Le Voyage de G. Mastorna (Fellini / Rémond / Comédie Française)

(de quoi ça parle en vrai)

« Un projet qu’il disait être le plus important de sa vie et que lui-même a rendu mythique. Au sommet de sa gloire, alors qu’il vient de tourner Huit et demi et Juliette des esprits, il s’engage dans ce « thriller métaphysique ». Il y a de la Divine Comédie de Dante dans l’odyssée de Giuseppe Mastorna, violoncelliste de renommée internationale qui, victime d’un accident d’avion, se retrouve dans une sorte de ville-limbes, un au-delà baroque et cauchemardesque. Ne parvenant pas à prouver son identité, « il a perdu le sens le plus authentique de la vie », explique Federico Fellini qui soumet son « double » à une série d’épreuves kafkaïennes. » (source : ici)

LE VOYAGE DE G. MASTORNA -
Photo : Vincent PONTET

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Fellini est à la mode : Avant l’exposition qui lui est consacré à la Cinémathèque, voici donc la seconde incursion de Marie Rémond à la Comédie Française avec ce spectacle inspiré de la mésaventure Mastorna ou le film qu’on ne verra jamais tounée par le Maître.

Je ne suis pas un habitué du Français. J’y ai seulement vu le très classique et réussi Avare avec Denis Podalydès ou les mises en scènes de Ivo van Hove et de Christiane Jatahy. Je fus dont très heureux de me retrouver au premier rang, dans ce dispositif bi-frontal. Les acteurs y sont aussi obligés de jouer de dos, au plus près des spectateurs. Et ces acteurs-là sont tous sensationnels, Serge Bagdassarian en tête (et Georgia Scalliet aussi que j’avais pu admirer dans « Après la répétition » d’après Bergman par le tg STAN). C’est aussi et surtout la joie de retrouver une metteure en scène que j’admire : Marie Rémond. A la manière d’un Dorian Rossel (metteur en scène suisse que je vous invite à découvrir, si ce n’est déjà fait), elle adapte des matériaux non théâtraux (biographie, film, roman…) pour en faire des objets toujours savoureux. Après André Agassi, Barbara Loden et Bob Dylan (déjà à la Comédie Française), elle propose cet épisode de la vie artistique et personnelle de Fellini, entre répétitions de tournage, crise existentielle, qu’on pourrait rapprocher du Lost in la Mancha qui contait le tournage avorté de Don Quichotte par Terry Gilliam. Avant de mourir d’une overdose de name dropping, je dirai également que la pièce n’aurait pu être qu’anecdotique si elle ne s’était contenté que de scènes montrant Mastroianni (Laurent Lafitte) mangeant des pates ou cet acteur (Nicolas Lormeau) qui donne sa réplique toujours trop tôt ou trop tard. Mais Marie Rémond et ses collègues Thomas Quillardet et Aurélien Hamard-Padis ont réussi, à mon sens, à instiller ce sentiment de doute dans la vie d’un artiste, où la réalité se mélange à la fiction (ou l’inverse).

Alors pour chercher la petite bête, on pourrait dire que la pièce souffre de longueurs dans sa deuxième partie, aussi, peut-être pour montrer que Fellini était un génie inégalable. 

 

LE VOYAGE DE G. MASTORNA

avec Alain Lenglet, Serge Bagdassarian, Nicolas Lormeau, Georgia Scalliet, Jeremy Lopez, Jennifer Decker, Laurent Lafitte, Yoann Gasiorowski

D’après Federico Fellini

Mise en scène : Marie Rémond

Traduction : Françoise Pieri – Adaptation : Marie Rémond, Thomas Quillardet et Aurélien Hamard-Padis – Scénographie : Alban Ho Van – Costumes : Marie La Rocca – Lumière : Jérémie Papin – Son : Dominique Bataille – Film : Avril Tembouret – Maquillage et coiffure : Cécile Kretschmar – Collaboration artistique : Thomas Quillardet

Jusqu’au 5 mai 2019 au Vieux Colombier – Comédie Française, Paris.

 

(une autre histoire)

Je me souviens… Il faudrait que je démarre toutes mes chroniques par cette locution. Je devrais peut-être même écrire un livre avec mes souvenirs : « Je me souviens ci, je me souviens ça… » Je suis sûr que ça pourrait marcher.

Donc… Je me souviens avoir entendu la musique de la Strada sans savoir que c’était  de Nino Rota (et donc un film de Fellini). Je me souviens dans le Péril Jeune du personnage de Tomasi qui ne descendait pas du panneau de basket et qui criait « Voglio una donna », parce qu’il avait vu Amarcord la veille à la télé. D’ailleurs moi aussi. Je vous laisse choisir ce que moi aussi.

Il y a quelques années, j’avais vu une expo qui lui était consacré au Jeu de Paume. Je m’étais dit que je (re)verrais bien ses films dans la foulée, ce que je n’ai pas fait. Pourquoi ?

Je rêve d’avoir la vie douce… Non, je ne ferai pas la compilation des titres de ses films.

Moi aussi, j’ai un projet avorté. Deux. Trois ? Officiellement deux. Le troisième est en cours. J’ai ça en commun avec l’éléphante, une longue gestation.

De quoi pourrais-je encore parler ici ?

De l’expérience du strapontin qui saute dès que le voisin repositionne son séant ?

Je vais vous raconter une histoire… Non, j’ai déjà fait ça. Depuis ce matin, je tente de ne pas me répéter.

 

Vu le dimanche 7 avril 2019 au Vieux Colombier – Comédie Française

prix de ma place : 24€ (strapontin)

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

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