Deux mille dix-huit

SPECTACLE VIVANT

Une année record (j’avais déjà dit cela l’an passé, mais j’ai de nouveau battu mon record, c’est moi qui ai la plus longue, pour une fois). Alors même que cette année j’ai travaillé à plein temps (pour le pire et le moins pire), je sais déjà que j’en ferai beaucoup moins en 2019, j’ai vu mes limites, tant physiques qu’inspirationnelles, si je puis dire. (ça aussi, je l’ai déjà écrit l’an passé, mais à moins qu’on me paye pour écrire, je verrai réellement beaucoup moins de spectacles l’an prochain). Pour être plus sérieux, j’ai la fâcheuse impression que d’en voir beaucoup me blase un tantinet…

IMG_20180114_154749_286
Bibliothèque du Théâtre de Gennevilliers

139 spectacles (71 il y a 2 ans, 101 l’an passé) à Paris, Montreuil, Bobigny, Nanterre, Gennevilliers, Aubervilliers, Saint-Denis, Boulogne-Billancourt, Saint-Ouen, mais aussi Avignon, Bussang, Bruxelles, Londres et Lausanne, dans 66 lieux avec des artistes français, belges, anglais, néerlandais, italiens, portugais, canadiens, danois, suisses, brésiliens, grecs, polonais, allemands, israëliens, russes… parfois (souvent) dans le texte. Du théâtre, des chevaux, des images, du son, de la musique, des marionnettes, des objets, du théâtre documentaire, de la danse, du cirque, du seul en scène, du one wo.man show, des écoles de théâtre, des gens tous nus, des performances, du jeune public, des professionnels, des « amateurs » et même des pièces dans le privé…

Trois spectacles vus une 2e fois (« Iliade » par Pauline Bayle, « Bovary » et « Sopro » de Tiago Rodrigues) ou une 3e fois (« By Heart » de Tiago Rodrigues, toujours lui)

IMG_20180623_233811_985
Ça ne se passe jamais comme prévu de Tiago Rodrigues avec les élèves de la Manufacture au Théâtre de l’Aquarium

J’ai vu cinq spectacles du tg STAN (« Quoi Maintenant », « Infidèles », « Atelier », « Après la répétition », « Quartett »), quatre de Tiago Rodrigues (+ « Ça ne se passe jamais comme prévu ») (#TeamTiago), quatre de Julien Gosselin (« 1993 » et sa trilogie Don DeLillo), quatre de Gwenaël Morin (sa tétralogie « Molière de Vitez »), trois de Marc Lainé (« La fusillade sur une plage d’Allemagne », « Hunter », « La Chambre désaccordée »), deux du Collectif L’Avantage du Doute (« Grande Traversée », « La Caverne ») (le film de Judith Davis « Tout ce qu’il me reste de la révolution » sort début février, soit dit en passant), deux de Pauline Bayle (« Iliade » et « Odyssée »), deux avec Laetitia Dosch (« La Maladie de la Mort » de Katie Mitchell et « Hate »), deux avec Emilie Incerti Formentini (« Au bois » et « Love me tender »), deux avec Grégoire Monsaingeon (« Bovary » et « Ovni(s) »), deux de Lisbeth Gruwez (« We’re pretty fuckin’ far from ok », « The Sea Within »), etc.

Par souci de transparence, je tiens à mentionner que j’ai bénéficié de 43 invitations  (dont 19 dans le cadre du Festival Off d’Avignon) grâce à ce blog ou dans le cadre de  mes contributions au Blog de Nestor (blog sur l’actualité culturelle montreuilloise). J’ai donc payé 96 fois ma place…

À part ça de grands souvenirs avec (dans le désordre) :

  • France Fantôme de Tiphaine Raffier au TGP St-Denis
  • B. Traven de Frédéric Sonntag au Nouveau Théâtre de Montreuil
  • The Encounter de Simon McBurney à l’Odéon Théâtre de l’Europe
  • Tragédies Romaines de Ivo Van Hove à Chaillot (je ne l’ai pas chronique, vous rendez-vous compte ?!?)
20180701_150320
Tragédies romaines d’Ivo Van Hove à Chaillot

Et dans les (plus ou moins) bons souvenirs :

  • le bataillon 30 hyper dissipé aux Tanneurs pour le « By Heart » de Tiago Rodrigues.
  • ma crampe à la cuisse droite durant la trilogie Don DeLillo aux Ateliers Berthier.
  • le site magnifique du Théâtre du Peuple à Bussang.
20180818_155438
Théâtre du Peuple, Bussang
  • mon extinction de voix à cause de Laetitia Dosch (ou plutôt à cause de ma persévérance à ne pas vouloir acheter de parapluie)
  • mon accréditation pour le Off d’Avignon.
  • la découverte du Barbican à Londres (clin d’oeil à Camellia Burows)
  • tomber amoureux d’une bonne dizaine de comédiennes/danseuses (en vrai, j’ai préféré ne pas compter pour ne pas me faire du mal) (clin d’oeil à Laurent, je te laisse Laetitia, mais j’ai vu Lisbeth avant toi, je te ferai remarquer !)
  • ces moments « je vais aux toilettes ou je n’y vais pas » pendant les spectacles de Gosselin ou Van Hove.
  • ma gêne lors de ma rencontre avec une comédienne qui avait lu ma chronique mitigée d’une pièce dans laquelle elle avait joué (longue phrase bien lourde).

 

CONCERTS

16 soirées concerts (soit moitié moins que l’an passé) mais avec 27 artistes ou groupes.

IMG_20180622_182533_825
Parce que je fais parfois régisseur son…

TOP 5

 

EXPOS

La découverte (enfin) des Rencontres Photographiques d’Arles, les polaroïds de Wim Wenders à Londres, mon initiation à l’architecture…

20180810_141916
La Cité Radieuse par le Corbusier sur la Planète Mars

 

CINÉMA

Moitié moins de films cette année (35 au 26 décembre 2018), la faute au théâtre et aux chroniques à écrire, à la flemme. Huit films sont tout de même parvenus à se détacher : 

  • Leto de Kirill Serebrennikov
  • Shéhérazade de Jean-Bernard Marlin (#TeamLycéeMichelet)

57631e7_FTstXIXXs-qcYi7trxzFYIBK

  • Amanda de Mikael Hers
  • Climax de Gaspar Noé
  • Woman at War de Benedikt Erlingsson
  • Au Poste de Quentin Dupieux
  • Phantom Thread de Paul Thomas Anderson
  • Ready Player One de Steven Spielberg

 

SÉRIES

J’ai vu énormément (trop ?) de saisons cette année : 50 si j’ai bien compté

TOP 5

  • l’intégrale de Six Feet Under (enfin !) : qui m’a totalement dévasté, je pèse mes mots.
  • la saison 2 de The Good Fight : série trop méconnue, légèrement anti-Trump.
  • la saison 1 de Kidding (+ S1 : I’m dying up here) : Jim Carrey. Voilà.
  • la saison 1 de Counterpart : Espionnage et monde parallèle…
  • la saison 1 de The First : Sean Penn, Mars… Elle prend son temps.

 

LIVRES

TOP 5

  • la découverte FabCaro avec « Zaï  Zaï Zaï Zaï »et son roman « Le Discours » auquel je me suis pas mal reconnu (c’était même assez troublant à certains endroits) :

 

« Je ne suis pas comme vous, je vous emmerde, j’ai trop de problèmes dans ma vie pour faire la chenille, j’ai lu « Le livre de l’intranquillité » de Pessoa, vous imaginez quelqu’un qui a lu « Le livre de l’intranquillité » de Pessoa faire la chenille ? »

 

  • l’Arabe du Futur 4 de Riad Sattouf
  • Vernon Subutex 3 de Virginie Despentes
  • Le Lambeau de Philippe Lançon

 

CÔTÉ BLOG 

5 articles pas par moi : de grands remerciements encore et toujours à Cyril Bivalski et Laurent Suavet. La porte reste toujours ouverte pour vous (et pour d’autres aussi, soyons fous !)

130 articles écrits par moi…

Top 10 fréquentation (au 26 décembre) :

Le blog va plutôt bien, merci de demander. 

 

SUR LE PLAN PERSONNEL

Sans rentrer dans les détails… J’ai donc écrit de nombreux articles pour ce blog (130), quelques articles pour le Blog de Nestor (19 peut-être). J’ai collaboré à Radio Mortimer (et fait la connaissance de personnes très très intéressantes). J’ai (enfin) terminé d’écrire ma deuxième pièce que j’espère pouvoir monter d’une façon ou d’une autre en 2019, participé au labo social (fantôme) mené par le collectif « L’Avantage du Doute » lors de l’Occupation Bastille 2 (dans le théâtre du même nom), joué à deux reprises dans la salle du haut du théâtre de la Bastille en compagnie de mes amis Les Infilitré.e.s (et dit un de mes textes, tout seul devant le public)… Je crois que j’ai beaucoup écrit cette année… (et je ne suis absolument pas épuisé, mais ça c’est l’âge)

 

Et prochainement en 2019… Les Infiltré.e.s saison 2 au théâtre de la Bastille les 9 et 10 mai… « Dedans ma tête », le seul en scène écrit et interprété par moi-même… Des chroniques made in Québec…

48899275_2060644674227685_8778860582624296960_o
photo : Marc Woog – Compagnie Mimesis

 

Textes et photos (sauf mention contraire) : Axel Ito

Publicités

Vertigo (Hitchcock/Herrmann/Britten Sinfonia/Philharmonie de Paris)

(de quoi ça parle en vrai)

Euh… C’est donc le vrai film Sueurs Froides, mais avec un orchestre en vrai qui joue la musique de Bernard Herrmann en direct.

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Il est évident que je ne critiquerai pas ici le film de Alfred Hitchcock. Je veux dire, je ne pondrai ni une critique ni une non-critique. Même si on pourrait encore une fois saluer le talent de Hitchcock pour instaurer cette atmosphère qui lui est si propre, l’utilisation des couleurs, les fausses pistes sur lesquelles il nous envoie pendant plus de la moitié du film (un peu comme dans Psychose d’ailleurs), le non-manicchéisme des personnages, tels que celui interprété par le grand Jimmy Stewart, cette fin non heureuse (oups), le choix des pulls moulants (empruntés à Ed Wood ?) pour Kim Novak et Barbara Bel Geddes…

En revanche, je peux revenir sur cette première expérience qu’est le ciné-concert pour moi. Le Britten Sinfonia a donc interprété la majeure partie de la bande musicale de Bernard Herrmann. La grande salle de la Philharmonie n’est définitivement pas faite pour la musique sonorisée. Comme lors du concert hommage à Sgt Pepper, tout ce qui vient des hauts-parleurs résonne. En revanche, le son de l’orchestre était impeccable, comme sur un disque, comme si on était à l’intérieur du film. Avoir conscience d’assister à un tel concert permet d’apprécier encore plus l’importance de la musique de Bernard Herrmann dans les films de Alfred Hitchcock (certaines scènes sans paroles sont étonnamment longues par exemple).

 

Vertigomovie_restoration
Affiche de Saul Bass (photo du haut par moi)

 

Dans les points négatifs, hormis les quelques erreurs syntaxiques dans les sous-titres (au moins huit, ce que je trouve inacceptable pour le vice-champion d’orthographe des Bouches du Rhône en 1991 que je fus), les scènes dans lesquelles la musique joue un rôle primordial ont été rééenregistrées. Pas les voix des acteurs, je vous rassure, mais tous les bruitages et autres bruits d’ambiance. Cela donne pour ces scènes un résultat factice, mal mixé, comme si les bruitages étaient également faits en direct.

Ceci étant dit, (re)voir Sueurs froides sur un très grand écran avec de la musique en vrai reste une expérience plaisante où il faut encore une fois féliciter la maîtrise du Britten Sinfonia qui est basée au Barbican de Londres (où j’ai vu la semaine dernière le Moeder du Peeping Tom, dont vous lirez peut-être un jour la chronique. Si Camellia Burows lit ces quelques lignes…).

 

vu le dimanche 4 février 2018 à la Philharmonie de Paris

prix de la place : 22,50€ (cat 3 – abonnement)

 

SUEURS FROIDES (Vertigo)

un film d’Alfred Hitchcock

avec James Stewart, Kim Novak, Barbara Bel Geddes (qui jouait dans Dallas)

Musique de Bernard Herrmann

par le Britten Sinfonia – Direction Ernst Van Tiel

 

(une autre histoire)

Sean Connery et Gene Hackman ont pris leur retraite. Ils ne sont pas morts. Je répète, ils ne sont pas morts. Ils ont pris leur retraite. Mel Brooks est seulement vieux, Olivia de Havilland très vieille et Kirk Douglas très très vieux, mais pas morts. Kim Novak, Tippi Hedren, Shirley MacLaine, Doris Day sont toujours vivantes. A croire que jouer dans les films de Alfred Hitchcock conserve. Ou bien est-ce l’instinct de survie, parce que tourner avec Tonton Alfred était loin d’être une sinécure, parait-il.

Une fois, j’ai rêvé que j’étais dans le film « Les Oiseaux » mais je ne pouvais point retourner dans la vraie vie, comme dans Last Action Hero de John McTiernan ou La Rose pourpre du Caire de Woody Allen. Je me faisais bouffer par une sterne arctique, c’était le soir où je fus poursuivi (et baptisé) dans la vraie vie par une sterne arctique à Seydisfjordur, Islande. D’ailleurs en parlant de Woody Allen, je n’ai toujours pas vu son dernier film, ni son avant-dernier, donc rien à voir avec la polémique du moment. Peut-être un jour ira-t-il dans la même cellule que celle de John McTiernan (emprisonné il y a quelques années pour des affaires d’écoutes illégales) ?

En parlant de rêve, la nuit dernière, j’ai rêvé que je jouais à la Philharmonie dans le nouveau spectacle des Chiens de Navarre. ils avaient sorti de leurs cages des dragons de Komodo peu commodes et si voraces que j’avais dû me réfugier dans des toilettes publiques. John Travolta, période Pulp Fiction, frappait à la porte pour fuir Harvey Weinstein, mais ce dernier le mangea. Heureusement Uma Thurman arriva et lui introduisit une batte de criquet dans le scrotum. J’ouvris la porte et l’étreignis fort fort fort, parce que j’avais eu peur peur peur. Elle me porta dans ses bras jusqu’à l’horizon, avec le soleil couchant au loin, parce que dans mes rêves, il fait toujours beau à Paris.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito