Festival d’Avignon 2019, ma sélection Off

Autant vous dire, qu’une fois n’est pas coutume, il y a l’embarras du choix cette année dans le Off d’Avignon. La Manufacture, Les Halles, les Doms sont toujours là, deux autres lieux prennent également de plus en plus de place et proposent cette année encore une programmation alléchante et exigeante : le 11 Gilgamesh Belleville et le Train Bleu, qui en très peu d’années (seulement la deuxième pour le Train Bleu) font déjà office d’incontournables.

Je ne parviens pas à me souvenir combien de festivals d’Avignon j’ai faits. Le premier, c’était en 1996, le dernier, forcément, l’an passé. J’ai fait les trois semaines de festival à deux reprises, encore en 1996 et en 2001, autrement dit dans une autre vie. A la fin d’un séjour, il n’est jamais certain que je revienne l’année suivante. Et pourtant, un manque s’immisce en moi et finalement j’organise mes vacances en fonction de.

Je serai de retour à Avignon du 10 au 16 juillet. L’an passé, j’ai vu 24 spectacles en 8 jours (5 + 3). Mon objectif n’est pas d’en voir autant (trois par jour est une bonne moyenne… et c’est déjà beaucoup), mais de mieux apprécier les spectacles et la ville. Prendre le temps aussi pour voir un film à l’Utopia ou une expo à la Collection Lambert. Bref…

Voici donc les vingt-sept spectacles que j’ai sélectionnés parmi les 1 592 qui se joueront dans les différents lieux du Off (sachant que je compte n’en voir que 18 tout au plus, in inclus, je vous laisse calculer) : (classés par horaire)

(NB : Pour ceux qui repassent par là, j’ai ajouté 3 spectacles à ma sélection initiale qui se trouvent en n° 10, 15, 22)

1/ GUERRE, ET SI ÇA NOUS ARRIVAIT ? de Janne Teller par Laurent Maindon à Présence Pasteur à 9h45

« IMAGINE : Et si, aujourd’hui, il y avait la guerre en France… Où irais-tu ? »

Avec une collègue de l’Occupation Bastille période Tiago Rodrigues. Il est toujours bon de suivre les gens qu’on a croisés ici et là.

2/ CRÂNE de Patrick Declerck, mise en scène d’Antoine Laubin, au Théâtre des Dons à 10h

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© Beata Szparagowska

« Devant nous, un écrivain à qui l’on doit retirer une tumeur. Il s’agit d’une intervention dite de chirurgie éveillée. Il faudra sonder le patient pour être certain de ne pas lui ôter le langage. C’est son outil de travail en quelque sorte et sa raison de vivre peut-être. On nous parlera du deuil impossible pour un chien, de la poésie de Shakespeare, du ridicule accoutrement opératoire et de la dignité qui se loge parfois dans les détails même face à une mort hypothétique. »

J’avais découvert le travail d’Antoine Laubin aux Doms avec « Le Réserviste » d’après un texte de Thomas Depryck. Je suis quelqu’un de fidèle.

3/ LATERNA MAGICA de Dorian Rossel et Delphine Lanza au 11 Gilgamesh Belleville à 10h30

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© Todd Hido

« Ce spectacle est une réinvention pour le plateau de la fausse autobiographie d’Ingmar Bergman. Ce récit sans complaisance, entre mémoires et exutoire psychanalytique, dessine un autre portrait du génie protéiforme. Il se raconte, les souvenirs dérivent, réinventant sa propre histoire pour en mesurer l’étendue et se l’approprier enfin. Bergman fait de sa vie une matière, fertile et fluctuante, pétrie de contrariétés, d’humour et de manques, sédiments propices à l’éclosion de sa créativité. »

Grande impatience avant chaque spectacle de Dorian Rossel, dont je regrette de ne pas encore avoir vu son adaptation du Dernier Métro de Truffaut.

4/ PLAIDOYER POUR UNE CIVILISATION NOUVELLE d’après Simone Weil par Jean-Baptiste Sastre au Théâtre des Halles à 11h25

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Crédit photo : DR

« Simone Weil : figure radicalement à part de la pensée française du XXe siècle. Sa vie durant, elle a cherché jusqu’à l’épuisement des clefs pour tenter de se comprendre et de comprendre le monde. Elle travailla en usine, prit part à la guerre d’Espagne aux côtés des Républicains, avant de rejoindre Londres et la « France Libre », où elle mourût à l’âge de 34 ans. « Elle ne méprisait rien sinon le mépris lui- même » Albert Camus. Après La France contre les robots de Georges Bernanos, Hiam Abbass et Jean-Baptiste Sastre adaptent une partie de la correspondance, L’Enracinement et d’autres textes de cette philosophe qui relèvent ses apports à la philosophie, à la critique politique et à la spiritualité. »

L’idée de voir l’actrice Hiam Abbass dans la salle de la Chapelle m’impressionne au plus haut point, surtout avec des textes aussi majeurs (et on parle de Simone Weil, pas de Simone Veil… j’ai vérifié avant)

5/ MARX ET LA POUPÉE  d’après le roman de Maryam Madjidi par Raphaël France-Kullmann au Théâtre Artéphile à 11h45

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« Depuis le ventre de sa mère, Maryam vit de front les premières heures de la révolution iranienne. Six ans plus tard, elle rejoint avec sa mère son père en exil à Paris. À travers les souvenirs de ses premières années, elle raconte l’abandon du pays, l’éloignement de sa famille, l’effacement progressif du persan au profit du français avant de le retrouver pleinement. Maryam Madjidi raconte avec humour et tendresse les racines comme fardeau, rempart, moyen de socialisation, et même arme de séduction massive. »

Parce que j’aime énormément ce premier roman et qu’aussi j’avais apprécié discuter avec son autrice les deux fois où on s’est vu. (ce n’était pas pour un rendez-vous Tinder, je préfère préciser, nous avons une connaissance en commun qui avait même traîné Maryam à mon anniversaire pour mes 30 ans, autrement dit il y a dix ans, déjà…)

6/ J’AI RENCONTRÉ DIEU SUR FACEBOOK d’Ahmed Madani au 11 Gilgamesh Belleville à 11h50

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©François-Louis Athènas

« Comment une adolescente bien sage et bien protégée par sa maman peut-elle sombrer dans une mascarade pseudo-religieuse d’aventure extraordinaire ? Comment une jeune mère qui est parvenue à s’émanciper du poids de la tradition, de la religion, réagit-elle face à ce qu’elle considère comme une trahison de son combat pour la liberté ? Voilà un vrai sujet de société dans lequel la fiction et la poésie peuvent trouver une voie d’expression qui fera écho chez les spectateurs, et les adolescents. »

Après F(l)ammes, je suis curieux de voir ce que nous prépare Ahmed Madani.

7/ LE MASSACRE DU PRINTEMPS d’Elsa Granat au Théâtre du Train Bleu à 11h50, les jours pairs

Le Massacre du Printemps – Teaser from Elsa Granat on Vimeo.

« J’ai mûri d’un seul coup puis j’ai régressé exactement en même temps. J’ai poussé fort et dans tous les sens. Il m’est arrivé d’accompagner des gens en fin de vie. Des combattants sans monument aux morts. Il y a des événements comme ça qui semblent insurmontables, tu penses qu’ils vont te laisser clouée au sol. Et pourtant tu vas découvrir des forces inespérées qui vont t’inspirer pour inventer des printemps même sur pelouse synthétique. Tu participes aujourd’hui au Massacre du Printemps. Oui j’ai bien dit « Massacre ». »

On dit que je suis fidèle… J’ai découvert Elsa Granat il y a déjà neuf ans avec « J’ai plus pied ». Une amie jouait dans cette pièce. J’ai découvert également Claire Méchin (qu’on connait chez les Blond and Blond and Blond et surtout à revoir dans Les Secrets d’un Gainage Efficace). Mais surtout Elsa Granat… une écriture, un point de vue, un sens de la mise en scène. (et je viens seulement de comprendre le jeu de mots (Mas)Sacre du Printemps…

8/ EXIT de Fausto Paravidino par Anne-Sophie Pauchet à la Manufacture à 12h

Bande-annonce EXIT Tournée / Fausto Paravidino / Anne-Sophie Pauchet from Florent_Houdu on Vimeo.

« A quitte B. A et B se séparent. Plus tard, A rencontrera C et B rencontrera D. Exit c’est l’histoire éternelle de la fin annoncée d’un couple. Et de ce qui pourrait se passer après. L’histoire du renoncement, des échappatoires, des petites lâchetés et des grandes désillusions. Une variation drôle et acide sur la difficulté de concilier le besoin de liberté personnelle et d’émancipation avec un exigeant besoin d’affection et d’une « vie satisfaisante ». Un questionnement sur la crise qui habite ces adultes bourgeois européens parfois autant incapables de courage politique que de courage intime. »

L’idée de revoir Laure Mathis, admirable Doreen dans la pièce éponyme de David Geselson et que j’aime l’écriture de Fausto Paravidino.

9/ L’OISEAU MIGRATEUR de Dorian Rossel à la Maison du Théâtre pour Enfants à 14h

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« Deux blocs noirs, deux comédiens, deux craies pour conter l’amitié insolite entre un petit garçon, sa voisine et un passereau. À contre-courant des temps tonitruants, L’Oiseau migrateur parie sur la simplicité et invite l’imaginaire à se déployer. L’histoire s’esquisse par des dessins à la ligne épurée, avant que le texte prenne le relais. »

Pour les mêmes raisons qui m’amènent à voir Laterna Magica et parce que je ne rechigne jamais à voir un spectacle dit jeune public.

10/ TROUBLE par Philippe Duban et Didier Cousin à Lascierie à 14h (jusqu’au 14 juillet)

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« Initié dans une réflexion libre à la lecture d’écrits de Michel Foucault, le projet s’est construit à travers une coopérative de création sous la direction de Philippe Duban et Didier Cousin. « Trouble » propose une plongée historique atypique autour de l’histoire de la folie qui résonne avec notre époque actuelle. Sur scène, un orchestre d’une quinzaine de musiciens en live, des projections d’images, un trapèze et un chœur d’acteurs danseurs et chanteurs. Porté avec souffle par une équipe de trente artistes, « Trouble » évoque la mue des enfermements, interroge la place des singularités dans les cercles d’appartenances, appelle à l’union dans la diversité. »

Pour avoir déjà officié pendant trois ans en tant que comédien soutien dans une troupe composée essentiellement de jeunes adultes « hors normes », je sais que ce spectacle sera une expérience incomparable. Surtout que la troupe de ce « Trouble » comprend un de ces fameux jeunes aux milles talents cachés (le voir m’imiter un soir de résidence fut un grand moment de… trouble)

11/ LA PAIX DANS LE MONDE de Diastème au Théâtre Artéphile à 14h05

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crédit photo Vanessa Filho

« Cinq ans avaient passé. Puis dix, puis quinze. Le juge peut interdire au coupable d’approcher la victime pour une durée d’au plus cinq ans. Simon n’a pas revu Lucie. Il vit en Suisse, à quelques kilomètres de la maison de Charlie Chaplin. Il lit des livres, il fait du feu. Il ne voit pas le temps passer. Simon se prépare. Au jour où Simon et Lucie seront enfin réunis. Il doit être prêt. Tout doit être prêt. Le monde n’oubliera jamais ce jour. »

Diastème fait partie de ces auteurs, un peu comme Xavier Durringer, qui ont imprimé mon inconscient de leurs thèmes, de leur écriture.

12/ UN DÉMOCRATE de Julie Timmerman à Présence Pasteur à 14h40

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« Une traversée épique à l’humour impitoyable de la vie et de l’œuvre d’Edward Bernays (1891-1995), neveu de Freud, inventeur dans les années 20 de techniques de manipulation des masses sans précédent : la “Fabrication du consentement”. S’inspirant des découvertes de son oncle sur l’inconscient, il vend indifféremment savons, cigarettes, Présidents et coups d’État. Goebbels lui-même s’inspire de ses méthodes pour la propagande nazie – mais Eddie ne comprend pas car Eddie est un démocrate… Où en est la Démocratie à l’ère du Big Data et de l’hyper-communication? »

Ça doit faire trois ans que j’en entends parler, mieux vaut tard…

13/ FLAVIEN par Flavien Bellec au Théâtre du Train Bleu à 15h20

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« Un homme, FLAVIEN, décide de faire un spectacle sur lui. Pudique, il n’a cesse d’éviter le face à face, terrible, avec l’autre, le spectateur. Dans une succession de performances anti-spectaculaires, FLAVIEN tente de donner une représentation idéalisée de lui-même. Une entreprise narcissique impossible qui voit affluer, en miettes et fragments, des souvenirs d’enfances et des fantasmes obscurs, dans un spectacle qui prend peu à peu la forme d’un n’importe quoi poétique. La scène devient alors le théâtre d’une lutte étrange entre FLAVIEN et sa propre représentation, jusqu’à devenir le cimetière de ses identités. »

Je devrais pourtant me méfier. Le Flavien fait partie des Divins Animaux

14/ JOIE d’Anna Bouguereau par Jean-Baptiste Tur au Théâtre du Train Bleu à 16h40

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« Est-ce qu’on est obligé de pleurer à un enterrement ? Est-ce que c’est normal qu’on enferme les morts dans des boites ? Pourquoi on fait plus de slows ? Pourquoi les croque-morts on l’air dépressif ? Qui a choisi cette musique improbable ? Pourquoi la dame au premier rang pleure si fort ? Est ce qu’on a le droit de coucher avec son cousin ? Pourquoi il faut attendre d’être mort pour être couvert de fleurs ? Comment continuer à vivre puisque les gens meurent ? »

J’ai découvert Anna Bouguereau dans « En réalités » et bluffé que je fus, je suis intrigué de voir et entendre ce qu’elle a écrit.

15/ IN-TWO par la Cie Tandaim au Festival Villeneuve en Scène de 18h30 à 22h30

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photo : Gabrielle Voinot

« C’est une petite collection de trois grandes boîtes aux allures de caisses de transport qui vous invite à entrer pour partager une histoire, une confidence, un (jardin) secret… Dans ces confessionnaux du quotidien où vous serez le seul spectateur, les mots de nos auteurs complices vous seront susurrés à l’oreille… Des formes courtes (6 à 8 minutes) à la manière d’un entresort, pour un acteur et un spectateur. »

Du théâtre intime, du théâtre qui ne fait pas mal (entendre : aucune gêne), on m’en a dit grand bien et cela serai aussi l’occasion de revoir peut-être Lucile Oza, une comédienne déjà vu dans mon coup de cœur Avignon 2016 :  Zoom (Gilles Granouillet / Marie Provence)

16/ LES SECRETS D’UN GAINAGE EFFICACE par les Filles de Simone au 11 Gilgamesh Belleville à 18h45

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© Christophe Raynaud de Lage

« Elles sont cinq et écrivent un livre sur le corps des femmes, comme leurs aînées des 70’s. Elles débattent et se débattent avec les hontes et traumatismes liés à ce corps et disent tout haut ce que tout le monde vit tout bas. Elles explorent leur intimité autant que l’Histoire ou la presse et réinventent les raisons de la colère. Des injonctions esthétiques à la transmission mère-fille, des règles au clitoris, elles explosent à grands coups d’autodérision les clichés qui leur collent à la peau. »

Mise à part la comédienne Claire Méchin dont j’ai parlé un peu plus tôt, je vais me laisser convaincre par le bouche à oreille.

17/ LES SIESTES ACOUSTIQUES par Bastien Lallemant à la Collection Lambert avec Là c’est de la musique à 19h

Les Siestes Acoustique de Bastien Lallemant from François GLRN on Vimeo.

« Laboratoire collectif et bienveillant, les Siestes Acoustiques de Bastien Lallemant sont imprévisibles, et réunissent acteurs et dormeurs autour de l’instant. Ne ratez pas l’occasion de faire cette expérience d’écoute musicale et sensorielle dans un cadre exceptionnel et surtout n’oubliez pas…de vous laisser aller à dormir ! »

Parce que j’aurais besoin de dormir un peu. Le problème, c’est que c’est à 19h et que 19h, c’est pas vraiment le bon horaire pour faire la sieste, on s’endort, on se réveille ensuqué, on ne sait plus où on est…

18/ LE GROËNLAND de Pauline Sales par Sylvie Boutley à la Salle Roquille à 21h

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« Cartographie d’une intimité. Monologue d’une femme qui perd le contrôle de sa vie, mais juste le temps d’une nuit … le temps d’aller au Groenland et de revenir… Théâtre d’une parole ironique. Elle fugue à travers les rues d’une ville, la nuit, en compagnie de sa fille, sa chouette son loup. Elle veut l’emmener au Groenland, un pays lointain, un retour à des origines esquimaudes ou un désir qui insiste. »

Les mots de Pauline Sales, la mise en scène certainement très sobre de Sylvie Boutley (que je connais un peu pour avoir travaillé avec elle en 2001 sur un texte de Ronald Laing)

19/ LA DERNIÈRE BANDE de Samuel Beckett par Jacques Osinski au Théâtre des Halles à 21h30

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©Pierre Grosbois

« « Viens d’écouter ce pauvre petit crétin pour qui je me prenais il y a trente ans, difficile de croire que j’aie jamais été con à ce point- là. » Chaque année, le jour de son anniversaire, Krapp fait le point sur sa vie et s’enregistre sur un magnétophone. Chaque année, il écoute quelques bandes anciennes et peste contre celui qu’il a été tout en se remémorant certains instants merveilleux et perdus. Il est à la recherche de l’instant T, du moment fondateur, celui de l’amour peut-être. « Sois de nouveau, sois de nouveau ». »

Denis Lavant + Samuel Beckett = un retour forcément déconcertant et inévitable.

20/ 11 SEPTEMBRE 2001 de Jacques Vinaver par le collectif Ildi Eldi au Théâtre des Halles à 21h30

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©C. Raynaud de Lage

« Depuis le 11 septembre 2001, une page nouvelle de l’histoire contemporaine s’est ouverte concernant le terrorisme, non seulement dans les faits, mais aussi dans les consciences. C’est comme si, à force de subir les attentats à répétitions, nous étions devenus plus à même de les accepter comme une normalité. La parole des acteurs, témoins et victimes du drame constitue le coeur de ce texte qui refuse tout jugement : les récits alternent, sans hiérarchie entre eux. Des casques, des micros, une partition sonore. Les comédiens prêtent leurs voix à l’ensemble des personnages, terroristes, rescapés ou hommes politiques. Dans cette atmosphère confinée et intime, le collectif ildi ! eldi évite tout pathos en dépassant la sidération et la saturation d’images par des voix murmurées qui ne peuvent être qu’un souffle. »

Même si je fus quelque peu déçu par « Ovnis » l’automne dernier, je ne raterai pas ce nouveau spectacle du collectif. Et aussi parce que je suis un inconditionnel de Grégoire Monsaingeon !

21/ HÉROÏNES 2 de Dominique Richard par Lucile Jourdan au Théâtre de l’Entrepôt (du 12 au 15 juillet) à 21h30

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« Une femme se cherche, ivre de désir d’amour et d’absence, dans le frais gazon vert de la maison calme, elle prend le temps de délacer les fils emmêlés de sa vie amoureuse. De l’enfance – aux côtés de son frère Paul, double adoré et jalousé – à aujourd’hui, elle suit les rainures de sa mémoire. »

Parce que la pièce était sélectionnée dans le festival Court au Théâtre du Théâtre Berthelot à Montreuil, dont je suis la programmation pour Le Blog de Nestor (un peu de réclame n’a jamais fait de mal) et aussi parce qu’on m’a grandement conseillé de découvrir l’écriture de Dominique Richard.

22/ IPHIGÉNIE À SPLOTT (Gary Owen / Blandine Pélissier) au Théâtre Artéphile à 21h40

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« Effie habite à Splott, un quartier de Cardiff touché par le chômage et la paupérisation. Effie, c’est le genre de fille qu’on évite de regarder dans les yeux, qu’on se permet de juger l’air de rien. Effie, c’est la provocation incarnée. On croit la connaître, mais on n’en connaît pas la moitié. Tous les samedis, elle se jette dans une spirale d’alcool, de drogue et de petits drames, et émerge au bout de trois jours d’une gueule de bois pire que la mort pour tenir jusqu’au bout de la semaine et mieux recommencer. Et puis, un soir, l’occasion lui est offerte d’être plus que ça. »

Je ne sais pas s’il s’agit d’un hasard, mais voir cette pièce au même endroit et à la même heure qu’une certaine Irish Story vue l’an passé est de bon augure. Surtout que la co-traductrice du texte n’est autre que Kelly Rivière (l’autrice et interprète de « An Irish Story », tout le monde suit ?) et que je pourrai y admirer Morgane Peters, que j’avais énormément appréciée dans des pièces jouées avec sa promo de l’ERACM.

23/ LOUISE O’SMAN au Théâtre de la Croisée des Chemins à 21h50

« Chausser des bottes de sept-lieues, devant la folie des Hommes, de ceux qui ne croquent plus la pomme -surtout dans la rue Paradis. Écouter la beauté des ondes, des veilleurs de ponts et des sourdes frondes enfouis dans le bleu endormi. Raconter les frênes trop frêles, les cœurs étouffés sous le satin, la violence des miroirs quotidiens. S’asseoir enfin à l’ombre des mémoires pour chanter l’attente, le manque et l’absence, qui sont peut-être déjà, les premiers signes du printemps. À la fois doux et intime, incisif et courtois, le répertoire de Louise O’sman marque par sa force, son originalité et sa poésie. »

C’est de la chanson, c’est de l’accordéon, c’est aussi un peu de copinage car la demoiselle se produisait également avec les No Man’s Louise que je suivais de Paris à Marseille…

24/ LA CONVIVIALITÉ par Arnaud Hoedt et Jérome Piron au Théâtre du Chapeau d’Ebène à 22h15

La Convivialité, Théâtre National, septembre 2016

« Le spectacle des deux belges qui veulent simplifier la langue française » : tout est faux dans cette phrase. Pas « simplifier » mais faire preuve d’esprit critique. Pas « deux belges», mais deux curieux qui veulent partager les découvertes des linguistes. Pas même la langue, seulement son orthographe. Car l’orthographe, c’est pas la langue, juste le code graphique qui permet de la retranscrire. Nous avons écrit pour dédramatiser, pour réconcilier et aussi parce qu’on a toujours pensé que l’Académie Française avait un vrai potentiel comique. Notez que tout n’est pas faux : il s’agit bien d’un spectacle ! Et drôle en plus ! C’est quand la dernière fois que vous avez changé d’avis? »

Je ne m’en orgueillis jamais assez : je suis le vice-champion départemental des Bouches du Rhône 1991 d’orthographe.

25/ DÉGLUTIS ÇA IRA MIEUX d’Andréa Bescond et Éric Métayer au Théâtre du Balcon à 22h30

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« Déglutis, ça ira mieux est l’histoire d’une femme, Aline, éternelle adolescente de 45 ans, fuyant sa vie, ses responsabilités et surtout son rôle de mère. Lorsqu’elle apprend qu’elle est atteinte d’une maladie dégénérative, elle se débrouille pour retrouver sa fille, Nina, devenue adulte trop tôt et qui a fait ses bagages depuis longtemps. Les retrouvailles entre ces deux femmes que tout oppose – ou presque – seront déjantées et passionnées. Bien malgré elle, Nina se retrouve emportée par la folie douce et l’humour de sa mère. Aline, elle, a une idée derrière la tête. Faire la paix avec sa fille. Et lui demander l’impossible… »

Je n’ai point vu de spectacles du duo Andréa Bescond / Eric Métayer. Je veux seulement revoir Géraldine Martineau sur scène. C’est dit.

26/ CHARLY CHANTEUR à l’Arrache-Coeur à 22h30

 

« Les ballades spleenétiques sont comme des chansons dépressives mais en plus drôles. Les poèmes-poubelles sont des poèmes récupérés dans une poubelle et mis en musique. Charly Chanteur est un chanteur gourou de la secte du « Spleen », un vrai-faux chanteur qui fait un vrai-faux concert. »

L’acolyte de Léopoldine HH revient à l’Arrache-Coeur tout seul. Pour bien terminer la soirée.

27/ LA 7E VIE DE PATTI SMITH de Claudine Galea par Benoît Bradel à la Manufacture, du 13 au 19 juillet à 23h

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crédit photo Benoît Bradel

« 2 portraits en parallèle, 2 amplis, 3 micros, 1 jeune fille, 1 jeune femme, des guitares électriques. À la fin des années 70, dans un village près de Marseille, une jeune fille timide porte difficilement ses 16 printemps. Jusqu’au moment où elle entend une voix. Celle bien saccadée d’une autre jeune femme maigre et timide. Mais trentenaire celle-ci. C’est Patti Smith qui, avec Horses, entre dans la légende. En adaptant à la scène l’écriture de Claudine Galea, Benoît Bradel signe un trio électrique sur notre irrépressible besoin de liberté. »

Patti Smith + Marie-Sophie Ferdane = deux raisons suffisantes.

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À part ça, j’ai déjà vu et je ne peux que conseiller :

La Légende de Bornéo du Collectif L’Avantage du Doute au Théâtre des Carmes, Désobéir de Julie Berès à la Manufacture (chronique très en retard), Le Champ des Possibles d’Elise Noiraud au Théâtre Transversal, On voudrait revivre par Léopoldine Hummel, Maxime Kerzanet et Chloé Brugnon à la Caserne des Pompiers, Vies de papier par la Cie La Bande Passante au 11 Gilgamesh Belleville, Batman contre Robespierre par le Grand Colossal Théâtre au Théâtre des Gémeaux, En réalités par Alice Vannier au Théâtre du Train Bleu, le Syndrome du Banc de Touche de Léa Girardet au Théâtre du Train Bleu.

Il y a bien deux trois autres pièces que j’ai vues et qui repassent par Avignon mais que je ne conseillerai pas et que je ne mentionnerai pas ici (dans l’onglet AVIGNON 2019, vous pourrez tout de même les trouver, j’y ai même mis des étoiles, on n’arrête pas le progrès !)

Il s’agit bien évidemment d’une sélection complètement subjective. Je le répète, il y a presque 1 600 spectacles programmés dans le Off. J’ai déjà reçu énormément de courriels m’invitant à découvrir certaines pièces. Ça me désole (et déprime aussi) de ne pas pouvoir répondre, je vous prie de bien vouloir m’excuser. Mais n’hésitez tout de même pas à donner vos conseils, vos envies. On sait jamais…

Avignon c’est dans un mois. Et d’ici là…

Et d’ici là, j’ajouterai bientôt trois nouveaux spectacles qui sont arrivés à mes oreilles…

Ps : Pourquoi Off alors que In ? Parce que si In plutôt Out. Ou bien On et Off ? Pourquoi en anglais d’ailleurs ?

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Stan dans « Quelque chose en nous de Vinci (La Nouvelle Seine)

(quand on ne lit pas la bible)

Stan ? Mince ! Mon collectif adoré le tg STAN s’est séparé ?

(de quoi ça parle en vrai)

« Une chaise et un chapeau comme unique décor, Stan entre en scène en dansant sur un air de Michael Jackson pour emmener le public dans ses propres univers. (…) De la Joconde à la Vénus de Milo, de « l’homme enceint » au rappeur gentil, il met l’humour de manière subtile au service de la poésie de Rimbaud ou d’Edmond Rostand, avec une interprétation rappelant celle de Raymond Devos et la verve de Fabrice Luchini… » Isabelle Antoine Rey, LA PROVENCE (source : ici)

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photo de couverture : Sophie Carotenuto

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Pourquoi suis-je allé voir ce spectacle, ce « one man show » ? Parce qu’on m’en avait dit du bien (notamment une très vieille amie qui connait le jeune homme), parce qu’il a travaillé avec une metteure en scène dont je me languis de revoir le travail (Elsa Granat, bientôt au Théâtre du Train Bleu au Festival Off d’Avignon cet été), parce qu’il vient de Marseille (solidarité Planète Mars).

Alors même que le spectacle souffre peut-être de longueurs dans sa deuxième partie (je ne suis pas un afficionado du genre, il faut dire), on ne peux que souligner la qualité de l’écriture, fine et intelligente (entendre « pas intello »). Parce que Christophe Carotenuto, de son vrai nom, a des lettres, nous en fait profiter, sans que cela soit pesant ou abscons. Il nous parle de sa vie, de certains personnages qu’il a croisés, de sa passion pour le théâtre, les arts, les mots, de sa difficulté en tant qu’acteur à faire son trou. Et comme il le dit dans son spectacle, on ne sait pas trop dans quelle case on peut le mettre. Faut-il tout mettre dans des cases ? Disons qu’on est entre le seul en scène et le one man show. Ce qui veut dire la même chose, j’en conviens, mais n’a pas la même « connotation ». Stan ne cherche pas le rire toutes les dix secondes. On est amusé, interessé. On rit aussi, quand même, heureusement. On voit qu’il a de nombreuses cordes à son arc, le Christophe Carotenuto sait jouer et écrire (et danser) et ne va pas « baisser le charisme » de sitôt.

Ce spectacle recommandé et recommandable, qui a déjà pas mal tourné, est à guetter près de chez vous.

 

STAN – On a tous quelque chose de Vinci

De et par Stan

Co-mise en scène: Elsa Granat

À la Nouvelle Seine, Paris, les 28 mai et 18 juin

 

(d’autres histoires)

Deux fois cette semaine, ce soir et vendredi prochain avec Ivo van Hove, que j’entends ce prénom (oui, je vois dans l’avenir… ou j’écris mes chroniques dans le désordre). Je ne citerai pas ce prénom. J’ai peur qu’il me hante durant ces prochaines nuits noires et solitaires, alors que j’ai tant besoin de repos. Mentalement, je fais la liste, que dis-je le catalogue, des prénoms que je ne donnerai jamais à mes enfants. Les prénoms des personnes bêtes, des anciennes petites amies, des élèves qui t’ont mis hors de toi… Il ne reste pas grand chose, j’en conviens.

*****

Faudra m’expliquer comment je peux avoir le mal de mer sur une péniche à quai sur la Seine, alors que j’ai déjà passé 48h sur un bateau entre le Danemark et l’Islande sans souffrir d’une quelconque nausée.

*****

A la sortie, je suis évidemment en train de consulter mon téléphone, quand une personne m’aborde et me demande : « Tu as une feuille à rouler ? » Je ne me suis pas dit : « Oh purée, je vais me faire agresser ou pire subtiliser mon portable dont l’obsolescence est apparemment programmée pour dans douze jours, aux vues des caprices de ma batterie ! ». Non, je me suis dit : « On me tutoie, vous avez entendu ? On m’a tutoyé ! J’ai rasé ma longue barbe et pile après on me tutoie ! »

Evidemment on m’a piqué mon téléphone plus trop intelligent, mais c’était pas bien grave : on m’a tutoyé !

 

vu le mardi 2 avril 2019 à la Nouvelle Seine, Paris

prix de ma place : 5€ (tarif WeClap)

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Monsieur Fraize (L’Européen)

(de quoi ça parle en vrai)

Monsieur Fraize, un personnage singulier, déconcertant, arrivé sur scène comme une plaque de verglas en plein désert. Une sorte d’énigme qui décide de se livrer au public en toute naïveté et qui dévoile un univers ultra-sensible où s’entremêlent les non-dits, le doute et la cruauté du quotidien. Il fait exister son personnage dans une forme d’humour très personnelle en prenant le risque de l’absurde, en jouant sur les silences, les peurs de son personnage, les répétitions et en privilégiant la gestuelle et les postures de son clown. (source : ici)

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(ceci n’est pas une critique, mais…)

Depuis longtemps, on me tanne de voir Monsieur Fraize sur scène. Plus précisément, deux personnes, que j’ai rencontrées à des ateliers théâtre, ont vraiment insisté. Parce qu’il semblerait que Monsieur Fraize et moi-même affectionnions les personnages singuliers, mal à l’aise en société, le bégaiement et l’économie de parole sur scène en prime. Je ne me compare pas à cet humoriste, car je ne suis pas humoriste mais je peux comprendre à quoi elles font allusion.

Monsieur (Marc) Fraize joue avec les codes du spectacle : Parce que tous les spectacles comiques commencent par une musique rythmée et une chorégraphie, M. Fraize n’en fera pas de même, parce qu’il désacralise l’aura qui entoure l’humoriste : Oui, il travaille debout pour pouvoir acheter ce qu’il veut. Oui, il refait exactement le même spectacle trois soirs d’affilée…

Il a quelque chose d’Andy Kaufman dans le jusqueboutisme. Marc Fraize reste en permanence dans ce personnage inadapté à la société. Jerry Seinfeld parlait des petites choses voire de rien, lui ne parle de rien. On pourrait également le rapprocher de Jos Houben, l’artiste belge qui nous avait gratifié, il y a quelques années, d’un spectacle conférence intitulé « L’art du rire ». Il parvenait à nous faire rire au moment où il le souhaitait tout en nous prévenant qu’il allait nous faire rire. C’est scientifique.

Cela dit, je peux comprendre qu’on puisse ne pas comprendre cet humour, voire y être totalement hermétique, car ce personnage n’est pas vraiment aimable voire même misanthrope. Il a quelque chose de Mr Bean (je namedroppe à fond). Monsieur Fraize ne fait rien de toute façon pour fédérer. On peut même le qualifier de malin – le cynisme est tout proche – quand il devance les critiques en les énonçant : car oui, ça manque de rythme, oui, il y a un quart d’heure en trop, mais Fraize parait se réjouir de voir jusqu’où il peut aller, comme s’il attendait avec impatience les premiers personnes qui feraient claquer leurs sièges.

La question sera de savoir comment Marc Fraize fera évoluer ce personnage. Peut-être dans un autre élément comme le cinéma ? (le comédien s’est déjà fait remarquer dans « Problemos » de Eric Judor et « Au Poste » de Quentin Dupieux – des choix judicieux)

(et je ne l’ai pas clairement énoncé : j’ai aimé voir Monsieur Fraize sur scène)

 

MONSIEUR FRAIZE

écrit et interprété par Marc Fraize

mise en scène : Papy

à l’Européen (Paris)

Jusqu’au 23 février 2019 (jeudi, vendredi, samedi à 19h30)

(une autre histoire)

Je suis certain que j’en ai déjà parlé, mais c’est pas grave.

Je suis certain qu’il y a quelque chose. Entre le lobby de l’alimentation et celui du pantalon. Je mange bien, c’est un fait. Je veux dire, je mange mal mais bien. Je mange bien ce qui est mal. Ce qui fait mal. Légère tendance à prendre dans les largeurs. Surtout au niveau des cuisses. Acheter des pantalons n’est pas une sinécure. Je suis pas bien foutu, je suis pas bien foutu ! Le problème, c’est que ça frotte. Au niveau des cuisses. L’intérieur. Ça frotte et ça s’use. Rapidement. Parce que les petits enfants chinois ont mal fait leur travail, parce qu’on rogne sur la qualité du matériau. Ça frotte, ça frotte.

(Je parle de ça, parce que dans le spectacle de Monsieur Fraize, ça le chauffe aussi à cet endroit-là. Ce que j’écris ici a toujours un rapport, soyons bien clairs.)

Ça frotte, donc ça s’use, donc y a des trous, donc on rachète un pantalon parce que je ne vais pas demander à Maman de rapiécer le pantalon et ça n’a rien à voir avec mon âge, c’est juste que c’est pas joli.

Les industries agro-alimentaires, les médias, le monde doivent faire en sorte de nous garder gros pour qu’on achète toujours plus de pantalons fabriqués en Asie et ainsi favoriser le réchauffement climatique grâce aux cargos et autres avions qui emmènent la marchandise aux quatre coins du monde.

Paye ta conspiration.

La prochaine fois, je parlerai de l’effet que fait la grosse chaleur sur l’intérieur de mes cuisses quand je me mets en maillot de bain et de ma démarche loin d’être chaloupée pour aller de la plage au studio.

 

vu le vendredi 25 janvier 2019 à l’Européen (Paris)

Prix de ma place : 21€

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Deux mille dix-huit

SPECTACLE VIVANT

Une année record (j’avais déjà dit cela l’an passé, mais j’ai de nouveau battu mon record, c’est moi qui ai la plus longue, pour une fois). Alors même que cette année j’ai travaillé à plein temps (pour le pire et le moins pire), je sais déjà que j’en ferai beaucoup moins en 2019, j’ai vu mes limites, tant physiques qu’inspirationnelles, si je puis dire. (ça aussi, je l’ai déjà écrit l’an passé, mais à moins qu’on me paye pour écrire, je verrai réellement beaucoup moins de spectacles l’an prochain). Pour être plus sérieux, j’ai la fâcheuse impression que d’en voir beaucoup me blase un tantinet…

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Bibliothèque du Théâtre de Gennevilliers

139 spectacles (71 il y a 2 ans, 101 l’an passé) à Paris, Montreuil, Bobigny, Nanterre, Gennevilliers, Aubervilliers, Saint-Denis, Boulogne-Billancourt, Saint-Ouen, mais aussi Avignon, Bussang, Bruxelles, Londres et Lausanne, dans 66 lieux avec des artistes français, belges, anglais, néerlandais, italiens, portugais, canadiens, danois, suisses, brésiliens, grecs, polonais, allemands, israëliens, russes… parfois (souvent) dans le texte. Du théâtre, des chevaux, des images, du son, de la musique, des marionnettes, des objets, du théâtre documentaire, de la danse, du cirque, du seul en scène, du one wo.man show, des écoles de théâtre, des gens tous nus, des performances, du jeune public, des professionnels, des « amateurs » et même des pièces dans le privé…

Trois spectacles vus une 2e fois (« Iliade » par Pauline Bayle, « Bovary » et « Sopro » de Tiago Rodrigues) ou une 3e fois (« By Heart » de Tiago Rodrigues, toujours lui)

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Ça ne se passe jamais comme prévu de Tiago Rodrigues avec les élèves de la Manufacture au Théâtre de l’Aquarium

J’ai vu cinq spectacles du tg STAN (« Quoi Maintenant », « Infidèles », « Atelier », « Après la répétition », « Quartett »), quatre de Tiago Rodrigues (+ « Ça ne se passe jamais comme prévu ») (#TeamTiago), quatre de Julien Gosselin (« 1993 » et sa trilogie Don DeLillo), quatre de Gwenaël Morin (sa tétralogie « Molière de Vitez »), trois de Marc Lainé (« La fusillade sur une plage d’Allemagne », « Hunter », « La Chambre désaccordée »), deux du Collectif L’Avantage du Doute (« Grande Traversée », « La Caverne ») (le film de Judith Davis « Tout ce qu’il me reste de la révolution » sort début février, soit dit en passant), deux de Pauline Bayle (« Iliade » et « Odyssée »), deux avec Laetitia Dosch (« La Maladie de la Mort » de Katie Mitchell et « Hate »), deux avec Emilie Incerti Formentini (« Au bois » et « Love me tender »), deux avec Grégoire Monsaingeon (« Bovary » et « Ovni(s) »), deux de Lisbeth Gruwez (« We’re pretty fuckin’ far from ok », « The Sea Within »), etc.

Par souci de transparence, je tiens à mentionner que j’ai bénéficié de 43 invitations  (dont 19 dans le cadre du Festival Off d’Avignon) grâce à ce blog ou dans le cadre de  mes contributions au Blog de Nestor (blog sur l’actualité culturelle montreuilloise). J’ai donc payé 96 fois ma place…

À part ça de grands souvenirs avec (dans le désordre) :

  • France Fantôme de Tiphaine Raffier au TGP St-Denis
  • B. Traven de Frédéric Sonntag au Nouveau Théâtre de Montreuil
  • The Encounter de Simon McBurney à l’Odéon Théâtre de l’Europe
  • Tragédies Romaines de Ivo Van Hove à Chaillot (je ne l’ai pas chronique, vous rendez-vous compte ?!?)
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Tragédies romaines d’Ivo Van Hove à Chaillot

Et dans les (plus ou moins) bons souvenirs :

  • le bataillon 30 hyper dissipé aux Tanneurs pour le « By Heart » de Tiago Rodrigues.
  • ma crampe à la cuisse droite durant la trilogie Don DeLillo aux Ateliers Berthier.
  • le site magnifique du Théâtre du Peuple à Bussang.
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Théâtre du Peuple, Bussang
  • mon extinction de voix à cause de Laetitia Dosch (ou plutôt à cause de ma persévérance à ne pas vouloir acheter de parapluie)
  • mon accréditation pour le Off d’Avignon.
  • la découverte du Barbican à Londres (clin d’oeil à Camellia Burows)
  • tomber amoureux d’une bonne dizaine de comédiennes/danseuses (en vrai, j’ai préféré ne pas compter pour ne pas me faire du mal) (clin d’oeil à Laurent, je te laisse Laetitia, mais j’ai vu Lisbeth avant toi, je te ferai remarquer !)
  • ces moments « je vais aux toilettes ou je n’y vais pas » pendant les spectacles de Gosselin ou Van Hove.
  • ma gêne lors de ma rencontre avec une comédienne qui avait lu ma chronique mitigée d’une pièce dans laquelle elle avait joué (longue phrase bien lourde).

 

CONCERTS

16 soirées concerts (soit moitié moins que l’an passé) mais avec 27 artistes ou groupes.

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Parce que je fais parfois régisseur son…

TOP 5

 

EXPOS

La découverte (enfin) des Rencontres Photographiques d’Arles, les polaroïds de Wim Wenders à Londres, mon initiation à l’architecture…

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La Cité Radieuse par le Corbusier sur la Planète Mars

 

CINÉMA

Moitié moins de films cette année (35 au 26 décembre 2018), la faute au théâtre et aux chroniques à écrire, à la flemme. Huit films sont tout de même parvenus à se détacher : 

  • Leto de Kirill Serebrennikov
  • Shéhérazade de Jean-Bernard Marlin (#TeamLycéeMichelet)

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  • Amanda de Mikael Hers
  • Climax de Gaspar Noé
  • Woman at War de Benedikt Erlingsson
  • Au Poste de Quentin Dupieux
  • Phantom Thread de Paul Thomas Anderson
  • Ready Player One de Steven Spielberg

 

SÉRIES

J’ai vu énormément (trop ?) de saisons cette année : 50 si j’ai bien compté

TOP 5

  • l’intégrale de Six Feet Under (enfin !) : qui m’a totalement dévasté, je pèse mes mots.
  • la saison 2 de The Good Fight : série trop méconnue, légèrement anti-Trump.
  • la saison 1 de Kidding (+ S1 : I’m dying up here) : Jim Carrey. Voilà.
  • la saison 1 de Counterpart : Espionnage et monde parallèle…
  • la saison 1 de The First : Sean Penn, Mars… Elle prend son temps.

 

LIVRES

TOP 5

  • la découverte FabCaro avec « Zaï  Zaï Zaï Zaï »et son roman « Le Discours » auquel je me suis pas mal reconnu (c’était même assez troublant à certains endroits) :

 

« Je ne suis pas comme vous, je vous emmerde, j’ai trop de problèmes dans ma vie pour faire la chenille, j’ai lu « Le livre de l’intranquillité » de Pessoa, vous imaginez quelqu’un qui a lu « Le livre de l’intranquillité » de Pessoa faire la chenille ? »

 

  • l’Arabe du Futur 4 de Riad Sattouf
  • Vernon Subutex 3 de Virginie Despentes
  • Le Lambeau de Philippe Lançon

 

CÔTÉ BLOG 

5 articles pas par moi : de grands remerciements encore et toujours à Cyril Bivalski et Laurent Suavet. La porte reste toujours ouverte pour vous (et pour d’autres aussi, soyons fous !)

130 articles écrits par moi…

Top 10 fréquentation (au 26 décembre) :

Le blog va plutôt bien, merci de demander. 

 

SUR LE PLAN PERSONNEL

Sans rentrer dans les détails… J’ai donc écrit de nombreux articles pour ce blog (130), quelques articles pour le Blog de Nestor (19 peut-être). J’ai collaboré à Radio Mortimer (et fait la connaissance de personnes très très intéressantes). J’ai (enfin) terminé d’écrire ma deuxième pièce que j’espère pouvoir monter d’une façon ou d’une autre en 2019, participé au labo social (fantôme) mené par le collectif « L’Avantage du Doute » lors de l’Occupation Bastille 2 (dans le théâtre du même nom), joué à deux reprises dans la salle du haut du théâtre de la Bastille en compagnie de mes amis Les Infilitré.e.s (et dit un de mes textes, tout seul devant le public)… Je crois que j’ai beaucoup écrit cette année… (et je ne suis absolument pas épuisé, mais ça c’est l’âge)

 

Et prochainement en 2019… Les Infiltré.e.s saison 2 au théâtre de la Bastille les 9 et 10 mai… « Dedans ma tête », le seul en scène écrit et interprété par moi-même… Des chroniques made in Québec…

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photo : Marc Woog – Compagnie Mimesis

 

Textes et photos (sauf mention contraire) : Axel Ito

À quelle sauce… (automne 2018)

Nouvelle saison (18/19) et nouvelles habitudes. Un peu comme les résolutions du Nouvel An, nous essaierons de nous y tenir : je veux ralentir le mouvement. Ça veut dire, accepter de ne pas tout voir, ne pas tout voir, ne pas tout chroniquer. (même si je verrai tout du Théâtre de la Bastille, mon théâtre de prédilection)

Voici donc dans cet article les spectacles que j’irai voir, ceux que j’ai tout de même en vue, ceux que j’ai déjà vus (et que j’ai aimés… donc je ne parlerai du Fils, malgré le changement de distribution ou de Sombre Rivière de Lazare au Rond Point…).

Encore une fois, le théâtre subventionné, comme on dit, aura la part belle, on ne se refait pas, même si je ne suis pas (complètement) sectaire (suivez mon regard vers le Off d’Avignon…). Pour conclure, celle liste est évidemment non exhaustive (je n’ai pas l’oeil sur tout) et sera certainement amenée à être modifiée dans les semaines à venir.

Et c’est parti !

 

SEPTEMBRE

HATE
HATE par Laetitia Dosch (Photo Philippe Quesne et Dorothée Thébert Filliger)

J’irai voir :

  • LE SYNDROME DU BANC DE TOUCHE au Théâtre de Belleville (parce qu’on me                       l’a conseillé… et qu’on m’a invité, je l’avoue) (critique : ici)
  • le festival TRANSFORMES à la Villette (parce qu’il y aura notamment une pièce mise en scène par Thomas Resendes, le traducteur attitré de Tiago Rodrigues et qu’il est bon de soutenir un nouveau festival et comme c’est à côté de chez moi, je peux faire des allers retours très facilement)
  • INFIDÈLES au Théâtre de la Bastille / Festival d’Automne (tg STAN, prise 1) (critique : ici)
  • RADIO VINCI PARK (parce que j’aime aller sur un parking à Nanterre en milieu de semaine voir des motos)
  • LA FÊTE DE L’HUMANITÉ (essentiellement pour Franz Ferdinand et Catherine Ringer mais aussi pour la présentation de 1336, parole de Fralibs… j’en profiterai d’ailleurs pour faire le plein de leurs thés excellents)
  • LOVE ME TENDER aux Bouffes du Nord (parce que Guillaume Vincent)
  • SHOCK CORRIDOR au Nouveau Théâtre de Montreuil (parce que je vais sûrement écrire dessus pour le compte du blog de Nestor)
  • LE PROCÈS à l’Odéon Théâtre de l’Europe / Festival d’Automne (parce que j’ai déjà joué dans une adaptation du roman de Kafka, qui m’avait valu le plus grand trou de texte de toute l’histoire du théâtre amateur)
  • HATE à Nanterre Amandiers / Festival d’Automne (parce que Laetitia Dosch)
  • CHRIS GARNEAU (Point Éphémère) (parce que ça fait longtemps que je ne l’ai pas vu en concert… dix ans en fait, après Bruxelles et New York… oui, je me la pète, mais y a prescription)
  • L’OCCUPATION au Théâtre Berthelot (Montreuil) (parce que les mots d’Annie Ernaux et surtout la présence de Romane Bohringer)
  • CUISINE ET CONFESSIONS par les 7 Doigts à Bobino (parce que c’est québécois)

J’irai (peut-être) voir :

  • L’ENVOL DES CIGOGNES + LE DERNIER JOUR DU JEÛNE au Théâtre du Soleil (parce que Simon Abkarian et Ariane Ascaride)
  • LES DÉMONS à l’Odéon Théâtre de l’Europe (parce que Nicolas Bouchaud et Valérie Dréville et que je n’ai toujours pas vu de pièce de Sylvain Creuzevault)
  • LE PÈRE à la MC93 Bobigny (parce que Julien Gosselin)
  • SCALA à la Scala (parce que Yoann Bourgeois et la curiosité de découvrir ce nouveau théâtre)
  • LA NUIT DES ROIS à la Comédie Française (parce que Shakespeare et Ostermeier)
  • LA REPRISE à Nanterre Amandiers (parce que Milo Rau et toutes les bonnes choses que j’ai entendues pendant le Festival d’Avignon)
  • CALLISTO ET ARCAS aux Bouffes du Nord (parce que Guillaume Vincent deux fois)
  • CONSTRUIRE UN FEU à la Comédie Française (parce que Marc Lainé)
  • CONVERSATION EL KHATIB / CAVALIER à Nanterre Amandiers (parce que curieux de ce que peuvent se dire ces deux artistes)
  • RICHARD BOHRINGER au Théâtre de l’Oeuvre (parce que je ne l’ai jamais vu en vrai)

J’ai déjà vu (et je recommande) :

 

OCTOBRE

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Atelier par TG STAN / DE KOE / MAARSCHAPPIJ DISCORDIA (© Jorn Heijdenrijk)

J’irai voir :

  • ATELIER au Théâtre de la Bastille / Festival d’Automne (tg STAN, prise deux)
  • EVOL au Théâtre de la Bastille (parce que je suis obligé de le voir, car je suis passé en deuxième année d’infiltration, comprend qui pourra)
  • QUASI NIENTE au Théâtre de la Bastille / Festival d’Automne (parce que j’ai la carte illimitée)
  • OVNI(S) au Théâtre Ouvert (malgré les mauvais retours de cet été au Festival d’Avignon, parce que Grégoire Monsaingeon et les auteurs du Nouveau Ciné-Club)
  • WESTERN au Nouveau Théâtre de Montreuil (parce que Mathieu Bauer)
  • KING KONG THEORIE au Théâtre de l’Atelier (parce que j’adore cet essai de Virginie Despentes et que j’apprécie (et voudrais remercier pour un certain conseil) Marie Denarnaud)
  • LA CHAMBRE DÉSACCORDÉE à l’Espace Cardin (parce que Marc Lainé et Léopoldine Hummel aka Léopoldine H.H.)
  • COMPLETE WORKS à l’Espace Cardin (parce que Shakespeare et Forced Entertainment)
  • LA GUERRE DES SALAMANDRES à la Maison des Métallos (parce qu’on m’en a dit du bien)
  • FLÉAU au Tarmac (parce que Dave St Pierre)

J’irai (peut-être) voir :

  • GEORGE DANDIN à la MC93 Bobigny (parce que les acteurs du CDN de Vire)
  • LA PLAZA au Centre Pompidou (parce que je suis curieux)
  • FRANCIS SAUVE LE MONDE au Centre Wallonie-Bruxelles (parce que c’était une série de bandes dessinées hilarantes avec un blaireau au départ et je ne sais absolument pas ce que ça va donner)
  • MONSIEUR FRAIZE à l’Européen (parce qu’il crève l’écran)

J’ai déjà vu :

 

NOVEMBRE

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Joueurs / Mao II / Les Noms par Julien Gosselin (Photo : Christophe Raynaud de Lage. Hans Lucas)

J’irai voir :

J’irai (peut-être) voir :

  • LOVE aux Ateliers Berthier (parce qu’il n’y a pas tant que ça de metteurs en scène britanniques qui passent la Manche)
  • 4.48 PSYCHOSE au Théâtre Paris Villette (parce que Sarah Kane et Sophie Cadieux)
  • FURIA à Chaillot (parce que Lia Rodrigues)
  • SOEURS aux Bouffes du Nord (parce que Marina Hands, même si Pascal Rambert ne me convainc pas tout le temps)
  • L’AVALÉE DES AVALÉS aux Déchargeurs (parce qu’un texte québécois que j’ai raté cet été au Petit Louvre à Avignon)
  • LA VOIX HUMAINE à l’Espace Cardin (parce que Ivo)
  • THE OTHER VOICE à l’Espace Cardin (parce que Van Hove)

J’ai déjà vu :

 

À suivre…

On fait le bilan (Avignon Off 2018)

8 jours de festival, 24 spectacles vus dans 17 théâtres différents, 1 concert, 2 spectacles avec de la musique en vrai, 9 seul.e en scène ou one wo.man show, des zizis et des tétés dans 3 spectacles seulement. Le hasard fait que parmi les 24 spectacles vus, 13 ont été mis en scène par des femmes…

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Grande satisfaction : J’abandonne une partie de moi que j’adapte (j’ai mis le temps à mémoriser ce titre et on aura l’occasion de (re)voir ce spectacle prochainement en Belgique et en France.

Grandes surprises : Batman contre Robespierre / Ode Maritime

Hors série : le concert de Léopoldine HH

 

Photo Leopoldine HH 3

 

Je ne parlerai pas des déceptions, même si je pourrais m’étendre sur un certain spectacle, qui semble avoir reçu l’unanimité de mes camarades blogueurs. J’espère malgré tout qu’il pourra être repris à Paris et dans le reste de la France pour se confronter à un public plus large.

Il m’est difficile de faire un vrai bilan du OFF, n’ayant vu que 2% des spectacles proposés. Je ne peux que m’étonner de ce nombre très commenté de 1536 spectacles dans le Off. Les différents articles des « Bruit du Off », « Zibeline » et autres journaux régionaux et nationaux y sont revenus en long et en large. Cette année, j’ai donc pu profiter de ma position de « blogueur accrédité » pour observer ce grand cirque. Qu’arrive-t-il aux spectacles, qui ne jouent pas dans les théâtres qui ont la carte ou le vent en poupe, qui n’ont pas d’attaché.e.s de presse efficaces ou qui n’ont pas de relais sur les réseaux sociaux ? J’ai reçu de nombreuses invitations pour assister à des représentations et deux ont retenu mon attention, dans lesquelles j’ai pu lire ceci :

« Ma dernière création « *** », n’a pas encore eu la chance d’être couverte par la presse avignonaise, ni par aucun blog. »

et

« Je sais que vous devez être inondé de demandes, cependant permettez-moi d’attirer votre attention sur mon spectacle « *** » j’aurais aimé que quelqu’un vienne pour avoir une chance d’être peut être parmi vos coups de cœur, qui sait ???? On ne decouvre un artiste qu’en le voyant sur scène… »

Tout ça m’interroge. Pourquoi vais-je voir telle ou telle pièce ? Faisons le récapitulatif  :

Sur les 24 pièces vues : 3 pour le « entendu à la radio » (Constance / Pablo Mira / Roukiata Ouedraogo), 1 pour le buzz Twitter (Un garçon d’Italie), 7 pour les conseils d’amis (J’abandonne une partie de moi que j’adapte / La Violence des riches / Pas pleurer / Trouble(s) / J’ai appelé mes frères / Ode Maritime / Si Richard Si), 7 parce que j’avais déjà vu des pièces des artistes (Lodka / Les Travaux avancent à grands pas / Le Maître et Marguerite / Speed Leving / Polaroïds / La Bataille d’Eskandar / Belle fille), 1 parce que j’aime ses chansons (Léopoldine HH), 2 parce que j’ai écrit un article sur l’opération « Montreuil en Avignon » pour Le Blog de Nestor (Batman contre Robespierre / An Irish Story), 1 parce que copinage (Petite Chimère), 1 pour découvrir un auteur (Love & Money), 1 parce que je ne sais pas, je l’ai senti comme ça (Cent mètres papillon)

En conclusion, il n’y a qu’un seul vrai saut dans l’inconnu (même si le fait que 100m Papillon soit programmé à la Manufacture a aidé)

À part ça… Les (presque) petits nouveaux Le 11 Gilgamesh Belleville (malgré ses problèmes de sécurité) et le théâtre du Train Bleu ont présenté une programmation de qualité, le théâtre des Doms et ses artistes belges s’imposent comme un incontournable. Il est intéressant de constater que la Manufacture et les Doms n’hésitent pas à proposer un abonnement 3 spectacles qui court-circuite la fameuse Carte Off (le tarif est même inférieur à celui proposé avec la carte Off).

Je remercie les lecteurs, les attaché.e.s de presse, les théâtres (mais pas un certain haut lieu du Off qui n’a pas daigné répondre à mes sollicitations « Non, on ne s’en occupe pas sur place, vous appelez la personne responsable… Allô ? Pouvez-vous m’écrire ? » Je conçois que je ne suis pas grand chose ici bas, il n’empêche que je ne peux qu’être déçu par ce théâtre dont j’ai toujours salué la programmation, surtout quand deux des pièces que j’ai chroniquées par ici jouaient devant une salle à moitié remplie (restons positifs)), le Festival Off, les artistes et les compagnies qui ont relayé certaines de mes chroniques sur les réseaux sociaux, les blogueurs…

Et je remercie plus particulièrement Ludovic grâce à qui j’ai pu dormir intra muros durant ma première semaine et ça change la vie et Laurent l’ami marseillais pour notre 9e festival d’affilée ensemble.

Je ne sais pas encore si l’année prochaine je reviendrai, parce que la vie, tout ça… Mais ce fut une sacrée expérience.

 

Ps : J’avais commencé à écrire mes chroniques avignonnaises, à réfléchir sur des capsules audios et/ou vidéos. Or le temps n’est pas extensible, ma fatigabilité a été mise à rude épreuve cette année et je n’en ferai pas plus, parce que je veux me reposer et surtout écrire autre chose d’ici mon périple à Bussang le mois prochain…

« Je demande la route » par Roukiata Ouedraogo (Théâtre du Train Bleu / Avignon Off)

(de quoi ça parle en vrai)

Vous connaissez Roukiata, la chroniqueuse sur France Inter dans l’émission Par Jupiter!, découvrez Roukiata, la comédienne dans Je demande la route. Roukiata conte avec dérision et auto-dérision son parcours, riche en péripéties, qui la mène de son école primaire en Afrique aux scènes parisiennes. Chacune de ses aventures est l’occasion d’une réflexion drôle et délicate sur les décalages culturels entre la France et l’Afrique. Elles sont aussi l’occasion d’aborder sans tabou des sujets graves et profonds tels que l’excision, l’éducation et la santé en Afrique ou encore de l’immigration. Au terme de ce parcours initiatique c’est une Roukiata devenue une femme accomplie et sûre de ses choix qui reviendra au pays, retrouver les siens. À travers toutes ces situations, l’humoriste se moque d’elle (beaucoup) et de nous (un peu). (source : ici)

(ceci n’est pas une critique mais…)

« Par Jupiter » est définitivement à Avignon : après Pablo Mira, Constance, me voilà au Théâtre du Train Bleu pour la représentation de « Je demande la route » par Roukiata Ouedraogo. Et même si la climatisation de la salle est légèrement trop froide pour moi, l’humoriste burkinabaise nous accueille comme si nous avions pris un aller simple pour Ouagadougou.

« Je demande la route » est une expression typique de là-bas qui résume bien Roukiata Ouedraogo. Elle nous emmène en voyage, entre l’Afrique et la France, avec sa délicatesse, sa gentillesse et son sens de l’observation.

Roukiata Ouedraogo a un indéniable talent de conteuse, mais qui sait être mordante (la Françafrique ou les rues du Burkina Faso portant le nom de nos chers présidents) ou sérieuse (notamment lorsqu’elle parle des migrants ou de l’excision). Et on sent qu’on n’est qu’au début de son voyage et qu’elle pourrait nous parler encore des heures et des heures, notamment de son expérience de femme noire et comédienne en France. À suivre…

 

ROUKIATA OUEDRAOGO dans JE DEMANDE LA ROUTE

Mise en scène : Stéphane Eliard

Auteur : Roukiata Ouedraogo & Stéphane Eliard 

Création lumière : Gaël Cimma – Régie : Alexandre Varette

Production : Ki M’aime Me Suive – Collaborateur Artistique: Ali Bougheraba

Jusqu’au 29 juillet 2018 à 13h30 (relâche les lundis) au Théâtre du Train Bleu (Avignon Off)

 

vu le mardi 10 juillet 2018 au Théâtre du Train Bleu (Avignon Off)

prix de ma place : invitation

 

(quand j’attends dans la file…)

Une amie m’a demandé combien d’éditions du festival d’Avignon j’avais fait. Vingt peut-être ? Première édition en 1996. Mais pas en 2007. En 2007, j’ai passé l’été au Togo. Je ne savais même où c’était ni quelle était sa capitale. C’est donc coincé entre le Bénin et le Burkina Faso et sa capitale est Lomé. Je me souviens du Togo parce que… parce que… J’ai fait le Togo, quoi. Et j’ai perdu sept kilogrammes. Et j’ai gagné deux furoncles et un poil blanc sur mon torse. Et j’en ai eu pour deux mois d’antibiotiques à mon retour, parce que j’étais le seul blanc à bouffer de l’agoutti (c’est un rongeur). Oui, j’ai fait le Togo cet été-là au lieu d’aller à Avignon.

Voilà à quoi je pense quand j’attends dans la file…

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Les Travaux Avancent À Grands Pas (L’Amicale de Production / 11 Gilgamesh Belleville / Avignon Off)

(de quoi ça parle en vrai)

Présentation de six projets différents tout au long du festival. L’Amicale se transforme en cantine coopérative. Il y a de nouvelles·eaux cuisinières·ers, et six projets sont sur le feu. On voudrait vous raconter tout ça, et autre chose, et puis on jouera au jeu de tirer au sort lequel des six on vous montrera vraiment. (lien : ici)

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Cette présentation s’articule autour de deux points : la présentation de la présentation et la présentation d’un des projets en chantier, tiré plus ou moins au sort lors de la présentation de la présentation, vous me suivez ?

Cet après-midi ne se répètera pas et c’est ce qui fait la force de cette forme. Aujourd’hui sont présents Antoine Defoort, Julien Fournet et Samuel Hackwill. Après l’introduction métaphoriquement drôle de Antoine Defoort et son explication sur le système de tirage au sort (j’ai voulu reproduire le tableau excel présenté sur scène, à base de métrage, de piste d’atterrissage et d’avions en papier, mais je n’ai pas que ça à faire…), vient le tour de Julien Fournet de nous présenter les grandes lignes de son projet « Amis, il faut faire une pause ». Parce que tous viennent avec des propositions inachevées, des maquettes en somme, c’était ça le principe et ainsi se confronter à l’avis du public.

Le projet de Julien Fournet est en fait une conférence dans laquelle il nous invite à nous remémorer d’un ou plusieurs événements culturels auxquels nous avons pris part et surtout à enlever nos sandales, à triturer de la pate à modeler pour en faire un souvenir d’une manifestation culturelle qui nous a marqués et à nous laisser aller. Bon, il faisait encore une fois très chaud, j’ai fermé les yeux et j’ai somnolé, mais ce massage moral à base de philosophie, de jeu, de souvenir n’était pas désagréable, même si un peu frustrant de par la courteté (ce mot se dit ?) du moment.

Les deux phrases du jour : « La pate à modeler, c’est bon pour se concentrer » et « On viendra à bout du capitalisme quand nos mères configureront elles-mêmes leur message de répondeur. »

 

vu le dimanche 8 juillet 2018 au 11 Gilgamesh Belleville

prix de la place : invitation

 

 

LES TRAVAUX AVANCENT À GRANDS PAS

Un projet coopératif de l’Amicale

Avec les projets d’Antoine Defoort, Julien Fournet, Ina Mihalache, Diederik Peteers, Sofia Teillet.

Régie générale Romain Crivellari – Collaborateurs.rice associé.es Emmanuelle Wattier, Kevin Deffresne et Camille Bono – Intervention fugaces ou autres trucs du genre et remerciements à tous les ami.es qui feront une apparition

Production Marion Le Guerroué assistée de Benjamin Berthe

Jusqu’au 27 juillet 2018 (sauf les mercredis) à 15h au 11 Gilgamesh Belleville (Avignon Off)

 

 

(quand j’attends dans la salle…)

Ina Mihalache n’est pas là. Ina Mihalache n’est pas présente. Je pars ou je reste ? J’ai le droit d’être remboursé même si je n’ai pas payé ? Elle sera là à partir du 12. Mais je pars le 12, elle a fait exprès ? Et je suis certain qu’elle repartira quand je reviendrai : le monde est ligué contre moi !

Voilà à quoi je pense quand j’attends dans la salle…

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Pablo Mira dit des choses contre l’argent (Chapeau d’Ébène / Festival Off Avignon)

(de quoi ça parle en vrai)

Pablo Mira est sur scène. C’est déjà bien. Et en plus il dit ce qu’il pense, ça c’est un peu moins bien. (source : ici)

 

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Crédit photo : France Inter

 

(ceci n’est pas une critique mais…)

Je connaissais sa voix (qu’on entend dans le poste tous les mercredis dans l’émission de la France Inter « Par Jupiter » (encore elle) et sur les internets grâce à son émission en balladodiffusion « Sérieusement »), je connaissais certains de ses mots puisqu’il est (était ?) un des auteurs qui sévit au Gorafi (j’ai même cliqué sur un des titres pour lire l’article en entier, une fois). Le voilà donc à brûler les planches avec ce premier spectacle debout.

C’est qu’il a de la ressource, ce cher Pablo Mira, à nous accueillir à notre entrée dans la salle et à rester en costard cravate pendant tout le show (ou presque) dans une salle où il fait très chaud et où mes deux voisins ont gardé allègrement leurs cuisses ouvertes. (en tant qu’homme, ai-je le droit de m’en offusquer ? #balancetonmanspreading), à rebondir sur un certain rire d’une spectatrice belette provenant très régulièrement de la salle, à ne quasiment pas recycler ses blagues de la radio. Et c’est toujours avec plus ou moins de « Respect » qu’il nous donne son avis sur l’argent, la bouffe, un ancien amour de jeunesse…

Je suis très basique en matière d’humour  « est-ce que je ris ? est-ce que je trouve ça long ? » Réponses : Oui et non. Donc le pari est réussi. Et même si j’apprécie moyennement quand les humoristes commentent la non-réaction ou le manque de rires face à certains bons mots (« je teste cette vanne », par exemple), j’ai aimé la sincérité de l’entreprise, la non-recherche systématique d’un quelconque enchaînement entre les différents thèmes abordés, qui parfois sont hyper-capillotractés chez certains humoristes, les petites trouvailles de mise en scène, comme l’utilisation de la voix enregistrée, l’arrière scène occupée avec Respect, la « fin », son sens du rythme…

Mazette, que m’arrive-t-il ? Je vois deux spectacles d’humour et je les aime… Pina ? Ivo ? Où êtes-vous passés ?

 

PABLO MIRA dit des choses contre de l’argent

AUTEUR / ADAPTATION Pablo Mira & Morgan Riester

MISE EN SCÈNE Fanny Santer 

DISTRIBUTION Pablo Mira

Jusqu’au 29 juillet à 16h35 (relâche les mercredis) au Chapeau d’Ébène (Avignon Off) et au Théâtre Trévise (Paris) du 11 septembre au 18 décembre 2018

 

(quand j’attends dans la file)

Je crois que j’ai fait péter le bouton de mon bermuda. J’ai trop mangé à midi.  Du steak haché. Quand je vois Pablo Mira en costard en plein cagnard… J’ai attendu d’être ici pour me mettre en bermuda et sandales (la tong ne passera jamais par moi). Jamais vous ne me verrez à Paris en bermuda et en sandales. Non, je ne me baignerai pas dans le canal de l’Ourcq !!! Il fait comment, Pablo Mira, pour ne pas transpirer ? Je crois que mon bouton a sauté quand l’attaché de presse m’a dit que je pourrai rencontrer Pablo Mira après le spectacle, « parce qu’il aime bien discuter avec les journalistes ». « Je ne suis pas journaliste, je ne suis que blogueur », ai-je répondu. « Pis, j’aime pas parler aux gens », ai-je pensé. « J’écrirai mes questions et il me répondra par courriel, ça vous irait ? », n’ai-je pas osé dire.

Voilà à quoi je pense quand j’attends dans la file…

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Constance « Pot Pourri » (CinéVox – Festival Off Avignon)

(de quoi ça parle en vrai)

Si ce spectacle était un plat ça serait une sorte de hachis parmentier avec des vrais morceaux de Constance à l’intérieur. Dans ce « Pot pourri » tu trouveras des anciens comme des nouveaux sketchs fourrés avec soin à la violence verbale poétique et libératrice. Chaque personnage te rappellera combien la comédie humaine est absurde et je te propose d’en rire plutôt que de te pendre. En bref si tu aimes l’humour un peu sale tu en auras pour ton pognon mon cochon.

(source : ici)

 

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© France3/culturebox

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

La dernière fois que j’ai vu Constance, c’était ma première fois, un certain vendredi 13 novembre 2015 à la Comédie de Paris, pour « Partouze sentimentale » et j’avais énormément ri. Depuis je l’ai entendue dans l’émission de la France Inter « Par Jupiter » le label qui remplace « vu chez Laurent Ruquier » (je préviens, je fais un cycle « Par Jupiter » durant mon séjour avignonnais, avec les spectacles de Pablo Mira et de Roukiata Ouedraogo).

Cet été, Constance nous présente un « pot pourri », qui est loin de l’être, même si l’effet de surprise n’est plus aussi présent que lors de la première fois.

Ceci n’est pas du stand up et ça fait du bien (dit celui qui va en voir juste après). Le costume est au centre de tout et Constance en change constamment. On se plait à rêver d’un spectacle dans lequel Constance se la jouerait Arturo Brachetti. Cette humoriste a le don, et ce n’est pas donné à tout le monde, d’interpréter de vrais personnages, différents même si affreux, sales et presque méchants et de changer de peau à chaque nouveau sketch. Elle peut, tour à tour, paraître effrayante (ou la mère castratrice), affolante (ou l’infirmière), etc. Constance est un corps, une voix, des expressions faciales, un regard (non non, elle ne me fascine pas du tout…) et on devine aisément son goût pour les mots. Elle les aime, oh oui, elle les aime. Mon tout est un peu olé olé, comme disait mon grand-père, mais surtout très absurde, pour un spectacle exigeant physiquement (heureusement la bonne bande son composée notamment de Regina Spektor, Katerine, Janis Joplin nous fait patienter pendant les changements de costumes tout de même très rapides) pour Constance, sans compter le côté participatif (à un rang près, c’était pour moi) qui peut s’avérer un peu destabilisant… La mouche… Cette mouche.

Pas déçu d’avoir revu et apprécié la qualité d’écriture et d’interprétation de Constance. Et j’ai ri. Ô oui, j’ai ri. Tout pour faire décoller la corne de mon coeur…

 

vu le samedi 7 juillet 2018 à 14h au CinéVox, Avignon.

prix de la place : invitation

 

CONSTANCE « pot pourri »

écrit et interprété par… Constance.

Jusqu’au 29 juillet 2018 au Ciné Vox (Avignon – Festival Off)

Puis tous les mardis à 20h à partir du 9 octobre au Théâtre des 2 Ânes (Paris)

 

(quand j’attends dans la file…)

Si Constance était britannique, on l’appellerait Ernestine. Parce que sur l’affiche, on voit sa photo sur une tombe. J’ai fait le lien avec Oscar Wilde. Parce qu’une fois, je suis allé voir sa tombe au Père Lachaise. Parce qu’Oscar Wilde a écrit la pièce « De l’importance d’être Constant. » J’ai alors pensé à Constance. Constant… Constance… Parce qu’en anglais, le titre, c’est « The Importance of being Earnest. » … Ernest… Ernestine.

Voilà à quoi je m’amuse quand j’attends dans la file.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Philippe-Audrey Larrue St-Jacques au Point Virgule

(de quoi ça parle en vrai)

Produit d’une vieille famille bourgeoise élitiste, de parents professeurs d’université, j’ai reçu une éducation privée et étudié les plus grands auteurs dans l’espoir de jouer dans les plus grands théâtres. Aujourd’hui… je fais du one-man-show ! Bref, je vous avoue humblement avoir un génie pour la déception! Avec chance, peut-être échapperez-vous à celui-ci… (http://www.lepointvirgule.com/content/philippe-audrey-larrue-st-jacques)

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

La première fois que j’ai vu Philippe-Audrey Larrue St-Jacques, c’était dans la série humoristique québécoise « Like moi », dont vous pouvez voir l’adaptation française présentement sur France 4 et ailleurs sur internet. Je ne me prononcerai pas sur cette adaptation. Le truc, c’est que j’aime trop les acteurs qui ont créé le truc, tu vois… le truc ? Pas assez de distance. D’ailleurs, le truc drôle, c’est que l’autre soir j’ai vu un des acteurs du Like Moi français dans une pièce au Ciné XIII Théâtre et il était bon et là ce soir, j’ai reconnu dans la file d’attente du Point Virgule certains autres acteurs… Bref…

Il me faisait déjà rire (là je reparle de Philippe-Audrey…) et j’avais hâte de le voir en vrai. Ben j’ai été pas mal subjugué par le bouillon de culture du monsieur. Je vais faire mon intello (remarquez comme ce mot est devenu légèrement péjoratif pour certains), mais j’ai apprécié voir et entendre un humoriste réciter du Shakespeare, lire ou citer Camus ou Foucault, sans parler du poète québécois et lobotomisé Emile Nelligan (oui, c’est un raccourci) – même si je fus quelque peu déçu de ne rien entendre sur « L’ère du vide » de Lipovetsky (dont j’ai repéré l’ouvrage sur la table présente sur scène et que j’avais étudié à la fac). J’ai même entendu le nom de Fukuyama, que j’ai découvert il y a seulement six mois dans la pièce de Julien Gosselin « 1993 ». Tu le vois le grand écart entre le théâtre de Gennevilliers et le Point Virgule. Ben, je l’ai fait. D’ailleurs, avant de m’y rendre, j’ai assisté à de la danse au théâtre de la Bastille, j’en ai craqué mon pantalon : la preuve !

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Ben, Philippe-Audrey Larrue St-Jacques, c’est un peu ça, de l’érudition teintée de trivialité (bouche tes oreilles, gamin !), c‘est quand même un gars qui fait un spectacle sur la déception autant professionnelle qu’affective et forcément on s’y reconnait (je m’y reconnais).

Tout ça pour dire qu’il ne doit pas être aisé de parler pendant une heure (j’ai plein de portes ouvertes chez moi), de poursuivre malgré les commentaires des spectateurs (ok, c’est un one man show, mais ça ne veut pas dire que c’est forcément interactif), surtout que PALSJ (j’ose l’acronyme) a sûrement dû adapter quelque peu son texte pour le public français, même si l’accent est bel et bien présent et pas du tout redhibitoire (mais je suis habitué à cet accent-là, faut dire). Alors que ça m’avait gêné d’entendre les acteurs non-québécois de Wajdi Mouawad déclamer des « Tabarnak ! », l’inverse est également de mise : dès que l’humoriste adapte des références qui seraient incomprises par nous autres maudits Français, comme NRJ 12 ou Monoprix, je n’y crois pas, même si c’était sûrement pour une question de rythme : « je dis le mot en québécois et derrière je le traduis en « français de France ».

Je n’aime que trop les personnes, les humoristes qui prennent de la distance avec ce qu’ils sont. Surtout celles et ceux qui le font sans fausse modestie. De l’auto-dérision, voilà, je cherchais le mot. Et Philippe-Audrey Larrue St-Jacques est une de ces personnes-là. Rire de soi, j’aime ça. (pas peu fier de cette phrase de conclusion)

 

vu le samedi 14 avril 2018 au Point Virgule à Paris.

prix de la place : 21€

 

PHILIPPE AUDREY LARRUE-ST JACQUES au Théâtre Le Point Virgule, Paris

(c’était la dernière fois ce samedi 14 mais espérons qu’il revienne prochainement en France !)

 

(d’autres histoires)

Imagine, tu attends dans la file derrière deux adolescentes qui se sont passées en boucle ce sketch :

LIEN FACEBOOK « JE CHOISIS JONATHAN »

Elles récitent ad nauseam les dialogues, reproduisent avec perfection l’accent québécois, fomentent un stratagème pour faire rire l’humoriste si jamais il leur adresse la parole : « On lui dira que tu t’appelles Rebecca et moi Sophie et qu’il a UNE BELLE ÉNERGIE… » Et elles répètent encore le sketch. Une fois, deux fois, trois fois, quatre… Ils n’ouvrent toujours pas la porte du théâtre. C’est quand qu’on entre, bordel de purée de mousline ! Au secours ? Oubliée la belle énergie ! Et en plus il pleut, sauvez-moi !

*****

Imagine tu es dans la file et quelqu’un te donne un tract, comme à Avignon. Tu l’acceptes, tu souris. Pourtant… je me souviens…

Un « humoriste » nous adresse la parole : « Si vous avez envie de rire, je vous propose un spectacle très drôle, c’est moi qui l’ai écrit ! ». Il nous tend son tract.

– « Non, on n’a pas envie de rire, pis quand on vend un spectacle comique comme étant drôle, c’est un peu comme un pléonoasme et on n’y croit pas, du coup. Pardon, je m’étais promis à moi-même de ne pas dire « du coup ».

– Ouais, c’est ça, vous ne voulez pas soutenir un artiste qui s’est fait à la force du poignet, pas estampillé « Vu à la télé ! » ?

– Moi aussi j’ai beaucoup de force au poignet droit, on fait un bras de fer ? Over the Top, c’est mon film préféré avec Stallone, loin devant Rocky IV ! »

*****

Imagine, tu es dans la file du Point Virgule et en attendant tu reconnais quelqu’un que tu connais et qui te connait. Genre, quelqu’un qui travaille dans un théâtre subventionné où tu as tes habitudes, genre tu as le pass pour voir tous les spectacles de la saison. Tu te fais tout petit. Cette personne ne comprendrait pas : « Ah ouais, l’autre, il dit qu’il aime Pina Bausch, le tg STAN et Robert Lepage et il va voir du… du… Je n’arrive même pas à le dire… One Man Show ! Et en plus il a payé sa place !!! Ah mais je suis déçue… »

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

À quelle sauce (printemps-été 18)

Parce que j’ai encore dix jours avant de voir mon prochain spectacle et que je m’ennuie, donc je dégaine avec un peu d’avance mon programme pour ces quatre prochains mois.

 

MARS

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Crédits photos : Théâtre de la Bastille
  • Claude de et par Gauthier Ployette (Théâtre À la croisée des chemins) : Premier spectacle du mois, premier saut dans l’inconnu… (tous les mercredis et jeudis, du 7 mars au 5 avril 18)
  • Bovary (Théâtre de la Bastille) : Tiago Rodrigues est de retour avec la reprise de Bovary (mais sans le grand Jacques Bonnaffé) avant un feu d’artifice en 18/19 ? (Sa façon de mourir avec le tg STAN + Sopro ?) (du 1e au 28 mars 18)
  • NTM (Accorhôtels Bercy) : Ce soir, on vous met… Ce soir on vous met la fièvre… pendant des heures… (du 8 au 10 mars 2018)
  • Hunter – Le chant nocturne des chiens (Théâtre de Chaillot) : Marc Lainé n’est jamais aussi bon que quand il écrit lui-même ses spectacles. (du 7 au 16 mars 18)
  • Cubix par Mathieu Enderlin (Le Mouffetard) : Découverte d’un spectacle jeune public. (du 14 au 25 mars 18)
  • Ithaque (Ateliers Berthier) : Christiane Jatahy est de retour avec les comédiennes de sa version des Trois Soeurs et rien que ça… (du 16 mars au 21 avril 18)
  • The Prisoner (Bouffes du Nord) : Peter Brook est de retour… Un beau moment de simplicité et de poésie en perspective. (du 6 au 24 mars 18)
  • The Great Tamer (Grande Halle de la Villette) : Après sa présentation au dernier Festival d’Avignon, je me suis laissé convaincre par la vidéo de Ronan sur ses attentes pour 2018. (du 20 au 23 mars 18)
  • 21 Pornographies par Mette Ingvartsen (Centre Pompidou) : Non non… rien… (du 22 au 24 mars 18)
  • M comme Méliès (Théâtre de Chaillot) : Di Fonzo Bo / Vigier dans un spectacle alliant théâtre, cinéma et magie. On fait confiance. (du 22 au 29 mars 18)
  • Notre innocence (anciennement Victoires) (La Colline) : Curieux de voir cette nouvelle création de Wajdi Mouawad, quelques mois seulement après le très beau « Tous des oiseaux ». (du 14 mars au 11 avril 18)
  • Les Émigrants – The Ghostchasers (en 2 parties) (Théâtre de la Bastille) : Je ne sais pas quoi dire. (du 20 au 31 mars 18)
  • By Heart (Les Tanneurs, Bruxelles) : Troisième fois que je verrai ce moment mené par Tiago Rodrigues. Oserai-je apprendre avec neuf autres personnes le fameux sonnet de Shakespeare ? (du 28 au 30 mars 18)

AVRIL

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Crédits photos : Robbie Jack
  • For Claude Shannon (du 3 au 6 avril 18) + This Duet that we’ve already done (so many times) (du 4 au 8 avril 18) + Radical Light (du 9 au 15 avril 18) + A Kind of Fierce (du 12 au 15 avril 18) (Théâtre de la Bastille) : Découvertes également de toutes ces pièces de danse avec tout de même l’envie de revoir Frédérick Gravel.
  • The Encounter (Odéon Théâtre de l’Europe) : Spectacle immersif par Simon McBurney (du 29 mars au 8 avril 18)
  • La Mécanique du Coeur d’après le roman de Mathias Malzieu (À la Folie Théâtre) : Pour être honnête, je fus un grand fan de Dionysos mais beaucoup moins des romans de Mathias Malzieu. Curieux de voir ce qui en a été fait pour le théâtre, même sans la musique du groupe. (les jeudis, samedis et dimanches, du 12 avril au 25 juin 18)
  • Les 7 jours de Simon Labrosse (Théâtre de Ménilmontant) : Je ne ferai aucun commentaire car cette pièce reste pour moi… Non, je ne dirai rien. (tous les mardis jusqu’au 29 mai 18)

MAI

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  • Au bois (Colline) : Revoir enfin Emilie Incerti Formentini sur scène après Rendez-vous Gare de l’Est de Guillaume Vincent (du 3 au 19 mai 18)
  • Mona (CentQuatre) : Ceci n’est pas un concert ni une pièce, mais Emily Loizeau. (les 2 et 3 mai 18) -> J’avais noté Mona, mais d’après le site internet du 104, ça serait un concert hommage à Lou Reed, à suivre…
  • Olafur Arnalds (Trianon) : Quelque chose de l’Islande dans ma tête, sûrement. (le 15 mai 18)
  • Gaz Coombes (Maroquinerie) : La satisfaction du concert hommage des Beatles l’autombe dernier, que je vois enfin tout seul, à défaut de l’avoir vu avec Supergrass. (le 29 mai 18)
  • Quelque chose se prépare au Théâtre de la Bastille auquel je participerai… les 25 et 26 mai 18… dans la salle du haut… Les Infiltré.e.s
  • Et toujours au théâtre de la Bastille, le collectif L’Avantage du doute prend la suite de Tiago Rodrigues pour occuper Bastille et ça sera forcément différent : Occupation Bastille 2 (du 23 mai au 16 juin 18)
  • Voilà ce que jamais je ne te dirai + Je suis un pays (La Colline) : C’est Macaigne et j’ai un peu peur de ce qu’il va nous demander de faire, surtout pour le 1e spectacle. (du 31 mai au 14 juin 18)

 

JUIN/JUILLET

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Crédits photo : Tanztheater Wuppertal
  • Tragédies romaines (Théâtre de Chaillot) : IVO VAN HOVE… voilà, c’est tout. (du 29 juin au 5 juillet 18)
  • Nefes (Théâtre des Champs Elysées) : PINA BAUSCH… voilà c’est tout. (du 2 au 12 juillet 18)

Encore une fois, il s’agit ici d’une liste qui risque de s’allonger ou de se modifier dans les prochaines semaines, au gré des invitations, conseils et autres rencontres.

 

J’AI DÉJÀ VU, C’EST BIEN MAIS JE N’Y RETOURNE PAS PARCE QUE JE N’AI PLUS DE SOUS ET QUE J’ESSAIE D’AVOIR UNE VIE SOCIALE…

  • Nicolas Bouchaud au Théâtre du Rond Point avec La loi du marcheur (du 7 au 18 mars 18), Un métier idéal (du 20 au 31 mars 18) et Le méridien (du 4 au 14 avril 18), avec une préférence pour le premier et les mots de Serge Daney.
  • La reprise, toujours au Rond Point des Bijoux de Pacotille par Céline Milliat Baumgartner et Pauline Bureau (du 6 au 31 mars 18)
  • La reprise encore au Rond Point du spectacle de Mathieu Madenian (du 24 au 26 mai 18)
  • La reprise de la Conférence de Choses par François Grémaud et Pierre Mifsud au Nouveau Théâtre de Montreuil (du 20 au 24 juin 18)
  • Jusque dans vos bras des Chiens de Navarre à la MC 93 Bobigny (du 24 au 29 avril 18)
  • La nuit je suis Robert de Niro de Guillaume Barbot, mise en scène par Elsa Granat (dont on devrait entendre parler la saison prochaine…) à la Loge (du 12 au 15 juin 18)
  • F(l)ammes à la Commune (du 9 au 11 avril 18)
  • Une Chambre en Inde au Théâtre du Soleil (même si je n’avais pas été complètement convaincu). (du 24 février au 29 avril 18)

(court) BILAN HIVER 2018

42 spectacles vus du 1e décembre 2017 au 19 février 2018, 35 chroniques écrites (une seule chronique pour les deux volets d’Adieu Ferdinand de Philippe Caubère et pour le diptyque Iliade Odyssée, aucune chronique pour des spectacles déjà vus et chroniqués : le concert des No Man’s Louise au Nez Rouge et au Jam à Marseille, Bacchantes de Marlene Monteiro Freitas, Gala de Jérôme Bel, pas de chronique non plus concernant une Pastorale dans le village familial pour des raisons de proximité, mais deux articles « hors série » avec mon bilan 2017 et la soirée Gladparty). Je n’ai raté aucun spectacle de mon programme, mis à part celui de Phia Menard, mais c’était pour la bonne cause et surtout pour Londres.

Dans les coups de coeur, je mentionnerai la confirmation Marlene Monteiro Freitas et son Jaguar à Bastille, la claque Lia Rodrigues et son Pindorama à Chaillot et la découverte des Petites Reines de Justine Heynemann (que des femmes, dites donc et encore je n’ai pas cité Emma Dante !)

Les chroniques les plus lues : Mélancolies, Saïgon et Adieu Ferdinand ! (sans compter celle de la Gladparty)

 

A bientôt en mai pour un billet spécial sur les nouvelles saisons 18/19 présentées dans les différents théâtres, ainsi que sur la programmation du prochain Festival d’Avignon !

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Deux mille dix-sept

SPECTACLE VIVANT

Parce que j’aime faire des bilans, même si l’année théâtrale est plus scolaire que civile. L’occasion également d’inclure des spectacles vus l’été dernier durant le Festival d’Avignon (in & off).

Une année record, aussi parce que je n’ai pas travaillé entre février et août (vive le temps partiel annualisé qui me manque tant), pourtant c’est entre septembre et décembre que j’ai vu le plus de spectacles… Et je sais déjà que j’en ferai beaucoup moins en 2018, hors Festival d’Avignon bien entendu, j’ai vu mes limites, tant physiques qu’inspirationnelles, si je puis dire.

101 spectacles (71 l’an passé) à Paris, Avignon, Marseille, Saint Martin de Brômes, Montreuil, Nanterre, Toulouse, Les Lilas, Porto, Lisbonne, Bruxelles, Bobigny, dans 50 lieux avec des artistes français, portugais, suisses, québécois, italiens, grecs, belges, allemands, israëliens, brésiliens, parfois (souvent) dans le texte. Du théâtre, de la danse, du seul en scène, du one wo.man show, des lectures, des sorties d’ateliers, d’écoles de théâtre, du cirque, des lectures, des performances, du jeune public, des professionnels, des « amateurs » et même des pièces dans le privé, mais pas trop quand même… Trois spectacles vus deux fois (Gala, Bacchantes, Grande)…

À part ça de grands souvenirs avec (dans le désordre et les liens vers mes non-critiques qui vont avec) :

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(Sopro)
  • Bacantes / Bacchantes (Marlene Monteiro Freitas – TNDM II, Lisboa & Centre Pompidou, Paris)
  • Gala (Jérôme Bel – Rond Point, Paris & Kaaitheater, Bruxelles)
  • Sopro (Tiago Rodrigues – Cloître des Carmes, Avignon)
  • Grande (Tsirihaka Harivel & Vimala Pons – CentQuatre, Paris)
  • Tous des oiseaux (Wajdi Mouawad – Colline, Paris)
  • Les barbelés (Annick Lefèvbre/Alexia Bürger – Colline, Paris)
  • Néant (Dave St Pierre – Oulle, Avignon)
  • La face cachée de la lune (Robert Lepage – Grande Halle de la Villette, Paris)
  • F(l)ammes (Ahmed Madani – Les Halles, Avignon)
  • Maîtres anciens (Nicolas Bouchaud – Bastille, Paris)
  • Interview (Nicolas Truong / Nicolas Bouchaud / Judith Henry – Monfort, Paris)
  • We love Arabs (Hilel Korgan – Rond Point, Paris)
  • Doreen (David Geselson – Bastille, Paris)
  • Pindorama (Lia Rodrigues – Chaillot, Paris)
  • Mount Olympus (Jan Fabre – Grande Halle de la Villette, Paris)

 

CONCERTS

30 soirées concerts mais 46 artistes entre Paris, Bruxelles, Reykjavik, le fin fond des Alpes de Haute Provence, Pantin, Torshavn avec dans les coups de coeur (et dans le désordre, avec les liens vers mes non-critiques qui vont avec) :

Klo Pelgag – Le sexe des étoiles (Live) from DTO FILMS on Vimeo.

 

  • Klô Pelgag (Brussels Summer Festival)
  • La soirée hommage à Lhasa (Philharmonie de Paris avec le festival Aurores Montréal)
  • Girls in Hawaii (Trianon, Paris)
  • Shannon Wright (Café de la Danse, Paris)
  • Seu Jorge (Théâtre Silvain, Marseille)
  • et le spécial copinage mais elles le valent bien : No Man’s Louise (Vieille Grille, Paris & le Jam, Marseille) (tous les dimanches du mois de janvier à 17h sur la péniche Le Nez Rouge)

 

DISQUES

J’achète toujours des CD, j’en emprunte quelques uns à la médiathèque. Comme pour les livres, je ne suis pas forcément l’actualité… (réécoute des albums de Lhasa, de Suuns, de The Divine Comedy) mais à part ça…

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  • Girls in Hawaii « Nocturne »
  • Klô Pelgag « L’alchimie des monstres » (son premier album)
  • Lcd Soundsystem « American Dream »
  • Pierre Lapointe « La Science du Coeur »
  • Courtney Barnett & Kurt Vile « Lotta Sea Lice »
  • Lhasa « Live in Reykjavik »

 

 

CINÉMA

Beaucoup de films (70 au 27 décembre 2017), vus dans 31 cinémas différents et pourtant pas de grands coups de coeur et je serais bien incapable de faire un top 15. Et quand je liste les films que j’ai ratés, je ne peux que m’en tenir pour responsable. Donc on se limite à dix films avec, dans le désordre :

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  • La Villa (Robert Guédiguian)
  • L’autre côté de l’espoir (Aki Kaurismaki)
  • Le sens de la fête (Nakache / Toledano)
  • Diane a les épaules (Fabien Gorgeart)
  • Baby Driver (Edgar Wright)
  • Les Filles d’Avril (Michel Franco)
  • L’Amant d’un jour (Philippe Garrel)
  • The Square (Ruben Ostlund)
  • I am not your negro (Raoul Peck)
  • Lion (Garth Davis) , le plaisir coupable qui m’a fait pleurer comme ça faisait longtemps que je n’avais plus pleuré au cinéma…

Cependant je pourrais ajouter des films (re)vus enfin sur grand écran et qui m’ont procuré énormément de plaisir comme La Ronde (Max Ophüls), La règle du jeu (Jean Renoir), The Kid (Charles Chaplin), La Maman et la Putain (Jean Eustache)

 

RATTRAPAGE TV

  • Hungry Hearts de Saverio Costanzo avec Alba Rohwacher et Adam Driver
  • Jim & Andy, documentaire de Chris Smith avec Jim Carrey sur le tournage de « Man on the moon » de Milos Forman

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  • It follows de David Robert Mitchell
  • Frank de Lenny Abrahamson avec Michael Fassbender, Domnhall Gleeson, Maggie Gyllenhall
  • 99 Homes de Ramin Bahrani avec Michael Shannon, Andrew Garfield

 

SÉRIES

Je n’ai toujours pas vu The Crown, The Leftovers, The Handmaid’s Tale, la dernière saison de Twin Peaks, aucune saison du Bureau des Légendes, Stranger Things.

En revanche, j’ai apprécié :

  • la saison 2 de « Master of None »

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  • la saison 1 de « The Good Place »
  • la saison 1 de « The Good Fight »
  • la saison 1 de « This is us »
  • les trois saisons de « Broadchurch »

Et j’ajouterai également la saison 2 de la série québécoise humoristique « Like moi » qui va bientôt connaître une adaptation française, j’ai peur.

 

LIVRES

  • Dans les essais : « Modern Romance » d’Aziz Ansari (Hauteville) et « Aller au cinéma ou faire l’amour » de Christine Delmas (Textuel).
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illustrations de Yann Legendre
  • Dans les romans : « Marx et la poupée » de Maryam Madjidi (Le Nouvel Attila).
  • Dans les romans/documentaires : « Les gens dans l’enveloppe » de Isabelle Monnin (avec une musique de Alex Beaupain) (Livre de Poche)
  • Dans les bandes dessinées : toute l’oeuvre de Guy Delisle (Delcourt) et les « Faits divers » de Anouk Ricard (Cornélius).
  • Dans les correspondances : « Lettres à la fiancée » de Fernando Pessoa (Rivages)

 

Sur le plan personnel… Non, je n’en parlerai pas. Seulement que j’espère bien que ce blog vivra une année 2018 exceptionnelle, entre Paris, Avignon, Marseille, Bruxelles, Londres et ailleurs… Infiltré, bientôt de nouveau occupé (je vous laisse l’avantage du doute… comprend qui pourra)… En route vers de nouvelles aventures avec mon amie la sterne arctique croisée lors d’une balade en vélo à Seydisfjordur (Islande) et qui ne me quitte plus depuis. A bientôt ici ou ailleurs.

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Mathieu Madénian (Bataclan)

(de quoi ça parle en vrai)

Ben… c’est Mathieu Madénian qui est au Bataclan… avec aussi trois (très courtes) premières parties, mais j’en parlerai un peu plus loin.

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Les gens qui me connaissent savent que je ne souris jamais. Même quand je pense sourire, mes lèvres ne font pas le boulot. Mais devant le spectacle de Mathieu Madénian, j’espère que les caméras présentes ont capté mon visage au moins une fois : j’ai ri du début à la fin. Alors certes, quelques bons mots avaient déjà été entendus ici et là (le spectacle tourne maintenant depuis presque deux ans et Mathieu Madénian l’a joué deux dernières fois aujourd’hui à Paris au Bataclan) mais j’ai ri. On m’a entendu, j’en suis certain. Je crois être plus réactif que la moyenne, j’entends la vanne, je comprends, bam je ris, avant tout le monde. Je me suis vu avoir les larmes aux yeux et penser à ma mère quand elle a le fou rire et qu’elle a les larmes aux yeux. Là je me suis arrêté de rire.

Je suis celui qui fait la fine bouche à Avignon, pendant le festival, en voyant les gigantesques affiches de tous les comiques plus ou moins vus à la télé, dans la rue de la Raie ou devant ce théâtre qui porte le nom d’une célèbre capitale française. Je suis celui qui s’ennuie après cinq minutes de one man show. Je suis celui qui décortique les transitions des stand-uppers.

Ici aucun temps mort, tout y passe (la famille, le handicap, l’extrême droite, les enfants…), Mathieu Madenian maîtrise son sujet (heureusement me direz-vous), il ne s’épargne pas non plus (son corps, un seul film de cinéma au compteur…) Il provoque mais transparait sa générosité. Il fera même naître un soupçon d’émotion quand il évoquera, inévitablement, à la toute fin du spectacle les attentats de Charlie Hebdo et du Bataclan. L’humoriste a le bon goût aussi de présenter un spectacle très resserré, à peine 1h15, on ne voit pas le temps filer. (je n’aurais jamais pensé autant apprécier son spectacle… Ok, c’est samedi, je n’avais aucun spectacle programmé aujourd’hui, je n’ai toujours pas de vie sociale ni amoureuse (humour de répétition), j’y suis allé par hasard.)

 

 

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Ceci étant dit, je reviens brièvement sur les trois premières parties de cinq minutes chacune environ : Akim Omiri, Hakim Jemili et Fadily Camara. Le premier avait le mérite de démarrer (et ce n’est pas simple quand les gens ne sont venus que pour Madénian et pas un autre) et prenait également le risque de rebondir sur l’info chaude, à savoir le sujet du harcèlement sexuel et du hashtag balancetonporc. J’ai trouvé déplacé (on va dire que j’ai mal compris le degré d’humour, j’étais loin, tout ça…) le fait qu’il dise que toutes les femmes, au lieu de se répandre sur les réseaux sociaux, auraient pu porter directement plainte au commissariat. Je ne dis pas qu’il ne faut pas plaisanter sur ce sujet-là, c’est juste que ce n’était pas drôle. Il faudra aussi qu’on m’explique pourquoi on applaudit quelqu’un qui annonce qu’il/elle est marié(e), waouh le courage ! Ce fut le cas pour les deuxième et troisième partie. Hakim Jemili, je vous en reparlerai quand j’aurai trouvé la transcription de ses cinq minutes, car je n’ai pas compris un mot sur deux tellement sa prononciation laissait à désirer. J’ai néanmoins trouvé Fadily Camara assez prometteuse, avec un bon tempo, de la répartie. Encore une fois je me doute qu’il n’est pas facile d’ouvrir le spectacle de quelqu’un d’autre et de convaincre en moins de cinq minutes (bon… après… c’est un peu leur métier, comme disait l’autre…) et Mathieu Madénian a l’expérience pour lui. Patience.

 

vu le samedi 21 octobre 2017 à 16h30.

prix de la place : 3,5€ (tarif WeClap)

 

Mathieu Madenian au Bataclan (Paris)

et en tournée le 27 octobre 2017 à St Egrève, le 24 novembre 2017 à Crosne, le 13 décembre 2017 à Ladun l’Ardoise et le 16 décembre 2017 à Boucau (liste non exhaustive)

 

(une autre histoire)

Paris, est-ce que tu es chaud ce soir ? Y a t-il de la belette célibataire dans la salle ? Parce que, qui c’est qui est célibataire ici ? C’est bibi ! Hahaha ! Sans déconner, ça fait six mois que je suis une âme esseulée. Un an et six mois ! Hahaha ! C’est pas tous les jours facile. Hier soir encore, je suis allé voir un spectacle, je devais m’asseoir au milieu du rang, ben t’as un couple d’amoureux, ils se tenaient la main, les bâtards, ils se sont même pas dérangés pour me laisser passer. J’ai donné des kick par ci par là, ils pouvaient rien dire, le spectacle avait déjà commencé. Hahaha ! J’arrive tout le temps en retard. C’est une malédiction. Quand je vivais à Marseille, j’étais tout le temps en avance, à faire trois fois le pâté de maison, les gens se disaient : « Mais ça fait deux fois qu’il passe par là, il veut nous cambrioler, mais on l’a déjà été cinq fois ce mois-ci ! » Hahaha ! J’essayais cette vanne, c’est pas grave, je l’enlèverai. Ici je suis toujours en retard. Y a quelque chose dans l’air du métro qui me fait traîner. Parce que je prends le métro, ouais… Trop cool vos applaudissements. Merci. Je prends le métro et je ne sais pas si vous avez remarqué mais une fois sur deux y a un accordéoniste roumain qui joue La Vie en Rose. Je ne suis jamais allé en Roumanie. J’adorerais pourtant visiter sa capitale… Rome, c’est ça ? … Mais je suis allé en République Tchèque et j’ai mangé une banane Tchéquita… Chiquita… Je savais qu’elle passerait pas cette blague, mec. Bon, ok, on l’enlèvera aussi. Comme le grain de beauté qui est sur mon sguègue. Pourquoi vous ne riez plus ? Je suis un artisan, mesdames et messieurs, j’écris moi-même mes blagues et c’est pas tous les jours facile. C’est le nom de mon spectacle, ça tombe bien. Je pourrais faire comme d’autres et piquer les vannes de Louis CK, Richard Pryor, Garcimore. Ça c’était pour la rime. Mais je ne le ferai pas. Trop de respect pour ces mecs. R-E-S-P-E-C-T comme chantait la grosse Bertha. Je veux dire, Aretha. Vous ne me méritez pas. Je drop le mic… mais je le rattrape avant qu’il tombe par terre, il coûte hyper cher.

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

 

Agnès Hurstel

(quand on ne lit pas la note d’intention)

Du théâtre documentaire ayant pour sujet la survie en milieu hostile.

(ceci n’est vraiment pas une critique)

Certes, j’avais un peu autre chose en tête pendant le spectacle. En revanche, je fus content de ne pas être pris à partie par Agnès Hurstel et de ne pas avoir dû monter sur scène. Je déteste ça. Mais je m’étais renseigné, je m’étais bien caché. C’est cru, c’est plutôt bien écrit. Pas aussi bien écrit que du Blanche Gardin, il faut raison garder. Mais je le répète, j’avais un peu autre chose en tête.

 

Agnès Hurstel dans « Ma bite et mon couteau ».

écrit par Agnès Hurstel & Xavier Lacaille

Au Sonart, Paris

le 25 janvier 2017

 

(une autre histoire)

C’est elle qui me proposa de voir ce spectacle. C’était la deuxième fois que nous nous voyions. Elle me plaisait beaucoup. Elle porte le nom d’une crêpe. Désormais dès que je mange une crêpe, je pense à elle. Mais ce furent des frites que nous mangeâmes ce soir-là. Je jouai petit bras en commandant un simple demi quand elle demanda une pinte. Mais elle c’était une blanche, moi c’était une artisanale un peu amère. Oui, non, je sais, aucune excuse.

« J’y vais, j’vais pas »

Je lui caressai le coude, le gauche. De son côté. J’ai quelque chose pour le coude. Elle parut surprise, je me relevai et l’embrassai. Elle me reprocha le choix de l’endroit, un café « La Fourmi ». Presque gênée de m’embrasser en public. Ce que je ne comprends pas, c’est qu’on s’est embrassé sur le quai du métro, à la station Pigalle, et là, ça ne la gênait pas du tout. Avec la langue et tout. Je l’avais accompagnée à son quai (elle prenait la 12). Il était minuit passé, dans la nuit de mercredi à jeudi, je ne devais pas rater le dernier métro (ligne 2). Je ne devais pas… Si je l’avais pas raté, ça n’aurait pas été bien grave, un vélo, un taxi et hop au lit ! Un dernier baiser. Je bandais. Je me sentais à l’étroit. Je bandais fort. Ça faisait longtemps, faut dire. Et ma crêpe préférée embrassait très bien. Elle monta dans sa rame, je me précipitai dans les escaliers, tentant de monter les marches deux à deux. Mais je m’arrêtai immédiatement. Non, ce n’était pas l’alcool ingéré ce soir-là qui m’arrêta net. Et là je parle à la gent masculine. Avez-vous déjà tenté de courir ou de monter des escaliers à vive allure en bandant dans un pantalon un peu serré ? Ça fait mal. Que cela soit écrit. C’est douloureux. Courir en bandant nuit gravement à la santé.

 

crédit photo : Vincent Binant

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito