Pindorama (Lia Rodrigues / Chaillot)

(quand on ne lit pas la bible)

Le cirque Pinder brave les interdits et accède à la salle Firmin Guimier du théâtre National de Chaillot avec sa ménagerie et ses fauves, pourtant interdits dans Paris. L’occasion de retracer la glorieuse histoire de ce cirque traditionnel vieux d’un certain nombre d’années. (oui, bon, ok, Pindorama et pas Pinderama, mais c’est la fin de l’année, je fais ce que je peux pour écrire mes dernières chroniques avant le 31 décembre !!!)

 

(de quoi ça parle en vrai)

Lia Rodrigues poursuit ici son travail commencé en 2000 : mettre le public dans le même espace que la danse dans une proximité des corps. Pindorama voit les interprètes évoluer le plus souvent au sol, sur une bâche plastique transparente comme gorgée d’eau. Le mouvement quasi perpétuel de cette bâche agitée par les danseurs fait penser à un océan entre calme et révolte. Le public, debout au plus près d’eux, peut ressentir les vibrations de cette danse à nu. La dimension politique et écologique de la chorégraphie de Lia Rodrigues, comme magnifiée par la beauté des vagues gestuelles, transporte chacun au lointain. Pindorama, qui dans la langue tupi désigne le Brésil d’avant la colonisation, est une invitation engagée au voyage. (Philippe Noisette)

 

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Crédits photos Sammi Landweer

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

La bâche, le retour. Après ce moment poétique vécu grâce à Nathalie Béasse un peu plus tôt dans la saison au théâtre de la Bastille dans « Le bruit des arbres qui tombent », à nouveau une chorégraphe nous fait rêver, partir très très loin grâce à l’utilisation ingénieuse d’une simple bâche transparente, légère, en plastique. L’océan est devant nous, déchaîné. La femme, l’homme, dans le plus pur et le plus simple appareil se battent contre les éléments, perdent, se rassemblent. Investissement physique total.

La re-création de Lia Rodrigues est fascinante, on est plongé dans un imaginaire, alors qu’il n’y a rien : une bâche, de l’eau, des ballons d’eau (des capotes) qui seront tous explosés sous les corps des danseurs qui se mouvront tout en horizontalité, à ras de sol.

C’est quand même quelque chose de se retrouver aussi proche de danseurs nus. On a l’habitude d’en voir, mais il y a presque toujours ce quatrième mur invisible.

Un moment suspendu. On est dans une bulle, on ne l’éclatera qu’à la fin du spectacle, au moment des applaudissements.

 

vu le jeudi 21 décembre 2017 au Théâtre National de Chaillot.

prix de la place : 25€ (abonnement)

 

PINDORAMA

Chorégraphie Lia Rodrigues

Dramaturgie : Silvia Soter – Collaboration artistique : Guillaume Bernardi – Lumières : Nicolas Boudier – Direction des répétitions  : Amalia Lima

Avec Amália Lima, Leonardo Nunes, Gabriele Nascimento, Francisco Thiago Cavalcanti, Clara Castro, Clara Cavalcante, Dora Selva, Felipe Vian, Glaciel Farias, Luana Bezerra, Thiago de Souza, com a participação na criação de Gabriela Cordovez (distribution lors de la création en 2013 – je ne suis pas parvenu à trouver celle de cette reprise, car j’ai oublié de prendre le programme, mais où avais-je la tête ?)

 

(une autre histoire)

« Putain, mais ils sont où les sièges ? J’ai passé une heure dans les transports en commun, debout, à laisser les places assises à des dames qui ne sont sûrement pas assez vieilles pour avoir pris leur retraite, mais que voulez-vous, je suis comme ça, je suis un romantique, mais bordel, j’ai mal aux jambes ! J’ai pas payé 25€ pour être debout ou assis par terre. Je comprends mieux pourquoi la nana tout en haut des marches m’avait conseillé de déposer mon manteau à la consigne. J’ai pas suivi son conseil, pas envie d’attendre après le spectacle. Résultat, je vais me coltiner mon manteau pendant une heure et demie sous le bras. Attends, pourquoi ces gens-là ont droit à une petite chaise ? Il faut faire quoi pour avoir une chaise ? Ah bon ? Ils se déplacent difficilement ? Ils sont vieux ? Mais putain, moi je suis quoi ? C’est toujours les mêmes qui touchent. Bande d’assistés ! M’en fous, je m’assois par terre, j’allonge mes jambes et pis c’est tout. Attends, sans déconner, faut que je me déplace encore ? Mais mettez-la ailleurs votre bâche ! Attends, je vais m’assoir à côté de cette jolie dame, un peu vieille à mon goût, mais bien conservée. Hoho ! Elle voit un spectacle de danse, elle veut faire comme eux, elle fait ses exercices d’assouplissement. Encore bien souple, la dame. Aujourd’hui c’est la journée mondiale de l’orgasme, je dis ça je dis rien. Oh putain, les danseurs ils sont tous à poil ! Les meufs, les mecs. C’est qu’ils sont pas mal beaux les mecs ! Putain, qu’est-ce qu’il m’arrive, mais je vais pas bien, moi ? Oh des bombes à eau, je vais les éclater aussi, c’est marrant. Quoi j’ai pas le droit ? C’est pour les danseurs ? Je fais ce que je veux, moi ! C’est Noël ! »

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

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2 réflexions au sujet de « Pindorama (Lia Rodrigues / Chaillot) »

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