Deux mille dix-huit

SPECTACLE VIVANT

Une année record (j’avais déjà dit cela l’an passé, mais j’ai de nouveau battu mon record, c’est moi qui ai la plus longue, pour une fois). Alors même que cette année j’ai travaillé à plein temps (pour le pire et le moins pire), je sais déjà que j’en ferai beaucoup moins en 2019, j’ai vu mes limites, tant physiques qu’inspirationnelles, si je puis dire. (ça aussi, je l’ai déjà écrit l’an passé, mais à moins qu’on me paye pour écrire, je verrai réellement beaucoup moins de spectacles l’an prochain). Pour être plus sérieux, j’ai la fâcheuse impression que d’en voir beaucoup me blase un tantinet…

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Bibliothèque du Théâtre de Gennevilliers

139 spectacles (71 il y a 2 ans, 101 l’an passé) à Paris, Montreuil, Bobigny, Nanterre, Gennevilliers, Aubervilliers, Saint-Denis, Boulogne-Billancourt, Saint-Ouen, mais aussi Avignon, Bussang, Bruxelles, Londres et Lausanne, dans 66 lieux avec des artistes français, belges, anglais, néerlandais, italiens, portugais, canadiens, danois, suisses, brésiliens, grecs, polonais, allemands, israëliens, russes… parfois (souvent) dans le texte. Du théâtre, des chevaux, des images, du son, de la musique, des marionnettes, des objets, du théâtre documentaire, de la danse, du cirque, du seul en scène, du one wo.man show, des écoles de théâtre, des gens tous nus, des performances, du jeune public, des professionnels, des « amateurs » et même des pièces dans le privé…

Trois spectacles vus une 2e fois (« Iliade » par Pauline Bayle, « Bovary » et « Sopro » de Tiago Rodrigues) ou une 3e fois (« By Heart » de Tiago Rodrigues, toujours lui)

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Ça ne se passe jamais comme prévu de Tiago Rodrigues avec les élèves de la Manufacture au Théâtre de l’Aquarium

J’ai vu cinq spectacles du tg STAN (« Quoi Maintenant », « Infidèles », « Atelier », « Après la répétition », « Quartett »), quatre de Tiago Rodrigues (+ « Ça ne se passe jamais comme prévu ») (#TeamTiago), quatre de Julien Gosselin (« 1993 » et sa trilogie Don DeLillo), quatre de Gwenaël Morin (sa tétralogie « Molière de Vitez »), trois de Marc Lainé (« La fusillade sur une plage d’Allemagne », « Hunter », « La Chambre désaccordée »), deux du Collectif L’Avantage du Doute (« Grande Traversée », « La Caverne ») (le film de Judith Davis « Tout ce qu’il me reste de la révolution » sort début février, soit dit en passant), deux de Pauline Bayle (« Iliade » et « Odyssée »), deux avec Laetitia Dosch (« La Maladie de la Mort » de Katie Mitchell et « Hate »), deux avec Emilie Incerti Formentini (« Au bois » et « Love me tender »), deux avec Grégoire Monsaingeon (« Bovary » et « Ovni(s) »), deux de Lisbeth Gruwez (« We’re pretty fuckin’ far from ok », « The Sea Within »), etc.

Par souci de transparence, je tiens à mentionner que j’ai bénéficié de 43 invitations  (dont 19 dans le cadre du Festival Off d’Avignon) grâce à ce blog ou dans le cadre de  mes contributions au Blog de Nestor (blog sur l’actualité culturelle montreuilloise). J’ai donc payé 96 fois ma place…

À part ça de grands souvenirs avec (dans le désordre) :

  • France Fantôme de Tiphaine Raffier au TGP St-Denis
  • B. Traven de Frédéric Sonntag au Nouveau Théâtre de Montreuil
  • The Encounter de Simon McBurney à l’Odéon Théâtre de l’Europe
  • Tragédies Romaines de Ivo Van Hove à Chaillot (je ne l’ai pas chronique, vous rendez-vous compte ?!?)
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Tragédies romaines d’Ivo Van Hove à Chaillot

Et dans les (plus ou moins) bons souvenirs :

  • le bataillon 30 hyper dissipé aux Tanneurs pour le « By Heart » de Tiago Rodrigues.
  • ma crampe à la cuisse droite durant la trilogie Don DeLillo aux Ateliers Berthier.
  • le site magnifique du Théâtre du Peuple à Bussang.
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Théâtre du Peuple, Bussang
  • mon extinction de voix à cause de Laetitia Dosch (ou plutôt à cause de ma persévérance à ne pas vouloir acheter de parapluie)
  • mon accréditation pour le Off d’Avignon.
  • la découverte du Barbican à Londres (clin d’oeil à Camellia Burows)
  • tomber amoureux d’une bonne dizaine de comédiennes/danseuses (en vrai, j’ai préféré ne pas compter pour ne pas me faire du mal) (clin d’oeil à Laurent, je te laisse Laetitia, mais j’ai vu Lisbeth avant toi, je te ferai remarquer !)
  • ces moments « je vais aux toilettes ou je n’y vais pas » pendant les spectacles de Gosselin ou Van Hove.
  • ma gêne lors de ma rencontre avec une comédienne qui avait lu ma chronique mitigée d’une pièce dans laquelle elle avait joué (longue phrase bien lourde).

 

CONCERTS

16 soirées concerts (soit moitié moins que l’an passé) mais avec 27 artistes ou groupes.

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Parce que je fais parfois régisseur son…

TOP 5

 

EXPOS

La découverte (enfin) des Rencontres Photographiques d’Arles, les polaroïds de Wim Wenders à Londres, mon initiation à l’architecture…

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La Cité Radieuse par le Corbusier sur la Planète Mars

 

CINÉMA

Moitié moins de films cette année (35 au 26 décembre 2018), la faute au théâtre et aux chroniques à écrire, à la flemme. Huit films sont tout de même parvenus à se détacher : 

  • Leto de Kirill Serebrennikov
  • Shéhérazade de Jean-Bernard Marlin (#TeamLycéeMichelet)

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  • Amanda de Mikael Hers
  • Climax de Gaspar Noé
  • Woman at War de Benedikt Erlingsson
  • Au Poste de Quentin Dupieux
  • Phantom Thread de Paul Thomas Anderson
  • Ready Player One de Steven Spielberg

 

SÉRIES

J’ai vu énormément (trop ?) de saisons cette année : 50 si j’ai bien compté

TOP 5

  • l’intégrale de Six Feet Under (enfin !) : qui m’a totalement dévasté, je pèse mes mots.
  • la saison 2 de The Good Fight : série trop méconnue, légèrement anti-Trump.
  • la saison 1 de Kidding (+ S1 : I’m dying up here) : Jim Carrey. Voilà.
  • la saison 1 de Counterpart : Espionnage et monde parallèle…
  • la saison 1 de The First : Sean Penn, Mars… Elle prend son temps.

 

LIVRES

TOP 5

  • la découverte FabCaro avec « Zaï  Zaï Zaï Zaï »et son roman « Le Discours » auquel je me suis pas mal reconnu (c’était même assez troublant à certains endroits) :

 

« Je ne suis pas comme vous, je vous emmerde, j’ai trop de problèmes dans ma vie pour faire la chenille, j’ai lu « Le livre de l’intranquillité » de Pessoa, vous imaginez quelqu’un qui a lu « Le livre de l’intranquillité » de Pessoa faire la chenille ? »

 

  • l’Arabe du Futur 4 de Riad Sattouf
  • Vernon Subutex 3 de Virginie Despentes
  • Le Lambeau de Philippe Lançon

 

CÔTÉ BLOG 

5 articles pas par moi : de grands remerciements encore et toujours à Cyril Bivalski et Laurent Suavet. La porte reste toujours ouverte pour vous (et pour d’autres aussi, soyons fous !)

130 articles écrits par moi…

Top 10 fréquentation (au 26 décembre) :

Le blog va plutôt bien, merci de demander. 

 

SUR LE PLAN PERSONNEL

Sans rentrer dans les détails… J’ai donc écrit de nombreux articles pour ce blog (130), quelques articles pour le Blog de Nestor (19 peut-être). J’ai collaboré à Radio Mortimer (et fait la connaissance de personnes très très intéressantes). J’ai (enfin) terminé d’écrire ma deuxième pièce que j’espère pouvoir monter d’une façon ou d’une autre en 2019, participé au labo social (fantôme) mené par le collectif « L’Avantage du Doute » lors de l’Occupation Bastille 2 (dans le théâtre du même nom), joué à deux reprises dans la salle du haut du théâtre de la Bastille en compagnie de mes amis Les Infilitré.e.s (et dit un de mes textes, tout seul devant le public)… Je crois que j’ai beaucoup écrit cette année… (et je ne suis absolument pas épuisé, mais ça c’est l’âge)

 

Et prochainement en 2019… Les Infiltré.e.s saison 2 au théâtre de la Bastille les 9 et 10 mai… « Dedans ma tête », le seul en scène écrit et interprété par moi-même… Des chroniques made in Québec…

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photo : Marc Woog – Compagnie Mimesis

 

Textes et photos (sauf mention contraire) : Axel Ito

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Fracassés (Kate Tempest / Gabriel Dufay / La Villette)

(de quoi ça parle en vrai)

« Il y a dix ans, Tony est mort. Ted, Danny et Charlotte se retrouvent pour ce triste anniversaire, alors qu’ils tâchent, péniblement, d’entrer dans l’âge adulte. La mélancolie de leurs années d’excès se ravive ; drogue, alcool, sexe, ils ont tout fait, joyeusement, complètement, intensément. Maintenant ils sombrent, s’engloutissent, survivent à peine dans leurs vies étriquées, dans la violence du vide, dans ce Londres qui les a tant galvanisés et qui désormais les dévore. Alors, ils décident que ça ne peut plus durer. Première pièce de la talentueuse slameuse et poétesse anglaise Kate Tempest, Fracassés tient de la tragédie antique autant que du morceau de rap. Gabriel Dufay en fait une adaptation théâtrale, chorégraphique, musicale, électrique. Parce qu’il faut, par tous les moyens, à corps perdus, re-poétiser le monde et y trouver une place. » (source : ici)

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Crédits photos : Vladimir Vatsev

(ceci n’est pas une critique, mais…)

En assistant à la représentation de « Fracassés », je me suis retrouvé vingt ans en arrière, quand j’allais au cinéma voir Trainspotting (adapté du roman d’Irvine Welsh) ou Human Traffic, en version originale, des films qui dépeignaient les quotidiens de jeunes gens de la classe moyenne au Royaume Uni. Des gars et des filles qui attendaient le weekend pour s’amuser, oublier leur vie utile, à coups de musique, de drogue et d’alcool.

Ici les trois jeunes sont à peine plus âgés, embourbés dans leur travail (quand ils en ont un), leurs souvenirs de jeunesse, leurs rêves échoués au milieu de nulle part. Et vingt ans plus tard, rien de nouveau sous le soleil.

J’avais pris une place pour cette pièce car je voulais découvrir les mots de Kate Tempest, dont j’entends beaucoup parler depuis quelque temps. Cette pièce n’était peut-être pas la bonne porte d’entrée sur son oeuvre. La faute à une traduction simpliste, à une mise en scène qui laisse un goût de déjà-vu (de la fumée, ces moments de lâcher prise sur une musique techno, de la vidéo illustrative).

En revanche, on ne peut que saluer le talent des trois comédiens, Clément Bresson en tête (que j’avais découvert dans les pièces de Marie Rémond), qui y mettent tout leur coeur.

Quant à Kate Tempest, on se résoudra à la découvrir en chair et en os, sur scène très bientôt au Point Ephémère.

 

FRACASSÉS

De Kate Tempest

Mise en scène Gabriel Dufay (Compagnie Incandescence)

Avec Clément Bresson, Gabriel Dufay, Claire Sermonne

Texte français Gabriel Dufay, Oona Spengler
Collaboration artistique Christine-Laure Hirsig – Scénographie Pierre Nouvel – Costumes : Gwladys Duthil – Vidéo : Pierre Nouvel et Vladimir Vatsev – Son Bernard Vallery Lumières Sébastien Marc – Régie video / son, montage images Jérémy Oury – Regard chorégraphique Corinne Barbara – Stagiaire mise en scène : Salomé Blaise

du 4 au 17 janvier 2019 à Lyon / les 13 et 14 mars 2019 à Châlons-sur-Marne / le 7 mai 2019 à Cergy.

 

(une autre histoire)

Je bois présentement une bière Camden Hells et écoute Ziggy Pop. Je veux être sous influence pour écrire cette autre histoire. Pour tout te dire, je suis à poil, là, maintenant. Littéralement. Je bouge mon popotin au son du « Lust for Life » remixé par The Prodigy. J’aime bien faire du name dropping. De toute façon, personne ne lit mes chroniques entièrement, donc je peux raconter tout ce qui me chante.

Je prends ma canette et en fais un micro. Je prends ma voix de fausset : « Lust for liiiiife ! »

A Noël, j’offre toujours à ma famille la bière de Noël. Je ne sais pas d’où je sors cette tradition. En face de moi sont posées les trois bouteilles en verre, elle me font de l’oeil. Je me taperais bien les trois. Je suis un petit foufou. On est en milieu de semaine, mes lessives sont faites, ma valise est déjà prête alors que je ne pars que samedi matin (mon code est le 6969, c’est moi qui ai le paillasson Willkommen).

Je me recentre. Je disais quoi. Je suis en roue libre. Alors même que j’ai résilié mon abonnement vélib’.

J’aurais presque envie de me mettre tout nu. Ah mince, c’est déjà fait. Faudrait peut-être que je pose un coussin entre mon ordinateur et mes parties intimes.

J’ai envie de danser. Je remue mes mains devant mes yeux, ça fait stroboscope, j’ai l’impression de mieux danser comme ça. Je vais faire brûler un truc dans le four, ça fera de la fumée, comme dans la pièce. Dommage que je n’aie pas le machin là, tu sais, quand il y a la fumée, y aurait eu de l’eau qui… comme ça là.

Je n’ai toujours pas terminé de boire ma Camden Hells. Ce matin, au Noël du boulot, j’ai offert deux tablettes de chocolat suisse. Parce que j’étais à Lausanne le weekend dernier pour mon anniversaire. J’ai même pleuré en me baladant tout seul au bord du Lac Léman. Mais de quoi je parle ? Je suis tellement foufou que j’ai emballé les tablettes dans une enveloppe postale et j’ai écrit : « Ceci n’est pas une enveloppe postale. ». Alors que j’ai vraiment utilisé une enveloppe postale, parce que je n’avais pas de papier cadeau à la maison, tu saisis ? Et quand bien même, j’en aurais, je n’ai jamais su empaqueter les cadeaux. J’ai quatre ans d’âge papier cadeau.

Je vais bien.

 

vu le vendredi 14 décembre 2018 à la Villette, Paris

prix de ma place : 8€ (tarif personnel de la Villette… je n’y travaille pas mais j’ai une amie qui me veut du bien)

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Saison 1 (Florence Minder / Théâtre de la Bastille)

(quand on ne lit pas la bible)

Saison 1 ? Ah bravo, Netflix va financer la production de pièces de théâtre qui seront vues seulement sur leur site ? Certes, la France entière pourra profiter dans son salon du spectacle vivant jusque-là destiné aux bobos parisiens de mes fesses poilues, mais où va le monde, Madame ? Où va le monde, je pose la question ? Et pourquoi pas le cinéaste Alfonso Cuaron qui signerait le chef d’oeuvre de l’année mais qu’on ne pourrait pas voir sur grand écran ?

(de quoi ça parle en vrai)

« À l’heure où le storytelling est devenu un véritable marché, Saison 1 interroge notre rapport intime et collectif à la fiction. Pour explorer l’influence des récits sur notre perception du réel, Florence Minder joue avec les codes des séries télévisées et entremêle avec virtuosité les différentes strates de la représentation. Empruntant au stand-up, elle compose un personnage à la fois lunaire et cruel. Férocement drôle, son spectacle raconte aussi la trajectoire d’une héroïne qui, pour prendre l’histoire à son compte, tente de s’extraire d’une fiction qui souhaitait plutôt la reléguer au statut de victime. » (Victor Roussel – source : ici)

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© Hubert Amiel

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Quand on ne connait pas, on lit le programme. C’est ce qu’on m’a dit dernièrement. Je vais au théâtre, je regarde des séries, pas besoin de lire. Et bien m’en a pris. Je ne divulgâcherai donc pas les bonnes « surprises » que nous réserve Florence Minder dans cette première saison.

Le départ de ce spectacle est pourtant assez déroutant : l’artiste est seule, assise à son bureau, son ordinateur ouvert devant elle, d’autres éléments du décor sont cachés sous des draps. On se demande : « Mais… c’est ça le spectacle ? Elle va lire tout le temps ? On est bien au théâtre de la Bastille ? »  Ceci n’est pas du stand up, ceci n’est pas une pièce de théâtre, ceci n’est pas une conférence, mais tout à la fois et bien plus encore. Une première saison qui sait se renouveler à chaque épisode (au nombre de trois), qui joue avec les codes de la série (ok, je répète ce qui est écrit dans le programme, mais je suis d’accord, c’est pas ma faute !) (par exemple, le fameux recap qui est presque plus long que l’épisode lui-même) pour encore mieux s’en détacher, notamment lors de la troisième partie.

C’est drôle, intelligent, surprenant, piquant. Florence Minder manie avec précision l’art du cliffhanger et ne peut que nous faire espérer une deuxième saison.

SPOILER ALERT : 

Ses deux acolytes, dans des registres diamétralement opposés, aident Florence Minder à contrer nos attentes, à lancer une nouvelle dynamique. Du burlesque absurde à la poésie.

SAISON 1

Projet écrit et conçu par Florence Minder

Avec Pascal Merighi, Florence Minder et Sophie Sénécaut

Assistant Julien Jaillot Conseillère dramaturgique Manah Depauw Scénographie et création lumières Simon Siegmann Costumes et accessoires Cécile Barraud De Lagerie, Nicole Moris et Pauline Aschoff (stagiaire) Compositions originales et musique live Pierre-Alexandre Lampert Création sonore Guillaume Istace

Jusqu’au 20 décembre 2018 au Théâtre de la Bastille, Paris

 

(une autre histoire)

Pendant longtemps j’ai cru que j’étais le second rôle d’une série. On fait partie d’une bande de potes, mais tout tourne autour d’un seul gars, le premier rôle et le gars c’est pas toi. On n’est pas dans Friends ! Tu as l’impression que tu es seulement là pour jouer les utilités, pour sortir la bonne blague, t’es présent un épisode sur deux. D’ailleurs, une année, j’ai changé de visage et personne ne s’en est aperçu.

Une saison suivante, j’ai pris mes distances, puis j’ai quitté définitivement la série pour jouer dans ma propre série dérivée. Je ne suis pas certain qu’elle soit beaucoup suivie. Elle aurait des accents LouisCKiens. Il est quelque peu en disgrâce dernièrement, mais lui au moins a une Blanche Gardin à ses côtés. Ma série alternerait des épisodes où rien ne se passerait, à la Seinfeld ou contemplatifs tel que… je n’ai pas d’exemple. Une série qui prendrait son temps… Parfois ma série serait complètement drôle et ridicule à la fois (mes histoires sentimentales seraient une source d’inspiration inépuisable).

Parfois je me dis que quelqu’un me regarde. Comme dans « The Truman Show ». Parfois je m’arrête sur le quai du métro et m’aperçois dans les moniteurs de surveillance. Je suis en noir et blanc. Je me vois de dos en train de regarder un gars de dos dans un moniteur de surveillance, dans lequel un gars de dos aurait les yeux rivés sur…

Je regarde un autre que moi.

 

vu le mercredi 12 décembre 2018 au Théâtre de la Bastille, Paris

Prix de ma place : 13€/mois (pass Bastille)

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Rain (Rosas / Ictus / La Villette / Festival d’Automne)

(quand on ne lit pas la bible)

Rain ? Si seulement je l’avais vu en novembre, j’aurais pu ironiser sur la chanson de Guns n’Roses, mais hélas non. Et comme la compagnie de Anna Teresa De Keersmaeker s’appelle Rosas, moi je dis, y a pas de hasard !

(de quoi ça parle en vrai)

« Cette pièce phare d’Anne Teresa De Keersmaeker, composée en 2001 sur Music for 18 Musicians de Steve Reich, est peut-être la clé de voûte de toute son oeuvre chorégraphique. La structure de la danse, à la fois imbriquée et adjointe à celle de la musique, agit comme une matrice ; par ses répétitions, ses variations, ses conjugaisons des motifs initiaux, elle génère une vitalité rare, une incandescence persistante et vertigineuse, que les danseurs, dans leur mouvement collectif, ne cessent d’auto-alimenter. Portés par les vagues ondulatoires et obsédantes de la musique, les ressorts formels de cette « danse pure » exercent leur action bien au-delà du plateau. Leur rigueur infaillible distille les sensations, s’immisce dans les gradins, insiste et recommence, jusqu’à l’envoûtement. » (source : ici)

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Crédits photos : Anne Van Aerschot

(ceci n’est pas une critique, car il faut vraiment que je prenne des vacances, hélas, avec celle-ci, j’ai encore 5 chroniques à pondre…)

On voit des danseuses et des danseurs courir en rond. On voit des danseuses et des danseurs à deux doigts de perdre l’équilibre. On voit et on entend surtout dix musiciens et choristes jouer une musique de Steve Reich. Entêtant, hypnotisant. Du mouvement pendant plus d’une heure, les danseurs ne prennent pratiquement aucune pause, les musiciens se relaient au piano, aux cordes ou au xylophone. Une sensation de fluidité. La musique répétitive de Reich mais jamais ennuyeuse se laisse écouter comme un morceau dont on découvrirait de nouvelles choses à chaque écoute.

(Parfois je laisse mon regard s’attarder sur une seule personne pendant de longues minutes, occultant tout le reste. Puis reviens sur le groupe. Ils vont bien ensemble.)

Parce qu’on n’est pas pareil à la fin du spectacle (et c’est un peu la moindre des choses quand on va au spectacle), notre seul souhait est que la pluie tombe sur nous. Et aussi courir.

 

RAIN (rosas / ictus)

Chorégraphie Anne Teresa De Keersmaeker

Dansé par Laura Bachman, Léa Dubois, Anika Edström Kawaji, Zoi Efstathiou, Yuika Hashimoto, Laura Maria Poletti, Soa Ratsifandrihana, Frank Gizycki, Lav Crnčević, Luka Švajda

Musique : Music for 18 Musicians Steve Reich

(dans le cadre du Festival d’Automne à Paris)

 

(une autre histoire)

Dans mes archives musicales, j’ai 109 chansons avec le mot « rain » et autres mots de la même famille, mais seulement 15 morceaux avec le mot français « pluie ». Je n’ose rechercher le nombre de fois où le mot « love » ou « amour » apparait. Ça me déprimerait bien trop. Surtout que la pluie elle-même me met dans un état proche de la larve qui aurait abusé de sucreries. Le gris aussi me fait ça. Revoir certaines personnes également. Alors j’ai dit « stop ». Je me mets au sport, j’arrête de boire, je n’écoute plus de musique triste ou grise. Je me regarde la face dans la glace et je tente de battre le record de souriage. Je pense alors à ma nouvelle dentiste dont j’ai sauvagement décommandé le rendez-vous. Je la rappellerai l’année prochaine, ça sera ma première résolution. Et j’arrêterai de commencer mes phrases par « je ».

(…)

J’aimerais ça, courir en rond, sans m’arrêter, sur une petite distance. J’irais tellement vite que la force centrifusionelle me permettrait de courir à 20° d’angle du sol. Je serais comme Fred Astaire et je courirais sur le tapis bleu du ciel. Parce que parce que je l’ai décidé, le ciel serait toujours bleu. Avec un ou deux petits nuages, pour agrémenter et faire fonctionner la boîte à imaginaire. Avec tout cet entraînement, je pourrais faire comme Michael Jackson dans le clip « Smooth Criminal » et me baisser sans décoller des pieds. Je ne perdrais point l’équilibre. Je ne sais pas bien à quoi ça me servirait, mais ça serait cool…

(…)

Voilà voilà…

 

vu le vendredi 7 décembre 2018 à la Grande Halle de la Villette, Paris

Prix de ma place : 12€ (place prise par une amie qui travaille à la Villette)

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Elisapie + Mark Bérubé – Kliffs (la Bellevilloise / Aurores Montréal)

(ceci n’est pas une critique mais…)

Je n’arrive pas à retrouver à quelle occasion j’ai déjà vu Mark Bérubé. C’était en première partie, mais de qui ? Quoi qu’il en soit, je fus bien heureux de le revoir sur la scène de la Bellevilloise en compagnie de Kristina Koropecki au violoncelle pour son nouveau projet Kliffs. Encore un de ces artistes méconnus et sous-estimés qui vaut vraiment qu’on se donne la peine de prêter une oreille (et pourquoi pas les deux) à sa musique, qui oscille entre pop et folk.

J’avais découvert Elisapie (Isaac) grâce à une chanson « Moi Elsie » écrite par Richard Desjardins et composée par l’inénarrable Pierre Lapointe.

Ça faisait longtemps que je l’avais dans l’oreille et l’idée de la voir enfin sur scène était une évidence. Je ne fus pas déçu. Ses premiers mots seront en inuktitut car la belle Elisapie est originaire du Nunavut, le Grand Nord. Je souris comme si j’avais compris mais il n’en est rien. La dame est envoûtante, intimidante aussi. Son regard nous transperce et on a du mal à le soutenir. Elle chante aussi en anglais et en français. D’excellents musiciens l’entourent, les chansons nous emportent dans un ailleurs inconnu de nous. Elisapie peut être piquante quand elle se moque gentiment des Français. Mais elle est surtout captivante quand elle raconte ses origines, sa famille.

Son nouvel album « The Ballad Of The Runaway Girl » est disponible dans les bacs, comme on disait dans le temps et son tout premier à être commercialisé en France. Mieux vaut tard…

ELISAPIE + MARK BERUBÉ « KLIFFS »

à la Bellevilloise, Paris, dans le cadre du festival « Aurores Montréal »

 

(une autre histoire…)

Le Québec et moi, c’est une longue (et autre) histoire. Presque treize ans. On pourrait remonter jusqu’à la sortie de « 1990 » le titre le plus connu en France de l’auteur – compositeur – interprète Jean Leloup (que je n’ai toujours pas vu sur scène). Mais c’est bien en 2005, quand ma soeur eut la bonne idée de s’installer là-bas que je me mis à découvrir et à aimer le Québec et donc sa musique. Je ne vous parle pas des chansons de Céline Dion, Garou et Isabelle Boulay, je vous parle plutôt de ces interprètes qui ont eu plus ou moins de difficultés à traverser l’océan Atlantique, je parle de Jorane, Karkwa, Malajube, Dobacaracol, Les Cowboys Fringants, Misteur Valaire, Gatineau, Atach Tatuq, Damien Robitaille, Pierre Lapointe, Klô Pelgag… (ceci dit, le Québec n’est pas une exception dans mes découvertes musicales, j’éprouve de plus en plus de difficultés à découvrir de nouveaux artistes, la faute au temps qui passe trop vite, au théâtre, etc., d’où ces noms qui ne sentent pas encore la naphtaline mais un certain parfum so ’05/10, Klô Pelgag étant l’exception qui confirme la règle) Et encore je ne parle pas des artistes anglophones comme Patrick Watson. Bref, c’est grâce à mes séjours dans le Nouveau Monde, à des balladodiffusions comme celles de feu Bande à Part, à des journalistes comme Catherine Pogonat et des festivals comme Aurores Montréal, que je découvre toujours plus d’artistes fabriqués au Québec et aussi dans le Grand Nord comme Elisapie.

Tout ça pour dire que ces artistes font partie de ce que je suis aujourd’hui et qu’il ne se passe pas un jour sans que j’écoute un de leurs morceaux. Je pourrais entrer dans les détails, mais ce ne serait pas très intéressant. L’été prochain, je retourne au Québec, je raterai sûrement le Festival d’Été de Québec à cause d’un certain autre festival théâtral, mais je saurai me rattraper, certainement au festival Osheaga à Montréal ou aux soirées bucoliques à l’Auberge de l’Île du Repos du côté de Péribonka et du Lac St-Jean ! Ou pourquoi pas à Petite Vallée. Y a aussi ce micro-festival à St Pierre et Miquelon, Rock’n’Rhum. Certes, nous ne sommes plus au Canada, mais cet endroit me fait terriblement envie. La vie insulaire, quoi ! Comme une envie de me retirer, de faire l’ermite. J’en parle souvent. Ici. Ailleurs. Une envie qui a toujours été « dedans ma tête ». M’isoler. Devenir hermétique à toute pollution. Ne plus entendre le bruit. Assez utopique, j’en conviens. Un jour peut-être. Mais pas tout de suite. J’ai encore bien à faire.

 

vu le mardi 4 décembre 2018 à la Bellevilloise, Paris

prix de ma place : 16,80€

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

(photo de couverture : pochette de l’album d’Elisapie  » The Ballad of the Runaway Girl »

À quelle sauce… (hiver 18/19)

Avant le bilan de fin d’année, voici donc venu le temps du billet de saison : l’hiver. Comme je suis un peu ours, je mets déjà un pied en hibernation. Et surtout, après un automne riche, je me repose, j’apprécie, je prends le temps, comme j’ai pu le dire ici et là.

Évidemment cette liste sera amenée à muter, selon mes envies, mes humeurs, ma tirelire, les propositions…

DÉCEMBRE

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Saison 1 © Hubert Amiel

J’y suis déjà allé

Elisapie / Mark Berubé : Double plateau, dans le cadre du festival Aurores Montréal. J’ai déjà vu mon second en première partie de je ne sais plus qui et ma première, ça fait quelque temps que je l’ai dans l’oreille. C’était à la Bellevilloise et l’article est à venir.

Rain : Anna Teresa De Keersmaecker pour un de ses chefs d’oeuvre avec en prime la musique de Steve Reich. C’était à la Grande Halle de la Villette et l’article est à venir.

J’irai voir

Saison 1 : Florence Minder se propose d’interroger notre addiction aux histoires notamment sérielles. Ça sera une découverte au Théâtre de la Bastille. (du 12 au 20/12)

Fracassés : Il y a des noms comme celui de Kate Tempest dans l’air du temps. Je saute sur l’occasion pour découvrir sa prose, même si traduite en français. C’est du théâtre et c’est à la Villette. (du 11 au 15/12)

Romances Inciertos : Après Avignon, Nino Laisné et François Chaigneaud sont en tournée, notamment à Chaillot et aussi ailleurs. J’irai voir la pièce ailleurs pour mon annniversaire. Très bientôt, sûrement ici le récit de mes pérégrinations d’un tout frais quadragénaire. (c’est la première fois que je me dis quadragénaire, ça me fait encore plus de mal que quand je pense au nombre 40) (du 18 au 21/12)

J’irai peut-être voir

Soeurs : C’était la dernière hier aux Bouffes du Nord. Y avait Marina Hands et Audrey Bonnet. Il faut parfois apprendre la frustration.

Les Palmiers Sauvages : J’avais peu apprécié « Plage Ultime » il y a quelques années à Avignon, mais j’aime bien ne pas rester sur une déception. Un jour, je reverrai un spectacle de Séverine Chavrier. C’est au Théâtre Monfort. (jusqu’au 15/01)

Cassavetes : Je l’ai également raté, mais on ne peut pas être partout, notamment au Lucernaire. En espérant le rattraper ailleurs…

Le Grand Débat : Deux grands acteurs : Emmanuelle Lafon et Laurent Poitrenaux peuvent suffire à mon bonheur. Qui sait, au Théâtre de la Cité Internationale (jusqu’au 15/12)

Si loin si proche : une de ces pièces dont j’avais entendu parler l’été passé à Avignon, cette fois-ci à la Maison des Métallos (du 18 au 23/12)

L’Idéal Club : C’est festif, c’est drôle, c’est au Monfort Théâtre. (du 19/12 au 12/01)

Furia : Lia Rodrigues au Centquatre. Point. (du 12 au 15/12)

Eve Risser, Naïny Diabaté, Red Desert Orchestra, Kaladjula Band : Parce que. Au Nouveau Théâtre de Montreuil (le 15/12)

J’ai déjà vu (et je conseille)

J’abandonne une partie de moi que j’adapte au T2G dans la cadre du festival Impatience. (les 11 et 12/12)

Tristesse et joie dans la vie des girafes : Petite merveille que ce spectacle jeune public mais pas que par Thomas Quillardet à la mise en scène et Tiago Rodrigues à l’écriture, le tout au T2G. (du 14 au 18/12)

Tous des Oiseaux : à la Colline, Wajdi Mouawad reprend son petit (grand) miracle (jusqu’au 30 décembre)

JANVIER

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The Scarlet Letter – crédit photo : Simon Gosselin

J’irai (re)voir

Lettres non écrites : David Geselson avait lancé ce projet lors de la première Occupation Bastille. L’année suivante, il avait présenté une première mouture au Théâtre Ouvert. Il entend des gens, vous et moi, qui ont eu envie d’écrire une lettre à quelqu’un sans jamais oser le faire. Il l’écrit pour vous et demande à un acteur ou une actrice de lire/dire la lettre. Au Théâtre de la Bastille. (les 11 et 12/01)

Doreen : Ou plutôt je reverrai ce moment sensible autour du livre d’André Gorz « Lettres à D. », par David Geselson. Au Théâtre de la Bastille. (du 7 au 30/01)

Kanata : Robert Lepage + le Théâtre du Soleil : Un grand moment, sûrement. (du 15/12 au 17/02)

The Scarlet Letter : Il y a plus de trois ans, pour des raisons liées à l’actualité, je n’avais pas vu revoir Angelica Liddell. Elle revient à la Colline avec ce nouveau spectacle. On se prépare déjà mentalement. (du 10 au 26/01)

The Generosity of Dorcas : Jan Fabre au théâtre de la Bastille pour le solo d’un danseur qui se nomme Dorcas et qui est très généreux. (du 16 au 31/01)

On voudrait revivre : Léopoldine HH et Maxime Kerzanet livrent un spectacle autour des chansons de Gérard Manset que je connais très mal. Une bonne raison de se rendre au Théâtre de l’Opprimé. (du 15 au 20/01)

Le Couple Témoin : Une répétition ouverte au public, d’après le film de William Klein. Ça se passe au Théâtre Municipal Berthelot à Montreuil. (du 16 au 18/01)

Cléopâtre in Love : Toujours à Montreuil (au Nouveau Théâtre), Judith Henry est Cléopâtre et elle est amoureuse. Je suis très fort pour résumer les pièces d’après leurs titres. (du 30/01 au 22/02)

J’irai peut-être voir

Zaï Zaï Zaï Zaï : Si jamais je trouve une place… Curieux de voir cette adaptation radiophonique et théâtrale de la bande dessinée très drôle de FabCaro. N’oubliez surtout pas votre carte de fidélité, moi je dis. Au Monfort Théâtre (du 23/01 au 09/02)

Les Idoles : en avant-première à l’Odéon Théâtre de l’Europe avec Marina Foïs et surtout Marlène Saldana que j’adore. Aussi pour Christophe Honoré. (du 11/01 au 01/02)

Arctique : Si j’ai le temps… à l’Odéon Théâtre de l’Europe, même si je n’ai pas vu le volet précédent signé Anne-Cécile Vandalem. (du 18/01 au 10/02)

Retour à Reims : Ostermeier encore et toujours à l’Espace Cardin. (du 11/01 au 16/02)

Convulsions : Une pièce dont on m’a dit le plus grand bien l’été dernier dans le Off d’Avignon, cette fois-ci au Théâtre Ouvert. (du 18/01 au 09/02)

10000 Gestes : Boris Charmatz. Plein de danseurs. À Nanterre Amandiers (les 26 et 27/01)

J’ai déjà vu

An Irish Story : Une jolie petite pièce, personnelle et aussi drôle, par Kelly Rivière au Théâtre Municipal Berthelot de Montreuil. (le 12/01)

Mon Coeur : Pièce inégale, mais nécessaire avec un Nicolas Chupin au top. à Paris Villette. (du 23/01 au 02/02)

Les Grands : de Fanny de Chaillé, de retour à Paris Villette, avec notamment Grégoire Monsaingeon (du 8 au 16/02)

FÉVRIER

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Kafka sur le rivage – © Takahiro Watanabe – HoriPro Inc

J’irai voir

Trans (més enlaà) : déjà à Avignon l’été passé, cette fois-ci au Théâtre de la Bastille. (du 04 au 10/02) (finalement pas vu…)

4 propositions de Benjamin Verdonck : Toujours au Théâtre de la Bastille, une nouvelle découverte. (du 13 au 17/02)

Les Tables Tournantes : Le collectif Le T.O.C. au Théâtre Municipal Berthelot à Montreuil. (du 13 au 16/02)

Kafka sur le rivage : Et si j’allais voir une pièce d’après Murakami que je n’ai jamais lu. Et si j’allais voir du théâtre japonais, que je n’ai jamais vu non plus. A la Colline ! (du 15 au 23/02)

Dark Circus :  J’ai bon espoir d’enfin le voir au Nouveau Théâtre de Montreuil ! (du 9 au 17/02)

J’irai peut-être voir

Fanny et Alexandre : Il n’y a plus de places, au moins en février, mais sait-on jamais… Nouvelle adaptation d’après Bergman, cette fois-ci par Julie Deliquet. A la Comédie Française. (du 09/02 au 16/06)

May B : Maguy Marin. À l’Espace Cardin. (du 27/02 au 12/03)

J’ai déjà vu

Grande : Déjà vu deux fois et furieusement envie de le revoir une troisième fois au Centquatre. (du 19/02 au 02/03)

La Réunification des Deux Corées : Classique, par Joël Pommerat à Nanterre Amandiers (du 07 au 17/02)

KEZIAH JONES (Auvernier Jazz Friday, Case à Chocs, 6 décembre 2018, Suisse)

(Ceci n’est pas une critique même si celle-ci est écrite par Cyril Bivalski)

Keziah Jones. Hier soir, j’ai eu la chance de le voir en concert dans le cadre de l’Auvernier Jazz Friday qui se tenait à la Case à Chocs. Complet. Salle archi comble.

J’ai toujours suivi, même sans le vouloir forcément, ce que faisait Keziah Jones. Je ne l’avais jamais vu en concert. Hier soir pas d’excuse, il passait dans une chouette salle à quelques encablures de chez moi.

J’aime bien arriver pendant la première partie, histoire de voir l’ambiance et de goûter une première bière. Jun’ai, c’était. Bien, frais, bon groove. Bonne première partie. Mais alors il y a un truc qu’il faut soigner les gars : quand on fait un concert, le minimum c’est de bien se saper.

Première partie vite passée, changement de plateau. Je ne m’étais pas du tout renseigné sur le type de formation avec laquelle Keziah Jones allait se présenter ce soir. Je ne vois pas de batterie, pas de micro pour une éventuelle section de cuivres. Je vois juste un mur d’amplis guitare (deux Marshall, un Vox) et deux pré-amplis, un tabouret et deux micros voix. Bon, ok, on va voir.

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crédit photo : Cyril Bivalski

Mr. Jones arrive seul par la droite avec un chapeau qui lui mange une bonne partie du crâne et une guitare sous le bras. Il nous annonce qu’il n’a pas de setlist et qu’il jouera des morceaux au gré de son humeur et de son envie. Il entre tout de suite dans le vif du sujet. Million Miles From Home. Lagos est à la fois loin et proche. Son jeu est assez incroyable. On a l’impression qu’il a trois mains droites et deux guitares. Effectivement, il n’a pas besoin d’être accompagné par d’autres musiciens ce soir, il arrive à occuper l’espace à lui tout seul.

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crédit photo : Cyril Bivalski

Le concert file. L’énergie, l’intensité et la joie sont là. A un moment, vers le milieu du concert, Keziah Jones s’adresse alors au public et dit qu’il voyage beaucoup, de par son métier et ce depuis longtemps. Il a remarqué que dans les rues, l’ambiance a changé. Elle se tend. Les temps sont compliqués. Il entame alors deux reprises : War de Bob Marley et All Along the Watch Tower de Bob Dylan. De bon aloi. Superbes versions.

Fin du concert. Un seul rappel. Franchement bravo ! Pas vu le temps passé. Merci Mr. Jones d’être venu jusqu’ ici ! Ca fait du bien de vous entendre !

Vu à la Case à Chocs, Neuchâtel, Suisse dans le cadre de l’Auvernier Jazz Friday, le 6 décembre 2018 à 21 :30.

Prix de ma place : 30 CHF

(Une autre histoire)

Keziah Jones a été découvert dans les couloirs du métro de Paris par Delabel.

Mais où ?

Parce que moi, chaque fois que je prends le métro, les musiciens que je croise ne jouent pas d’Afrobeat ou de Blufunk. C’est plutôt du Piaf massacré à l’accordéon. La Vie en Rose. Le supplice pour touristes. Accompagné par le grincement des roues dans les virages, un vrai bonheur.

Où ? Où jouais-tu Keziah ?

(textes et photos : Cyril Bivalski)

Radio Mortimer #17

À part ça, j’ai eu la joie et l’angoisse de participer à Radio Mortimer, dix-septième du nom. C’est une émission (audio) web faite par des passionné.e.s de théâtre comme moi, avec ou sans blog. Et c’est à l’Odéon Théâtre de l’Europe que nous avons eu la chance d’enregistrer ce nouveau numéro (j’allais ajouter quelque chose, mais je ne le ferai pas, je suis le seul à comprendre cela)

Nous avons disserté à propos de « La Locandiera » de Carlo Goldoni sur une mise en scène d’Alain Françon (Comédie Française), « J’ai rencontré Dieu sur Facebook » d’Ahmed Madani (en tournée), « J’abandonne une partie de moi que j’adapte » du Nabla Group sur une mise en scène de Justine Lequette (les 11 et 12 décembre au Théâtre de Gennevilliers), « Joueurs / Mao II / Les Noms » de Don DeLillo adaptés et mis en scène par Julien Gosselin (Ateliers Berthier – Odéon Théâtre de l’Europe) et « La Bible – vaste entreprise de colonisation d’une planète habitable » par Céline Champinot (Théâtre de la Bastille).

Pour ma part, je suis intervenu sur les deux derniers segments (à partir de 32’15) : j’ai bafouillé, hésité, eeeeeeeet…. cherché mes mots et mes idées. Un grand merci à Mélina (Théâtrices) pour ses coups de ciseaux et bien plus encore et évidemment à toute l’équipe de Radio Mortimer présente lors de l’enregistrement pour leur accueil chaleureux : (par ordre alphabétique) : Bénédicte (Nouvelle Claque), Bertrand, Christine (Théâtre Côté Coeur), Hélène, Iris, Thibaut, Suzanne (Mordue de Théâtre), Valérie (R42 Culture Gourmande), Véro (Théâtrelle)

Je ferai mieux la prochaine fois…

Ps : Je n’ai absolument pas été payé pour dire tout cela, j’ai même fait un chèque en sortant de l’enregistrement…

 

Quartett (Heiner Müller / Rosas / tg STAN / Centre Pompidou / Festival d’Automne à Paris)

(de quoi ça parle en vrai)

« Quartett, créé en 1999, est le fruit d’une collaboration entre deux membres de la compagnie de danse Rosas, Anne Teresa De Keersmaeker et Cynthia Loemij, et deux membres du collectif théâtral tg STAN, Jolente De Keersmaeker et Frank Vercruyssen. Le texte éponyme du dramaturge allemand Heiner Müller, inspiré des Liaison dangereuses (1782) de Choderlos de Laclos, s’ouvre sur ces mots : « Un salon d’avant la Révolution française / Un bunker d’après la Troisième Guerre mondiale ». Un homme et une femme traquent et échangent leurs identités dans l’imminence de l’effondrement du monde — peut-être même un peu plus tard. Frank Vercruyssen et Cynthia Loemij se partagent le plateau en un face-à-face qui convoque à la fois la férocité du verbe et la puissance menaçante des gestes. » (source : ici)

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Crédits photos : Herman Sorgeloos

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Je rêve d’un portrait l’an prochain consacré au tg STAN, pile pour les trente ans du collectif. En attendant, nous avons eu droit à quatre de leurs spectacles cette année et leur cycle s’achève par une collaboration avec une des artistes mises à l’honneur cette année au Festival d’Automne à Paris : Anna Teresa de Keersmaecker. J’avais déjà eu la chance d’assister, il y a six ans, à « Nusch » d’après Paul Eluard, autre duo entre Franck Vercruyssen du tg STAN et une danseuse de la compagnie Rosas, souvenir émouvant et unique.

Quartett (de Heiner Müller) est une re-création. J’envie les spectateurs qui avaient assisté à la création du spectacle en 1999, avec le même Franck Vercruyssen et la même Cynthia Loemij. Dix-neuf ans ou une éternité. Des corps qui ont changé, un contexte social et politique différent. Qui est le / la dominant(e) ? Qui est le / la dominée ? On retrouve une des marques de fabrique du tg STAN quand les deux artistes échangent leurs rôles (la femme prend la veste de l’homme et la revêtit).

Je ne suis absolument pas un connaisseur des chorégraphies De Keersmaecker, donc je me garderai bien de juger la prestation de Cynthia Loemij, toute en maîtrise (oui, je juge tout de même). Nous voyons Franck Vercruyssen dans un jeu assez différent de celui que nous avons l’habitude de voir. Il est ici très raide, très droit, monocorde. Il joue avec la sonorisation, fait des bruits de bouche, respire, parle dans un souffle.

Mais qu’en ai-je pensé, me direz-vous ? Du bien. Un spectacle qui compte, différent, glaçant, vénéneux.

 

QUARTETT

Concept, Anne Teresa De Keersmaeker, Jolente De Keersmaeker, Cynthia Loemij, Frank Vercruyssen
Texte, Heiner Müller, Quartett
Avec Cynthia Loemij, Frank Vercruyssen
Scénographie et lumières, Herman Sorgeloos, Thomas Walgrave -Costumes, An D’Huys

Production tg STAN ; Rosas

 

(une autre histoire)

Ce soir, j’ai dit bonjour à… une, deux, trois, quatre, cinq, six, sept personnes que je connaissais. Si numéro six et numéro sept me lisent, je voulais m’excuser, parce que dans le métro, je ne vous ai pas présentées l’une à l’autre. J’avais oublié vos prénoms. Je ne suis pas quelqu’un qui est très prénom prénom. Par exemple, toutes les copines que j’ai pu fréquenter, je les appelais « Chou ». Les personnes avec qui je travaille, je ne peux pas les appeler « Chou ». Alors je ne les appelle pas. Ou bien j’utilise des moyens mnémotechniques assez sophistiquées, je trouve. Par exemple, j’ai une collègue qui ne boit que du Pepsi, elle a du pep’s et elle sent bon, pas comme Pepe le putois, mot qui ressemble à « putain », « fuck » en anglais. Je dis souvent « putain » quand j’ai mal : « Fuck the pain away » chantait Peaches. Les pêches que j’aime melba à l’anis… Mélanie.

(ça se voit que je manque d’inspiration en ce moment ?)

 

vu le mercredi 28 novembre 2018 au Centre Pompidou, dans le cadre du Festival d’Automne à Paris.

prix de ma place : 12€ (abonnement festival d’automne)

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito