Le Syndrome du Banc de Touche (Léa Girardet / Julie Bertin / Théâtre de Belleville)

(de quoi ça parle en vrai)

« Il y a 20 ans, Aimé Jacquet gagnait la coupe du monde et Léa rêvait de devenir comédienne. Aujourd’hui, Aimé Jacquet est rentré dans l’histoire et Léa est restée sur la touche à l’image des footballeurs remplaçants. En proie à une crise de légitimité, la jeune femme décide de s’auto-titulariser en suivant les pas du sélectionneur de l’équipe de France. » (source : ici)

 

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(ceci n’est pas une critique, mais…)

Me reconnais-je dans ce que je vois/entends ? Ce n’est pas la condition sine qua non pour apprécier un spectacle, mais quand c’est le cas pour moi (et ce fut le cas ce soir), c’est que le spectacle a atteint son but (je n’ai même pas fait exprès d’utiliser ce terme footballistique).

On peut ne pas aimer le football, on pourrait se désespérer de voir à nouveau un « seule en scène » d’une comédienne qui va parler de sa vie et de ses tracas. Pourtant, dès l’échauffement, on est dedans, parce que ça va au-delà des deux sujets pré-cités : On fait quoi de nos rêves ? On fait quoi de notre vie ?

Une comédienne qui ne joue pas est-elle toujours une comédienne ? Un joueur qui reste assis sur le banc de touche peut-il s’enorgueillir d’une victoire ? Le parallèle était évident et Léa Girardet nous impressionne par le caractère très documenté de la pièce (on entend les voix d’Aimé Jacquet et Vikash Dhorasoo (« Substitute » chantait Led Zep »), on écoute attentivement l’histoire de cette gardienne de but dans les années 60), on est amusé quand elle interprète le fameux discours d’Aimé Jacquet qui pourrait être repris dans tous les cours de théâtre (« Robert, muscle ton jeu ! »), elle nous émeut (et quand je dis « nous », je dis « je ») parce qu’il y a de l’espoir dans tout cela.

Léa Girardet aurait très bien pu se contenter d’évoquer sa condition de comédienne en recherche de rôle, cela aurait été certainement réussi, car son jeu est dynamique et son écriture simple et efficace, mais elle a su élever son jeu. Peut-être pas assez pour revêtir le légendaire numéro 10, mais au moins un numéro 9… comme Papin (forever, dit celui qui est né à Marseille…)

 

LE SYNDROME DU BANC DE TOUCHE

De et avec Léa Girardet

Avec la participation de Robin Causse

Mise en scène Julie Bertin

Création sonore Lucas Lelièvre – Lumières Thomas Costerg – Costumes Floriane Gaudin – Vidéo Pierre Nouvel – Regard chorégraphique Bastien Lefèvre – Collaboration artistique Gaia Singer

Diffusion Séverine André Liebaut – SCENE 2 Diffusions

Au Théâtre de Belleville (Paris) jusqu’au 30 novembre 2018 du mercredi au dimanche.

(réservations : )

 

(d’autres histoires)

Il y a longtemps, je discutais avec une actrice, une comédienne, je n’ai jamais su faire la différence. Elle était serveuse. Elle ne prenait aucun cours, ne montait pas sur les planches, non, son rêve c’était le cinéma. Au cours de l’année, elle n’avait tenu « que » le premier rôle d’un court-métrage. Et le reste du temps ? Moi, à l’époque, je participais à deux ateliers théâtre, deux fois trois heures par semaine, deux spectacles à la fin de l’année, six représentations en tout. Étais-je alors plus comédien qu’elle ?

*****

En CE1, je ne touchais pas un ballon à la récré. Notre jour de match, c’était le mardi.  J’étais là, mais non. Au mois de mai était organisé un tournoi. Deux camarades faisaient les équipes. L’un d’eux, Cyrille, a pensé à moi : « Mais oui, on prend Axel, il a fait une super tête, l’autre jour ! » Effectivement, le ballon était très haut dans le ciel et évoluait au ralenti comme dans « Olive et Tom », je m’étais placé au bon endroit, j’avais légérement fléchi mes genoux, mis mon cul en arrière, les poings fermés et j’avais attendu que le ballon rebondisse sur le haut de mon crâne. C’était ma super tête.

Je l’aimais bien Cyrille, parce qu’il était dans ma classe, parce qu’il avait eu confiance en ma capacité à faire rebondir un ballon sur ma tête et qu’il était super mûr pour son âge. Il avait la voix cassée, un peu grave. Quand je repense à lui, je ne vois pas un gamin de 7 ans, je vois une personne adulte dans un corps d’enfant. Si je rencontrais aujourd’hui le Cyrille de CE1, je suis certain qu’il me paraîtrait plus vieux que moi, plus sage. Je veux dire, il aurait vécu, quoi. Je l’écouterais.

 

vu le mercredi 5 septembre 2018 au Théâtre de Belleville, Paris

prix de ma place : invitation

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

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