Trouble (Turbulences Cie ! / Cie HVDZ / LaScierie / Avignon Off 19)

(de quoi ça parle en vrai)

« Initié dans une réflexion libre à la lecture d’écrits de Michel Foucault, le projet s’est construit à travers une coopérative de création sous la direction de Philippe Duban et Didier Cousin. « Trouble » propose une plongée historique atypique autour de l’histoire de la folie qui résonne avec notre époque actuelle. Sur scène, un orchestre d’une quinzaine de musiciens en live, des projections d’images, un trapèze et un chœur d’acteurs danseurs et chanteurs. » (source : ici)

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Crédits photos : DR

(ceci n’est pas une critique, mais…)

« Nos difficultés, grâce au théâtre, deviennent des choses positives. »

Je l’ai déjà écrit ici ou là, pendant trois ans, j’ai joué avec, notamment, des personnes atypiques qu’on appelle aussi autistes. Nous racontions des histoires sans mettre en avant la particularité des interprètes. Ici c’est tout le contraire, même si le résultat final est le même : Ils ont aussi le droit d’être là et peuvent tout à fait nous émouvoir, nous faire réfléchir…

« « Être comme nous » ou ne pas être. »

Le parti-pris est audacieux. On y parle de la position de la société face à ce qui nous parait différent. En cela, on pourrait aisément élargir le propos à ce que l’on voit en Méditerranée et ailleurs, tous les jours, dans nos journaux télévisés.

Plus important encore, il n’ y a pas de course à l’émotion. Jamais on n’est mal à l’aise, jamais nous ne sommes témoins de démonstrations voyeuristes. Tout est fait avec la plus grande sincérité et générosité possible.

De plus, il devient rare de voir autant de personnes sur scène (une petite trentaine), des chanteurs, des musiciens, des poètes, des acrobates… Il est aussi admirable de voir que les rouages de ce spectacle singulier sont parfaitement huilés, chaque chose est à sa place, chaque artiste sait ce qu’il a à faire. Des personnalités se révèlent : une chanteuse lyrique qui reprend « Joe le taxi » de Vanessa Paradis ici, un poète qui parle des interdits là, ce morceau original piano voix d’un des membres du groupe qui clame haut et fort son autonomie avec un enthousiasme communicatif.

Il est beau de voir que ce spectacle, fruit de trois ans de labeur, est porté majestueusement et de manière professionnelle par tous ses participants.

Et parce que tout se termine en musique, le public est invité à rejoindre les artistes sur scène.

Alors on danse, alors on se mélange, alors on est ensemble.

 

TROUBLE

Mise en scène  Didier Cousin

Conseiller artistique  Guy Alloucherie

Conception, mise en chantier  Philippe Duban

Comédiens, chanteurs et musiciens : Aleksandar Boskovic, Alexandre Bordes, Alexis Baert, Anaïs Landier, André Pereira Da Silva, Arnaud Ndi, Benjamin Lesieur, Brahima Niakate, Charles Pham, Charli Aveilla, Charline Abderemane, Cyrille Ndedy, David Simon, Fabienne Lavanchy, Guénolé Lebrun, Harvey Goma Kouka, Marlène Parada, Martial Nakouzebi, Matthias Bloess, Meschac Assou Sakpa, Mounir Issa, Moussa Diaby, Olivier Martin, Olivier Poindron, Otto Nyap, Philippe Duban, Thomas Carrasqueira, Thomas Dubois, Vanessa Valentin

Composition musicale  Patricio Wang – Chorégraphie  Fatiha Mellal – Trapèze  Laetitia Rancelli – Création vidéo  Bénédicte Alloing – Plasticienne  Magali Brien – Direction et interprétation musicale  Gilles Wolff – Régie lumière  Rudy Sanguino – Régie vidéo et son  Léa Schwebel – Costumes  Sarah-Jane Sheppard

du 5 au 14 juillet à 14h (sauf le 9) à LaScierie (Avignon Off)

 

Vu le jeudi 11 juillet 2019 à 14h à Lascierie, Avignon Off

Prix de ma place : invitation

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

 

(avant, pendant, après)

Une des raisons pour laquelle je me rends à ce spectacle est que j’ai côtoyé un des artistes, Arnaud, pendant trois ans avec Le Laboratoire à Théâtre. Ce gars-là est capable d’imiter n’importe qui, moi le premier. Mon intonation, mes hésitations…

Dans la fausse vie, je suis professeur des écoles. Un jour, je pris un rendez-vous avec l’inspecteur en charge des relations humaines pour discuter d’une éventuelle reconversion. Je lui fis part de mon envie de théâtre et pourquoi pas d’en faire avec des personnes à part. Il me regarda et me dit : « Vous ne préfèreriez pas en faire avec vos élèves, plutôt ? »

Après le spectacle, je félicite Arnaud. Il me reconnait immédiatement, me serre la main avec vigueur et dit : « Tu as arrêté le théâtre, tu en as fait entre 2013 et 2016, il faut changer, il faut faire autre chose ! » Je souris. Il a toujours eu une meilleure mémoire que moi.

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Marx et la Poupée (Maryam Madjidi / Raphaël France-Kullmann / Artéphile / Avignon Off 19)

(de quoi ça parle en vrai)

« Depuis le ventre de sa mère, Maryam vit de front les premières heures de la révolution iranienne. Six ans plus tard, elle rejoint avec sa mère son père en exil à Paris. À travers les souvenirs de ses premières années, elle raconte l’abandon du pays, l’éloignement de sa famille, l’effacement progressif du persan au profit du français avant de le retrouver pleinement. Maryam Madjidi raconte avec humour et tendresse les racines comme fardeau, rempart, moyen de socialisation, et même arme de séduction massive. » (source : ici)

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@bendsphoto

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Au départ, il y avait ce roman « Marx et la poupée », écrit par Maryam Madjidi. Le hasard a fait que je la rencontrasse il y a dix ans de cela (pas sûr sûr de l’emploi du subjonctif). L’histoire ne nous dira pas si j’aurais lu son roman sans cette rencontre. Là n’est pas la question, son livre est un petit bijou littéraire, enjoué, dynamique… (et publié par le Nouvel Attila et chez Jai lu en poche)

Les artistes à l’origine de cette forme théâtrale sont resté.e.s très fidèles au matériau original. Trois jeunes femmes sont sur scène, côte à côte : une récitante (Elsa Rozenknop), une musicienne (Clotilde Lebrun à la basse guitare loop) et (c’est ce qui fait le sel de ce spectacle) une interprète en langue des signes (Aude Jarry). Celle-ci sera d’ailleurs mise en lumière durant toute la première partie du spectacle (ses acolytes restant, de fait, un temps dans l’ombre). L’interprète LSF allie expressivité et grâce, on en vient même à ne plus écouter l’histoire (un peu comme dans les pièces en langue étrangère durant lesquelles on se convainc qu’on parle cette langue !)

Au moment où ce dispositif aurait pu lasser, les lignes bougent : la voix et le regard d’Elsa Rozenknop reviennent progressivement dans le jeu. Son débit, son rythme et surtout son investissement emmènent le spectacle un cran au-dessus.

M’est revenue en mémoire une pièce que j’ai vue l’an passé, « Pas pleurer » d’après le roman de Lydie Salvayre au théâtre des Doms qui adoptait une configuration similaire (voix et musique), dans lequel j’avais vu cette même implication.

Même si la forme n’est plus si originale (c’est quelqu’un qui va trop souvent au théâtre qui le dit), tant que les interprètes y mettent autant de coeur, on peut y aller (presque) les yeux fermés.

 

MARX ET LA POUPÉE

Texte : Maryam MADJIDI

Interprétation : Elsa ROZENKNOP, Aude JARRY, Clotilde LEBRUN Et la voix de Maryam MADJIDI

Mise en scène : Raphaël FRANCE-KULLMANN

Collaboration LSF : Sylvanie TENDRON / Lumières : Amandine RICHAUD / Costumes : MOOD-EH / Diffusion : Cathie SIMON-LOUDETTE / Les Audacieuses

du 5 au 27 juillet 2019 au Théâtre Artéphile (relâche les dimanches 7, 14 et 21)

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Vu le jeudi 11 juillet 2019 à 11h45 au Théâtre Artéphile

Prix de ma place : invitation

 

(avant, pendant, après)

Je me souviens de cette représentation de « Jean la Chance » d’après Brecht par  François Orsoni. La pièce était traduite en langue des signes. Les deux interprètes étaient transcendés par la vivacité de la pièce et des acteurs (Clotilde Hesme en tête). Parfois mon regard restait bloqué sur ces corps hyper expressifs. Beau, beau !

Je repense à ma propre prestation lors du spectacle des Infiltré.e.s saison 2 que j’ai eu le malheur de visionner hier… Je cligne trop des yeux. Tout est dans le clignement. Ou plutôt, dans le non-clignement. Les comédiennes présentement sur scène ne clignent jamais des yeux, y a les larmes qui montent, bim émotion ! Je ne suis définitivement pas au niveau.

« Maryam, on s’est rencontré le soir de mon anniversaire. J’avais trente ans. Le 14 septembre prochain, je fête mes quinze ans de vie parisienne et accessoirement mes quarante ans et neuf mois moins deux jours de vie tout court, dis, tu viens ? »

Festival d’Avignon 2019, ma sélection Off

Autant vous dire, qu’une fois n’est pas coutume, il y a l’embarras du choix cette année dans le Off d’Avignon. La Manufacture, Les Halles, les Doms sont toujours là, deux autres lieux prennent également de plus en plus de place et proposent cette année encore une programmation alléchante et exigeante : le 11 Gilgamesh Belleville et le Train Bleu, qui en très peu d’années (seulement la deuxième pour le Train Bleu) font déjà office d’incontournables.

Je ne parviens pas à me souvenir combien de festivals d’Avignon j’ai faits. Le premier, c’était en 1996, le dernier, forcément, l’an passé. J’ai fait les trois semaines de festival à deux reprises, encore en 1996 et en 2001, autrement dit dans une autre vie. A la fin d’un séjour, il n’est jamais certain que je revienne l’année suivante. Et pourtant, un manque s’immisce en moi et finalement j’organise mes vacances en fonction de.

Je serai de retour à Avignon du 10 au 16 juillet. L’an passé, j’ai vu 24 spectacles en 8 jours (5 + 3). Mon objectif n’est pas d’en voir autant (trois par jour est une bonne moyenne… et c’est déjà beaucoup), mais de mieux apprécier les spectacles et la ville. Prendre le temps aussi pour voir un film à l’Utopia ou une expo à la Collection Lambert. Bref…

Voici donc les vingt-sept spectacles que j’ai sélectionnés parmi les 1 592 qui se joueront dans les différents lieux du Off (sachant que je compte n’en voir que 18 tout au plus, in inclus, je vous laisse calculer) : (classés par horaire)

(NB : Pour ceux qui repassent par là, j’ai ajouté 3 spectacles à ma sélection initiale qui se trouvent en n° 10, 15, 22)

1/ GUERRE, ET SI ÇA NOUS ARRIVAIT ? de Janne Teller par Laurent Maindon à Présence Pasteur à 9h45

« IMAGINE : Et si, aujourd’hui, il y avait la guerre en France… Où irais-tu ? »

Avec une collègue de l’Occupation Bastille période Tiago Rodrigues. Il est toujours bon de suivre les gens qu’on a croisés ici et là.

2/ CRÂNE de Patrick Declerck, mise en scène d’Antoine Laubin, au Théâtre des Dons à 10h

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© Beata Szparagowska

« Devant nous, un écrivain à qui l’on doit retirer une tumeur. Il s’agit d’une intervention dite de chirurgie éveillée. Il faudra sonder le patient pour être certain de ne pas lui ôter le langage. C’est son outil de travail en quelque sorte et sa raison de vivre peut-être. On nous parlera du deuil impossible pour un chien, de la poésie de Shakespeare, du ridicule accoutrement opératoire et de la dignité qui se loge parfois dans les détails même face à une mort hypothétique. »

J’avais découvert le travail d’Antoine Laubin aux Doms avec « Le Réserviste » d’après un texte de Thomas Depryck. Je suis quelqu’un de fidèle.

3/ LATERNA MAGICA de Dorian Rossel et Delphine Lanza au 11 Gilgamesh Belleville à 10h30

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© Todd Hido

« Ce spectacle est une réinvention pour le plateau de la fausse autobiographie d’Ingmar Bergman. Ce récit sans complaisance, entre mémoires et exutoire psychanalytique, dessine un autre portrait du génie protéiforme. Il se raconte, les souvenirs dérivent, réinventant sa propre histoire pour en mesurer l’étendue et se l’approprier enfin. Bergman fait de sa vie une matière, fertile et fluctuante, pétrie de contrariétés, d’humour et de manques, sédiments propices à l’éclosion de sa créativité. »

Grande impatience avant chaque spectacle de Dorian Rossel, dont je regrette de ne pas encore avoir vu son adaptation du Dernier Métro de Truffaut.

4/ PLAIDOYER POUR UNE CIVILISATION NOUVELLE d’après Simone Weil par Jean-Baptiste Sastre au Théâtre des Halles à 11h25

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Crédit photo : DR

« Simone Weil : figure radicalement à part de la pensée française du XXe siècle. Sa vie durant, elle a cherché jusqu’à l’épuisement des clefs pour tenter de se comprendre et de comprendre le monde. Elle travailla en usine, prit part à la guerre d’Espagne aux côtés des Républicains, avant de rejoindre Londres et la « France Libre », où elle mourût à l’âge de 34 ans. « Elle ne méprisait rien sinon le mépris lui- même » Albert Camus. Après La France contre les robots de Georges Bernanos, Hiam Abbass et Jean-Baptiste Sastre adaptent une partie de la correspondance, L’Enracinement et d’autres textes de cette philosophe qui relèvent ses apports à la philosophie, à la critique politique et à la spiritualité. »

L’idée de voir l’actrice Hiam Abbass dans la salle de la Chapelle m’impressionne au plus haut point, surtout avec des textes aussi majeurs (et on parle de Simone Weil, pas de Simone Veil… j’ai vérifié avant)

5/ MARX ET LA POUPÉE  d’après le roman de Maryam Madjidi par Raphaël France-Kullmann au Théâtre Artéphile à 11h45

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@bendsphoto

« Depuis le ventre de sa mère, Maryam vit de front les premières heures de la révolution iranienne. Six ans plus tard, elle rejoint avec sa mère son père en exil à Paris. À travers les souvenirs de ses premières années, elle raconte l’abandon du pays, l’éloignement de sa famille, l’effacement progressif du persan au profit du français avant de le retrouver pleinement. Maryam Madjidi raconte avec humour et tendresse les racines comme fardeau, rempart, moyen de socialisation, et même arme de séduction massive. »

Parce que j’aime énormément ce premier roman et qu’aussi j’avais apprécié discuter avec son autrice les deux fois où on s’est vu. (ce n’était pas pour un rendez-vous Tinder, je préfère préciser, nous avons une connaissance en commun qui avait même traîné Maryam à mon anniversaire pour mes 30 ans, autrement dit il y a dix ans, déjà…)

6/ J’AI RENCONTRÉ DIEU SUR FACEBOOK d’Ahmed Madani au 11 Gilgamesh Belleville à 11h50

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©François-Louis Athènas

« Comment une adolescente bien sage et bien protégée par sa maman peut-elle sombrer dans une mascarade pseudo-religieuse d’aventure extraordinaire ? Comment une jeune mère qui est parvenue à s’émanciper du poids de la tradition, de la religion, réagit-elle face à ce qu’elle considère comme une trahison de son combat pour la liberté ? Voilà un vrai sujet de société dans lequel la fiction et la poésie peuvent trouver une voie d’expression qui fera écho chez les spectateurs, et les adolescents. »

Après F(l)ammes, je suis curieux de voir ce que nous prépare Ahmed Madani.

7/ LE MASSACRE DU PRINTEMPS d’Elsa Granat au Théâtre du Train Bleu à 11h50, les jours pairs

Le Massacre du Printemps – Teaser from Elsa Granat on Vimeo.

« J’ai mûri d’un seul coup puis j’ai régressé exactement en même temps. J’ai poussé fort et dans tous les sens. Il m’est arrivé d’accompagner des gens en fin de vie. Des combattants sans monument aux morts. Il y a des événements comme ça qui semblent insurmontables, tu penses qu’ils vont te laisser clouée au sol. Et pourtant tu vas découvrir des forces inespérées qui vont t’inspirer pour inventer des printemps même sur pelouse synthétique. Tu participes aujourd’hui au Massacre du Printemps. Oui j’ai bien dit « Massacre ». »

On dit que je suis fidèle… J’ai découvert Elsa Granat il y a déjà neuf ans avec « J’ai plus pied ». Une amie jouait dans cette pièce. J’ai découvert également Claire Méchin (qu’on connait chez les Blond and Blond and Blond et surtout à revoir dans Les Secrets d’un Gainage Efficace). Mais surtout Elsa Granat… une écriture, un point de vue, un sens de la mise en scène. (et je viens seulement de comprendre le jeu de mots (Mas)Sacre du Printemps…

8/ EXIT de Fausto Paravidino par Anne-Sophie Pauchet à la Manufacture à 12h

Bande-annonce EXIT Tournée / Fausto Paravidino / Anne-Sophie Pauchet from Florent_Houdu on Vimeo.

« A quitte B. A et B se séparent. Plus tard, A rencontrera C et B rencontrera D. Exit c’est l’histoire éternelle de la fin annoncée d’un couple. Et de ce qui pourrait se passer après. L’histoire du renoncement, des échappatoires, des petites lâchetés et des grandes désillusions. Une variation drôle et acide sur la difficulté de concilier le besoin de liberté personnelle et d’émancipation avec un exigeant besoin d’affection et d’une « vie satisfaisante ». Un questionnement sur la crise qui habite ces adultes bourgeois européens parfois autant incapables de courage politique que de courage intime. »

L’idée de revoir Laure Mathis, admirable Doreen dans la pièce éponyme de David Geselson et que j’aime l’écriture de Fausto Paravidino.

9/ L’OISEAU MIGRATEUR de Dorian Rossel à la Maison du Théâtre pour Enfants à 14h

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« Deux blocs noirs, deux comédiens, deux craies pour conter l’amitié insolite entre un petit garçon, sa voisine et un passereau. À contre-courant des temps tonitruants, L’Oiseau migrateur parie sur la simplicité et invite l’imaginaire à se déployer. L’histoire s’esquisse par des dessins à la ligne épurée, avant que le texte prenne le relais. »

Pour les mêmes raisons qui m’amènent à voir Laterna Magica et parce que je ne rechigne jamais à voir un spectacle dit jeune public.

10/ TROUBLE par Philippe Duban et Didier Cousin à Lascierie à 14h (jusqu’au 14 juillet)

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« Initié dans une réflexion libre à la lecture d’écrits de Michel Foucault, le projet s’est construit à travers une coopérative de création sous la direction de Philippe Duban et Didier Cousin. « Trouble » propose une plongée historique atypique autour de l’histoire de la folie qui résonne avec notre époque actuelle. Sur scène, un orchestre d’une quinzaine de musiciens en live, des projections d’images, un trapèze et un chœur d’acteurs danseurs et chanteurs. Porté avec souffle par une équipe de trente artistes, « Trouble » évoque la mue des enfermements, interroge la place des singularités dans les cercles d’appartenances, appelle à l’union dans la diversité. »

Pour avoir déjà officié pendant trois ans en tant que comédien soutien dans une troupe composée essentiellement de jeunes adultes « hors normes », je sais que ce spectacle sera une expérience incomparable. Surtout que la troupe de ce « Trouble » comprend un de ces fameux jeunes aux milles talents cachés (le voir m’imiter un soir de résidence fut un grand moment de… trouble)

11/ LA PAIX DANS LE MONDE de Diastème au Théâtre Artéphile à 14h05

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crédit photo Vanessa Filho

« Cinq ans avaient passé. Puis dix, puis quinze. Le juge peut interdire au coupable d’approcher la victime pour une durée d’au plus cinq ans. Simon n’a pas revu Lucie. Il vit en Suisse, à quelques kilomètres de la maison de Charlie Chaplin. Il lit des livres, il fait du feu. Il ne voit pas le temps passer. Simon se prépare. Au jour où Simon et Lucie seront enfin réunis. Il doit être prêt. Tout doit être prêt. Le monde n’oubliera jamais ce jour. »

Diastème fait partie de ces auteurs, un peu comme Xavier Durringer, qui ont imprimé mon inconscient de leurs thèmes, de leur écriture.

12/ UN DÉMOCRATE de Julie Timmerman à Présence Pasteur à 14h40

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« Une traversée épique à l’humour impitoyable de la vie et de l’œuvre d’Edward Bernays (1891-1995), neveu de Freud, inventeur dans les années 20 de techniques de manipulation des masses sans précédent : la “Fabrication du consentement”. S’inspirant des découvertes de son oncle sur l’inconscient, il vend indifféremment savons, cigarettes, Présidents et coups d’État. Goebbels lui-même s’inspire de ses méthodes pour la propagande nazie – mais Eddie ne comprend pas car Eddie est un démocrate… Où en est la Démocratie à l’ère du Big Data et de l’hyper-communication? »

Ça doit faire trois ans que j’en entends parler, mieux vaut tard…

13/ FLAVIEN par Flavien Bellec au Théâtre du Train Bleu à 15h20

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« Un homme, FLAVIEN, décide de faire un spectacle sur lui. Pudique, il n’a cesse d’éviter le face à face, terrible, avec l’autre, le spectateur. Dans une succession de performances anti-spectaculaires, FLAVIEN tente de donner une représentation idéalisée de lui-même. Une entreprise narcissique impossible qui voit affluer, en miettes et fragments, des souvenirs d’enfances et des fantasmes obscurs, dans un spectacle qui prend peu à peu la forme d’un n’importe quoi poétique. La scène devient alors le théâtre d’une lutte étrange entre FLAVIEN et sa propre représentation, jusqu’à devenir le cimetière de ses identités. »

Je devrais pourtant me méfier. Le Flavien fait partie des Divins Animaux

14/ JOIE d’Anna Bouguereau par Jean-Baptiste Tur au Théâtre du Train Bleu à 16h40

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« Est-ce qu’on est obligé de pleurer à un enterrement ? Est-ce que c’est normal qu’on enferme les morts dans des boites ? Pourquoi on fait plus de slows ? Pourquoi les croque-morts on l’air dépressif ? Qui a choisi cette musique improbable ? Pourquoi la dame au premier rang pleure si fort ? Est ce qu’on a le droit de coucher avec son cousin ? Pourquoi il faut attendre d’être mort pour être couvert de fleurs ? Comment continuer à vivre puisque les gens meurent ? »

J’ai découvert Anna Bouguereau dans « En réalités » et bluffé que je fus, je suis intrigué de voir et entendre ce qu’elle a écrit.

15/ IN-TWO par la Cie Tandaim au Festival Villeneuve en Scène de 18h30 à 22h30

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photo : Gabrielle Voinot

« C’est une petite collection de trois grandes boîtes aux allures de caisses de transport qui vous invite à entrer pour partager une histoire, une confidence, un (jardin) secret… Dans ces confessionnaux du quotidien où vous serez le seul spectateur, les mots de nos auteurs complices vous seront susurrés à l’oreille… Des formes courtes (6 à 8 minutes) à la manière d’un entresort, pour un acteur et un spectateur. »

Du théâtre intime, du théâtre qui ne fait pas mal (entendre : aucune gêne), on m’en a dit grand bien et cela serai aussi l’occasion de revoir peut-être Lucile Oza, une comédienne déjà vu dans mon coup de cœur Avignon 2016 :  Zoom (Gilles Granouillet / Marie Provence)

16/ LES SECRETS D’UN GAINAGE EFFICACE par les Filles de Simone au 11 Gilgamesh Belleville à 18h45

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© Christophe Raynaud de Lage

« Elles sont cinq et écrivent un livre sur le corps des femmes, comme leurs aînées des 70’s. Elles débattent et se débattent avec les hontes et traumatismes liés à ce corps et disent tout haut ce que tout le monde vit tout bas. Elles explorent leur intimité autant que l’Histoire ou la presse et réinventent les raisons de la colère. Des injonctions esthétiques à la transmission mère-fille, des règles au clitoris, elles explosent à grands coups d’autodérision les clichés qui leur collent à la peau. »

Mise à part la comédienne Claire Méchin dont j’ai parlé un peu plus tôt, je vais me laisser convaincre par le bouche à oreille.

17/ LES SIESTES ACOUSTIQUES par Bastien Lallemant à la Collection Lambert avec Là c’est de la musique à 19h

Les Siestes Acoustique de Bastien Lallemant from François GLRN on Vimeo.

« Laboratoire collectif et bienveillant, les Siestes Acoustiques de Bastien Lallemant sont imprévisibles, et réunissent acteurs et dormeurs autour de l’instant. Ne ratez pas l’occasion de faire cette expérience d’écoute musicale et sensorielle dans un cadre exceptionnel et surtout n’oubliez pas…de vous laisser aller à dormir ! »

Parce que j’aurais besoin de dormir un peu. Le problème, c’est que c’est à 19h et que 19h, c’est pas vraiment le bon horaire pour faire la sieste, on s’endort, on se réveille ensuqué, on ne sait plus où on est…

18/ LE GROËNLAND de Pauline Sales par Sylvie Boutley à la Salle Roquille à 21h

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« Cartographie d’une intimité. Monologue d’une femme qui perd le contrôle de sa vie, mais juste le temps d’une nuit … le temps d’aller au Groenland et de revenir… Théâtre d’une parole ironique. Elle fugue à travers les rues d’une ville, la nuit, en compagnie de sa fille, sa chouette son loup. Elle veut l’emmener au Groenland, un pays lointain, un retour à des origines esquimaudes ou un désir qui insiste. »

Les mots de Pauline Sales, la mise en scène certainement très sobre de Sylvie Boutley (que je connais un peu pour avoir travaillé avec elle en 2001 sur un texte de Ronald Laing)

19/ LA DERNIÈRE BANDE de Samuel Beckett par Jacques Osinski au Théâtre des Halles à 21h30

LA DERNIÈRE BANDE
©Pierre Grosbois

« « Viens d’écouter ce pauvre petit crétin pour qui je me prenais il y a trente ans, difficile de croire que j’aie jamais été con à ce point- là. » Chaque année, le jour de son anniversaire, Krapp fait le point sur sa vie et s’enregistre sur un magnétophone. Chaque année, il écoute quelques bandes anciennes et peste contre celui qu’il a été tout en se remémorant certains instants merveilleux et perdus. Il est à la recherche de l’instant T, du moment fondateur, celui de l’amour peut-être. « Sois de nouveau, sois de nouveau ». »

Denis Lavant + Samuel Beckett = un retour forcément déconcertant et inévitable.

20/ 11 SEPTEMBRE 2001 de Jacques Vinaver par le collectif Ildi Eldi au Théâtre des Halles à 21h30

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©C. Raynaud de Lage

« Depuis le 11 septembre 2001, une page nouvelle de l’histoire contemporaine s’est ouverte concernant le terrorisme, non seulement dans les faits, mais aussi dans les consciences. C’est comme si, à force de subir les attentats à répétitions, nous étions devenus plus à même de les accepter comme une normalité. La parole des acteurs, témoins et victimes du drame constitue le coeur de ce texte qui refuse tout jugement : les récits alternent, sans hiérarchie entre eux. Des casques, des micros, une partition sonore. Les comédiens prêtent leurs voix à l’ensemble des personnages, terroristes, rescapés ou hommes politiques. Dans cette atmosphère confinée et intime, le collectif ildi ! eldi évite tout pathos en dépassant la sidération et la saturation d’images par des voix murmurées qui ne peuvent être qu’un souffle. »

Même si je fus quelque peu déçu par « Ovnis » l’automne dernier, je ne raterai pas ce nouveau spectacle du collectif. Et aussi parce que je suis un inconditionnel de Grégoire Monsaingeon !

21/ HÉROÏNES 2 de Dominique Richard par Lucile Jourdan au Théâtre de l’Entrepôt (du 12 au 15 juillet) à 21h30

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« Une femme se cherche, ivre de désir d’amour et d’absence, dans le frais gazon vert de la maison calme, elle prend le temps de délacer les fils emmêlés de sa vie amoureuse. De l’enfance – aux côtés de son frère Paul, double adoré et jalousé – à aujourd’hui, elle suit les rainures de sa mémoire. »

Parce que la pièce était sélectionnée dans le festival Court au Théâtre du Théâtre Berthelot à Montreuil, dont je suis la programmation pour Le Blog de Nestor (un peu de réclame n’a jamais fait de mal) et aussi parce qu’on m’a grandement conseillé de découvrir l’écriture de Dominique Richard.

22/ IPHIGÉNIE À SPLOTT (Gary Owen / Blandine Pélissier) au Théâtre Artéphile à 21h40

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« Effie habite à Splott, un quartier de Cardiff touché par le chômage et la paupérisation. Effie, c’est le genre de fille qu’on évite de regarder dans les yeux, qu’on se permet de juger l’air de rien. Effie, c’est la provocation incarnée. On croit la connaître, mais on n’en connaît pas la moitié. Tous les samedis, elle se jette dans une spirale d’alcool, de drogue et de petits drames, et émerge au bout de trois jours d’une gueule de bois pire que la mort pour tenir jusqu’au bout de la semaine et mieux recommencer. Et puis, un soir, l’occasion lui est offerte d’être plus que ça. »

Je ne sais pas s’il s’agit d’un hasard, mais voir cette pièce au même endroit et à la même heure qu’une certaine Irish Story vue l’an passé est de bon augure. Surtout que la co-traductrice du texte n’est autre que Kelly Rivière (l’autrice et interprète de « An Irish Story », tout le monde suit ?) et que je pourrai y admirer Morgane Peters, que j’avais énormément appréciée dans des pièces jouées avec sa promo de l’ERACM.

23/ LOUISE O’SMAN au Théâtre de la Croisée des Chemins à 21h50

« Chausser des bottes de sept-lieues, devant la folie des Hommes, de ceux qui ne croquent plus la pomme -surtout dans la rue Paradis. Écouter la beauté des ondes, des veilleurs de ponts et des sourdes frondes enfouis dans le bleu endormi. Raconter les frênes trop frêles, les cœurs étouffés sous le satin, la violence des miroirs quotidiens. S’asseoir enfin à l’ombre des mémoires pour chanter l’attente, le manque et l’absence, qui sont peut-être déjà, les premiers signes du printemps. À la fois doux et intime, incisif et courtois, le répertoire de Louise O’sman marque par sa force, son originalité et sa poésie. »

C’est de la chanson, c’est de l’accordéon, c’est aussi un peu de copinage car la demoiselle se produisait également avec les No Man’s Louise que je suivais de Paris à Marseille…

24/ LA CONVIVIALITÉ par Arnaud Hoedt et Jérome Piron au Théâtre du Chapeau d’Ebène à 22h15

La Convivialité, Théâtre National, septembre 2016

« Le spectacle des deux belges qui veulent simplifier la langue française » : tout est faux dans cette phrase. Pas « simplifier » mais faire preuve d’esprit critique. Pas « deux belges», mais deux curieux qui veulent partager les découvertes des linguistes. Pas même la langue, seulement son orthographe. Car l’orthographe, c’est pas la langue, juste le code graphique qui permet de la retranscrire. Nous avons écrit pour dédramatiser, pour réconcilier et aussi parce qu’on a toujours pensé que l’Académie Française avait un vrai potentiel comique. Notez que tout n’est pas faux : il s’agit bien d’un spectacle ! Et drôle en plus ! C’est quand la dernière fois que vous avez changé d’avis? »

Je ne m’en orgueillis jamais assez : je suis le vice-champion départemental des Bouches du Rhône 1991 d’orthographe.

25/ DÉGLUTIS ÇA IRA MIEUX d’Andréa Bescond et Éric Métayer au Théâtre du Balcon à 22h30

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« Déglutis, ça ira mieux est l’histoire d’une femme, Aline, éternelle adolescente de 45 ans, fuyant sa vie, ses responsabilités et surtout son rôle de mère. Lorsqu’elle apprend qu’elle est atteinte d’une maladie dégénérative, elle se débrouille pour retrouver sa fille, Nina, devenue adulte trop tôt et qui a fait ses bagages depuis longtemps. Les retrouvailles entre ces deux femmes que tout oppose – ou presque – seront déjantées et passionnées. Bien malgré elle, Nina se retrouve emportée par la folie douce et l’humour de sa mère. Aline, elle, a une idée derrière la tête. Faire la paix avec sa fille. Et lui demander l’impossible… »

Je n’ai point vu de spectacles du duo Andréa Bescond / Eric Métayer. Je veux seulement revoir Géraldine Martineau sur scène. C’est dit.

26/ CHARLY CHANTEUR à l’Arrache-Coeur à 22h30

 

« Les ballades spleenétiques sont comme des chansons dépressives mais en plus drôles. Les poèmes-poubelles sont des poèmes récupérés dans une poubelle et mis en musique. Charly Chanteur est un chanteur gourou de la secte du « Spleen », un vrai-faux chanteur qui fait un vrai-faux concert. »

L’acolyte de Léopoldine HH revient à l’Arrache-Coeur tout seul. Pour bien terminer la soirée.

27/ LA 7E VIE DE PATTI SMITH de Claudine Galea par Benoît Bradel à la Manufacture, du 13 au 19 juillet à 23h

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crédit photo Benoît Bradel

« 2 portraits en parallèle, 2 amplis, 3 micros, 1 jeune fille, 1 jeune femme, des guitares électriques. À la fin des années 70, dans un village près de Marseille, une jeune fille timide porte difficilement ses 16 printemps. Jusqu’au moment où elle entend une voix. Celle bien saccadée d’une autre jeune femme maigre et timide. Mais trentenaire celle-ci. C’est Patti Smith qui, avec Horses, entre dans la légende. En adaptant à la scène l’écriture de Claudine Galea, Benoît Bradel signe un trio électrique sur notre irrépressible besoin de liberté. »

Patti Smith + Marie-Sophie Ferdane = deux raisons suffisantes.

**********

À part ça, j’ai déjà vu et je ne peux que conseiller :

La Légende de Bornéo du Collectif L’Avantage du Doute au Théâtre des Carmes, Désobéir de Julie Berès à la Manufacture (chronique très en retard), Le Champ des Possibles d’Elise Noiraud au Théâtre Transversal, On voudrait revivre par Léopoldine Hummel, Maxime Kerzanet et Chloé Brugnon à la Caserne des Pompiers, Vies de papier par la Cie La Bande Passante au 11 Gilgamesh Belleville, Batman contre Robespierre par le Grand Colossal Théâtre au Théâtre des Gémeaux, En réalités par Alice Vannier au Théâtre du Train Bleu, le Syndrome du Banc de Touche de Léa Girardet au Théâtre du Train Bleu.

Il y a bien deux trois autres pièces que j’ai vues et qui repassent par Avignon mais que je ne conseillerai pas et que je ne mentionnerai pas ici (dans l’onglet AVIGNON 2019, vous pourrez tout de même les trouver, j’y ai même mis des étoiles, on n’arrête pas le progrès !)

Il s’agit bien évidemment d’une sélection complètement subjective. Je le répète, il y a presque 1 600 spectacles programmés dans le Off. J’ai déjà reçu énormément de courriels m’invitant à découvrir certaines pièces. Ça me désole (et déprime aussi) de ne pas pouvoir répondre, je vous prie de bien vouloir m’excuser. Mais n’hésitez tout de même pas à donner vos conseils, vos envies. On sait jamais…

Avignon c’est dans un mois. Et d’ici là…

Et d’ici là, j’ajouterai bientôt trois nouveaux spectacles qui sont arrivés à mes oreilles…

Ps : Pourquoi Off alors que In ? Parce que si In plutôt Out. Ou bien On et Off ? Pourquoi en anglais d’ailleurs ?

Festival d’Avignon 2019 , ma sélection In

On prend de l’avance, on planifie de bonne heure, hormis des spectacles dans le Off (sélection à suivre), je tenterai de voir une ou deux pièces dans le In durant mon « court » séjour (et qu’on ne me montre pas du doigt, comme on me l’a dit l’an passé, je ne vais pratiquement que dans des théâtres subventionnés durant la saison normale, je peux faire des écarts (admirables) dans le Off l’été !) Tout ça pour dire, si je pouvais, je verrais :

1/ ARCHITECTURE de Pascal Rambert dans la Cour d’Honneur du Palais des Papes du 4 au 13 juillet 2019

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Photo : Marcel Breuer

« Une famille d’artistes n’échappe pas à la tourmente du XXe siècle qui engloutit ses espoirs et son avenir. »

Parfois je me dis que l’addition de talents aussi grands n’est pas forcément un gage de réussite. Le casting fait envie : Emmanuelle Béart, Audrey Bonnet, Marie-Sophie Ferdane, Anne Brochet (qui remplace Marina Hands), Arthur Nauzyciel, Stanislas Nordey, Denis Podalydès ou Pascal Rénéric, Laurent Poitrenaux, Jacques Weber (et je reprends mon souffle). « Clôture de l’amour » avait été une vraie claque, « Répétition » une déception (dans le genre, chaque acteur attend son tour pour prendre la parole ou quand Rambert reproduit la recette de « Clôture… » mais avec quatre comédiens), « Actrices » m’avait conquis uniquement grâce à Marina Hands. Bref, je suis très curieux de voir ce spectacle qui, à l’origine, n’était pas prévu pour la Cour d’Honneur.

La pièce sera en tournée en 19/20, notamment aux Bouffes du Nord en décembre prochain.

2/ LE PRÉSENT QUI DÉBORDE NOTRE ODYSSÉE II de Christiane Jatahy au Gymnase du Lycée Aubanel du 5 au 12 juillet

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Photo : Paul Camacho

« Odyssées contemporaines des exilés, contraints par leur douleur à ne pas se souvenir, empêchés par les épreuves de penser demain. »

Je rattraperai ce second volet cet automne au CentQuatre, je ne peux rater la nouvelle création de Christiane Jatahy qui fait partie de mes créatrices préférées.  (aussi parce que la première fois que j’ai vu un de ses spectacles, « Julia » au CentQuatre le 20 septembre 2013… je m’en souviens parce que… non… rien…) Cette fois-ci, elle sera à la lisère du théâtre documentaire. Il y aura aussi un peu d’Amazonie et quand on sait ce qu’il s’y passe aujourd’hui…

3/ PHÈDRE ! de François Grémaud à la Collection Lambert du 11 au 21 juillet

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Photo : Loan Nguyen

« Sur scène, une drôle de conférence sur Phèdre, par un comédien-professeur qui se laisse déborder par sa passion… »

L’humour et l’intelligence de François Grémaud m’avaient emballé lors des Conférences de choses qu’il avait co-écrites avec Pierre Mifsud. Il est ici une nouvelle fois à la mise en scène et à la conception de ce nouveau « cours » et j’attends avec impatience cette relecture du classique de Racine.

Ce spectacle est également présent dans la programmation du Théâtre de la Bastille pour la saison prochaine.

4/ OUTSIDE de Kirill Serebrennikov à l’Autre Scène du Grand Avignon – Vedène du 16 au 23 juillet

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« Images, poèmes, corps urbains. La vie de l’artiste chinois Ren Hang mise à nue par le regard incisif et résistant de Kirill Serebrennikov. »

Outre l’aspect politique que revêt la présence à Avignon de Kirill Serebrennikov, nul doute que ce spectacle sera à la hauteur des attentes que nous portons envers le créateur de « Les Âmes Mortes » et des films « Le Disciple » ou « Leto ».

5/ GRANMA. LES TROMBONES DE LA HAVANE par le Rimini Protokoll au Cloître des Carmes du 18 au 23 juillet

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Photo Doro Tuch

« L’histoire de quatre petits-enfants de la Révolution cubaine qui, aux côtés des anciennes générations, décident désormais du destin de leur île. »

Le Rimini Protokoll fait partie de mes révélations tardives de la saison dernière. Après leur installation autour de la mort « Nachlass », voici donc une vision de Cuba aujourd’hui.

La pièce sera également présentée à la Commune d’Aubervilliers dans le cadre du Festival d’Automne.

6/ A LEAF par Célia Gondol et Nina Santes aux Hivernales – CDCN d’Avignon du 6 au 8 juillet

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photo Scribe

« A Leaf est un concert chorégraphique conçu comme une spirale vibratoire, où la frontière entre réalité et fiction s’efface doucement. »

Après avoir découvert son travail organique ce printemps avec « Hymen Hymne », je ne peux que tenter de découvrir ce que Nina Santes peut avoir en tête. En réalité, je ne serai pas encore présent, mais j’essaierai la transmission de pensées.

7/ VIVE LE SUJET ! SÉRIE 4 – CE JARDIN de Ina Mihalache et Madeleine Fournier au Jardin de la Vierge du Lycée Saint-Joseph du 17 au 23 juillet

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image Marie Prunier

« Deux femmes tentent de mettre en pratique la sororité. Elles voudraient s’aimer simplement, se désirer aussi peut-être, mais ce n’est pas si simple dans une société patriarcale qui met les femmes en compétition les unes contre les autres. Ce Jardin ouvre un espace d’exploration et d’exorcisation des relations qui existent entre elles avant même qu’elles se soient rencontrées. »

Je suis un des admirateurs de la première heure de Ina Mihalache alias Solange te parle. Il est heureux de la voir ailleurs que sur YouTube, de suivre son évolution, toujours là où on ne l’attend pas, toujours aussi audacieuse et exigeante.

La Nuit des Taupes (Philippe Quesne / Nanterre Amandiers)

(de quoi ça parle en vrai)

« Dans cet univers des profondeurs, les sept taupes géantes mangent, boivent, font l’amour, enfantent et constituent un groupe de rock! Dans la pénombre de leur existence souterraine, elles manifestent avec joie ce qui caractérise le théâtre, cet art de la caverne où croire ou ne pas croire nous relie à la superbe allégorie de Platon. Bien plus profondément encore, l’univers des cavernes développe et déclenche un imaginaire immédiat remontant à la nuit des temps. » (source : ici)

Philippe Quesne - La nuit des taupes (Welcome to Caveland!)
crédits photos : MARTIN ARGYROGLO

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Aussi curieux que cela puisse paraître, voici donc la première fois que je découvre une oeuvre du directeur du théâtre des Amandiers à Nanterre, Philippe Quesne. Et je ne fus pas mécontent du voyage.

Welcome to Caveland ! Je pourrai dire à qui veut bien l’entendre que j’ai vu des taupes faire de la batterie et de la trottinette électrique (mais pas en même temps). Il n’y a pas vraiment d’histoire. Seulement des tranches de la vie des taupes. Qui pourraient très bien être des êtres humains. L’ensemble se veut burlesque, poétique, atmosphérique. On peut même se hasarder à la micro-sieste, nous ne perdrons aucune miette.

On pense aux grosses marionnettes du Fraggle Rock de notre enfance. La scénographie « cavernesque » en carton-pâte est impressionnante. La musique électro-rock (vive le thérémine) nous fait bouger la tête. Et surtout le spectacle comporte différents degrés de compréhension qui permettent de l’apprécier sans avoir toutes les références à Platon, Nietzsche comme j’ai pu le lire ici ou là. En bref, une belle découverte !

 

LA NUIT DES TAUPES

CONCEPTION, MISE EN SCÈNE ET SCÉNOGRAPHIE Philippe Quesne

AVEC Yvan Clédat, Jean-Charles Dumay, Léo Gobin, Erwan Ha Kyoon Larcher, Sébastien Jacobs, Thomas Suire, Gaëtan Vourc’h

COSTUMES Corine Petitpierre assistée d’Anne Tesson – COLLABORATION DRAMATURGIQUE Léo Gobin, Lancelot Hamelin, Ismaël Jude, Smaranda Olcèse – COLLABORATION ARTISTIQUE ET TECHNIQUE Marc Chevillon, Yvan Clédat, Élodie Dauguet, Abigail Fowler, Thomas Laigle – SON Samuel Gutman – RÉGIE GÉNÉRALE Marc Chevillon – RÉGIE LUMIÈRES Mickaël Nodin – RÉGIE PLATEAU Joachim Fosset – HABILLAGE Pauline Jakobiak – ASSISTANTE SCÉNOGRAPHIE Élodie Dauguet

 

(une autre histoire)

La taupe est aveugle ou presque. Comme Polly Magoo… Non… Comme Mr Magoo.

Lors d’un stage de sensibilisation au handicap visuel, nous avions chaussé des lunettes qui occultaient en grande partie notre vision. J’étais très fier d’avoir pu lire un texte malgré ces lunettes. Mais quand on m’a demandé ce que j’en avais retenu… Rien. 

Tu préfèrerais être sourd ou aveugle ? Ne plus avoir de bras ou de jambes ? Etre imberbe ou poilu ? (pour la dernière question, j’ai une réponse).

« J’fais des trous, j’fais des trous, toujours des p’tits trous… » Je prends mon grand marteau et je tape sur la tête de la première taupe venue.

Je ne sais pas prononcer correctement le mot « taupe ». Mon accent me joue des tours. Top taupe, c’est pareil pour moi.

La nuit, je vois courir des rats. Mais pas des taupes. C’est quoi la différence ? La nuit, tous les chats sont gris. Et le jour, comment sont les taupes ?

A t-on déjà vu une jeune femme malvoyante arpenter le podium d’un défilé de mode ? Non, je ne dirai pas comment on l’appellerait dans le métier. Ce bon mot serait trop facile. On lui demanderait seulement : Mais qui êtes-vous, Polly Magoo ? Un quelconque lien de parenté avec Mr Magoo ?

 

vu le samedi 20 avril 2019 au Théâtre Nanterre Amandiers

Prix de ma place : Invitation (page Facebook du théâtre Nanterre Amandiers)

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Et pourquoi moi je dois parler comme toi ? (Anouk Grinberg / Nicolas Repac / MUCEM)

(de quoi ça parle en vrai)

« L’art ne répare pas de la perte, il lui répond. On connait de l’Art Brut la peinture, la sculpture, des installations géniales, mais on ne connait pas les ‘‘Textes Bruts’’. Ce sont le plus souvent des lettres d’hommes et de femmes que la famille ou la société avaient enfermés : quelques-uns étaient malades, mais d’autres étaient juste bizarres comme vous et moi, et ont passé des années dans des asiles, parfois leurs vies entières, sans comprendre pourquoi. Mis hors du monde, ils voulaient qu’on ne les oublie pas, alors ils ‘‘parlaient par-dessus le mur’’, envoyant à leurs proches ou aux directeurs des institutions des lettres, des supplications, des poèmes, des signes stridents de vie. Mais rien de tout ça n’a été lu, les services médicaux considéraient sans doute que ces gens n’étaient pas à entendre, et n’avaient pas droit de cité… Or ces textes sont du pur art. Du pur ‘‘jus de vivre’’. […] Aucun de ces auteurs ne savait qu’ils créaient quelque chose de grand ; mais nous, aujourd’hui, nous le savons. Il n’y avait chez eux aucune prétention artistique, mais il y avait la nécessité vitale de respirer, échapper, inventer, faire face. Et alors c’est l’art à la naissance de l’art, l’art à l’état brut. Beaucoup de grands écrivains reconnus ont rêvé d’écrire avec cette inventivité dans la langue et la pensée, et beaucoup s’en sont même inspirés, sans jamais citer ces maitres du “hors-piste”. Dans ce spectacle, ces auteurs sont enfin réunis. Nicolas Repac a inventé pour chaque texte des musiques qui les mettent en lumière.Notre vœu constant était de les faire sortir du ghetto de la folie, et d’épouser la vie qu’ils contenaient. » Anouk Grinberg (source : ici)

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Crédits photos : Christophe Raynaud de Lage

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Dès les premiers mots, on sent combien ce projet tient à coeur à Anouk Grinberg. Le danger aurait été de sur-représenter les paroles de ces personnes pas communes. On a le souvenir d’une comédienne qui, dans les années 90, nous avait séduits par son timbre de voix, sa gestuelle, sa singularité. Anouk Grinberg n’en fait pas trop. Elle laisse la place aux mots, à la poésie qui transparait. Les textes sont suffisamment différents pour ne pas lasser. On est porté par la musique composée et interprétée par Nicolas Repac, qui étonne aussi par la diversité des instruments qu’il manipule. On pourrait se contenter de fermer les yeux : ceci est une lecture musicale. Mais on raterait le regard d’Anouk Grinberg. Un moment sensible qui met en lumière des poètes qui ne sauront jamais qu’ils sont aujourd’hui considérés comme tels, à la hauteur d’un Michaux ou d’une Dickinson…

 

ET POURQUOI MOI JE DOIS PARLER COMME TOI ?

Avec Anouk Grinberg et Nicolas Repac

Textes Aloïse Corbaz, Samuel Daiber, Joseph Heu, Justine Python, Jeanne Tripier, Adolf Wölfli – Adaptation : Anouk Grinberg – Musique : Nicolas Repac

(le 30 avril au Train Théâtre à Portes-lès-Valence et les 2 et 3 mai au Théâtre Liberté à Toulon)

 

(d’autres histoires)

L’AMI MARSEILLAIS : On peut aller voir Saïgon à la Criée ?

MOI : Déjà vu.

L’AMI MARSEILLAIS : Intramuros au Toursky ? Avec je ne sais quelle distribution…

MOI : Déjà vu.

L’AMI MARSEILLAIS : Euh… Annie Ernaux, Une Autre Fille, avec Marianne Basler. Aux Bernardines ?

MOI : Déjà vu.

L’AMI MARSEILLAIS : Et pourquoi moi je dois parler comme toi ? Nicolas Repac… Anouk Grinberg… Au Mucem ? 

MOI : …

L’AMI MARSEILLAIS : …

MOI : Pas vu.

Soulagement de l’ami marseillais.

*****

Au Mucem, quand le soir vient, on ne sait pas par où on doit rentrer. Pas l’entrée principale. Ailleurs. Comme par une porte dérobée. Le vigile détecte mon trousseau de clés : « Ce sont des clés ? » Je réponds : « Non, mon couteau papillon. » Il me laisse passer et on descend des marches. C’est à gauche ? C’est à droite ? On tente à gauche. Toujours à gauche. Non. On tente à droite. Des portes vitrées automatiques s’ouvrent. Les gens attendent, éparpillés. Le placement est libre. Sport de combat. L’entrée de la salle, c’est cette porte-là ou cette porte-ci ? Si je savais faire, je vous dessinerais le plan de cet espace d’attente. Avec la file qui commence devant une première porte et s’arrête devant la deuxième. Une porte s’ouvre. Une personne apparait devant celle-ci. On est à proximité. Malgré mon âge, je décide de passer sous le cordon, sans le toucher. J’ai toujours été un adepte du limbo. Je suis le premier et je serai au premier rang, la place du milieu. C’était écrit.

ELLE (ton hautain) : Je crois que ça ne va pas être possible, ça.

MOI : Hein ? Parce que je croyais que…

ELLE : Ça ne se passe pas comme ça. Vous repassez derrière le cordon…

MOI : Hein ? Parce que je croyais que…

ELLE : On doit d’abord scanner vos billets.

MOI : Ah bon ? C’est comme ça que ça se passe ? Bon, c’est pas comme si c’était mon cent unième spectacle de la saison… Parce que je croyais que… la porte était ouverte, vous étiez devant… Je n’allais pas faire le tour pour entrer dans la file d’attente alors qu’il n’y avait personne… A la Poste ou à l’aéroport, s’il n’y a personne, vous ne vous tapez tout le labyrinthe… Si ? Je pensais que vous scanneriez nos billets à la porte et pas à l’entrée de la file. Oh ! Mais où vont les gens ? Ils vont à l’autre porte… Donc vous avez ouvert cette porte pour rien. Ok merci beaucoup pour votre amabilité.

La scanneuse n’a jamais marché et je n’ai pas applaudi la dame après sa présentation du spectacle. Na !

 

Vu le samedi 27 avril 2019 au Mucem de Marseille

Prix de ma place : 12€

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

À quelle sauce… (printemps 2019)

Le printemps est déjà là. Ce n’est pas moi qui le dis mais le réchauffement climatique. Je prends donc le temps de vous donner ma sélection des spectacles et autres concerts qui me donnent envie ou que j’irai voir. Je suis devenu très sélectif, et pas seulement pour des raisons économiques (un grand périple entre le Québec et St Pierre et Miquelon avec très peu de spectacles à l’intérieur se prépare pour cet été après mon séjour traditionnel à Avignon) : je fais ce que je dis, je ralentis la cadence.

Selon la formule consacrée, évidemment, cette liste sera amenée à muter, selon mes envies, mes humeurs, ma tirelire, les propositions… (liste parisienne et francilienne uniquement, désolé…)

MARS

J’y suis déjà allé

Saison Sèche : Enfin je vois un spectacle de Phia Ménard et à Marseille, qui plus est… et l’article est par .

J’irai voir 

Hernani, c’est un scandale ! : Un peu de copinage ne peut faire de mal, on va voir la mise en scène de Judith Policar qui écrit aussi par ici (à l’Université Sorbonne Nouvelle, dans le cadre du Festival À contre sens – les mardis 12 à 21h et 19 à 13h30)

Le Direktor : Ou l’adaptation d’un film méconnu de Lars Von Trier par un metteur en scène suisse inconnu de moi… (au Théâtre de la Bastille – du 12 mars au 4 avril)

Belgian Rules : C’est le retour de Jan Fabre à la Grande Halle de la Villette, avec un spectacle de grande envergure, mais beaucoup moins long que son Mount Olympus. L’ambiance y sera-t-elle aussi survoltée après les accusations portées à son encontre ? (à la Grande Halle de la Villette – du 22 au 24 mars)

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La Légende de Bornéo : Auréolé d’un bouche à oreille flatteur après le film « Tout ce qu’il me reste de la révolution », le collectif L’Avantage du Doute revient au théâtre avec la reprise de cette pièce. Etonnant de voir le Théâtre de l’Atelier appliquer ce que fait le Théâtre de la Porte St Martin ou la Scala (programmer des pièces créées dans le théâtre subventionné) et ce collectif s’aventurer dans le théâtre privé… (du 19 mars au 4 mai – Théâtre de l’Atelier et aussi cet été dans le Off d’Avignon au Théâtre des Carmes)

J’irai peut-être voir

La Collection : De Harold Pinter par Ludovic Lagarde avec Mathieu Amalric, Micha Lescot, Laurent Poitrenaux, Valérie Dashwood, quatre étoiles (Bouffes du Nord – jusqu’au 23 mars)

Bells & Spells : Après le grand-père, les parents, le frère, je demande la soeur : Aurélia Thierrée. Certes un peu réducteur, même si la mère (Victoria Thierrée) a créé le spectacle. Mais c’est assurément un rêve éveillé auquel nous allons assister. (jusqu’au 12 mai –  Théâtre de l’Atelier)

Apocalypse Bébé : Despentes au théâtre, encore (Paris Villette – du 12 au 28 mars)

Chanson douce : Pauline Bayle a le vent en poupe, avant la reprise d’Iliade Odyssée à la Scala… (au Studio – Comédie Française – du 14 mars au 28 avril)

Le Fils : Par Marine Bachelot Nguyen. Pas celui de Florian Zeller, je ne suis pas maso… enfin… (Théâtre du Rond Point – du 19 mars au 14 avril)

Loretta Strong : Copi dont, étonnamment, je n’ai vu aucune adaptation par les Divins Animaux, une mise en scène de Florian Pautasso avec la troublante et singulière Stéphanie Aflalo. (du 21 au 23 mars – à l’Etoile du Nord)

Potentia Gaudendi : Par Gurshad Shaheman, je sais déjà que sauf miracle je ne pourrai pas le voir, mais j’en ai eu de très bons échos, made in Marseille, car avec des élèves de l’ERACM. (Nouveau Théâtre de Montreuil – 21 et 22 mars)

Le Voyage de G. Mastorna : Marie Rémond poursuit sa collaboration avec la Comédie Française après le génial « Comme une pierre qui »… Elle prend comme matériau de départ un film de Federico Fellini qui n’a jamais existé. (du 28 mars au 5 mai au Vieux Colombier – Comédie Française)

Evel Knievel vs Macbeth : Une pièce de Rodrigo Garcia est toujours intéressante, parce qu’il y a toujours une parole, des idées à retenir. (à Nanterre Amandiers – du 29 mars au 7 avril)

Dans le rayon des concerts, on peut citer The Cinematic Orchestra, un (autre) rêve éveillé (Casino de Paris – 18 mars) ; Balthazar, la pop belge classe (Casino de Paris – 25 mars) ; Camp Claude, juste pour l’envie de découvrir (Maroquinerie – 27 mars) ; O – Olivier Marguerit, voir tout  seul celui que j’ai vu à plusieurs avec Syd Matters ou My Girlfriend is better than yours (FGO Barbara – 28 mars)

J’ai déjà vu (et je conseille)

Raoul : James Thierrée, point. (Scala – jusqu’au 20 mars et c’est complet)

Les Damnés : La reprise d’un grand spectacle… faudrait que je relise ma chronique(du 20 mars au 2 juin – à la Salle Richelieu – Comédie Française)

Je devais aller voir

La Trilogie de la Vengeance : Ou la nouvelle création de Simon Stone qui m’avait grandement séduit avec son adaptation très personnelle des Trois Soeurs… Je devais car la représentation à laquelle je devais me rendre a été annulée. C’est une création, ils n’étaient pas prêts… Ont-ils été présomptueux ? Réunir une bande d’acteurs pas forcément habitués à travailler ensemble, sur de l’écriture au plateau, qui plus est… Avec un metteur en scène australien – je ne sais finalement pas s’il parle français… Bref, j’avais profité de la place d’une amie en vacances qui échangera sûrement pour un autre jour. Avec ou sans moi ? (d’après les premiers retours, l’attente vaut la peine) (aux Ateliers Berthier – Odéon Théâtre de l’Europe – du 13 mars au 21 avril)

AVRIL

J’irai voir

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The Hidden Force par Ivo Van Hove (photo : Jan Versweyveld)

The Hidden Force : Ivo Van Hove, voilà. Avec sa troupe hollandaise en prime. (à la Grande Halle de la Villette – du 4 au 11 avril)

Body Roots / Rising (Shira Eviatar) + Hard to be soft – A Belfast Prayer (Oona Doherty) + Sunbengsitting (Simon Mayer) + Hymen Hymne (Nina Santes) : On pourrait penser que le Théâtre de la Bastille se repose un peu trop sur le tg STAN ou Tiago Rodrigues pour composer sa programmation, mais c’est sans compter ces temps forts autour de la danse qui donnent un éclairage sur des grands chorégraphes en devenir. Un risque mais l’assurance  de trouver la pépite de ces prochaines années. (au Théâtre de la Bastille en collaboration avec l’Atelier de Paris / CDCN – du 8 au 18 avril)

JR : J’avais raté leur Pays de Nod, je compte bien découvrir cette fois-ci ce collectif FC Bergman (à la Grande Halle de la Villette – du 12 au 16 avril)

Kreatur : Malgré l’accueil très réservé l’été passé à Avignon, j’ose m’aventurer dans l’univers de Sasha Waltz. (toujours à la Grande Halle de la Villette – du 17 au 20 avril) (j’aime ces soirées qui se passent à 7 min à pied de chez moi…)

J’irai peut-être voir

Affordable Solution for Better Living : Ça m’intrigue (CentQuatre – 5 et 6 avril)

Je suis Fassbinder : Par Falk Richter et Stanislas Nordey  , inratable parait-il (Théâtre du Rond Point – du 5 au 28 avril)

John : Pièce de jeunesse de Wajdi Mouawad, mise en scène par Stanislas Nordey. A quand une belle adaptation d’Alphonse, une autre de ses premières pièces, que j’avais découverte au Fringe Festival d’Edinburgh il y a déjà 9 ans ? (aux Quartiers d’Ivry – du 8 au 19 avril)

Trissotin ou les femmes savantes : Par Macha Makeïeff, sans Maud Wyler mais avec une partie des acteurs qu’on peut voir chez Jean Bellorini (Scala – du 10 avril au 10 mai)

Some Hope for the Bastards : Frédérick Gravel dans un format plus large que les pièces qu’il a l’habitude de nous montrer au Théâtre de la Bastille (Chaillot – du 11 au 13 avril)

Purge Baby Purge : Le Zerep et Marlène Saldana (à Nanterre Amandiers – du 13 au 20 avril)

Méduse : Pour la découverte d’un collectif déjà passé par le festival Impatience et le festival d’Avignon (T2G – du 16 au 10 avril)

Electre/Oreste : Le retour d’Ivo Van Hove au Français… (du 27 avril au 3 juillet à Richelieu – Comédie Française)

Dans les concerts :  Anna Calvi + Shannon Wright, dans le cadre du festival Les Femmes s’en mêlent ou la soirée rêvée (Trabendo – 4 avril) ; Rufus Wainwright, depuis le temps… (Olympia – 5 avril) ; Minimalist Dream House par Katia & Marielle Labèque avec la participation de Thom Yorke (Philharmonie – 7 avril) ; Elisapie, déjà vue et à revoir (Boule Noire – 16 avril) ; Hubert Lenoir, ou la nouvelle sensation québécoise (Maroquinerie – 17 avril) ; Soap & Skin, depuis le temps… (Trianon – 17 avril) ; Sophie Hunger, hypnotisante et émouvante (Gaité Lyrique, 25 avril) ; Glen Hansard, pour ceux qui se souviennent de The Swell Season et du film Once… (Casino de Paris – 27 avril)

J’ai déjà vu (et je conseille)

An Irish Story – Une Histoire Irlandaise : J’en ai déjà parlé, j’ai vu la pièce de Kelly Rivière l’été passé et l’histoire est désormais parisienne avec cette belle série de représentations (au Théâtre de Belleville –  du 3 avril au 30 juin)

MAI

J’irai voir

8-occu3

Fauves : Ou la nouvelle création de Wajdi Mouawad (Colline, du 9 mai au 21 juin)

Occupation Bastille 3 : Troisième édition d’une occupation artistique qui ne ressemblera en rien à celles de Tiago Rodrigues et l’Avantage du Doute. Et pour cause, c’est l’artiste Nathalie Béasse qui la mènera. L’occasion de (re)découvrir Happy Child, Tout semblait immobile, Roses, Le Bruit des Arbres qui tombent. Et d’autres petites choses sont en préparation, me semble-t-il. (du 13 mai au 29 juin – au Théâtre de la Bastille)

J’irai peut-être voir

Opening Night, : Cassavetes meets Teste feat. Adjani (Bouffes du Nord – du 3 au 26 mai)

Ode to the Attempt / Sweat Baby Sweat : Par Jan Martens ou le genre de chorégraphe que je dois encore découvrir (Théâtre des Abbesses – du 6 au 11 mai)

Je m’en vais mais l’Etat demeure : Par Hugues Duchêne, grand ramdam autour de cette pièce (Scala – du 8 au 12 mai)

Logiqueimperturbabledufou : Par Zabou Breitman et raté lors d’un précédent passage au Festival Off d’Avignon (Théâtre du Rond Point – du 9 mai au 2 juin)

Désobéir : Par Julie Bérès, avec un parfum de F(l)ammes (Paris Villette – du 9 au 19 mai)

L’Ennemi Du Peuple : Nicolas Bouchaud, point. (du 10 mai au 15 juin – à l’Odéon Théâtre de l’Europe)

Contes Immoraux Partie 1 – Maison Mère : Après avoir vu Saison Sèche, je ne peux qu’ajouter ce spectacle à ma liste des envies… (à Nanterre Amandiers – du 13 au 18 mai)

Lostmovements : Par Jan Martens & Marc Vanruxt, si cette année je le rate, je le fais exprès (Nouveau Théâtre de Montreuil / Rencontres Chorégraphiques de Seine St Denis – 17 et 18 mai)

Cataract Valley : Parce que voir un spectacle de Marie Rémond est toujours un ravissement (j’en ai vu trois, je me donne le droit d’énoncer cette vérité) (du 17 mai au 15 juin dans la petite salle des Ateliers Berthier – Odéon Théâtre de l’Europe)

Ce qui demeure : Par Elise Chatauret, parce que je l’avais raté l’été dernier à la Manufacture pendant Avignon Off (Quartiers d’Ivry – du 18 au 28 mai)

Dans les concerts : Jesse Mac Cormack, découvert en 1e partie d’un concert de Patrick Watson, me semble-t-il et pour que je me souvienne d’une première partie, c’est qu’il en valait la peine (Pop Up! – 4 mai) Emilie Kahn, qui a abandonné son harpe Ogden (Café de la Danse – 15 mai) ; Jon Spencer & The Hitmakers, explosif à coup sûr – je ne me lave plus les cheveux depuis qu’il m’a ébouriffé lors d’un concert à emporter dans un atelier du XXe il y a six (?) ans (Maroquinerie – 17 mai) ; Constance Verluca, c’est avec une impatience non dissimulée que je vais découvrir les nouvelles chansons de celle qui chantait « Vive le chocolat, l’héroïne et la vodka ! » (Les Étoiles –  23 mai) ; The Good, The Bad & The Queen, avec Damon Albarn notamment (Bataclan – 27 mai) ; Erik Truffaz Quartet feat. Nya, genre de jazz qu j’écoute (Odéon Théâtre de l’Europe – 27 mai)

J’ai déjà vu (et je conseille)

Iliade / Odyssée, par Pauline Bayle, vus à la Manufacture (Avignon Off) et au Théâtre de la Bastille, repris ici mais avec une nouvelle distribution (Scala – du 21 mai au 2 juin)

Hors Concours

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Les Infilitré.e.s saison 2 : Je joue dedans, c’est une écriture collective, c’est un projet de Marc Woog de la Compagnie Mimesis, c’est les 9 et 10 mai au Théâtre de la Bastille. (hormis des tableaux collectifs, j’aurai la chance  (?) d’interpréter une scène de « Après la répétition » vu cette année dans le même théâtre avec Georgia Scalliet et Franck Vercruyssen du tg STAN.)

JUIN

J’irai voir

Je n’ai aucun billet dans mon escarcelle, une anomalie dans mon histoire spectaculaire…

J’irai peut-être voir

Où la chèvre est attachée : Par Rébecca Chaillon que j’avais ratée au dernier festival Transformes à la Villette (Nouveau Théâtre de Montreuil – du 3 au 6 juin)

Aziz Ansari : Master of None (Olympia – 8 juin)

Soufflette : Par François Chaignaud et la compagnie Carte Blanche, je veux revoir le premier depuis Romances Inciertos (MC93 Bobigny / Rencontres Chorégraphiques de Seine St Denis – les 12 et 13 juin)

Why ? : par Peter Brook et Marie-Hélène Estienne, cela se suffit à soi-même (Bouffes du Nord – du 19 juin au 13 juillet)

The Swan and the Pimp : Par Hillel Kogan, le créateur de I love Arabs (Nouveau Théâtre de Montreuil / Rencontres Chorégraphiques de Seine St Denis – 21 et 22 juin)

Moving with Pina : Par Christina Morganti, comme je ne verrai probablement aucun Pina Bausch cette saison, cela sera peut-être mon lot de consolation (Théâtre des Abbesses – du 25 au 29 juin)

Bon voyage, Bob… : Par Alan Lucien Oyen et surtout le Wuppertal Tanztheater, nouvelle tentative de faire vivre la troupe sans sa créatrice (Chaillot, du 29 juin au 3 juillet)

Dans les concerts :  Julia Holter + Cate le Bon, parce qu’on m’en a dit du bien (Trabendo – 8 juin) ; Chewing-Gum Silence, par le clarinettiste Antonin Tri Hoang (Philharmonie – 15 juin) ; Eve Risser, pianiste inclassable entre jazz et musique contemporaine (Philharmonie – 16 juin) ; Les Innocents, les meilleures chansons pop françaises au monde (Café de la Danse – 19 juin) ; Elton John, non non, vous avez bien lu (20 juin – Bercy) ; Kevin Morby, car on m’en a dit aussi du bien (Cabaret Sauvage – 20 juin) ; Tom Jones, et j’assume totalement (Salle Pleyel – 28-29 juin)

J’ai déjà vu (et je conseille)

Saïgon : Vous pouvez lire ma chronique par ici (du 5 au 22 juin – aux Ateliers Berthier – Odéon Théâtre de l’Europe)

JUILLET

J’irai voir

La Cité Idéale Radieuse et Éternelle : Ou la nouvelle pièce du Laboratoire à Théâtre que j’ai bien connu pendant 3 ans. (MPAA St-Germain – 6 et 7 juillet)

J’irai peut-être voir

Dans les concerts, Cat Power avec H-Burns en 1e partie, en souvenir de plein de choses que je n’écrirai pas ici (Philharmonie – 4 juillet) ; Jonsi & Alex Somers, quand il y a du Sigur Ros quelque part, c’est toujours bon à entendre (Philharmonie, 6 /7 juillet) ; Thom Yorke : Point (Philharmonie – 7 juillet)

Je n’irai pas voir mais j’ai une bonne raison

Since She : Je serai au même moment à Avignon. Et pourtant j’avais très envie de voir ce que Dimitris Papaioannou avait à dire avec les danseurs du Wuppertal Tanztheater. (du 8 au 11 juillet à la Grande Halle de la Villette)

Ps : Je ne dirai pas combien de temps m’a pris la rédaction et la mise en page de cet article, mais je ne le ferai pas tous les jours…

Heptameron (Marguerite de Navarre / Benjamin Lazar / Bouffes du Nord)

(de quoi ça parle en vrai)

« (…) Confiné par des pluies diluviennes, un groupe d’hommes et de femmes décide de se raconter chaque jour des histoires d’amour, terrifiantes ou émouvantes, mais toutes véritables. Dans cette adaptation contemporaine, les récits anciens s’enchevêtrent aux récits actuels, tissant des ponts inattendus entre les êtres, les langues, les pays et les siècles. L’invitation au voyage s’accomplit dans une temporalité mouvante, au son de ces poèmes chantés que sont les madrigaux baroques de Claudio Monteverdi, Luca Marenzio, et Michelangelo Rossi notamment, qui révèlent toute leur force théâtrale. » (source : ici)

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Crédits photos : Simon Gosselin

(ceci n’est pas une critique, mais…)

A dire vrai, je n’avais pas prévu de voir ce spectacle. Mais la personne à qui je voulais offrir une place de spectacle avait choisi celui-ci. Je me suis donc exécuté et l’ai donc accompagnée. Je ne l’avais pas sélectionné car je pressentais que ce n’était pas pour moi. Mais j’étais tout de même curieux, une fois les billets pris, de découvrir le travail de Benjamin Lazar, qui avait eu des critiques dithyrambiques (je ne dirai pas combien de fois j’ai dû réécrire ce mot-là) pour sa dernière création, La Traviata avec l’étonnante Judith Chemla.

C’est typiquement le genre de spectacles pour lesquels je vois les points positifs, la sincérité des artistes, la qualité des interprètes-musiciens. Et pourtant ça ne me touche pas. La sauce ne prend pas. Je me détesterais presque moi-même de ne pas plus aimer, parce que forcément je me dis : « Mais je ne dois pas avoir les clés (comme il m’arrive parfois), mais c’est que je ne dois rien comprendre… ». Cependant, quelques jours après avoir vu ce spectacle, il ne m’en reste pas grand chose. Je perçois la délicatesse, l’harmonie, mais me restent seulement en bouche une certaine fadeur et un manque de rythme.

Et je ne vois pas trop ce que je pourrais en dire de plus.

 

HEPTAMERON

D’après L’Heptaméron de Marguerite de Navarre

Et d’après la musique Claudio Monteverdi, Luca Marenzio, Benedetto Pallavicino, Carlo Gesualdo, Michelangelo Rossi et Biagio Marini

Mise en scène Benjamin Lazar

Direction musicale Geoffroy Jourdain – Scénographie Adeline Caron – Costumes Adeline Caron et Julia Brochier – Lumières Mael Iger – Maquillages et coiffures Mathilde Benmoussa – Images Joseph Paris – Assistant mise en scène et dramaturge Tristan Rothhut

Avec Fanny Blondeau, Geoffrey Carey, Malo de La Tullaye

et avec Les Cris de Paris : Virgile Ancely, Anne-Lou Bissières, Stéphen Collardelle, Marie Picaut, William Shelton, Luanda Siqueira, Michiko Takahashi et Ryan Veillet

Aux Bouffes du Nord, Paris (la dernière était le 23 février) et à l’Opéra de Reims les 1er et 2 mars, au Théâtre de Caen les 12 et 13 mars, au Trident, Scène nationale de Cherbourg les 18 et 19 mars, au Théâtre d’Angoulême les 22 et 23 mars, au Théâtre de Liège du 31 mars au 4 avril

 

 

(une autre histoire)

Soudain j’eus un doute : était-ce une si bonne idée de l’inviter voir cette pièce dont je ne sais pas grand chose. Parce que quand j’entends Heptameron, je pense à Decameron, Pasolini et tout ça. Moment gênant en perspective ?

Soudain j’eus un doute : lui avais-je dit de me rejoindre à la Chapelle ou à Porte de la Chapelle ? Parce que c’est pas la porte d’à côté.

Soudain j’eus un doute : mes vêtements sont-ils assortis ? Parce que je doute de tout en ce moment. L’avantage du doute (gros clin d’oeil, face caméra), c’est qu’on est sûr de rien. Je porte du noir, non pas par deuil, même si j’ai eu de quoi ces dernières semaines, mais parce que ça m’amincit. J’ai un peu pris sur les hanches, et devant et derrière aussi. Ça m’amincit mais j’ai des pellicules. Et ça se voit, sur le noir. Comme quand tu vas dans une fête où il y a une lumière noire. C’est assez embarrassant. J’ai pourtant reçu de VentePrivée.com une cargaison de shampooings Head and Shoulders anti-pelliculaire, mais rien n’y fait. Je crois que c’est ma barbe, en fait.  C’est possible, ça ? Le groupe Dionysos chantait « J’ai froid, je pleure de la neige. » Il ne fait pas froid en ce moment. C’est le réchauffement climatique. Je ne pleure pas, malgré mon allergie aux cyprès, alors qu’il n’y a pas de cyprès ici. Mais c’est comme si je transpirais de la neige.  Comme si je transpirais des cheveux et de la barbe. Normalement quand je transpire, il y a des traces de sel qui se déposent sur mes vêtements. Il parait que c’est comme ça quand on n’est pas tout maigre. C’est une litote ou un euphémisme ? J’ai un doute.

 

vu le mercredi 20 février 2019 aux Bouffes du Nord, Paris

prix de ma place : 34€ (cat.1)

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

On voudrait revivre (Manset / Brugnon / Hummel / Kerzanet / Théâtre de l’Opprimé)

(de quoi ça parle en vrai)

Comment approcher Gérard Manset, cet artiste déroutant et inclassable qui, depuis son premier album Animal on est mal sorti en 1968, n’a fait aucun concert et refuse toute interview… ou presque ? Léopoldine Hummel, révélation récente de la scène chanson, et Maxime Kerzanet, comédien et musicien, ont voulu mettre sous les projecteurs cet auteur-compositeur de l’ombre, dans l’écrin d’un théâtre, le seul endroit au monde capable de prendre soin des êtres sensibles. Sous le regard de Chloé Brugnon, ils bidouillent les sons, détournent les chansons, subliment les paroles pour nous offrir un voyage théâtral et musical plein de poésie. Gérard Manset est leur point de départ. Cet artiste qui s’est offert le luxe d’une liberté artistique exploratrice loin des modes et formatages, est la source d’inspiration idéale pour une réinvention collective de son parcours en solitaire, un palimpseste. Il devient une figure tendre qui accueille tous les questionnements poétiques du monde. (source : ici)

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© Félix Taulelle

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

On va dire que je fais une fixette sur certain.e.s artistes. Je pense à Tiago Rodrigues, tg STAN, Marlène Saldana et… Léopoldine Hummel. Sachez que la dernière fois que je l’ai vue, c‘était avant tout pour Marc Lainé, que les choses soient bien claires ! Ici, je ne peux m’en cacher, l’idée de la revoir sur scène avec Maxime Kerzanet (qui l’accompagne également quand elle se fait appeler Léopoldine HH) me met en joie…

Je ne connais pas Gérard Manset. Enfin… Je croyais ne pas le connaître. Mais en entendant certaines de ses chansons pendant le spectacle, je me suis rendu compte qu’il n’en était rien. Que cette chanson dans Holy Motors de Leos Carax, c’était lui. Que « Comme un Lego », qui m’était familière grâce à la version de Bashung, c’était lui. Et bien d’autres encore. Grâce au gracieux duo (et attachant et malicieux) Hummel / Kerzanet, on apprend à connaître ce personnage énigmatique qu’est Gérard Manset, à appréhender l’animal. Il nous donne surtout envie d’écouter 52 fois ses chansons et de (re)lire Nerval et/ou Handke. J’aime quand les artistes se font passeurs (j’ai lu Gwenaëlle Aubry, c’est un exemple).

Cet objet non identifié spectaculaire vaut également pour la mise en scène de Chloé Brugnon, toute en finesse et en intimité. Pourtant, on est quelque peu dérouté en début de spectacle quand Léopoldine Hummel et Maxime Kerzanet se relaient la parole de Manset, que ce moment plus ou moins improvisé dure, sans trop savoir où ça peut nous mener. Léopoldine et Maxime (et Chloé… oui, je les appelle par leurs prénoms, même si je ne les connais pas) nous emmènent ailleurs. La poésie, la douce folie et la sincérité des deux interprètes emportent tout.

En sortant du théâtre de l’Opprimé, on ne replace pas ses écouteurs dans ses oreilles pour s’isoler de je ne sais quoi. On a dans la tête ce petit air, ces visages… Parce qu’on voudrait revivre ce moment…

 

ON VOUDRAIT REVIVRE

A partir des chansons de Gérard Manset

Mise en scène : Chloé Brugnon (Compagnie Claire Sergent)

Avec : Léopoldine Hummel, Maxime Kerzanet

Création lumière : Hugo Dragone – Création son : Mathieu Diemert – Costumes et accessoires : Jennifer Minard

Jusqu’au dimanche 21 janvier 2019 au Théâtre de l’Opprimé, Paris

Et à la Caserne à 11h du 6 au 22 juillet 2019 (Avignon Off)

 

(une autre histoire)

On ne se souvient pas de la première fois. Qu’on découvre un artiste. Un compositeur, un auteur, un interprète. Je ne parle pas du concert, je ne parle de la chanson qu’on entendrait dans un film et qui nous ferait patienter jusqu’à la fin du générique. Je regarde ma discothèque et… Radiohead… c’était quand, c’était quoi, c’était où ? Patrick Watson… c’était quand, c’était quoi, c’était avec qui ? Emiliana Torrini… c’était… à Québec, en juillet 2005. Je suis dans ce magasin de disques, aujourd’hui disparu trop tôt, Sillons, dans la rue Cartier. Je cherche une compilation du label Tigersushi que m’a conseillé la serveuse du Bonnet d’Âne, un restaurant dans la rue St Jean. En fond sonore, j’entends une voix. Je demande à la vendeuse à qui elle appartient. Comme dans une impulsion j’achète par la même occasion le disque, qui m’accompagne ensuite dans mon périple gaspésien. Je me souviens être resté toute une après-midi sur une plage, le pantalon retroussé jusqu’aux genoux, les écouteurs dans les oreilles et avoir tenté d’écrire des paroles sur une des musiques de cette artiste islandaise. Je me suis brûlé les tibias. Coup de soleil.

Finalement on peut se souvenir de la première fois.

 

vu le vendredi 18 janvier 2019 au Théâtre de l’Opprimé, Paris

prix de ma place : 16€

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Deux mille dix-huit

SPECTACLE VIVANT

Une année record (j’avais déjà dit cela l’an passé, mais j’ai de nouveau battu mon record, c’est moi qui ai la plus longue, pour une fois). Alors même que cette année j’ai travaillé à plein temps (pour le pire et le moins pire), je sais déjà que j’en ferai beaucoup moins en 2019, j’ai vu mes limites, tant physiques qu’inspirationnelles, si je puis dire. (ça aussi, je l’ai déjà écrit l’an passé, mais à moins qu’on me paye pour écrire, je verrai réellement beaucoup moins de spectacles l’an prochain). Pour être plus sérieux, j’ai la fâcheuse impression que d’en voir beaucoup me blase un tantinet…

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Bibliothèque du Théâtre de Gennevilliers

139 spectacles (71 il y a 2 ans, 101 l’an passé) à Paris, Montreuil, Bobigny, Nanterre, Gennevilliers, Aubervilliers, Saint-Denis, Boulogne-Billancourt, Saint-Ouen, mais aussi Avignon, Bussang, Bruxelles, Londres et Lausanne, dans 66 lieux avec des artistes français, belges, anglais, néerlandais, italiens, portugais, canadiens, danois, suisses, brésiliens, grecs, polonais, allemands, israëliens, russes… parfois (souvent) dans le texte. Du théâtre, des chevaux, des images, du son, de la musique, des marionnettes, des objets, du théâtre documentaire, de la danse, du cirque, du seul en scène, du one wo.man show, des écoles de théâtre, des gens tous nus, des performances, du jeune public, des professionnels, des « amateurs » et même des pièces dans le privé…

Trois spectacles vus une 2e fois (« Iliade » par Pauline Bayle, « Bovary » et « Sopro » de Tiago Rodrigues) ou une 3e fois (« By Heart » de Tiago Rodrigues, toujours lui)

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Ça ne se passe jamais comme prévu de Tiago Rodrigues avec les élèves de la Manufacture au Théâtre de l’Aquarium

J’ai vu cinq spectacles du tg STAN (« Quoi Maintenant », « Infidèles », « Atelier », « Après la répétition », « Quartett »), quatre de Tiago Rodrigues (+ « Ça ne se passe jamais comme prévu ») (#TeamTiago), quatre de Julien Gosselin (« 1993 » et sa trilogie Don DeLillo), quatre de Gwenaël Morin (sa tétralogie « Molière de Vitez »), trois de Marc Lainé (« La fusillade sur une plage d’Allemagne », « Hunter », « La Chambre désaccordée »), deux du Collectif L’Avantage du Doute (« Grande Traversée », « La Caverne ») (le film de Judith Davis « Tout ce qu’il me reste de la révolution » sort début février, soit dit en passant), deux de Pauline Bayle (« Iliade » et « Odyssée »), deux avec Laetitia Dosch (« La Maladie de la Mort » de Katie Mitchell et « Hate »), deux avec Emilie Incerti Formentini (« Au bois » et « Love me tender »), deux avec Grégoire Monsaingeon (« Bovary » et « Ovni(s) »), deux de Lisbeth Gruwez (« We’re pretty fuckin’ far from ok », « The Sea Within »), etc.

Par souci de transparence, je tiens à mentionner que j’ai bénéficié de 43 invitations  (dont 19 dans le cadre du Festival Off d’Avignon) grâce à ce blog ou dans le cadre de  mes contributions au Blog de Nestor (blog sur l’actualité culturelle montreuilloise). J’ai donc payé 96 fois ma place…

À part ça de grands souvenirs avec (dans le désordre) :

  • France Fantôme de Tiphaine Raffier au TGP St-Denis
  • B. Traven de Frédéric Sonntag au Nouveau Théâtre de Montreuil
  • The Encounter de Simon McBurney à l’Odéon Théâtre de l’Europe
  • Tragédies Romaines de Ivo Van Hove à Chaillot (je ne l’ai pas chronique, vous rendez-vous compte ?!?)
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Tragédies romaines d’Ivo Van Hove à Chaillot

Et dans les (plus ou moins) bons souvenirs :

  • le bataillon 30 hyper dissipé aux Tanneurs pour le « By Heart » de Tiago Rodrigues.
  • ma crampe à la cuisse droite durant la trilogie Don DeLillo aux Ateliers Berthier.
  • le site magnifique du Théâtre du Peuple à Bussang.
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Théâtre du Peuple, Bussang
  • mon extinction de voix à cause de Laetitia Dosch (ou plutôt à cause de ma persévérance à ne pas vouloir acheter de parapluie)
  • mon accréditation pour le Off d’Avignon.
  • la découverte du Barbican à Londres (clin d’oeil à Camellia Burows)
  • tomber amoureux d’une bonne dizaine de comédiennes/danseuses (en vrai, j’ai préféré ne pas compter pour ne pas me faire du mal) (clin d’oeil à Laurent, je te laisse Laetitia, mais j’ai vu Lisbeth avant toi, je te ferai remarquer !)
  • ces moments « je vais aux toilettes ou je n’y vais pas » pendant les spectacles de Gosselin ou Van Hove.
  • ma gêne lors de ma rencontre avec une comédienne qui avait lu ma chronique mitigée d’une pièce dans laquelle elle avait joué (longue phrase bien lourde).

 

CONCERTS

16 soirées concerts (soit moitié moins que l’an passé) mais avec 27 artistes ou groupes.

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Parce que je fais parfois régisseur son…

TOP 5

 

EXPOS

La découverte (enfin) des Rencontres Photographiques d’Arles, les polaroïds de Wim Wenders à Londres, mon initiation à l’architecture…

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La Cité Radieuse par le Corbusier sur la Planète Mars

 

CINÉMA

Moitié moins de films cette année (35 au 26 décembre 2018), la faute au théâtre et aux chroniques à écrire, à la flemme. Huit films sont tout de même parvenus à se détacher : 

  • Leto de Kirill Serebrennikov
  • Shéhérazade de Jean-Bernard Marlin (#TeamLycéeMichelet)

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  • Amanda de Mikael Hers
  • Climax de Gaspar Noé
  • Woman at War de Benedikt Erlingsson
  • Au Poste de Quentin Dupieux
  • Phantom Thread de Paul Thomas Anderson
  • Ready Player One de Steven Spielberg

 

SÉRIES

J’ai vu énormément (trop ?) de saisons cette année : 50 si j’ai bien compté

TOP 5

  • l’intégrale de Six Feet Under (enfin !) : qui m’a totalement dévasté, je pèse mes mots.
  • la saison 2 de The Good Fight : série trop méconnue, légèrement anti-Trump.
  • la saison 1 de Kidding (+ S1 : I’m dying up here) : Jim Carrey. Voilà.
  • la saison 1 de Counterpart : Espionnage et monde parallèle…
  • la saison 1 de The First : Sean Penn, Mars… Elle prend son temps.

 

LIVRES

TOP 5

  • la découverte FabCaro avec « Zaï  Zaï Zaï Zaï »et son roman « Le Discours » auquel je me suis pas mal reconnu (c’était même assez troublant à certains endroits) :

 

« Je ne suis pas comme vous, je vous emmerde, j’ai trop de problèmes dans ma vie pour faire la chenille, j’ai lu « Le livre de l’intranquillité » de Pessoa, vous imaginez quelqu’un qui a lu « Le livre de l’intranquillité » de Pessoa faire la chenille ? »

 

  • l’Arabe du Futur 4 de Riad Sattouf
  • Vernon Subutex 3 de Virginie Despentes
  • Le Lambeau de Philippe Lançon

 

CÔTÉ BLOG 

5 articles pas par moi : de grands remerciements encore et toujours à Cyril Bivalski et Laurent Suavet. La porte reste toujours ouverte pour vous (et pour d’autres aussi, soyons fous !)

130 articles écrits par moi…

Top 10 fréquentation (au 26 décembre) :

Le blog va plutôt bien, merci de demander. 

 

SUR LE PLAN PERSONNEL

Sans rentrer dans les détails… J’ai donc écrit de nombreux articles pour ce blog (130), quelques articles pour le Blog de Nestor (19 peut-être). J’ai collaboré à Radio Mortimer (et fait la connaissance de personnes très très intéressantes). J’ai (enfin) terminé d’écrire ma deuxième pièce que j’espère pouvoir monter d’une façon ou d’une autre en 2019, participé au labo social (fantôme) mené par le collectif « L’Avantage du Doute » lors de l’Occupation Bastille 2 (dans le théâtre du même nom), joué à deux reprises dans la salle du haut du théâtre de la Bastille en compagnie de mes amis Les Infilitré.e.s (et dit un de mes textes, tout seul devant le public)… Je crois que j’ai beaucoup écrit cette année… (et je ne suis absolument pas épuisé, mais ça c’est l’âge)

 

Et prochainement en 2019… Les Infiltré.e.s saison 2 au théâtre de la Bastille les 9 et 10 mai… « Dedans ma tête », le seul en scène écrit et interprété par moi-même… Des chroniques made in Québec…

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photo : Marc Woog – Compagnie Mimesis

 

Textes et photos (sauf mention contraire) : Axel Ito

Elisapie + Mark Bérubé – Kliffs (la Bellevilloise / Aurores Montréal)

(ceci n’est pas une critique mais…)

Je n’arrive pas à retrouver à quelle occasion j’ai déjà vu Mark Bérubé. C’était en première partie, mais de qui ? Quoi qu’il en soit, je fus bien heureux de le revoir sur la scène de la Bellevilloise en compagnie de Kristina Koropecki au violoncelle pour son nouveau projet Kliffs. Encore un de ces artistes méconnus et sous-estimés qui vaut vraiment qu’on se donne la peine de prêter une oreille (et pourquoi pas les deux) à sa musique, qui oscille entre pop et folk.

J’avais découvert Elisapie (Isaac) grâce à une chanson « Moi Elsie » écrite par Richard Desjardins et composée par l’inénarrable Pierre Lapointe.

Ça faisait longtemps que je l’avais dans l’oreille et l’idée de la voir enfin sur scène était une évidence. Je ne fus pas déçu. Ses premiers mots seront en inuktitut car la belle Elisapie est originaire du Nunavut, le Grand Nord. Je souris comme si j’avais compris mais il n’en est rien. La dame est envoûtante, intimidante aussi. Son regard nous transperce et on a du mal à le soutenir. Elle chante aussi en anglais et en français. D’excellents musiciens l’entourent, les chansons nous emportent dans un ailleurs inconnu de nous. Elisapie peut être piquante quand elle se moque gentiment des Français. Mais elle est surtout captivante quand elle raconte ses origines, sa famille.

Son nouvel album « The Ballad Of The Runaway Girl » est disponible dans les bacs, comme on disait dans le temps et son tout premier à être commercialisé en France. Mieux vaut tard…

ELISAPIE + MARK BERUBÉ « KLIFFS »

à la Bellevilloise, Paris, dans le cadre du festival « Aurores Montréal »

 

(une autre histoire…)

Le Québec et moi, c’est une longue (et autre) histoire. Presque treize ans. On pourrait remonter jusqu’à la sortie de « 1990 » le titre le plus connu en France de l’auteur – compositeur – interprète Jean Leloup (que je n’ai toujours pas vu sur scène). Mais c’est bien en 2005, quand ma soeur eut la bonne idée de s’installer là-bas que je me mis à découvrir et à aimer le Québec et donc sa musique. Je ne vous parle pas des chansons de Céline Dion, Garou et Isabelle Boulay, je vous parle plutôt de ces interprètes qui ont eu plus ou moins de difficultés à traverser l’océan Atlantique, je parle de Jorane, Karkwa, Malajube, Dobacaracol, Les Cowboys Fringants, Misteur Valaire, Gatineau, Atach Tatuq, Damien Robitaille, Pierre Lapointe, Klô Pelgag… (ceci dit, le Québec n’est pas une exception dans mes découvertes musicales, j’éprouve de plus en plus de difficultés à découvrir de nouveaux artistes, la faute au temps qui passe trop vite, au théâtre, etc., d’où ces noms qui ne sentent pas encore la naphtaline mais un certain parfum so ’05/10, Klô Pelgag étant l’exception qui confirme la règle) Et encore je ne parle pas des artistes anglophones comme Patrick Watson. Bref, c’est grâce à mes séjours dans le Nouveau Monde, à des balladodiffusions comme celles de feu Bande à Part, à des journalistes comme Catherine Pogonat et des festivals comme Aurores Montréal, que je découvre toujours plus d’artistes fabriqués au Québec et aussi dans le Grand Nord comme Elisapie.

Tout ça pour dire que ces artistes font partie de ce que je suis aujourd’hui et qu’il ne se passe pas un jour sans que j’écoute un de leurs morceaux. Je pourrais entrer dans les détails, mais ce ne serait pas très intéressant. L’été prochain, je retourne au Québec, je raterai sûrement le Festival d’Été de Québec à cause d’un certain autre festival théâtral, mais je saurai me rattraper, certainement au festival Osheaga à Montréal ou aux soirées bucoliques à l’Auberge de l’Île du Repos du côté de Péribonka et du Lac St-Jean ! Ou pourquoi pas à Petite Vallée. Y a aussi ce micro-festival à St Pierre et Miquelon, Rock’n’Rhum. Certes, nous ne sommes plus au Canada, mais cet endroit me fait terriblement envie. La vie insulaire, quoi ! Comme une envie de me retirer, de faire l’ermite. J’en parle souvent. Ici. Ailleurs. Une envie qui a toujours été « dedans ma tête ». M’isoler. Devenir hermétique à toute pollution. Ne plus entendre le bruit. Assez utopique, j’en conviens. Un jour peut-être. Mais pas tout de suite. J’ai encore bien à faire.

 

vu le mardi 4 décembre 2018 à la Bellevilloise, Paris

prix de ma place : 16,80€

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

(photo de couverture : pochette de l’album d’Elisapie  » The Ballad of the Runaway Girl »

KEZIAH JONES (Auvernier Jazz Friday, Case à Chocs, 6 décembre 2018, Suisse)

(Ceci n’est pas une critique même si celle-ci est écrite par Cyril Bivalski)

Keziah Jones. Hier soir, j’ai eu la chance de le voir en concert dans le cadre de l’Auvernier Jazz Friday qui se tenait à la Case à Chocs. Complet. Salle archi comble.

J’ai toujours suivi, même sans le vouloir forcément, ce que faisait Keziah Jones. Je ne l’avais jamais vu en concert. Hier soir pas d’excuse, il passait dans une chouette salle à quelques encablures de chez moi.

J’aime bien arriver pendant la première partie, histoire de voir l’ambiance et de goûter une première bière. Jun’ai, c’était. Bien, frais, bon groove. Bonne première partie. Mais alors il y a un truc qu’il faut soigner les gars : quand on fait un concert, le minimum c’est de bien se saper.

Première partie vite passée, changement de plateau. Je ne m’étais pas du tout renseigné sur le type de formation avec laquelle Keziah Jones allait se présenter ce soir. Je ne vois pas de batterie, pas de micro pour une éventuelle section de cuivres. Je vois juste un mur d’amplis guitare (deux Marshall, un Vox) et deux pré-amplis, un tabouret et deux micros voix. Bon, ok, on va voir.

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crédit photo : Cyril Bivalski

Mr. Jones arrive seul par la droite avec un chapeau qui lui mange une bonne partie du crâne et une guitare sous le bras. Il nous annonce qu’il n’a pas de setlist et qu’il jouera des morceaux au gré de son humeur et de son envie. Il entre tout de suite dans le vif du sujet. Million Miles From Home. Lagos est à la fois loin et proche. Son jeu est assez incroyable. On a l’impression qu’il a trois mains droites et deux guitares. Effectivement, il n’a pas besoin d’être accompagné par d’autres musiciens ce soir, il arrive à occuper l’espace à lui tout seul.

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crédit photo : Cyril Bivalski

Le concert file. L’énergie, l’intensité et la joie sont là. A un moment, vers le milieu du concert, Keziah Jones s’adresse alors au public et dit qu’il voyage beaucoup, de par son métier et ce depuis longtemps. Il a remarqué que dans les rues, l’ambiance a changé. Elle se tend. Les temps sont compliqués. Il entame alors deux reprises : War de Bob Marley et All Along the Watch Tower de Bob Dylan. De bon aloi. Superbes versions.

Fin du concert. Un seul rappel. Franchement bravo ! Pas vu le temps passé. Merci Mr. Jones d’être venu jusqu’ ici ! Ca fait du bien de vous entendre !

Vu à la Case à Chocs, Neuchâtel, Suisse dans le cadre de l’Auvernier Jazz Friday, le 6 décembre 2018 à 21 :30.

Prix de ma place : 30 CHF

(Une autre histoire)

Keziah Jones a été découvert dans les couloirs du métro de Paris par Delabel.

Mais où ?

Parce que moi, chaque fois que je prends le métro, les musiciens que je croise ne jouent pas d’Afrobeat ou de Blufunk. C’est plutôt du Piaf massacré à l’accordéon. La Vie en Rose. Le supplice pour touristes. Accompagné par le grincement des roues dans les virages, un vrai bonheur.

Où ? Où jouais-tu Keziah ?

(textes et photos : Cyril Bivalski)

Une visite au Théâtre Marigny

/REPORTAGE/

La journée du lundi 22 octobre 2018 devra être marquée d’une craie blanche sur une pierre… Je ne sais plus l’expression. Pour la première fois en quatorze ans de vie parisienne, je suis passé devant l’Élysée et j’ai entraperçu Claire Chazal. Définitivement le plus beau jour de ma vie. Mais pourquoi donc cette concordance des événements, me direz-vous ? Grâce à la visite du Théâtre Marigny !

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Marigny, un théâtre ô combien mythique qui, après de longues années de travaux (le nombre de doigts d’une main) rouvrira ses portes le 14 novembre 2018 avec la première de Peau d’Âne, le chef d’oeuvre de Jacques Demy et Michel Legrand enfin transposé sur scène !

Alors que nous pénétrons dans le saint des saints par la porte de derrière (l’entrée des artistes), notre odorat peut appréhender un certain parfum : la peinture fraîche. Les petites mains ont encore trois petites semaines pour fignoler, « finitionner », dépoussiérer… Les loges sont flambant neuves, le hall d’entrée est spacieux (nous n’avons malheureusement pas visité les toilettes), tout est adapté pour que tous les publics (personnes à mobilité réduite incluses) puissent profiter de l’expérience Marigny chapeautée par Jean-Luc Choplin, l’ancien directeur du Théâtre du Châtelet. Nous pourrons même venir en oubliant pour de vrai notre petite pièce à la maison, puisque les ouvreuses et ouvreurs ne seront pas rémunéré.e.s au pourboire et ainsi nous asseoir confortablement dans les fauteuils de la deuxième catégorie qui ont une très bonne visibilité (cela pourrait ressembler à du publi-reportage, mais pour le coup, c’est vraiment confortable et on y voit très bien de la corbeille en deuxième catégorie).

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(magnifique photo, admirez ce grain…)

Après une brève incursion à la Seine Musicale, Jean-Luc Choplin est arrivé assez tardivement dans cette aventure risquée aux vues du coût des travaux (vingt millions d’euros…) et d’un théâtre privé en pleine mutation (rachat des théâtres par des grands groupes financiers… un Monopoly dédié aux théâtres parisiens prochainement ?). Et force est de constater que la programmation, en grande partie, vaut le coup d’oeil, même si, pour être honnête, je ne pense pas vraiment être le coeur de cible (j’y reviendrai peut-être). Choplin a su imposer certaines de ses exigences : conserver la deuxième salle (anciennement Popesco), changer le parquet de la grande salle pour épargner les articulations des danseur.se.s appelé.e.s à le fouler (liste non exhaustive). Fort de son expérience au Châtelet et de son carnet d’adresses fourni, il a su monter une première saison à grande vitesse (arrivée à Marigny en février 2018, début de saison neuf mois plus tard… symbolique, non ?), avec un premier grand coup, l’adaptation du Peau d’Âne du tandem Demy/Legrand.

Je n’ai pas été biberonné aux films de Jacques Demy (même si je me suis rattrapé depuis) et hormis les comédies musicales américaines telles Chantons sous la pluie et West Side Story, ma connaissance en la matière ne joue pas en ma faveur (The Rocky Horror Picture Show et Hedwig the Angry Inch sont les exceptions). Pourtant de ce que nous avons pu voir des décors et des costumes (photos interdites, désolé…), la transposition sur scène paraît être fidèle à l’original filmique.

Je parlais un peu plus haut des films de Stanley Donen et Robert Wise, c’est au théâtre du Châtelet que j’ai pu voir leurs adaptations scéniques (de haut vol). Et qui dirigeait alors le Théâtre du Châtelet ?

A partir du mois de mars le musical « Guys and dolls » prendra le relais dans la grande salle, en attendant la saison 19/20, sur laquelle Choplin et son équipe travaillent déjà… (points de suspension lourds de sens)

En plus de la prestigieuse grande salle (et inscrite au titre des Monuments Historiques) , le Studio Marigny a également droit à sa programmation, plus variée, entre lecture (Frédéric Mitterrand… je vais passer mon tour…), théâtre (Xavier Durringer à l’écriture (un de mes auteurs fétiches de quand j’avais vingt ans), Dominique Pitoiset à la mise en scène avec « A Love Supreme »), spectacle musical (Le Petit Prince adapté par l’artiste Julien Cottereau avec la musique du duo Jatekok… je suis un peu amoureux d’une des deux pianistes… je suis un coeur d’artichaut…), j’en passe… Vous pouvez consulter le site du théâtre qui vous présentera la saison dans son entièreté mieux que moi.

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Petite salle

Pour conclure, on peut dire que le Théâtre Marigny est de toute beauté, grâce aux travaux menés par Clé Millet International en concertation avec les architectes des Bâtiments de France et les conservateurs, avec la collaboration de Wilmotte et Associés (oui, j’ai copié collé, mais c’est un grand clin d’oeil à une certaine amie architecte…) et que nous allons suivre avec attention la suite des aventures !

Remerciements au Théâtre Marigny, plus particulièrement à Thierry Messonnier (contact presse) qui nous a permis de visiter le théâtre alors que tout n’est pas encore tout à fait prêt, à William Luque-Ortiz (responsable billetterie) pour la visite, sa convivialité et ses anecdotes, à la demoiselle qui nous a confié le dossier de presse, à ma mère et mon père sans qui je ne serai pas là aujourd’hui ainsi qu’à mes camarades blogueurs et twittos (c’est vraiment moche comme mots) Théâtrelle, Yann le Galopin, Titikatiam and last but not least R42 qui a organisé cette folle équipée.

Textes et photos : Axel Ito

Ps : Pour information, le théâtre Marigny appartient à la firme Fimalac qui a notamment dans son escarcelle la Salle Pleyel, le Théâtre de la Madeleine et le Théâtre de la Porte St Martin… Fimalac est une société holding dirigée par Marc Ladreit de la Charrière, dont les activités sont très variées, des finances à Allociné en passant par le casino… là où on joue, pas le supermarché, sans oublier la revue « La Revue des deux mondes »)

Pps : Quand j’étais petit, je n’allais pas au théâtre, mais mon père fumait des cigarettes de marque Marigny. Un signe ?

Chris Garneau au Point Éphémère (26/09/18)

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Le Point Ephémère est rempli comme un oeuf en ce mercredi soir. Une éternité que je n’y avais pas mis les pieds. J’avais oublié qu’on pouvait entendre les boombooms du bar à côté qui ne baisse pas la musique.

Après une première partie hypnotisante de La Mess, place à Chris Garneau que je n’avais plus vu depuis dix ans, soit toute une vie. Les années paraissent n’avoir aucune prise sur lui. Des petits soucis techniques rendent notre artiste encore plus nerveux que ce qu’il était déjà, il l’avouera à la fin du concert. La 1e partie du concert est consacrée à son nouvel album « Yours » qui ne sortira que le 9 novembre prochain. Il n’est jamais simple de rentrer dans un concert quand on ne connait pas du tout les chansons. Et on sent que Chris Garneau et ses musiciens ont encore besoin de rôder ces nouvelles compositions sur scène. Pas totalement convaincu, donc.

Et c’est seulement quand il reprendra ses anciennes chansons que le concert prendra véritablement son envol. Le charme et la poésie opèrent à nouveau. Très peu de titres de son tout premier album « Music for tourists », un de mes albums de chevet, pas de « Baby’s Romance » non plus. Morgane Imbeaud (ex-Cocoon) l’accompagnera sur deux chansons (dont une reprise pas vraiment maîtrisée du classique de Françoise Hardy « La plus belle pour aller danser ».

Cela dit, ça n’a pas atteint la grâce et l’émotion que j’ai pu ressentir la première fois que je l’ai vu, il y a dix ans déjà. Parce que les premières fois, c’est toujours unique. (veuillez bien vouloir m’excuser pour cette phrase). Et comme Chris Garneau est un artiste, à mon sens, trop méconnu, n’hésitez pas à jeter un coup d’oreille à sa musique, vous n’en reviendrez pas.

 

CHRIS GARNEAU (La Mess en première partie) au Point Éphémère

SETLIST : The Leaving Song – Gentry – Ambush (avec Morgane Imbeaud) – Family – Choices – Torpedo – Winter Song 2 – Danny – Castle Time – Tower – Winter Song 1 – Pas Grave – Switzerland – Sad News /// Rappels : La plus belle pour aller danser (avec Morgane Imbeaud) – Raw and Awake – No Lord

Prochainement au Badaboum (Paris) le 28 novembre 2018

(une autre histoire)

C’est quand que tu viens, dis ? C’est quand que tu arrives ? Parce que je t’attends. Je suis toujours celui qui attend. Ça veut tout dire, non ? C’est quand que tu reviens ? Il parait que je suis patient. Je suis nerveux, mais patient. Je pourrais attendre des heures, des jours. J’ai déjà attendu des années. C’est quand que… C’est quand que… Hein ? C’est quand que ? Tu vois ? Tu sais. Mon code a changé. L’âge où on s’est embrassé pour la première fois et cette position qu’on n’a jamais faite. Je ne suis plus aussi souple que dans le temps, faut dire. Je ne peux te rejoindre. Je ne peux te rejoindre sauf si je… Voilà. À tout de suite.

vu le mercredi 26 septembre 2018 au Point Éphémère, Paris

prix de ma place : 16,80€

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

 

Transformes (Espace Périphérique de La Villette)

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Le weekend du 8 septembre 2018 a eu lieu un festival pas comme les autres, nommé Transformes. Né de l’envie d’étudiants en Master 2 Professionnel Métiers de la production théâtrale de Paris 3 – Sorbonne Nouvelle (je reprends mon souffle), Transformes, ce furent 24h de théâtre, de danse, de musique, de performances, de débats, d’installations à l’Espace Périphérique de la Villette.

« Le temps d’une rotation de la Terre sur elle-même, interrogeons-nous sur ce qu’il se passe « entre », sur l’endroit du changement, sur ce mouvement qui nous traverse pour faire évoluer nos quotidiens, nos travails, nos corps, nos vies. »

Le lieu est assez singulier. En mauvais voisin que je suis, c’était la première fois que j’y allais, sous le périph’, entre le canal de la Villette et la ligne de tramway. Des street artistes se sont emparés des murs, pour certains gigantesques.

Je ne fus pas l’un des mohicans à rester vingt-quatre heures durant à la Villette, même si le festival regorgeait de propositions toutes plus intéressantes les unes que les autres et à toute heure, ne serait-ce que cette performance « Statu »  dirigée par Suzanne, durant laquelle dix interprètes en alternance se confrontèrent à l’erreur en répétant une série de gestes. De les voir se relayer, essayer à différents moments de l’événement, il y avait quelque chose de touchant. Rien de plus difficile que d’être ensemble.

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Statu – Crédit photo : Joseph Banderet

Là où je m’en suis voulu, c’était de ne pas avoir pris la peine d’écouter le collectif Blacklist ou les rappeurs Beeby, Chris Da Vinci et Chapsy. Car le festival donnait la parole à des artistes qui ne ressemblent pas forcément à nous autres, jeunes (et moins jeunes) gens, qui allons voir des performances dans des friches ou du théâtre dans des lieux subventionnés (je schématise énormément, je le sais). Parce que cette musique-là, à de rares exceptions, ne me touche pas. Je suis assez ignorant, en fait, de cette mouvance musicale, hormis les IAM et NTM, des références qui datent un peu, j’en conviens. Et cette tentative d’ouverture était suffisamment intéressante pour le souligner.

Après eux, j’ai tout de même assisté au concert d’Apaache, sympathique et groovant groupe qui tourne bien.

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Apaache – Crédit photo : Studio Nicecream (grand jeu : où est Charlie ?)

Evidemment, j’ai vu du théâtre. La première pièce, « À ton ombre » par l’autrice-metteuse en scène et comédienne Caroline Fouilhoux, ne m’a pas convaincu. Il s’agissait d’une quête d’un jumeau perdu, des rencontres, des identités multiples, le voyage… Peut-être parce que j’en attendais autre chose, dans l’esprit d’Antonio Tabucchi et de son Nocturne Indien, quelque chose de plus contemplatif sûrement. L’ensemble était tout de même digne d’intérêt.

L’autre pièce, prometteuse, par le Collectif Satori et son metteur en scène Thomas Resendes s’intitulait « Les Ennemis Publics ». Malgré l’heure tardive (0h30), elle sut me captiver en retraçant notamment l’histoire (pourtant connue de moi) de la Bande à Baader et en l’entremêlant avec des réflexions plus contemporaines. Me revinrent à l’esprit « Ça ira – Fin de Louis » de Joël Pommerat dans la manière d’utiliser l’espace public pour les scènes de débat, d’autres pièces dans lesquelles les acteurs jouent différents personnages. Il y a une économie de moyens mais de l’ambition dans cette pièce qui est tout à fait enthousiasmante.

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Evidemment, je n’ai vu qu’une infime partie de tout ce que proposait « Transformes » (figurait également dans le programme Rebecca Chaillon, pour ne citer qu’elle). C’est donc un festival foisonnant et audacieux que nous ont proposé ces jeunes gens. Je ne sais pas s’il s’agissait d’un « one shot », mais aux vues de leur énergie et de leur enthousiasme, il serait dommage de ne pas renouveler l’essai l’an prochain (et d’ajouter  alors un deuxième foodtruck, ça serait pas mal non plus)

 

TRANSFORMES

à l’Espace Périphériques de la Villette, Paris 19e

du samedi 8 septembre midi au dimanche 9 septembre midi

Programme complet : ici

 

 

(une autre histoire)

Je discute avec une camarade, de dix-huit ans ma cadette. Je me sens vieux. Elle ne fait rien pour me faire sentir vieux, mais c’est juste moi. Ça me travaille. Tout à l’heure, j’étais au premier rang pour le concert d’Apaache. Non pas que je sois leur fan number one, mais y avait de la place contre la barrière, j’ai pu m’y adosser, mon dos me faisant souffrir. Faut dire que j’ai couru six kilomètres ce matin et que je récupère bien moins vite. Je vois ce photographe prendre des photos du public. Mais que va-t-on penser de ce vieux au milieu de jeunes ? Ma camarade de dix-huit ans ma cadette me donne trente-huit ans. J’en ai trente-neuf, bientôt quarante. J’ai des cheveux poivre et sel, mais ça ne se voit pas trop. Pourtant ma coiffeuse s’étonne de la rapidité à laquelle mes cheveux blanchissent. L’âge, je lui dis. Elle me répond le stress. J’ai la barbe qui grisonne. Ça en revanche, ça se voit… J’ai un certain nombre de poils blancs sur le torse. Mon ancienne copine m’avait demandé si je comptais les couper. J’ai dit non. C’est un souvenir du Togo. Au Togo, je suis tombé malade, j’avais des furoncles. D’un furoncle purulent est né mon premier poil blanc. Puis ça proliféra. J’ai trouvé cet été mon premier poil pubien blanc. Jusqu’à présent, j’étais plutôt fier d’avoir été épargné de ce côté-là. Je suis déprime.

 

Présent du samedi 8 septembre à 17h30 jusqu’au dimanche 9 septembre à 02h30.

prix de la place : entrée libre (mais j’ai mon prénom dans le programme grâce à ma participation au crowdfunding)

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

La Fête de l’Humanité 2018

(ceci n’est pas une critique, mais…)

… cela ne sera pas non plus une chronique politique, même si je n’en pense pas moins…

Troisième fois à la Fête de l’Huma (on peut même lire mon recap de l’édition 2016 ici – un de mes premiers billets, griffonné neuf mois avant la création de ce blog) et j’oublie toujours la galère (pourtant comment l’oublier ?) pour se rendre sur le site. De plus, cette année, il n’y a plus de navettes mises à notre disposition par le festival, donc pour ma part ce fut métro + RER + mes pieds à l’aller et Tram au retour. Vendredi soir, j’ai suivi le mouvement, donc aucun problème, mais samedi matin, je me suis dit « Oh tiens, je vais prendre plutôt ce chemin-là ». J’ai doublé mon temps de trajet, transpiré et surtout raté la représentation de « 1336 parole de Fralibs » à l’espace Jack Ralite.

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Certes, j’ai pu acheter du thé à leur stand au Forum Social…

Ça c’était samedi, revenons à vendredi, parce que je n’aime pas faire les choses dans le désordre.

Vendredi soir… Du monde, donc. Enormément de monde, venu principalement pour le dernier concert de NTM, que j’ai vu au printemps dernier, donc j’ai fait l’impasse. Je dis que les gens sont venus principalement pour eux, mais c’est faux. Il y a du monde partout et il faut se balader dans les allées pour voir que chaque stand est bel et bien occupé par les militants. De la musique, les parfums…

J’arrive pile à l’heure pour Catherine Ringer sur la Grande Scène. Il est souvent difficile d’apprécier un concert quand on ne connait pas les chansons de l’artiste et c’est mon cas dans la première partie du set, mais très vite arrive « Singing in the shower » que les Rita Mitsouko chantaient avec les Sparks (ces derniers ont fait un album entier avec Franz Ferdinand, présents à la Fête le lendemain).

Le public commence à s’agiter et Catherine Ringer poursuit son opération de séduction car elle en impose sur scène. Puis s’enchaînent Le Petit Train, chanson glaçante quand on écoute les paroles, Alors c’est quoi, Marcia Baila (pensées à Fred Chichin et aussi Rachid Taha), Andy (qui subit depuis trente ans le harcèlement ininterrompu de l’interprète)… La voix ne va plus autant dans les aigus qu’auparavant, mais ce n’est pas grave. C’est un moment d’enchantement.

Puis je me rends à l’Agora de l’Humanité voir Guillaume Meurice & The Disruptives qui auront trente petites minutes de retard. Force est de constater la popularité de l’humoriste. Le concert est bon enfant, entrecoupé d’échanges avec le public et les membres du groupe. C’est inégal, mais tout de même drôle.

Deuxième jour… Si je n’avais pas raté la pièce contant la lutte des Fralibs, je ne me serais pas rendu à l’Agora assister à un débat (Comment faire face à la politique antisociale de Macron ?) avec, entre autres, le fameux François Ruffin, qui lui aussi, a une côte de popularité assez phénoménale, à en juger les applaudissements nourris qu’il a reçus et je n’aurais pas croisé une fille qui m’avait fait tourner la tête il y a cinq ans presque jour pour jour.

Le temps est chaud, le soleil est là, je crois même que je suis en train de prendre des coups de soleil au front et dans la nuque et je n’ai pas de biafine à la maison.

On s’approche pour le premier concert de la journée : Jeanne Added qui chante en anglais, qui fait danser, entre rock et électro avec des morceaux qui tiennent la route sur scène.

Puis je reste pour le groupe landais The Inspector Cluzo, avec de la musique brute de décoffrage, guitare/voix/batterie, de la musique sans additionnels électroniques comme le clame le chanteur : « c’est du putain de rock à 4 mains ! »

S’en vient le moment où je n’ai rien de prévu d’ici le concert de Franz Ferdinand à 21h55 (il est 17h). Je mange une glace à l’italienne, des panisses. J’assiste à un débat (Promesse ou désillusion après une victoire au Mondial) avec Vikash Dhorasoo et Marie-George Buffet qui a illuminé ma journée grâce à un fameux eye contact, puis à un autre débat à propos de l’audiovisuel public avec, notamment, encore lui, Guillaume Meurice.

Je regarde les gens autour de moi. Alors peut-être est-ce le fait de la présence de Big Flo et Oli, mais il y a beaucoup de familles, d’enfants. Et beaucoup de vieux. Et j’ai l’impression que je me situe entre. Et que je suis tout seul à me situer entre. Je suis un peu spleen en ce moment.

C’est l’heure de Cléa Vincent. J’avais écouté l’an passé son album « Retiens mon désir ». Une fois, deux fois, trois fois et je n’avais absolument pas accroché. Et mon avis se confirme en la voyant sur scène. Ça minaude, ça chante plutôt juste mais rien de transcendant, du son 80’s avec du synthé. Je suis trop vieux.

Je m’enfuis et je me rends au concert de Big Flo et Oli dont je ne connaissais qu’une seule chanson « Dommage », genre de chanson qui retentit, je pense, chez tout le monde et ben c’est pas si mal. Et ça fait du bien de voir un public en liesse pour des artistes qui paraissent sincères.

La transition est assez étrange avec Franz Ferdinand, puisqu’ils ne s’adressent pas forcément au même public. Alex Kapranos, le leader du groupe, est efficace. Ça m’a rappelé mes 15 ans… Pardon, ça m’a rappelé il y a 15 ans… ou presque quand j’entendis pour la première fois « Take me out »…


Je n’étais pas au coeur de la fosse, parce que j’ai peur de la foule (non non c’est pas une blague) et des gens qui ont un peu trop bu, mais j’ai un peu remué du popotin, puis je suis vite parti pour prendre mon tram esquiché comme une sardine (big up aux jeunes employés de la RATP qui ont géré ce weekend les festivaliers).

Comme je l’ai dit après ma première et ma deuxième fois, je ne reviendrai plus à la Fête de l’Huma, jusqu’à la prochaine fois.

 

Cadeau Bonus (entendu dans la file d’attente le premier soir)

« Tu me croiras pas, j’avais dit au boulot que j’étais malade, en fait je suis allé dans ce bar, dans le XXe, rue Lepic. Et en fait je me suis retrouvé en tof’ dans le canard « A nous Paris ». Au boulot, ils m’ont tous grillé ! »
« Wesh ma caille, y a un monde de malade, truc de ouf. Tu me croiras pas, c’est mon anniv, j’espère qu’ils vont me laisser entrer ! Tous les ans, je viens fêter mon anniv ici. Ça tombe soit le vendredi, soit le samedi, soit le dimanche. Oui, tous les ans ! »

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

présent au Parc Départemenalt les vendredi 14 et samedi 15 septembre 2018

prix de ma place : 38€ (pass 3 jours)

 

À quelle sauce… (automne 2018)

Nouvelle saison (18/19) et nouvelles habitudes. Un peu comme les résolutions du Nouvel An, nous essaierons de nous y tenir : je veux ralentir le mouvement. Ça veut dire, accepter de ne pas tout voir, ne pas tout voir, ne pas tout chroniquer. (même si je verrai tout du Théâtre de la Bastille, mon théâtre de prédilection)

Voici donc dans cet article les spectacles que j’irai voir, ceux que j’ai tout de même en vue, ceux que j’ai déjà vus (et que j’ai aimés… donc je ne parlerai du Fils, malgré le changement de distribution ou de Sombre Rivière de Lazare au Rond Point…).

Encore une fois, le théâtre subventionné, comme on dit, aura la part belle, on ne se refait pas, même si je ne suis pas (complètement) sectaire (suivez mon regard vers le Off d’Avignon…). Pour conclure, celle liste est évidemment non exhaustive (je n’ai pas l’oeil sur tout) et sera certainement amenée à être modifiée dans les semaines à venir.

Et c’est parti !

 

SEPTEMBRE

HATE
HATE par Laetitia Dosch (Photo Philippe Quesne et Dorothée Thébert Filliger)

J’irai voir :

  • LE SYNDROME DU BANC DE TOUCHE au Théâtre de Belleville (parce qu’on me                       l’a conseillé… et qu’on m’a invité, je l’avoue) (critique : ici)
  • le festival TRANSFORMES à la Villette (parce qu’il y aura notamment une pièce mise en scène par Thomas Resendes, le traducteur attitré de Tiago Rodrigues et qu’il est bon de soutenir un nouveau festival et comme c’est à côté de chez moi, je peux faire des allers retours très facilement)
  • INFIDÈLES au Théâtre de la Bastille / Festival d’Automne (tg STAN, prise 1) (critique : ici)
  • RADIO VINCI PARK (parce que j’aime aller sur un parking à Nanterre en milieu de semaine voir des motos)
  • LA FÊTE DE L’HUMANITÉ (essentiellement pour Franz Ferdinand et Catherine Ringer mais aussi pour la présentation de 1336, parole de Fralibs… j’en profiterai d’ailleurs pour faire le plein de leurs thés excellents)
  • LOVE ME TENDER aux Bouffes du Nord (parce que Guillaume Vincent)
  • SHOCK CORRIDOR au Nouveau Théâtre de Montreuil (parce que je vais sûrement écrire dessus pour le compte du blog de Nestor)
  • LE PROCÈS à l’Odéon Théâtre de l’Europe / Festival d’Automne (parce que j’ai déjà joué dans une adaptation du roman de Kafka, qui m’avait valu le plus grand trou de texte de toute l’histoire du théâtre amateur)
  • HATE à Nanterre Amandiers / Festival d’Automne (parce que Laetitia Dosch)
  • CHRIS GARNEAU (Point Éphémère) (parce que ça fait longtemps que je ne l’ai pas vu en concert… dix ans en fait, après Bruxelles et New York… oui, je me la pète, mais y a prescription)
  • L’OCCUPATION au Théâtre Berthelot (Montreuil) (parce que les mots d’Annie Ernaux et surtout la présence de Romane Bohringer)
  • CUISINE ET CONFESSIONS par les 7 Doigts à Bobino (parce que c’est québécois)

J’irai (peut-être) voir :

  • L’ENVOL DES CIGOGNES + LE DERNIER JOUR DU JEÛNE au Théâtre du Soleil (parce que Simon Abkarian et Ariane Ascaride)
  • LES DÉMONS à l’Odéon Théâtre de l’Europe (parce que Nicolas Bouchaud et Valérie Dréville et que je n’ai toujours pas vu de pièce de Sylvain Creuzevault)
  • LE PÈRE à la MC93 Bobigny (parce que Julien Gosselin)
  • SCALA à la Scala (parce que Yoann Bourgeois et la curiosité de découvrir ce nouveau théâtre)
  • LA NUIT DES ROIS à la Comédie Française (parce que Shakespeare et Ostermeier)
  • LA REPRISE à Nanterre Amandiers (parce que Milo Rau et toutes les bonnes choses que j’ai entendues pendant le Festival d’Avignon)
  • CALLISTO ET ARCAS aux Bouffes du Nord (parce que Guillaume Vincent deux fois)
  • CONSTRUIRE UN FEU à la Comédie Française (parce que Marc Lainé)
  • CONVERSATION EL KHATIB / CAVALIER à Nanterre Amandiers (parce que curieux de ce que peuvent se dire ces deux artistes)
  • RICHARD BOHRINGER au Théâtre de l’Oeuvre (parce que je ne l’ai jamais vu en vrai)

J’ai déjà vu (et je recommande) :

 

OCTOBRE

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Atelier par TG STAN / DE KOE / MAARSCHAPPIJ DISCORDIA (© Jorn Heijdenrijk)

J’irai voir :

  • ATELIER au Théâtre de la Bastille / Festival d’Automne (tg STAN, prise deux)
  • EVOL au Théâtre de la Bastille (parce que je suis obligé de le voir, car je suis passé en deuxième année d’infiltration, comprend qui pourra)
  • QUASI NIENTE au Théâtre de la Bastille / Festival d’Automne (parce que j’ai la carte illimitée)
  • OVNI(S) au Théâtre Ouvert (malgré les mauvais retours de cet été au Festival d’Avignon, parce que Grégoire Monsaingeon et les auteurs du Nouveau Ciné-Club)
  • WESTERN au Nouveau Théâtre de Montreuil (parce que Mathieu Bauer)
  • KING KONG THEORIE au Théâtre de l’Atelier (parce que j’adore cet essai de Virginie Despentes et que j’apprécie (et voudrais remercier pour un certain conseil) Marie Denarnaud)
  • LA CHAMBRE DÉSACCORDÉE à l’Espace Cardin (parce que Marc Lainé et Léopoldine Hummel aka Léopoldine H.H.)
  • COMPLETE WORKS à l’Espace Cardin (parce que Shakespeare et Forced Entertainment)
  • LA GUERRE DES SALAMANDRES à la Maison des Métallos (parce qu’on m’en a dit du bien)
  • FLÉAU au Tarmac (parce que Dave St Pierre)

J’irai (peut-être) voir :

  • GEORGE DANDIN à la MC93 Bobigny (parce que les acteurs du CDN de Vire)
  • LA PLAZA au Centre Pompidou (parce que je suis curieux)
  • FRANCIS SAUVE LE MONDE au Centre Wallonie-Bruxelles (parce que c’était une série de bandes dessinées hilarantes avec un blaireau au départ et je ne sais absolument pas ce que ça va donner)
  • MONSIEUR FRAIZE à l’Européen (parce qu’il crève l’écran)

J’ai déjà vu :

 

NOVEMBRE

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Joueurs / Mao II / Les Noms par Julien Gosselin (Photo : Christophe Raynaud de Lage. Hans Lucas)

J’irai voir :

J’irai (peut-être) voir :

  • LOVE aux Ateliers Berthier (parce qu’il n’y a pas tant que ça de metteurs en scène britanniques qui passent la Manche)
  • 4.48 PSYCHOSE au Théâtre Paris Villette (parce que Sarah Kane et Sophie Cadieux)
  • FURIA à Chaillot (parce que Lia Rodrigues)
  • SOEURS aux Bouffes du Nord (parce que Marina Hands, même si Pascal Rambert ne me convainc pas tout le temps)
  • L’AVALÉE DES AVALÉS aux Déchargeurs (parce qu’un texte québécois que j’ai raté cet été au Petit Louvre à Avignon)
  • LA VOIX HUMAINE à l’Espace Cardin (parce que Ivo)
  • THE OTHER VOICE à l’Espace Cardin (parce que Van Hove)

J’ai déjà vu :

 

À suivre…

HUGH COLTMAN (Auvernier Jazz Festival, 24 août 2018 – Suisse)

(ceci n’est pas une critique même si celle-ci est écrite par Cyril Bivalski…)

Hugh Coltman. Ça fait au moins une dizaine d’années que je l’écoute sans vraiment l’écouter et que je me dis : « Un jour il faudra que j’aille le voir en concert. ». J’ai une liste d’artistes comme ça. Il a commencé à vraiment m’intéresser quand il a basculé corps et bien dans le Jazz.

Clin d’œil du destin, il jouait le 24 août à quelques kilomètres de chez moi dans le cadre de l’Auvernier Jazz Festival, chouette festival au bord du lac de Neuchâtel.

 

 

Pour son dernier album qu’il défend en tournée, « Who’s Happy ? », Hugh Coltman a choisi de s’imprégner de la Nouvelle Orléans. Il se présente sur scène avec une section cuivre au complet, un guitariste, un batteur et un soubassophoniste en guise de bassiste. Le groupe est bien réglé. Les morceaux s’enchainent. Hugh Coltman réussit son pari de nous transporter en Louisiane. Sur scène, il se dépense sans compter et arrive facilement à se mettre le public dans la poche. Il fait un détour quelques fois par le répertoire de Nat King Cole, qu’il avait revisité dans son précédent opus Shadows.

Toutefois je ne peux m’empêcher de penser à Tom Waits et Marc Ribot. Surtout sur un morceau : « It’s Your Voodoo Working ». Je trouve Hugh Coltman très lisse finalement. Je ne sens pas la moiteur du bayou ni les nuées de moustiques. Le fait qu’il soit bien habillé et ait une voix claire me rappelle qu’il est plutôt dandy que cajun.

Content d’avoir pu entendre Hugh Coltman, ceci dit. Rendez-vous dans 10 ans pour le prochain concert ?

 

Vu à Auvernier, Suisse dans le cadre de l’Auvernier Jazz Festival , le 24 août 2018 à 23 :00.

Etant bénévole sur le festival, je n’ai pas payé ma place.

 

 

 

(Une autre histoire)

Quand tu montes derrière la scène pendant un concert pour faire une photo, assure-toi qu’il n’y a personne derrière toi.

Lors du concert de clôture du festival d’Auvernier, je me suis glissé dans les coulisses derrière la scène pour prendre une photo de Richard Bona, un maître de la basse à 5 cordes. Je trouve enfin la position idéale, juste entre 2 rideaux noirs quand une main se pose sur mon épaule :

– Tu as 2 secondes pour changer de place, j’ai 15O choristes qui s’installent par surprise, j’ouvre les rideaux.

– Sérieux ?!?

J’ai la chance de ne pas être cardiaque. Je me retourne, effectivement les choristes sont bien là et le rideau s’ouvre !

 

Textes et photos : Cyril Bivalski (instagram.com/cyrilbivalski)

On fait le bilan (Avignon Off 2018)

8 jours de festival, 24 spectacles vus dans 17 théâtres différents, 1 concert, 2 spectacles avec de la musique en vrai, 9 seul.e en scène ou one wo.man show, des zizis et des tétés dans 3 spectacles seulement. Le hasard fait que parmi les 24 spectacles vus, 13 ont été mis en scène par des femmes…

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Grande satisfaction : J’abandonne une partie de moi que j’adapte (j’ai mis le temps à mémoriser ce titre et on aura l’occasion de (re)voir ce spectacle prochainement en Belgique et en France.

Grandes surprises : Batman contre Robespierre / Ode Maritime

Hors série : le concert de Léopoldine HH

 

Photo Leopoldine HH 3

 

Je ne parlerai pas des déceptions, même si je pourrais m’étendre sur un certain spectacle, qui semble avoir reçu l’unanimité de mes camarades blogueurs. J’espère malgré tout qu’il pourra être repris à Paris et dans le reste de la France pour se confronter à un public plus large.

Il m’est difficile de faire un vrai bilan du OFF, n’ayant vu que 2% des spectacles proposés. Je ne peux que m’étonner de ce nombre très commenté de 1536 spectacles dans le Off. Les différents articles des « Bruit du Off », « Zibeline » et autres journaux régionaux et nationaux y sont revenus en long et en large. Cette année, j’ai donc pu profiter de ma position de « blogueur accrédité » pour observer ce grand cirque. Qu’arrive-t-il aux spectacles, qui ne jouent pas dans les théâtres qui ont la carte ou le vent en poupe, qui n’ont pas d’attaché.e.s de presse efficaces ou qui n’ont pas de relais sur les réseaux sociaux ? J’ai reçu de nombreuses invitations pour assister à des représentations et deux ont retenu mon attention, dans lesquelles j’ai pu lire ceci :

« Ma dernière création « *** », n’a pas encore eu la chance d’être couverte par la presse avignonaise, ni par aucun blog. »

et

« Je sais que vous devez être inondé de demandes, cependant permettez-moi d’attirer votre attention sur mon spectacle « *** » j’aurais aimé que quelqu’un vienne pour avoir une chance d’être peut être parmi vos coups de cœur, qui sait ???? On ne decouvre un artiste qu’en le voyant sur scène… »

Tout ça m’interroge. Pourquoi vais-je voir telle ou telle pièce ? Faisons le récapitulatif  :

Sur les 24 pièces vues : 3 pour le « entendu à la radio » (Constance / Pablo Mira / Roukiata Ouedraogo), 1 pour le buzz Twitter (Un garçon d’Italie), 7 pour les conseils d’amis (J’abandonne une partie de moi que j’adapte / La Violence des riches / Pas pleurer / Trouble(s) / J’ai appelé mes frères / Ode Maritime / Si Richard Si), 7 parce que j’avais déjà vu des pièces des artistes (Lodka / Les Travaux avancent à grands pas / Le Maître et Marguerite / Speed Leving / Polaroïds / La Bataille d’Eskandar / Belle fille), 1 parce que j’aime ses chansons (Léopoldine HH), 2 parce que j’ai écrit un article sur l’opération « Montreuil en Avignon » pour Le Blog de Nestor (Batman contre Robespierre / An Irish Story), 1 parce que copinage (Petite Chimère), 1 pour découvrir un auteur (Love & Money), 1 parce que je ne sais pas, je l’ai senti comme ça (Cent mètres papillon)

En conclusion, il n’y a qu’un seul vrai saut dans l’inconnu (même si le fait que 100m Papillon soit programmé à la Manufacture a aidé)

À part ça… Les (presque) petits nouveaux Le 11 Gilgamesh Belleville (malgré ses problèmes de sécurité) et le théâtre du Train Bleu ont présenté une programmation de qualité, le théâtre des Doms et ses artistes belges s’imposent comme un incontournable. Il est intéressant de constater que la Manufacture et les Doms n’hésitent pas à proposer un abonnement 3 spectacles qui court-circuite la fameuse Carte Off (le tarif est même inférieur à celui proposé avec la carte Off).

Je remercie les lecteurs, les attaché.e.s de presse, les théâtres (mais pas un certain haut lieu du Off qui n’a pas daigné répondre à mes sollicitations « Non, on ne s’en occupe pas sur place, vous appelez la personne responsable… Allô ? Pouvez-vous m’écrire ? » Je conçois que je ne suis pas grand chose ici bas, il n’empêche que je ne peux qu’être déçu par ce théâtre dont j’ai toujours salué la programmation, surtout quand deux des pièces que j’ai chroniquées par ici jouaient devant une salle à moitié remplie (restons positifs)), le Festival Off, les artistes et les compagnies qui ont relayé certaines de mes chroniques sur les réseaux sociaux, les blogueurs…

Et je remercie plus particulièrement Ludovic grâce à qui j’ai pu dormir intra muros durant ma première semaine et ça change la vie et Laurent l’ami marseillais pour notre 9e festival d’affilée ensemble.

Je ne sais pas encore si l’année prochaine je reviendrai, parce que la vie, tout ça… Mais ce fut une sacrée expérience.

 

Ps : J’avais commencé à écrire mes chroniques avignonnaises, à réfléchir sur des capsules audios et/ou vidéos. Or le temps n’est pas extensible, ma fatigabilité a été mise à rude épreuve cette année et je n’en ferai pas plus, parce que je veux me reposer et surtout écrire autre chose d’ici mon périple à Bussang le mois prochain…

Léopoldine HH (Arrache-Coeur / Avignon Off)

(ceci n’est pas une critique mais…)

Alors on peut dire : « Oui, mais les concerts à Avignon, ça n’a pas sa place… ». Certes. Mais Avignon pour moi, c’est le spectacle vivant et là-dedans, on peut y mettre du théâtre, de la danse, du clown, du cirque, de la danse (je l’ai déjà dit) et pourquoi pas de la musique, y en a bien dans le In ! Et pour qui a eu la chance de voir Léopoldine HH et ses acolytes sur scène, il y a tout à la fois.

Déjà entendre les chansons, donc les mots. Léopoldine nous raconte qu’elle a voulu chanter les mots qu’elle aimait lire, dans des romans, des pièces de théâtre. Ça m’a fait penser à un des meileurs albums francophones de ces dix dernières années : Cristal Automatique de Babx dans lequel il chantait Baudelaire, Rimbaud, Aimé Césaire… Ici nous n’avons peut-être pas d’auteurs de ce calibre (ça se discute), mais ça transpire l’amour de la littérature (note pour plus tard : demander la liste des chansons) et ici on aime ça, quand des artistes qu’on affectionne se font passeurs (Gwenaëlle Aubry, je le note).

Photo Leopoldine HH 3

Pis Leopoldine est souriante, tout le temps. Y a une générosité et un humour. C’est ludique. Pis y a l’euphorie qui nous prend comme ça. Y a de la (bonne) musique avec des bidules et des machins, sans compter les inénarrables Maxime Kerzanet et Charly Marty qui savent meubler comme personne (mais ils ne savent pas faire que ça…)

A noter que nos trois compères ont une solide formation théâtrale et qu’on retrouvera Léopoldine HH (Hummel) au Théâtre de la Ville la saison prochaine dans une pièce de l’excellent Marc Lainé, ceci explique aussi cela…

Je l’avais ratée en concert à Paris et après le concert à Avignon, si Jean Rouch m’avait demandé : « Êtes-vous heureux ? » J’aurais répondu : Oui, à 100%.

(ceci est un aguiche d’une prochaine chronique concernant un autre excellent spectacle…)

 

LÉOPOLDINE HH (accompagnée de Maxime Kerzanet et Charly Marty) à l’Arrache-Coeur jusqu’au 29 juillet 2018 (sauf les 11, 12, 18 et 25) à 15h (Avignon Off), dans le cadre de la 6e édition de « On y chante » qui regroupe les talents ADAMI.

vu le lundi 9 juillet 2018 à l’Arrache-Coeur Avignon Off

prix de ma place : invitation

 

PS : C’est un peu de la réclame, mais au même endroit à 18h, toujours dans le cadre de l’opération (très intéressante) « Talents Adami On y chante » il y a Batlik qui chante Cioran… Avec Pessoa c’est mon auteur préféré… Oui, je resplendis de joie de vivre !


 

(quand j’attends dans la file…)

Si je mange un bretzel maintenant, alors qu’il fait très chaud, alors je vais avoir soif. Si j’ai soif, je vais boire. J’ai donc besoin d’eau. En tout cas, un liquide qui étancherait la soif. J’aime pas le pastis. Je suis marseillais et je n’aime pas le pastis. Ma mère m’a déshérité et mon père ne m’a jamais parlé. L’eau est rare, il faut la preserver, donc je ne bois pas. Et comme je transpire beaucoup, je m’assèche malgré le léchage intensif de mes aisselles. Et je meurs.

Voilà à quoi je pense quand j’attends dans la file après qu’on m’a donné un badge « Bretzel Party »…

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Courtney Barnett au Bataclan, 9 juin 2018

COURTNEY BARNETT au Bataclan (avec en premières parties : Loose Tooth + Waxahatchee)

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Pour tout vous dire, je n’écoute pas beaucoup de nouveaux artistes. Je n’arrive plus à suivre, le temps n’est pas extensible et mes priorités sont ailleurs. Pourtant, je suis tombé en amour avec Courtney Barnett dès son premier album. Oui, je sais, certains la connaissaient déjà via son double EP… Il n’empêche… Parfois, tu entends une chanson, puis tu achètes tout l’album que tu écoutes en boucle, tu rates l’occasion de la voir à la Gaîté Lyrique, tu attends la sortie du nouvel album, tu te consoles avec sa collaboration avec Kurt Vile et le Saint Graal arrive doublé d’une tournée mondiale qui passe par le Bataclan à Paris (troisième fois que j’y retourne… cette fois-ci, et pour la première fois, en configuration concert debout…)

Et l’organisation du concert a mis les petits plats dans les grands, puisqu’on nous offre une double première partie, avec le trio frais et juvénile australien Loose Tooth, du même label que Courtney Barnett et les divines Waxahatchee.

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Couverture : Axel Ito / Ci-dessus : DR

Mais place à Courtney Barnett qui va jouer l’intégralité de son nouvel album « Tell me how you really feel » puis une sélection de ses meilleures chansons (voir la setlist plus bas). C’est un show enfiévré, sauvage mais accueillant. Toute la place est donnée à Barnett, au centre de la scène, qui joue avec le micro, le pousse dans ses retranchements, sans jamais le faire tomber. On la voit parfois sourire. Elle est gauchère. Je ne sais pas pourquoi je me suis fait cette réflexion. Peut-être parce que je suis droitier et que quand j’utilisais ma raquette de tennis, quand j’étais petit, pour mimer les guitaristes, je prenais instinctivement ma raquette-guitare comme un gaucher. Ses trois acolytes sont dans le rythme (clavier, batterie, basse).

Courtney Barnett nous demande comment on se sent. On se sent bien avec sa musique et on aimerait que ça ne s’arrête jamais.

 

 

(SETLIST :  hopefulessness – city looks pretty – charity – need a little time – nameless faceless – I’m not your mother, I’m not your bitch – crippling self doubt and a general lack of self confidence – help your self – walkin’ on eggshells – sunday roast /// avant gardener – don’t apply compression gently – an illustration of loneliness (sleepless in ny) – small poppies – elevator operator – depreston – history eraser /// rappel : anonymous club – pedestrian

 

vu le samedi 9 juin 2018 au Bataclan (Paris)

Prix de la place : 36,20€ (assis/debout – placement libre)

 

(une autre histoire)

Oui, je sais que je ne suis pas le seul, mais tu m’as bien regardé, Courtney ? Nos regards se sont bien croisés ? Plusieurs fois !!! Je sais que rien n’est possible entre nous.  Que dirait Jen ? Et je ne parle pas de la différence d’âge.  (en même temps, je viens de me renseigner, tu as dépassé la trentaine… je te voyais plus jeune… encore une fois, je n’arrive pas estimer les âges…) J’ai vu un film cette semaine, je crois que c’était dans un film, où un des personnages disait qu’il était un homme mais qu’il se comportait comme un garçon. Je ne me rends pas bien compte de mon âge et de mon apparence. Pour moi, je suis toujours le gars de 17 ans, qui va au lycée ou au mieux à la fac et qui a la vie devant soi.

Tell me how you feel…

I feel old. I feel exhausted. I feel over. I’m feeling that’s the beginning of something else. I feel better. Because of you. Thanks to you. And you.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

 

Gaz Coombes (La Maroquinerie, Paris, 29/05/18)

GAZ COOMBES à la Maroquinerie, Paris

(1e partie : Piney Gir)

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Comme de nombreux artistes que je suivais durant les années 90 (Badly Drawn Boy, tu es le prochain !), je n’avais encore jamais vu Supergrass et encore moins son leader, j’ai nommé Gaz Coombes, en concert. L’erreur est enfin réparée. Et c’est dans une Maroquinerie survoltée (et pas seulement à cause des orages menaçants le ciel parisien) que le musicien d’Oxford fait son grand retour avec un nouvel album : World’s Strongest Man. Le concert de Gaz Coombes est efficace, une heure et quarante minutes de chansons de ses différents albums. Aucun temps mort. Gaz Coombes est égal, souriant et généreux. On ne sait jamais qui, de l’oeuf ou de la poule. Mais Gaz Coombes (et son groupe) donne et le public le rend bien. Ou bien est-ce le contraire ? Le public est heureux de le (re)voir sur scène et l’ancien leader de Supergrass offre en ultime rappel (et croyez-moi, il ne fait pas ça tous les jours) « Caught by the fuzz », mythique chanson de Supergrass, seul à la guitare.

Heureusement la police ne fut pas de la partie, malgré la légère entorse au couvre-feu de la Maroquinerie (après 22h30, ce n’est plus l’heure !)

 

SETLIST : World’s Strongest Man – Hot Fruit – White Noise – Shit (I’ve done it again) – Oxygen Mask – Deep Pockets – The Girl who fell to Earth – Seven Walls – Walk the Walk – In Waves – The Oaks – 20/20 – Detroit – The English Ruse RAPPEL 1 : Wounded Egos – Vanishing Act – Matador (Da Capo) Rappel 2 : Caught by the Fuzz

 

vu le mardi 29 mai 2018 à la Maroquinerie, Paris

prix de la place : 26,40€

 

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Crédit photo : Axel Ito

 

(une autre histoire)

Je ne suis pas revenu à la Maroquinerie depuis novembre 2016 et les concerts de Motorama et Flotation Toy Warning. Une éternité. Même si je sais que je n’entendrai pas les chansons de Supergrass, je suis quelque peu ému de voir en vrai Gaz Coombes. C’est un peu mon truc, en ce moment, d’être ému.

Les premières notes démarrent et… Je ne sais pas comment il faut le comprendre, mais je me retrouve avec un flot ininterrompu d’images dans ma tête.

D’habitude, j’écris, je mets à la poubelle, j’écris, poubelle, nouveau dossier, nouveau document, poubelle… Je ne sais pas où je vais. Je sais que je veux écrire, j’écris, mais quoi ? Et ce soir, tout devient clair. Je sais. Je pense au titre (78-18) et pas à la forme, mais à comment s’imbriqueraient mes différents textes et ce qu’il y aurait à l’intérieur.

Parce que je veux écrire, je veux jouer. Tout seul. Raconter des histoires.

C’est comme si l’intégralité du spectacle s’écrivait dans ma tête grâce à la musique de Gaz Coombes. J’ai peur que tout se volatilise, comme tous ces rêves qu’on ne note pas.

En plus, je sais qu’il ne s’agit pas d’une simple fausse idée. Je fonctionne comme ça. J’ai besoin que ça mature, que ça bout un certain temps. J’ai mes textes à l’usure. Je suis résistant et surtout patient. Déformation professionnelle.

Je sais que je tiens le bon bout.

Merci Gaz.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

 

Olafur Arnalds au Trianon de Paris

ÓLAFUR ARNALDS au Trianon, Paris

(1e partie : Manu Delago)

(ceci n’est pas une critique, mais…)

C’est la première fois que je vois Ólafur Arnalds sur scène. Dès son arrivée, on est touché par sa simplicité et sa modestie. C’est dans un Trianon au respect quasi-religieux (pratiquement pas d’écrans de téléphones intelligents allumés pendant le concert, en tout cas pas de mon côté) que Ólafur Arnalds va présenter ses nouvelles chansons. Il y a deux vieux pianos qui jouent parfois tout seuls, des violons, une batterie, de l’électronique au milieu de tout ça. On dirait que tout est connecté. Ah ben c’est le titre de la tournée : « All strings attached ». Même les lumières… On en viendrait à fermer ses yeux pour se concentrer sur la musique mais on manquerait… Tiens, on dirait des aurores boréales, regarde.

Sur la deuxième chanson, Þú Ert Jörðin, il nous fait chanter. Le son est enregistré, modifié, le public devient une nappe sonore, comme une vague.

Il y a des nouvelles chansons, d’un album à venir. Et y a les anciennes, comme 30 55 en rappel. Il évoque ses débuts, que tout a commencé avec Myspace. J’ai souri. Pour moi aussi, pas mal de choses ont commencé avec Myspace, mais c’est une autre histoire… Puis il raconte sa grand-mère qui lui a fait écouter Chopin…

Ólafur Arnalds, ce n’est pas du classique, mais ce n’est pas de l’ambient non plus. C’est Ólafur Arnalds et on ressort du Trianon le coeur léger. Un rêve, trop court.

 

SETLIST

Árbakkinn – Þú Ert Jörðin – Only the Winds – re:member – Unfold – Beth’s Theme – Ypsillon – Momentary – Dalur – 3326 – Nyepi – Doria – Near Light – (rappels) : 3055 – Lag Fyrir Ömmu

 

vu le mardi 15 mai 2018 au Trianon, Paris (et en tournée le 21 octobre à Lyon, le 22 octobre à Bordeaux, le 23 octobre à Toulouse, le 24 octobre à la Salle Pleyel à Paris

prix de la place : 34€

 

Ólafur Arnalds – Near Light (Living Room Songs) from Ólafur Arnalds on Vimeo.

 

 

(une autre histoire)

Un jour, je me suis inscrit sur Myspace. Je ne suis pas musicien. Je suis fan. Ma page d’accueil était toute moche, mais j’aimais bien choisir la chanson de la semaine, mon top 10 amis (je me souviens avoir fait un caca nerveux quand une de mes amies m’avait viré du sien… En même temps, je comprends beaucoup de choses aujourd’hui, avec le recul). Je passais beaucoup de temps à écouter de la musique, mais je n’allais alors pratiquement pas au théâtre, ceci explique cela.

Grâce à Myspace, j’ai rencontré A. & J. lors d’un concert d’un groupe belge. Grâce à ce groupe belge, j’ai rencontré d’autres personnes avec qui je suis même parti en vacances en Italie et en Bretagne. Grâce à une de ces personnes, j’ai fait la connaissance d’un gars, L., avec qui je vais chaque année à Avignon et qui a déjà écrit à deux reprises ici, et d’une fille avec qui j’ai passé quelques jours en Islande.

Un jour, j’ai dit : « J’ai pris mes billets pour Reykjavik, y a un chouette festival. Pour l’instant je suis seul, vous venez si vous voulez, mais moi j’y vais, même seul, même pas peur. »  C. m’a dit : « Ok, mais je viens aussi avec ma nièce ». J’ai dit : « Ok ». 

Je les ai retrouvées à Reykjavik. Elles avaient déjà vadrouillé dans le nord. A mon arrivée, on a loué une voiture et on est parti dans le sud.

« Tu ne conduis pas ? Elle ne conduit pas… Sans déc’, tu ne conduis vraiment pas ? Donc je vais me taper cinq jours de route tout seul au volant, pendant que toi, tu appuieras frénétiquement sur le bouton de ton appareil photo et que ta nièce sera derrière avec ses écouteurs à écouter les One Direction ? »

En fait, ça n’a pas été bien grave, parce qu’à la fin du mois d’octobre, c’est hors saison. Y a pas grand monde. La route circulaire est large, bien entretenue et on rencontrait dix voitures par heure. On a compté. Parfois on ralentissait, on s’arrêtait au milieu de la route, on prenait des photos, c’était cool de conduire au milieu de nulle part. Pour rien au monde, je n’aurais laissé ma place au volant.

« Y a pas de prise USB ? Non ? Seulement un lecteur CD. T’as un CD, toi, parce que moi, je n’en ai pas ? On a qu’un seul disque, c’est quoi ? Olafur Arnalds ? Connais pas ? « For now I am winter »… Ok. »

Ce disque-là, on l’a écouté en boucle. Pendant cinq jours. Même pas mal.

Grâce à Myspace, j’ai vécu la semaine la plus mémorable de toute ma vie. Oui, j’ai toujours eu cette propension à exagérer. Trois ans et demi plus tard, c’était il y a onze mois, j’étais sur un bateau, entre les Îles Féroé et l’est de l’Islande. Solstice d’été. Minuit. J’ai pleuré en écoutant la musique d’Olafur Arnalds… Je mens, c’était Sigur Ros. Je n’ai jamais su mentir, désolé.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

 

VÍK Í MÝRDAL, ISLANDE from Candice Nguyen on Vimeo.

Les Franglaises (Seine Musicale)

(quand on ne lit pas la bible)

Les Franglaises ? Un spectacle sur l’après Brexit et le désarroi causé par cette décision dans le milieu de la coiffure ?

 

(de quoi ça parle en vrai)

Détournant le jeu du blind-test, Les Franglaises, mettent en scène une comédie musicale à la façon d’un Opéra Pop à l’américaine. Se mêlant les pieds dans les incohérences des traductions littérales au premier degré à la « google-trad », et emportés par la fiction de ces pièces musicales, les interprètes offrent une tournure explosive au spectacle qui vire au cabaret fou version Monty Python ! (https://www.laseinemusicale.com/spectacles-concerts/les-franglaises_e153)

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Crédits photos : Bertrand Rindoff Petroff 

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Encore une fois, je le précise, je suis le Droopy parigot-marseillais, le Buster Keaton local, je ne sais m’amuser ni même me déhancher, même alcoolisé. Ne m’invitez pas aux mariages, c’est peine perdue. Et pourtant… Ben allez savoir pourquoi, hier soir au spectacle des Franglaises à la Seine Musicale, j’ai tapé dans mes mains, j’ai ri, j’ai tenté de deviner de quelles chansons étaient traduites les paroles en français, je me suis même levé pour le rappel, c’est dire.

Les Franglaises maîtrisent leur sujet, ils ont de quoi faire, et de ce que j’ai pu voir ici et là, le spectacle évolue, on n’entend pas toujours les mêmes chansons, qui restent tout de même cantonnées aux années 60/70/80/90, Reine et Michel Fils de Jacques restant les winners de la game. Il faut des chansons que tout le monde connaisse, c’est un fait. Est-ce à dire aussi que les années 2000 ont produit beaucoup moins de chansons populaires, c’est un autre débat.

On pourrait reprocher la taille de la salle, trop grande pour ce genre de spectacles. Malgré les efforts de la troupe, il n’est pas facile de créer une certaine proximité avec le public. J’avais également un peu peur que le spectacle ne se résume qu’à un simple test aveugle mais les Franglaises font leur petit effet, dès qu’elles adaptent à leur sauce les chansons, ça commence par le I grec M C, en mode doux. Le maître de cérémonie ne parvient plus à canaliser la folle énergie ou la folie énergique de ses comparses et le spectacle commence à partir dans tous les sens. C’est généreux, un peu long sur la fin, qui mériterait à être resserrée : mais ça fait du bien de voir une troupe aussi joyeuse et efficace, parce que je ne l’ai pas précisé : ils occupent presque tous les postes : chant, musique, comédie.

Une bien belle soirée malgré l’heure et quart en métro pour rejoindre Boulogne Billancourt, mais ça, c’est une autre histoire…

Ps : En première partie du spectacle des Franglaises se produisait le Pockemon Crew, sur une musique techno flamenco manouche. L’ensemble ne m’a pas vraiment convaincu, même s’ils m’ont impressionné techniquement et physiquement. 

 

vu le samedi 12 mai 2018 à la Seine Musicale, Boulogne Billancourt

prix de la place : invitation

 

LES FRANGLAISES

(http://www.lesfranglaises.fr)

mise en scène Quentin Bouissou

Avec Saliha Bala, Quentin Bouissou, Yoni Dahan, William Garreau, Stéphane Grioche, Marsu Lacroix, Philippe Lenoble, Adrien Le Ray, Roxane Terramorsi, Daphnée Papineau, Romain Piquet, Laurent Taieb, PV Nova, Fabien Derrien

Direction musicale : Philippe Lenoble

Une production Blue Lines Productions

 

(d’autres histoires)

Ligne 9 : Oberkampf – Pont de Sèvres

  • Ce soir, c’est match au Parc. Le PSG est champion, c’est le dernier match à domicile de la saison, va y avoir un feu d’artifice. Ben oui. Ils ont perdu en huitièmes de finale de Champions League, faut que ça se fête !
  • Dans ma poche, il reste de la salade, de la mache, que m’a donné A. parce qu’elle ne voulait pas gâcher avant son grand départ. Je la donne à un mendiant qui passait à côté de moi dans la rame. Je n’ai pas l’impression que ça lui fasse plaisir : « Mais faut pas gâcher, Monsieur ! », lui dis-je après qu’il m’a jeté les feuilles en pleine face.
  • Tu as vu, on a bien fait de prendre le métro à Oberkampf, du coup on a des places… Y a combien de stations d’ici le terminus ? C’est encore loin ? Une fois j’ai du réseau, une fois je n’en ai plus. Je peux dormir sur ton épaule ?
  • Je pense que désormais, ça irait plus vite de compter les personnes qui n’ont ni écouteurs ou casque ni smartphone à la main.

 

Dans la salle

  • Tu as vu, on a de la place pour les jambes. Même pas besoin de se lever pour laisser passer les gens. Quelle belle salle !
  • Les jeunes derrière nous, ils n’ont pas arrêté de parler foot. Ils regardaient les buts pendant le spectacle, mais je n’ai pas osé le leur reprocher, parce que je crois que… Ils étaient un peu… Ils étaient sûrement invités par le Pockemon Crew… Pourquoi ? Ben ça se voyait… hein ? Ben… Le… A la fin, ils se sont levés et ont esquissé quelques pas de krump, j’ai tout de suite reconnu. J’avais vu Rize, le film de David LaChappelle. Tu pensais quoi ? Que je les stigmatisais à côté de leur couleur de peau ? Ben voyons donc ! Je ne suis pas comme ça, à catégoriser les gens… Pis, j’étais placé trop loin de la salle pour voir si les Pockemon Crew étaient… je veux dire… le visage… Des danseurs HIPHOP, c’est forcément… Je travaille dans le 9-3, je sais de quoi je parle, je… Aux Lilas… Oui oui, c’est toujours le neuf trois, yo !

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Andrea Schroeder (Queen Kong Club – Neuchâtel, Suisse – 13 avril 2018)

(ceci n’est pas une critique même si celle-ci est écrite par Cyril Bivalski…)

Bowie. C’est David Bowie qui récemment m’a fait découvrir Andrea Schroeder. Je réécoute sa trilogie berlinoise et le hasard a fait que je tombe sur une version de Heroes chanté en allemand par Andréa Schroeder. Quelle surprise ! Qui est cette femme ? D’où vient-elle ? Je tombe rapidement sur un article de Rolling Stone qui l’appelle la Voix de la Nuit. Elle a sorti trois albums et tourne sporadiquement.

La chance me sourit puisque je découvre qu’Andrea passe à deux kilomètres de chez moi, dans la plus petite salle de Neuchâtel, le Queen Kong Club. Elle est invitée par le Musée d’Art et d’Histoire de la ville. Tout de suite ça fait très sérieux. Est-ce que je mets une cravate ?

Le concert commence à 22:30. La salle est minuscule. Il doit bien y avoir une cinquantaine de personnes dans la pénombre. Cinq musiciens sont sur scène en comptant Andrea. Tous habillés en noir sur un sol en damier noir et  blanc. Très élégants, très calmes. J’aurais peut-être dû mettre une cravate finalement.

Le charme d’Andréa et de son groupe opère instantanément. Nous voici à Berlin, la nuit. Peut-être dans un film de Wim Wenders (les Ailes du Désir ?) ou dans un cabaret avec Marlene Dietrich. Nous chassons les fantômes et croisons les âmes égarées. Nick Cave et Nico ne sont pas loin. Barbara ? A ses débuts elle était surnommée la Chanteuse de Minuit. Rolling Stone n’a rien inventé.

Setlist Andrea
Crédits photos : Cyril Bivalski

Le concert se termine déjà. Il est presque minuit. Andrea est déjà repartie ! Pourtant il n’y a pas de pleine lune ce soir.

En quittant la salle, je m’arrête pour acheter son album « Where the wild oceans end ». Je suis intrigué par le titre. J’ai son 33 tours en main et quand je lève les yeux je m’aperçois que je suis face à Andrea et qu’elle m’attend avec le sourire. Comment est-ce possible ? D’où sort-elle ? J’ai trop tardé. Sans le vouloir je faisais la queue pour une dédicace. Trop tard pour reculer.

Je lui parle alors de sa reprise de Bowie et m’excuse en même temps de ne pas mieux connaître ses morceaux à elle. Elle me raconte les circonstances dans lesquelles elle a enregistré ce morceau et me pose alors une question :

Que crois-tu que David écoute là-haut ?

 

ANDREA SCHROEDER (http://andreaschroeder.com)

Vue à Neuchâtel le 13 avril 2018 au Queen Kong Club (http://www.case-a-chocs.ch/) à Neuchâtel, Suisse.

Prix de la place : 10CHF, premier rang sur la droite

 

(une autre histoire)

J’ai entretenu pendant une année une liaison interdite avec Marlene Dietrich (ou comment se mettre à dos son sergent instructeur quand tu fais ton service militaire).

Hiver 2000. Quelque part en France. Dans un fort.

Je suis l’un des derniers appelés en France. Chirac est Président. Jospin Premier Ministre. Le bug n’a pas eu lieu.

Je me suis mal débrouillé pour partir en coopération. Du coup je me retrouve en kaki pour dix mois.

Je siffle Lili Marleen quand je suis de corvée ou que je m’ennuie. C’est à dire la plupart du temps. Il y en a qui fument. Moi je siffle comme un merle. Pourquoi un chant allemand ? Je n’en sais rien. Ça m’est venu comme ça. J’aime bien cet air. Je trouve qu’en le sifflant bien, il dégage une certaine mélancolie. Je ne l’avais jamais sifflé avant d’être sous les drapeaux.

J’ai beau expliquer au sergent que pour moi c’est la version de Marlene Dietrich, un hymne à la résistance allemande contre les Nazis, apparemment c’est déplacé. Je suis même à deux doigts de me retrouver au trou pour outrage.

– Mais… elle a même sauvé Jean Gabin qui ne voulait pas tourner pour les Allemands !

– Ça ne compte pas. Ce n’est pas dans le répertoire.

– Alors quoi, La Marseillaise, on peut ?

– Première Classe, tu fais le fayot ? La Marseillaise on la chante, main sur le coeur et face au drapeau. On ne la siffle pas !

– Compris, Sergent, on peut siffler quoi alors ?

– Rien, tu ne siffles pas, et tu me nettoies ce couloir ! En silence.

A ce moment là, Ennio Morricone arrive de nulle part. J’attends que le sergent s’éloigne et je siffle le thème du Bon, la Brute et le Truand et je dompte mon couloir à coup de brosse à dents. Tiens, ça rime.

Sur ce, l’Ange Bleu m’appelle ! Prosit !

 

Textes et photos : Cyril Bivalski (Instagram.com/cyrilbivalski)

Kelley Stoltz (Le Bourg, Lausanne, Suisse – 15 mars 2018)

(Ceci n’est pas une critique même si celle-ci est écrite par CYRIL BIVALSKI…)

2006. C’est en 2006 que j’ai eu la chance de découvrir Kelley Stoltz pour la première fois. Je m’en souviens comme si c’était hier. Il avait roulé depuis San Francisco pour venir jouer une heure au Mercury Lounge à New York. Super concert, déjà.

2018. C’est en 2018 que je le revois pour la seconde fois. En Suisse cette fois-ci. A Lausanne, dans un ancien cinéma, le Bourg, réaménagé en salle de concert. Les pompes à bière remplacent les machines à pop corn, les rangées de sièges ont été démontées, la mezzanine et le grand écran blanc conservés. Bel endroit qui fait penser à une salle parisienne ou bruxelloise de poche. Un Mercury Lounge local quoi. Je suis arrivé en retard pour la première partie. Pas bien. Mais en même temps les premières parties ne sont-elles pas faites pour ça ? Trainer un peu et arriver détendu ?

Kelley Stoltz est apparu tel que dans mon souvenir. Il n’a pas changé. Il a juste étoffé son répertoire et épuré son groupe. Il est accompagné d’une excellente bassiste, le batteur et la guitare rythmique sont des vieux briscards. L’ensemble est très carré ce qui permet à Mr Stoltz d’apparaître très à l’aise et heureux de présenter son dernier album Que Aura. Il pioche aussi pas mal dans deux autres albums : In Triangle Time et Double Exposure. Le concert est bien rôdé et je passe réellement un bon moment. Un vrai concert rock dans un club ! Il n’y a que ça de vrai !

La cerise sur le gâteau délicieux ? Une reprise de See No Evil (Television) que son père lui jouait à la guitare quand il était gamin. Son père ne connaissait que 3 accords sur 4 et cela avait interpelé Kelley parce qu’il n’arrivait jamais jusqu’au refrain de ce morceau.

2030. C’est en 2030 que je revois Kelley Stoltz pour la troisième fois.

 

Vu le 15 mars 2018 au Bourg (http://www.le-bourg.ch) à Lausanne, Suisse.

Prix de la place 13CHF . Debout au premier rang.

(http://www.kelleystoltz.com)

 

 

(Une autre histoire)

En Suisse, si tu ne maitrises pas le démarrage en côte quand tu conduis, tu es un homme mort.

Quand j’ai passé mon permis de conduire, jadis, j’ai vu la manœuvre une fois. Frein à main, passe ta première, lève ton capot. Puis… plus rien. Je roule surtout en 2 roues.

Mais en Suisse, tu te gares en marche arrière dans les côtes enneigées. Sportif.

Les passages piétons sont à mi-côte. Tu ne peux pas faire comme à Paris, accélerer quand tu vois un piéton qui s’engage. Tu es obligé de t’arrêter pour le laisser passer. Enfoiré.

J’ai plutôt tendance à conduire comme Thélonious Monk, au bruit et à l’instinct. Mais ici ça ne marche pas trop. Du coup j’ai bossé ma technique. Et puis au bout d’un moment je me suis demandé, mais comment font-ils les locaux, les indigènes, les autochtones ?

Et bien ils roulent en automatique.

J’ai une C3 diesel mécanique.

Et toi Kelley, à San Francisco tu fais comment?

 

Texte et photo de couverture : Cyril Bivalski (correspondant suisse)