Sgt Pepper Live (Philharmonie)

(quand on ne lit pas la bible)

Paul McCartney et Ringo Starr sont de retour avec les hologrammes de John Lennon et George Harrison et peuvent ainsi rejouer, cinquante plus tard, dans son intégralité, l’album Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band. Mais il se joue également ici quelque chose d’autrement plus important, le nouveau volet de la guerre fratricide entre les Beatles et les Rolling Stones. Ces derniers sont justement de l’autre côté de Paris, à Nanterre, pour une nouvelle série de concerts jusqu’à mercredi prochain. Il s’agit aujourd’hui d’une guerre de décibels dont Paris ne sortira pas indemne. Les Papys font de la résistance !

(de quoi ça parle en vrai)

Célébré comme l’un des albums les plus influents de tous les temps, Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band a marqué son époque et inspiré plusieurs générations d’artistes. Jamais interprété sur scène par ses créateurs, le chef-d’œuvre des Beatles et sa galerie de personnages prennent vie pour un concert unique. Le musicien et compositeur anglais Ed Harcourt, auteur de 6 albums très remarqués et collaborateur de Marianne Faithfull, Patti Smith, Erik Truffaz, a réuni un « super-groupe » avec la crème de la scène rock indépendante britannique. Autour de lui, des membres de The Libertines, Supergrass, The Coral, The Beta Band, Primal Scream pour un hommage résolument british et rock. (site de la Philharmonie de Paris)

critique 2
Crédits photos : Moi

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Petit, j’écoutais Chantal Goya, Claude François et The Beatles. Éclectique déjà j’étais. Cloclo est mort neuf mois avant ma naissance… Certains y verraient une coïncidence, d’autres une réincarnation. Je n’ai jamais vu Chantal Goya sur scène : un manque cruel dans ma vie. Mais j’ai déjà assisté à un concert de Paul Mc Cartney (à Bercy, 2h30 de bonheur), je me suis rendu sur Abbey Road, mais comme j’étais tout seul, je n’ai pas pu immortaliser ce moment et me faire écraser par les riverains excédés…

C’est donc avec une émotion non feinte que je pénètre pour la première fois à la Philharmonie, la vraie. Ce super groupe, qui va rejouer très fidèlement l’album le plus emblématique des Beatles, est la raison de ma présence, puisqu’il compte dans ses rangs le chanteur du Beta Band, deux tiers de Supergrass, un soupçon de Primal Scream et de The Coral, ainsi que The Libertines, de qui je suis passé un peu à côté,  je l’avoue, le tout chapeauté de main de maître par le trop méconnu Ed Harcourt et accompagnés par des sections cordes et cuivres.

Les deux premiers morceaux « Sgt Pepper » et « With a little help… » s’enchainent parfaitement avec au chant Gaz Coombes pour le premier morceau et Danny Goffey pour le deuxième, tous deux membres de Supergrass qui me manque terriblement. Ce seront peut-être, malheureusement, les meilleurs moments de ce concert. Arrive ensuite le plus connu de tous : Pete Doherty, en bleu de travail. Autant dire qu’il a massacré Lucy in the Sky With Diamonds (et d’autres chansons par la suite) (peut-être se rattrapera-t-il pour la deuxième session à 20h30 ce soir -> la réponse est négative). Certes il est arrivé à l’heure en ce dimanche après-midi mais il n’a pas fait ses devoirs et il chante putain de faux. Pardonnez-moi cet écart de langage, mais mes oreilles ont saigné cet après-midi. Surtout que les backing vocals (que je cite un peu plus bas) étaient plutôt justes, vocalement parlant. Et son camarade des Libertines, Carl Barât était à peine meilleur (ou moins pire, c’est selon). On va dire qu’il n’était pas dans sa tessiture de voix, tout ça tout ça. L’occasion de saluer Gaz Coombes, Daniel Goffey, Paul Duffy (The Coral), Barrie Cadogan (Little Barrie & Primal Scream) et évidemment Ed Harcourt qui ont assuré du début à la fin la partie musicale, avec un « A Day in the Life » impressionnant, si on occulte les saigneurs d’oreilles (répétition assumée) que sont les Libertines.

Malgré un son pas hyper bon, sûrement dû à ma localisation dans la Philharmonie tout en haut sur le côté, une ambiance pas folle folle côté public et j’ajouterai un petit manque de préparation chez certains, le concert fut tout de même une honnête célébration de cet album, vive Supergrass et Ed Harcourt, même si… ben… on ne remplace pas The Beatles comme ça et pour cause. Avec en rappel Penny Lane et Strawberry Fields Forever : Ze Cherry on the cake !

(et par charité chrétienne, je ne mentionnerai pas l’autre anniversaire de l’album mené par Yvan Cassar au Théâtre des Champs Élysées avec Cabrel, Voulzy, Willem (la tortue, pas le dessinateur)…)

(je crois que je n’aurais jamais dû réécouter le concert via la retransmission live de ce soir…)

 

vu le dimanche 22 octobre 2017 à 16h30 à la Philharmonie de Paris (19e)

prix de la place : 18€75 (cat 3 – tarif abonnement)

 

Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band LIVE

avec Ed Harcourt (direction musicale, chant, guitare, piano, claviers) , Carl Barât (chant), Peter Doherty (chant), Steve Mason (chant), Danny Goffey (batterie, chant), Gaz Coombes (guitare, chant), Paul Duffy (basse, chant), Barrie Cadogan (guitare, voix), Ben Castle (saxophone, clarinette), Sky Murphy (trombone, trompette), Simon Bessaguet (cor), Gita Langley (violon), Jessie Murphy (violon), Amy Stanford (alto), Amy Langley (violoncelle)

 

(une autre histoire)

1e juin 1967

Ma soeur me rabat les oreilles avec Michel Legrand et ne me parle qu’en chantant. Ou bien est-ce le contraire, elle chante en me parlant ? Elle a vu « Les Demoiselles de Rochefort » trois fois. Elle veut que je fasse une des deux jumelles. Je l’ai accompagnée la deuxième fois. J’aime bien Françoise Dorléac, sa voix, son visage. Je suis sûr qu’elle a la peau douce. Je pense que sa soeur Catherine Deneuve ne fera pas une grande carrière. Je veux seulement que ma soeur me laisse écouter mon nouveau vinyle, celui des Beatles, le Sergent Poivre. C’est mon tour, qu’elle me dit.

– T’en as pas marre, Papa ?

– C’est vous deux qui m’énervez, il me dit, je peux même pas écouter mon disque de jazz tranquille. Il faudrait des postes partout, voilà, dans chaque pièce. Avec des casques !

L’an prochain, je passe le bac, là je suis en première, il va peut-être falloir que je travaille un peu, si je veux l’obtenir. Y a cette fille qui me tourne autour, elle s’appelle Fabienne. Parfois j’aimerais m’appeler Antoine. Et pendant ce temps, j’écris dans mes carnets noirs et sur ma Remington. Faut que je fasse gaffe, j’ai tendance à faire référence à tout. Les noms propres, tout ça… Je me demande, dans cinquante ans, ce que je penserai de ces notes. J’aurai… quoi… soixante-sept ans en 2017. 2017… une date qui parait irréel. J’ai des doutes sur les voitures volantes, mais quand même… il se passera quoi ? Je serai qui ? Grand-père sûrement. Je serai marié avec la voisine ou Fabienne, tiens. Je serai à la retraite dans mon fauteuil roulant. Mes parents seront sûrement morts. Moi aussi je serai peut-être mort.

Tout est prêt, j’ai nettoyé le saphir de mon tourne-disque, j’ai décroché le téléphone. Ça craque un peu quand je pose le saphir sur le disque qui tourne, on entend les instruments qui s’accordent…

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Decanis

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