La Guerre des Salamandres (Karel Čapek / Robin Renucci / Maison des Métallos)

(de quoi ça parle en vrai)

« La Guerre des salamandres est une folle épopée (1935) de Karel Čapek – auteur tchèque connu aussi pour être l’inventeur du mot « robot ». À la lisière de Jules Verne et de la science-fiction à la Orwell, le spectacle nous emmène à la rencontre d’étranges créatures aux qualités presque humaines, des salamandres, exploitées par l’Homme dans une économie mondialisée. (…) Avec La Guerre des salamandres, Karel Čapek nous adresse avant l’heure un message écologique, une charge féroce contre la folie humaine d’un progrès sans limites où l’homme est prêt à sacrifier son environnement et son humanité pour son profit et sa mégalomanie. » (source : ici)

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Crédits photos : Jean-Christophe Bardot

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Jusqu’à présent, je n’avais vu ni mise en scène de Robin Renucci ni pièce des Tréteaux de France. J’entendais les critiques flatteuses à propos de cette Guerre des Salamandres. Je savais que c’était l’adaptation d’une pièce tchèque d’un auteur inconnu de moi, qu’il y avait un soupçon d’anticipation, mais je ne savais absolument pas à quoi m’attendre.

Je fus cueilli par cette pièce. Par son charme rétro-futuriste, par son propos très actuel (ma question est la suivante : y aurait pas des répliques ajoutées selon l’actualité ? Genre la phrase sur les journalistes ?), par l’inventivité de la mise en scène, de la scénographie  et par cette troupe. Parlons de cette troupe. Je ne connaissais aucun des acteurs présents sur scène et ils se sont tous révélés exemplaires. On voit qu’ils maîtrisent leur sujet mais on constate surtout l’écoute et le coeur qu’ils y mettent. On ressent de la solidarité entre eux – ce qui devrait être la norme, soit dit en passant – et une envie commune et du plaisir.

La pièce m’a fait penser aux Naufragés du Fol Espoir par le Théâtre du Soleil. On y devine effectivement la filiation avec Jules Verne mais surtout cet esprit de troupe qui nous fait applaudir à tout rompre.

 

LA GUERRE DES SALAMANDRES

texte de Karel Čapek

mise en scène Robin Renucci

adaptation Evelyne Loew, à partir de la précieuse traduction de Claudia Ancelot (1925-1997) parue aux éditions La Baconnière

avec Judith d’Aleazzo, Henri Payet en alternance avec Gilbert Epron, Solenn Goix, Julien Leonelli, Sylvain Méallet, Julien Renon, Chani Sabaty

scénographie Samuel Poncet – objets, accessoires animés Gilbert Epron – lumière Julie-Lola Lanteri-Cravet – images Philippe Montémont et Samuel Poncet – conception son et vidéo Philippe Montémont – costumes et perruques Jean-Bernard Scotto assisté de Cécilia Delestre et Judith Scotto – bruitages Judith Guittier – coach vocal et linguistique Irène Kudela – assistante à la mise en scène Karine Assathiany

production Tréteaux de France – Centre dramatique national

Jusqu’au 28 octobre 2018 à la Maison des Métallos, Paris

 

(une autre histoire)

Alors que je retirai mon invitation…

Elle me dit : « Bonsoir ». Je lui réponds : « Bonsoir ».

Elle me dit : « Vous travaillez avec S. ? ». Je lui réponds : « Euh… non. ».

Elle me dit : « Oh, vous lui ressemblez ! ». Je lui réponds : « Ah ! ».

Je ressemble à celui qui travaille avec S. L’autre jour, ma coiffeuse m’a dit que je ressemblais à J., un autre de ses clients. Mais je ressemble à qui alors ? Est-ce qu’à eux, on leur dit qu’ils me ressemblent, hein ? Il parait qu’on est tous relié, genre six degrés, genre je serre la main à mon beau-frère québécois qui a serré la main à Justin Trudeau qui a serré la main Donald Trump, vous voyez le genre ?

Je comprends mieux maintenant pourquoi tous ces regards dirigés vers moi, comme si les gens me connaissaient. C’est parce que je ressemble à tout le monde ! Voilà ma malédiction. A quatorze ans, comme dans un mauvais remake d’un film de David Lynch, la puberté m’a fait changer de visage, mes proches ne s’en sont aucunement rendus compte, mais toutes les personnes que je croise pensent croiser quelqu’un qu’ils connaissent. Et comme je fais tout le temps la gueule et que, de toute façon, je ne reconnais jamais personne, ces mêmes gens n’osent pratiquement jamais m’aborder, pensent que je les snobe et se foutent en rogne contre mes sosies.

Je ne sais pas si je suis clair.

Ou alors, j’ai plusieurs vies et je ne m’en rends même pas compte. D’où ma fatigue chronique !

Je pense trop, faut que j’arrête.

 

vu le samedi 20 octobre 2018 à la Maison des Métallos, Paris.

prix de ma place : invitation

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

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