Hiver Vingt Vingt

2020, deux mille vingt, vingt vingt… Encore vingt spectacles ou concerts au programme que je verrai… ou pas.

 

1/ Bruit – Festival de l’Aquarium (jusqu’au 25 janvier)

L’ensemble La Vie Brève s’installe à la Cartoucherie et démarre sur les chapeaux de roue avec le Festival Bruit, dans lequel on retrouve diverses propositions, plus ou moins musicales, dont Chewing-Gum Silence d’Antonin Tri-Hoang, Lettres non-écrites de David Geselson, Variété de Sarah le Picard, Grand Bazar d’Antonin Tri-Hoang (toujours) et Eve Risser…

2/ Fable pour un Adieu d’Emma Dante à la Colline (du 11 au 22 décembre)

Il y a des metteuses en scène dont je ne raterai plus aucun spectacle (voir 7/ et 8/)

3/ L’Enfant-Océan de Frédéric Sonntag au Théâtre Paris Villette (du 13 décembre au 5 janvier)

Je fais à nouveau confiance en un metteur en scène (celui de B. Traven), sans trop savoir ce qu’il retourne. Avec en plus un acteur vu dans Shock Corridor/Western de Mathieu Bauer (Rémi Fortin) et une actrice vue et très appréciée cet été dans Iphigénie à Splott (Morgane Peters).

4/ Hedda de Léna Paugam au Théâtre de Belleville (du 8 janvier au 29 mars)

Parce qu’on m’en avait parlé lors du festival Off d’Avignon 2018. Aussi parce que je connais la personne qui a créé les lumières… On a les arguments qu’on trouve).

5/ Hamlet de Thibault Perrenoud au Théâtre de la Bastille (du 9 janvier au 6 février)

Même si je n’avais pas plus apprécié que ça sa précédente réalisation (La Mouette), il est toujours intéressant de voir comment un jeune metteur en scène français met à sa sauce ce classique.

6/ Contes et Légendes de Joël Pommerat à Nanterre Amandiers (du 9 janvier au 14 février)

Le grand retour de Joël Pommerat après le triomphe de Ça ira, fin de Louis. C’est qu’on l’attend un peu au tournant…

7/8/ Una Costilla Sobre La Mesa Padre / Madre d’Angélica Liddell à la Colline (du 10 janvier au 7 février, en alternance)

Un diptyque de l’artiste espagnole, toujours passionnante à vivre, quoi qu’il arrive… Lapsus, je voulais écrire « suivre » à la place de « vivre », mais c’est bien ça, on vit aussi les pièces de Liddell.

9/ Hen de Johanny Bert au Théâtre Mouffetard (du 22 janvier au 8 février)

Un autre spectacle dont on m’a beaucoup parlé l’été dernier à Avignon… Une séance de rattrapage pour ce théâtre de marionnettes d’un autre genre…

10/ Aime-moi de Géraldine Martineau au Théâtre de Belleville (du 2 au 22 février)

Pourra-t-on me prévenir des jours où Géraldine Martineau sera sur scène, puisqu’elle sera en alternance avec Diane Bonnot (contre qui je n’ai rien…), mais j’apprécie beaucoup le jeu de l’autrice et co-metteuse en scène (avec Zazon Castro) ?

11/ La Nuit des Rois de Thomas Ostermeier à la Comédie Française (du 4 février au 22 mars)

Le retour de l’adaptation par le metteur en scène allemand sur la scène du Français. Peut-être ne le raterai-je pas cette fois-ci et voir ainsi pour la dernière fois Georgia Scalliet avec la Comédie Française…

12/ La Vallée de l’Etrange par le Rimini Protokoll à la Villette (du 5 au 8 février)

On ne sait jamais à quoi s’attendre avec le Rimini Protokoll… Après l’installation Nachlass et Granma, les Trombones de la Havane, encore une occasion d’être surpris…

13/ Ce qui n’a pas lieu de Sofia Dias et Vitor Roriz au Théâtre de la Bastille (du 24 au 29 février)

Les deux artistes présents à l’affiche de l’Antoine et Cléopâtre version Tiago Rodrigues (et de Sopro) sont de retour au 76 rue de la Roquette, mais cette fois-ci tous seuls comme des grands qu’ils étaient déjà. Heureux de les voir évoluer dans leur univers.

14/ A l’Ouest d’Olivia Grandville au Théâtre de la Bastille (du 24 au 29 février)

Totale découverte de cette artiste, au hasard de la programmation de mon théâtre favori. Et c’est de la danse.

15/ Contes Immoraux – partie 1 : Maison Mère de Phia Ménard aux Bouffes du Nord (du 24 février au 1e mars)

Parce que son travail m’avait marqué en début d’année dans Saison Sèche et qu’elle sera cette fois-ci présente sur scène.

16/ La Chute des Anges de Raphaëlle Boîtel à la Scala (du 25 février au 8 mars)

Raphaëlle Boîtel fait partie de ces artistes qui ont su prendre leur indépendance (autrefois disciple de James Thierrée) et offrir des créations originales et astucieuses.

17/ V.I.T.R.I.O.L d’Elsa Granat au Théâtre de la Tempête (du 28 février au 29 mars)

Même si l’épisode précédent (Mon Amour Fou) ne m’avait guère convaincu, ce nouvel effort d’Elsa Granat et Roxane Kasperski ne passera pas à l’as dans ma programmation.

 

Last but not least…

18/ Le Projet Georges d’Edith Proust au Théâtre de la Tempête (du 13 au 14 février)

Ou la reprise d’un des meilleurs spectacles vus en 2019 (je prépare mon bilan…) Je n’en rajouterai pas ici

19/ Supergrass au Casino de Paris (4 février)

Ou le grand retour du groupe, pour fêter leurs 20 ans de carrière…

 

20/ Tenacious D au Zénith de Paris (26 février)

Ou Kyle Gass et Jack Black prêts à mettre le feu au Zénith… Jack Black est mon maître…

Louis-Jean Cormier + Salomé Leclerc + Palatine (Aurores Montréal / Maroquinerie)

(ceci n’est pas une critique, mais…)

(faudrait peut-être que je relise mes anciennes chroniques, histoire de ne pas récapépéter… tant pis…)

Voilà maintenant sept ans que le Festival Aurores Montréal offre au public français le meilleur de la scène québécoise. Voilà bien plus d’années encore que je clame haut et fort mon amour pour la chanson québécoise.

Au programme du soir, un groupe français, Palatine, l’exception qui confirme la règle et surtout les beaux, les grands, les talentueux Salomé Leclerc et Louis-Jean Cormier.

Je passerai très rapidement sur la prestation de Palatine, prise en sandwich entre les deux Québécois de l’étape. Belle découverte, avec une préférence pour les chansons en anglais, ne me tapez pas, merci.

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Crédits photos : Axel Ito

Salomé Leclerc… Je l’avais manquée lors de sa précédente venue au festival. Erreur réparée : la chanteuse est magnétique sur scène (assez troublant de croiser son regard, qu’elle soutient, contrairement à votre serviteur – un peu comme l’an passé avec Elisapie), accompagnée par Joe Major à la batterie. Elle ose la jolie reprise de Famous Blue Raincoat (du Québécois de coeur… Leonard Cohen) mais surtout étonne et séduit avec ses chansons à elle, sensibles et solides. De la conviction mélodique (j’essaie une nouvelle association de mots), un tempérament et un naturel confondants.

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Crédits photos : Axel Ito

Louis-Jean Cormier… Une longue histoire entre sa musique et moi, puisqu’elle commença avec Karkwa, un des groupes que je vénère le plus au monde, rien que ça (avec Radiohead et Blur). Son nouvel album solo va sortir en 2020 et il est là pour nous présenter quelques unes de ces nouvelles tounes. Ce grand bonhomme est drôlerie, générosité et surtout talent. Quand tu ne vas pas trop bien, tout de suite, tu entends ses chansons et ça va mieux. C’est bête à dire, je sais. Cormier a un sens de la mélodie très convaincant (je tente une autre association hasardeuse) et sait écrire des chansons en français. Pas niaises ni simplettes. Y a de la poésie, de l’amour pour les mots. Louis-Jean Cormier tape toujours juste. Et j’attends avec impatience son prochain album !

LOUIS-JEAN CORMIER + SALOMÉ LECLERC + PALATINE

Festival Aurores Montréal

à la Maroquinerie, Paris

 

(d’autres petites choses)

Je veux voir Jean Leloup sur scène l’année prochaine !!!

Je veux revoir Klô Pelgag sur scène l’année prochaine !!!

*****

A quoi pense Salomé Leclerc quand elle scrute le public de son regard perçant ? Est-elle à la recherche d’un ancien amour qui aurait enfin accepté son invitation ? Calcule-t-elle le ratio hommes/femmes de l’auditoire ? Ou tout simplement est-elle totalement myope ?

*****

Cette fille a posé son appareil photo sur une des enceintes. Elle filme l’artiste sur scène, puis tourne la caméra vers le public. Je regarde la caméra, fixement, intensément. Quand elle visionnera ses images, se rendra-t-elle compte que je n’aurai pas cligné une seule fois des yeux ? (mais peut-on cligner d’autre chose que des yeux ?)

 

Vu le lundi 2 décembre 2019 à la Maroquinerie, Paris

Prix de ma place : 19€

Photo de couverture : Guillaume Roujas

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Pièce (Grémaud / Bovay / Gurtner / Théâtre de la Ville / Festival d’Automne à Paris)

(de quoi ça parle en vrai)

« Du théâtre dans le théâtre dans le théâtre… On ne se lasse pas d’observer comment Tiphanie Bovay-Klameth, Michèle Gurtner et François Gremaud démontent spectacle après spectacle les rouages de la représentation pour exposer avec un délicieux sens de l’humour la réalité humaine à l’oeuvre derrière l’artifice. Ainsi, dans Pièce, on assiste aux efforts de deux comédiennes et un comédien pour préparer un spectacle et le jouer. Cette mise à nu du processus de création, non pas en dévoilant les coulisses mais en montrant directement ce qui a lieu in situ, suscite une multiplicité de relations qui s’entretissent et interagissent pour offrir, non seulement un aperçu cocasse des rapports humains – car tout part de là et y revient –, mais aussi les balbutiements d’intuitions qui naissent, pour peu à peu prendre forme. Et, bientôt, cela devient un spectacle. » (source : ici)

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Crédits photos : Dorothée Thébert Filiger

(ceci n’est ni une critique ni une autre histoire, mais…)

Voici une pièce que j’attendais avec impatience. Et je fus forcément déçu. Je voulais rire. Parce qu’en ce moment j’en ai besoin. J’ai froid, le temps est gris, je n’aurai sûrement aucune retraite quand je serai mort, ma vie sentimentale est à nouveau dans les pâquerettes (je plaide coupable), je patiente bon gré mal gré jusqu’à ce qu’une certaine personne daigne lire le contenu de mon « side project » (qui est en fait mon « main project ») et ainsi enfin passer à l’étape suivante, je n’ai plus d’inspiration… Pourquoi donc la sauce n’a-t-elle pas pris pour moi ?

Parce que j’étais loin. Je crois que c’est une bonne excuse. La salle de l’Espace Cardin est bien trop grande pour apprécier les mimiques, les regards, la gestuelle du trio suisse. Il m’a manqué cette proximité. Ou des lunettes. J’ai déjà la flemme de me rendre chez le médecin pour ma toux de fumeur alors que je ne fume même pas, alors aller chez l’ophtalmo…

Certes, j’ai souri et parfois ri, surtout au début, en voyant nos trois comédiens entrer sur scène, postiche sur la tête, bruitages synchonisés à leurs pas. Certains ne maîtrisent pas leur texte, d’autres hésitent quant au ton employé, les mêmes jouent faux. Ils se trompent et recommencent. On se reconnait en eux. Enfin… pas moi, parce que j’excelle dans mon domaine. Dès que je suis sur scène, je me transcende,  les gens rient, je ne fais rien et les gens s’esclaffent. Quand je suis sur scène, on ne sait d’ailleurs jamais si je suis ou si je joue, si ça a commencé ou pas. Je crois que j’aurais dû m’écouter plus et embrasser ma vocation…

Les comédiens (les vrais) sont excellents, il n’empêche que j’ai vu poindre progressivement le bout du nez de l’ennui. La répétitivité des scènes ne m’a guère… Mazette, on ne peut dire « Il ne me sied guère » au passé composé ni au passé simple !

Vous m’avez compris, j’aurais dû m’abstenir d’écrire cette chronique tellement je suis passé à côté de cette pièce « Pièce ». Quand on a un truc dans la tête qui se la joue chewing-gum dans les cheveux, on n’apprécie rien. Surtout pas un chewing-gum goût cheveux pelliculés.

 

PIÈCE

Collectif Gremaud/Gurtner/Bovay: Tiphanie Bovay-Klameth, François Gremaud & Michele Gurtner

Avec Tiphanie Bovay-Klameth, François Gremaud, Michele Gurtner & Le Musicien Samuel Pajand

Musique Samuel Pajand – Lumieres Antoine Friderici – Scénographie Victor Roy – Collaboration Costumes Sarah André

En 2020 à Genève et Lausanne

 

(une autre annonce)

Pour ceux qui ne sont toujours pas au courant, cette saison sera la dernière pour ce blog… Vous voilà tous prévenus !

 

Vu le dimanche 17 novembre 2019 au Théâtre des Abbesses, Paris (Théâtre de la Ville / Festival d’Automne à Paris)

Prix de ma place : 17€ (cat 1 balcon – carte TDV)

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Les Bonnes (Robyn Orlin / Jean Genet / Théâtre de la Bastille)

(de quoi ça parle en vrai)

« La metteuse en scène et chorégraphe Robyn Orlin s’empare de l’une des plus célèbres pièces de Jean Genet, Les Bonnes, dans laquelle deux sœurs domestiques tentent d’empoisonner leur maîtresse, tout en multipliant entre elles de délirants jeux de rôles pervers. Faisant écho à un fait divers qui défraya la chronique dans la France des années 30, la pièce soulève la question du conflit de classe, offre une satire de la bourgeoisie, une réflexion sur le travestissement, et apparaît comme une parodie de la tragédie classique. Mêlant chorégraphie, théâtre et cinéma, Robyn Orlin fait dialoguer le jeu au plateau avec la projection en arrière-scène du film que Christopher Miles adapta de la pièce en 1975. » (source : ici)

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© Robyn Orlin

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Le genre de pièces où tu te dis : Oui ! Et en fait… Non…

Nous sommes d’abord séduits par le dispositif : une caméra fixe filme les comédiens sur scène et leur image est ensuite incrustée dans le film de Christopher Miles, aujourd’hui oublié. L’image est loin d’être parfaite et c’est totalement assumé. Nous sommes loin de la perfection d’un spectacle de Julien Gosselin, pour citer le premier exemple qui me vient en tête. Nous sommes ébahis ensuite par l’application des comédiens qui respectent les marques sur scène pour être totalement raccord avec le décor fictif (celui du film) dans lequel ils évoluent. Et c’est à peu près tout. Là on attendait que le procédé évolue, il s’enlise.

L’oeil est immanquablement attiré par l’image alors que les comédiens évoluent devant nous. Une fois qu’on a compris le principe, on s’attarde alors sur le jeu des acteurs et c’est là où le bât blesse également. J’entends le choix de Robyn Orlin d’employer des acteurs noirs pour jouer ces Bonnes qui veulent empoisonner leur maîtresse blanche. Mais pourquoi donc avoir choisi des hommes si c’est pour les faire jouer de manière excessive et outrée des femmes ? De plus, lors de la générale à laquelle j’ai assisté, la diction était loin d’être parfaite et notre attention n’a cessé de s’éparpiller. Et je ne parlerai pas du gimmick de faire jouer les acteurs également dans le public. A quoi bon ?

Une déception de la part de la chorégraphe sud-africaine qui s’essayait pour la première fois à la création intégrale d’une pièce de théâtre, elle qui m’avait tant étonné avec « And so you see… our honourable blue sky and ever enduring sun… can only be consumed slice by slice… »

 

LES BONNES

Un projet de Robyn Orlin

Avec Andréas Goupil, Arnold Mensah, Maxime Tshibangu

 D’après le texte de Jean Genet

Création lumières Laïs Foulc – Création costumes Birgit Neppl – Création vidéo Eric Perroys – Création musique Arnaud Sallé – Régisseur général Fabrice Ollivier

Jusqu’au 15 novembre 2019 au Théâtre de la Bastille avec le Festival d’Automne à Paris, puis à Toulouse, Rouen, Tremblay-en-France et Tours.

 

(une autre histoire)

Dimanche soir… Pas l’après-midi… Mais dimanche soir. Il pleut. Demain c’est la rentrée. Après le spectacle, quelqu’un propose d’aller boire un verre. On refuse. Demain c’est la rentrée. Il faut être en forme pour la rentrée. On ne peut décemment pas boire un verre, peut-être deux, se coucher trop tard un dimanche soir. On a passé ces deux dernières semaines à se reposer pour être en forme le jour j. Ce n’est pas pour annihiler tous ces efforts. Il y a quinze ans, je l’aurais bu ce verre. J’aurais même pu faire une nuit blanche et enchainer avec le boulot. Mais ça, c’était avant. Je pense à mon programme de la semaine. Je pleure. Je pense à mardi, parce que mardi sera le soir où je serai chez moi au calme, au chaud, à ne rien faire. Parce que les autres soirs, je serai toujours par monts et par vaux. Il me tarde mardi. Mardi soir. Ne rien faire.

 

Vu le dimanche 3 novembre 2019 (générale) au Théâtre de la Bastille, Paris

Prix de ma place : invitation

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Please Please Please (La Ribot / Mathilde Monnier / Tiago Rodrigues / Centre Pompidou / Festival d’Automne)

(de quoi ça parle en vrai)

Dans Please Please Please, sa dernière création en date de 2019, La Ribot s’allie à nouveau à la chorégraphe Mathilde Monnier (…) et pour la première fois au metteur en scène portugais Tiago Rodrigues. Ils signent ensemble un pacte dérégulé par lequel tous trois s’engagent à préserver ce que la danse a de plus indomptable. Comme une contre-proposition au contrat social, l’accord déjoue les normes du spectacle pour laisser s’exprimer des corps rendus à leur seul désir, incluant le public à son insu. La pièce s’interroge sur ce que l’institution (de l’école au centre d’art) peut faire au corps en déclinant des figures de marginalité, présentées comme autant de façons de contourner la norme. Please Please Please mutualise, selon leurs propres termes, la danse du beau et celle de l’exécrable dans une performance polymorphe qui prend le sauvage pour prisme de lecture. Au cours de cette négociation, les clauses du spectacle se redéfinissent sans cesse. Placé en situation d’autonomie, chacun éprouve alors seul son corps, au risque assumé du ridicule, de l’incertitude et du dysfonctionnement. (source : ici)

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Crédits photos : Grégory Batardon – DR

(ceci n’est toujours pas une critique, mais…)

Je ne connaissais pas La Ribot, je n’avais jamais vu Mathilde Monnier sur scène mais avant ce soir, j’avais déjà assisté à huit spectacles écrits par Tiago Rodrigues (1). Les plus fidèles d’entre vous savent combien je suis attaché au travail de l’artiste portugais (2). Depuis que j’ai démarré cet espace qui ne se veut pas critique, il y a deux ans et demi, je souffre de deux syndromes : Celui de l’Imposteur (Qui suis-je pour donner mon avis ?) et celui du Fan (Puis-je parler d’un spectacle alors que je connais (plus ou moins) en personne l’artiste et qu’en plus j’apprécie son travail ?). Je prenais toujours des pincettes, annonçait la couleur mais me voilà libéré : Je n’ai pas aimé « Please Please Please » !

Sur scène, une masse non identifiée qui mesure la largeur de la grande scène du Centre Pompidou. Certains diront un Monstre type du Loch Ness qui sera finalement deshabillé à la fin du spectacle, d’autres un tube digestif… une longue et interminable bouse ? Mathilde Monnier et La Ribot entrent sur scène et amorcent une danse infinie, jusqu’à la fin de la première partie. Elles dansent. Elles parlent. Je m’endors. Les deux artistes laissent alors parler leurs corps. Je lutte contre le sommeil. Je parviens à le vaincre. Puis une mère, un bébé se parlent. En espagnol non sur-titré, en français.

Perplexité sera le maître-mot de cette soirée. Je suis en train de voir quoi. J’aurais pu me raccrocher à la poésie des mots de Tiago Rodrigues, mais ses saillies ne m’atteignent pas. Elles sont, de manière incompréhensible pour moi, fades et sans intérêt. Je ne suis, non plus, pas touché par le parcours de Mathilde Monnier et La Ribot.

Je ne chercherai pas à en dire plus, je ne ferai que confirmer le premier syndrome cité.

(1) : By Heart (3), Bovary (2), Sopro (2), The Way She Dies (2), Tristesse et joie dans la vie des girafes, Ça ne se passe jamais comme prévu, Je t’ai vu pour la première fois au Théâtre de la Bastille (2), Antoine et Cléopâtre (2)

(2) : J’avais participé en 2016 à l’Occupation Bastille qu’il avait dirigée.

 

PLEASE PLEASE PLEASE

Un spectacle de La Ribot, Mathilde Monnier, Tiago Rodrigues

Avec Mathilde Monnier, La Ribot

Traduction, Thomas Resendes – Musique, Béla Bartók (extraits) – Lumières, Eric Wurtz – Scénographie, Annie Tolleter – Réalisation scénographie, Christian Frappereau, Mathilde Monier  – Costumes, La Ribot, Mathilde Monnier

Costumes, Marion Schmid, Letizia Compitiello – Création musique et régie son, Nicolas Houssin – Direction technique et régie lumière, Marie Prédour – Régie plateau, Guillaume Defontaine

En tournée en 2020 à Strasbourg, Nantes et Angers

 

(d’autres histoires)

Si j’étais venu au Centre Pompidou sans avoir lu la note d’intention du spectacle, sans connaître les noms des gens ayant commis ce spectacle, j’aurais pu penser qu’il s’agissait d’un hommage à cette chanson interprétée par James Brown. En voyant cette vidéo, je repense à la performance du groupe The National qui, sur invitation de l’artiste Ragnar Kjartansson, a interprété pendant six heures, soit 99 fois, le morceau « A lot of sorrow », et ce, de manière ininterrompue. As-tu déjà écouté 99 fois d’affilée une chanson ?

**********

Entre deux micro-siestes, je repense à tout ce que je dois faire durant les prochains jours : le ménage, remplacer l’ampoule de ma lampe de chevet, la lessive, remplir le frigo, relancer C. qui doit me faire un retour sur la soixante-dix-huitième version de ma pièce (et éventuellement lui proposer de la mettre en scène), dormir, courir, ne pas tousser, répondre à des questions sur la frustration, trouver un logement pour mon Noël québécois, aller pour la dernière fois chez mon coiffeur marseillais bientôt à la retraite, sortir du placard la couette, transpirer en mettant la housse de la couette, lire le dernier Fabcaro et cette pièce québécoise qu’A. m’a envoyée le mois dernier, écouter les nouveaux disques de Pierre Lapointe et Patrick Watson, écrire… toujours.

 

Vu le vendredi 18 octobre 2019 au Centre Pompidou dans le cadre du Festival d’Automne à Paris

Prix de ma place : 14€ (abonnement Festival d’Automne)

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Stallone (Emmanuelle Bernheim / Fabien Gorgeart / CentQuatre / Festival d’Automne)

(de quoi ça parle en vrai)

« Lise, 25 ans, est une secrétaire médicale à l’existence paisible. Tout bascule après une séance de cinéma : le film Rocky 3 lui fait l’effet d’une véritable épiphanie. Suivant l’exemple de l’ancien champion de boxe qui rempile pour un dernier tour de ring, Lise se lance à corps perdu dans la reprise de ses études de médecine. » (source : ici)

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Crédit photo : Huma Rosentalski

(ceci n’est pas une critique, mais…)

A l’origine, un roman court d’Emmanuelle Bernheim, aujourd’hui disparue. Un titre : Stallone. Un acteur mythique aux films inoubliables : Rocky 1, Rocky 2, Rocky 3, Rocky 4, Rocky 5, Rocky Balboa, Rambo 1, Rambo 2, Rambo 3, John Rambo, Rambo (tellement tu écris ce nom, il ne veut plus rien dire)

Alors oui, le seul reproche que l’on pourrait faire sans avoir vu le spectacle serait le suivant : encore ce dispositif archi-rabattu : une comédienne au micro + un musicien (ici au clavier) + une adaptation d’une oeuvre littéraire. Et pourtant…

Pourtant l’histoire de Lise, racontée à la troisième personne par Clotilde Hesme, fonctionne à merveille, car ce récit d’une jeune femme qui prend sa vie en mains après avoir pris un uppercut en voyant Rocky 3 est tour à tour émouvant, dynamique, drôle, inspirant, émouvant (oui, je l’ai déjà dit). La mise en scène sobre de Fabien Gorgeart met en avant la simplicité des mots d’Emmanuelle Bernheim.

Scène d’introduction : Nous entendons la scène du combat ultime entre Rocky Balboa et Clubber Lang (joué par Mr T.). Clotilde Hesme et Pascal Sangla (qui l’accompagne sur scène musicalement et théâtralement) entrent sur scène et sont captivés par ce qu’ils « voient » (le film n’est pas projeté). La comédienne est au bord des larmes.

Cependant elle ne nous émouvra pas immédiatement. Elle parait même en dedans, presque grise. Dans le jeu et physiquement. Sans un seul effet spécial ni raccord, Clotilde Hesme, au fil de la pièce, va gagner en assurance, comme son personnage, se colorer. C’est bête à dire, mais il faut le voir pour le croire.

Il fallait un Pascal Sangla (déjà vu chez les Chiens de Navarre) malicieux et juste, quel que soient les personnages qu’il interprète (tous les autres personnages du roman en somme) pour lui tenir la dragée haute, ce qu’il réussit haut la main. De multiples variations du thème « Eye of the Tiger » du groupe Survivor retentissent tout au long du spectacle, tout va vite, on passe du rire aux larmes en un clin d’oeil. On s’étonne à vouloir rattraper « Daylight » après le résumé hilarant qu’en fait Lise, on aimerait que l’histoire se poursuive…

En résumé, un grand coup de coeur pour cette histoire et ces deux grands artistes !

 

STALLONE

conception : Fabien Gorgeart et Clotilde Hesme
mise en scène : Fabien Gorgeart
d’après Stallone d’Emmanuèle Bernheim (Gallimard)
avec : Clotilde Hesme et Pascal Sangla

création sonore et musique live : Pascal Sangla – lumières : Thomas Veyssière – assistanat à la mise en scène : Aurélie Barrin – collaboration artistique : Cyril Gomez-Mathieu

Jusqu’au 26 octobre 2019 au CentQuatre (Paris) dans le cadre du Festival d’Automne à Paris puis en tournée à Rennes, Tulle, Toulon.

 

(d’autres histoires)

Dans l’histoire, dans la pièce, Lise se passe en boucle la chanson du film : « Eye of the Tiger » du groupe Survivor. Le mois dernier, après l’achat panurgique d’une platine disque vinyle, j’ai récupéré d’anciens vinyles à moi, chez mes parents. J’ai évidemment laissé derrière moi ma pléthorique collection de disques à la gloire de Chantal Goya et Dorothée (je ne pensais pas en avoir autant) pour conserver la substantifique moelle de mon passé vinylistique. S’en vient le moment de faire quelques confidences concernant ces fameuses chansons des années quatre-vingts :

  • Thriller de Michael Jackson m’a seulement effrayé à la toute fin de son clip, quand le King of Pop se retourne dévoilant le rire sardonique de Vincent Price.
  • You can call me Al de Paul Simon : J’ai toujours été persuadé que Chevy Chase était Paul Simon.
  • Pile ou face de Corynne Charby : Je me souviens être allé chez le coiffeur, tout le monde pensait que je lisais un Astérix mais j’avais caché un Lui avec Corynne Charby toute nue…
  • Nuit de folie de Début de soirée : Je connais toujours les paroles par coeur. Oui, je sais…
  • J’ai deux 45t de David Hallyday… et « Hélène » aussi de Roch Voisine.
  • Je pense vraiment utiliser le 45t de Michel Leeb La Ponctuation pour agrémenter mes cours de grammaire… (j’attends que Laurent Lafitte le réactualise au Français)
  • A mon retour de classe verte, mes parents m’avaient offert le 45t de Samantha Fox « Touch me » mais je n’ai pas pensé à appeler la DDASS. (et on ne faisait pas encore d’anglais en école élémentaire)

 

Vu le mercredi 9 octobre 2019 au CentQuatre (Paris)

Prix de ma place : 14€ (abonnement Festival d’Automne)

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Automne 19/20

Encore et toujours ma sempiternelle sélection très subjective ! Et en cette nouvelle saison 19/20, j’ai décidé de mettre à l’honneur dix-neuf voire vingt spectacles, que je verrai cet automne. (J’ai réfléchi de longues heures pour trouver ce  nouveau concept…)

 

A la faveur de l’automne, je mettrai tout d’abord l’accent sur… le Festival d’Automne !

La Team Tiago ne manquera sûrement pas Please Please Please par le trio Mathilde Monnier / La Ribot / Tiago Rodrigues (le 15/10 à l’Espace 1789 de St-Ouen et du 17 au 20/10 au Centre Pompidou)

« Je suis sans famille et je m’appelle Rémi et je me balade avec tous mes amis… » Quand j’étais petit, j’avais des peluches nommées Capi et Dolce. Etonnamment, c’est Jonathan Capdevielle qui va adapter le roman d’Hector Malot (du 21 au 30/11 à Nanterre Amandiers)

Je ne sais pas si on entendra la chanson dans le spectacle, mais rien que d’y penser, je l’aurai dans la tête durant toute la rédaction de cet article : Clotilde Hesme aura sans nul doute l’oeil du tigre dans Stallone de Fabien Gorgeart (du 08 au 19/10 au CentQuatre)

Les Talents Adami s’affichent avec Gwenaël Morin dans Uneo uplusi eurstragé dies d’après Sophocle et Eschyle (du 08 au 12/10 à l’Atelier de Paris)

Sans transition, dans le reste de l’actualité…

 

Le Présent qui déborde… ça, c’est parce qu’on ne le surveille pas assez… Après sa présentation lors du dernier festival d’Avignon, Christiane Jatahy revient au CentQuatre (en partenariat avec l’Odéon, du 1e au 17/11)  pour le deuxième volet de son Odyssée.

Je suis un homme fidèle… si si… et je fréquenterai plus que jamais le Théâtre de la Bastille. Cette nouvelle saison me parait assez audacieuse, puisque nous y verrons des artistes qu’on n’a pas vus depuis longtemps sur la rue de la Roquette comme Daniel Linehan et son Body of Work (c’est de la danse, du 18 au 23/11), voire jamais comme Loïc Touzé et sa Forme Simple (c’est aussi de la danse, du 18 au 23/11)

Je ne vais pas tenter d’inventer un résumé d’après le titre du spectacle d’Emmanuel Meirieu aux Bouffes du Nord, La Fin de L’Homme Rouge… J’irai le voir aussi et surtout pour admirer Maud Wyler, Jérôme Kircher… (du 12/09 au 02/10)

Même si je fus légérèment désappointé face à Love Me Tender, je me rendrai à l’Odéon pour voir la nouvelle création de Guillaume Vincent Les Mille et Une Nuits (du 08/11 au 08/12)

 

« Hard ou classique, la musique adoucit les moeurs… »

 

 

Je suis loin d’être un afficionado de Thomas Jolly et pourtant je vais voir un de ses spectacles (à la Scala du 18/10 au 03/11) : Un Jardin de Silence. Parce qu’avant tout pour moi, ce spectacle autour des chansons de Barbara est un projet de Raphaële Lannadère et de Babx

Buster Keaton est cher à mon coeur pour de multiples raisons et le Nouveau Théâtre de Montreuil le met à l’honneur (du 14 au 16/11) avec un ciné-concert performé dirigé par Mathieu Bauer.

Continuons en musique avec Les Siestes Acoustiques de Bastien Lallemant. Certes, j’aurais très bien pu y assister à Paris, mais je ne fais pas comme les autres, j’en ferai une à Manosque dans le cadre des Correspondances (le 28/09)

Parce que la musique est vitale pour moi… d’ailleurs, j’ai toujours une pensée pour ma guitare sans cordes qui trône dans mon salon… je ne raterai pas le concert de Troy Von Balthazar et de Michel Cloup Duo au Petit Bain (le 20/09)

Silence, ça pousse…

 

 

Et parce que je ne vois pas que des valeurs sûres, contrairement à ce que l’on pourrait penser, je me risquerai à la Colline pour voir Data Mossoul de Joséphine Serre (du 18/09 au 12/10)… Ok, c’est surtout pour revoir sur scène Elsa Granat et Edith Proust qui ont enchanté mon été avignonnais avec Le Massacre du Printemps…

D’ailleurs, nous pourrons retrouver Edith Proust au Lavoir Moderne Parisien dans Le Projet Georges, une pièce qu’elle a co-écrite et co-mise en scène avec Laure Grisinger, qui n’est autre que la dramaturge du… Massacre du Printemps ! (du 17 au 20/10)

Autre découverte au Lavoir Moderne Parisien (du 27/11 au 01/12), Les Femmes de Barbe Bleue, une création collective de Juste avant la compagnie qui figure également au programme du prochain festival Impatience (qui met en avant la nouvelle création jeune du spectacle vivant et du théâtre jeune et impatient parce qu’ils sont jeunes…)

Sinon on pourra aussi jeter un oeil à ce qu’il se passe du côté du Théâtre de la Reine Blanche avec Le Mont Analogue (du 04 au 08/09) (que j’avais raté la saison passée au Théâtre Berthelot à Montreuil…) par la Compagnie Les Temps Blancs ou avec Poulette de et avec Andréa Brusque(du 02 au 13/10)

A part ça, au Théâtre de la Tempête, il y aura la pièce Elémentaire de Sébastien Bravard sur une mise en scène de Clément Poirée (du 19/11 au 16/01). Ou l’histoire d’un comédien qui est devenu professeur des écoles… Je ne vois absolument pas pourquoi j’ai dans l’idée de voir cette pièce-là en particulier…

#TeamTiago

© Filipe Ferreira

Last but not least, la vingtième pièce de ma sélection, The Way She Dies, pour la première fois à Paris, au Théâtre de la Bastille, mais qui a été créé il y a plus de deux ans et joué pour la première fois en France au Théâtre Garonne à Toulouse. Et j’y étais (le 28 mars 2017…) ! Ce fut une époque toute particulière pour moi… Les souvenirs vont se ramasser à la pelle… comme les feuilles mortes… parce que c’est l’automne… Vous me suivez ? Super combo tg STAN + Tiago Rodrigues, c’est du 11/09 au 06/10.

 

Il y a d’autres spectacles programmés à mon carnet de bal, j’en parlerai peut-être dans ces mêmes colonnes… On appelle ça une aguiche. Il y a évidemment des spectacles que je n’ai pas mentionnés mais qui valent sûrement le coup d’oeil, mais comme je l’ai lu quelque part, mieux vaut être sélectif qu’exhaustif.

Vive la frustration, bon vent, bonne rentrée et à bientôt !

On fait le bilan (Avignon 2019)

Il est l’heure de faire un court bilan de mon festival d’Avignon : 15 spectacles dans le Off, 2 dans le In. L’idée était de voir moins de spectacles, ça c’est fait et si jamais je reviens par Avignon l’an prochain, j’aurais presque envie de rester plus longtemps mais d’en voir seulement deux par jour.

Dans mes grandes satisfactions, si vous m’avez suivi, vous aurez compris que je retiendrai Laterna Magica de Dorian Rossel au 11 Gilgamesh Belleville et surtout Le Massacre du Printemps d’Elsa Granat au Théâtre du Train Bleu.

Sinon je pense aux personnes extraordinaires (au sens premier du terme) qui ont peuplé le spectacle Trouble, à ma découverte de ce grand monsieur de théâtre qu’est Jean-Louis Hourdin, à la folie douce de Charly Chanteur, aux affres adolescentes d’Hercule à la plage, à la confirmation du talent de Morgane Peters dans Iphigénie à Splott, à l’adaptation réussie et immersive qu’est Guerre, et si ça nous arrivait ?, sans oublier Le Groenland.

« Au nom de la Manufacture, du Train Bleu et du 11 Gilgamesh Belleville »

Ainsi soit la nouvelle Sainte Trinité d’Avignon Off, tellement j’ai pu entendre parler des spectacles se jouant dans ces théâtres-là. Je me garderai bien de faire un bilan du festival en général. Je n’ai vu qu’un nombre très minime de spectacles dans le In comme dans le Off. Il y a trop de spectacles dans le Off ? Embouteillage de spectacles intéressants avant midi et après 21h ?

En règle générale, j’ai vécu un festival (off) assez confortable et je n’ai même pas usé de mes tickets de boisson du Bar du Off…

– Salut, si ça te dit, je te paye un verre… Au bar du…

– Du In ?

– Du Off ! Entre 18h14 et 19h52… Mais où vas-tu, belle demoiselle ?

Un grand merci à l’ami Ludo de s’être occupé du logement intramuros et mes salutations à l’ami Marseillais avec qui on a fêté notre 10e festival en commun !

 

Et pendant ce temps sur Twitter

Avignon jour 1 

Intramuros. J’arrive. Je prends un café sous les platanes et j’attends les amis avec qui on a pris un appart. Et qui vient s’asseoir à côté de moi ? Armelle Héliot ! On ne peut plus être tranquille !!!

Note pour plus tard : toujours me balader avec ma grosse valise, au moins on vient pas me chercher pour me présenter tel ou tel spectacle…

(ces quelques lignes ont provoqué un débat des plus houleux concernant l’existence ou non des platanes en terre avignonnaise… La réponse : Je sais que je ne suis pas un spécialiste en arbrologie, mais je sais reconnaître un platane quand j’en vois un, je suis né à Marseille, oh fan de chichourle !)

Avignon Jour 2

Elle fait semblant de ne pas me voir, je fais semblant de ne pas la voir, nous faisons semblant de ne pas nous voir.

J’apprends finalement que je serai infiltré pour une troisième saison.

Sur la rue Guillaume Puy, là où résistent les huit derniers platanes de la ville, s’est installé un théâtre. Dans mes souvenirs s’y trouvaient les locaux du quotidien « La Marseillaise »…

A part ça, j’ai voulu manger des spaghettis bolognaise et je me suis fait une tache sur ma belle chemise que j’avais mise pour l’occasion : ce soir-là, j’allais voir Architecture dans la Cour d’Honneur. J’étais au 3e rang et j’ai senti les acteurs déconcentrés par ma tache, j’ai préféré m’éclipser et partir à l’entracte.

Avignon Jour 4

Accueillir numéro 5 dans l’appart entre 8h et 9h. Ouvrir la porte pile au moment où il arrive. 10e festival que je fais avec l’ami marseillais. Plus besoin de s’envoyer des messages.

C’est le soir. J’erre en solitaire (dans le Jardin des Doms), comme une âme en peine… Comme une envie de danser ce soir. Ou de manger un kebab.

J’ai finalement mangé un shish taouk.

Et je viens de me rendre qu’il ne s’agissait pas de mon quatrième jour mais de mon troisième. Tout va bien.

Avignon Jour 4 (le vrai) 

J’ai mal à la gorge et je voulais que le monde le sache. Ou au moins Twitter.

L’instant fan : Après le beau Laterna Magica (et Fabien Coquil, quel acteur !), j’ai serré la main de Dorian Rossel !!! Je ne me laverai plus jamais ma main droite ! Et je lui ai parlé !!! Je ne me laverai plus jamais… euh…

Un commentaire avisé du colocataire numéro un : Après tes pièces « Guerre, et si ça nous arrivait ? » et « Le Massacre du printemps », aujourd’hui ça ira mieux si tu vois « La Paix dans le Monde » de Diastème… Même si on en est loin, de la paix dans le monde…

Samedi 13 juillet, l’après-midi, Avignon. J’ai traversé de part en part la rue de la République. Les vrais savent. Demain ? La rue des Teinturiers !

Je viens de boire un Pac à l’eau avec une fille que je n’avais pas vue depuis 18 ans, que je connais depuis 35 ans. Elle vit à Paris, a repris des études de théâtre, écrit 2 pièces soutenues par Artcena mais… elle ne connaît pas Tiago Rodrigues (et n’avait jamais bu de Pac à l’eau). Je crois que je vais supprimer son numéro. (Petit bonhomme qui fait un clin d’oeil si jamais elle lit cela…)

Mon cœur saigne. Depuis l’été 1996, comme un pèlerinage en souvenir d’un amour de vacances, une histoire sans lendemain, mais à laquelle on repense…, chaque année j’allais manger une glace chez Deldon, rue St Agricol. Deldon n’est plus, je suis inconsolable. Pourquoi ?

Terminer la soirée en entendant une anecdote que je n’ai pas le droit de dire ici… C’est tout pour aujourd’hui.

Avignon Jour 5

Quand tu as tes 3 colocs et la collègue Théâtrelle qui vont voir ce matin des spectacles que tu as largement conseillés : Le Massacre du Printemps au Train Bleu et On pourrait revivre à la Caserne. Toujours l’impression de survendre les spectacles que j’adore et que je reverrais volontiers.

Voir avec une amie une pièce qui m’a terriblement déçu, croiser ensuite l’extraordinaire actrice du Massacre du printemps, Edith Proust, oser l’aborder et ressentir encore des frissons rien qu’en lui parlant.

Passer le début de la soirée à Montreuil (casquette Le Blog de Nestor). Et discuter avec 2 membres du Cabaret ta mère aux Corps Saints à 22h25 et regretter de ne vraiment pas pouvoir y aller d’ici mon départ…

Et il arrive qu’on fasse une rencontre à 1h du matin qui nous convainc d’ajouter un spectacle au planning… (et je n’avais même pas bu).

Avignon Jour 6

Je ne parlerai pas du joli rêve de cette nuit.. Toutefois je peux dire que je regrette ma voisine de lit, car mon nouveau coloc de lit (l’ami marseillais -> 10e festival en commun, je me répète, je sais) pique tout le temps le drap. C’est pas comme si j’en avais besoin, mais c’est pour le principe !

Ça sent la fin pour moi… Ça sent tellement la fin que je me suis trompé d’heure pour la pièce avec Hiam Abbass… c’est dans une minute et je n’ai toujours pas pris ma douche… Ce n’était donc pas à midi, mais à onze heures…

La phrase qu’on entend, qu’on répète aussi : Quel jour on est déjà ?

Quand tu reçois le SMS de confirmation du TGV pour demain… mais qui te rappelle que dans 3 jours tu seras au Pays de la Poutine !

Accepter avec le sourire un tract donné par la comédienne d’une pièce que je n’ai pas aimée…

Ne pas trop en dire ici et garder un peu pour soi… (et aimer les verbes à l’infinitif)

Aujourd’hui, j’ai pris deux cafés avec une comédienne et amie qui a su lire dans mes pensées, reçu un courriel d’une personne qui m’a ému (elle devient coutumière du fait), mangé un tacos tout seul et pensé déjà à l’été prochain…

Avignon Dernier jour (7)

J’entends Coloc n°2 se lever, il attend près de la machine à café… 7h58… 7h59… 8 heures pétantes, Nespresso ronronne.

Je n’ai pas du tout fait exprès de choisir une pièce qui s’intitule Exit (à la Manufacture) comme ultime spectacle de mon festival…

Et pour mon 17e et dernier spectacle que nous avons finalement atteint le Point Bowie (Modern Love). En revanche, ce fut pour moi un festival sans nudité, ça faisait longtemps…

A mon tour de dire que je m’en vais d’Avignon : 17 spectacles vus, trop de chroniques en retard, mais des cafés et des verres avec des gens pas vus depuis longtemps, des rendez-vous manqués, des promesses, des moments de partage avec mes amies exfiltrées, le cœur qui bat…

Je me suis bien amusé… et j’aimerais trouver une ânerie pour conclure ce moment nostalgico-bilano-pathétique, mais je n’en trouve pas.

La Maison de Thé, l’expérience

LE JOURNALISTE

Par charité chrétienne, je ne nommerai pas le journaliste qui m’a conseillé de voir « La Maison de thé ». Je ne veux chercher de noises à personne, C’est ma faute, je ne lui en veux pas, c’est toujours ma faute : j’aurais dû lui demander s’il avait déjà vu le spectacle. En l’occurrence, non. Cela dit, la pièce est un classique du théâtre chinois, le metteur en scène est apparemment réputé. De plus, ce spectacle sera à près le seul pour lequel j’aurai suivi les conseils de quelqu’un. Il faut vivre dangereusement.

COURAGE EST MON DEUXIÈME PRÉNOM

Les premiers retours sont très mauvais. La pièce qui dure trois heures (sans entracte) voit ses spectateurs fuir par grappes, parait-il. Après la déconvenue « Architecture » (j’en suis parti au bout de 2h20, à l’entracte… parce que je ne sais pas partir à un autre moment, je n’ose pas, je ne sais pas vivre dangeureusement), je ne sais que penser.

Les deux camarades qui devaient m’accompagner déclarent forfait (cette information est très importante pour la suite des événements). C’est donc seul que j’aborderai ce défi hors du commun : voir une pièce de trois heures en chinois qui fait l’unanimité contre lui.

LA GARE ROUTIÈRE

C’est une gare. C’est une gare routière. C’est une gare routière souterraine. Glauque. C’est toujours glauque, les gares routières souterraines. « C’est tout droit », qu’on me dit. Alors je vais tout droit. Une fois n’est pas coutume, je ne vais pas à hue et à dia. C’est chaud, c’est moite. Dans un autre contexte, je ne dirais pas non, mais là…

Le spectacle se joue à l’Opéra Confluence, lieu éphémère en face de la gare TGV d’Avignon, en attendant la fin des travaux de l’Opéra qui se situe place de l’Horloge.

« Attends, Olivier, j’ai une idée ! Ça va se jouer hors les murs, comme ça, si les gens veulent partir, ils y réfléchiront à deux fois, parce que pas de moyen de reprendre la navette avant la fin du spectacle, sauf s’ils veulent monter dans un bus régulier. Et le bus régulier, tu sais ce que ça veut dire ? Ça veut dire : Le bourgeois en plein coeur des quartiers extramuros ! Et ça, il veut pas, le bourgeois !

– J’aime ton raisonnement, Kevin !

LA SPECTATRICE DU IN

Dans la file, en attendant la navette :

« J’ai vu Architecture, Phèdre !, Pelleas et Melissande, Sous d’autres cieux, Multiples… J’ai vu un seul spectacle dans le Off. C’était nul. Jamais je ne remettrai les pieds dans le Off. »

Nous sommes en 2019 et nous pouvons toujours entendre ce genre de discours : Le In d’un côté, le Off de l’autre. Comment être à ce point ignorant ? Evidemment que le Off, c’est la rue de la République et ses one man show et autres spectacles comiques pas souvent très distingués. Evidemment que le Off, ce sont ces théâtres garages qui louent à des prix exorbitants leurs espaces pour des créneaux de plus en plus réduits. Mais le Off, c’est aussi et surtout des théâtres comme la Caserne, les Doms, la Manufacture, le Train Bleu, le 11, les Halles (liste non exhaustive) qui ont une programmation audacieuse et passionnante, avec des spectacles qui viennent très souvent du théâtre subventionné… Le snobisme et surtout l’ignorance bêta de cette personne d’une vingtaine d’années m’a quelque peu agacé. Evidemment, je n’ai rien dit car je suis un pleutre. Je sens votre sourcil droit tressauter à la lecture de cette annonce…

CRÉNEAU

Le bus est parti et nous arrivons déjà à proximité de l’Opéra Confluence, à quelques encablures de la Gare Avignon TGV. Comme dans bon nombre de gares situées à l’extérieur des villes, les voitures se garent là où elle peuvent/veulent, échaudées par le prix des parkings. Comme je n’ai jamais su bien décrire, je vais seulement écrire : le bus s’est retrouvé coincé, ne peut ni avancer ni reculer sans toucher les voitures mal garées. Blocage total. Nous sommes la première navette. Ça veut dire, que même si on sort pour terminer le trajet à pied, les autres navettes auront du retard. Dans le hall de l’Opéra Confluence, mis à part deux pauvres fontaines d’eau, aucun lieu pour se rafraîchir ou se sustenter. La soirée va être longue.

début

LES VOISINS

Mes deux camarades ayant déclaré forfait (c’était l’info utile de tout à l’heure), les deux places à ma droite sont libres. J’aurais pu m’y asseoir, mais sur mon billet j’ai celui de gauche, et hormis le fait que je sois toujours plus à l’aise à gauche qu’à droite, je n’ai jamais su m’asseoir à une autre place que celle qu’on m’a assigné. Je suis du genre, si le wagon d’un train est vide et qu’il y a une personne qui s’est mise au hasard à ma place, à demander à cette personne de me laisser la place. Oui, je suis cette personne. Je sens la déception poindre en vous : « Il est comme ça ? »

Une dame s’asseoit à ma gauche. Elle n’arrêtera pas de commenter tout ce qu’elle voit. Elle est venue seule et je suis devenu contre mon gré son nouvel ami. Si elle avait eu moins de quarante ans et un physique que j’aurais considéré comme agréable, elle aurait été plus que la bienvenue. Oui, je suis comme ça, aussi. Je sens la déception s’ancrer en vous : « Il est vraiment comme ça ? »

On nous demande de nous décaler vers le milieu pour ne laisser aucune place libre. Je me lève et… un individu tente de… « Pardon, pardon, je veux cette place ! » Je suis sûr et certain qu’il a payé sa place en catégorie 2 (je suis en catégorie 1, je suis du genre à ne me déplacer qu’en première classe en TGV… « Il est définitivement comme ça ? Heureusement que je ne l’ai pas rencontré durant ce festival ! ») et qu’il attendait qu’on nous déplace pour piquer une place en première catégorie 1.

La dame à ma gauche l’interpelle : « J’espère que vous ne serez pas le premier à partir avant la fin… » Il répond fièrement : « Non, je ne pars jamais avant la fin, Madame. »

Imagine, avoir quelqu’un à côté de toi, bourré de tics, qui bouge tout le temps sa jambe, pendant trois heures. Je le déteste.

LA MICRO-CRITIQUE

Je n’ai rien compris, j’ai un peu dormi, y a une immense roue qui ne sert à rien sauf pendant le dernier quart d’heure.

LE MOT DE LA FIN

Un jour, je dirai à mes petits-enfants : « J’ai résisté. Je suis resté jusqu’à la fin de la Maison de Thé ! »

fin

 

茶馆 (La Maison de Thé)

Avec Chen Lin, Chen Minghao, Ding Yiteng, Han Jing, Han Shuo, Li Jianpeng, Li Jingwen, Liu Chang, Liu Hongfei, Qi Xi, Sun Yucheng, Sun Zhaokun, Tian Yu, Wang Xinyu, Wei Xi, Zhao Hongwei, Zhang Hongyu, Zhang Juncheng, Zhang Zhiming et Li Xiaojun (chant), Li Yibo (batterie), Wang Chuang (guitare et basse)

Texte Lao She

Mise en scène, adaptation Meng Jinghui

Dramaturgie Sebastian Kaiser – Musique Hua Shan, Shao Yanpeng, Nova Heart – Scénographie Zhang Wu – Lumière Wang Qi – Vidéo Wang Zhigang – Son Hua Shan – Costumes Yu Lei – Assistanat mise en scène Li Huayi

à l’Opéra Confluence (Avignon In) jusqu’au 20 juillet 2019

(photo de couverture © Christophe Raynaud de Lage)

Exit (Fausto Paravidino / Anne-Sophie Pauchet / La Manufacture / Avignon Off 19

(de quoi ça parle en vrai)

« A quitte B. A et B se séparent. Plus tard, A rencontrera C et B rencontrera D. Exit c’est l’histoire éternelle de la fin annoncée d’un couple. Et de ce qui pourrait se passer après. L’histoire du renoncement, des échappatoires, des petites lâchetés et des grandes désillusions. Une variation drôle et acide sur la difficulté de concilier le besoin de liberté personnelle et d’émancipation avec un exigeant besoin d’affection et d’une « vie satisfaisante ». Un questionnement sur la crise qui habite ces adultes bourgeois européens parfois autant incapables de courage politique que de courage intime. » (source : ici)

Exit-16©Laure-Delamotte-Legrandw-2
Crédits photos : Laure Delamotte-Legrand

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Cette fois-ci, l’auteur italien s’attaque à l’histoire d’un couple bourgeois en crise. Nous suivons son parcours, pas forcément dans l’ordre, mais surtout une rupture et ses conséquences.

Le bon point de la pièce est ses comédiens, Laure Mathis en tête (que j’ai toujours (en tête) depuis le magnifique « Doreen » de David Geselson). A noter également, la découverte de Jean-François Levistre (pour une fois que je souligne la présence d’un comédien « mâle »…) qui détonne par son physique, son phrasé étonnamment normaux. Il pourrait être n’importe qui dans la rue, mais il est comédien et il le fait bien. (ça pourrait être mal pris, mais c’est réellement un compliment : sa normalité m’a fait du bien)

La pièce, à mon sens, repose uniquement sur les épaules des comédiens (et la direction d’acteurs) car le texte de Fausto Paravidino ne présente pas un réel intérêt, tant il manque d’originalité. J’ai l’impression d’avoir déjà vu cette pièce, sous une forme spectaculaire ou filmique, un certain nombre de fois. Cerise sur le gâteau, nous avons droit à une énième scène de danse sur du David Bowie (ici « Modern Love ») (d’ailleurs, il faudrait légiférer, j’en ai déjà parlé, sur l’emploi des musiques de Bowie ou Nina Simone – cette dernière sera d’ailleurs la figure centrale de la prochaine pièce de David Geselson avec Laure Mathis, je boucle la boucle). 

Il parait loin le temps de Peanuts et de Gênes 01… (autres pièces autrement plus passionnantes)

 

EXIT

Texte : Fausto Paravidino

Metteur en scène : Anne-Sophie Pauchet 

Avec Arnaud Troalic, Laure Mathis, Manon Rivier et Jean-François Levistre

Scénographie : Laure Delamotte-Legrand – Régie générale et création lumière : Max Sautai – Régie son : Gaetan Le Calvez – Régie plateau : David Amiard et Romain Renault (en alternance) 

Jusqu’au 25 juillet 2019 (sauf les 11 et 18) à 12h à la Manufacture – Château St-Chamand, Avignon Off

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Vu le mardi 16 juillet 2019 à la Manufacture, Château St-Chamand, Avignon Off

Prix de ma place : invitation

 

(sans titre)

Ce qui est bien avec les salles extramuros, c’est qu’on voit du pays. Cette fois-ci, ce sont les zones commerciales, l’autre jour, un peu comme à Thoiry, les cités qui n’en ont sûrement rien à faire du festival…

Je n’ai absolument pas fait exprès de choisir de voir une pièce qui s’appelle « Exit » alors même qu’il s’agira de ma dernière pièce de ce festival. Voir une pièce avec un tel nom, en dehors des remparts, veut bien dire ce que ça veut dire, il est temps de partir.

Les signaux EXIT m’enquiquinent dans les théâtres. C’est trop vert. C’est trop lumineux.

(évidemment il était absolument nécessaire que j’écrive cette affirmation)

(ça se voit un peu que je n’ai plus du tout d’inspiration pour cette section de l’article, alors que je vais embarquer dans mon avion dans 28 minutes et que je me dépêche de terminer ma chronique et de la publier…)

Charly Chanteur (L’Arrache-Coeur / Avignon Off)

(de quoi ça parle en vrai)

« Les ballades spleenétiques sont comme des chansons dépressives mais en plus drôles. Les poèmes-poubelles sont des poèmes récupérés dans une poubelle et mis en musique. Charly Chanteur est un chanteur gourou de la secte du « Spleen », un vrai-faux chanteur qui fait un vrai-faux concert. » (source : ici)

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Je suis comme ça, je suis prêt à sacrifier la vision du feu d’artifice du 14 juillet pour assister à un concert (apparemment, le feu d’artifice a été annulé à cause du vent). Et pas des moindres, puisqu’il s’agit du concert de Charly Chanteur.

L’an passé, au même endroit, j’avais assisté à l’un des meilleurs concerts de l’année, celui de Léopoldine HH (dont je vous rabats les oreilles, dès que je la vois sur scène, avec Marc Lainé ou sur des chansons de Gérard Manset). Ils étaient trois et Charly Marty n’était déjà pas en reste pour ne pas jouer les fleurs en pot.

Il y a quelque chose des Flight of the Conchords chez Charly Chanteur : cette manière si personnelle de parler de ses amours adolescentes, mais pas que, de la vie, de l’amour et des voitures, l’essentiel quoi, mais aussi ce talent pour interpréter ce personnage de chanteur dépressif qui fait joujou avec ses guitares et ses pédales, coiffé de sa… coiffe d’autochtone américain (toujours prononcer autochetone dorénavant tu devras). Comme il est écrit au-dessus, ce n’est pas tout à fait un concert. On est à Avignon et même dans ce concert, il y a du théâtre. Charly Marty tient jusqu’au bout son rôle de chanteur gourou de la secte du « Spleen ». Quand il ne chante pas, Charly Chanteur, pince sans rire, nous parle, soliloque (j’adore ce mot, désolé), la parole est heurtée, il ne termine presque jamais ses phrases. Le quatrième mur est explosé, il a une jolie gourde, la lumière devient bleue quand la chanson évoque une piscine, il y a même des strapontins sur les côtés… Je suis en vrac (je suis revenu hier soir à Paris et je me sens tout bizarre à me souvenir ces moments-là… vous saurez tout).

On a le sourire aux lèvres, on ose même chanter alors que nous n’étions pas très nombreux ce soir-là, fête du 14 juillet oblige. On aimerait en entendre plus. Il ne faut surtout pas rater ce personnage singulier à l’univers si personnel ! (fin de critique sérieuse mais sincère)

CHARLY CHANTEUR

(cie Les Indiens)

à l’Arrache-Coeur (Avignon Off) jusqu’au 28 juillet 2019 à 22h30 (sauf les 10, 17 et 24)

(peinture de couverture : Nelly Monnier)

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Vu le dimanche 14 juillet 2019 à l’Arrache-Coeur, Avignon Off

Prix de ma place : invitation

 

(sans titre)

Nous étions sept. Je n’ai pas compté, mais j’ai ressenti sept belles âmes, avec la mienne bien évidemment, dans cette salle de concert, en ce quatorze juillet. C’est bien maigre, mais c’est jour de fête. J’aurais bien voulu danser ce soir-là. Un slow. Y avait bien ma voisine de siège… Ça fait longtemps que je n’ai pas dansé de slow. En situation. La dernière fois, c’était… avec ma copine, du genre, on mange à la maison, y a de la musique et on se met à danser, tous les deux… Mais c’était avec laquelle de copine ?

Je me souviens qu’en 1999, pendant une impro dans notre atelier théâtre, j’avais dansé avec… (je cherche un faux nom) Mallory Pimenta. Je pense qu’elle avait senti que j’étais tout émoustillé (là je parle de mon entrejambe). Plus tard, je l’ai appelée au téléphone : « Bonjour Madame Pimenta, est-ce que Mallory est là, s’il vous plait ? C’est de la part d’Axel (c’est mon vrai prénom), merci ! » Je lui ai demandé si ça lui disait d’aller prendre un café avec moi. J’ai senti une certaine lenteur dans son temps de réponse et je ne sais pas pourquoi, j’ai cru bon d’ajouter que je voulais lui proposer un rôle dans un court-métrage que je venais d’écrire. Elle accepta et nous nous vîmes (passage au passé simple qui vient de nulle part) dans un café du centre commercial de la Valentine, à Marseille.

Evidemment, il n’existait aucun scénario. Je dus donc en écrire un en quatrième vitesse. Nous tournâmes ce film en une après-midi, avec Mallory, mais ça c’est une autre histoire…

 

Joie (Anna Bouguereau / Jean-Baptiste Tur / Théâtre du Train Bleu / Avignon Off 19

(de quoi ça parle en vrai)

« Est-ce qu’on est obligé de pleurer à un enterrement ? Est-ce que c’est si normal qu’on enferme les morts dans des boîtes ? Pourquoi on fait plus de slows ? Pourquoi grandir ce serait accepter de mourir ? Est-ce que tous les croque-morts on l’air dépressif ? Qui a choisi cette musique improbable ? Pourquoi la dame au premier rang pleure si fort ? Est ce qu’on a le droit de coucher avec son cousin ? Pourquoi il faut attendre d’être mort pour être couvert de fleurs ? Comment continuer à vivre puisque les gens meurent ? (source : ici)

JOIE 3

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Il faudrait que j’ajoute un segment : « Pourquoi ai-je choisi cette pièce ? » Ici, uniquement le souhait de revoir une jeune comédienne lumineuse, Anna Bouguereau, que j’avais beaucoup appréciée dans « En réalités » (aussi au Train Bleu les jours impairs à 11h50), jouer son propre texte.

Malheureusement, la pièce ne m’a pas convaincu. Parce que je n’ai rien trouvé d’essentiel dans le texte, parce que le jeu d’Anna Bouguereau est assuré, un peu trop calculé à mon goût et parce que la mise en scène m’a paru étriqué. Comme une envie que ça sorte du cadre. Même si ce n’est pas forcément bienvenu d’agir de la sorte lors d’un enterrement.

Je parais quelque peu sévère, toutefois l’ensemble reste de bonne facture et ces pensées et autres observations d’ordre funéraire nous font repenser très logiquement aux nôtres. Mais il manque quelque chose.

 

JOIE

de et avec Anna BOUGUEREAU

mise en scène Jean-Baptiste TUR

collaboration artistique Alice VANNIER – création lumière Xavier DUTHU

Jusqu’au 24 juillet 2019 au Théâtre du Train Bleu (Avignon Off) (sauf le 18)

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Vu le dimanche 14 juillet 2019 au Théâtre du Train Bleu

Prix de ma place : invitation

 

(sans titre)

J’ai repensé au dernier enterrement auquel j’ai assisté. La défunte portait d’ailleurs le même prénom que celle de la pièce. Puis, la famille avait décidé de diffuser lors de l’inhumation une musique inattendue, du genre « tube de l’été ». J’ai souri et j’ai repensé à cette année…

J’ai rencontré Dieu sur Facebook (Ahmed Madani / 11 Gilgamesh Belleville / Avignon Off 19)

(de quoi ça parle en vrai)

« Comment une adolescente bien sage et bien protégée par sa maman peut-elle sombrer dans une mascarade pseudo-religieuse d’aventure extraordinaire ? Comment une jeune mère qui est parvenue à s’émanciper du poids de la tradition, de la religion, réagit-elle face à ce qu’elle considère comme une trahison de son combat pour la liberté ? Voilà un vrai sujet de société dans lequel la fiction et la poésie peuvent trouver une voie d’expression qui fera écho chez les spectateurs, et les adolescents. » (source : ici)

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Crédits Photos François-Louis Athènas

(ceci n’est pas une critique, mais…)

La déception fut d’autant plus grande que j’avais énormément apprécié la précédente pièce d’Ahmed Madani « F(l)ammes ». Allons bon, que s’est-il passé ?

Je cite le dossier de presse : « Ahmed Madani a décidé de recentrer son écriture en évoquant les mécanismes de manipulation à l’œuvre sur les réseaux sociaux qui ont conduit de nombreux jeunes gens à suivre la voie du fanatisme religieux. »

L’auteur – metteur en scène utilisera l’humour pour dénoncer le danger de l’embrigadement à travers les réseaux sociaux. Je n’ai tout simplement pas adhéré à ce parti-pris. L’adolescente minaude, le jeune recruteur est caricatural. Mounira Barbouch, qui interprète la mère, est celle qui est la plus juste dans sa partition, elle apporte la crédibilité à l’entreprise. Ou bien est-ce peut-être moi qui suis à la côté de la plaque ?

Je me sens parfois largué quant aux représentations de tel ou tel individu ou de certains faits de société. « Le jeune » serait comme ça ? Cela serait aussi simple ? Je n’y vois que des grosses ficelles. Au fond de moi, je sais que c’est possible, mais je ne parviens pas à m’y résoudre.

Il m’a manqué une certaine profondeur (moi qui en manque parfois dans mes non-critiques… je sais, ça faisait longtemps). J’en viens même à réviser mon jugement concernant « Antioche » de Sarah Berthiaume, qui abordait en partie ce sujet-là avec plus d’inventivité et de finesse.

Je vois où veut en venir Ahmed Madani, je vois à qui il s’adresse… de toute évidence pas moi.

 

J’AI RENCONTRÉ DIEU SUR FACEBOOK

Texte et mise en scène Ahmed Madani

Avec Mounira Barbouch, Louise Legendre, Valentin Madani

Assistant à la mise en scène Valentin Madani – Création sonore Christophe Séchet – Création lumière et régie générale Damien Klein  – Costumes Pascale Barré

Jusqu’au 26 juillet 2019 à 11h50 au 11 Gilgamesh Belleville, Avignon Off (sauf les 10, 17 et 24)

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Vu le dimanche 14 juillet 2019 au 11 Gilgamesh Belleville, Avignon Off

Prix de ma place : invitation

 

(sans titre)

Elle me tend son tract. Je le refuse, avec le sourire. « Vous me l’avez déjà donné hier », lui dis-je : un texte sur le rap par Joy Sorman. Sans arme ni violence.

Les fauteuils sont étroits. Je n’ai pas encore suffisamment maigri du cul pour me sentir à l’aise. A côté de moi, un jeune homme, costaud. Ai-je le droit de m’insurger contre le manspreading que m’impose cet homme ? Plus je me fais tout petit, plus il prend de la place. Si je disparaissais, toute la salle serait pleine de lui.

En regardant la pièce, je me souviens d’un épisode de « Sauvés par le gong ». Jessie  (Elizabeth Berkley) devenait accro aux amphétamines, elle perdait les pédales. Et comme si ce n’était pas suffisant, le quatrième mur s’écroulait et Zack Morris (Mark-Paul Gosselaar) s’adressait aux téléspectateurs, accompagné par les autres acteurs du show pour dire : « La drogue, c’est de la marde ! »

Laterna Magica (Ingmar Bergman / Dorian Rossel / Delphine Lanza / 11 Gilgamesh Belleville / Avignon Off 19)

(de quoi ça parle en vrai)

« Ce spectacle est une réinvention pour le plateau de la fausse autobiographie d’Ingmar Bergman. Ce récit sans complaisance, entre mémoires et exutoire psychanalytique, dessine un autre portrait du génie protéiforme. Il se raconte, les souvenirs dérivent, réinventant sa propre histoire pour en mesurer l’étendue et se l’approprier enfin. Bergman fait de sa vie une matière, fertile et fluctuante, pétrie de contrariétés, d’humour et de manques, sédiments propices à l’éclosion de sa créativité. » (source : ici)

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(ceci n’est pas une critique, mais…)

Il y a des metteurs en scène qui, décidément, ne nous déçoivent jamais et le metteur en scène suisse Dorian Rossel en fait partie. Après s’être attaqué à Ozu, Eustache et Truffaut (pour le coup, je n’ai toujours pas vu son adaptation du « Dernier Métro »), l’artiste helvète adapte cette fois-ci l’ « autobiographie » d’Ingmar Bergman.

Le coup de maître de Dorian Rossel et de Delphine Lanza (n’oublions pas qu’ils sont deux à la mise en scène) est de ne faire aucune référence directe aux films et aux pièces de Bergman. Nul besoin de les avoir vus, la pièce est de facto accessible à tous. On y suit de manière non chronologique ses souvenirs. Le traitement parait simple, il est en tout cas subtil, élégant. Les jeux de lumières sont particulièrement réussis.

Fabien Coquil, l’interprète principal qui incarne un Ingmar Bergman, est une vraie révélation. Il fait apparaitre un humour qu’on ne soupçonnait pas forcément chez Ingmar Bergman et par sa gestuelle et son phrasé impeccable, fait vivre sous nos yeux un artiste en devenir, un enfant, le maître, sans omettre les parts d’ombre du cinéaste.

Dorian Rossel est un magicien, que cela soit écrit.

 

LATERNA MAGICA

Texte Ingmar Bergman

Mise en scène Dorian Rossel et Delphine Lanza

Avec Fabien Coquil, Delphine Lanza et Ilya Levin

Lumières Julien Brun / Musique Yohan Jacquier / Son Thierry Simonot / Costumes Eléonore Cassaigneau / Scénographie Cie STT / Direction technique Matthieu Baumann / Assistant Clément Lanza

Jusqu’au 23 juillet 2019 à 10h30 au 11 Gilgamesh Belleville (sauf les 10 et 17)

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Vu le samedi 13 juillet 2019 au 11 Gilgamesh Belleville

Prix de ma place : invitation

 

(sans titre)

Ingmar Bergman aurait eu 101 ans le 14 juillet dernier. La Prise de la Bastille, elle, s’est faite le même jour, mais il y a… (je compte)… 230 ans. Pour les deux cents ans, je me souviens, mes camarades et moi chantions sur le Quai des Belges, devant la Mairie de Marseille. Le Maire d’alors, M. Vigouroux, n’avait pas daigné se montrer sur son balcon pour écouter nos voix célestes. J’essaie de trouver un lien entre Bergman et cet événement forcément majeur de ma vie, mais je ne le trouve point. Ou peut-être qu’un drame digne des films du maître suédois se déroulait derrière les fenêtres du salon de la Mairie, des scènes de la vie municipale.

Le Massacre du Printemps (Elsa Granat / Laure Grisinger / Théâtre du Train Bleu / Avignon Off 19)

(de quoi ça parle en vrai)

« Tu participes aujourd’hui au Massacre du Printemps. Oui j’ai bien dit « Massacre ». Tu vas voir c’est un bilan. Il y a des événements comme ça qui semblent insurmontables, tu penses qu’ils vont te laisser cloué au sol. Et pourtant tu vas découvrir des forces inespérées qui vont t’inspirer pour inventer des printemps même sur pelouse synthétique. Il m’est arrivé d’accompagner des gens en fin de vie. Des combattants sans monument aux morts. J’ai mûri d’un seul coup puis j’ai régressé aussi exactement en même temps. J’ai poussé fort et dans tous les sens. En réalité, tout ça reste très classique: je fais exactement ce que Molière a fait. L’art de la médecine est incapable de soigner sa mère, il écrit le Médecin malgré lui. La technologie médicale est incapable de soigner la mienne, je secoue le théâtre. En 2019 ça ne sera pas en alexandrins. » (source : ici)

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Crédits photos : DR

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Déjà trois jours que j’ai vu cette pièce et elle ne veut pas me quitter. Je ne dirai pas qu’il y a un avant et un après (j’ai vu la sublime pièce de Dorian Rossel « Laterna Magica » le lendemain), pourtant tout devient un peu tiède après ce moment de théâtre intense et bouleversant. D’où ma lenteur également pour écrire cette chronique ou la peur de ne pas trouver les bons mots pour retranscrire ce que j’ai vu et surtout ce que j’ai ressenti.

Dès les premiers instants de la pièce, on est happé par les mots d’Elsa Granat (me revient immédiatement en tête sa première pièce « J’ai plus pied » que j’avais découverte en 2010 à l’Espace Roseau). On ressent la nécessité, l’urgence de dire tout cela et il n’y aucune fioriture.

Le sujet de la pièce n’est pas simple à aborder : la fin de vie, l’accompagnement par le personnel hopsitalier, la famille, les aidants. Cependant (et fort heureusement) l’atmosphère n’y est pas plombante. Nous ne sommes dans un réalisme forcené.

Elsa Granat et ses comédien.ne.s nous emportent dans un maëlstrom d’émotions (on y rit aussi, faut pas croire), avec des personnages qui se dédoublent, qui observent. L’action n’est pas auto-centrée sur le personnage de la jeune femme interprétée (à des âges différents) par Elsa Granat et Edith Proust. On y entend par exemple une infirmière, un musicothérapeute ou tout simplement le père (la limite, peut-être, du procédé, est de laisser penser que chaque acteur/actrice va avoir son moment).

Le temps est multiple, l’action l’est également. Des fragments.

Rien n’est laissé au hasard, mais rien ne commande nos émotions. Je me souviens de l’admirable Saïgon de Caroline Guiela Nguyen mais je ne pouvais m’empêcher de penser qu’elle envoyait un peu trop les violons. Ici, rien de cela, l’émotion vient sans crier gare.

Et je voulais conclure cette longue chronique en évoquant Edith Proust qui interprète le rôle de la jeune femme adolescente. Rarement j’ai vu un tel niveau de jeu, en permanence en mouvement, toujours une proposition, une écoute exceptionnelle, un regard et un investissement qui forcent l’admiration. Comme l’a évoqué une des amies qui m’accompagnait ce jour-là : « J’aimerais revoir la pièce, ne serait-ce que pour me concentrer uniquement sur elle. »

Tout ce que j’écris est assez dérisoire. Ça faisait bien longtemps que je n’avais pas ressenti tout cela en voyant une pièce. J’ai toujours peur de sur-vendre un spectacle. Peur de constater que mes ami.e.s, les gens que je ne connaitrais pas, tant qu’on y est, n’y adhéreraient pas autant que moi.

Dans tous les cas, il faut découvrir ce spectacle. Point final.

 

LE MASSACRE DU PRINTEMPS

écriture et mise en scène  Elsa GRANAT

avec Laurent HUON, Elsa GRANAT, Edith PROUST, Clara GUIPONT, Hélène RENCUREL et Antony COCHIN

dramaturgie Laure GRISINGER scénographie Suzanne BARBAUD création lumière Vera MARTINS création sonore ENZO BODO et ANTONY COCHIN costumes Marion MOINET régie lumières Vera MARTINS régie son Julien CREPIN

Jusqu’au 24 juillet 2019 à 11h50 les jours pairs au Théâtre du Train Bleu

 + le 21 juillet aura lieu la lecture d’une prochaine création d’Elsa Granat au Théâtre Artéphile : « Les Requins du Groenland » avec Alex Fondja (vu notamment dans Iliade / Odyssée par Pauline Bayle) et Sophie Troise (vue notamment dans « J’ai plus pied » d’Elsa Granat en 2010 et « Absurde, vous avez dit absurde ? » au Théâtre de la Criée de Marseille en 1997 avec l’option théâtre à laquelle j’appartenais également…

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Vu le vendredi 12 juillet 2019 à 11h50 au Théâtre du Train Bleu (Avignon Off)

Prix de ma place : invitation

 

(sans titre)

Deux jours plus tard. L’amie infiltrée et moi-même sortons d’une pièce qui ne nous a pas convaincus. Nous apercevons alors, sur son fier destrier, Edith Proust, cette comédienne qui nous avait tant ému deux jours plus tôt. Nous prenons notre courage à deux mains et l’abordons.

J’ai toujours été incapable de parler, dire ce que j’ai ressenti en des termes clairs et compréhensibles. Pourtant je tente, maladroitement. Je la regarde, elle nous regarde et je sens encore des frissons m’étreindre. Ça peut étreindre, les frissons ? Edith Proust est magnétique, je le concède. Mais ici c’est la mémoire qui fait son travail. Deux jours plus tard.

Iphigénie à Splott (Gary Owen / Blandine Pélissier / Artéphile / Avignon Off 19)

(de quoi ça parle en vrai)

« Effie habite à Splott, un quartier de Cardiff touché par le chômage et la paupérisation. Effie, c’est le genre de fille qu’on évite de regarder dans les yeux, qu’on se permet de juger l’air de rien. Effie, c’est la provocation incarnée. On croit la connaître, mais on n’en connaît pas la moitié. Tous les samedis, elle se jette dans une spirale d’alcool, de drogue et de petits drames, et émerge au bout de trois jours d’une gueule de bois pire que la mort pour tenir jusqu’au bout de la semaine et mieux recommencer. Et puis, un soir, l’occasion lui est offerte d’être plus que ça. » (source : ici)

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Crédits photos : Anne Cabarbaye

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Splott… Mais qu’est-ce donc que Splott ? C’est moche comme nom. Pourtant c’est le nom d’un quartier à Cardiff au Pays de Galles. On s’imagine la vie à Splott. Puis on rencontre Iphigénie… Effie… Il n’y a pas de hasard.

La comédienne Morgane Peters nous prend aux tripes dès notre entrée dans la salle. Son regard, sa posture, ça bout. L’adresse est directe, la langue est crue et vraie. On s’imagine un texte anglais à la Irvine Welsh (l’auteur écossais de « Trainspotting »), quasi impossible à bien traduire. Blandine Pélissier et Kelly Rivière n’ont pas tenté d’adapter artificiellement l’argot gallois en français. Non, cette langue parait naturelle, simple mais tranchante. Et Morgane Peters, que j’avais découverte quand elle était à l’ERACM (école d’acteurs entre Cannes et Marseille) a su s’approprier ces mots. Elle créé un personnage qui marque, qui nous marque, de par sa franchise, son état brut.

Même si on peut ressentir cinq ou dix minutes en trop dans la pièce (peut-être est-ce notre cerveau qui s’est converti involontairement à la durée standard (1h) des spectacles du Off ?), Morgane Peters ne lâche jamais et nous non plus.

 

IPHIGÉNIE À SPLOTT

Texte : Gary OWEN

Mise en scène : Blandine PÉLISSIER

Interprétation : Morgane PETERS

Lumières : Ivan MATHIS / Son : Loki HARFAGR / Collaboration artistique, scénographie, costumes, graphisme : SO BEAU-BLACHE / Régie : Chloé BÉGOU / Production : Isabelle CANALS / Presse, diffusion : Fouad BOUSBA

au Théâtre Artéphile à 21h40 jusqu’au 27 juillet (sauf les 7, 14 et 21)

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Vu le vendredi 12 juillet 2019 au Théâtre Artéphile, Avignon Off

Prix de ma place : invitation

 

(sans titre)

Elle me dit : « Mais toi, tu aimes les seul.e.s en scène ! Mais toi, tu y vas, parce que tu veux en faire un, à toi ! »

Je lui dis : « Non, enfin oui, euh, c’est pas si simple. Oui, je veux en faire un, urgemment. Mais non, je n’y vais pas pour ça. C’est le hasard. Ce soir, parce que j’ai déjà vu la comédienne dans d’autres spectacles et que je suis ce qu’elle fait, autant que je peux. Je ne suis pas ce qu’elle fait, tu m’as compris, hein ? Je suis ce qu’elle fait, plutôt dans ce sens-là. Sinon ça ne veut rien dire. Demain, c’est à cause de l’auteur qui a écrit un monologue pour un acteur, parce qu’il devait raconter cette histoire-là comme ça et pas autrement. Alors oui, ça me donne des idées, une impulsion, ça décomplexe. Mais… »

Trouble (Turbulences Cie ! / Cie HVDZ / LaScierie / Avignon Off 19)

(de quoi ça parle en vrai)

« Initié dans une réflexion libre à la lecture d’écrits de Michel Foucault, le projet s’est construit à travers une coopérative de création sous la direction de Philippe Duban et Didier Cousin. « Trouble » propose une plongée historique atypique autour de l’histoire de la folie qui résonne avec notre époque actuelle. Sur scène, un orchestre d’une quinzaine de musiciens en live, des projections d’images, un trapèze et un chœur d’acteurs danseurs et chanteurs. » (source : ici)

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Crédits photos : DR

(ceci n’est pas une critique, mais…)

« Nos difficultés, grâce au théâtre, deviennent des choses positives. »

Je l’ai déjà écrit ici ou là, pendant trois ans, j’ai joué avec, notamment, des personnes atypiques qu’on appelle aussi autistes. Nous racontions des histoires sans mettre en avant la particularité des interprètes. Ici c’est tout le contraire, même si le résultat final est le même : Ils ont aussi le droit d’être là et peuvent tout à fait nous émouvoir, nous faire réfléchir…

« « Être comme nous » ou ne pas être. »

Le parti-pris est audacieux. On y parle de la position de la société face à ce qui nous parait différent. En cela, on pourrait aisément élargir le propos à ce que l’on voit en Méditerranée et ailleurs, tous les jours, dans nos journaux télévisés.

Plus important encore, il n’ y a pas de course à l’émotion. Jamais on n’est mal à l’aise, jamais nous ne sommes témoins de démonstrations voyeuristes. Tout est fait avec la plus grande sincérité et générosité possible.

De plus, il devient rare de voir autant de personnes sur scène (une petite trentaine), des chanteurs, des musiciens, des poètes, des acrobates… Il est aussi admirable de voir que les rouages de ce spectacle singulier sont parfaitement huilés, chaque chose est à sa place, chaque artiste sait ce qu’il a à faire. Des personnalités se révèlent : une chanteuse lyrique qui reprend « Joe le taxi » de Vanessa Paradis ici, un poète qui parle des interdits là, ce morceau original piano voix d’un des membres du groupe qui clame haut et fort son autonomie avec un enthousiasme communicatif.

Il est beau de voir que ce spectacle, fruit de trois ans de labeur, est porté majestueusement et de manière professionnelle par tous ses participants.

Et parce que tout se termine en musique, le public est invité à rejoindre les artistes sur scène.

Alors on danse, alors on se mélange, alors on est ensemble.

 

TROUBLE

Mise en scène  Didier Cousin

Conseiller artistique  Guy Alloucherie

Conception, mise en chantier  Philippe Duban

Comédiens, chanteurs et musiciens : Aleksandar Boskovic, Alexandre Bordes, Alexis Baert, Anaïs Landier, André Pereira Da Silva, Arnaud Ndi, Benjamin Lesieur, Brahima Niakate, Charles Pham, Charli Aveilla, Charline Abderemane, Cyrille Ndedy, David Simon, Fabienne Lavanchy, Guénolé Lebrun, Harvey Goma Kouka, Marlène Parada, Martial Nakouzebi, Matthias Bloess, Meschac Assou Sakpa, Mounir Issa, Moussa Diaby, Olivier Martin, Olivier Poindron, Otto Nyap, Philippe Duban, Thomas Carrasqueira, Thomas Dubois, Vanessa Valentin

Composition musicale  Patricio Wang – Chorégraphie  Fatiha Mellal – Trapèze  Laetitia Rancelli – Création vidéo  Bénédicte Alloing – Plasticienne  Magali Brien – Direction et interprétation musicale  Gilles Wolff – Régie lumière  Rudy Sanguino – Régie vidéo et son  Léa Schwebel – Costumes  Sarah-Jane Sheppard

du 5 au 14 juillet à 14h (sauf le 9) à LaScierie (Avignon Off)

 

Vu le jeudi 11 juillet 2019 à 14h à Lascierie, Avignon Off

Prix de ma place : invitation

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

 

(avant, pendant, après)

Une des raisons pour laquelle je me rends à ce spectacle est que j’ai côtoyé un des artistes, Arnaud, pendant trois ans avec Le Laboratoire à Théâtre. Ce gars-là est capable d’imiter n’importe qui, moi le premier. Mon intonation, mes hésitations…

Dans la fausse vie, je suis professeur des écoles. Un jour, je pris un rendez-vous avec l’inspecteur en charge des relations humaines pour discuter d’une éventuelle reconversion. Je lui fis part de mon envie de théâtre et pourquoi pas d’en faire avec des personnes à part. Il me regarda et me dit : « Vous ne préfèreriez pas en faire avec vos élèves, plutôt ? »

Après le spectacle, je félicite Arnaud. Il me reconnait immédiatement, me serre la main avec vigueur et dit : « Tu as arrêté le théâtre, tu en as fait entre 2013 et 2016, il faut changer, il faut faire autre chose ! » Je souris. Il a toujours eu une meilleure mémoire que moi.

Marx et la Poupée (Maryam Madjidi / Raphaël France-Kullmann / Artéphile / Avignon Off 19)

(de quoi ça parle en vrai)

« Depuis le ventre de sa mère, Maryam vit de front les premières heures de la révolution iranienne. Six ans plus tard, elle rejoint avec sa mère son père en exil à Paris. À travers les souvenirs de ses premières années, elle raconte l’abandon du pays, l’éloignement de sa famille, l’effacement progressif du persan au profit du français avant de le retrouver pleinement. Maryam Madjidi raconte avec humour et tendresse les racines comme fardeau, rempart, moyen de socialisation, et même arme de séduction massive. » (source : ici)

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@bendsphoto

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Au départ, il y avait ce roman « Marx et la poupée », écrit par Maryam Madjidi. Le hasard a fait que je la rencontrasse il y a dix ans de cela (pas sûr sûr de l’emploi du subjonctif). L’histoire ne nous dira pas si j’aurais lu son roman sans cette rencontre. Là n’est pas la question, son livre est un petit bijou littéraire, enjoué, dynamique… (et publié par le Nouvel Attila et chez Jai lu en poche)

Les artistes à l’origine de cette forme théâtrale sont resté.e.s très fidèles au matériau original. Trois jeunes femmes sont sur scène, côte à côte : une récitante (Elsa Rozenknop), une musicienne (Clotilde Lebrun à la basse guitare loop) et (c’est ce qui fait le sel de ce spectacle) une interprète en langue des signes (Aude Jarry). Celle-ci sera d’ailleurs mise en lumière durant toute la première partie du spectacle (ses acolytes restant, de fait, un temps dans l’ombre). L’interprète LSF allie expressivité et grâce, on en vient même à ne plus écouter l’histoire (un peu comme dans les pièces en langue étrangère durant lesquelles on se convainc qu’on parle cette langue !)

Au moment où ce dispositif aurait pu lasser, les lignes bougent : la voix et le regard d’Elsa Rozenknop reviennent progressivement dans le jeu. Son débit, son rythme et surtout son investissement emmènent le spectacle un cran au-dessus.

M’est revenue en mémoire une pièce que j’ai vue l’an passé, « Pas pleurer » d’après le roman de Lydie Salvayre au théâtre des Doms qui adoptait une configuration similaire (voix et musique), dans lequel j’avais vu cette même implication.

Même si la forme n’est plus si originale (c’est quelqu’un qui va trop souvent au théâtre qui le dit), tant que les interprètes y mettent autant de coeur, on peut y aller (presque) les yeux fermés.

 

MARX ET LA POUPÉE

Texte : Maryam MADJIDI

Interprétation : Elsa ROZENKNOP, Aude JARRY, Clotilde LEBRUN Et la voix de Maryam MADJIDI

Mise en scène : Raphaël FRANCE-KULLMANN

Collaboration LSF : Sylvanie TENDRON / Lumières : Amandine RICHAUD / Costumes : MOOD-EH / Diffusion : Cathie SIMON-LOUDETTE / Les Audacieuses

du 5 au 27 juillet 2019 au Théâtre Artéphile (relâche les dimanches 7, 14 et 21)

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Vu le jeudi 11 juillet 2019 à 11h45 au Théâtre Artéphile

Prix de ma place : invitation

 

(avant, pendant, après)

Je me souviens de cette représentation de « Jean la Chance » d’après Brecht par  François Orsoni. La pièce était traduite en langue des signes. Les deux interprètes étaient transcendés par la vivacité de la pièce et des acteurs (Clotilde Hesme en tête). Parfois mon regard restait bloqué sur ces corps hyper expressifs. Beau, beau !

Je repense à ma propre prestation lors du spectacle des Infiltré.e.s saison 2 que j’ai eu le malheur de visionner hier… Je cligne trop des yeux. Tout est dans le clignement. Ou plutôt, dans le non-clignement. Les comédiennes présentement sur scène ne clignent jamais des yeux, y a les larmes qui montent, bim émotion ! Je ne suis définitivement pas au niveau.

« Maryam, on s’est rencontré le soir de mon anniversaire. J’avais trente ans. Le 14 septembre prochain, je fête mes quinze ans de vie parisienne et accessoirement mes quarante ans et neuf mois moins deux jours de vie tout court, dis, tu viens ? »

Hercule à la plage (Fabrice Melquiot / Mariama Sylla / 11 Gilgamesh Belleville / Avignon Off 19)

(de quoi ça parle en vrai)

« India, Melvil, Angelo et Charles. Enfants ensemble sous les peupliers, puis adolescents sur une plage inoubliable ; devenus adultes, ils se sont perdus de vue. Pour elle, ils ont tenté d’être aussi forts qu’Hercule, ils ont accompli des exploits qui semblaient fous. C’était la fille dont tout le monde rêve, aimée par trois garçons moyens. Un jour, India a déménagé et emporté avec elle l’amitié à la vie à la mort, les premiers élans d’amour et les jeux d’enfants. » (source : ici)

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Crédits photos : Ariane Catton Balabeau

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Nous voilà encore dans un rêve éveillé : des enfants adolescents joués par des adultes, entre une plage et une forêt, à différentes périodes de leurs vies. On commence par s’y perdre, un peu comme les personnages qui ne savent pas trop où ils sont, dans cette (vraie) obscurité qui tarde à s’éclaircir, si peu commune au théâtre.

Et quand la lumière fut, le rythme de la pièce s’emballe, entre travaux herculéens pour plaire à la fille de nos rêves et souvenirs qui s’entrelacent.

« Quand on raconte un souvenir, des fois on l’invente. »

« De toi, je ne guérirai jamais. »

Ce qui est étonnant chez Fabrice Melquiot (j’ai seulement vu « Les Séparables » en décembre dernier au Théâtre de Vidy-Lausanne), grandement aidé par la mise en scène ludique de Mariama Sylla et le jeu dynamique et sincère des quatre comédiens (Raphaël Archinard, Julien George, Hélène Hudovernik et Miami Themo jouent, ça veut bien dire ce que ça veut dire), c’est de voir à quel point il parvient à nous toucher au coeur en évoquant cette normalité des êtres, ces amitiés éphémères qui nous marqueront à jamais et les films que l’on peut se faire…

 

HERCULE À LA PLAGE

Texte Fabrice Melquiot

Mise en scène Mariama Sylla, assistée de Tamara Fischer

Avec Raphaël Archinard, Julien George, Hélène Hudovernik, Miami Themo

Scénographie Khaled Khouri – Lumière Rémi Furrer – Costumes Irène Schlatter – Création univers sonore Simon Aeschimann – Régie plateau Gabriel Sklenar en alternance avec Ian Durrer – Régie son Benjamin Tixhon – Régie lumière Théo Serez – Maquillages Katrine Zingg – Peinture des décors Valérie Margot – Construction Les Ateliers du Lignon – Genève

Production Théâtre Am Stram Gram – Genève

Jusqu’au 26 juillet 2019 à 10h10 au 11 Gilgamesh Belleville – Avignon Off (sauf les 10, 17 et 24)

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito 

Vu le jeudi 11 juillet 2019 au 11 Gilgamesh Belleville à 10h10

Prix de ma place : invitation

 

(avant, pendant, après)

Hercule… On parle du demi-dieu Grec ou du copain de Pif ? Avant je confondais Fabrice Melquiot et David Lescot, mais ça c’était avant.

Jukebox : Dans la pièce, on fait référence à l’India Song. On chante du Cabrel. On entend « Wannabe » des Spice Girls. Vais-je vous confier que je suis allé voir en salle à sa sortie le film Spiceworld ou que j’ai dansé sur cette même chanson il y dix jours précisément ?

Elle fait semblant de ne pas me voir, je fais semblant de ne pas la voir, nous faisons semblant de ne pas nous voir.

Le Groenland (Pauline Sales / Sylvie Boutley / Salle Roquille / Avignon Off 19)

(de quoi ça parle en vrai)

« Cartographie d’une intimité. Monologue d’une femme qui perd le contrôle de sa vie, mais juste le temps d’une nuit … le temps d’aller au Groenland et de revenir… Théâtre d’une parole ironique. Elle fugue à travers les rues d’une ville, la nuit, en compagnie de sa fille, sa chouette son loup. Elle veut l’emmener au Groenland, un pays lointain, un retour à des origines esquimaudes ou un désir qui insiste. » (source : ici)

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(ceci n’est pas une critique, mais…)

Dans la petite boîte noire intime de la Salle Roquille (ou le secret le mieux gardé d’Avignon) se joue une pièce qui mériterait qu’on s’y attarde.

On vit la pièce comme un rêve éveillé. Un monologue. Un dialogue avec une enfant qui n’existe peut-être pas. Toujours une histoire de je(u).

La mise en scène sobre et exigeante de Sylvie Boutley laisse la place au jeu clair et maîtrisé de Clarisse Hagenmuller (qui reprend cette pièce créée en 2006 avec une autre mise en scène). Chaque geste, chaque mouvement parait calculé. Même si la logorrhée (forcément verbale, clin d’oeil au texte qui se permet ce pléonasme), écrite par Pauline Sales, y tient une place de choix, il y a un remarquable travail corporel, presque invisible, tout en retenue. Sans oublier une création musicale qui souligne très finement le parcours de cette femme.

Certain.e.s rêvent du Brésil. Ici, c’est le Groenland.

 

LE GROENLAND

Écriture Pauline Sales

Interprétation Clarisse Hagenmuller

Direction d’actrice et scénographie Sylvie Boutley

Bande son originale Stéphane Clor – Vidéo Marc Linnhoff – Lumières Raphaël Siefert

Compagnie Indigo Théâtre

jusqu’au 28 juillet (sauf les 8, 15 et 22) à 21h à la Salle Roquille (Avignon Off)

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Vu le mercredi 10 juillet 2019 à la Salle Roquille (Avignon Off)

Prix de ma place : 17€ (tarif plein)

 

(avant, pendant, après)

Quand je rentre dans cette salle, plus qu’aucune autre, me revient toujours cet été 2001 durant lequel j’ai joué dans cette petite boîte noire, deux fois par jour, du Ronald Laing et du Fernando Pessoa.

Quand je suis dans cette salle, plus qu’aucune autre, me revient toujours cet été 2001, durant lequel nous avons joué devant une seule spectatrice ce spectacle d’après les poèmes d’Alvaro de Campos et les textes de Bernardo Soarès, souvenir impérissable.

Quand je sors de cette salle, plus qu’aucune autre, me revient toujours cet été 2001… Parce qu’on revient toujours en certains lieux, parce que reviennent toujours les mêmes souvenirs. On ne peut s’en empêcher.

Festival d’Avignon 2019, ma sélection Off

Autant vous dire, qu’une fois n’est pas coutume, il y a l’embarras du choix cette année dans le Off d’Avignon. La Manufacture, Les Halles, les Doms sont toujours là, deux autres lieux prennent également de plus en plus de place et proposent cette année encore une programmation alléchante et exigeante : le 11 Gilgamesh Belleville et le Train Bleu, qui en très peu d’années (seulement la deuxième pour le Train Bleu) font déjà office d’incontournables.

Je ne parviens pas à me souvenir combien de festivals d’Avignon j’ai faits. Le premier, c’était en 1996, le dernier, forcément, l’an passé. J’ai fait les trois semaines de festival à deux reprises, encore en 1996 et en 2001, autrement dit dans une autre vie. A la fin d’un séjour, il n’est jamais certain que je revienne l’année suivante. Et pourtant, un manque s’immisce en moi et finalement j’organise mes vacances en fonction de.

Je serai de retour à Avignon du 10 au 16 juillet. L’an passé, j’ai vu 24 spectacles en 8 jours (5 + 3). Mon objectif n’est pas d’en voir autant (trois par jour est une bonne moyenne… et c’est déjà beaucoup), mais de mieux apprécier les spectacles et la ville. Prendre le temps aussi pour voir un film à l’Utopia ou une expo à la Collection Lambert. Bref…

Voici donc les vingt-sept spectacles que j’ai sélectionnés parmi les 1 592 qui se joueront dans les différents lieux du Off (sachant que je compte n’en voir que 18 tout au plus, in inclus, je vous laisse calculer) : (classés par horaire)

(NB : Pour ceux qui repassent par là, j’ai ajouté 3 spectacles à ma sélection initiale qui se trouvent en n° 10, 15, 22)

1/ GUERRE, ET SI ÇA NOUS ARRIVAIT ? de Janne Teller par Laurent Maindon à Présence Pasteur à 9h45

« IMAGINE : Et si, aujourd’hui, il y avait la guerre en France… Où irais-tu ? »

Avec une collègue de l’Occupation Bastille période Tiago Rodrigues. Il est toujours bon de suivre les gens qu’on a croisés ici et là.

2/ CRÂNE de Patrick Declerck, mise en scène d’Antoine Laubin, au Théâtre des Dons à 10h

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© Beata Szparagowska

« Devant nous, un écrivain à qui l’on doit retirer une tumeur. Il s’agit d’une intervention dite de chirurgie éveillée. Il faudra sonder le patient pour être certain de ne pas lui ôter le langage. C’est son outil de travail en quelque sorte et sa raison de vivre peut-être. On nous parlera du deuil impossible pour un chien, de la poésie de Shakespeare, du ridicule accoutrement opératoire et de la dignité qui se loge parfois dans les détails même face à une mort hypothétique. »

J’avais découvert le travail d’Antoine Laubin aux Doms avec « Le Réserviste » d’après un texte de Thomas Depryck. Je suis quelqu’un de fidèle.

3/ LATERNA MAGICA de Dorian Rossel et Delphine Lanza au 11 Gilgamesh Belleville à 10h30

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© Todd Hido

« Ce spectacle est une réinvention pour le plateau de la fausse autobiographie d’Ingmar Bergman. Ce récit sans complaisance, entre mémoires et exutoire psychanalytique, dessine un autre portrait du génie protéiforme. Il se raconte, les souvenirs dérivent, réinventant sa propre histoire pour en mesurer l’étendue et se l’approprier enfin. Bergman fait de sa vie une matière, fertile et fluctuante, pétrie de contrariétés, d’humour et de manques, sédiments propices à l’éclosion de sa créativité. »

Grande impatience avant chaque spectacle de Dorian Rossel, dont je regrette de ne pas encore avoir vu son adaptation du Dernier Métro de Truffaut.

4/ PLAIDOYER POUR UNE CIVILISATION NOUVELLE d’après Simone Weil par Jean-Baptiste Sastre au Théâtre des Halles à 11h25

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Crédit photo : DR

« Simone Weil : figure radicalement à part de la pensée française du XXe siècle. Sa vie durant, elle a cherché jusqu’à l’épuisement des clefs pour tenter de se comprendre et de comprendre le monde. Elle travailla en usine, prit part à la guerre d’Espagne aux côtés des Républicains, avant de rejoindre Londres et la « France Libre », où elle mourût à l’âge de 34 ans. « Elle ne méprisait rien sinon le mépris lui- même » Albert Camus. Après La France contre les robots de Georges Bernanos, Hiam Abbass et Jean-Baptiste Sastre adaptent une partie de la correspondance, L’Enracinement et d’autres textes de cette philosophe qui relèvent ses apports à la philosophie, à la critique politique et à la spiritualité. »

L’idée de voir l’actrice Hiam Abbass dans la salle de la Chapelle m’impressionne au plus haut point, surtout avec des textes aussi majeurs (et on parle de Simone Weil, pas de Simone Veil… j’ai vérifié avant)

5/ MARX ET LA POUPÉE  d’après le roman de Maryam Madjidi par Raphaël France-Kullmann au Théâtre Artéphile à 11h45

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« Depuis le ventre de sa mère, Maryam vit de front les premières heures de la révolution iranienne. Six ans plus tard, elle rejoint avec sa mère son père en exil à Paris. À travers les souvenirs de ses premières années, elle raconte l’abandon du pays, l’éloignement de sa famille, l’effacement progressif du persan au profit du français avant de le retrouver pleinement. Maryam Madjidi raconte avec humour et tendresse les racines comme fardeau, rempart, moyen de socialisation, et même arme de séduction massive. »

Parce que j’aime énormément ce premier roman et qu’aussi j’avais apprécié discuter avec son autrice les deux fois où on s’est vu. (ce n’était pas pour un rendez-vous Tinder, je préfère préciser, nous avons une connaissance en commun qui avait même traîné Maryam à mon anniversaire pour mes 30 ans, autrement dit il y a dix ans, déjà…)

6/ J’AI RENCONTRÉ DIEU SUR FACEBOOK d’Ahmed Madani au 11 Gilgamesh Belleville à 11h50

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©François-Louis Athènas

« Comment une adolescente bien sage et bien protégée par sa maman peut-elle sombrer dans une mascarade pseudo-religieuse d’aventure extraordinaire ? Comment une jeune mère qui est parvenue à s’émanciper du poids de la tradition, de la religion, réagit-elle face à ce qu’elle considère comme une trahison de son combat pour la liberté ? Voilà un vrai sujet de société dans lequel la fiction et la poésie peuvent trouver une voie d’expression qui fera écho chez les spectateurs, et les adolescents. »

Après F(l)ammes, je suis curieux de voir ce que nous prépare Ahmed Madani.

7/ LE MASSACRE DU PRINTEMPS d’Elsa Granat au Théâtre du Train Bleu à 11h50, les jours pairs

Le Massacre du Printemps – Teaser from Elsa Granat on Vimeo.

« J’ai mûri d’un seul coup puis j’ai régressé exactement en même temps. J’ai poussé fort et dans tous les sens. Il m’est arrivé d’accompagner des gens en fin de vie. Des combattants sans monument aux morts. Il y a des événements comme ça qui semblent insurmontables, tu penses qu’ils vont te laisser clouée au sol. Et pourtant tu vas découvrir des forces inespérées qui vont t’inspirer pour inventer des printemps même sur pelouse synthétique. Tu participes aujourd’hui au Massacre du Printemps. Oui j’ai bien dit « Massacre ». »

On dit que je suis fidèle… J’ai découvert Elsa Granat il y a déjà neuf ans avec « J’ai plus pied ». Une amie jouait dans cette pièce. J’ai découvert également Claire Méchin (qu’on connait chez les Blond and Blond and Blond et surtout à revoir dans Les Secrets d’un Gainage Efficace). Mais surtout Elsa Granat… une écriture, un point de vue, un sens de la mise en scène. (et je viens seulement de comprendre le jeu de mots (Mas)Sacre du Printemps…

8/ EXIT de Fausto Paravidino par Anne-Sophie Pauchet à la Manufacture à 12h

Bande-annonce EXIT Tournée / Fausto Paravidino / Anne-Sophie Pauchet from Florent_Houdu on Vimeo.

« A quitte B. A et B se séparent. Plus tard, A rencontrera C et B rencontrera D. Exit c’est l’histoire éternelle de la fin annoncée d’un couple. Et de ce qui pourrait se passer après. L’histoire du renoncement, des échappatoires, des petites lâchetés et des grandes désillusions. Une variation drôle et acide sur la difficulté de concilier le besoin de liberté personnelle et d’émancipation avec un exigeant besoin d’affection et d’une « vie satisfaisante ». Un questionnement sur la crise qui habite ces adultes bourgeois européens parfois autant incapables de courage politique que de courage intime. »

L’idée de revoir Laure Mathis, admirable Doreen dans la pièce éponyme de David Geselson et que j’aime l’écriture de Fausto Paravidino.

9/ L’OISEAU MIGRATEUR de Dorian Rossel à la Maison du Théâtre pour Enfants à 14h

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« Deux blocs noirs, deux comédiens, deux craies pour conter l’amitié insolite entre un petit garçon, sa voisine et un passereau. À contre-courant des temps tonitruants, L’Oiseau migrateur parie sur la simplicité et invite l’imaginaire à se déployer. L’histoire s’esquisse par des dessins à la ligne épurée, avant que le texte prenne le relais. »

Pour les mêmes raisons qui m’amènent à voir Laterna Magica et parce que je ne rechigne jamais à voir un spectacle dit jeune public.

10/ TROUBLE par Philippe Duban et Didier Cousin à Lascierie à 14h (jusqu’au 14 juillet)

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« Initié dans une réflexion libre à la lecture d’écrits de Michel Foucault, le projet s’est construit à travers une coopérative de création sous la direction de Philippe Duban et Didier Cousin. « Trouble » propose une plongée historique atypique autour de l’histoire de la folie qui résonne avec notre époque actuelle. Sur scène, un orchestre d’une quinzaine de musiciens en live, des projections d’images, un trapèze et un chœur d’acteurs danseurs et chanteurs. Porté avec souffle par une équipe de trente artistes, « Trouble » évoque la mue des enfermements, interroge la place des singularités dans les cercles d’appartenances, appelle à l’union dans la diversité. »

Pour avoir déjà officié pendant trois ans en tant que comédien soutien dans une troupe composée essentiellement de jeunes adultes « hors normes », je sais que ce spectacle sera une expérience incomparable. Surtout que la troupe de ce « Trouble » comprend un de ces fameux jeunes aux milles talents cachés (le voir m’imiter un soir de résidence fut un grand moment de… trouble)

11/ LA PAIX DANS LE MONDE de Diastème au Théâtre Artéphile à 14h05

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crédit photo Vanessa Filho

« Cinq ans avaient passé. Puis dix, puis quinze. Le juge peut interdire au coupable d’approcher la victime pour une durée d’au plus cinq ans. Simon n’a pas revu Lucie. Il vit en Suisse, à quelques kilomètres de la maison de Charlie Chaplin. Il lit des livres, il fait du feu. Il ne voit pas le temps passer. Simon se prépare. Au jour où Simon et Lucie seront enfin réunis. Il doit être prêt. Tout doit être prêt. Le monde n’oubliera jamais ce jour. »

Diastème fait partie de ces auteurs, un peu comme Xavier Durringer, qui ont imprimé mon inconscient de leurs thèmes, de leur écriture.

12/ UN DÉMOCRATE de Julie Timmerman à Présence Pasteur à 14h40

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« Une traversée épique à l’humour impitoyable de la vie et de l’œuvre d’Edward Bernays (1891-1995), neveu de Freud, inventeur dans les années 20 de techniques de manipulation des masses sans précédent : la “Fabrication du consentement”. S’inspirant des découvertes de son oncle sur l’inconscient, il vend indifféremment savons, cigarettes, Présidents et coups d’État. Goebbels lui-même s’inspire de ses méthodes pour la propagande nazie – mais Eddie ne comprend pas car Eddie est un démocrate… Où en est la Démocratie à l’ère du Big Data et de l’hyper-communication? »

Ça doit faire trois ans que j’en entends parler, mieux vaut tard…

13/ FLAVIEN par Flavien Bellec au Théâtre du Train Bleu à 15h20

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« Un homme, FLAVIEN, décide de faire un spectacle sur lui. Pudique, il n’a cesse d’éviter le face à face, terrible, avec l’autre, le spectateur. Dans une succession de performances anti-spectaculaires, FLAVIEN tente de donner une représentation idéalisée de lui-même. Une entreprise narcissique impossible qui voit affluer, en miettes et fragments, des souvenirs d’enfances et des fantasmes obscurs, dans un spectacle qui prend peu à peu la forme d’un n’importe quoi poétique. La scène devient alors le théâtre d’une lutte étrange entre FLAVIEN et sa propre représentation, jusqu’à devenir le cimetière de ses identités. »

Je devrais pourtant me méfier. Le Flavien fait partie des Divins Animaux

14/ JOIE d’Anna Bouguereau par Jean-Baptiste Tur au Théâtre du Train Bleu à 16h40

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« Est-ce qu’on est obligé de pleurer à un enterrement ? Est-ce que c’est normal qu’on enferme les morts dans des boites ? Pourquoi on fait plus de slows ? Pourquoi les croque-morts on l’air dépressif ? Qui a choisi cette musique improbable ? Pourquoi la dame au premier rang pleure si fort ? Est ce qu’on a le droit de coucher avec son cousin ? Pourquoi il faut attendre d’être mort pour être couvert de fleurs ? Comment continuer à vivre puisque les gens meurent ? »

J’ai découvert Anna Bouguereau dans « En réalités » et bluffé que je fus, je suis intrigué de voir et entendre ce qu’elle a écrit.

15/ IN-TWO par la Cie Tandaim au Festival Villeneuve en Scène de 18h30 à 22h30

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photo : Gabrielle Voinot

« C’est une petite collection de trois grandes boîtes aux allures de caisses de transport qui vous invite à entrer pour partager une histoire, une confidence, un (jardin) secret… Dans ces confessionnaux du quotidien où vous serez le seul spectateur, les mots de nos auteurs complices vous seront susurrés à l’oreille… Des formes courtes (6 à 8 minutes) à la manière d’un entresort, pour un acteur et un spectateur. »

Du théâtre intime, du théâtre qui ne fait pas mal (entendre : aucune gêne), on m’en a dit grand bien et cela serai aussi l’occasion de revoir peut-être Lucile Oza, une comédienne déjà vu dans mon coup de cœur Avignon 2016 :  Zoom (Gilles Granouillet / Marie Provence)

16/ LES SECRETS D’UN GAINAGE EFFICACE par les Filles de Simone au 11 Gilgamesh Belleville à 18h45

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© Christophe Raynaud de Lage

« Elles sont cinq et écrivent un livre sur le corps des femmes, comme leurs aînées des 70’s. Elles débattent et se débattent avec les hontes et traumatismes liés à ce corps et disent tout haut ce que tout le monde vit tout bas. Elles explorent leur intimité autant que l’Histoire ou la presse et réinventent les raisons de la colère. Des injonctions esthétiques à la transmission mère-fille, des règles au clitoris, elles explosent à grands coups d’autodérision les clichés qui leur collent à la peau. »

Mise à part la comédienne Claire Méchin dont j’ai parlé un peu plus tôt, je vais me laisser convaincre par le bouche à oreille.

17/ LES SIESTES ACOUSTIQUES par Bastien Lallemant à la Collection Lambert avec Là c’est de la musique à 19h

Les Siestes Acoustique de Bastien Lallemant from François GLRN on Vimeo.

« Laboratoire collectif et bienveillant, les Siestes Acoustiques de Bastien Lallemant sont imprévisibles, et réunissent acteurs et dormeurs autour de l’instant. Ne ratez pas l’occasion de faire cette expérience d’écoute musicale et sensorielle dans un cadre exceptionnel et surtout n’oubliez pas…de vous laisser aller à dormir ! »

Parce que j’aurais besoin de dormir un peu. Le problème, c’est que c’est à 19h et que 19h, c’est pas vraiment le bon horaire pour faire la sieste, on s’endort, on se réveille ensuqué, on ne sait plus où on est…

18/ LE GROËNLAND de Pauline Sales par Sylvie Boutley à la Salle Roquille à 21h

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« Cartographie d’une intimité. Monologue d’une femme qui perd le contrôle de sa vie, mais juste le temps d’une nuit … le temps d’aller au Groenland et de revenir… Théâtre d’une parole ironique. Elle fugue à travers les rues d’une ville, la nuit, en compagnie de sa fille, sa chouette son loup. Elle veut l’emmener au Groenland, un pays lointain, un retour à des origines esquimaudes ou un désir qui insiste. »

Les mots de Pauline Sales, la mise en scène certainement très sobre de Sylvie Boutley (que je connais un peu pour avoir travaillé avec elle en 2001 sur un texte de Ronald Laing)

19/ LA DERNIÈRE BANDE de Samuel Beckett par Jacques Osinski au Théâtre des Halles à 21h30

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©Pierre Grosbois

« « Viens d’écouter ce pauvre petit crétin pour qui je me prenais il y a trente ans, difficile de croire que j’aie jamais été con à ce point- là. » Chaque année, le jour de son anniversaire, Krapp fait le point sur sa vie et s’enregistre sur un magnétophone. Chaque année, il écoute quelques bandes anciennes et peste contre celui qu’il a été tout en se remémorant certains instants merveilleux et perdus. Il est à la recherche de l’instant T, du moment fondateur, celui de l’amour peut-être. « Sois de nouveau, sois de nouveau ». »

Denis Lavant + Samuel Beckett = un retour forcément déconcertant et inévitable.

20/ 11 SEPTEMBRE 2001 de Jacques Vinaver par le collectif Ildi Eldi au Théâtre des Halles à 21h30

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©C. Raynaud de Lage

« Depuis le 11 septembre 2001, une page nouvelle de l’histoire contemporaine s’est ouverte concernant le terrorisme, non seulement dans les faits, mais aussi dans les consciences. C’est comme si, à force de subir les attentats à répétitions, nous étions devenus plus à même de les accepter comme une normalité. La parole des acteurs, témoins et victimes du drame constitue le coeur de ce texte qui refuse tout jugement : les récits alternent, sans hiérarchie entre eux. Des casques, des micros, une partition sonore. Les comédiens prêtent leurs voix à l’ensemble des personnages, terroristes, rescapés ou hommes politiques. Dans cette atmosphère confinée et intime, le collectif ildi ! eldi évite tout pathos en dépassant la sidération et la saturation d’images par des voix murmurées qui ne peuvent être qu’un souffle. »

Même si je fus quelque peu déçu par « Ovnis » l’automne dernier, je ne raterai pas ce nouveau spectacle du collectif. Et aussi parce que je suis un inconditionnel de Grégoire Monsaingeon !

21/ HÉROÏNES 2 de Dominique Richard par Lucile Jourdan au Théâtre de l’Entrepôt (du 12 au 15 juillet) à 21h30

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« Une femme se cherche, ivre de désir d’amour et d’absence, dans le frais gazon vert de la maison calme, elle prend le temps de délacer les fils emmêlés de sa vie amoureuse. De l’enfance – aux côtés de son frère Paul, double adoré et jalousé – à aujourd’hui, elle suit les rainures de sa mémoire. »

Parce que la pièce était sélectionnée dans le festival Court au Théâtre du Théâtre Berthelot à Montreuil, dont je suis la programmation pour Le Blog de Nestor (un peu de réclame n’a jamais fait de mal) et aussi parce qu’on m’a grandement conseillé de découvrir l’écriture de Dominique Richard.

22/ IPHIGÉNIE À SPLOTT (Gary Owen / Blandine Pélissier) au Théâtre Artéphile à 21h40

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« Effie habite à Splott, un quartier de Cardiff touché par le chômage et la paupérisation. Effie, c’est le genre de fille qu’on évite de regarder dans les yeux, qu’on se permet de juger l’air de rien. Effie, c’est la provocation incarnée. On croit la connaître, mais on n’en connaît pas la moitié. Tous les samedis, elle se jette dans une spirale d’alcool, de drogue et de petits drames, et émerge au bout de trois jours d’une gueule de bois pire que la mort pour tenir jusqu’au bout de la semaine et mieux recommencer. Et puis, un soir, l’occasion lui est offerte d’être plus que ça. »

Je ne sais pas s’il s’agit d’un hasard, mais voir cette pièce au même endroit et à la même heure qu’une certaine Irish Story vue l’an passé est de bon augure. Surtout que la co-traductrice du texte n’est autre que Kelly Rivière (l’autrice et interprète de « An Irish Story », tout le monde suit ?) et que je pourrai y admirer Morgane Peters, que j’avais énormément appréciée dans des pièces jouées avec sa promo de l’ERACM.

23/ LOUISE O’SMAN au Théâtre de la Croisée des Chemins à 21h50

« Chausser des bottes de sept-lieues, devant la folie des Hommes, de ceux qui ne croquent plus la pomme -surtout dans la rue Paradis. Écouter la beauté des ondes, des veilleurs de ponts et des sourdes frondes enfouis dans le bleu endormi. Raconter les frênes trop frêles, les cœurs étouffés sous le satin, la violence des miroirs quotidiens. S’asseoir enfin à l’ombre des mémoires pour chanter l’attente, le manque et l’absence, qui sont peut-être déjà, les premiers signes du printemps. À la fois doux et intime, incisif et courtois, le répertoire de Louise O’sman marque par sa force, son originalité et sa poésie. »

C’est de la chanson, c’est de l’accordéon, c’est aussi un peu de copinage car la demoiselle se produisait également avec les No Man’s Louise que je suivais de Paris à Marseille…

24/ LA CONVIVIALITÉ par Arnaud Hoedt et Jérome Piron au Théâtre du Chapeau d’Ebène à 22h15

La Convivialité, Théâtre National, septembre 2016

« Le spectacle des deux belges qui veulent simplifier la langue française » : tout est faux dans cette phrase. Pas « simplifier » mais faire preuve d’esprit critique. Pas « deux belges», mais deux curieux qui veulent partager les découvertes des linguistes. Pas même la langue, seulement son orthographe. Car l’orthographe, c’est pas la langue, juste le code graphique qui permet de la retranscrire. Nous avons écrit pour dédramatiser, pour réconcilier et aussi parce qu’on a toujours pensé que l’Académie Française avait un vrai potentiel comique. Notez que tout n’est pas faux : il s’agit bien d’un spectacle ! Et drôle en plus ! C’est quand la dernière fois que vous avez changé d’avis? »

Je ne m’en orgueillis jamais assez : je suis le vice-champion départemental des Bouches du Rhône 1991 d’orthographe.

25/ DÉGLUTIS ÇA IRA MIEUX d’Andréa Bescond et Éric Métayer au Théâtre du Balcon à 22h30

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« Déglutis, ça ira mieux est l’histoire d’une femme, Aline, éternelle adolescente de 45 ans, fuyant sa vie, ses responsabilités et surtout son rôle de mère. Lorsqu’elle apprend qu’elle est atteinte d’une maladie dégénérative, elle se débrouille pour retrouver sa fille, Nina, devenue adulte trop tôt et qui a fait ses bagages depuis longtemps. Les retrouvailles entre ces deux femmes que tout oppose – ou presque – seront déjantées et passionnées. Bien malgré elle, Nina se retrouve emportée par la folie douce et l’humour de sa mère. Aline, elle, a une idée derrière la tête. Faire la paix avec sa fille. Et lui demander l’impossible… »

Je n’ai point vu de spectacles du duo Andréa Bescond / Eric Métayer. Je veux seulement revoir Géraldine Martineau sur scène. C’est dit.

26/ CHARLY CHANTEUR à l’Arrache-Coeur à 22h30

 

« Les ballades spleenétiques sont comme des chansons dépressives mais en plus drôles. Les poèmes-poubelles sont des poèmes récupérés dans une poubelle et mis en musique. Charly Chanteur est un chanteur gourou de la secte du « Spleen », un vrai-faux chanteur qui fait un vrai-faux concert. »

L’acolyte de Léopoldine HH revient à l’Arrache-Coeur tout seul. Pour bien terminer la soirée.

27/ LA 7E VIE DE PATTI SMITH de Claudine Galea par Benoît Bradel à la Manufacture, du 13 au 19 juillet à 23h

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crédit photo Benoît Bradel

« 2 portraits en parallèle, 2 amplis, 3 micros, 1 jeune fille, 1 jeune femme, des guitares électriques. À la fin des années 70, dans un village près de Marseille, une jeune fille timide porte difficilement ses 16 printemps. Jusqu’au moment où elle entend une voix. Celle bien saccadée d’une autre jeune femme maigre et timide. Mais trentenaire celle-ci. C’est Patti Smith qui, avec Horses, entre dans la légende. En adaptant à la scène l’écriture de Claudine Galea, Benoît Bradel signe un trio électrique sur notre irrépressible besoin de liberté. »

Patti Smith + Marie-Sophie Ferdane = deux raisons suffisantes.

**********

À part ça, j’ai déjà vu et je ne peux que conseiller :

La Légende de Bornéo du Collectif L’Avantage du Doute au Théâtre des Carmes, Désobéir de Julie Berès à la Manufacture (chronique très en retard), Le Champ des Possibles d’Elise Noiraud au Théâtre Transversal, On voudrait revivre par Léopoldine Hummel, Maxime Kerzanet et Chloé Brugnon à la Caserne des Pompiers, Vies de papier par la Cie La Bande Passante au 11 Gilgamesh Belleville, Batman contre Robespierre par le Grand Colossal Théâtre au Théâtre des Gémeaux, En réalités par Alice Vannier au Théâtre du Train Bleu, le Syndrome du Banc de Touche de Léa Girardet au Théâtre du Train Bleu.

Il y a bien deux trois autres pièces que j’ai vues et qui repassent par Avignon mais que je ne conseillerai pas et que je ne mentionnerai pas ici (dans l’onglet AVIGNON 2019, vous pourrez tout de même les trouver, j’y ai même mis des étoiles, on n’arrête pas le progrès !)

Il s’agit bien évidemment d’une sélection complètement subjective. Je le répète, il y a presque 1 600 spectacles programmés dans le Off. J’ai déjà reçu énormément de courriels m’invitant à découvrir certaines pièces. Ça me désole (et déprime aussi) de ne pas pouvoir répondre, je vous prie de bien vouloir m’excuser. Mais n’hésitez tout de même pas à donner vos conseils, vos envies. On sait jamais…

Avignon c’est dans un mois. Et d’ici là…

Et d’ici là, j’ajouterai bientôt trois nouveaux spectacles qui sont arrivés à mes oreilles…

Ps : Pourquoi Off alors que In ? Parce que si In plutôt Out. Ou bien On et Off ? Pourquoi en anglais d’ailleurs ?

Le Champ des Possibles (Elise Noiraud / La Reine Blanche)

(de quoi ça parle en vrai)

« A 19 ans, Elise décide de quitter son village poitou-charentais pour aller à Paris suivre des études de lettres. Elle découvre alors l’autonomie et la liberté et se pose beaucoup de questions. A quel moment se sent-on adulte ? Comment quitter ses parents ? Quitter le terrain de son enfance ? Faire ses premiers choix ? » (source : ici)

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Photo de couverture : Baptiste Ribrault

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Ceci est le troisième opus de la vie d’Élise. Je l’avais découverte il y a sept ans à l’Espace Saint-Martial dans le Off d’Avignon avec le premier volet de cette oeuvre autobiographique : « La banane américaine ». Il y eut d’abord son enfance, puis son adolescence (« Pour que tu m’aimes encore » que j’avais raté) et maintenant le passage à l’âge adulte. Elise Noiraud m’avait déjà à l’époque séduit, le genre « monologue autofictionnel » étant l’une de mes passions.

Ici, l’artiste ne fait que confirmer le bien que je pensais. L’écriture est simple et directe, la mise en scène toute aussi sobre (une chaise, un coffre, des changements de lumière, des musiques bien choisies (oui, j’ai eu aussi ma période All Saints avec « Pure Shores ») et surtout il y a une sacrée comédienne devant nous.

Si on devait faire des rapprochements, on pourrait dire qu’il y a du Philippe Caubère chez Elise Noiraud, cette façon de passer d’un personnage à l’autre, de caractériser cette mère omniprésente, toxique… « Le Champ des possibles » est d’ailleurs plus profond qu’il n’y parait. Sous des allures de « seule en scène » comique, viennent poindre progressivement des instants dramatiques, sur l’accomplissement de soi, sa place quand on devient adulte.

Le rythme y est soutenu. J’aime cette idée de se raconter par le regard d’autres personnages.

Cette pièce est réussie parce qu’Elise Noiraud parle d’elle-même. Elle nous cueille surtout quand elle se joue elle-même. Cette pièce est réussie, surtout parce que chacun s’y reconnait. Je m’y suis reconnu : l’arrivée à Paris (même si j’étais sensiblement plus vieux), le rapport à la famille, l’éloignement géographique…

Je suis Élise. (et je jette au sol mon micro)

 

LE CHAMP DES POSSIBLES

TEXTE & INTERPRÉTATION Élise Noiraud

COLLABORATION ARTISTIQUE Baptiste Ribrault – CRÉATION LUMIÈRE François Duguest

Jusqu’au 22 juin 2019 au Théâtre de la Reine Blanche (Paris), puis au Théâtre Transversal à Avignon du 5 au 28 juillet 2019

 

(une autre histoire)

Je suis en retard, je sais. Pour écrire cet article. Une surcharge mentale m’étreint. Trop de choses à penser, à écrire… « Non non non, pas d’insectes dans ma tête… » Résultat des courses, je suis immobile, allongé sur mon parquet. Je compte les moutons sous mon canapé mais ne m’endors pas pour autant. Je suis aux aguets. Des petits bruits. Ma machine à laver fuit. Je voulais en parler de ma machine qui fuit. Parce que j’ai peur que mon voisin en ait subi les conséquences. Je ne veux pas y aller.

« Toc toc, bonjour petit voisin qui fait semblant de ne pas me voir dans la rue et qui souffle comme un boeuf alors qu’il a un étage de moins à monter par rapport à moi. »

Non, je ne le ferai pas. Je n’ose pas sortir, il m’entendrait. Tous les jours, je l’entends hurler « PUTAIN ! » J’ai peur. Il doit jouer aux jeux vidéos, ça doit être ça la lumière bleutée que je vois quand je lève les yeux au ciel en arrivant dans ma cour. J’ai réparé la fuite, au fait. Juste le boulon ou l’écrou (je ne suis pas très bricoleur) qui s’était desserré.

Je mens. Aujourd’hui, j’ai passé la journée dans un café. Pour écrire ceci, pour écrire cela. Je reviendrai chez moi tard, sur la pointe des pieds. On ne sait jamais.

 

vu le samedi 25 mai 2019 au Théâtre de la Reine Blanche (Paris)

Prix de ma place : invitation

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

En Réalités (Alice Vannier / Pierre Bourdieu / Théâtre de la Cité Internationale)

(de quoi ça parle en vrai)

« Pourquoi les gens font ce qu’ils font ? Comment la société, les institutions, les médias déterminent-t-ils nos comportements et notre vision du monde ? Comment l’individu existe-t-il au milieu de ces déterminations sociales si puissantes ? Ces questions qui se posaient dans les années 1990, années de naissances des six comédien·nes au plateau, semblent être toujours aussi actuelles. Comment s’en emparer au mieux et se confronter à nos réalités sinon en essayant de comprendre l’état du monde dans lequel nous sommes arrivés ? « (source : ici)

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Crédits photos : Cie Courir à la Catastrophe

(ceci n’est pas une critique, mais…)

L’appréhension s’empare toujours de moi lorsque je lis qu’un spectacle est inspiré de travaux d’un grand philosophe ou sociologue, ici un ouvrage collectif dirigé par Pierre Bourdieu que je n’ai jamais officiellement lu, hormis des citations ou des extraits ici et là. Cependant, vous ne devez avoir aucun crainte, tout se passera bien.

« En réalités » présente deux réalités : celle d’un groupe de sociologues qui s’activent à la finalisation d’un ouvrage et celle des entretiens présents dans celui-ci. La deuxième réalité est la plus frappante. Elle montre des êtres en souffrance, qui tentent avec leurs mots d’en rendre compte. Ce qui séduit, c’est la sobriété de l’entreprise. Ici, presqu’aucun effet : on prend le temps d’énoncer, donc pour le spectateur d’entendre, de comprendre, de mettre en perspective. Même si j’aurais tendance à dire qu’il y a un petit quart d’heure de trop, il est heureux de voir que la parole de l’individu est respectée, pour que l’on se fasse une idée la plus juste possible de cette réalité.

Le choix d’adapter cette étude qui date des années 90 n’est pas anodine : on y parle d’harcèlement sexuel, moral, de solitude, de la tentation de l’extrême droite, de la pauvreté que nous croisons aux coins de nos rues… Et force est de constater que cela fait cruellement écho à notre quotidien. A la veille des prochaines élections européeenes, rien n’a changé. Je rectifie, la situation s’est aggravée, à tous les niveaux.

Les jeunes acteurs jouent à la fois les sociologues et les témoins (acteurs) de cette misère avec une aisance exemplaire (une étoile en plus pour Anna Bouguereau, à la voix affirmée et le jeu tout en nuances).

A voir et à suivre…

 

EN RÉALITÉS

D’après « La Misère du monde » écrit sous la direction de P. Bourdieu

Mise en scène : Alice Vannier

Avec Anna Bouguereau, Margaux Grilleau, Adrien Guiraud, Hector Manuel, Sacha Ribeiro, Judith Zins

Scénographie: Camille Davy – Lumières: Clément Soumy – Son: Manon Amor – Assistante à la mise en scène: Marie Menechi – Adaptation: Marie Menechi et Alice Vannier

Production: Courir à la Catastrophe

Ce dimanche 19 mai à 15h au Théâtre de la Cité Internationale (Paris) dans le cadre du Festival JT19, puis du 25 au 27 mai au Théâtre Dijon Bourgogne (Théâtre en mai), le 21 juin au Théâtre des Célestins à Lyon et du 5 au 24 juillet (jours impairs) au Théâtre du Train Bleu (Avignon Off)

 

(une autre histoire)

C’est drôle de voir ce genre de spectacles qui parle de la misère humaine, alors que juste avant d’entrer dans le théâtre, j’ai fait semblant de ne pas la voir, de ne pas l’entendre.

Désormais je me balade toujours avec mes écouteurs dans les oreilles. Il ne faut pas perdre de temps. Donc je rattrape certains podcasts (en ce moment « Première et dernière fois » par Lucille Bellan et « Lumières dans la ville » par Edouard Baer) ou bien je réécoute certains albums que j’avais délaissés (présentement « The Forgotten Arm » d’Aimee Mann et « Foreplay » du duo éphémère My Girlfriend is better than yours.

Je m’isole, je suis dans ma bulle. Je m’aperçois même que ça m’handicape quand je sors du métro, quand je me retrouve ballotté par les gens qui se déplacent plus vite que moi.

A l’entrée de la Cité Universitaire Internationale (où se trouve le théâtre), quelqu’un m’interpelle : « S’il vous plait, Monsieur ! » Je l’ai entendu, mais je ne réponds pas.

La vérité, c’est que je dis que je suis dans ma bulle, mais je vois tout, je suis aux aguets. Avant de traverser la rue, je l’avais vu qui faisait les cent pas, qui accostait les passants. C’est une question de timing.

« S’il vous plaît, Monsieur ! (un temps) Monsieur ! (un temps) HEEEEEEEEEEEEY ! »

Je ne me suis pas retourné. J’ai des écouteurs, je ne t’entends pas, nos regards ne se sont pas croisés, tu n’existes pas.

 

Vu le samedi 18 mai 2019 au Théâtre de la Cité Internationale (Paris)

Prix de ma place : invitation Télérama

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Radio Mortimer #20

Et voici donc venu le temps de ma deuxième intervention au podcast théâtre Radio Mortimer, une émission faite par des passionné.e.s de théâtre.

Au programme du soir :

Chanson douce de Pauline Bayle à la Comédie-Française (à partir d’1 min 37 s, avec Hélène – Le 4e Mur et Iris – Miniepoussine)

La Trilogie de la vengeance de Simon Stone au Théâtre de l’Odéon – Ateliers Berthier (à partir de 9 min 19s, avec Christine – Théâtre Côté Coeur, Claire – Apartés, Thibaud – Titikatiam)

– Coup de coeur pour Ça ira (1) – Fin de Louis de Joël Pommerat au Théâtre de la Porte St-Martin (à partir de 22 min 03s, par Christine – Théâtre Côté Coeur)

Le Pays lointain de Clément Hervieu-Léger au Théâtre de l’Odéon (à partir de 24 min 36 s, avec Claire – Apartés, Hélène – Le 4e Mur, Bénédicte – La Nouvelle Claque)

– Coup de coeur pour Bells and Spells de Victoria-Thierrée Chaplin au Théâtre de l’Atelier (à partir de 35 min 40 s, par Yann – Le Galopin)

Le Direktor d’Oskar Gomez Mata au Théâtre de la Bastille (à partir de 37 min 37s, avec Hélène – Le 4e Mur et moi-même)

Coups de coeur pour An Irish Story – Une Histoire Irlandaise de Kelly Rivière au Théâtre de Belleville (à partir de 43 min 10 s) et La Légende de Bornéo par le collectif L’Avantage du Doute au Théâtre de l’Atelier (à partir de 45 min 22 s) (par moi-même)

Le Fils de Marine Bachelot Nguyen au Théâtre du Rond-Point (à partir de 47 min 50 s, avec Iris – Miniepoussine et Véro – Théâtrelle)

Un grand merci à toute l’équipe et aussi à Melina – Théâtrices pour ses ciseaux et la présentation et à la prochaine !

Of Balls, Books and Hats (Julien Prévieux /La Ménagerie de Verre / Festival Etrange Cargo)

(de quoi ça parle en vrai)

« Tous les objets qui nous entourent ont tendance à devenir “smart”, des smartphones aux smart grids en passant par les smart cities et les inénarrables smart shoes. Cette smartification du monde se développe grâce à un ensemble de processus d’apprentissage intégrés aux appareils eux-mêmes. Dans Of balls, books and hats, quatre danseurs/acteurs donnent à voir des expériences clés à l’origine de cette évolution… » (source : ici)

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© Betty Bogaert

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Il faut voir ce spectacle pour comprendre ce qu’il en est. Même en voyant le spectacle, il est difficile de poser des mots. En tout cas pour moi. Donc… Devant nous : quatre performeurs (danseurs, acteurs…) qui exécutent des séries d’actions, orales mais surtout physiques et absurdes. Ils essaient, ils se trompent, ils essaient, ils se trompent. L’intelligence artificielle enregistre, ajuste, pour, à terme, que l’I.A. remplace la présence humaine.

« Of balls, books and hats » pourrait très bien être présenté dans un musée, ou divisé en micro-pastilles qu’on présenterait sur Arte. Ceci n’est pas une critique, mais un moyen pour faire comprendre qu’il ne s’agit pas d’un spectacle théâtral au sens classique du terme. Je dis cela car j’ai la fâcheuse tendance à ne jamais lire le programme avant d’entrer en salle. Pour information, Julien Prévieux fut le récipiendaire du Prix Marcel Duchamp 2014.

Tout ça pour dire qu’on est dans de la performance, qui peut être drôle, notamment quand nos performeurs se déplacent à la John Cleese ou comme des petits personnages de jeux vidéos qu’on ferait évoluer dans différents univers. Qui peut aussi faire réfléchir, car tout cela est loin d’être vain, notamment grâce à cette voix off qui explique le fin mot de l’histoire. C’est la machine qui gagne à la fin. Et on aime ça. (pas la conclusion, mais le fait de voir des spectacles différents chaque soir)

 

OF BALLS, BOOKS AND HATS

conception • Julien Prévieux

avec • Jonathan Drillet, Harold Henning, Anne Steffens et Julia Perazzini

voix off • Frédéric Poinceau

(d’autres histoires)

Aujourd’hui, j’ai manifesté. Oui, parce que dans la vraie vie (ou la fausse, c’est selon), je fais un métier qui demande parfois de manifester. Parce que je fais un métier de feignasse, de privilégié, qui se plaint tout le temps et qui ne veut pas que les choses changent. Bref. C’est aussi et surtout l’occasion de revoir des anciens collègues.

ELLE : Je t’ai vu l’autre jour, à la télé, au journal de 20h ! Pour la manif du 18 ! Tu passais, t’étais habillé comme aujourd’hui… Tu faisais peur !

Je suis celui qui fait tout le temps la gueule. C’est un fait. Et ça a été filmé.

*****

Aujourd’hui, j’ai manifesté et sur le chemin du retour, sur l’avenue des Gobelins, j’ai croisé une artiste d’origine québécoise qui fait des vidéos sur Youtube et qui va se produire au Festival d’Avignon dans un Sujet à Vif. (Ira Mihalache alias Solange te Parle) J’apprécie beaucoup ce qu’elle fait.

Le soir, je me rends à la Ménagerie de Verre. Qui croisé-je ? Cette même artiste. Je n’ose pas l’aborder pour lui dire : « J’aime beaucoup ce que vous faites. » ni « Vous savez, je vous ai croisée cet après-midi, avenue des Gobelins. Non non, je ne vous ai pas du tout suivie ! »

*****

Ce soir, je suis allé à la Ménagerie de Verre parce que j’avais gagné une invitation. Je donne mon prénom et mon nom. La jeune femme de la billetterie me dit : « Alexis ? » Je réponds : « Non, moi, c’est Axel, mais le nom de famille, c’est bien ça. ». Elle me dit : « C’est pourtant écrit Alexis ».

Je sanglote.

*****

Ce soir, je suis allé à la Ménagerie de Verre et j’ai également croisé la divine Marlène Saldana. Je n’ose pas l’aborder pour lui dire : « J’aime beaucoup ce que vous faites. » ni « Vous savez, je vous ai croisée la semaine dernière à la Grande Halle de la Villette pour le Jan Fabre… Non non, je ne vous ai pas du tout suivie depuis huit jours, c’est pas vrai ! »

 

vu le samedi 30 mars 2019 à la Ménagerie de Verre, Paris

prix de ma place : invitation Sceneweb

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

À quelle sauce… (printemps 2019)

Le printemps est déjà là. Ce n’est pas moi qui le dis mais le réchauffement climatique. Je prends donc le temps de vous donner ma sélection des spectacles et autres concerts qui me donnent envie ou que j’irai voir. Je suis devenu très sélectif, et pas seulement pour des raisons économiques (un grand périple entre le Québec et St Pierre et Miquelon avec très peu de spectacles à l’intérieur se prépare pour cet été après mon séjour traditionnel à Avignon) : je fais ce que je dis, je ralentis la cadence.

Selon la formule consacrée, évidemment, cette liste sera amenée à muter, selon mes envies, mes humeurs, ma tirelire, les propositions… (liste parisienne et francilienne uniquement, désolé…)

MARS

J’y suis déjà allé

Saison Sèche : Enfin je vois un spectacle de Phia Ménard et à Marseille, qui plus est… et l’article est par .

J’irai voir 

Hernani, c’est un scandale ! : Un peu de copinage ne peut faire de mal, on va voir la mise en scène de Judith Policar qui écrit aussi par ici (à l’Université Sorbonne Nouvelle, dans le cadre du Festival À contre sens – les mardis 12 à 21h et 19 à 13h30)

Le Direktor : Ou l’adaptation d’un film méconnu de Lars Von Trier par un metteur en scène suisse inconnu de moi… (au Théâtre de la Bastille – du 12 mars au 4 avril)

Belgian Rules : C’est le retour de Jan Fabre à la Grande Halle de la Villette, avec un spectacle de grande envergure, mais beaucoup moins long que son Mount Olympus. L’ambiance y sera-t-elle aussi survoltée après les accusations portées à son encontre ? (à la Grande Halle de la Villette – du 22 au 24 mars)

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La Légende de Bornéo : Auréolé d’un bouche à oreille flatteur après le film « Tout ce qu’il me reste de la révolution », le collectif L’Avantage du Doute revient au théâtre avec la reprise de cette pièce. Etonnant de voir le Théâtre de l’Atelier appliquer ce que fait le Théâtre de la Porte St Martin ou la Scala (programmer des pièces créées dans le théâtre subventionné) et ce collectif s’aventurer dans le théâtre privé… (du 19 mars au 4 mai – Théâtre de l’Atelier et aussi cet été dans le Off d’Avignon au Théâtre des Carmes)

J’irai peut-être voir

La Collection : De Harold Pinter par Ludovic Lagarde avec Mathieu Amalric, Micha Lescot, Laurent Poitrenaux, Valérie Dashwood, quatre étoiles (Bouffes du Nord – jusqu’au 23 mars)

Bells & Spells : Après le grand-père, les parents, le frère, je demande la soeur : Aurélia Thierrée. Certes un peu réducteur, même si la mère (Victoria Thierrée) a créé le spectacle. Mais c’est assurément un rêve éveillé auquel nous allons assister. (jusqu’au 12 mai –  Théâtre de l’Atelier)

Apocalypse Bébé : Despentes au théâtre, encore (Paris Villette – du 12 au 28 mars)

Chanson douce : Pauline Bayle a le vent en poupe, avant la reprise d’Iliade Odyssée à la Scala… (au Studio – Comédie Française – du 14 mars au 28 avril)

Le Fils : Par Marine Bachelot Nguyen. Pas celui de Florian Zeller, je ne suis pas maso… enfin… (Théâtre du Rond Point – du 19 mars au 14 avril)

Loretta Strong : Copi dont, étonnamment, je n’ai vu aucune adaptation par les Divins Animaux, une mise en scène de Florian Pautasso avec la troublante et singulière Stéphanie Aflalo. (du 21 au 23 mars – à l’Etoile du Nord)

Potentia Gaudendi : Par Gurshad Shaheman, je sais déjà que sauf miracle je ne pourrai pas le voir, mais j’en ai eu de très bons échos, made in Marseille, car avec des élèves de l’ERACM. (Nouveau Théâtre de Montreuil – 21 et 22 mars)

Le Voyage de G. Mastorna : Marie Rémond poursuit sa collaboration avec la Comédie Française après le génial « Comme une pierre qui »… Elle prend comme matériau de départ un film de Federico Fellini qui n’a jamais existé. (du 28 mars au 5 mai au Vieux Colombier – Comédie Française)

Evel Knievel vs Macbeth : Une pièce de Rodrigo Garcia est toujours intéressante, parce qu’il y a toujours une parole, des idées à retenir. (à Nanterre Amandiers – du 29 mars au 7 avril)

Dans le rayon des concerts, on peut citer The Cinematic Orchestra, un (autre) rêve éveillé (Casino de Paris – 18 mars) ; Balthazar, la pop belge classe (Casino de Paris – 25 mars) ; Camp Claude, juste pour l’envie de découvrir (Maroquinerie – 27 mars) ; O – Olivier Marguerit, voir tout  seul celui que j’ai vu à plusieurs avec Syd Matters ou My Girlfriend is better than yours (FGO Barbara – 28 mars)

J’ai déjà vu (et je conseille)

Raoul : James Thierrée, point. (Scala – jusqu’au 20 mars et c’est complet)

Les Damnés : La reprise d’un grand spectacle… faudrait que je relise ma chronique(du 20 mars au 2 juin – à la Salle Richelieu – Comédie Française)

Je devais aller voir

La Trilogie de la Vengeance : Ou la nouvelle création de Simon Stone qui m’avait grandement séduit avec son adaptation très personnelle des Trois Soeurs… Je devais car la représentation à laquelle je devais me rendre a été annulée. C’est une création, ils n’étaient pas prêts… Ont-ils été présomptueux ? Réunir une bande d’acteurs pas forcément habitués à travailler ensemble, sur de l’écriture au plateau, qui plus est… Avec un metteur en scène australien – je ne sais finalement pas s’il parle français… Bref, j’avais profité de la place d’une amie en vacances qui échangera sûrement pour un autre jour. Avec ou sans moi ? (d’après les premiers retours, l’attente vaut la peine) (aux Ateliers Berthier – Odéon Théâtre de l’Europe – du 13 mars au 21 avril)

AVRIL

J’irai voir

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The Hidden Force par Ivo Van Hove (photo : Jan Versweyveld)

The Hidden Force : Ivo Van Hove, voilà. Avec sa troupe hollandaise en prime. (à la Grande Halle de la Villette – du 4 au 11 avril)

Body Roots / Rising (Shira Eviatar) + Hard to be soft – A Belfast Prayer (Oona Doherty) + Sunbengsitting (Simon Mayer) + Hymen Hymne (Nina Santes) : On pourrait penser que le Théâtre de la Bastille se repose un peu trop sur le tg STAN ou Tiago Rodrigues pour composer sa programmation, mais c’est sans compter ces temps forts autour de la danse qui donnent un éclairage sur des grands chorégraphes en devenir. Un risque mais l’assurance  de trouver la pépite de ces prochaines années. (au Théâtre de la Bastille en collaboration avec l’Atelier de Paris / CDCN – du 8 au 18 avril)

JR : J’avais raté leur Pays de Nod, je compte bien découvrir cette fois-ci ce collectif FC Bergman (à la Grande Halle de la Villette – du 12 au 16 avril)

Kreatur : Malgré l’accueil très réservé l’été passé à Avignon, j’ose m’aventurer dans l’univers de Sasha Waltz. (toujours à la Grande Halle de la Villette – du 17 au 20 avril) (j’aime ces soirées qui se passent à 7 min à pied de chez moi…)

J’irai peut-être voir

Affordable Solution for Better Living : Ça m’intrigue (CentQuatre – 5 et 6 avril)

Je suis Fassbinder : Par Falk Richter et Stanislas Nordey  , inratable parait-il (Théâtre du Rond Point – du 5 au 28 avril)

John : Pièce de jeunesse de Wajdi Mouawad, mise en scène par Stanislas Nordey. A quand une belle adaptation d’Alphonse, une autre de ses premières pièces, que j’avais découverte au Fringe Festival d’Edinburgh il y a déjà 9 ans ? (aux Quartiers d’Ivry – du 8 au 19 avril)

Trissotin ou les femmes savantes : Par Macha Makeïeff, sans Maud Wyler mais avec une partie des acteurs qu’on peut voir chez Jean Bellorini (Scala – du 10 avril au 10 mai)

Some Hope for the Bastards : Frédérick Gravel dans un format plus large que les pièces qu’il a l’habitude de nous montrer au Théâtre de la Bastille (Chaillot – du 11 au 13 avril)

Purge Baby Purge : Le Zerep et Marlène Saldana (à Nanterre Amandiers – du 13 au 20 avril)

Méduse : Pour la découverte d’un collectif déjà passé par le festival Impatience et le festival d’Avignon (T2G – du 16 au 10 avril)

Electre/Oreste : Le retour d’Ivo Van Hove au Français… (du 27 avril au 3 juillet à Richelieu – Comédie Française)

Dans les concerts :  Anna Calvi + Shannon Wright, dans le cadre du festival Les Femmes s’en mêlent ou la soirée rêvée (Trabendo – 4 avril) ; Rufus Wainwright, depuis le temps… (Olympia – 5 avril) ; Minimalist Dream House par Katia & Marielle Labèque avec la participation de Thom Yorke (Philharmonie – 7 avril) ; Elisapie, déjà vue et à revoir (Boule Noire – 16 avril) ; Hubert Lenoir, ou la nouvelle sensation québécoise (Maroquinerie – 17 avril) ; Soap & Skin, depuis le temps… (Trianon – 17 avril) ; Sophie Hunger, hypnotisante et émouvante (Gaité Lyrique, 25 avril) ; Glen Hansard, pour ceux qui se souviennent de The Swell Season et du film Once… (Casino de Paris – 27 avril)

J’ai déjà vu (et je conseille)

An Irish Story – Une Histoire Irlandaise : J’en ai déjà parlé, j’ai vu la pièce de Kelly Rivière l’été passé et l’histoire est désormais parisienne avec cette belle série de représentations (au Théâtre de Belleville –  du 3 avril au 30 juin)

MAI

J’irai voir

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Fauves : Ou la nouvelle création de Wajdi Mouawad (Colline, du 9 mai au 21 juin)

Occupation Bastille 3 : Troisième édition d’une occupation artistique qui ne ressemblera en rien à celles de Tiago Rodrigues et l’Avantage du Doute. Et pour cause, c’est l’artiste Nathalie Béasse qui la mènera. L’occasion de (re)découvrir Happy Child, Tout semblait immobile, Roses, Le Bruit des Arbres qui tombent. Et d’autres petites choses sont en préparation, me semble-t-il. (du 13 mai au 29 juin – au Théâtre de la Bastille)

J’irai peut-être voir

Opening Night, : Cassavetes meets Teste feat. Adjani (Bouffes du Nord – du 3 au 26 mai)

Ode to the Attempt / Sweat Baby Sweat : Par Jan Martens ou le genre de chorégraphe que je dois encore découvrir (Théâtre des Abbesses – du 6 au 11 mai)

Je m’en vais mais l’Etat demeure : Par Hugues Duchêne, grand ramdam autour de cette pièce (Scala – du 8 au 12 mai)

Logiqueimperturbabledufou : Par Zabou Breitman et raté lors d’un précédent passage au Festival Off d’Avignon (Théâtre du Rond Point – du 9 mai au 2 juin)

Désobéir : Par Julie Bérès, avec un parfum de F(l)ammes (Paris Villette – du 9 au 19 mai)

L’Ennemi Du Peuple : Nicolas Bouchaud, point. (du 10 mai au 15 juin – à l’Odéon Théâtre de l’Europe)

Contes Immoraux Partie 1 – Maison Mère : Après avoir vu Saison Sèche, je ne peux qu’ajouter ce spectacle à ma liste des envies… (à Nanterre Amandiers – du 13 au 18 mai)

Lostmovements : Par Jan Martens & Marc Vanruxt, si cette année je le rate, je le fais exprès (Nouveau Théâtre de Montreuil / Rencontres Chorégraphiques de Seine St Denis – 17 et 18 mai)

Cataract Valley : Parce que voir un spectacle de Marie Rémond est toujours un ravissement (j’en ai vu trois, je me donne le droit d’énoncer cette vérité) (du 17 mai au 15 juin dans la petite salle des Ateliers Berthier – Odéon Théâtre de l’Europe)

Ce qui demeure : Par Elise Chatauret, parce que je l’avais raté l’été dernier à la Manufacture pendant Avignon Off (Quartiers d’Ivry – du 18 au 28 mai)

Dans les concerts : Jesse Mac Cormack, découvert en 1e partie d’un concert de Patrick Watson, me semble-t-il et pour que je me souvienne d’une première partie, c’est qu’il en valait la peine (Pop Up! – 4 mai) Emilie Kahn, qui a abandonné son harpe Ogden (Café de la Danse – 15 mai) ; Jon Spencer & The Hitmakers, explosif à coup sûr – je ne me lave plus les cheveux depuis qu’il m’a ébouriffé lors d’un concert à emporter dans un atelier du XXe il y a six (?) ans (Maroquinerie – 17 mai) ; Constance Verluca, c’est avec une impatience non dissimulée que je vais découvrir les nouvelles chansons de celle qui chantait « Vive le chocolat, l’héroïne et la vodka ! » (Les Étoiles –  23 mai) ; The Good, The Bad & The Queen, avec Damon Albarn notamment (Bataclan – 27 mai) ; Erik Truffaz Quartet feat. Nya, genre de jazz qu j’écoute (Odéon Théâtre de l’Europe – 27 mai)

J’ai déjà vu (et je conseille)

Iliade / Odyssée, par Pauline Bayle, vus à la Manufacture (Avignon Off) et au Théâtre de la Bastille, repris ici mais avec une nouvelle distribution (Scala – du 21 mai au 2 juin)

Hors Concours

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Les Infilitré.e.s saison 2 : Je joue dedans, c’est une écriture collective, c’est un projet de Marc Woog de la Compagnie Mimesis, c’est les 9 et 10 mai au Théâtre de la Bastille. (hormis des tableaux collectifs, j’aurai la chance  (?) d’interpréter une scène de « Après la répétition » vu cette année dans le même théâtre avec Georgia Scalliet et Franck Vercruyssen du tg STAN.)

JUIN

J’irai voir

Je n’ai aucun billet dans mon escarcelle, une anomalie dans mon histoire spectaculaire…

J’irai peut-être voir

Où la chèvre est attachée : Par Rébecca Chaillon que j’avais ratée au dernier festival Transformes à la Villette (Nouveau Théâtre de Montreuil – du 3 au 6 juin)

Aziz Ansari : Master of None (Olympia – 8 juin)

Soufflette : Par François Chaignaud et la compagnie Carte Blanche, je veux revoir le premier depuis Romances Inciertos (MC93 Bobigny / Rencontres Chorégraphiques de Seine St Denis – les 12 et 13 juin)

Why ? : par Peter Brook et Marie-Hélène Estienne, cela se suffit à soi-même (Bouffes du Nord – du 19 juin au 13 juillet)

The Swan and the Pimp : Par Hillel Kogan, le créateur de I love Arabs (Nouveau Théâtre de Montreuil / Rencontres Chorégraphiques de Seine St Denis – 21 et 22 juin)

Moving with Pina : Par Christina Morganti, comme je ne verrai probablement aucun Pina Bausch cette saison, cela sera peut-être mon lot de consolation (Théâtre des Abbesses – du 25 au 29 juin)

Bon voyage, Bob… : Par Alan Lucien Oyen et surtout le Wuppertal Tanztheater, nouvelle tentative de faire vivre la troupe sans sa créatrice (Chaillot, du 29 juin au 3 juillet)

Dans les concerts :  Julia Holter + Cate le Bon, parce qu’on m’en a dit du bien (Trabendo – 8 juin) ; Chewing-Gum Silence, par le clarinettiste Antonin Tri Hoang (Philharmonie – 15 juin) ; Eve Risser, pianiste inclassable entre jazz et musique contemporaine (Philharmonie – 16 juin) ; Les Innocents, les meilleures chansons pop françaises au monde (Café de la Danse – 19 juin) ; Elton John, non non, vous avez bien lu (20 juin – Bercy) ; Kevin Morby, car on m’en a dit aussi du bien (Cabaret Sauvage – 20 juin) ; Tom Jones, et j’assume totalement (Salle Pleyel – 28-29 juin)

J’ai déjà vu (et je conseille)

Saïgon : Vous pouvez lire ma chronique par ici (du 5 au 22 juin – aux Ateliers Berthier – Odéon Théâtre de l’Europe)

JUILLET

J’irai voir

La Cité Idéale Radieuse et Éternelle : Ou la nouvelle pièce du Laboratoire à Théâtre que j’ai bien connu pendant 3 ans. (MPAA St-Germain – 6 et 7 juillet)

J’irai peut-être voir

Dans les concerts, Cat Power avec H-Burns en 1e partie, en souvenir de plein de choses que je n’écrirai pas ici (Philharmonie – 4 juillet) ; Jonsi & Alex Somers, quand il y a du Sigur Ros quelque part, c’est toujours bon à entendre (Philharmonie, 6 /7 juillet) ; Thom Yorke : Point (Philharmonie – 7 juillet)

Je n’irai pas voir mais j’ai une bonne raison

Since She : Je serai au même moment à Avignon. Et pourtant j’avais très envie de voir ce que Dimitris Papaioannou avait à dire avec les danseurs du Wuppertal Tanztheater. (du 8 au 11 juillet à la Grande Halle de la Villette)

Ps : Je ne dirai pas combien de temps m’a pris la rédaction et la mise en page de cet article, mais je ne le ferai pas tous les jours…