Love me tender (Carver / Vincent / Bouffes du Nord)

(quand on ne lit pas la bible)

Love me tender ? Un musical sur la vie du King ?

(de quoi ça parle en vrai)

« On a dit de Carver qu’il était le Tchekhov américain. Pas de samovar chez Carver mais des litres de Gin. Comme chez le dramaturge russe le drame ne se joue pas que dans les mots mais aussi dans les silences, les non-dits. Ainsi l’étrange impression parfois qu’il n’y pas de drame, du moins en apparence. Son thème de prédilection : le couple. Il le met en scène au moment où ça vacille, où sous les apparences le malaise s’insinue comme un poison. Love me tender est un travail qui met l’acteur au centre. Six nouvelles sont ici adaptées pour huit comédiens interprétant chacun deux rôles, chacun devant s’accorder, comme en musique et malgré les désaccords de leurs personnages, à deux, à quatre, à huit. » Guillaume Vincent. (source : ici)

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© Elizabeth Carrechio

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Je n’ai jamais lu Carver (honte sur moi). À l’annonce du projet, je me rendis même compte que je le confondais avec Chandler, alors même que j’avais vu Short Cuts de Robert Altman, également adapté de nouvelles de Carver. Dans mon souvenir, le film était une réussite.

Pour résumer, Guillaume Vincent adapte 2 nouvelles de Carver simultanément dans la 1e partie de la pièce, puis 4 dans la 2e. Simultanément. J’imagine qu’il n’a pas dû être simple d’en faire le montage, même si passionnant. J’imagine qu’il a dû être ludique de trouver des répliques qui se répondent d’une histoire à l’autre, qui mettent toutes en scène des couples. Mais je trouve que le rythme en pâtit, que les acteurs n’ont pas grand chose à faire quand ce n’est pas leur tour de jouer, mis à part faire durer ces moments de silence, comme un blanc dans la conversation. Et quand le rythme s’accélère, il est ardu de suivre (mais je n’étais pas très bien placé, il faut dire).

La 1e partie de la pièce se veut plus comique que la seconde. On ajoute même des rires enregistrés, comme si on était devant un épisode de « I love Lucy » (une des premières sitcoms américaines avec Lucille Ball), mais c’est fait exprès. On fait rire, mais à l’intérieur on est dans le drame, dans lequel on plongera plus volontiers dans la seconde partie. La couture entre les deux, même si assumée, est un peu grosse.

En revanche, là où je fus pleinement convaincu, c’est par le jeu des comédiens quand ils le sont (en jeu) et je pense évidemment à une de mes comédiennes préférées : Emilie Incerti Formentini, excellente dans tous les registres.

Une soirée légèrement décevante malgré une atmosphère carverienne bien présente (même si je ne sais pas ce que c’est, mais j’ai supposé qu’elle l’était).

 

LOVE ME TENDER

D’après des nouvelles de Raymond Carver (Tais-toi je t’en prie ; Pourquoi l’Alaska ; La peau du personnage ; Personne ne disait rien  (du recueil « Tais-toi je t’en prie ») ; Appelle si tu as besoin (du recueil « Qu’est-ce que vous voulez voir ») ; Débranchés (du recueil « Les trois roses jaunes »)

Adaptation et mise en scène Guillaume Vincent
Avec Emilie Incerti Formentini, Victoire Goupil, Florence Janas, Cyril Metzger, Alexandre Michel, Philippe Smith, Kyoko Takenaka et  Charles-Henri Wolff et en alternance Gaëtan Amiel, Lucas Ponton et Simon Susset et avec la voix de Maud Le Grevellec

Dramaturgie Marion Stoufflet – Scénographie James Brandily assisté de Mathilde Cordier – Lumières Niko Joubert assisté de Amandine Robert – Costumes Lucie Ben Bâta assistée de Clémence Delille  – Son et régie vidéo Sarah Meunier-Schoenacker – Assistant mise en scène Yannaï Plettener – Coiffures et perruques Gwendoline Quiniou

Jusqu’au 5 octobre 2018 aux Bouffes du Nord, Paris, à l’Aire Libre (St Jacques de la Lande) les 8 et 9/11 et à la Comédie de Reims du 22 au 24/5/19.

 

(une autre histoire)

Elvis Presley n’est pas né tout seul. Son jumeau est mort né, il s’appelait Jesse Garon. Je ne sais pas si c’était un lundi mais ça a suffi pour créer la légende du « Elvis pas mort ». Parce qu’en fait, il ne serait pas mort sur la lunette de ses toilettes. Après recherche, il aurait été sur son fauteuil de coiffeur personnel. Elvis avait un salon de coiffure à domicile, que cela soit écrit. Je pensais qu’il était mort d’un AVC en poussant trop fort sur les chiottes, mais ce fut d’une banale crise cardiaque qu’il mourut (ou bien est-ce son frère ?)

Parfois j’y pense quand je suis sur le trône. A Elvis, au pétage de durite dedans ma tête, à l’AVC de ma grnad-mère. C’est pourquoi mon appartement est toujours nickel et que mon testament est prêt.

Une clé USB contient tous mes écrits qui seront publiés à titre posthume et recevront un accueil public et critique dithyrambique (quel drôle de mot !). On me proclamera le nouveau John Kennedy Toole. A priori, mes chevilles vont bien. La clé se cache dans le mug de la Buffalo Airways offert par ma soeur qui sera la bénéficiaire de mon assurance-vie. Je ne sais pas combien il contient. Faut que j’appelle mon conseiller à la Caisse d’Épargne. Sera-ce le même qui m’avait proposé une assurance obsèques ? « Cela ne vous coûtera qu’une somme modique par mois », m’avait-il dit. « Mais, je ne veux pas y penser, je n’ai pas encore trente-trois ans » lui avais-je répondu. Il eut alors cette phrase qui trotte encore dans ma tête :

« Mais tout le monde meurt, Monsieur ! »

 

vu le mercredi 19 septembre 2018 aux Bouffes du Nord, Paris.

prix de ma place : 20€ (cat. 3)

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

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