Deux mille dix-huit

SPECTACLE VIVANT

Une année record (j’avais déjà dit cela l’an passé, mais j’ai de nouveau battu mon record, c’est moi qui ai la plus longue, pour une fois). Alors même que cette année j’ai travaillé à plein temps (pour le pire et le moins pire), je sais déjà que j’en ferai beaucoup moins en 2019, j’ai vu mes limites, tant physiques qu’inspirationnelles, si je puis dire. (ça aussi, je l’ai déjà écrit l’an passé, mais à moins qu’on me paye pour écrire, je verrai réellement beaucoup moins de spectacles l’an prochain). Pour être plus sérieux, j’ai la fâcheuse impression que d’en voir beaucoup me blase un tantinet…

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Bibliothèque du Théâtre de Gennevilliers

139 spectacles (71 il y a 2 ans, 101 l’an passé) à Paris, Montreuil, Bobigny, Nanterre, Gennevilliers, Aubervilliers, Saint-Denis, Boulogne-Billancourt, Saint-Ouen, mais aussi Avignon, Bussang, Bruxelles, Londres et Lausanne, dans 66 lieux avec des artistes français, belges, anglais, néerlandais, italiens, portugais, canadiens, danois, suisses, brésiliens, grecs, polonais, allemands, israëliens, russes… parfois (souvent) dans le texte. Du théâtre, des chevaux, des images, du son, de la musique, des marionnettes, des objets, du théâtre documentaire, de la danse, du cirque, du seul en scène, du one wo.man show, des écoles de théâtre, des gens tous nus, des performances, du jeune public, des professionnels, des « amateurs » et même des pièces dans le privé…

Trois spectacles vus une 2e fois (« Iliade » par Pauline Bayle, « Bovary » et « Sopro » de Tiago Rodrigues) ou une 3e fois (« By Heart » de Tiago Rodrigues, toujours lui)

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Ça ne se passe jamais comme prévu de Tiago Rodrigues avec les élèves de la Manufacture au Théâtre de l’Aquarium

J’ai vu cinq spectacles du tg STAN (« Quoi Maintenant », « Infidèles », « Atelier », « Après la répétition », « Quartett »), quatre de Tiago Rodrigues (+ « Ça ne se passe jamais comme prévu ») (#TeamTiago), quatre de Julien Gosselin (« 1993 » et sa trilogie Don DeLillo), quatre de Gwenaël Morin (sa tétralogie « Molière de Vitez »), trois de Marc Lainé (« La fusillade sur une plage d’Allemagne », « Hunter », « La Chambre désaccordée »), deux du Collectif L’Avantage du Doute (« Grande Traversée », « La Caverne ») (le film de Judith Davis « Tout ce qu’il me reste de la révolution » sort début février, soit dit en passant), deux de Pauline Bayle (« Iliade » et « Odyssée »), deux avec Laetitia Dosch (« La Maladie de la Mort » de Katie Mitchell et « Hate »), deux avec Emilie Incerti Formentini (« Au bois » et « Love me tender »), deux avec Grégoire Monsaingeon (« Bovary » et « Ovni(s) »), deux de Lisbeth Gruwez (« We’re pretty fuckin’ far from ok », « The Sea Within »), etc.

Par souci de transparence, je tiens à mentionner que j’ai bénéficié de 43 invitations  (dont 19 dans le cadre du Festival Off d’Avignon) grâce à ce blog ou dans le cadre de  mes contributions au Blog de Nestor (blog sur l’actualité culturelle montreuilloise). J’ai donc payé 96 fois ma place…

À part ça de grands souvenirs avec (dans le désordre) :

  • France Fantôme de Tiphaine Raffier au TGP St-Denis
  • B. Traven de Frédéric Sonntag au Nouveau Théâtre de Montreuil
  • The Encounter de Simon McBurney à l’Odéon Théâtre de l’Europe
  • Tragédies Romaines de Ivo Van Hove à Chaillot (je ne l’ai pas chronique, vous rendez-vous compte ?!?)
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Tragédies romaines d’Ivo Van Hove à Chaillot

Et dans les (plus ou moins) bons souvenirs :

  • le bataillon 30 hyper dissipé aux Tanneurs pour le « By Heart » de Tiago Rodrigues.
  • ma crampe à la cuisse droite durant la trilogie Don DeLillo aux Ateliers Berthier.
  • le site magnifique du Théâtre du Peuple à Bussang.
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Théâtre du Peuple, Bussang
  • mon extinction de voix à cause de Laetitia Dosch (ou plutôt à cause de ma persévérance à ne pas vouloir acheter de parapluie)
  • mon accréditation pour le Off d’Avignon.
  • la découverte du Barbican à Londres (clin d’oeil à Camellia Burows)
  • tomber amoureux d’une bonne dizaine de comédiennes/danseuses (en vrai, j’ai préféré ne pas compter pour ne pas me faire du mal) (clin d’oeil à Laurent, je te laisse Laetitia, mais j’ai vu Lisbeth avant toi, je te ferai remarquer !)
  • ces moments « je vais aux toilettes ou je n’y vais pas » pendant les spectacles de Gosselin ou Van Hove.
  • ma gêne lors de ma rencontre avec une comédienne qui avait lu ma chronique mitigée d’une pièce dans laquelle elle avait joué (longue phrase bien lourde).

 

CONCERTS

16 soirées concerts (soit moitié moins que l’an passé) mais avec 27 artistes ou groupes.

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Parce que je fais parfois régisseur son…

TOP 5

 

EXPOS

La découverte (enfin) des Rencontres Photographiques d’Arles, les polaroïds de Wim Wenders à Londres, mon initiation à l’architecture…

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La Cité Radieuse par le Corbusier sur la Planète Mars

 

CINÉMA

Moitié moins de films cette année (35 au 26 décembre 2018), la faute au théâtre et aux chroniques à écrire, à la flemme. Huit films sont tout de même parvenus à se détacher : 

  • Leto de Kirill Serebrennikov
  • Shéhérazade de Jean-Bernard Marlin (#TeamLycéeMichelet)

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  • Amanda de Mikael Hers
  • Climax de Gaspar Noé
  • Woman at War de Benedikt Erlingsson
  • Au Poste de Quentin Dupieux
  • Phantom Thread de Paul Thomas Anderson
  • Ready Player One de Steven Spielberg

 

SÉRIES

J’ai vu énormément (trop ?) de saisons cette année : 50 si j’ai bien compté

TOP 5

  • l’intégrale de Six Feet Under (enfin !) : qui m’a totalement dévasté, je pèse mes mots.
  • la saison 2 de The Good Fight : série trop méconnue, légèrement anti-Trump.
  • la saison 1 de Kidding (+ S1 : I’m dying up here) : Jim Carrey. Voilà.
  • la saison 1 de Counterpart : Espionnage et monde parallèle…
  • la saison 1 de The First : Sean Penn, Mars… Elle prend son temps.

 

LIVRES

TOP 5

  • la découverte FabCaro avec « Zaï  Zaï Zaï Zaï »et son roman « Le Discours » auquel je me suis pas mal reconnu (c’était même assez troublant à certains endroits) :

 

« Je ne suis pas comme vous, je vous emmerde, j’ai trop de problèmes dans ma vie pour faire la chenille, j’ai lu « Le livre de l’intranquillité » de Pessoa, vous imaginez quelqu’un qui a lu « Le livre de l’intranquillité » de Pessoa faire la chenille ? »

 

  • l’Arabe du Futur 4 de Riad Sattouf
  • Vernon Subutex 3 de Virginie Despentes
  • Le Lambeau de Philippe Lançon

 

CÔTÉ BLOG 

5 articles pas par moi : de grands remerciements encore et toujours à Cyril Bivalski et Laurent Suavet. La porte reste toujours ouverte pour vous (et pour d’autres aussi, soyons fous !)

130 articles écrits par moi…

Top 10 fréquentation (au 26 décembre) :

Le blog va plutôt bien, merci de demander. 

 

SUR LE PLAN PERSONNEL

Sans rentrer dans les détails… J’ai donc écrit de nombreux articles pour ce blog (130), quelques articles pour le Blog de Nestor (19 peut-être). J’ai collaboré à Radio Mortimer (et fait la connaissance de personnes très très intéressantes). J’ai (enfin) terminé d’écrire ma deuxième pièce que j’espère pouvoir monter d’une façon ou d’une autre en 2019, participé au labo social (fantôme) mené par le collectif « L’Avantage du Doute » lors de l’Occupation Bastille 2 (dans le théâtre du même nom), joué à deux reprises dans la salle du haut du théâtre de la Bastille en compagnie de mes amis Les Infilitré.e.s (et dit un de mes textes, tout seul devant le public)… Je crois que j’ai beaucoup écrit cette année… (et je ne suis absolument pas épuisé, mais ça c’est l’âge)

 

Et prochainement en 2019… Les Infiltré.e.s saison 2 au théâtre de la Bastille les 9 et 10 mai… « Dedans ma tête », le seul en scène écrit et interprété par moi-même… Des chroniques made in Québec…

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photo : Marc Woog – Compagnie Mimesis

 

Textes et photos (sauf mention contraire) : Axel Ito

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Elisapie + Mark Bérubé – Kliffs (la Bellevilloise / Aurores Montréal)

(ceci n’est pas une critique mais…)

Je n’arrive pas à retrouver à quelle occasion j’ai déjà vu Mark Bérubé. C’était en première partie, mais de qui ? Quoi qu’il en soit, je fus bien heureux de le revoir sur la scène de la Bellevilloise en compagnie de Kristina Koropecki au violoncelle pour son nouveau projet Kliffs. Encore un de ces artistes méconnus et sous-estimés qui vaut vraiment qu’on se donne la peine de prêter une oreille (et pourquoi pas les deux) à sa musique, qui oscille entre pop et folk.

J’avais découvert Elisapie (Isaac) grâce à une chanson « Moi Elsie » écrite par Richard Desjardins et composée par l’inénarrable Pierre Lapointe.

Ça faisait longtemps que je l’avais dans l’oreille et l’idée de la voir enfin sur scène était une évidence. Je ne fus pas déçu. Ses premiers mots seront en inuktitut car la belle Elisapie est originaire du Nunavut, le Grand Nord. Je souris comme si j’avais compris mais il n’en est rien. La dame est envoûtante, intimidante aussi. Son regard nous transperce et on a du mal à le soutenir. Elle chante aussi en anglais et en français. D’excellents musiciens l’entourent, les chansons nous emportent dans un ailleurs inconnu de nous. Elisapie peut être piquante quand elle se moque gentiment des Français. Mais elle est surtout captivante quand elle raconte ses origines, sa famille.

Son nouvel album « The Ballad Of The Runaway Girl » est disponible dans les bacs, comme on disait dans le temps et son tout premier à être commercialisé en France. Mieux vaut tard…

ELISAPIE + MARK BERUBÉ « KLIFFS »

à la Bellevilloise, Paris, dans le cadre du festival « Aurores Montréal »

 

(une autre histoire…)

Le Québec et moi, c’est une longue (et autre) histoire. Presque treize ans. On pourrait remonter jusqu’à la sortie de « 1990 » le titre le plus connu en France de l’auteur – compositeur – interprète Jean Leloup (que je n’ai toujours pas vu sur scène). Mais c’est bien en 2005, quand ma soeur eut la bonne idée de s’installer là-bas que je me mis à découvrir et à aimer le Québec et donc sa musique. Je ne vous parle pas des chansons de Céline Dion, Garou et Isabelle Boulay, je vous parle plutôt de ces interprètes qui ont eu plus ou moins de difficultés à traverser l’océan Atlantique, je parle de Jorane, Karkwa, Malajube, Dobacaracol, Les Cowboys Fringants, Misteur Valaire, Gatineau, Atach Tatuq, Damien Robitaille, Pierre Lapointe, Klô Pelgag… (ceci dit, le Québec n’est pas une exception dans mes découvertes musicales, j’éprouve de plus en plus de difficultés à découvrir de nouveaux artistes, la faute au temps qui passe trop vite, au théâtre, etc., d’où ces noms qui ne sentent pas encore la naphtaline mais un certain parfum so ’05/10, Klô Pelgag étant l’exception qui confirme la règle) Et encore je ne parle pas des artistes anglophones comme Patrick Watson. Bref, c’est grâce à mes séjours dans le Nouveau Monde, à des balladodiffusions comme celles de feu Bande à Part, à des journalistes comme Catherine Pogonat et des festivals comme Aurores Montréal, que je découvre toujours plus d’artistes fabriqués au Québec et aussi dans le Grand Nord comme Elisapie.

Tout ça pour dire que ces artistes font partie de ce que je suis aujourd’hui et qu’il ne se passe pas un jour sans que j’écoute un de leurs morceaux. Je pourrais entrer dans les détails, mais ce ne serait pas très intéressant. L’été prochain, je retourne au Québec, je raterai sûrement le Festival d’Été de Québec à cause d’un certain autre festival théâtral, mais je saurai me rattraper, certainement au festival Osheaga à Montréal ou aux soirées bucoliques à l’Auberge de l’Île du Repos du côté de Péribonka et du Lac St-Jean ! Ou pourquoi pas à Petite Vallée. Y a aussi ce micro-festival à St Pierre et Miquelon, Rock’n’Rhum. Certes, nous ne sommes plus au Canada, mais cet endroit me fait terriblement envie. La vie insulaire, quoi ! Comme une envie de me retirer, de faire l’ermite. J’en parle souvent. Ici. Ailleurs. Une envie qui a toujours été « dedans ma tête ». M’isoler. Devenir hermétique à toute pollution. Ne plus entendre le bruit. Assez utopique, j’en conviens. Un jour peut-être. Mais pas tout de suite. J’ai encore bien à faire.

 

vu le mardi 4 décembre 2018 à la Bellevilloise, Paris

prix de ma place : 16,80€

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

(photo de couverture : pochette de l’album d’Elisapie  » The Ballad of the Runaway Girl »

KEZIAH JONES (Auvernier Jazz Friday, Case à Chocs, 6 décembre 2018, Suisse)

(Ceci n’est pas une critique même si celle-ci est écrite par Cyril Bivalski)

Keziah Jones. Hier soir, j’ai eu la chance de le voir en concert dans le cadre de l’Auvernier Jazz Friday qui se tenait à la Case à Chocs. Complet. Salle archi comble.

J’ai toujours suivi, même sans le vouloir forcément, ce que faisait Keziah Jones. Je ne l’avais jamais vu en concert. Hier soir pas d’excuse, il passait dans une chouette salle à quelques encablures de chez moi.

J’aime bien arriver pendant la première partie, histoire de voir l’ambiance et de goûter une première bière. Jun’ai, c’était. Bien, frais, bon groove. Bonne première partie. Mais alors il y a un truc qu’il faut soigner les gars : quand on fait un concert, le minimum c’est de bien se saper.

Première partie vite passée, changement de plateau. Je ne m’étais pas du tout renseigné sur le type de formation avec laquelle Keziah Jones allait se présenter ce soir. Je ne vois pas de batterie, pas de micro pour une éventuelle section de cuivres. Je vois juste un mur d’amplis guitare (deux Marshall, un Vox) et deux pré-amplis, un tabouret et deux micros voix. Bon, ok, on va voir.

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crédit photo : Cyril Bivalski

Mr. Jones arrive seul par la droite avec un chapeau qui lui mange une bonne partie du crâne et une guitare sous le bras. Il nous annonce qu’il n’a pas de setlist et qu’il jouera des morceaux au gré de son humeur et de son envie. Il entre tout de suite dans le vif du sujet. Million Miles From Home. Lagos est à la fois loin et proche. Son jeu est assez incroyable. On a l’impression qu’il a trois mains droites et deux guitares. Effectivement, il n’a pas besoin d’être accompagné par d’autres musiciens ce soir, il arrive à occuper l’espace à lui tout seul.

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crédit photo : Cyril Bivalski

Le concert file. L’énergie, l’intensité et la joie sont là. A un moment, vers le milieu du concert, Keziah Jones s’adresse alors au public et dit qu’il voyage beaucoup, de par son métier et ce depuis longtemps. Il a remarqué que dans les rues, l’ambiance a changé. Elle se tend. Les temps sont compliqués. Il entame alors deux reprises : War de Bob Marley et All Along the Watch Tower de Bob Dylan. De bon aloi. Superbes versions.

Fin du concert. Un seul rappel. Franchement bravo ! Pas vu le temps passé. Merci Mr. Jones d’être venu jusqu’ ici ! Ca fait du bien de vous entendre !

Vu à la Case à Chocs, Neuchâtel, Suisse dans le cadre de l’Auvernier Jazz Friday, le 6 décembre 2018 à 21 :30.

Prix de ma place : 30 CHF

(Une autre histoire)

Keziah Jones a été découvert dans les couloirs du métro de Paris par Delabel.

Mais où ?

Parce que moi, chaque fois que je prends le métro, les musiciens que je croise ne jouent pas d’Afrobeat ou de Blufunk. C’est plutôt du Piaf massacré à l’accordéon. La Vie en Rose. Le supplice pour touristes. Accompagné par le grincement des roues dans les virages, un vrai bonheur.

Où ? Où jouais-tu Keziah ?

(textes et photos : Cyril Bivalski)

Une visite au Théâtre Marigny

/REPORTAGE/

La journée du lundi 22 octobre 2018 devra être marquée d’une craie blanche sur une pierre… Je ne sais plus l’expression. Pour la première fois en quatorze ans de vie parisienne, je suis passé devant l’Élysée et j’ai entraperçu Claire Chazal. Définitivement le plus beau jour de ma vie. Mais pourquoi donc cette concordance des événements, me direz-vous ? Grâce à la visite du Théâtre Marigny !

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Marigny, un théâtre ô combien mythique qui, après de longues années de travaux (le nombre de doigts d’une main) rouvrira ses portes le 14 novembre 2018 avec la première de Peau d’Âne, le chef d’oeuvre de Jacques Demy et Michel Legrand enfin transposé sur scène !

Alors que nous pénétrons dans le saint des saints par la porte de derrière (l’entrée des artistes), notre odorat peut appréhender un certain parfum : la peinture fraîche. Les petites mains ont encore trois petites semaines pour fignoler, « finitionner », dépoussiérer… Les loges sont flambant neuves, le hall d’entrée est spacieux (nous n’avons malheureusement pas visité les toilettes), tout est adapté pour que tous les publics (personnes à mobilité réduite incluses) puissent profiter de l’expérience Marigny chapeautée par Jean-Luc Choplin, l’ancien directeur du Théâtre du Châtelet. Nous pourrons même venir en oubliant pour de vrai notre petite pièce à la maison, puisque les ouvreuses et ouvreurs ne seront pas rémunéré.e.s au pourboire et ainsi nous asseoir confortablement dans les fauteuils de la deuxième catégorie qui ont une très bonne visibilité (cela pourrait ressembler à du publi-reportage, mais pour le coup, c’est vraiment confortable et on y voit très bien de la corbeille en deuxième catégorie).

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(magnifique photo, admirez ce grain…)

Après une brève incursion à la Seine Musicale, Jean-Luc Choplin est arrivé assez tardivement dans cette aventure risquée aux vues du coût des travaux (vingt millions d’euros…) et d’un théâtre privé en pleine mutation (rachat des théâtres par des grands groupes financiers… un Monopoly dédié aux théâtres parisiens prochainement ?). Et force est de constater que la programmation, en grande partie, vaut le coup d’oeil, même si, pour être honnête, je ne pense pas vraiment être le coeur de cible (j’y reviendrai peut-être). Choplin a su imposer certaines de ses exigences : conserver la deuxième salle (anciennement Popesco), changer le parquet de la grande salle pour épargner les articulations des danseur.se.s appelé.e.s à le fouler (liste non exhaustive). Fort de son expérience au Châtelet et de son carnet d’adresses fourni, il a su monter une première saison à grande vitesse (arrivée à Marigny en février 2018, début de saison neuf mois plus tard… symbolique, non ?), avec un premier grand coup, l’adaptation du Peau d’Âne du tandem Demy/Legrand.

Je n’ai pas été biberonné aux films de Jacques Demy (même si je me suis rattrapé depuis) et hormis les comédies musicales américaines telles Chantons sous la pluie et West Side Story, ma connaissance en la matière ne joue pas en ma faveur (The Rocky Horror Picture Show et Hedwig the Angry Inch sont les exceptions). Pourtant de ce que nous avons pu voir des décors et des costumes (photos interdites, désolé…), la transposition sur scène paraît être fidèle à l’original filmique.

Je parlais un peu plus haut des films de Stanley Donen et Robert Wise, c’est au théâtre du Châtelet que j’ai pu voir leurs adaptations scéniques (de haut vol). Et qui dirigeait alors le Théâtre du Châtelet ?

A partir du mois de mars le musical « Guys and dolls » prendra le relais dans la grande salle, en attendant la saison 19/20, sur laquelle Choplin et son équipe travaillent déjà… (points de suspension lourds de sens)

En plus de la prestigieuse grande salle (et inscrite au titre des Monuments Historiques) , le Studio Marigny a également droit à sa programmation, plus variée, entre lecture (Frédéric Mitterrand… je vais passer mon tour…), théâtre (Xavier Durringer à l’écriture (un de mes auteurs fétiches de quand j’avais vingt ans), Dominique Pitoiset à la mise en scène avec « A Love Supreme »), spectacle musical (Le Petit Prince adapté par l’artiste Julien Cottereau avec la musique du duo Jatekok… je suis un peu amoureux d’une des deux pianistes… je suis un coeur d’artichaut…), j’en passe… Vous pouvez consulter le site du théâtre qui vous présentera la saison dans son entièreté mieux que moi.

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Petite salle

Pour conclure, on peut dire que le Théâtre Marigny est de toute beauté, grâce aux travaux menés par Clé Millet International en concertation avec les architectes des Bâtiments de France et les conservateurs, avec la collaboration de Wilmotte et Associés (oui, j’ai copié collé, mais c’est un grand clin d’oeil à une certaine amie architecte…) et que nous allons suivre avec attention la suite des aventures !

Remerciements au Théâtre Marigny, plus particulièrement à Thierry Messonnier (contact presse) qui nous a permis de visiter le théâtre alors que tout n’est pas encore tout à fait prêt, à William Luque-Ortiz (responsable billetterie) pour la visite, sa convivialité et ses anecdotes, à la demoiselle qui nous a confié le dossier de presse, à ma mère et mon père sans qui je ne serai pas là aujourd’hui ainsi qu’à mes camarades blogueurs et twittos (c’est vraiment moche comme mots) Théâtrelle, Yann le Galopin, Titikatiam and last but not least R42 qui a organisé cette folle équipée.

Textes et photos : Axel Ito

Ps : Pour information, le théâtre Marigny appartient à la firme Fimalac qui a notamment dans son escarcelle la Salle Pleyel, le Théâtre de la Madeleine et le Théâtre de la Porte St Martin… Fimalac est une société holding dirigée par Marc Ladreit de la Charrière, dont les activités sont très variées, des finances à Allociné en passant par le casino… là où on joue, pas le supermarché, sans oublier la revue « La Revue des deux mondes »)

Pps : Quand j’étais petit, je n’allais pas au théâtre, mais mon père fumait des cigarettes de marque Marigny. Un signe ?

Chris Garneau au Point Éphémère (26/09/18)

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Le Point Ephémère est rempli comme un oeuf en ce mercredi soir. Une éternité que je n’y avais pas mis les pieds. J’avais oublié qu’on pouvait entendre les boombooms du bar à côté qui ne baisse pas la musique.

Après une première partie hypnotisante de La Mess, place à Chris Garneau que je n’avais plus vu depuis dix ans, soit toute une vie. Les années paraissent n’avoir aucune prise sur lui. Des petits soucis techniques rendent notre artiste encore plus nerveux que ce qu’il était déjà, il l’avouera à la fin du concert. La 1e partie du concert est consacrée à son nouvel album « Yours » qui ne sortira que le 9 novembre prochain. Il n’est jamais simple de rentrer dans un concert quand on ne connait pas du tout les chansons. Et on sent que Chris Garneau et ses musiciens ont encore besoin de rôder ces nouvelles compositions sur scène. Pas totalement convaincu, donc.

Et c’est seulement quand il reprendra ses anciennes chansons que le concert prendra véritablement son envol. Le charme et la poésie opèrent à nouveau. Très peu de titres de son tout premier album « Music for tourists », un de mes albums de chevet, pas de « Baby’s Romance » non plus. Morgane Imbeaud (ex-Cocoon) l’accompagnera sur deux chansons (dont une reprise pas vraiment maîtrisée du classique de Françoise Hardy « La plus belle pour aller danser ».

Cela dit, ça n’a pas atteint la grâce et l’émotion que j’ai pu ressentir la première fois que je l’ai vu, il y a dix ans déjà. Parce que les premières fois, c’est toujours unique. (veuillez bien vouloir m’excuser pour cette phrase). Et comme Chris Garneau est un artiste, à mon sens, trop méconnu, n’hésitez pas à jeter un coup d’oreille à sa musique, vous n’en reviendrez pas.

 

CHRIS GARNEAU (La Mess en première partie) au Point Éphémère

SETLIST : The Leaving Song – Gentry – Ambush (avec Morgane Imbeaud) – Family – Choices – Torpedo – Winter Song 2 – Danny – Castle Time – Tower – Winter Song 1 – Pas Grave – Switzerland – Sad News /// Rappels : La plus belle pour aller danser (avec Morgane Imbeaud) – Raw and Awake – No Lord

Prochainement au Badaboum (Paris) le 28 novembre 2018

(une autre histoire)

C’est quand que tu viens, dis ? C’est quand que tu arrives ? Parce que je t’attends. Je suis toujours celui qui attend. Ça veut tout dire, non ? C’est quand que tu reviens ? Il parait que je suis patient. Je suis nerveux, mais patient. Je pourrais attendre des heures, des jours. J’ai déjà attendu des années. C’est quand que… C’est quand que… Hein ? C’est quand que ? Tu vois ? Tu sais. Mon code a changé. L’âge où on s’est embrassé pour la première fois et cette position qu’on n’a jamais faite. Je ne suis plus aussi souple que dans le temps, faut dire. Je ne peux te rejoindre. Je ne peux te rejoindre sauf si je… Voilà. À tout de suite.

vu le mercredi 26 septembre 2018 au Point Éphémère, Paris

prix de ma place : 16,80€

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

 

Transformes (Espace Périphérique de La Villette)

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Le weekend du 8 septembre 2018 a eu lieu un festival pas comme les autres, nommé Transformes. Né de l’envie d’étudiants en Master 2 Professionnel Métiers de la production théâtrale de Paris 3 – Sorbonne Nouvelle (je reprends mon souffle), Transformes, ce furent 24h de théâtre, de danse, de musique, de performances, de débats, d’installations à l’Espace Périphérique de la Villette.

« Le temps d’une rotation de la Terre sur elle-même, interrogeons-nous sur ce qu’il se passe « entre », sur l’endroit du changement, sur ce mouvement qui nous traverse pour faire évoluer nos quotidiens, nos travails, nos corps, nos vies. »

Le lieu est assez singulier. En mauvais voisin que je suis, c’était la première fois que j’y allais, sous le périph’, entre le canal de la Villette et la ligne de tramway. Des street artistes se sont emparés des murs, pour certains gigantesques.

Je ne fus pas l’un des mohicans à rester vingt-quatre heures durant à la Villette, même si le festival regorgeait de propositions toutes plus intéressantes les unes que les autres et à toute heure, ne serait-ce que cette performance « Statu »  dirigée par Suzanne, durant laquelle dix interprètes en alternance se confrontèrent à l’erreur en répétant une série de gestes. De les voir se relayer, essayer à différents moments de l’événement, il y avait quelque chose de touchant. Rien de plus difficile que d’être ensemble.

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Statu – Crédit photo : Joseph Banderet

Là où je m’en suis voulu, c’était de ne pas avoir pris la peine d’écouter le collectif Blacklist ou les rappeurs Beeby, Chris Da Vinci et Chapsy. Car le festival donnait la parole à des artistes qui ne ressemblent pas forcément à nous autres, jeunes (et moins jeunes) gens, qui allons voir des performances dans des friches ou du théâtre dans des lieux subventionnés (je schématise énormément, je le sais). Parce que cette musique-là, à de rares exceptions, ne me touche pas. Je suis assez ignorant, en fait, de cette mouvance musicale, hormis les IAM et NTM, des références qui datent un peu, j’en conviens. Et cette tentative d’ouverture était suffisamment intéressante pour le souligner.

Après eux, j’ai tout de même assisté au concert d’Apaache, sympathique et groovant groupe qui tourne bien.

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Apaache – Crédit photo : Studio Nicecream (grand jeu : où est Charlie ?)

Evidemment, j’ai vu du théâtre. La première pièce, « À ton ombre » par l’autrice-metteuse en scène et comédienne Caroline Fouilhoux, ne m’a pas convaincu. Il s’agissait d’une quête d’un jumeau perdu, des rencontres, des identités multiples, le voyage… Peut-être parce que j’en attendais autre chose, dans l’esprit d’Antonio Tabucchi et de son Nocturne Indien, quelque chose de plus contemplatif sûrement. L’ensemble était tout de même digne d’intérêt.

L’autre pièce, prometteuse, par le Collectif Satori et son metteur en scène Thomas Resendes s’intitulait « Les Ennemis Publics ». Malgré l’heure tardive (0h30), elle sut me captiver en retraçant notamment l’histoire (pourtant connue de moi) de la Bande à Baader et en l’entremêlant avec des réflexions plus contemporaines. Me revinrent à l’esprit « Ça ira – Fin de Louis » de Joël Pommerat dans la manière d’utiliser l’espace public pour les scènes de débat, d’autres pièces dans lesquelles les acteurs jouent différents personnages. Il y a une économie de moyens mais de l’ambition dans cette pièce qui est tout à fait enthousiasmante.

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Evidemment, je n’ai vu qu’une infime partie de tout ce que proposait « Transformes » (figurait également dans le programme Rebecca Chaillon, pour ne citer qu’elle). C’est donc un festival foisonnant et audacieux que nous ont proposé ces jeunes gens. Je ne sais pas s’il s’agissait d’un « one shot », mais aux vues de leur énergie et de leur enthousiasme, il serait dommage de ne pas renouveler l’essai l’an prochain (et d’ajouter  alors un deuxième foodtruck, ça serait pas mal non plus)

 

TRANSFORMES

à l’Espace Périphériques de la Villette, Paris 19e

du samedi 8 septembre midi au dimanche 9 septembre midi

Programme complet : ici

 

 

(une autre histoire)

Je discute avec une camarade, de dix-huit ans ma cadette. Je me sens vieux. Elle ne fait rien pour me faire sentir vieux, mais c’est juste moi. Ça me travaille. Tout à l’heure, j’étais au premier rang pour le concert d’Apaache. Non pas que je sois leur fan number one, mais y avait de la place contre la barrière, j’ai pu m’y adosser, mon dos me faisant souffrir. Faut dire que j’ai couru six kilomètres ce matin et que je récupère bien moins vite. Je vois ce photographe prendre des photos du public. Mais que va-t-on penser de ce vieux au milieu de jeunes ? Ma camarade de dix-huit ans ma cadette me donne trente-huit ans. J’en ai trente-neuf, bientôt quarante. J’ai des cheveux poivre et sel, mais ça ne se voit pas trop. Pourtant ma coiffeuse s’étonne de la rapidité à laquelle mes cheveux blanchissent. L’âge, je lui dis. Elle me répond le stress. J’ai la barbe qui grisonne. Ça en revanche, ça se voit… J’ai un certain nombre de poils blancs sur le torse. Mon ancienne copine m’avait demandé si je comptais les couper. J’ai dit non. C’est un souvenir du Togo. Au Togo, je suis tombé malade, j’avais des furoncles. D’un furoncle purulent est né mon premier poil blanc. Puis ça proliféra. J’ai trouvé cet été mon premier poil pubien blanc. Jusqu’à présent, j’étais plutôt fier d’avoir été épargné de ce côté-là. Je suis déprime.

 

Présent du samedi 8 septembre à 17h30 jusqu’au dimanche 9 septembre à 02h30.

prix de la place : entrée libre (mais j’ai mon prénom dans le programme grâce à ma participation au crowdfunding)

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

La Fête de l’Humanité 2018

(ceci n’est pas une critique, mais…)

… cela ne sera pas non plus une chronique politique, même si je n’en pense pas moins…

Troisième fois à la Fête de l’Huma (on peut même lire mon recap de l’édition 2016 ici – un de mes premiers billets, griffonné neuf mois avant la création de ce blog) et j’oublie toujours la galère (pourtant comment l’oublier ?) pour se rendre sur le site. De plus, cette année, il n’y a plus de navettes mises à notre disposition par le festival, donc pour ma part ce fut métro + RER + mes pieds à l’aller et Tram au retour. Vendredi soir, j’ai suivi le mouvement, donc aucun problème, mais samedi matin, je me suis dit « Oh tiens, je vais prendre plutôt ce chemin-là ». J’ai doublé mon temps de trajet, transpiré et surtout raté la représentation de « 1336 parole de Fralibs » à l’espace Jack Ralite.

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Certes, j’ai pu acheter du thé à leur stand au Forum Social…

Ça c’était samedi, revenons à vendredi, parce que je n’aime pas faire les choses dans le désordre.

Vendredi soir… Du monde, donc. Enormément de monde, venu principalement pour le dernier concert de NTM, que j’ai vu au printemps dernier, donc j’ai fait l’impasse. Je dis que les gens sont venus principalement pour eux, mais c’est faux. Il y a du monde partout et il faut se balader dans les allées pour voir que chaque stand est bel et bien occupé par les militants. De la musique, les parfums…

J’arrive pile à l’heure pour Catherine Ringer sur la Grande Scène. Il est souvent difficile d’apprécier un concert quand on ne connait pas les chansons de l’artiste et c’est mon cas dans la première partie du set, mais très vite arrive « Singing in the shower » que les Rita Mitsouko chantaient avec les Sparks (ces derniers ont fait un album entier avec Franz Ferdinand, présents à la Fête le lendemain).

Le public commence à s’agiter et Catherine Ringer poursuit son opération de séduction car elle en impose sur scène. Puis s’enchaînent Le Petit Train, chanson glaçante quand on écoute les paroles, Alors c’est quoi, Marcia Baila (pensées à Fred Chichin et aussi Rachid Taha), Andy (qui subit depuis trente ans le harcèlement ininterrompu de l’interprète)… La voix ne va plus autant dans les aigus qu’auparavant, mais ce n’est pas grave. C’est un moment d’enchantement.

Puis je me rends à l’Agora de l’Humanité voir Guillaume Meurice & The Disruptives qui auront trente petites minutes de retard. Force est de constater la popularité de l’humoriste. Le concert est bon enfant, entrecoupé d’échanges avec le public et les membres du groupe. C’est inégal, mais tout de même drôle.

Deuxième jour… Si je n’avais pas raté la pièce contant la lutte des Fralibs, je ne me serais pas rendu à l’Agora assister à un débat (Comment faire face à la politique antisociale de Macron ?) avec, entre autres, le fameux François Ruffin, qui lui aussi, a une côte de popularité assez phénoménale, à en juger les applaudissements nourris qu’il a reçus et je n’aurais pas croisé une fille qui m’avait fait tourner la tête il y a cinq ans presque jour pour jour.

Le temps est chaud, le soleil est là, je crois même que je suis en train de prendre des coups de soleil au front et dans la nuque et je n’ai pas de biafine à la maison.

On s’approche pour le premier concert de la journée : Jeanne Added qui chante en anglais, qui fait danser, entre rock et électro avec des morceaux qui tiennent la route sur scène.

Puis je reste pour le groupe landais The Inspector Cluzo, avec de la musique brute de décoffrage, guitare/voix/batterie, de la musique sans additionnels électroniques comme le clame le chanteur : « c’est du putain de rock à 4 mains ! »

S’en vient le moment où je n’ai rien de prévu d’ici le concert de Franz Ferdinand à 21h55 (il est 17h). Je mange une glace à l’italienne, des panisses. J’assiste à un débat (Promesse ou désillusion après une victoire au Mondial) avec Vikash Dhorasoo et Marie-George Buffet qui a illuminé ma journée grâce à un fameux eye contact, puis à un autre débat à propos de l’audiovisuel public avec, notamment, encore lui, Guillaume Meurice.

Je regarde les gens autour de moi. Alors peut-être est-ce le fait de la présence de Big Flo et Oli, mais il y a beaucoup de familles, d’enfants. Et beaucoup de vieux. Et j’ai l’impression que je me situe entre. Et que je suis tout seul à me situer entre. Je suis un peu spleen en ce moment.

C’est l’heure de Cléa Vincent. J’avais écouté l’an passé son album « Retiens mon désir ». Une fois, deux fois, trois fois et je n’avais absolument pas accroché. Et mon avis se confirme en la voyant sur scène. Ça minaude, ça chante plutôt juste mais rien de transcendant, du son 80’s avec du synthé. Je suis trop vieux.

Je m’enfuis et je me rends au concert de Big Flo et Oli dont je ne connaissais qu’une seule chanson « Dommage », genre de chanson qui retentit, je pense, chez tout le monde et ben c’est pas si mal. Et ça fait du bien de voir un public en liesse pour des artistes qui paraissent sincères.

La transition est assez étrange avec Franz Ferdinand, puisqu’ils ne s’adressent pas forcément au même public. Alex Kapranos, le leader du groupe, est efficace. Ça m’a rappelé mes 15 ans… Pardon, ça m’a rappelé il y a 15 ans… ou presque quand j’entendis pour la première fois « Take me out »…


Je n’étais pas au coeur de la fosse, parce que j’ai peur de la foule (non non c’est pas une blague) et des gens qui ont un peu trop bu, mais j’ai un peu remué du popotin, puis je suis vite parti pour prendre mon tram esquiché comme une sardine (big up aux jeunes employés de la RATP qui ont géré ce weekend les festivaliers).

Comme je l’ai dit après ma première et ma deuxième fois, je ne reviendrai plus à la Fête de l’Huma, jusqu’à la prochaine fois.

 

Cadeau Bonus (entendu dans la file d’attente le premier soir)

« Tu me croiras pas, j’avais dit au boulot que j’étais malade, en fait je suis allé dans ce bar, dans le XXe, rue Lepic. Et en fait je me suis retrouvé en tof’ dans le canard « A nous Paris ». Au boulot, ils m’ont tous grillé ! »
« Wesh ma caille, y a un monde de malade, truc de ouf. Tu me croiras pas, c’est mon anniv, j’espère qu’ils vont me laisser entrer ! Tous les ans, je viens fêter mon anniv ici. Ça tombe soit le vendredi, soit le samedi, soit le dimanche. Oui, tous les ans ! »

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

présent au Parc Départemenalt les vendredi 14 et samedi 15 septembre 2018

prix de ma place : 38€ (pass 3 jours)

 

À quelle sauce… (automne 2018)

Nouvelle saison (18/19) et nouvelles habitudes. Un peu comme les résolutions du Nouvel An, nous essaierons de nous y tenir : je veux ralentir le mouvement. Ça veut dire, accepter de ne pas tout voir, ne pas tout voir, ne pas tout chroniquer. (même si je verrai tout du Théâtre de la Bastille, mon théâtre de prédilection)

Voici donc dans cet article les spectacles que j’irai voir, ceux que j’ai tout de même en vue, ceux que j’ai déjà vus (et que j’ai aimés… donc je ne parlerai du Fils, malgré le changement de distribution ou de Sombre Rivière de Lazare au Rond Point…).

Encore une fois, le théâtre subventionné, comme on dit, aura la part belle, on ne se refait pas, même si je ne suis pas (complètement) sectaire (suivez mon regard vers le Off d’Avignon…). Pour conclure, celle liste est évidemment non exhaustive (je n’ai pas l’oeil sur tout) et sera certainement amenée à être modifiée dans les semaines à venir.

Et c’est parti !

 

SEPTEMBRE

HATE
HATE par Laetitia Dosch (Photo Philippe Quesne et Dorothée Thébert Filliger)

J’irai voir :

  • LE SYNDROME DU BANC DE TOUCHE au Théâtre de Belleville (parce qu’on me                       l’a conseillé… et qu’on m’a invité, je l’avoue) (critique : ici)
  • le festival TRANSFORMES à la Villette (parce qu’il y aura notamment une pièce mise en scène par Thomas Resendes, le traducteur attitré de Tiago Rodrigues et qu’il est bon de soutenir un nouveau festival et comme c’est à côté de chez moi, je peux faire des allers retours très facilement)
  • INFIDÈLES au Théâtre de la Bastille / Festival d’Automne (tg STAN, prise 1) (critique : ici)
  • RADIO VINCI PARK (parce que j’aime aller sur un parking à Nanterre en milieu de semaine voir des motos)
  • LA FÊTE DE L’HUMANITÉ (essentiellement pour Franz Ferdinand et Catherine Ringer mais aussi pour la présentation de 1336, parole de Fralibs… j’en profiterai d’ailleurs pour faire le plein de leurs thés excellents)
  • LOVE ME TENDER aux Bouffes du Nord (parce que Guillaume Vincent)
  • SHOCK CORRIDOR au Nouveau Théâtre de Montreuil (parce que je vais sûrement écrire dessus pour le compte du blog de Nestor)
  • LE PROCÈS à l’Odéon Théâtre de l’Europe / Festival d’Automne (parce que j’ai déjà joué dans une adaptation du roman de Kafka, qui m’avait valu le plus grand trou de texte de toute l’histoire du théâtre amateur)
  • HATE à Nanterre Amandiers / Festival d’Automne (parce que Laetitia Dosch)
  • CHRIS GARNEAU (Point Éphémère) (parce que ça fait longtemps que je ne l’ai pas vu en concert… dix ans en fait, après Bruxelles et New York… oui, je me la pète, mais y a prescription)
  • L’OCCUPATION au Théâtre Berthelot (Montreuil) (parce que les mots d’Annie Ernaux et surtout la présence de Romane Bohringer)
  • CUISINE ET CONFESSIONS par les 7 Doigts à Bobino (parce que c’est québécois)

J’irai (peut-être) voir :

  • L’ENVOL DES CIGOGNES + LE DERNIER JOUR DU JEÛNE au Théâtre du Soleil (parce que Simon Abkarian et Ariane Ascaride)
  • LES DÉMONS à l’Odéon Théâtre de l’Europe (parce que Nicolas Bouchaud et Valérie Dréville et que je n’ai toujours pas vu de pièce de Sylvain Creuzevault)
  • LE PÈRE à la MC93 Bobigny (parce que Julien Gosselin)
  • SCALA à la Scala (parce que Yoann Bourgeois et la curiosité de découvrir ce nouveau théâtre)
  • LA NUIT DES ROIS à la Comédie Française (parce que Shakespeare et Ostermeier)
  • LA REPRISE à Nanterre Amandiers (parce que Milo Rau et toutes les bonnes choses que j’ai entendues pendant le Festival d’Avignon)
  • CALLISTO ET ARCAS aux Bouffes du Nord (parce que Guillaume Vincent deux fois)
  • CONSTRUIRE UN FEU à la Comédie Française (parce que Marc Lainé)
  • CONVERSATION EL KHATIB / CAVALIER à Nanterre Amandiers (parce que curieux de ce que peuvent se dire ces deux artistes)
  • RICHARD BOHRINGER au Théâtre de l’Oeuvre (parce que je ne l’ai jamais vu en vrai)

J’ai déjà vu (et je recommande) :

 

OCTOBRE

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Atelier par TG STAN / DE KOE / MAARSCHAPPIJ DISCORDIA (© Jorn Heijdenrijk)

J’irai voir :

  • ATELIER au Théâtre de la Bastille / Festival d’Automne (tg STAN, prise deux)
  • EVOL au Théâtre de la Bastille (parce que je suis obligé de le voir, car je suis passé en deuxième année d’infiltration, comprend qui pourra)
  • QUASI NIENTE au Théâtre de la Bastille / Festival d’Automne (parce que j’ai la carte illimitée)
  • OVNI(S) au Théâtre Ouvert (malgré les mauvais retours de cet été au Festival d’Avignon, parce que Grégoire Monsaingeon et les auteurs du Nouveau Ciné-Club)
  • WESTERN au Nouveau Théâtre de Montreuil (parce que Mathieu Bauer)
  • KING KONG THEORIE au Théâtre de l’Atelier (parce que j’adore cet essai de Virginie Despentes et que j’apprécie (et voudrais remercier pour un certain conseil) Marie Denarnaud)
  • LA CHAMBRE DÉSACCORDÉE à l’Espace Cardin (parce que Marc Lainé et Léopoldine Hummel aka Léopoldine H.H.)
  • COMPLETE WORKS à l’Espace Cardin (parce que Shakespeare et Forced Entertainment)
  • LA GUERRE DES SALAMANDRES à la Maison des Métallos (parce qu’on m’en a dit du bien)
  • FLÉAU au Tarmac (parce que Dave St Pierre)

J’irai (peut-être) voir :

  • GEORGE DANDIN à la MC93 Bobigny (parce que les acteurs du CDN de Vire)
  • LA PLAZA au Centre Pompidou (parce que je suis curieux)
  • FRANCIS SAUVE LE MONDE au Centre Wallonie-Bruxelles (parce que c’était une série de bandes dessinées hilarantes avec un blaireau au départ et je ne sais absolument pas ce que ça va donner)
  • MONSIEUR FRAIZE à l’Européen (parce qu’il crève l’écran)

J’ai déjà vu :

 

NOVEMBRE

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Joueurs / Mao II / Les Noms par Julien Gosselin (Photo : Christophe Raynaud de Lage. Hans Lucas)

J’irai voir :

J’irai (peut-être) voir :

  • LOVE aux Ateliers Berthier (parce qu’il n’y a pas tant que ça de metteurs en scène britanniques qui passent la Manche)
  • 4.48 PSYCHOSE au Théâtre Paris Villette (parce que Sarah Kane et Sophie Cadieux)
  • FURIA à Chaillot (parce que Lia Rodrigues)
  • SOEURS aux Bouffes du Nord (parce que Marina Hands, même si Pascal Rambert ne me convainc pas tout le temps)
  • L’AVALÉE DES AVALÉS aux Déchargeurs (parce qu’un texte québécois que j’ai raté cet été au Petit Louvre à Avignon)
  • LA VOIX HUMAINE à l’Espace Cardin (parce que Ivo)
  • THE OTHER VOICE à l’Espace Cardin (parce que Van Hove)

J’ai déjà vu :

 

À suivre…

HUGH COLTMAN (Auvernier Jazz Festival, 24 août 2018 – Suisse)

(ceci n’est pas une critique même si celle-ci est écrite par Cyril Bivalski…)

Hugh Coltman. Ça fait au moins une dizaine d’années que je l’écoute sans vraiment l’écouter et que je me dis : « Un jour il faudra que j’aille le voir en concert. ». J’ai une liste d’artistes comme ça. Il a commencé à vraiment m’intéresser quand il a basculé corps et bien dans le Jazz.

Clin d’œil du destin, il jouait le 24 août à quelques kilomètres de chez moi dans le cadre de l’Auvernier Jazz Festival, chouette festival au bord du lac de Neuchâtel.

 

 

Pour son dernier album qu’il défend en tournée, « Who’s Happy ? », Hugh Coltman a choisi de s’imprégner de la Nouvelle Orléans. Il se présente sur scène avec une section cuivre au complet, un guitariste, un batteur et un soubassophoniste en guise de bassiste. Le groupe est bien réglé. Les morceaux s’enchainent. Hugh Coltman réussit son pari de nous transporter en Louisiane. Sur scène, il se dépense sans compter et arrive facilement à se mettre le public dans la poche. Il fait un détour quelques fois par le répertoire de Nat King Cole, qu’il avait revisité dans son précédent opus Shadows.

Toutefois je ne peux m’empêcher de penser à Tom Waits et Marc Ribot. Surtout sur un morceau : « It’s Your Voodoo Working ». Je trouve Hugh Coltman très lisse finalement. Je ne sens pas la moiteur du bayou ni les nuées de moustiques. Le fait qu’il soit bien habillé et ait une voix claire me rappelle qu’il est plutôt dandy que cajun.

Content d’avoir pu entendre Hugh Coltman, ceci dit. Rendez-vous dans 10 ans pour le prochain concert ?

 

Vu à Auvernier, Suisse dans le cadre de l’Auvernier Jazz Festival , le 24 août 2018 à 23 :00.

Etant bénévole sur le festival, je n’ai pas payé ma place.

 

 

 

(Une autre histoire)

Quand tu montes derrière la scène pendant un concert pour faire une photo, assure-toi qu’il n’y a personne derrière toi.

Lors du concert de clôture du festival d’Auvernier, je me suis glissé dans les coulisses derrière la scène pour prendre une photo de Richard Bona, un maître de la basse à 5 cordes. Je trouve enfin la position idéale, juste entre 2 rideaux noirs quand une main se pose sur mon épaule :

– Tu as 2 secondes pour changer de place, j’ai 15O choristes qui s’installent par surprise, j’ouvre les rideaux.

– Sérieux ?!?

J’ai la chance de ne pas être cardiaque. Je me retourne, effectivement les choristes sont bien là et le rideau s’ouvre !

 

Textes et photos : Cyril Bivalski (instagram.com/cyrilbivalski)

On fait le bilan (Avignon Off 2018)

8 jours de festival, 24 spectacles vus dans 17 théâtres différents, 1 concert, 2 spectacles avec de la musique en vrai, 9 seul.e en scène ou one wo.man show, des zizis et des tétés dans 3 spectacles seulement. Le hasard fait que parmi les 24 spectacles vus, 13 ont été mis en scène par des femmes…

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Grande satisfaction : J’abandonne une partie de moi que j’adapte (j’ai mis le temps à mémoriser ce titre et on aura l’occasion de (re)voir ce spectacle prochainement en Belgique et en France.

Grandes surprises : Batman contre Robespierre / Ode Maritime

Hors série : le concert de Léopoldine HH

 

Photo Leopoldine HH 3

 

Je ne parlerai pas des déceptions, même si je pourrais m’étendre sur un certain spectacle, qui semble avoir reçu l’unanimité de mes camarades blogueurs. J’espère malgré tout qu’il pourra être repris à Paris et dans le reste de la France pour se confronter à un public plus large.

Il m’est difficile de faire un vrai bilan du OFF, n’ayant vu que 2% des spectacles proposés. Je ne peux que m’étonner de ce nombre très commenté de 1536 spectacles dans le Off. Les différents articles des « Bruit du Off », « Zibeline » et autres journaux régionaux et nationaux y sont revenus en long et en large. Cette année, j’ai donc pu profiter de ma position de « blogueur accrédité » pour observer ce grand cirque. Qu’arrive-t-il aux spectacles, qui ne jouent pas dans les théâtres qui ont la carte ou le vent en poupe, qui n’ont pas d’attaché.e.s de presse efficaces ou qui n’ont pas de relais sur les réseaux sociaux ? J’ai reçu de nombreuses invitations pour assister à des représentations et deux ont retenu mon attention, dans lesquelles j’ai pu lire ceci :

« Ma dernière création « *** », n’a pas encore eu la chance d’être couverte par la presse avignonaise, ni par aucun blog. »

et

« Je sais que vous devez être inondé de demandes, cependant permettez-moi d’attirer votre attention sur mon spectacle « *** » j’aurais aimé que quelqu’un vienne pour avoir une chance d’être peut être parmi vos coups de cœur, qui sait ???? On ne decouvre un artiste qu’en le voyant sur scène… »

Tout ça m’interroge. Pourquoi vais-je voir telle ou telle pièce ? Faisons le récapitulatif  :

Sur les 24 pièces vues : 3 pour le « entendu à la radio » (Constance / Pablo Mira / Roukiata Ouedraogo), 1 pour le buzz Twitter (Un garçon d’Italie), 7 pour les conseils d’amis (J’abandonne une partie de moi que j’adapte / La Violence des riches / Pas pleurer / Trouble(s) / J’ai appelé mes frères / Ode Maritime / Si Richard Si), 7 parce que j’avais déjà vu des pièces des artistes (Lodka / Les Travaux avancent à grands pas / Le Maître et Marguerite / Speed Leving / Polaroïds / La Bataille d’Eskandar / Belle fille), 1 parce que j’aime ses chansons (Léopoldine HH), 2 parce que j’ai écrit un article sur l’opération « Montreuil en Avignon » pour Le Blog de Nestor (Batman contre Robespierre / An Irish Story), 1 parce que copinage (Petite Chimère), 1 pour découvrir un auteur (Love & Money), 1 parce que je ne sais pas, je l’ai senti comme ça (Cent mètres papillon)

En conclusion, il n’y a qu’un seul vrai saut dans l’inconnu (même si le fait que 100m Papillon soit programmé à la Manufacture a aidé)

À part ça… Les (presque) petits nouveaux Le 11 Gilgamesh Belleville (malgré ses problèmes de sécurité) et le théâtre du Train Bleu ont présenté une programmation de qualité, le théâtre des Doms et ses artistes belges s’imposent comme un incontournable. Il est intéressant de constater que la Manufacture et les Doms n’hésitent pas à proposer un abonnement 3 spectacles qui court-circuite la fameuse Carte Off (le tarif est même inférieur à celui proposé avec la carte Off).

Je remercie les lecteurs, les attaché.e.s de presse, les théâtres (mais pas un certain haut lieu du Off qui n’a pas daigné répondre à mes sollicitations « Non, on ne s’en occupe pas sur place, vous appelez la personne responsable… Allô ? Pouvez-vous m’écrire ? » Je conçois que je ne suis pas grand chose ici bas, il n’empêche que je ne peux qu’être déçu par ce théâtre dont j’ai toujours salué la programmation, surtout quand deux des pièces que j’ai chroniquées par ici jouaient devant une salle à moitié remplie (restons positifs)), le Festival Off, les artistes et les compagnies qui ont relayé certaines de mes chroniques sur les réseaux sociaux, les blogueurs…

Et je remercie plus particulièrement Ludovic grâce à qui j’ai pu dormir intra muros durant ma première semaine et ça change la vie et Laurent l’ami marseillais pour notre 9e festival d’affilée ensemble.

Je ne sais pas encore si l’année prochaine je reviendrai, parce que la vie, tout ça… Mais ce fut une sacrée expérience.

 

Ps : J’avais commencé à écrire mes chroniques avignonnaises, à réfléchir sur des capsules audios et/ou vidéos. Or le temps n’est pas extensible, ma fatigabilité a été mise à rude épreuve cette année et je n’en ferai pas plus, parce que je veux me reposer et surtout écrire autre chose d’ici mon périple à Bussang le mois prochain…

Léopoldine HH (Arrache-Coeur / Avignon Off)

(ceci n’est pas une critique mais…)

Alors on peut dire : « Oui, mais les concerts à Avignon, ça n’a pas sa place… ». Certes. Mais Avignon pour moi, c’est le spectacle vivant et là-dedans, on peut y mettre du théâtre, de la danse, du clown, du cirque, de la danse (je l’ai déjà dit) et pourquoi pas de la musique, y en a bien dans le In ! Et pour qui a eu la chance de voir Léopoldine HH et ses acolytes sur scène, il y a tout à la fois.

Déjà entendre les chansons, donc les mots. Léopoldine nous raconte qu’elle a voulu chanter les mots qu’elle aimait lire, dans des romans, des pièces de théâtre. Ça m’a fait penser à un des meileurs albums francophones de ces dix dernières années : Cristal Automatique de Babx dans lequel il chantait Baudelaire, Rimbaud, Aimé Césaire… Ici nous n’avons peut-être pas d’auteurs de ce calibre (ça se discute), mais ça transpire l’amour de la littérature (note pour plus tard : demander la liste des chansons) et ici on aime ça, quand des artistes qu’on affectionne se font passeurs (Gwenaëlle Aubry, je le note).

Photo Leopoldine HH 3

Pis Leopoldine est souriante, tout le temps. Y a une générosité et un humour. C’est ludique. Pis y a l’euphorie qui nous prend comme ça. Y a de la (bonne) musique avec des bidules et des machins, sans compter les inénarrables Maxime Kerzanet et Charly Marty qui savent meubler comme personne (mais ils ne savent pas faire que ça…)

A noter que nos trois compères ont une solide formation théâtrale et qu’on retrouvera Léopoldine HH (Hummel) au Théâtre de la Ville la saison prochaine dans une pièce de l’excellent Marc Lainé, ceci explique aussi cela…

Je l’avais ratée en concert à Paris et après le concert à Avignon, si Jean Rouch m’avait demandé : « Êtes-vous heureux ? » J’aurais répondu : Oui, à 100%.

(ceci est un aguiche d’une prochaine chronique concernant un autre excellent spectacle…)

 

LÉOPOLDINE HH (accompagnée de Maxime Kerzanet et Charly Marty) à l’Arrache-Coeur jusqu’au 29 juillet 2018 (sauf les 11, 12, 18 et 25) à 15h (Avignon Off), dans le cadre de la 6e édition de « On y chante » qui regroupe les talents ADAMI.

vu le lundi 9 juillet 2018 à l’Arrache-Coeur Avignon Off

prix de ma place : invitation

 

PS : C’est un peu de la réclame, mais au même endroit à 18h, toujours dans le cadre de l’opération (très intéressante) « Talents Adami On y chante » il y a Batlik qui chante Cioran… Avec Pessoa c’est mon auteur préféré… Oui, je resplendis de joie de vivre !


 

(quand j’attends dans la file…)

Si je mange un bretzel maintenant, alors qu’il fait très chaud, alors je vais avoir soif. Si j’ai soif, je vais boire. J’ai donc besoin d’eau. En tout cas, un liquide qui étancherait la soif. J’aime pas le pastis. Je suis marseillais et je n’aime pas le pastis. Ma mère m’a déshérité et mon père ne m’a jamais parlé. L’eau est rare, il faut la preserver, donc je ne bois pas. Et comme je transpire beaucoup, je m’assèche malgré le léchage intensif de mes aisselles. Et je meurs.

Voilà à quoi je pense quand j’attends dans la file après qu’on m’a donné un badge « Bretzel Party »…

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Courtney Barnett au Bataclan, 9 juin 2018

COURTNEY BARNETT au Bataclan (avec en premières parties : Loose Tooth + Waxahatchee)

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Pour tout vous dire, je n’écoute pas beaucoup de nouveaux artistes. Je n’arrive plus à suivre, le temps n’est pas extensible et mes priorités sont ailleurs. Pourtant, je suis tombé en amour avec Courtney Barnett dès son premier album. Oui, je sais, certains la connaissaient déjà via son double EP… Il n’empêche… Parfois, tu entends une chanson, puis tu achètes tout l’album que tu écoutes en boucle, tu rates l’occasion de la voir à la Gaîté Lyrique, tu attends la sortie du nouvel album, tu te consoles avec sa collaboration avec Kurt Vile et le Saint Graal arrive doublé d’une tournée mondiale qui passe par le Bataclan à Paris (troisième fois que j’y retourne… cette fois-ci, et pour la première fois, en configuration concert debout…)

Et l’organisation du concert a mis les petits plats dans les grands, puisqu’on nous offre une double première partie, avec le trio frais et juvénile australien Loose Tooth, du même label que Courtney Barnett et les divines Waxahatchee.

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Couverture : Axel Ito / Ci-dessus : DR

Mais place à Courtney Barnett qui va jouer l’intégralité de son nouvel album « Tell me how you really feel » puis une sélection de ses meilleures chansons (voir la setlist plus bas). C’est un show enfiévré, sauvage mais accueillant. Toute la place est donnée à Barnett, au centre de la scène, qui joue avec le micro, le pousse dans ses retranchements, sans jamais le faire tomber. On la voit parfois sourire. Elle est gauchère. Je ne sais pas pourquoi je me suis fait cette réflexion. Peut-être parce que je suis droitier et que quand j’utilisais ma raquette de tennis, quand j’étais petit, pour mimer les guitaristes, je prenais instinctivement ma raquette-guitare comme un gaucher. Ses trois acolytes sont dans le rythme (clavier, batterie, basse).

Courtney Barnett nous demande comment on se sent. On se sent bien avec sa musique et on aimerait que ça ne s’arrête jamais.

 

 

(SETLIST :  hopefulessness – city looks pretty – charity – need a little time – nameless faceless – I’m not your mother, I’m not your bitch – crippling self doubt and a general lack of self confidence – help your self – walkin’ on eggshells – sunday roast /// avant gardener – don’t apply compression gently – an illustration of loneliness (sleepless in ny) – small poppies – elevator operator – depreston – history eraser /// rappel : anonymous club – pedestrian

 

vu le samedi 9 juin 2018 au Bataclan (Paris)

Prix de la place : 36,20€ (assis/debout – placement libre)

 

(une autre histoire)

Oui, je sais que je ne suis pas le seul, mais tu m’as bien regardé, Courtney ? Nos regards se sont bien croisés ? Plusieurs fois !!! Je sais que rien n’est possible entre nous.  Que dirait Jen ? Et je ne parle pas de la différence d’âge.  (en même temps, je viens de me renseigner, tu as dépassé la trentaine… je te voyais plus jeune… encore une fois, je n’arrive pas estimer les âges…) J’ai vu un film cette semaine, je crois que c’était dans un film, où un des personnages disait qu’il était un homme mais qu’il se comportait comme un garçon. Je ne me rends pas bien compte de mon âge et de mon apparence. Pour moi, je suis toujours le gars de 17 ans, qui va au lycée ou au mieux à la fac et qui a la vie devant soi.

Tell me how you feel…

I feel old. I feel exhausted. I feel over. I’m feeling that’s the beginning of something else. I feel better. Because of you. Thanks to you. And you.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

 

Gaz Coombes (La Maroquinerie, Paris, 29/05/18)

GAZ COOMBES à la Maroquinerie, Paris

(1e partie : Piney Gir)

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Comme de nombreux artistes que je suivais durant les années 90 (Badly Drawn Boy, tu es le prochain !), je n’avais encore jamais vu Supergrass et encore moins son leader, j’ai nommé Gaz Coombes, en concert. L’erreur est enfin réparée. Et c’est dans une Maroquinerie survoltée (et pas seulement à cause des orages menaçants le ciel parisien) que le musicien d’Oxford fait son grand retour avec un nouvel album : World’s Strongest Man. Le concert de Gaz Coombes est efficace, une heure et quarante minutes de chansons de ses différents albums. Aucun temps mort. Gaz Coombes est égal, souriant et généreux. On ne sait jamais qui, de l’oeuf ou de la poule. Mais Gaz Coombes (et son groupe) donne et le public le rend bien. Ou bien est-ce le contraire ? Le public est heureux de le (re)voir sur scène et l’ancien leader de Supergrass offre en ultime rappel (et croyez-moi, il ne fait pas ça tous les jours) « Caught by the fuzz », mythique chanson de Supergrass, seul à la guitare.

Heureusement la police ne fut pas de la partie, malgré la légère entorse au couvre-feu de la Maroquinerie (après 22h30, ce n’est plus l’heure !)

 

SETLIST : World’s Strongest Man – Hot Fruit – White Noise – Shit (I’ve done it again) – Oxygen Mask – Deep Pockets – The Girl who fell to Earth – Seven Walls – Walk the Walk – In Waves – The Oaks – 20/20 – Detroit – The English Ruse RAPPEL 1 : Wounded Egos – Vanishing Act – Matador (Da Capo) Rappel 2 : Caught by the Fuzz

 

vu le mardi 29 mai 2018 à la Maroquinerie, Paris

prix de la place : 26,40€

 

gaz
Crédit photo : Axel Ito

 

(une autre histoire)

Je ne suis pas revenu à la Maroquinerie depuis novembre 2016 et les concerts de Motorama et Flotation Toy Warning. Une éternité. Même si je sais que je n’entendrai pas les chansons de Supergrass, je suis quelque peu ému de voir en vrai Gaz Coombes. C’est un peu mon truc, en ce moment, d’être ému.

Les premières notes démarrent et… Je ne sais pas comment il faut le comprendre, mais je me retrouve avec un flot ininterrompu d’images dans ma tête.

D’habitude, j’écris, je mets à la poubelle, j’écris, poubelle, nouveau dossier, nouveau document, poubelle… Je ne sais pas où je vais. Je sais que je veux écrire, j’écris, mais quoi ? Et ce soir, tout devient clair. Je sais. Je pense au titre (78-18) et pas à la forme, mais à comment s’imbriqueraient mes différents textes et ce qu’il y aurait à l’intérieur.

Parce que je veux écrire, je veux jouer. Tout seul. Raconter des histoires.

C’est comme si l’intégralité du spectacle s’écrivait dans ma tête grâce à la musique de Gaz Coombes. J’ai peur que tout se volatilise, comme tous ces rêves qu’on ne note pas.

En plus, je sais qu’il ne s’agit pas d’une simple fausse idée. Je fonctionne comme ça. J’ai besoin que ça mature, que ça bout un certain temps. J’ai mes textes à l’usure. Je suis résistant et surtout patient. Déformation professionnelle.

Je sais que je tiens le bon bout.

Merci Gaz.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

 

Olafur Arnalds au Trianon de Paris

ÓLAFUR ARNALDS au Trianon, Paris

(1e partie : Manu Delago)

(ceci n’est pas une critique, mais…)

C’est la première fois que je vois Ólafur Arnalds sur scène. Dès son arrivée, on est touché par sa simplicité et sa modestie. C’est dans un Trianon au respect quasi-religieux (pratiquement pas d’écrans de téléphones intelligents allumés pendant le concert, en tout cas pas de mon côté) que Ólafur Arnalds va présenter ses nouvelles chansons. Il y a deux vieux pianos qui jouent parfois tout seuls, des violons, une batterie, de l’électronique au milieu de tout ça. On dirait que tout est connecté. Ah ben c’est le titre de la tournée : « All strings attached ». Même les lumières… On en viendrait à fermer ses yeux pour se concentrer sur la musique mais on manquerait… Tiens, on dirait des aurores boréales, regarde.

Sur la deuxième chanson, Þú Ert Jörðin, il nous fait chanter. Le son est enregistré, modifié, le public devient une nappe sonore, comme une vague.

Il y a des nouvelles chansons, d’un album à venir. Et y a les anciennes, comme 30 55 en rappel. Il évoque ses débuts, que tout a commencé avec Myspace. J’ai souri. Pour moi aussi, pas mal de choses ont commencé avec Myspace, mais c’est une autre histoire… Puis il raconte sa grand-mère qui lui a fait écouter Chopin…

Ólafur Arnalds, ce n’est pas du classique, mais ce n’est pas de l’ambient non plus. C’est Ólafur Arnalds et on ressort du Trianon le coeur léger. Un rêve, trop court.

 

SETLIST

Árbakkinn – Þú Ert Jörðin – Only the Winds – re:member – Unfold – Beth’s Theme – Ypsillon – Momentary – Dalur – 3326 – Nyepi – Doria – Near Light – (rappels) : 3055 – Lag Fyrir Ömmu

 

vu le mardi 15 mai 2018 au Trianon, Paris (et en tournée le 21 octobre à Lyon, le 22 octobre à Bordeaux, le 23 octobre à Toulouse, le 24 octobre à la Salle Pleyel à Paris

prix de la place : 34€

 

Ólafur Arnalds – Near Light (Living Room Songs) from Ólafur Arnalds on Vimeo.

 

 

(une autre histoire)

Un jour, je me suis inscrit sur Myspace. Je ne suis pas musicien. Je suis fan. Ma page d’accueil était toute moche, mais j’aimais bien choisir la chanson de la semaine, mon top 10 amis (je me souviens avoir fait un caca nerveux quand une de mes amies m’avait viré du sien… En même temps, je comprends beaucoup de choses aujourd’hui, avec le recul). Je passais beaucoup de temps à écouter de la musique, mais je n’allais alors pratiquement pas au théâtre, ceci explique cela.

Grâce à Myspace, j’ai rencontré A. & J. lors d’un concert d’un groupe belge. Grâce à ce groupe belge, j’ai rencontré d’autres personnes avec qui je suis même parti en vacances en Italie et en Bretagne. Grâce à une de ces personnes, j’ai fait la connaissance d’un gars, L., avec qui je vais chaque année à Avignon et qui a déjà écrit à deux reprises ici, et d’une fille avec qui j’ai passé quelques jours en Islande.

Un jour, j’ai dit : « J’ai pris mes billets pour Reykjavik, y a un chouette festival. Pour l’instant je suis seul, vous venez si vous voulez, mais moi j’y vais, même seul, même pas peur. »  C. m’a dit : « Ok, mais je viens aussi avec ma nièce ». J’ai dit : « Ok ». 

Je les ai retrouvées à Reykjavik. Elles avaient déjà vadrouillé dans le nord. A mon arrivée, on a loué une voiture et on est parti dans le sud.

« Tu ne conduis pas ? Elle ne conduit pas… Sans déc’, tu ne conduis vraiment pas ? Donc je vais me taper cinq jours de route tout seul au volant, pendant que toi, tu appuieras frénétiquement sur le bouton de ton appareil photo et que ta nièce sera derrière avec ses écouteurs à écouter les One Direction ? »

En fait, ça n’a pas été bien grave, parce qu’à la fin du mois d’octobre, c’est hors saison. Y a pas grand monde. La route circulaire est large, bien entretenue et on rencontrait dix voitures par heure. On a compté. Parfois on ralentissait, on s’arrêtait au milieu de la route, on prenait des photos, c’était cool de conduire au milieu de nulle part. Pour rien au monde, je n’aurais laissé ma place au volant.

« Y a pas de prise USB ? Non ? Seulement un lecteur CD. T’as un CD, toi, parce que moi, je n’en ai pas ? On a qu’un seul disque, c’est quoi ? Olafur Arnalds ? Connais pas ? « For now I am winter »… Ok. »

Ce disque-là, on l’a écouté en boucle. Pendant cinq jours. Même pas mal.

Grâce à Myspace, j’ai vécu la semaine la plus mémorable de toute ma vie. Oui, j’ai toujours eu cette propension à exagérer. Trois ans et demi plus tard, c’était il y a onze mois, j’étais sur un bateau, entre les Îles Féroé et l’est de l’Islande. Solstice d’été. Minuit. J’ai pleuré en écoutant la musique d’Olafur Arnalds… Je mens, c’était Sigur Ros. Je n’ai jamais su mentir, désolé.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

 

VÍK Í MÝRDAL, ISLANDE from Candice Nguyen on Vimeo.

Les Franglaises (Seine Musicale)

(quand on ne lit pas la bible)

Les Franglaises ? Un spectacle sur l’après Brexit et le désarroi causé par cette décision dans le milieu de la coiffure ?

 

(de quoi ça parle en vrai)

Détournant le jeu du blind-test, Les Franglaises, mettent en scène une comédie musicale à la façon d’un Opéra Pop à l’américaine. Se mêlant les pieds dans les incohérences des traductions littérales au premier degré à la « google-trad », et emportés par la fiction de ces pièces musicales, les interprètes offrent une tournure explosive au spectacle qui vire au cabaret fou version Monty Python ! (https://www.laseinemusicale.com/spectacles-concerts/les-franglaises_e153)

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Crédits photos : Bertrand Rindoff Petroff 

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Encore une fois, je le précise, je suis le Droopy parigot-marseillais, le Buster Keaton local, je ne sais m’amuser ni même me déhancher, même alcoolisé. Ne m’invitez pas aux mariages, c’est peine perdue. Et pourtant… Ben allez savoir pourquoi, hier soir au spectacle des Franglaises à la Seine Musicale, j’ai tapé dans mes mains, j’ai ri, j’ai tenté de deviner de quelles chansons étaient traduites les paroles en français, je me suis même levé pour le rappel, c’est dire.

Les Franglaises maîtrisent leur sujet, ils ont de quoi faire, et de ce que j’ai pu voir ici et là, le spectacle évolue, on n’entend pas toujours les mêmes chansons, qui restent tout de même cantonnées aux années 60/70/80/90, Reine et Michel Fils de Jacques restant les winners de la game. Il faut des chansons que tout le monde connaisse, c’est un fait. Est-ce à dire aussi que les années 2000 ont produit beaucoup moins de chansons populaires, c’est un autre débat.

On pourrait reprocher la taille de la salle, trop grande pour ce genre de spectacles. Malgré les efforts de la troupe, il n’est pas facile de créer une certaine proximité avec le public. J’avais également un peu peur que le spectacle ne se résume qu’à un simple test aveugle mais les Franglaises font leur petit effet, dès qu’elles adaptent à leur sauce les chansons, ça commence par le I grec M C, en mode doux. Le maître de cérémonie ne parvient plus à canaliser la folle énergie ou la folie énergique de ses comparses et le spectacle commence à partir dans tous les sens. C’est généreux, un peu long sur la fin, qui mériterait à être resserrée : mais ça fait du bien de voir une troupe aussi joyeuse et efficace, parce que je ne l’ai pas précisé : ils occupent presque tous les postes : chant, musique, comédie.

Une bien belle soirée malgré l’heure et quart en métro pour rejoindre Boulogne Billancourt, mais ça, c’est une autre histoire…

Ps : En première partie du spectacle des Franglaises se produisait le Pockemon Crew, sur une musique techno flamenco manouche. L’ensemble ne m’a pas vraiment convaincu, même s’ils m’ont impressionné techniquement et physiquement. 

 

vu le samedi 12 mai 2018 à la Seine Musicale, Boulogne Billancourt

prix de la place : invitation

 

LES FRANGLAISES

(http://www.lesfranglaises.fr)

mise en scène Quentin Bouissou

Avec Saliha Bala, Quentin Bouissou, Yoni Dahan, William Garreau, Stéphane Grioche, Marsu Lacroix, Philippe Lenoble, Adrien Le Ray, Roxane Terramorsi, Daphnée Papineau, Romain Piquet, Laurent Taieb, PV Nova, Fabien Derrien

Direction musicale : Philippe Lenoble

Une production Blue Lines Productions

 

(d’autres histoires)

Ligne 9 : Oberkampf – Pont de Sèvres

  • Ce soir, c’est match au Parc. Le PSG est champion, c’est le dernier match à domicile de la saison, va y avoir un feu d’artifice. Ben oui. Ils ont perdu en huitièmes de finale de Champions League, faut que ça se fête !
  • Dans ma poche, il reste de la salade, de la mache, que m’a donné A. parce qu’elle ne voulait pas gâcher avant son grand départ. Je la donne à un mendiant qui passait à côté de moi dans la rame. Je n’ai pas l’impression que ça lui fasse plaisir : « Mais faut pas gâcher, Monsieur ! », lui dis-je après qu’il m’a jeté les feuilles en pleine face.
  • Tu as vu, on a bien fait de prendre le métro à Oberkampf, du coup on a des places… Y a combien de stations d’ici le terminus ? C’est encore loin ? Une fois j’ai du réseau, une fois je n’en ai plus. Je peux dormir sur ton épaule ?
  • Je pense que désormais, ça irait plus vite de compter les personnes qui n’ont ni écouteurs ou casque ni smartphone à la main.

 

Dans la salle

  • Tu as vu, on a de la place pour les jambes. Même pas besoin de se lever pour laisser passer les gens. Quelle belle salle !
  • Les jeunes derrière nous, ils n’ont pas arrêté de parler foot. Ils regardaient les buts pendant le spectacle, mais je n’ai pas osé le leur reprocher, parce que je crois que… Ils étaient un peu… Ils étaient sûrement invités par le Pockemon Crew… Pourquoi ? Ben ça se voyait… hein ? Ben… Le… A la fin, ils se sont levés et ont esquissé quelques pas de krump, j’ai tout de suite reconnu. J’avais vu Rize, le film de David LaChappelle. Tu pensais quoi ? Que je les stigmatisais à côté de leur couleur de peau ? Ben voyons donc ! Je ne suis pas comme ça, à catégoriser les gens… Pis, j’étais placé trop loin de la salle pour voir si les Pockemon Crew étaient… je veux dire… le visage… Des danseurs HIPHOP, c’est forcément… Je travaille dans le 9-3, je sais de quoi je parle, je… Aux Lilas… Oui oui, c’est toujours le neuf trois, yo !

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Andrea Schroeder (Queen Kong Club – Neuchâtel, Suisse – 13 avril 2018)

(ceci n’est pas une critique même si celle-ci est écrite par Cyril Bivalski…)

Bowie. C’est David Bowie qui récemment m’a fait découvrir Andrea Schroeder. Je réécoute sa trilogie berlinoise et le hasard a fait que je tombe sur une version de Heroes chanté en allemand par Andréa Schroeder. Quelle surprise ! Qui est cette femme ? D’où vient-elle ? Je tombe rapidement sur un article de Rolling Stone qui l’appelle la Voix de la Nuit. Elle a sorti trois albums et tourne sporadiquement.

La chance me sourit puisque je découvre qu’Andrea passe à deux kilomètres de chez moi, dans la plus petite salle de Neuchâtel, le Queen Kong Club. Elle est invitée par le Musée d’Art et d’Histoire de la ville. Tout de suite ça fait très sérieux. Est-ce que je mets une cravate ?

Le concert commence à 22:30. La salle est minuscule. Il doit bien y avoir une cinquantaine de personnes dans la pénombre. Cinq musiciens sont sur scène en comptant Andrea. Tous habillés en noir sur un sol en damier noir et  blanc. Très élégants, très calmes. J’aurais peut-être dû mettre une cravate finalement.

Le charme d’Andréa et de son groupe opère instantanément. Nous voici à Berlin, la nuit. Peut-être dans un film de Wim Wenders (les Ailes du Désir ?) ou dans un cabaret avec Marlene Dietrich. Nous chassons les fantômes et croisons les âmes égarées. Nick Cave et Nico ne sont pas loin. Barbara ? A ses débuts elle était surnommée la Chanteuse de Minuit. Rolling Stone n’a rien inventé.

Setlist Andrea
Crédits photos : Cyril Bivalski

Le concert se termine déjà. Il est presque minuit. Andrea est déjà repartie ! Pourtant il n’y a pas de pleine lune ce soir.

En quittant la salle, je m’arrête pour acheter son album « Where the wild oceans end ». Je suis intrigué par le titre. J’ai son 33 tours en main et quand je lève les yeux je m’aperçois que je suis face à Andrea et qu’elle m’attend avec le sourire. Comment est-ce possible ? D’où sort-elle ? J’ai trop tardé. Sans le vouloir je faisais la queue pour une dédicace. Trop tard pour reculer.

Je lui parle alors de sa reprise de Bowie et m’excuse en même temps de ne pas mieux connaître ses morceaux à elle. Elle me raconte les circonstances dans lesquelles elle a enregistré ce morceau et me pose alors une question :

Que crois-tu que David écoute là-haut ?

 

ANDREA SCHROEDER (http://andreaschroeder.com)

Vue à Neuchâtel le 13 avril 2018 au Queen Kong Club (http://www.case-a-chocs.ch/) à Neuchâtel, Suisse.

Prix de la place : 10CHF, premier rang sur la droite

 

(une autre histoire)

J’ai entretenu pendant une année une liaison interdite avec Marlene Dietrich (ou comment se mettre à dos son sergent instructeur quand tu fais ton service militaire).

Hiver 2000. Quelque part en France. Dans un fort.

Je suis l’un des derniers appelés en France. Chirac est Président. Jospin Premier Ministre. Le bug n’a pas eu lieu.

Je me suis mal débrouillé pour partir en coopération. Du coup je me retrouve en kaki pour dix mois.

Je siffle Lili Marleen quand je suis de corvée ou que je m’ennuie. C’est à dire la plupart du temps. Il y en a qui fument. Moi je siffle comme un merle. Pourquoi un chant allemand ? Je n’en sais rien. Ça m’est venu comme ça. J’aime bien cet air. Je trouve qu’en le sifflant bien, il dégage une certaine mélancolie. Je ne l’avais jamais sifflé avant d’être sous les drapeaux.

J’ai beau expliquer au sergent que pour moi c’est la version de Marlene Dietrich, un hymne à la résistance allemande contre les Nazis, apparemment c’est déplacé. Je suis même à deux doigts de me retrouver au trou pour outrage.

– Mais… elle a même sauvé Jean Gabin qui ne voulait pas tourner pour les Allemands !

– Ça ne compte pas. Ce n’est pas dans le répertoire.

– Alors quoi, La Marseillaise, on peut ?

– Première Classe, tu fais le fayot ? La Marseillaise on la chante, main sur le coeur et face au drapeau. On ne la siffle pas !

– Compris, Sergent, on peut siffler quoi alors ?

– Rien, tu ne siffles pas, et tu me nettoies ce couloir ! En silence.

A ce moment là, Ennio Morricone arrive de nulle part. J’attends que le sergent s’éloigne et je siffle le thème du Bon, la Brute et le Truand et je dompte mon couloir à coup de brosse à dents. Tiens, ça rime.

Sur ce, l’Ange Bleu m’appelle ! Prosit !

 

Textes et photos : Cyril Bivalski (Instagram.com/cyrilbivalski)

Kelley Stoltz (Le Bourg, Lausanne, Suisse – 15 mars 2018)

(Ceci n’est pas une critique même si celle-ci est écrite par CYRIL BIVALSKI…)

2006. C’est en 2006 que j’ai eu la chance de découvrir Kelley Stoltz pour la première fois. Je m’en souviens comme si c’était hier. Il avait roulé depuis San Francisco pour venir jouer une heure au Mercury Lounge à New York. Super concert, déjà.

2018. C’est en 2018 que je le revois pour la seconde fois. En Suisse cette fois-ci. A Lausanne, dans un ancien cinéma, le Bourg, réaménagé en salle de concert. Les pompes à bière remplacent les machines à pop corn, les rangées de sièges ont été démontées, la mezzanine et le grand écran blanc conservés. Bel endroit qui fait penser à une salle parisienne ou bruxelloise de poche. Un Mercury Lounge local quoi. Je suis arrivé en retard pour la première partie. Pas bien. Mais en même temps les premières parties ne sont-elles pas faites pour ça ? Trainer un peu et arriver détendu ?

Kelley Stoltz est apparu tel que dans mon souvenir. Il n’a pas changé. Il a juste étoffé son répertoire et épuré son groupe. Il est accompagné d’une excellente bassiste, le batteur et la guitare rythmique sont des vieux briscards. L’ensemble est très carré ce qui permet à Mr Stoltz d’apparaître très à l’aise et heureux de présenter son dernier album Que Aura. Il pioche aussi pas mal dans deux autres albums : In Triangle Time et Double Exposure. Le concert est bien rôdé et je passe réellement un bon moment. Un vrai concert rock dans un club ! Il n’y a que ça de vrai !

La cerise sur le gâteau délicieux ? Une reprise de See No Evil (Television) que son père lui jouait à la guitare quand il était gamin. Son père ne connaissait que 3 accords sur 4 et cela avait interpelé Kelley parce qu’il n’arrivait jamais jusqu’au refrain de ce morceau.

2030. C’est en 2030 que je revois Kelley Stoltz pour la troisième fois.

 

Vu le 15 mars 2018 au Bourg (http://www.le-bourg.ch) à Lausanne, Suisse.

Prix de la place 13CHF . Debout au premier rang.

(http://www.kelleystoltz.com)

 

 

(Une autre histoire)

En Suisse, si tu ne maitrises pas le démarrage en côte quand tu conduis, tu es un homme mort.

Quand j’ai passé mon permis de conduire, jadis, j’ai vu la manœuvre une fois. Frein à main, passe ta première, lève ton capot. Puis… plus rien. Je roule surtout en 2 roues.

Mais en Suisse, tu te gares en marche arrière dans les côtes enneigées. Sportif.

Les passages piétons sont à mi-côte. Tu ne peux pas faire comme à Paris, accélerer quand tu vois un piéton qui s’engage. Tu es obligé de t’arrêter pour le laisser passer. Enfoiré.

J’ai plutôt tendance à conduire comme Thélonious Monk, au bruit et à l’instinct. Mais ici ça ne marche pas trop. Du coup j’ai bossé ma technique. Et puis au bout d’un moment je me suis demandé, mais comment font-ils les locaux, les indigènes, les autochtones ?

Et bien ils roulent en automatique.

J’ai une C3 diesel mécanique.

Et toi Kelley, à San Francisco tu fais comment?

 

Texte et photo de couverture : Cyril Bivalski (correspondant suisse)

NTM (AccorHôtels Arena – 9 mars 2018)

(ceci n’est pas une critique, mais…)

De mémoire, Nick Hornby disait dans « Fever Pitch » (Carton Jaune en français) qu’on pouvait avoir plusieurs amours dans sa vie, mais qu’on avait qu’un seul club de football de cœur – lui c’était Arsenal. Il pouvait y avoir une rupture entre le club et la personne, mais jamais ô grand jamais, on irait voir dans un autre stade si l’herbe était plus verte.

Je suis marseillais, je supporte l’OM, surtout quand il est en haut du classement, ne soyons pas de mauvaise foi. Mais je ne supporterai aucune autre équipe, malgré ma proximité géographique avec l’équipe qatari… pardon… de la capitale.

Aussi depuis très longtemps maintenant j’écoute IAM, je les ai vus en concert, j’ai tous leurs albums, je connais plusieurs chansons par coeur. Mais je dois le confesser : « Oui, j’ai vu NTM en concert et en plus j’ai aimé. »

Longue introduction pour une très courte chronique… Une scéno de folie (écrans géants, lettres n, t m, gigantesques qui bougent) signée, si je suis bien renseigné, par Jérémie Lippmann, des invités à tire-larigot (je n’ai reconnu que Oxmo Puccino sur That’s my people, désolé…), des danseuses et une barre de pole dance pour « Ma Benz »…, Joey Starr et Kool Shen ne font pas leur demi-siècle chacun et leurs trente-cinq ans de carrière commune, même si de petites plages ont été aménagées pour leur repos, car ils se donnent à fond ! Certes aucun nouvel album n’est en préparation et même si on peut s’interroger sur les réelles motivations de leur retour sur scène, on ne peut nier leur investissement et leur générosité envers un public plutôt post trentenaire qui n’est pas en reste et Joey Starr est très en verve pour faire chanter les fans de la première, deuxième… heure sur « Passe le oinj » et surtout « Seine St Denis Style » et cette voix…

Ces deux-là sont dans leur élément sur scène et mon seul regret aura été de ne pas avoir entendu la seule chanson que j’arrive à chanter par coeur… « La Fièvre ».

 

vu le vendredi 9 mars 2018 à l’AccorHôtel Arena (et prochainement en tournée dans les festivals d’été…)

prix de la place : 76,25€ (cat 1) : place assise, mais je fus bien plus debout qu’assis, emporté par la foule et le flow, à balancer mes doigts devant moi, comme un B-Boy…

 

 

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Crédits photo : Frédéric Dugit/Le Parisien

 

(une autre histoire)

« Salut, ça va ? Dis, tu me gardes la place, je vais me chercher une bière… Merci ! Y a mes potes qui sont dans la fosse, j’ai trouvé qu’une seule place ici, on est bien, non ? T’es venu tout seul ? Ca te fait rien d’aller voir un concert tout seul ? Je trouve ça déprimant. T’es déprimant, toi, hein ? Et déprimé. C’est pour ça que j’aime bien discuter avec les gens que je ne connais pas. J’aime me faire des petites histoires dans ma tête. Ça fait passer le temps. Attends… Oh mais il est con, regarde le message, mon pote de la fosse qui me demande si j’ai trouvé un nouvel ami… T’as quel âge ? Trente-neuf ans ? Un vieux de la vieille, quoi. Comme mon daron ! T’as connu NTM qu’à partir de « La fièvre » ? Non moi je connais depuis que je suis tout petit, un pur et dur. C’est mon père qui m’a fait connaître. Il les connait depuis le début, trente-cinq ans je crois. D’où tu viens ? Ouais, tu peux me dire où tu es né… Pourquoi tu hésites ? Tu ne sais plus où tu es né ? T’es québécois ? Ah c’est ça ton accent ? Il est bizarre… Moi je suis né dans le 9-3 mais je vis à Lorient maintenant.  Je me suis mis au vert. Je rentre pas dans les détails, hein ? Je suis venu exprès pour le concert. C’est historique. HIS-TO-RIQUE ! Mais là, tu crèches où ? Paris 19e ? Ah ouais, tu travailles dans le 9-3 ? A Saint Denis ? Aubervilliers ? Tu travailles aux Lilas ? C’est pas le vrai 9-3, ça. T’as pas l’air très à l’aise, pourquoi tu me demandes toujours de répéter, tu es sourd, tu te branles trop ? Remarque… quand on vient à un concert tout seul… Tu comprends pas ce que je dis, c’est mon accent ? Non je m’énerve pas, je tiens carrément l’alcool, c’est pas leur merde coupée à l’eau dans des gobelets à dix boules qui vont me rendre paf. Je ressens la peur en toi…»

J’ai peur. Faut que je garde mon air cool, mon sourire béat. Mince, il me demande d’où je viens, il veut savoir où je suis né ? Mince, je sais pas mentir, je vais quand même pas lui dire que je viens de Marseille et que je connais par cœur « L’empire du côté obscur »… Je vais prendre l’accent québécois. Il est merdique, mais il a déjà bu trois pintes, ça va passer. Pourtant il n’a pas l’air si con que ça, malgré sa casquette Lacoste. En revanche, je ne comprends rien. Et c’est pas la musique à côté, il parle trop vite pour moi. S’il découvre d’où je viens, il va me latter la gueule. Pire, il va mettre la lumière sur moi. Vingt mille personnes vont me mater, comme une bête curieuse. Là, comme dans les matchs de hockey, je serai même filmé. Je serai retransmis en direct sur les écrans géants installés sur la scène. Joey Starr me jugera du coin de l’oeil gauche ou droite. On me demandera de chanter une chanson de NTM. Je prendrai le micro, je jetterai mon pull à capuche au public qui le brûlera, parce qu’il est quand même pas mal moche. Et je chanterai « La fièvre », comme sous ma douche. Le public sera en feu. Kool Shen et Joey Starr me rejoindront, on fera un trio, en tout bien tout honneur bien sûr. Voilà pourquoi NTM n’aura pas chanté cette chanson ce soir.

« Pourquoi tu me racontes la vérité maintenant ? Ok tu es de Marseille et alors ? Regarde, y a le Rat Luciano sur scène, il est de Marseille, lui, non ? Ben alors, tranquille, tout baigne ! Bon, c’est pas comme si tu me disais que tu connaissais par coeur les chansons d’IAM, là ça irait mal pour toi. Tu connais pas les chansons d’IAM, dis ? »

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

À quelle sauce (printemps-été 18)

Parce que j’ai encore dix jours avant de voir mon prochain spectacle et que je m’ennuie, donc je dégaine avec un peu d’avance mon programme pour ces quatre prochains mois.

 

MARS

8-bovaune
Crédits photos : Théâtre de la Bastille
  • Claude de et par Gauthier Ployette (Théâtre À la croisée des chemins) : Premier spectacle du mois, premier saut dans l’inconnu… (tous les mercredis et jeudis, du 7 mars au 5 avril 18)
  • Bovary (Théâtre de la Bastille) : Tiago Rodrigues est de retour avec la reprise de Bovary (mais sans le grand Jacques Bonnaffé) avant un feu d’artifice en 18/19 ? (Sa façon de mourir avec le tg STAN + Sopro ?) (du 1e au 28 mars 18)
  • NTM (Accorhôtels Bercy) : Ce soir, on vous met… Ce soir on vous met la fièvre… pendant des heures… (du 8 au 10 mars 2018)
  • Hunter – Le chant nocturne des chiens (Théâtre de Chaillot) : Marc Lainé n’est jamais aussi bon que quand il écrit lui-même ses spectacles. (du 7 au 16 mars 18)
  • Cubix par Mathieu Enderlin (Le Mouffetard) : Découverte d’un spectacle jeune public. (du 14 au 25 mars 18)
  • Ithaque (Ateliers Berthier) : Christiane Jatahy est de retour avec les comédiennes de sa version des Trois Soeurs et rien que ça… (du 16 mars au 21 avril 18)
  • The Prisoner (Bouffes du Nord) : Peter Brook est de retour… Un beau moment de simplicité et de poésie en perspective. (du 6 au 24 mars 18)
  • The Great Tamer (Grande Halle de la Villette) : Après sa présentation au dernier Festival d’Avignon, je me suis laissé convaincre par la vidéo de Ronan sur ses attentes pour 2018. (du 20 au 23 mars 18)
  • 21 Pornographies par Mette Ingvartsen (Centre Pompidou) : Non non… rien… (du 22 au 24 mars 18)
  • M comme Méliès (Théâtre de Chaillot) : Di Fonzo Bo / Vigier dans un spectacle alliant théâtre, cinéma et magie. On fait confiance. (du 22 au 29 mars 18)
  • Notre innocence (anciennement Victoires) (La Colline) : Curieux de voir cette nouvelle création de Wajdi Mouawad, quelques mois seulement après le très beau « Tous des oiseaux ». (du 14 mars au 11 avril 18)
  • Les Émigrants – The Ghostchasers (en 2 parties) (Théâtre de la Bastille) : Je ne sais pas quoi dire. (du 20 au 31 mars 18)
  • By Heart (Les Tanneurs, Bruxelles) : Troisième fois que je verrai ce moment mené par Tiago Rodrigues. Oserai-je apprendre avec neuf autres personnes le fameux sonnet de Shakespeare ? (du 28 au 30 mars 18)

AVRIL

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Crédits photos : Robbie Jack
  • For Claude Shannon (du 3 au 6 avril 18) + This Duet that we’ve already done (so many times) (du 4 au 8 avril 18) + Radical Light (du 9 au 15 avril 18) + A Kind of Fierce (du 12 au 15 avril 18) (Théâtre de la Bastille) : Découvertes également de toutes ces pièces de danse avec tout de même l’envie de revoir Frédérick Gravel.
  • The Encounter (Odéon Théâtre de l’Europe) : Spectacle immersif par Simon McBurney (du 29 mars au 8 avril 18)
  • La Mécanique du Coeur d’après le roman de Mathias Malzieu (À la Folie Théâtre) : Pour être honnête, je fus un grand fan de Dionysos mais beaucoup moins des romans de Mathias Malzieu. Curieux de voir ce qui en a été fait pour le théâtre, même sans la musique du groupe. (les jeudis, samedis et dimanches, du 12 avril au 25 juin 18)
  • Les 7 jours de Simon Labrosse (Théâtre de Ménilmontant) : Je ne ferai aucun commentaire car cette pièce reste pour moi… Non, je ne dirai rien. (tous les mardis jusqu’au 29 mai 18)

MAI

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Olafur Arnalds
  • Au bois (Colline) : Revoir enfin Emilie Incerti Formentini sur scène après Rendez-vous Gare de l’Est de Guillaume Vincent (du 3 au 19 mai 18)
  • Mona (CentQuatre) : Ceci n’est pas un concert ni une pièce, mais Emily Loizeau. (les 2 et 3 mai 18) -> J’avais noté Mona, mais d’après le site internet du 104, ça serait un concert hommage à Lou Reed, à suivre…
  • Olafur Arnalds (Trianon) : Quelque chose de l’Islande dans ma tête, sûrement. (le 15 mai 18)
  • Gaz Coombes (Maroquinerie) : La satisfaction du concert hommage des Beatles l’autombe dernier, que je vois enfin tout seul, à défaut de l’avoir vu avec Supergrass. (le 29 mai 18)
  • Quelque chose se prépare au Théâtre de la Bastille auquel je participerai… les 25 et 26 mai 18… dans la salle du haut… Les Infiltré.e.s
  • Et toujours au théâtre de la Bastille, le collectif L’Avantage du doute prend la suite de Tiago Rodrigues pour occuper Bastille et ça sera forcément différent : Occupation Bastille 2 (du 23 mai au 16 juin 18)
  • Voilà ce que jamais je ne te dirai + Je suis un pays (La Colline) : C’est Macaigne et j’ai un peu peur de ce qu’il va nous demander de faire, surtout pour le 1e spectacle. (du 31 mai au 14 juin 18)

 

JUIN/JUILLET

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Crédits photo : Tanztheater Wuppertal
  • Tragédies romaines (Théâtre de Chaillot) : IVO VAN HOVE… voilà, c’est tout. (du 29 juin au 5 juillet 18)
  • Nefes (Théâtre des Champs Elysées) : PINA BAUSCH… voilà c’est tout. (du 2 au 12 juillet 18)

Encore une fois, il s’agit ici d’une liste qui risque de s’allonger ou de se modifier dans les prochaines semaines, au gré des invitations, conseils et autres rencontres.

 

J’AI DÉJÀ VU, C’EST BIEN MAIS JE N’Y RETOURNE PAS PARCE QUE JE N’AI PLUS DE SOUS ET QUE J’ESSAIE D’AVOIR UNE VIE SOCIALE…

  • Nicolas Bouchaud au Théâtre du Rond Point avec La loi du marcheur (du 7 au 18 mars 18), Un métier idéal (du 20 au 31 mars 18) et Le méridien (du 4 au 14 avril 18), avec une préférence pour le premier et les mots de Serge Daney.
  • La reprise, toujours au Rond Point des Bijoux de Pacotille par Céline Milliat Baumgartner et Pauline Bureau (du 6 au 31 mars 18)
  • La reprise encore au Rond Point du spectacle de Mathieu Madenian (du 24 au 26 mai 18)
  • La reprise de la Conférence de Choses par François Grémaud et Pierre Mifsud au Nouveau Théâtre de Montreuil (du 20 au 24 juin 18)
  • Jusque dans vos bras des Chiens de Navarre à la MC 93 Bobigny (du 24 au 29 avril 18)
  • La nuit je suis Robert de Niro de Guillaume Barbot, mise en scène par Elsa Granat (dont on devrait entendre parler la saison prochaine…) à la Loge (du 12 au 15 juin 18)
  • F(l)ammes à la Commune (du 9 au 11 avril 18)
  • Une Chambre en Inde au Théâtre du Soleil (même si je n’avais pas été complètement convaincu). (du 24 février au 29 avril 18)

(court) BILAN HIVER 2018

42 spectacles vus du 1e décembre 2017 au 19 février 2018, 35 chroniques écrites (une seule chronique pour les deux volets d’Adieu Ferdinand de Philippe Caubère et pour le diptyque Iliade Odyssée, aucune chronique pour des spectacles déjà vus et chroniqués : le concert des No Man’s Louise au Nez Rouge et au Jam à Marseille, Bacchantes de Marlene Monteiro Freitas, Gala de Jérôme Bel, pas de chronique non plus concernant une Pastorale dans le village familial pour des raisons de proximité, mais deux articles « hors série » avec mon bilan 2017 et la soirée Gladparty). Je n’ai raté aucun spectacle de mon programme, mis à part celui de Phia Menard, mais c’était pour la bonne cause et surtout pour Londres.

Dans les coups de coeur, je mentionnerai la confirmation Marlene Monteiro Freitas et son Jaguar à Bastille, la claque Lia Rodrigues et son Pindorama à Chaillot et la découverte des Petites Reines de Justine Heynemann (que des femmes, dites donc et encore je n’ai pas cité Emma Dante !)

Les chroniques les plus lues : Mélancolies, Saïgon et Adieu Ferdinand ! (sans compter celle de la Gladparty)

 

A bientôt en mai pour un billet spécial sur les nouvelles saisons 18/19 présentées dans les différents théâtres, ainsi que sur la programmation du prochain Festival d’Avignon !

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

La vie en vrac (Cisaruk / Venitucci / Yanowski / Le Connetable)

(quand on ne lit pas la bible)

La vie en vrac ? Ma vie ? (Je pense que pour la définir, je pourrais utiliser ce titre.)

 

(de quoi ça parle en vrai)

Quand on connaît le tempérament d’Annick Cisaruk, la liberté de David Venitucci et l’incroyable Yanowski (Cirque des mirages), on est prêt à tout. Et voilà en une femme toutes les autres présentes, femme aux tonalités slaves de l’accordéon de David Venitucci, celle à la voix gouailleuse de ses accords teintés de jazz, celle au timbre profond qui égrènent les ballades sentimentales du compositeur. Un kaléidoscope géant, des fragments du discours amoureux s’assemblent pour dire que si la vie est un songe, seul le rêve peut nous rendre vivants. (http://www.billetreduc.com/204847/evt.htm)

 

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Photo de couverture : Frantz Vaillant/TV5Monde – Visuel : Sébastien Merlet

 

(ceci n’est pas une micro-critique, mais…)

Devant l’enthousiasme d’une petite cousine comédienne, je me rends donc au Connetable, sans trop savoir ce qui m’attend. Et c’est dans la cave exigüe et bondée (claustrophobes s’abstenir) de ce lieu parisien que je m’apprête à entendre les mots ciselés sur mesure par Yanowski pour la voix et la personnalité de Annick Cisaruk accompagnée par l’accordéoniste mais pas musette David Venitucci qui a également signé la musique et les arrangements.

Ces deux-là nous emmènent avec force et conviction dans leur univers (phrase cliché au possible, je sais). J’aime quand l’instrument joue autre chose que ce qu’il est censé jouer. Il est percussions, il devient mer. Annick Cisaruk quant à elle, est dans son personnage du début jusquà la fin, nous raconte la vie de cette petite provinciale qui monte à la capitale, comme on dit et grandit au gré des rencontres et des péripéties. Je suis plutôt impressionné par sa facilité qu’elle a de disposer de sa voix. Elle ne force jamais (ok, c’est un peu la moindre des choses une chanteuse, mais quand même).

Un joli spectacle musical pour qui aime la (bonne) chanson française à texte.

 

vu le lundi 19 février 2018 au cabaret Connetable (Paris)

prix de la place : Chapeau

 

LA VIE EN VRAC

Auteur : Yanowski

Interprété et mis en scène par Annick Cisaruk (voix) et David Venitucci (accordéon, musique et arrangements)

au Cabaret le Connetable (Paris) tous les lundis à 20h30 jusqu’au 30 avril 2018. (sur réservation au 06 08 50 26 41 ou par courriel : myriam.lothammer@wanadoo.fr)

 

(une autre histoire)

« C’est quoi mon excuse, là ? Ma besace me pèse : MacBook et les Microfictions 2018 de Régis Jauffret, il pleut… Certes j’ai fait un arrêt au MK2 Quai de Seine. Monsieur.Madame Mk2, dites-moi, pourquoi donc éteindre la lumière avant le film si ce n’est que pour diffuser la bande annonce de Taxi 5. Marseille est toujours dans mon coeur, là n’est pas le problème, je sais très bien que Europa Corp a dû payer très cher cet espace publicitaire en or, mais franchement, vous pensez que quelqu’un qui va voir un film de Paul Thomas Anderson va voir cette production Besson ? Un film Marvel, je ne dis pas. Mais Taxi ? Pis, on ne peut même pas lire ou regarder sa douce (que je n’ai pas). Le son et l’image. Double peine. Heureusement P.T.A. et Daniel Day Lewis ont mis toute leur délicatesse pour effacer ce souvenir. Pas assez puisque j’en reparle. Il n’empêche… Pourquoi donc ai-je cru bon d’utiliser mes pieds pour me rendre jusqu’à la rue des Archives alors qu’il fait froid et qu’il pleut ?

Je passe à côté d’un homme qui attend que sa compagne et son chien sortent de l’immeuble. Il fait la fête à son chien, prend une voix débile. Sa femme reste stoïque.

Devant moi, un couple qui porte la même paire de chaussures. Je ne dis pas des Docs Martens dépareillées, non. Des Stan Smith. Les mêmes.

Sur le canal St Martin, près de chez Prune, je croise la première fille que j’ai embrassée de toute ma vie. J’avais dix-sept ans. Ce n’est pas la première fois. Il y a des personnes qu’on aimerait croiser plus souvent, elle non. J’aimerais croiser comme de par hasard S. ou H. ou F. ou encore L. mais non. Pourquoi ai-je toujours envie de les recontacter ? Je me pose la question : Pourquoi ne m’ont-elles jamais recontacté ? J’ai l’impression que ça vient toujours de moi. Qu’est-ce qui fait que je leur ai donné un aussi mauvais souvenir pour qu’elles ne se disent pas : « J’ai fait une erreur, je n’aurais jamais dû rompre avec lui. »

Ce n’est quand même pas parce que j’ai pris son coeur et que je ne suis pas revenu ? Là je parle de E., celle que je viens de recroiser. J’aime garder des souvenirs, c’est pas ma faute, c’est pas méchant ! Un livre de H., une mèche de cheveux de S., le petit doigt de L. … »

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Eve Risser (Piano Solo / FGO Barbara)

(de quoi ça parle en vrai)

« Dans ce nouveau répertoire au piano et en solo je joue des pièces fraîches dans le temps. Je joue du piano, aussi sans préparations. J’appuie souvent sur les touches blanches et noires. J’organise mes doigts selon une logique presque pianistique ! Une main pour le coeur, l’autre pour l’âme….un pied pour la fête? Je joue des morceaux qui me chantent. Il y en a plusieurs. Je m’arrête entre chaque. J’en fais chanter certains. J’en tape d’autres. J’aime emprunter des lignes verticales et horizontales à des grands artistes que j’écoute depuis ma tendre vingtaine : Monk, Bley, Haden. Sinon ce sont plutôt des compositions. Je joue ces trucs là car ils sont là en ce moment. Avant, après, pas pareil mais différent. » Eve Risser (https://www.everisser.com)

 

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Photo de couverture : Sylvain Gripoix – Photo ci-dessus : Moi

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

L’amie qui m’accompagnait ce soir-là me demandait, à juste titre, si j’allais chroniquer ce concert. Deux raisons pour lesquelles je pourrais ne pas le chroniquer : 1/ J’ai déjà vu Eve Risser en concert dans une forme courte l’automne dernier. 2/ Je ne m’y connais absolument pas en jazz expérimental, contemporain… Et pourtant je vais tout de même chroniquer son concert.

Parce que comme de nombreux musiciens, la pianiste Eve Risser porte plusieurs projets dans ses bras et celui présenté au FGO Barbara n’a rien à voir avec celui présenté à Pantin. Ici elle est toute seule avec un piano droit ouvert devant elle, dont elle va triturer les cordes de la main gauche tout en appuyant sur les touches blanches et noires avec sa main gauche. Tout parait improvisé, mais cela ne l’est sûrement pas. On ne sait pas où Eve Risser nous emmène, mais elle, elle le sait… enfin je crois.

Et la force de sa musique, c’est qu’elle nous emmène loin. Eve Risser évoque entre deux longs morceaux sa résidence en Suisse, les stries d’un volcan noir… Sa musique devient bande originale de nos pensées qui vagabondent. Et même quand elle est rejointe par quatre autres musiciens (du groupe qui partageait l’affiche ce soir-là), la magie opère tout autant.

Je ne pourrai pas dire grand chose d’autre, si ce n’est qu’elle est également très drôle, plus ou moins volontairement, dans sa prise de parole entre les morceaux et qu’il ne faut pas la rater quand elle repassera par Paris ou ailleurs, sûrement avec un autre projet que celui-ci.

PS : Lors de cette soirée au FGO Barbara, il y avait également après le set de Eve Risser, le groupe Journal Intime qui présentait son projet « Lips on fire II », qui reprend Jimi Hendrix ou les Beatles. J’ai dû partir avant la fin pour des raisons physiques (je suis quelque peu éreinté par mon rythme, à dire vrai et je suis bien heureux de prendre très bientôt une pause « spectacles/blog » qui me sera salutaire) mais je dirai seulement qu’il est dommage qu’il n’y ait pas plus de compositions personnelles, car celle que j’ai entendue était vraiment bien (je crois que je viens d’atteindre le sommet de l’art critique après cette dernière phrase).

 

vu le vendredi 16 février 2018 au FGO Barbara (Paris)

prix de la place : Invitation Télérama

 

EVE RISSER + JOURNAL INTIME

au FGO Barbara (Paris) Lien -> ici

Autres dates de Eve Risser : 14 mars 18 au CRR Montreuil Festival (Duo Risser-Rühl), 22 mars 18 au Festival Banlieues Bleues à l’Atelier du Plateau (Paris) (Solo) et les 1e et 2 juin 18 à l’Atelier du Plateau (New Ensemble World Premiere – Fin de résidence)

 

(une autre histoire)

J’écoute la musique et…

Je suis dans un avion, on frôle les montagnes, les skieurs, les tire-fesses. Je me demande comment cet avion va passer entre les pylônes, mais il y arrive. Comme ces avions qui font le tour d’une ville pour vous la montrer sous toutes ses coutures, histoire de nous faire patienter parce que la piste d’atterrissage n’est pas encore prête. Ça tombe bien, de la montagne on voit Lisbonne, on voit le Tage. Ses collines sont enneigées. Au loin on voit le pont du 25 avril. Lisbonne me manque. L’an passé, je m’apprêtais à te rejoindre pour un long mois d’écriture. Je n’ai écrit que dix jours, mais c’était pas bien grave. Je n’ai jamais écrit un premier jet aussi rapidement, Lisbonne. Même si j’ai mis ce premier jet dans mon dossier « pour plus tard », il s’est passé quelque chose chez toi. Depuis toi, je n’écris plus pareil, ou plutôt devrais-je dire je ne me suis plus arrêté d’écrire.

L’avion ne s’arrête pas non plus. Où me mènera-t-il ?

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Khatia Buniatishvili à la Philharmonie de Paris

(de quoi ça parle en vrai)

C’est Khatia Buniatishvili (j’ai mis un certain temps à savoir comment orthographier son nom) qui fait du piano toute seule et elle joue : Johannes Brahms (Sonate n° 3), Piotr Ilitch Tchaïkovski / Mikhaïl Pletnev (Casse-Noisette), Franz Liszt (Mephisto-Walz n° 1 – Rhapsodie espagnole)

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Je sais que je radote, mais j’aime les premières fois et ce soir, c’était mon premier concert de piano classique (je ne sais pas si c’est comme ça qu’on doit dire). J’ai donc choisi pour me dépuceler Khatia Buniatishvili. Et je vais m’arrêter tout de suite dans les commentaires graveleux, je vous rassure.

Ma connaissance en musique classique est assez proche du néant, sorti des Variations Goldberg par Glenn Gould et Fantasia et mis à part le Casse-Noisette par Tchaikovski, je serais bien incapable de départager Liszt de Brahms. Donc c’est avec une certaine curiosité que je m’apprête à écouter et observer la pianiste Khatia Buniatishvili.

A l’arrivée de la soliste, nous n’avons d’yeux que pour elle (par nous, je veux bien évidemment dire je) et à peine a-t-elle eu le temps de nous saluer et de poser son noble séant sur le tabouret qu’elle attaque : Khatiattaque ! Elle ne nous laisse pas respirer, nous qui avions le souffle coupé à son entrée (par nous, je veux bien évidemment dire je). Sa façon de jouer n’est pas jolie, dans le sens posé ou appliqué. Elle est appliquée, mais à la façon d’une rock star. Khatia Buniatishvili est un peu à sa façon la Shannon Wright du piano : cette manière de se cacher derrière ses cheveux, de ressentir le son dans son corps. Ce qui fait la différence, c’est l’expressivité de son jeu, voilà. Je serais bien mal placé de juger de l’interprétation (pour moi, elle joue très bien et est assez impressionnante), mais je peux dire qu’elle vit sa musique, avec un magnifique jeter de tête qu’elle maîtrise de main de maître(sse ?) et qu’avec tout cela, elle donne un nouvel éclairage sur la musique classique.

 

vu le mardi 6 février 2018 à la Philharmonie de Paris 

prix de la place : 18,75€ (cat 4 – abonnement)

 

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Crédits photos : Jean-Baptiste Mondino (couverture : Gavin Evans)

 

(d’autres histoires)

  • Le bonheur de vivre à sept minutes à pied de la Philharmonie, les six étages de mon immeuble compris. Quand j’emménagerai dans un nouveau chez moi, une de mes priorités sera d’être à moins de dix minutes d’un théâtre ou d’une salle de concert que j’affectionne.
  • Aucune navette à la fin du concert : c’est l’annonce faite à la Philharmonie en raison des intempéries. Il est vrai que nous nous trouvons au fin fond du département, pardon, au fin fond du 19e arrondissement et qu’il n’y aucun moyen de transport digne de ce nom. Pardon, il y a la ligne 5.
  • Fut un temps, on s’habillait pour aller au spectacle. En face de moi, je vois un homme en survêtement. En survêtement.

 

MOI (à ma voisine) : Pardon, on est bien dans la rangée A ?

MA VOISINE : Oui oui.

MOI : Je ne pensais pas être aussi près.

MA VOISINE : Heureusement que la Khatia joue fort.

MOI : Ah bon ? Mais je n’ai pensé pas à prendre mes boules quiès.

Nous sommes en arrière-scène. Les places les plus chères ne sont pas forcément les plus proches du piano, mais là où on entend le mieux. Le piano à queue est ouvert vers l’orchestre, pas vers nous.

MA VOISINE : Vous avez reçu le mail de la Philharmonie ? Ils ont changé la programmation, on a du Brahms à la place de Bach. Aimez-vous Brahms ? (elle rit) Non, parce que Brahms… ça endort…

Après Brahms, ma voisine n’applaudit pas.

MA VOISINE : C’était tout sauf du Brahms, ça. C’est célèbre et ça se permet tout. Ré-interprétation, ré-interprétation…Y a des limites.

 

  • Mon esprit carbure et ça faisait longtemps qu’il n’avait pas carburé comme cela. Dommage que je n’aie rien pour noter ce qui me passe par la tête. Et comme mes rêves, mes idées, mes pensées s’évanouiront dans un endroit bien trop reculé de mon cerveau.
  • Ma voisine applaudit à tout rompre à la fin du concert. Elle est en feu. Elle embrasse et fait coucou à Khatia.
  • Khatia me lance un baiser, je le rattrape. Elle me fait un clin d’oeil. Je rougis. Toute la rangée rougit. Ma voisine aussi.
  • Lors d’un rappel, on offre un bouquet à la pianiste. Je ne comprends pas, je n’ai pas reçu l’enveloppe, on ne m’avait pas prévenu qu’on se cotisait tous pour lui  offrir un bouquet. J’aurais donné deux euros, sans hésiter. Je suis grand prince.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Vertigo (Hitchcock/Herrmann/Britten Sinfonia/Philharmonie de Paris)

(de quoi ça parle en vrai)

Euh… C’est donc le vrai film Sueurs Froides, mais avec un orchestre en vrai qui joue la musique de Bernard Herrmann en direct.

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Il est évident que je ne critiquerai pas ici le film de Alfred Hitchcock. Je veux dire, je ne pondrai ni une critique ni une non-critique. Même si on pourrait encore une fois saluer le talent de Hitchcock pour instaurer cette atmosphère qui lui est si propre, l’utilisation des couleurs, les fausses pistes sur lesquelles il nous envoie pendant plus de la moitié du film (un peu comme dans Psychose d’ailleurs), le non-manicchéisme des personnages, tels que celui interprété par le grand Jimmy Stewart, cette fin non heureuse (oups), le choix des pulls moulants (empruntés à Ed Wood ?) pour Kim Novak et Barbara Bel Geddes…

En revanche, je peux revenir sur cette première expérience qu’est le ciné-concert pour moi. Le Britten Sinfonia a donc interprété la majeure partie de la bande musicale de Bernard Herrmann. La grande salle de la Philharmonie n’est définitivement pas faite pour la musique sonorisée. Comme lors du concert hommage à Sgt Pepper, tout ce qui vient des hauts-parleurs résonne. En revanche, le son de l’orchestre était impeccable, comme sur un disque, comme si on était à l’intérieur du film. Avoir conscience d’assister à un tel concert permet d’apprécier encore plus l’importance de la musique de Bernard Herrmann dans les films de Alfred Hitchcock (certaines scènes sans paroles sont étonnamment longues par exemple).

 

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Affiche de Saul Bass (photo du haut par moi)

 

Dans les points négatifs, hormis les quelques erreurs syntaxiques dans les sous-titres (au moins huit, ce que je trouve inacceptable pour le vice-champion d’orthographe des Bouches du Rhône en 1991 que je fus), les scènes dans lesquelles la musique joue un rôle primordial ont été rééenregistrées. Pas les voix des acteurs, je vous rassure, mais tous les bruitages et autres bruits d’ambiance. Cela donne pour ces scènes un résultat factice, mal mixé, comme si les bruitages étaient également faits en direct.

Ceci étant dit, (re)voir Sueurs froides sur un très grand écran avec de la musique en vrai reste une expérience plaisante où il faut encore une fois féliciter la maîtrise du Britten Sinfonia qui est basée au Barbican de Londres (où j’ai vu la semaine dernière le Moeder du Peeping Tom, dont vous lirez peut-être un jour la chronique. Si Camellia Burows lit ces quelques lignes…).

 

vu le dimanche 4 février 2018 à la Philharmonie de Paris

prix de la place : 22,50€ (cat 3 – abonnement)

 

SUEURS FROIDES (Vertigo)

un film d’Alfred Hitchcock

avec James Stewart, Kim Novak, Barbara Bel Geddes (qui jouait dans Dallas)

Musique de Bernard Herrmann

par le Britten Sinfonia – Direction Ernst Van Tiel

 

(une autre histoire)

Sean Connery et Gene Hackman ont pris leur retraite. Ils ne sont pas morts. Je répète, ils ne sont pas morts. Ils ont pris leur retraite. Mel Brooks est seulement vieux, Olivia de Havilland très vieille et Kirk Douglas très très vieux, mais pas morts. Kim Novak, Tippi Hedren, Shirley MacLaine, Doris Day sont toujours vivantes. A croire que jouer dans les films de Alfred Hitchcock conserve. Ou bien est-ce l’instinct de survie, parce que tourner avec Tonton Alfred était loin d’être une sinécure, parait-il.

Une fois, j’ai rêvé que j’étais dans le film « Les Oiseaux » mais je ne pouvais point retourner dans la vraie vie, comme dans Last Action Hero de John McTiernan ou La Rose pourpre du Caire de Woody Allen. Je me faisais bouffer par une sterne arctique, c’était le soir où je fus poursuivi (et baptisé) dans la vraie vie par une sterne arctique à Seydisfjordur, Islande. D’ailleurs en parlant de Woody Allen, je n’ai toujours pas vu son dernier film, ni son avant-dernier, donc rien à voir avec la polémique du moment. Peut-être un jour ira-t-il dans la même cellule que celle de John McTiernan (emprisonné il y a quelques années pour des affaires d’écoutes illégales) ?

En parlant de rêve, la nuit dernière, j’ai rêvé que je jouais à la Philharmonie dans le nouveau spectacle des Chiens de Navarre. ils avaient sorti de leurs cages des dragons de Komodo peu commodes et si voraces que j’avais dû me réfugier dans des toilettes publiques. John Travolta, période Pulp Fiction, frappait à la porte pour fuir Harvey Weinstein, mais ce dernier le mangea. Heureusement Uma Thurman arriva et lui introduisit une batte de criquet dans le scrotum. J’ouvris la porte et l’étreignis fort fort fort, parce que j’avais eu peur peur peur. Elle me porta dans ses bras jusqu’à l’horizon, avec le soleil couchant au loin, parce que dans mes rêves, il fait toujours beau à Paris.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Deux mille dix-sept

SPECTACLE VIVANT

Parce que j’aime faire des bilans, même si l’année théâtrale est plus scolaire que civile. L’occasion également d’inclure des spectacles vus l’été dernier durant le Festival d’Avignon (in & off).

Une année record, aussi parce que je n’ai pas travaillé entre février et août (vive le temps partiel annualisé qui me manque tant), pourtant c’est entre septembre et décembre que j’ai vu le plus de spectacles… Et je sais déjà que j’en ferai beaucoup moins en 2018, hors Festival d’Avignon bien entendu, j’ai vu mes limites, tant physiques qu’inspirationnelles, si je puis dire.

101 spectacles (71 l’an passé) à Paris, Avignon, Marseille, Saint Martin de Brômes, Montreuil, Nanterre, Toulouse, Les Lilas, Porto, Lisbonne, Bruxelles, Bobigny, dans 50 lieux avec des artistes français, portugais, suisses, québécois, italiens, grecs, belges, allemands, israëliens, brésiliens, parfois (souvent) dans le texte. Du théâtre, de la danse, du seul en scène, du one wo.man show, des lectures, des sorties d’ateliers, d’écoles de théâtre, du cirque, des lectures, des performances, du jeune public, des professionnels, des « amateurs » et même des pièces dans le privé, mais pas trop quand même… Trois spectacles vus deux fois (Gala, Bacchantes, Grande)…

À part ça de grands souvenirs avec (dans le désordre et les liens vers mes non-critiques qui vont avec) :

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(Sopro)
  • Bacantes / Bacchantes (Marlene Monteiro Freitas – TNDM II, Lisboa & Centre Pompidou, Paris)
  • Gala (Jérôme Bel – Rond Point, Paris & Kaaitheater, Bruxelles)
  • Sopro (Tiago Rodrigues – Cloître des Carmes, Avignon)
  • Grande (Tsirihaka Harivel & Vimala Pons – CentQuatre, Paris)
  • Tous des oiseaux (Wajdi Mouawad – Colline, Paris)
  • Les barbelés (Annick Lefèvbre/Alexia Bürger – Colline, Paris)
  • Néant (Dave St Pierre – Oulle, Avignon)
  • La face cachée de la lune (Robert Lepage – Grande Halle de la Villette, Paris)
  • F(l)ammes (Ahmed Madani – Les Halles, Avignon)
  • Maîtres anciens (Nicolas Bouchaud – Bastille, Paris)
  • Interview (Nicolas Truong / Nicolas Bouchaud / Judith Henry – Monfort, Paris)
  • We love Arabs (Hilel Korgan – Rond Point, Paris)
  • Doreen (David Geselson – Bastille, Paris)
  • Pindorama (Lia Rodrigues – Chaillot, Paris)
  • Mount Olympus (Jan Fabre – Grande Halle de la Villette, Paris)

 

CONCERTS

30 soirées concerts mais 46 artistes entre Paris, Bruxelles, Reykjavik, le fin fond des Alpes de Haute Provence, Pantin, Torshavn avec dans les coups de coeur (et dans le désordre, avec les liens vers mes non-critiques qui vont avec) :

Klo Pelgag – Le sexe des étoiles (Live) from DTO FILMS on Vimeo.

 

  • Klô Pelgag (Brussels Summer Festival)
  • La soirée hommage à Lhasa (Philharmonie de Paris avec le festival Aurores Montréal)
  • Girls in Hawaii (Trianon, Paris)
  • Shannon Wright (Café de la Danse, Paris)
  • Seu Jorge (Théâtre Silvain, Marseille)
  • et le spécial copinage mais elles le valent bien : No Man’s Louise (Vieille Grille, Paris & le Jam, Marseille) (tous les dimanches du mois de janvier à 17h sur la péniche Le Nez Rouge)

 

DISQUES

J’achète toujours des CD, j’en emprunte quelques uns à la médiathèque. Comme pour les livres, je ne suis pas forcément l’actualité… (réécoute des albums de Lhasa, de Suuns, de The Divine Comedy) mais à part ça…

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  • Girls in Hawaii « Nocturne »
  • Klô Pelgag « L’alchimie des monstres » (son premier album)
  • Lcd Soundsystem « American Dream »
  • Pierre Lapointe « La Science du Coeur »
  • Courtney Barnett & Kurt Vile « Lotta Sea Lice »
  • Lhasa « Live in Reykjavik »

 

 

CINÉMA

Beaucoup de films (70 au 27 décembre 2017), vus dans 31 cinémas différents et pourtant pas de grands coups de coeur et je serais bien incapable de faire un top 15. Et quand je liste les films que j’ai ratés, je ne peux que m’en tenir pour responsable. Donc on se limite à dix films avec, dans le désordre :

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  • La Villa (Robert Guédiguian)
  • L’autre côté de l’espoir (Aki Kaurismaki)
  • Le sens de la fête (Nakache / Toledano)
  • Diane a les épaules (Fabien Gorgeart)
  • Baby Driver (Edgar Wright)
  • Les Filles d’Avril (Michel Franco)
  • L’Amant d’un jour (Philippe Garrel)
  • The Square (Ruben Ostlund)
  • I am not your negro (Raoul Peck)
  • Lion (Garth Davis) , le plaisir coupable qui m’a fait pleurer comme ça faisait longtemps que je n’avais plus pleuré au cinéma…

Cependant je pourrais ajouter des films (re)vus enfin sur grand écran et qui m’ont procuré énormément de plaisir comme La Ronde (Max Ophüls), La règle du jeu (Jean Renoir), The Kid (Charles Chaplin), La Maman et la Putain (Jean Eustache)

 

RATTRAPAGE TV

  • Hungry Hearts de Saverio Costanzo avec Alba Rohwacher et Adam Driver
  • Jim & Andy, documentaire de Chris Smith avec Jim Carrey sur le tournage de « Man on the moon » de Milos Forman

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  • It follows de David Robert Mitchell
  • Frank de Lenny Abrahamson avec Michael Fassbender, Domnhall Gleeson, Maggie Gyllenhall
  • 99 Homes de Ramin Bahrani avec Michael Shannon, Andrew Garfield

 

SÉRIES

Je n’ai toujours pas vu The Crown, The Leftovers, The Handmaid’s Tale, la dernière saison de Twin Peaks, aucune saison du Bureau des Légendes, Stranger Things.

En revanche, j’ai apprécié :

  • la saison 2 de « Master of None »

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  • la saison 1 de « The Good Place »
  • la saison 1 de « The Good Fight »
  • la saison 1 de « This is us »
  • les trois saisons de « Broadchurch »

Et j’ajouterai également la saison 2 de la série québécoise humoristique « Like moi » qui va bientôt connaître une adaptation française, j’ai peur.

 

LIVRES

  • Dans les essais : « Modern Romance » d’Aziz Ansari (Hauteville) et « Aller au cinéma ou faire l’amour » de Christine Delmas (Textuel).
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illustrations de Yann Legendre
  • Dans les romans : « Marx et la poupée » de Maryam Madjidi (Le Nouvel Attila).
  • Dans les romans/documentaires : « Les gens dans l’enveloppe » de Isabelle Monnin (avec une musique de Alex Beaupain) (Livre de Poche)
  • Dans les bandes dessinées : toute l’oeuvre de Guy Delisle (Delcourt) et les « Faits divers » de Anouk Ricard (Cornélius).
  • Dans les correspondances : « Lettres à la fiancée » de Fernando Pessoa (Rivages)

 

Sur le plan personnel… Non, je n’en parlerai pas. Seulement que j’espère bien que ce blog vivra une année 2018 exceptionnelle, entre Paris, Avignon, Marseille, Bruxelles, Londres et ailleurs… Infiltré, bientôt de nouveau occupé (je vous laisse l’avantage du doute… comprend qui pourra)… En route vers de nouvelles aventures avec mon amie la sterne arctique croisée lors d’une balade en vélo à Seydisfjordur (Islande) et qui ne me quitte plus depuis. A bientôt ici ou ailleurs.

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La route chante : Hommage à Lhasa (Aurores Montréal / Philharmonie de Paris)

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Vingt ans déjà que le premier album de Lhasa « La Llorona » est sorti, près de huit années que Lhasa est partie.

Je suis toujours un peu perplexe face à ce genre de soirée, même si je fus un des premiers à prendre ma place en mars dernier à l’annonce de la nouvelle saison de la Philharmonie ; à l’aveugle, sans même connaître les artistes qui allaient y participer. J’ai lu Lhasa et Aurores Montréal (festival de qualité promouvant la musique québécoise), je n’ai pas hésité et j’ai bien fait puisque nombre d’artistes que j’affectionne étaient présents, dont certains avaient collaboré avec Lhasa.

C’est donc assis au milieu du deuxième rang que je m’apprête à écouter « La Llorona » dans son intégrité, comme l’indique Yves Desrosiers, un des premiers à avoir cru en Lhasa, puis un florilège de ses autres chansons. Quand je disais être perplexe, c’est que la voix, le timbre et l’intensité de l’interprétation de Lhasa sont tellement imprimés dans notre mémoire qu’il est difficile de passer après elle. Je mentirais si je disais que tous les interprètes qui se sont prêtés au jeu m’ont ému (dommage que certains n’aient pas appris par coeur les paroles des chansons : nous mettrons cela sur le compte de l’émotion), mais je dois dire que j’ai été particulièrement cueilli par les prestations du bouleversant Patrick Watson (un de ceux qui ne me déçoit jamais), de l’inimitable Arthur H (tous deux avaient travaillé avec Lhasa) (Watson et H ont d’ailleurs collaboré l’un avec l’autre, ceci ne peut être une coïncidence), de l’hypnotisante Sophie Hunger (les poils se hérissent à la seule pensée de son regard) et de la passionnante Safia Nolin (que j’ai enfin découvert après tout le bien que j’ai entendu d’elle), avec en point d’orgue ce moment magique et émouvant durant lequel la voix de Lhasa s’est superposée au son du oud de Anouar Brahem.

La soirée se clôture avec émotion avec la mère de Lhasa lisant des extraits d’un livre écrit par Lhasa « La route chante ». Le public se lèvera et saluera encore une fois la poésie et l’humanité de Lhasa.

le dimanche 3 décembre 2017 à la Philharmonie de Paris (salle des musiques)

prix de la place : 28,50€ (abonnement cat 1)

 

LA ROUTE CHANTE : hommage à Lhasa

avec Yves Desrosiers (direction musicale), Didier Dumontier (accordéon), Joe Grass (pedal steel), François Lalonde (batterie), Christelle Lassort (violon), Mario Légaré (contrebasse, basse), Barbara Leliepvre (violoncelle), Alexandra Karam (voix), Amparo Sanchez (chant), Anouar Brahem (oud), Arthur H (chant), Dom La Nena (voix, violoncelle), Emilie & Ogden (chant),  Freddy Koella (guitare), Luz Casal (chant), Patrick Watson (chant), Plants and Animals, Safia Nolin (chant), Sophie Hunger (chant), Souad Massi (chant), Jeanne Added, Camelia Jordana, L-Raphaele Lannadere, Sandra Nkaké (quatuor vocal, chant)

En partenariat avec le festival Aurores Montréal

 

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(une autre histoire)

Une semaine plus tard, je tiens entre mes mains l’album live de Lhasa à Reykjavik, son dernier concert. J’aurais tellement voulu l’avoir dans mes oreilles cette nuit du 21 juin où je me tenais sur mes deux pieds, tentant de maintenir mon équilibre sur le pont du bateau qui m’emmenait vers l’est de l’Islande pour fêter le solstice d’été. Sigur Ros a bien fait l’affaire, mais il n’empêche.

En retard sur tout. J’ai réellement commencé à écouter Lhasa après sa mort. J’avais récupéré tous les disques de ma soeur, mais ne m’étais pas encore attardé sur ceux de Lhasa. Comment aurais-je perçu sa musique de son vivant ? Et dire qu’elle a vécu deux ans et demi à Marseille… (je viens de là, de la planète Mars…)

(En retard sur tout : pour découvrir le travail de certains metteurs en scène, pour fumer des cigarettes qui font rire, des cigarettes tout court, pour embrasser, pour faire l’amour, pour arriver à mes rendez-vous, aux déjeuners dominicaux, pour rendre mes travaux, mes écrits, répondre à mes courriels… Thomas Bernhard disait quelque chose à propos du retard dans « Maîtres anciens », mais je ne m’en souviens plus. C’est pas bien grave.)

La première fois que j’ai entendu les chansons de Lhasa, les dernières qu’elle a chantées, il faisait froid, ma casquette ne suffisait pas à couvrir ma tête et me protéger du vent glacial de décembre, les cygnes faisaient la course sur le canal de l’Ourcq, j’avais dans ma besace deux pièces québécoises (d’Annick Lefèvbre et de Carole Fréchette), je me dirigeais vers un des cinémas du quartier pour voir le dernier Guédiguian et me souvenir de Marseille et de sa lumière d’hiver. J’ai reçu aussi un SMS. (…)

Comme une envie de prendre le large. Retourner entre les Îles Féroé et l’Islande, pourquoi pas ? Avec la bande originale de ma vie (et un peu de Lhasa à l’intérieur) dans les oreilles.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

 

À quelle sauce ? (Hiver 17/18)

L’AUTOMNE SE TERMINE ET L’HIVER APPROCHE… APRÈS UN MOIS DE DÉCEMBRE ENCORE BIEN CHARGÉ ET LA FIN DU FESTIVAL D’AUTOMNE, L’ANNÉE 2018 SERA  D’APPARENCE PLUS CALME. SI JAMAIS LE PÈRE NOËL EST GÉNÉREUX, PEUT-ÊTRE QUE DE NOUVEAUX SPECTACLES VIENDRONT REMPLIR MES CHAUSSONS…

 

DÉCEMBRE

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Bacchantes – crédit photo : Filipe Fereira
  • Mélancolie(s) (théâtre de la bastille) – Julie Deliquet : Mes mouchoirs sont prêts ou l’occasion d’enfin découvrir le travail de Julie Deliquet, moi qui me mords les doigts de ne pas avoir pu voir Vania à la Comédie Française. (du 29 novembre au 12 janvier) ✓
  • Jusque dans nos bras (bouffes du nord) – Les Chiens de Navarre : J’assisterai à la dernière aux Bouffes du Nord de cette nouvelle création. Note pour plus tard : vérifier où je suis assis, je me méfie toujours d’eux. (jusqu’au 2 décembre) ✓
  • Adieu Ferdinand (théâtre de l’athénée) : Je ne pouvais pas rater les deux derniers (?) épisodes de sa saga. Devrais-je avouer que j’ai déjà écrit mon autre histoire… (du 2 décembre au 14 janvier) ✓
  • La route chante : Hommage à Lhasa  (philharmonie de paris) : Patrick Watson, Sophie Hunger, Plants & Animals, Emilie & Ogden et compagnie pour rendre hommage à cette artiste aujourd’hui disparue. Deuxième rang au milieu. Je suis prêt. (3 décembre) ✓
  • Maîtres Anciens (théâtre de la bastille) – Nicolas Bouchaud : Love forever. (jusqu’au 22 décembre) ✓
  • Crowd (nanterre amandiers) – Gisèle Vienne : Mais sans Jonathan Capdevielle (du 7 au 16 décembre) ✓
  • Espaece (centquatre) – Aurélien Bory : Découverte également de ce créateur. (du 7 au 13 décembre) ✓
  • Bacchantes (centre pompidou) – Marlene Monteiro Freitas : Deuxième fois que je le verrai : Vais-je autant en prendre dans la face qu’en avril dernier au théâtre Dona Maria II de Lisbonne ? (du 13 au 16 décembre) ✓
  • Gala (kaaitheater) – Jérôme Bel : L’occasion était trop belle de retourner à Bruxelles fêter mon anniversaire (le 16 décembre, soit dit en passant) et revoir ce magnifique spectacle. ✓
  • Actrice (bouffes du nord) – Pascal Rambert : C’est Marina Hands qui parle pendant une heure suivie de Audrey Bonnet qui parle pendant une heure à son tour ? (du 12 au 30 décembre) ✓
  • Pindorama (chaillot) – Lia rodrigues : Pour le coup, je ne sais absolument rien de ce spectacle, mis à part que cette chorégraphe avait fait grande impression auprès de certains de mes amis lors de sa venue l’an passé au Centquatre. (du 19 au 22 décembre) ✓
  • En manque (grande halle de la villette) – Vincent Macaigne : Être au premier rang ou ne pas être. Et je viens d’apprendre que finalement le spectacle serait en placement libre. (du 14 au 22 décembre) ✓

JANVIER

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We’re pretty fuckin’ far from okay – Lisbeth Gruwez
  • Saïgon (théâtre de l’odéon – ateliers berthier) – Caroline Guiela Nguyen : En avant-première… ✓
  • Vies de papier (le mouffetard théâtre) – Cie La Bande Passante : Quelque chose de « Des gens dans l’enveloppe » de Isabelle Monnin, première venue au Mouffetard Théâtre et aussi première invitation en tant que blogueur, jouons-la cartes sur table. ✓
  • Iliade Odyssée (théâtre de la bastille) – Pauline Bayle : L’intégrale ! Ou revoir la première partie (déjà vue à la Manufacture – Avignon Off 2016) avant d’enchainer avec la seconde partie. (du 8 janvier au 3 février) ✓
  • 1993 (théâtre de gennevilliers) – Julien Gosselin : En attendant son adaptation de Don de Lillo à Avignon cet été et à Odéon au prochain festival d’automne. ✓
  • Les Bijoux de pacotille (théâtre paris villette) – Pauline Bureau : Même si je fus déçu par « Dormir 100 ans » et moyennement convaincu par « Mon coeur », j’irai voir la nouvelle pièce de Pauline Bureau, surtout qu’elle s’est apparemment mise au service de Céline Milliat Baumgartner qui a écrit et joue la pièce. (du 16 au 20 janvier) ✓
  • We’re pretty fuckin’ far from okay (théâtre de la bastille) – Lisbeth Gruwez : Mais nous le serons assurément devant la reprise de ce spectacle de Lisbeth. Oui je suis optimiste. Grande impatience après son magnifique « Lisbeth Gruwez dances Bob Dylan ». (du 15 au 20 janvier) ✓
  • Le jeu de l’amour et du hasard (théâtre de la porte st martin) – Catherine Hiégel : Nouvelle incursion dans le privé. Mais l’association (de malfaiteurs) Laure Calamy + Nicolas Maury + Clotilde Hesme + Vincent Dedienne a fini de me convaincre de lâcher plus de 30€ pour un 2e catégorie. (à partir du 16 janvier) ✓
  • La maladie de la mort (bouffes du nord) – Katie Mitchell : Duras avec Laetitia Dosch… Pourquoi pas ? (du 16 janvier au 3 février) ✓
  • Quoi/maintenant (théâtre de la bastille) – tg STAN : Rien à ajouter. (du 23 janvier au 9 février) ✓
  • L’après-midi d’un foehn (philharmonie de paris) – Phia Menard : Découverte également de cette artiste, qui a le mérite d’avoir un spectacle court, en après-midi, à sept minutes à pied de chez moi. (27 et 28 janvier)
  • Moeder (barbican london) – peeping tom : Faire totalement confiance en le choix de Camellia Burows : https://camelliaburows.com ✓
  • Ex Anima (Zingaro) – Bartabas : ou l’inverse… C’est mon cadeau d’anniversaire !!! ✓

 

FÉVRIER

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  • France Fantôme (tgp saint denis) – Tiphaine Raffier : De très bons échos… ✓
  • Vertigo (philharmonie de paris) – Cinéconcert Alfred Hitchcock : Première fois que j’assiste à ce genre d’événement. La salle, le film, Kim Novak en grand, Jimmy Stewart, Hitch, Bernard Herrmann : ça devrait aller. (4 février) ✓
  • Khatia Buniatishvili (philharmonie de paris) : Cette pianiste me fascine, je l’avoue. (5 février) ✓
  • Bêtes de scène (rond point) – Emma Dante : Après le Mount Olympus de Jan Fabre, les danseurs tous nus me manquaient trop. (du 6 au 25 février) ✓
  • Quills (colline) – Robert Lepage : Robert en visite chez Wajdi, c’est à ne pas manquer. (du 6 au 18 février) ✓
  • Jaguar (théâtre de la bastille) – Marlene Monteiro Freitas : Curieux de découvrir un deuxième spectacle de cette chorégraphe qui m’a fait grand effet avec Bacchantes (Bacantes en portugais) (du 12 au 18 février) ✓

 

J’AI DÉJÀ VU, C’EST BIEN MAIS JE N’Y RETOURNE PAS PARCE QUE JE N’AI PLUS DE SOUS ET QUE J’ESSAIE D’AVOIR UNE VIE SOCIALE…

  • Cap au pire à l’Athénée Louis Jouvet (du 2 décembre au 14 janvier) : pas la pièce la plus évidente, je ne pourrais même pas dire que c’est bien, ça ne serait pas le terme adéquat : fascinant et énervant. Mieux vaut être reposé avant d’entendre et voir Denis Lavant dire du Samuel Beckett.
  • Adishatz/Adieu au théâtre du Rond Point (du 12 décembre au 6 janvier) : Capdevielle Capdevielle Capdevielle !

 

Encore une fois, il s’agit ici d’une liste qui risque de s’allonger ou de se modifier dans les prochaines semaines, au gré des invitations gagnées, conseils et autres rencontres.

 

(court) BILAN AUTOMNE 2017

Autant vous dire que je me suis impressionné moi-même à voir autant de spectacles, à écrire une chronique pour chacun de ces spectacles tout en ayant une activité professionnelle plutôt prenante à côté, un atelier théâtre, un film ou deux au cinéma par semaine, sans parler d’autres activités que je ne mentionnerai pas ici. J’ai clairement perçu mes limites, non pas créatives car je suis parvenu, à une ou deux exceptions près, à livrer la chronique relativement dans le délai que je m’étais imparti (je crois que je n’avais jamais autant écrit de ma vie). C’est plutôt physiquement que ce fut compliqué (genre le sommeil) et je sais que je ne reprendrai plus autant de spectacles, Festival d’Avignon excepté (mais là-bas, je suis en vacances, y a pas les transports en commun, etc.)

45 spectacles vus du 9 septembre au 29 novembre, 45 chroniques écrites (double chronique pour le hors-normes Mount Olympus et 1 seule pour Stadium vu à la Colline et au Mucem à Marseille en format lecture). Le seul spectacle que j’ai raté fut le concert de Brad Meldhau qui tombait le même soir que mon atelier théâtre. Les beaux et vrais coups de coeur sont arrivés assez tardivement : (dans le désordre) Les Barbelés d’Annick Lefèbvre, Tous des oiseaux de Wajdi Mouawad, ainsi que les reprises de La Face Cachée de la Lune de Robert Lepage, We love Arabs de Hilel Kogan et Grande de Tsirihaka Harivel et Vimala Pons.

Les trois chroniques les plus lues : Des gens dans l’enveloppe (merci à Isabelle Monnin pour le partage de l’article sur Facebook et Twitter), Gardarem (merci à la compagnie L’oeil du renard pour le partage sur Facebook) et Tous des oiseaux (merci Google ?).

Spéciale dédicace à la famille éloignée et les amis qui me poussent à être encore plus imaginatif.

Spéciale dédicace à celles et ceux qui ont googlelisé mon nom et sont tombés ici bas : Papa ? Maman ? Les gens du boulot ?

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito