Hunter – Le chant nocturne des chiens (Marc Lainé / Théâtre National de Chaillot)

(quand on ne lit pas la bible)

Hunter ? Rick Hunter ?

 

(de quoi ça parle en vrai)

Hunter met en scène un couple reclus dans une maison pavillonnaire, assaillie par une créature mi-femme, mi-animal dont on ne sait si elle est réelle ou si elle n’est que la projection fantasmatique des différents personnages. L’équilibre du couple sera totalement bouleversé par les intrusions de cet être mystérieux, qui donneront lieu à de multiples rebondissements gores et fantastiques… (Hervé Pons : http://theatre-chaillot.fr/marc-laine-hunter)

 

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Crédits photos : Simon Gosselin

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Le talent de scénographe et de metteur en scène de Marc Lainé n’est plus à démontrer, de la pièce de Dennis Kelly (La nuit un rêve féroce avec la gracieuse Raphaëlle Boitel) en passant par son travail avec Moriarty qui m’avait énormément subjugué, notamment ce road movie canadien « Vanishing Point », déjà à Chaillot il y a quelques années.

Ici, le spectacle, certes plaisant, reste limité à un exercice de style maîtrisé, mais auquel il manque un peu de profondeur. On pourrait même regretter le rendu un peu cheap de l’image, là où on a vu chez Julien Gosselin and co. une qualité d’image quasi cinématographique (mais peut-être était-ce voulu…) On repère des influences (assumées ou inconscientes) dans lesquelles on trouve pêle mêle les films « It follows » (pour le premier plan truqué en caméra objective dans lequel Marie-Sophie Ferdane court devant un fond vert, poursuivie par on ne sait quoi ni qui), ceux de John Carpenter (- le personnage du père interprété par Geoffrey Carey, physique semblable au réalisateur, à l’accent étranger pour ajouter de l’étrange ? – la musique en direct de Superpoze, qui s’intègre très bien d’ailleurs à l’ensemble), le soap opera avec la « partie pavillonnaire et conjugale » entre les personnages interprétés par Bénédicte Cerruti (toujours impeccable et subtilement drôle) et David Migeot (sans commentaire). Restent l’excellence de Marie-Sophie Ferdane, passionnante à suivre de pièce en pièce et glaçante avec ses yeux revolver (je me sens également obligé de citer le téléfilm de Philippe Harel « Les heures souterraines » qui est absolument à voir si on n’est pas en pleine dépression ou en burnout) et certains effets d’optique ou de transparence faits en direct qui sont saisissants.

Cela étant dit, les films d’angoisse ou d’horreur dits de série B, comme ceux de Carpenter ou Romero, comportaient un supplément d’âme, une métaphore sur la société de l’époque, qu’on ne retrouve malheureusement pas ici. Ou alors je n’ai pas su les repérer ?

 

vu le samedi 10 mars 2018 au Théâtre National de Chaillot (Paris)

prix de la place : 25€ (abonnement)

 

HUNTER – LE CHANT NOCTURNE DES CHIENS

Une production La Boutique Obscure

Texte, mise en scène, scénographie : Marc Lainé

Musique originale : Gabriel Legeleux (alias Superpoze)

Collaboration à la scénographie : Stephan Zimmerli – Collaboration artistique : Tünde Deak – Vidéo : Baptiste Klein – Lumières : Kevin Briard – Son : Morgan Conan-Guez – Plateau : Farid Laroussi – Création des maquillages et prothèses : Cécile Kretschmar – Maquillage : Noï Karuna – Assistanat à la scénographie : Aurélie Lemaignen – Costumes : Marie-Cécile Viault

Avec Geoffrey Carey, Bénédicte Cerutti, Marie-Sophie Ferdane, Gabriel Legeleux, David Migeot

Jusqu’au 16 mars 2018 au Théâtre National de Chaillot – Salle Firmin Gémier (Paris) et le 30 mars 18 à Colombes, du 3 au 6 avril 18 à Dijon, le 13 avril 18 à Châtillon, du 24 au 26 avril 18 à la Comédie de Saint-Étienne, les 23 et 24 mai 19 à Brest, du 1e au 3 juin 18 à Lyon…

 

(une autre histoire)

C’est trop calme ici. Alors je mets bien fort dans mes oreilles l’album « The Suburbs »  par Arcade Fire. J’ai l’esprit d’à-propos, me direz-vous. Je vis en banlieue, j’écoute un album qui s’intitule en français « La banlieue »… Y a pas mieux pour courir dans ces rues tranquilles. Je devrais avoir peur, y a pas un chat par là, mais je n’ai pas peur car je fais du krav maga. J’aurais bien voulu prendre des cours de Ken le Survivant pour connaître les huit ou neuf points de vie, appuyer sur l’un d’eux et exploser mon assaillant par mon seul pouce, mais j’ai pas trouvé.

On se croirait dans un film de Tim Burton, les anciens, les meilleurs, avec toutes ces maisons qui se ressemblent, la voiture devant le garage, les haies taillées… Limite, tout le monde part en même temps le matin. On s’ennuie. Je m’ennuie. Je ne connais plus personne ici. Les gens ne sont pas très stables, dit celle qui n’a jamais réussi à garder un petit copain plus de deux mois… J’ai des petites manies, certes, mais j’ai du coeur. Un jour un garçon s’en apercevra, j’en suis certaine. Peut-être le gars que je croise tous les matins au café ? Cappucino Grande, c’est ce qu’il prend. À emporter.

Faudrait que j’en parle à Maman pour avoir son avis. Je rentre, je lui change sa couche, je desserre son bâillon et je lui en parle.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

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