’en excuse) continue d’évoluer autour du fameux pendule de Foucault, il ne faut pas avoir le tournis.

Les artistes répèteront leurs numéros quatre fois, comme autant de groupes de spectateurs. Quatre fois où ils devront se re-mobiliser, se re-concentrer. Certes, comme j’en ai parlé avec une amie, c’est leur métier mais il n’empêche, je les admire.

Les numéros sont suffisamment longs pour laisser libre cours à notre imagination, oublier la mécanique, ne voir que ces hommes et ces femmes dans des images presque cinématographiques, comme des images montées à l’envers quand les acrobates reviennent du trampoline, se croisent ou font du surplace sur le tourniquet. Un micro-geste imperceptible de l’artiste sur la balance la bascule, la met en apesanteur (de là-haut, je vois ma maison).

On se sent privilégié d’être dans ce lieu historique et lourd de sens, le soir, avec un remarquable travail de lumière, même si à mon humble envie le lieu n’est pas totalement utilisé comme il devrait.

Des images qui impriment la rétine. Une envie de voir ça avec un grand ciel bleu, dehors. à la campagne, à la montagne.

 

vu le samedi 14 octobre 2017 au Panthéon.

Prix de la place : 31€ (tarif abonnement)

 

La mécanique de l’histoire, une tentative d’approche d’un point de suspension, exposition vivante au Panthéon

Conception & mise en scène  : Yoann Bourgeois (La Balance de Lévité)

Conception : Marie Fonte & Yoann Bourgeois – Scénographies : Yoann Bourgeois, Goury

Avec Yoann Bourgeois, Estelle Clément-Bealem, Raphaël Defour, Sonia Delbost-Henry, Damien Droin, Émilien Janneteau, Élise Legros, Jean-Yves Phuong, Lucas Struna, Yurié Tsugawa

Création musicale : Florentin Ginot & Lola Malique – Collaboration musicale : Dirk Rothbrust – Réalisateur en informatique musicale : Martin Antiphon – Son : Antoine Garry – Lumières : Jérémie Cusenier – Costumes Sigolène Petey – Costumes de La Balance de Lévité : Ginette – Réalisation scénographies  : David Hanse & Nicolas Picot (C3 Sud Est)

du 3 au 14 octobre 2017 au Panthéon avec le Théâtre de la Ville dans le cadre de l’opération monuments en mouvement du centre des monuments nationaux.

En tournée le 10/02/18 à L’Hexagone (Meylan), du 4 au 6/4/18 au Pont des arts (Cesson-Sévigné), du 1er au 3/6/18 aux Scènes du Jura (Lons-le-Saunier) et du 7 au 9/6/18  juin à La CAPI, Théâtre du Vellein, Biennale du cirque (Villefontaine)

 

(une autre histoire)

S’il te plaît, ne saute pas sur le lit. C’est pas un trampoline. La dernière fois, tu as cassé une latte. Non, je ne suis pas rabat-joie, seulement pragmatique. Je n’utilise pas assez souvent ce mot, n’est-ce pas ? Tu casses, tu remplaces alors ? Je veux bien casser une latte ou deux quand on est en pleine action, comme l’autre soir, si tu vois ce que je veux dire. Mais pas autrement, quoi, on n’a plus sept ans. Ou on fait ça à l’hôtel, mais pas chez moi. J’aurais trop peur de passer à travers le plancher et de nous retrouver chez le voisin. Je me demande où se trouve son lit. Est-ce qu’il nous entend ? La dernière fois, quand tu as crié, tout le monde t’a entendue, j’en suis certain. Tu m’as fait peur d’ailleurs. Et ces spasmes… Impossible de te toucher après. Je me la suis mise derrière l’oreille, t’as pas été cool. Je suis très souple. Mais non… c’est une expression, tu ne la connais pas ? Ah bon… Faudrait que je re-tapisse. Mais j’ai le vertige. Je ne peux pas monter sur une échelle, impossible. Tu le ferais pour moi ? Non, tu ne pourras pas sauter sur le lit. Mais c’est quoi cette obsession ? J’aurais trop peur que tu te fasses mal. Et que tu casses une autre latte. Mais où tu vas ? Mais non, rentre pas chez toi. Y a plus de métro à cette heure-ci. Ah non, me dis pas que tu vas prendre un Über. Ecoute, je te ferai sauter sur mes genoux, dans mon fauteuil club, là y a pas de danger. Mais oui, je sais vivre dangereusement. Pas plus tard qu’hier, je suis allé manger au McDo. J’étais encore en avance pour voir le spectacle de Yoann Bourgeois, j’avais faim, je voulais prendre un Sundae au caramel et là l’engrenage, j’ai commandé sur place et j’ai pris un Maxi menu. J’ai mangé du pain alors que… oui… mon régime sans gluten, envolé. J’ai passé mon temps à avoir des maux d’estomac et des flatulences au Panthéon. Qui repose là-bas ? Simone Veil ? Non pas encore ? Marie Curie ? Ben ça l’a réveillée, Marie Curie. Et ça lui a donné des idées, pour des nouvelles expériences de chimie, à partir de mes pets. Tu ne trouves pas ça de bon goût ? En même temps, on parle de pets…

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

 

Grande (Tsirihaka Harivel/Vimala Pons – Centquatre)

(quand on ne lit pas la bible)

Grande (prononcez Grandé !) est une plongée dans le quotidien des baristas Starbucks qui luttent contre tous ces profiteurs et fainéants qui commandent un seul cappuccino « Grande » et restent assis toute la sainte journée dans les fauteuils club à profiter du Wifi, à recharger leur MacBook, à faire semblant de travailler et/ou d’écrire un roman ou pire une chronique théâtrale.

(ce que ça raconte en vrai)

De l’équilibre au vacillement, du chaos à l’agencement, du grandiose au minuscule, Vimala Pons et Tsirihaka Harrivel révolutionnent le langage du Music-Hall. Tout en jouant avec les fondamentaux du cirque (et du théâtre physique), ils créent un spectacle furieusement contemporain. Une grande Revue faite d’images poétiques et d’objets détournés. Une forme inventive, jubilatoire, haletante. Du mémorable strip-tease inaugural de Vimala, aux glissades expérimentales de Tsirihaka…, leur scène ressemble à un grand juke box distributeur de poèmes. (site du Centquatre)

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Crédit photo : Christophe Maout

(ceci n’est pas une critique mais…)

Que dire qui n’a pas déjà été dit ? « Je sais que j’ai tout dit et que d’autres avant moi ont dit ce que j’ai dit, mais ils ne sont pas moi », comme dit la chanson (« Visite des recoins » de Scotch & Sofa). C’est la deuxième fois que je vois, en un peu plus de neuf mois, ce spectacle, qui affiche toujours complet, et à raison (créé au même CentQuatre en début d’année et repris au Monfort Théâtre au printemps, pour ne parler que de Paris, centre du monde). Est-ce du cirque, du music hall, du théâtre, de la danse, un peu tout à la fois ? À vrai dire on ne se pose pas vraiment la question et c’est peut-être ça aussi qui nous fait revenir. Parce que la première fois, j’en suis sorti au moins autant épuisé que l’intrépide Tsirihaka Harivel et la surprenante Vimala Pons, épaté, époustouflé devant l’inventivité et la richesse des tableaux (j’imagine ces deux-là, tous les soirs, préparer leur mise… (tout leur matériel)). Ces artistes savent tout faire. Pourtant le temps m’avait fait oublier ces moments un peu plus mélancoliques, ces pauses aussi entre chaque revue pendant lesquelles on peut apprécier l’incroyable rôle des régisseurs plateau sans qui le spectacle ne peut se faire et qu’il ne faut jamais oublier. Revoir le spectacle une deuxième fois, c’est aussi faire un pas de côté, comme je les affectionne : entendre le public réagir lors de la première descente de toboggan de Tsirihaka Harivel (je veux pas cafter, mais trois jeunes petits cons devant (me voilà qui fait mon vieux), 2e rang au milieu, ont filmé à plusieurs reprises, malgré la mise en garde d’une régisseuse), capter le moment où ce dernier sourit aux changements d’humeurs de Vimala Pons (qu’il a dû pourtant voir faire des centaines de fois), où ces deux-là, d’un regard furtif, nous font comprendre leur complicité entière et leur attention réciproque. Aux saluts, on les voit essoufflés devant nous et encore ébahis devant cette salle 400 qui se lève avec un enthousiasme fou (et dès le premier salut). Quand le public sort, le duo revient sur scène, comme pour nous dire au revoir. Au revoir. Ça veut dire ce que ça veut dire.

Vu le mercredi 27 septembre 2017 à 20h30 au Centquatre (Paris 19)

(déjà vu lors de sa création au Centquatre le 8 janvier 2017)

Prix de la place : 10€ (tarif abonnement)

 

Grande

réalisation, conception, écriture, musique, dispositif sonore, dispositif lumière, création accessoires et création objets : Tsirihaka Harrivel & Vimala Pons

Jusqu’au 13 octobre 2017 au Centquatre (Paris 19) : COMPLET

En tournée du 14/11/17 au 18/11/17 au Théâtre Olympia (Tours), du 12/12/17 au 14/12/17 à la Comédie de Valence, les 22 et 23/02/18 au Théâtre de Cornouaille (Quimper)

 

(une autre histoire) : Micro-sieste

« Je n’arrive pas dormir. Pourtant tout se passe bien, qu’est-ce qui peut bien me donner autant de souci ? On affiche complet, l’ambiance au théâtre est au beau fixe. Le soir, évidemment, après la guerre, j’ai du mal à me mettre au lit, tout me semble trop calme, il me faut du temps pour redescendre (musique de descente). On joue ça depuis quand ? Ça devrait me rassurer, je ne connais pas (encore) la routine. Le problème, c’est que je ne dors que par micro-siestes.

(Une fois je dormais avec des potes, je veux dire dans la même chambre. Après la première nuit, ils m’ont dit que je ronflais. Ça m’a énervé, alors la deuxième nuit, j’ai attendu qu’ils s’endorment avant moi. Mais je les ai entendus se moquer de mon ronflement. Je pensais que je ne dormais pas, mais en fait je dormais déjà.)

C’est pas bon pour la santé, non, de dormir par intermittence ? Le pire, c’est que je ne me sens pas fatigué. Heureusement sinon je ne pourrai rien faire tous les soirs et je nous mettrais en danger. Mais là-haut, ça n’arrête pas. Je veux dire, de cogiter, de penser et repenser le spectacle, les mouvements, les déplacements, le rythme. Des années qu’on y travaille, ça ne s’arrêtera jamais. Il faut que je dorme.

(pause)

(play)

Il faut que je vous raconte. Là, genre cinq secondes après avoir fermé les yeux, j’ai  eu un spasme. C’est un réflexe, il parait, pour se réveiller. C’est le cerveau qui envoie cette information-là au corps, parce qu’il est persuadé qu’on est en train de mourir.  Très tôt dans la phase d’endormissement, tu rêves que tu tombes (d’un toboggan) ou que quelque chose te saute à la face (un pétard). Ça s’appelle la myoclonie. Mais je ne veux pas me réveiller, je voudrais dormir. Puis, j’ai encore rêvé (je me suis vraiment vu partir) mais pas d’elle. De lui. Dans la vraie vie il est mort. D’ailleurs, dans mon rêve, il entrait chez moi par effraction. Je ne sais même plus ce qu’il me disait. Pourquoi vient-il encore me hanter ? On est à Edinburgh. Les fantômes de mon passé. Les trompettes d’Avignon me réveillent. Vingt minutes viennent de passer. Toute une vie. Je dormirais encore mais après je n’arriverais plus à me lever, comme dans un état second. Je dormirai quand je serai mort, c’est comme ça qu’on dit, je crois. Alors je me réincarnerai en toboggan et je vous sentirai glisser sur moi. »

Photo de couverture et textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Mount Olympus – To glorify the cult of tragedy, a 24h performance (dernière partie)

(d’après des notes prises dans le noir au cours de la dernière partie de « Mount Olympus », mais j’étais mieux placé, donc y avait plus de lumière, entre 13h et 19h)

(et je le répète encore une fois, ceci n’est pas une critique, seulement des pensées dites à voix haute. Pour une critique et une analyse plus approfondies, vous trouverez sûrement sur un autre blog (ou vlog))

 

J’ouvre les yeux à 8h du matin. Je consulte le programme de « Mount Olympus », calcule rapidement ce que je dois faire avant, je décide d’y retourner seulement pour 13h. Je n’ai même pas honte. J’aime prendre le temps le matin. Même quand je travaille : ralentir pour prendre mon petit déjeuner, mon caca en lisant le Télérama de la semaine, une douche chaude, peut-être même plus sous la douche… Et ce matin, je me devais (surtout à moi-même) d’écrire un texte sur la première partie de Mount Olympus de près de 1200 mots. Un jour, j’aurai un rédacteur qui me dira de couper ici ou là, mais pendant ce temps…

 

Avant de traverser l’avenue Jean Jaurès, je croise l’Occupant L., présent également à la Villette. Je lui confie que j’ai dormi la nuit dernière chez moi (je lui montre ma rue du doigt) et ai raté les parties 2 et 3. Je ne sais comment interpréter son regard. Est-ce de l’incompréhension : « Mais comment ? Tu aurais pu vivre une expérience unique et toi tu vas te coucher comme un vieux pépère ? » ou bien, et assez justement, de la déception teintée de ressentiment : « Espèce de bâtard, tu ne m’as même pas invité chez toi pour que je puisse me reposer au calme et me débarbouiller le visage et le cucul ? ».

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Crédit photo : Axel Ito (toujours aussi bien cadrée)

C’est la dernière pause avant le grand final (de cinq heures). Même quand on dort, il se passe toujours quelque chose sur scène. Les performeurs (mon correcteur orthographique me propose à la place de ce mot : perforateurs) dorment-ils vraiment ? La réponse doit être non. Seulement s’étendre, profiter du calme de la salle qui, elle, se réveille doucement de sa sieste. Je dois à tout prix rechercher des articles quant à la préparation de ces grands artistes. L’emploi du mot « performance » n’est ici pas usurpé.

 

Je me lance le défi un peu foufou d’éteindre complètement mon cellulaire durant les six prochaines heures. J’ai tenu deux heures et je ne suis pas le seul. C’est assez impressionnant de voir tous ces téléphones se dresser dès qu’une image parait intéressante sur scène (ce n’est pas la première fois que je le constate, évidemment, il n’empêche, ça m’étonne toujours). Je ne parlerai même pas du final, j’ai fait partie des nombreuses personnes à filmer le twerk ou la scène précédente et à publier les dites vidéos sur Instagram.

Quand j’étais au lycée, avec mes amis, nous voulions monter « Chroniques des jours entiers, des nuits entières » de Xavier Durringer. J’avais émis l’idée de jouer qu’une seule représentation, forcément unique, de fait, et qu’il n’y aurait aucune trace photographique et encore moins filmée. Plus de vingt ans plus tard, c’est toujours en état de projet.

Je vois également un petit vieux (enfin je crois, de loin je ne vois pas, je commence aussi à me faire vieux) au premier rang, qui filme plusieurs scènes à l’aide de sa putain de tablette. Je le vois reluquer sur son grand écran ces danseurs s’étalant de l’huile partout partout sur leur corps, puis qui luttent, dans un corps à corps (donc deux à deux) hypnotisant (à dire avec la voix de Jean-Paul Rouve). C’est un spectacle bandant, disons-le, les danseurs sont tous de toute beauté (à dire avec la voix de Jean-Paul Rouve). Les filles et les gars, et pour que je le dise… Je les ai trouvés si majestueux alors qu’ils dansaient le sirtaki sur la bande son du film « Zorba le Grec » ! Je me souviens avoir vu ce film très jeune, chez ma marraine. Elle possédait une immense collection de cassettes VHS. C’est chez elle que j’ai découvert Steve Mc Queen (dans La Grande Évasion), Kirk Douglas (dans Les Vikings) et donc Anthony Quinn.

Le sirtaki, c’était dans la première partie du spectacle. Pourtant, il ne me semble pas que je me sois absenté onze heures. Le temps accélère, ralentit, histoire de perception… Les scènes d’orgies végétales me reviennent également en tête. J’y pense, il doit bien exister un mot définissant les relations sexuelles avec des plantes. (je viens quand même de googleliser « relations sexuelles avec une plante ») (Saviez-vous que la paraphilie définissait l’intérêt sexuel persistant et puissant autre qu’un comportement et copulatoire ou précopulatoire avec un partenaire humain ? Wikipedia est mon ami.) Bon je n’ai pas trouvé le terme : plantophilie ? Ou bien terraphilie ? Je me souviens d’une interview de Paco Rabanne dans laquelle il déclarait qu’il avait fait l’amour à la terre. Après une averse, il avait creusé un trou dans la terre encore humide, avait introduit son machin dans le trou et puis, ben voilà quoi. Il se souvenait encore de l’odeur, ce mélange de sperme, de terre et sûrement de vers. Saviez-vous qu’un conseiller olfactif avait travaillé sur « Mount Olympus ». des parfums de vin, notamment, nous venaient nous caresser les narines tout au long du spectacle. Au premier rang, l’odeur devait être bien forte. Plus tard, un danseur se forcera à roter, à la limite du vomissement. Ça sentait fort, ça a dû l’aider.

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Crédit photo : Axel Ito (on voit le grand écran du petit vieux au premier rang)

Ceci dit, aucun regret de ne pas être resté sur le lieu durant 24 heures d’affilée (en parlant de 24 heures, je comprends bien la symbolique de ce nombre, mais il n’empêche que j’ai l’impression que certains segments sont étirés artificiellement, mais encore une fois, je le répète, je n’ai pas assisté à toute la performance, on pourrait me reprocher ma mauvaise foi ou mon ignorance envers le travail de Jan Fabre). Je me connais (enfin je crois…), c’est au-delà de mes forces, tout simplement. J’aurais râlé, fait la gueule (ce que je fais déjà naturellement). J’ai déjà tellement d’images dans ma tête, et y en a qui m’ont rassuré aussi, de voir ces acteurs qui oublient leur texte (quoi de compréhensible quand on est sur scène autant de temps) et répètent les répliques précédentes le temps de se souvenir. Alors on lit les sur-titres, le temps qu’ils se souviennent. J’ai même appris un nouveau mot : « Corroder ». En revanche, je ne sais toujours pas ce que ça veut dire (Ah mais oui… corroder… corrosif… ceci explique cela)… Puis on se rend compte qu’on lit des sur-titres en français, alors que le performeur parle français.

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Crédit photo : Wonge Bergmann

C’est la vingt-quatrième heure, la performance finit en apothéose (dans ce genre de spectacles, j’ai toujours une pensée émue pour le régisseur qui devra se coltiner le ménage), malgré une dernière partie moins forte, ai-je trouvé, que la première. mais deux derniers tableaux marquants dont la reprise du Twerk, trouvable très facilement sur Youtube.

Des phrases me restent en tête : « Every man needs a little bit of madness. » « Give me all the love you’ve got. » « Take the power back and enjoy your own tragedy, breathe, just breathe, and imagine something new ».

La fin n’a pas de fin.

Ps : J’ai adoré les lampes, il fallait que je l’écrive quelque part. Je veux les mêmes à la maison, que je puisse les monter et les descendre aussi, tant que faire.

 

Mount Olympus – To glorify the cult of tragedy, a 24h performance

Avec 28 interprètes perforateurs

Conception et mise en scène : Jan Fabre

Chorégraphie : Jan Fabre et ses danseurs

Textes : Jeroen Olyslaegers et Jan Fabre

Musique : Dag Taedelman

Scénographie : Miet Martens – Artiste olfactif : Peter de Cupere

Production : Troubleyn/Jan Fabre

 

Prochainement les 23 et 24 septembre 2017 à Belgrade (Serbie)

Du vendredi 15 septembre 2017 à 19h au samedi 16 septembre 2017 à 19h à la Grande Halle de la Villette (Paris 19)

Prix de la place : 20€ (tarif obtenu grâce à une amie qui travaille à la Villette)

 

Texte (sauf citations) : Axel Ito

Photo de couverture : © Wonge Bergmann and Troubleyn

 

Mount Olympus – To glorify the cult of tragedy, a 24h performance (1e partie)

(d’après des notes prises dans le noir au cours de la première partie de « Mount Olympus », entre 19h et 2h du matin)

(c’est que j’écris plutôt bien à l’aveugle !)

(je préviens, ce sera décousu, ce ne sera ni une non-critique, ni une autre histoire, « Mount Olympus », par son dispositif, est assez exceptionnel, d’où un format de chronique aussi exceptionnel, n’ayons pas peur des mots)

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Crédit Photo Axel Ito

L’automne dernier, j’ai participé à une course aux Buttes Chaumont et alors que je n’avais jamais couru plus de six kilomètres, je me suis inscrit aux huit (kilomètres). Course à l’aveugle, arriverai-je à tenir la distance, gravir quatre fois les montées du parc, telle était la question. Dans ma tête, pour ne pas être trop ridicule, j’ai calculé que je devais faire cette distance en moins d’une heure. Je l’ai finalement parcourue en moins de cinquante-quatre minutes. Loin d’être un temps génial, mais pour moi c’était bien, j’étais content.

Ce soir, je calcule dans ma tête les heures effectuées au travail, cette journée de la veille durant laquelle j’ai fait le tour du cadran au boulot, ces deux dernières semaines où je me suis endormi avant 23h (soirée au Rond Point mercredi dernier mise à part) : la reprise est dure. Sept mois que je n’avais pas travaillé, dans le sens traditionnel du terme. Sept mois que je (dans le désordre) regardais des films,  lisais, voyais des spectacles, écrivais comme je n’avais jamais écrit, parcourais l’Europe entre Lisbonne et Reykjavik en train et en bateau, prenais le temps. Un autre rythme.

Ces vingt-quatre heures me faisaient peur, avant même d’avoir commencé. Je m’en faisais une montagne (Olympus). Je quitte le travail à 17h35, lessivé et j’arrive à la Grande Halle de la Villette une heure plus tard. Dans ma tête, j’imaginais que le spectacle se jouerait en six parties, il n’y en aura que quatre, la première durera plus de six heures. Six heures ininterrompues.

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Crédit Photo : Axel Ito

« Bonjour, alors je m’entraîne depuis très longtemps pour ces vingt-quatre heures. Alors j’ai d’abord vu un spectacle de 3h30 sans interruption, c’était « My Dinner with André » (De Koe/tg STAN), j’avais bu du thé juste avant, j’ai besoin de me lancer des défis, puis y a eu un spectacle de 4h au Théâtre du Soleil. Certes, y avait un entracte, mais pour qui connait les bancs de ce théâtre, c’est un sacré challenge. Un été, j’ai passé la nuit dans la Carrière de Boulbon, près d’Avignon, pour la trilogie des Femmes de Wajdi Mouawad, on est passé au cran supérieur là, on avait les couvertures, c’était en plein air, 6h comme ça avec mes amis les moustiques qui m’aimaient bien, je me suis à peine assoupi. Pis, l’an passé, 2666, Gosselin, Bolano, 12h, même pas dormi, pas même une sieste, régime bananes chocolat… »

24h… Aucun suspense, je le dis d’avance, je suis rentré chez moi me coucher après la première partie et n’y retournerai que pour la dernière vers 13h. Il faut dire que je n’ai pas eu grand chose à parcourir entre la salle de spectacle et mon chez moi, 650 petits mètres seulement plus six étages. Mal à la gorge, mal assis, tout simplement fatigué et pas assez motivé pour rester la nuit entière. Je pensais déjà à un dimanche d’après nuit blanche, que je mettrais la semaine à m’en remettre. Je ne suis plus dans le Carpe Diem du Professeur Keating.

24h… Pourquoi finalement ? Je veux dire, en tant que spectateur. 24h pour faire 24h ? Un défi ? Un record ? Encore faut-il que ce qui est présenté en vaille la peine (ça vaut la peine, je précise). 24h ou le concours de celui qui a la plus grosse. Ça tombe mal, j’en ai une petite et je n’ai pas (plus) besoin de compenser. Même si je peux comprendre l’expérience.

Ceci étant dit… Cette première partie… Tout ce que je vois me rappelle une représentation l’an passé de Markus Öhrn à Gennevilliers. Le metteur en scène, avant le début de la pièce, nous prévient que nous sommes libres d’aller et venir pendant la représentation, celle-ci durant 3h30 sans entracte également. La durée de « Mount Olympus » est tellement exceptionnelle que tous les codes que nous connaissons deviennent caduques. On chuchote, on consulte notre téléphone, on boit, on mange (purée, le gars derrière moi a mangé des chips…), on applaudit à la fin de certains tableaux (applaudissements un peu provoqués, il faut dire), on participe en scandant des phrases affichées sur l’écran des sur-titres, donc, on va, on vient.

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Crédit Photo : Wonge Bergmann and Troubleyn
  • La tête dans le cul, ça me rappelle le film « Shortbus » de John Cameron Mitchell, dans lequel on voit un personnage chanter l’hymne américain dans le cul d’un autre.
  • Les métamorphoses (ou « Le maquillage des créatures »)
  • Cet acteur ventripotent qui bouge superbement.
Probe zu Mount Olympus von Jan Fabre im Festspielhaus Berlin
Crédit Photo : Wonge Bergmann and Troubleyn
  • « No Fuck Take me »
  • Dès que ça parle en français, je trouve ça mauvais.
  • Ces corps blancs magnifiques.
  • Du burlesque avec la couronne.
  • Le sirtaki.

Comment ont-ils pu répéter tout cela ? Certes, on voit les coutures, je ne pense pas qu’il y ait eu de générale, ils ont certainement dû revoir les débuts et fins de tous les segments, il n’empêche…

Accepter la non perfection. On voit des fragilités dans certaines chorégraphies collectives, mais on s’en fiche un peu, à dire vrai.

  • La corde à sauter. « What the pain that hurts the most ? »

L’épuisement. Ça joue sur l’épuisement et la répétition. Je connais très peu le travail de Jan Fabre, à dire vrai. La seule pièce que j’avais vue de lui, c’était ma première fois dans la Cour d’Honneur du Palais des Papes à Avignon, en 2001, pour « Je suis sang ». Je n’y avais vu que provocation gratuite, du sang, des corps… Aussi parce que je n’avais aucune référence en la matière. À l’époque, j’étais un petit étudiant qui faisait du théâtre en semi-amateur, mais qui n’y connaissait rien. J’aime quand le temps s’étire. Or ici, on sent un systématisme. Cette idée de répétition est elle-même répétée. Cette redondance (j’aime ce mot) peut, du coup (je déteste ce tic de langage), lasser.

24h… On peut dormir, se détendre, sortir, rater certains tableaux. C’est avant tout cela que je retiendrai de cette aventure. Se permettre de ne pas tout voir. Tout comme dans la vie de dehors. Malheureusement on ne verra jamais tous les films, séries, livres, pays qu’on aura en tête. Aujourd’hui, il devient difficile d’accepter de rater des événements. Aujourd’hui, il est difficile de se dire : « Je n’ai pas vu la dernière pièce dont tout le monde parle, ce n’est pas grave. »

J’aime l’idée de la représentation sans fin. Quelque chose se joue, en permanence. Pas loin. On sort, on vit ou on dort, on revient, on reprend en cours de route, la vie ne s’arrête jamais. Je vis à Paris, mes amis à Marseille, ils vivent des choses auxquelles je ne prendrai part, leurs enfants grandissent (une fois, je n’ai pas vu ma meilleure amie pendant 9 mois, je l’ai retrouvée avec un enfant en plus) mais nous vivrons autre chose. Accepter que les choses se fassent sans nous.

Ecrire dans le noir, comme quand on écrit ses rêves. Qu’en restera-t-il le lendemain matin ?

 

Mount Olympus – To glorify the cult of tragedy, a 24h performance

Avec 28 interprètes performeurs

Conception et mise en scène : Jan Fabre

Chorégraphie : Jan Fabre et ses danseurs

Textes : Jeroen Olyslaegers et Jan Fabre

Musique : Dag Taedelman

Scénographie : Miet Martens – Artiste olfactif : Peter de Cupere

Production : Troubleyn/Jan Fabre

 

Du vendredi 15 septembre 2017 à 19h au samedi 16 septembre 2017 à 19h à la Grande Halle de la Villette (Paris 19)

Prix de la place : 20€ (tarif obtenu grâce à une amie qui travaille à la Villette)

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

 

À quelle sauce… (mon programme pour cet automne)

(article mis à jour le mercredi 27 septembre 2017)

 

 

PARCE QUE JE FAIS COMME TOUT LE MONDE ET QUE J’AVAIS PEUR DE M’ENNUYER D’ICI MA RENTRÉE, VOICI MES MULTIPLES IMPATIENCES AUTOMNE 2017 (parce que les saisons, c’est beau et c’est raccord avec ce qui se passe à la Colline. Québec, tu me manques, le message est passé.)

SEPTEMBRE

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Crédit photo : Axel Ito
  • Camille (Trianon) : Enregistrement de l’émission Alcaline : Maman, on va me voir à la télé !!! ✓
  • Lecture concert du roman de David Grossman « Un cheval entre dans un bar » pour France Culture (Colline) : Je n’ai jamais lu ce monsieur, c’est grave ? ✓
  • We love Arabs – Hillel Kogan (Théâtre du Rond Point) : Le Rond Point ou la seconde maison de la Manufacture à Avignon, qui voit nombre de ses spectacles repris dans la maison de Jean-Michel Ribes avec notamment « We Love Arabs » – déjà programmé l’an passé avec succès au Monfort Théâtre. (du 12 septembre au 8 octobre 2017) ✓
  • Novecento – Alessandro Baricco/André Dussolier (Rond Point) : L’an passé, André Dussolier avait pris au pied de la lettre le « Merde » anglophone : « Break a leg ». (du 1e septembre au 1e octobre 2017) ✓
  • Mount OlympusJan Fabre (Grande Halle de la Villette) : J’espère qu’on me laissera sortir prendre une douche, je vis à six minutes chrono de la Villette. (du 15 septembre 19h au 16 septembre 19h) ✓
  • Les Grands – Fanny de Chaillé (Centre Pompidou) (avec, entre autres, le Grand Grégoire Monsaingeon, prochainement dans la reprise de « Bovary » au Théâtre de la Bastille) #FAP17 (du 20 au 23 septembre 2017) ✓
  • Agatha – Marguerite Duras/Hans Peter Cloos (Café de la Danse) : La preuve que je vais aussi voir des spectacles dans le privé. (jusqu’au 7 octobre 2017) ✓
  • La Pomme dans le noir – Clarice Lispector/Marie-Hélène Soma (MC93 Bobigny) : La preuve que je vais voir des spectacles en banlieue. (jusqu’au 8 octobre 2017) ✓
  • Real Magic – Forced Entertainment/Tim Etchells (Théâtre de la Bastille)  : Le retour (déjà) des responsables de The Notebook. Un spectacle vivement conseillé par Géraldine Chaillou, directrice adjointe du théâtre, mais quand elle nous en a parlé (période Occupation Bastille), j’étais un peu pompette, donc je ne me souviens plus de ce qu’elle a dit. #FAP17 (du 18 au 24 septembre 2017) ✓
  • Grande – Tsirihaka Harivel & Vimala Pons (Centquatre) : un des trois spectacles que je reverrai cette année, en tentant de récupérer ma place au milieu au deuxième rang – Vimala, je t’aime -) (du 19 septembre au 11 octobre 2017) ✓
  • Le Bruit des Arbres qui tombent – Nathalie Béasse (Théâtre de la Bastille) : Je suis contractuellement obligé de suivre l’intégralité de la programmation du Théâtre de la Bastille, celui-là (et 3 autres) en particulier. Attention, les Infiltré.e.s sont dans la place. (du 28 septembre au 14 octobre 2017) ✓

 

OCTOBRE

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Crédit photo : Axel Ito
  • Stadium – Mohamed El Khatib/Frédéric Hocké (Colline) S’ils avaient choisi des supporters du PSG, pas certain que j’aurais pris ma place, marseillais que je suis… #FAP17 (du 27 septembre au 7 octobre 2017) ✓
  • La Logique du Pire – Étienne Lepage/Frederick Gravel (Théâtre de la Bastille) : … est parfois la meilleure. (du 4 au 14 octobre 2017) ✓
  • Alex Beaupain – Les Gens sur l’Enveloppe (Philharmonie 2)… Un livre album qui m’a hautement ému, côté fiction comme côté enquête. (5 octobre 2017) ✓
  • Eve Risser (Dynamo Pantin) : Où comment je fais entièrement confiance en une amie chère qui m’a fortement conseillé d’assister à un des concerts de cette pianiste. (7 octobre 2017) ✓
  • Non c’est pas ça (Treplev Variations) (CentQuatre) : Mais combien d’adaptations de la Mouette cette année ? (du 5 au 14 octobre 2017)
  • Flêche la Chair (Bab-Ilo) : C’est vraiment pour faire plaisir à une amie que j’y vais…(tous les 2e jeudis du mois)
  • Se sentir vivant (Centre Culturel Suisse) : CCS qui est dans la même rue que la crêperie Suzette. (du 10 au 12 octobre 2017)
  • La Mécanique de l’Histoire – Yoann Bourgeois (Panthéon) : En treize ans de vie parisienne, je ne suis jamais entré dans le Panthéon, l’occasion fait le larron. (du 3 au 14 octobre 2017) ✓
  • Gala – Jérôme Bel (Rond Point) : Je croise les doigts pour qu’il y ait la magnifique Marlène Saldana ce soir-là. #FAP17 (du 4 au 15 octobre 2017) ✓
  • Le Camion (MC93) : Je rêve de remonter à pied les trois étages pour me rendre dans la nouvelle salle. (du 14 au 22 octobre 2017)
  • MaMA Festival 2017 : Ou quand tu es censé préparer ta venue en écoutant les artistes et que tu n’as pas le temps de le faire… (du 18 au 20 octobre 2017)
  • Weezer (Olympia) : Remember remember Summer 1995… (je tease déjà le côté fiction de la chronique) (19 octobre 2017) ✓
  • Mathieu Madenian (Bataclan) : Je n’ai jamais été trop fan des one-man shows, je trouve ça toujours trop long. (21 octobre 2017) ✓
  • Sgt Pepper’s Lonely Heart Club Band Live (Philharmonie) : et pour fêter les 50 ans de l’album et faire revivre la musique des Beatles sur scène : Ed Harcourt, Carl Barat & Pete Doherty (The Libertines), Steve Mason (The Beta Band), Danny Goffey & Gaz Coombes (Supergrass), Barrie Cadogan (Primal Scream), etc. (22 octobre 2017) ✓
  • Ensemble Ensemble – Vincent Thomasset (Théâtre de la Bastille) : Ne rien lire, ne rien savoir, se boucher les oreilles… #FAP17 (du 18 au 24 octobre 2017) ✓
  • The Rolling Stones (U Arena) : Qu’on veille à ce que Mick, Keith, Charlie, Ronnie prennent bien leurs cachets d’ici là, merci. (David, Roger, Leonard, si vous me lisez…) (25 octobre 2017) ✓
  • Stadium – Mohamed El Khatib (Mucem – Marseille) : Une lecture projection du spectacle vu un peu plus tôt dans le mois avec notamment Jacques Bonnaffé ou quand les ch’tis sont accueillis à Marseille. (27 octobre 2017) ✓

 

NOVEMBRE

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Crédit photo : Claire Guichon
  • Disabled Theater – Jérôme Bel (Espace Cardin et aussi à la Commune) : Moment sûrement émouvant qui me fera repenser à… (voir plus bas « Les étoiles nous regardent d’en haut ») #FAP17 (du 3 au 6 novembre 2017) ✓
  • Compassion, l’histoire de la mitraillette – Milo Rau (Grande Halle de la Villette) : Un des ces créateurs inconnus de moi mais qui reviennent souvent à mes oreilles (cf Simon Stone) #FAP17 (du 7 au 11 novembre 2017) ✓
  • Des Territoires (… d’une prison à l’autre…) – Baptiste Amann (Théâtre de la Bastille) : Ils sont de retour et ils ne sont pas contents. #FAP17 (du 2 au 25 novembre 2017) ✓
  • Les Barbelés –  Annick Lefèbvre/Alexia Bürger (Colline) : Québec mon amour. (je me répète) (du 8 novembre au 2 décembre 2017) ✓
  • Brad Mehldau & Chris Thile (Cité de la Musique 2) : On ferme les yeux. (13 novembre 2017)
  • La Cantatrice Chauve (13e Art) : Qu’on me tape sur les doigts, je ne suis toujours allé voir la version du théâtre de la Huchette ! (du 14 novembre au 10 décembre 2017) (remplacé par Réparer les vivants.)
  • C’est la vie – Mohammed El Khatib (Espace Cardin) : Après « Finir en beauté »… #FAP17 (du 10 au 22 novembre 2017) ✓
  • Bella Figura – Yasmina Reza (Rond Point) : Jean-Michel, il faut qu’on parle. J’avais prévu de voir un certain nombre de spectacles dans tes petites salles, mais ton abonnement m’oblige à choisir 4 spectacles dans ta grande salle, qui sont certainement de bonne facture, mais voilà j’ai dû choisir par défaut (et donc dépenser des sous en plus) (du 7 novembre au 31 décembre 2017) ✓
  • Ouvrage – Liv Compagnie (Théâtre de la Bastille) : Revoir notamment les gracieuses Alma Palacios et Ruth Vega Fernandez. (du 3 au 17 novembre 2017) : Les représentations de « Ouvrage » par la Compagnie Liv au mois de novembre au Théâtre de la Bastille ont été annulées, la compagnie n’ayant pas pu obtenir les droits d’un texte de Yukio Mishima. Les voies des ayants droits sont impénétrables
  • Les Damnés – Ivo Van Hove (Comédie Française) : Mais faut-il (re)voir le film avant la représentation ? (du 29 septembre au 10 décembre 2017) ✓
  • Le Chant de L’Oiseau Amphibie Tous des oiseaux – Wajdi Mouawad (Colline) : Mais sur mon ticket, je lis « Tous des oiseaux ». Que vais-je voir en fait ? (du 17 novembre au 16 décembre 2017) ✓
  • Les étoiles nous regardent d’en haut (L’Incendie) Laboratoire à Théâtre/Miguel Angel Sevilla (Spectacle avec des jeunes adultes ayant une déficience mentale ou physique) (MPAA St Germain) : Projet cher à mon coeur, puisque je fus un des comédiens soutiens sur les deux précédents projets de l’atelier. Heureux et curieux de les revoir avec les petits nouveaux. (18 et 19 novembre 2017) ✓
  • Conférence de Choses – François Grémaud/Pierre Mifsud (Rond Point) : Il faudra qu’on m’explique comment le Nouveau Théâtre de Montreuil peut proposer la même série de spectacles pour 5€ par conférence en juin prochain, alors qu’avec l’abonnement du Rond Point c’est trois à quatre fois plus cher. Je ne suis pas radin, mais je compte mes sous. (du 21 novembre au 31 décembre 2017) ✓
  • Gardarem – Brunelle Lemonnier (Manufacture des Abbesses) : Ça parle de la lutte du Larzac dans les années 70 avec des comédiens qui sont trop jeunes pour l’avoir connue, dont une de mes cousines éloignées que je verrai pour la première fois sur scène… (du 9 au 26 novembre 2017) ✓
  • Les Trois Soeurs – Anton Tchekhov/Simon Stone (Odéon) : Céline Salette et l’occasion pour moi d’enfin découvrir le travail de Simon Stone. (du 10 novembre au 22 décembre 2017) ✓
  • À nous deux maintenant – Jonathan Capdevielle (Amandiers) : Jerk forever. #FAP17 (du 23 novembre au 3 décembre 2017) ✓
  • Girls in Hawaii au Trianon : Le retour du groupe belge qui te fait monter au ciel et donne des frissons. (28 novembre 2017) ✓
  • La Face Cachée de la Lune – ExMachina/Robert Lepage (Grande Halle de la Villette) :  Transformers 2 ou 3 vs Pink Floyd. (du 24 novembre au 2 décembre 2017) ✓

 

J’AI DÉJÀ VU, C’EST BIEN MAIS JE N’Y RETOURNE PAS PARCE QUE JE N’AI PLUS DE SOUS ET QUE J’ESSAIE D’AVOIR UNE VIE SOCIALE…

Pinocchio (Carlo Collodi/Joël Pommerat) à la MC93 (deux ans sans nouvelle création de Joël Pommerat… Je dis ça, je ne dis rien (mais je le dis quand même) (du 13 au 17 septembre 2017)Réparer les Vivants au Théâtre de la Porte St Martin : deux ans après l’avoir vu à la Condition des Soies pendant le Festival Off d’Avignon, j’étais assis à côté de Jil Caplan, mon coude s’en souvient encore (à partir du 12 septembre 2017)Un Album (Laetitia Dosch) au Théâtre du Rond Point : vu sur le toit du Point Éphémère, insurpassable) (du 11 octobre au 5 novembre 2017) F(l)ammes à la Maison des Métallos (du 17 au 29 octobre 2017) et au Théâtre de la Tempête (du 16 novembre au 17 décembre 2017) – Les Particules Élémentaires (Michel Houellebecq/Julien Gosselin) au Théâtre de l’Odéon (du 12 septembre au 1e octobre 2017), etc (La Règle du Jeu à la Comédie Française, Singing in the Rain au Grand Palais, Tristesse et Joie dans la Vie des Girafes à Monfort, Intramuros à la Pépinière Théâtre, Néant au Tarmac)

Je dois en oublier, mais il y a tout de même de plus en plus de reprises…

 

ON PEUT S’EN PASSER…

Les Batteurs (Adrien Béal) au T2G : … qui ne m’avaient pas emballé la saison dernière au théâtre de la Bastille – Bovary (les films sont plus harmonieux que la vie) (Cendre Chassagne) à la Maison des Métallos : vu l’an passé au Théâtre des Halles (Avignon OFF 16)… il faudrait que je développe, mais j’ai trouvé ça assez vain (vidéo accessoire, dialogue au téléphone avec Truffaut ridicule…)

 

ÇA COMMENCE EN NOVEMBRE MAIS J’Y VAIS EN DÉCEMBRE…

Maîtres anciens (Thomas Bernhard/Nicolas Bouchaud) au Théâtre de la Bastille #FAP17 (à partir du 22 novembre 2017)Mélancolies (Julie Deliquet) au Théâtre de la Bastille #FAP17 (à partir du 29 novembre 2017)Je suis un pays – Voilà ce que jamais je ne te dirai (Vincent Macaigne) à Nanterre Amandiers (pour le coup, j’irai à la Colline en juin, parce que Nanterre c’est loin) #FAP17 (à partir du 25 novembre 2017)

 

Ce programme (donc le mien) est loin d’être représentatif de ce qui va être présenté ces prochains mois dans les différents théâtres (essentiellement publics, je plaide coupable), mais on ne peut pas être partout et je sais déjà que je vais rater une ou plusieurs perles (arriver à se dire : ce n’est pas grave si je rate ci ou ça). Mon planning est sûrement appelé à être modifié, des spectacles en plus, des flemmes inévitables, des conflits d’agenda également. Tous ces spectacles seront chroniqués à ma sauce…

Bonne rentrée à toutes et à tous mais surtout à moi.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito