Ça ne se passe jamais comme prévu (Tiago Rodrigues / Théâtre de l’Aquarium)

(quand on ne lit pas la bible)

Ça ne se passe jamais comme prévu ? Moi quand je me rendais à un rendez-vous galant ?

 

(de quoi ça parle en vrai)

Au moment de chercher un point de départ à ce travail, Tiago Rodrigues a lu l’interview d’un spécialiste en prévention des attentats. Il commentait un exercice effectué par les forces de sécurité et disait que la règle d’or, même au cours d’un entraînement, est de savoir que les choses ne se passent jamais comme prévu. Le parallèle avec le théâtre est évident : un exercice préparé au détail près ne peut exister que s’il embrasse l’imprévu. Dans cette pièce, un groupe de seize étrangers découvre Lisbonne et tente de monter un spectacle au cours duquel, tout comme la vie dans cette cité, rien ne se passe comme prévu. (http://www.theatredelaquarium.net/IMG/pdf/manufacture.pdf)

 

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Crédits photo : Filipe Ferreira (ci-dessus, c’est l’acteur qu’on ceinture qui m’a sauté dessus pendant la représentation, parce que je suis toujours bien placé et celui qu’on choisit pour subir ce genre de sévices, je suis le bon client !)

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Dieu sait que je n’aime pas les jeunes, surtout ceux qui sortent des écoles. Et pourtant ceux-là… Il faut dire qu’ils ont été grandement aidé par le sorcier (gourou diront certains) Tiago Rodrigues. Ce dernier a écrit dix-lettres pour seize acteurs. Il y a quelque chose d’Alessandro Baricco (le roman Océan Mer pour être plus précis) dans le postulat de départ : les acteurs découvrent, dans le tiroir d’un des appartements qu’ils occupaient lors de leur résidence lisboète, un paquet de lettres d’adieux destinées à un être rencontré une seule et unique fois dans le parc de Principe Real.

Autant dire que ça ne pouvait que me toucher puisque j’écris inlassablement sur le même sujet : l’histoire d’un garçon qui est obsédé par une fille qu’il a rencontrée une seule et unique fois dans une piscine alors qu’il était adolescent.

On sent, on sait que l’auteur portugais aime les acteurs, ces jeunes acteurs en particulier. Dès le préambule, on s’amuse de l’exercice de style qu’est le spectacle de sortie d’école de théâtre : Oui, ils vont chacun avoir leur moment. On est lucide aussi : C’est probablement la dernière fois qu’on les verra tous réunis sur une scène de théâtre et sur ces 16 acteurs, combien d’entre eux parviendront à sortir du lot et vivre de leur métier ?

Et ce qui est bien, c’est qu’une fois ce préambule passé, on l’oublie. Parce qu’on suit l’histoire, parce qu’on est touché, ému, amusé par ces petits moments d’acteurs et surtout par ces lettres qui évoquent une rencontre inattendue, un deuxième rendez-vous qui n’aura pas lieu, une ville (Lisbonne) passionnante mais qui se transforme  au rythme incessant des flots de touristes que déversent les avions low costs (comme toutes les grandes villes, soit dit en passant), quitte à perdre son âme et ses habitants ou la disneylandisation (comme me l’a souligné un proche lors d’une discussion passée), des histoires de femmes, d’hommes, la saudade…

La pièce dure 2h30, on sait d’avance qu’il y aura dix-sept lettres. On voit le temps passer et c’est important car on ne veut pas le voir vite passer. On ne veut pas quitter ces jeunes gens, tous talentueux, aucun identique. Aussi à cause du côté éphémère de ce genre de spectacle, car même si « Ça ne se passe jamais comme prévu » sera joué à Montpellier ou à Lyon, il n’a pas vocation à tourner indéfiniment. On se sent un peu privilégié, on a envie aussi de tenir en nos mains le texte du spectacle, brillamment traduit par Thoams Resendes. On apprécie encore le don de passeur de Tiago Rodrigues qui va nous (me) faire acheter un livre du poète Luís Vaz de Camões, cité dans la pièce.

Certes, il y a parfois quelques auto-citations (clins d’oeil à « Antoine et Cléopâtre » ou « By heart », on voit parfois un peu les coutures de l’exercice, le numéro de danse (même si danser sur scène avec « Sabotage » des Beastie Boys en bande son reste un rêve pour moi) peut paraître accessoire (clin d’oeil à Bovary), et finalement pour qui a vu nombre de ses pièces, on aime quand même ça, un auteur qui creuse un sillon, qui traverse des thèmes sans jamais les épuiser.

Et malgré tout, je reviendrai à Lisbonne. Pour mes 40 ans, c’est décidé. Et je m’offrirai des gants chez Ulysse.

 

vu le samedi 23 juin 2018 au Théâtre de l’Aquarium

prix de la place : entrée libre sur réservation

 

ÇA NE SE PASSE JAMAIS COMME PRÉVU

texte et mise en scène Tiago Rodrigues, traduction Thomas Resendes

assistante Teresa Coutinho, son Ponto Zurca, direction technique Nicolas Berseth

avec les élèves de la promotion I du bachelor théâtre LA MANUFACTURE – Haute école des arts de la scène de Suisse Romande – Lausanne : Donatienne Amann, Raphaël Archinard, Julie Bugnard, Greg Ceppi, Angèle Colas, Isabela De Moraes Evangelista, Catherine Demiguel, Laura Den Hondt, Morgane Grandjean, Isumi Grichting, Camille Le Jeune, Pépin Mayette, Guillaume Miramond, Samuel Perthuis, Victor Poltier, Lucas Savioz.

Jusqu’à cet après-midi 15h au Théâtre de l’Aquarium dans le cadre du festival des écoles du théâtre public 2018 puis les 26 et 27 juin au Théâtre du Loup à Genève, les 29 et 30 juin au Printemps des comédiens à Montpellier, les 2 et 3 juillet au Théâtre T. Kantor de l’ENS dans le cadre des Nuits de Fourvière а Lyon.

 

(une autre histoire)

Quand ma soeur vivait à Québec, il me plaisait de lui rendre visite durant l’été, deux mois durant. À mon arrivée, je posais mon sac à dos près du sofa, je passais deux jours allongé à me remettre d’une année scolaire éreintante et accessoirement du décalage horaire. Je profitais de son absence pour lire les livres québécois qu’elle avait achetés, regarder des séries en rattrapage, aller à l’épicerie, prendre le bus pour aller dans le centre, souper au Bonnet d’Âne dans la haute ville, me faire un ciné, bouquiner encore sur les plaines d’Abraham, courir en longeant les rives du Saint-Laurent. Je ne sais pas très bien ce que je suis. Je ne sais pas très bien ce que j’étais. Je ne suis pas un touriste, je ne suis pas un résident. Toujours eu le cul entre deux chaises.

Pourquoi je pars seul ? Pour faire ce que je veux. Aller au rythme que je veux. A New York, j’ai passé trois heures à regarder du basket de rue, à converser avec les gens en buvant un thé glacé, alors même que j’avais prévu la visite de Brooklyn et même un musée.

Rien ne se passe jamais comme prévu.

Je voudrais écrire un éloge à la lenteur, à la contemplation.

LISBONNE

Je n’y ai pas passé autant de temps que je l’aurais souhaité. L’idée était de ne rien prévoir. Mais tu comptes un peu tes sous, tu vois le monde arriver dans une ville dont tu es tombé en amour au premier regard. Ne rien prévoir est un luxe. Tu te mets à prévoir alors même que tu voulais l’éviter. Ça ne se passe jamais comme prévu, même quand tu n’avais rien prévu.

Lisbonne… cette ville… J’en avais rêvé… depuis que j’avais découvert les mots de Fernando Pessoa, pourtant j’ai attendu l’an passé pour enfin y aller. Ça ne se passe jamais comme prévu. J’avais besoin d’un déclic, d’une évidence, d’une rencontre.

Lisbonne… Je te connais plus grâce à Pessoa, Lobo Antunes, Rodrigues (Amalia). Je te connais sans te connaitre, pourtant dès que j’ai emprunté une de tes rues, sans carte, sans gps, je m’y suis senti bien.

Le temps, je me souviens… Le temps que j’ai passé dans tes cafés, à écrire. Jamais je n’avais écrit quelque chose aussi rapidement. J’étais venu te voir, Lisbonne, car je savais que tu serais inspirante. Je m’étais retenu d’écrire avant de te voir, puis quand vint le moment, au deuxième jour, la panne. Trop d’excitation. Rien ne sortait. Ça ne se passe jamais comme prévu. Alors j’ai marché, levé les yeux… au ciel, bu des bières, des cafés, marché sur les pas de Pessoa, vu un spectacle au Dona Maria II (l’époustouflant Bacantes de Marlene Monteiro Freitas), un film à la Cinemateca… Déclic. Les mots vinrent, mes doigts coururent sur le clavier de mon ordinateur. Jamais je n’avais écrit un premier jet aussi rapidement. Une trentaine de pages.

ÉPILOGUE

J’ai mis ce que j’ai écrit à la poubelle. Façon de parler. Disons que ce que j’ai écrit sera disséminé par ci par là dans d’autres textes. Un mal pour un bien, c’est en forgeant, tout vient à point, c’est parce que ça et parce que ça, que maintenant il se passe ça.

Ça ne se passe jamais comme prévu (et tant mieux).

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

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Une (mini) sélection OFF AVIGNON 18 très subjective et désordonnée…

Si j’ai bien lu, 1538 spectacles seront programmés cette année dans un Off d’Avignon, qui enfle, qui enfle chaque année… 1538. Quand on y pense, si on voit 5 spectacles par jour, uniquement dans le Off, entre les 6 et 29 juillet inclus, on ne verra que 7,80% des spectacles proposés. Encore une fois cette année, je ferai confiance, comme bon nombre de fidèles festivaliers, en la programmation de certains théâtres qui ont toujours fait preuve d’audace, d’innovation, de curiosité et d’une certaine qualité, je pense à La Manufacture (qui s’enrichit de deux nouvelles salles), au Théâtre des Halles (un des théâtres permanents d’Avignon, dirigé par Alain Timar), au 11 Gilgamesh Belleville (dont la bonne réputation s’est propagée comme une traînée de poudre), pour ne citer que ces trois-là. D’autres pépites seront proablement disséminées ailleurs, je pense à la Parenthèse, au théâtre Artéphile, aux Doms

Pour ma part, je serai présent en Avignon pendant « seulement » 8 jours, à raison de 4 spectacles par jour, ce qui fait tout de même une belle moyenne, laissant aussi la place à la découverte, au bouche à oreille et au repos (si si)… et aussi à l’écriture, puisque j’ai la chance de bénéficier cette année d’une accréditation blog/presse, m’obligeant à écrire quasi instantanément sur les spectacles vus (chose que je fais déjà à Paris, avec plus ou moins de bonheur, mais là, ça sera 4 spectacles par jour, ça risque d’être un brin sportif).

Je vous présente donc ma petite sélection tout à fait subjective et désordonnée, à partir de mes recherches sur les différents sites des théâtres (puisque le site du Off n’a toujours pas mis en ligne son catalogue, à l’heure où est publié cet article) : 

 

1/ J’ABANDONNE UNE PARTIE DE MOI QUE J’ADAPTE par le Group Nabla au Théâtre des Doms (du 6 au 26 juillet 2018 à 19h30 (relâche les 11 et 18) – durée : 1h10)

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Crédit photo : Hubert Amiel

Parce que ma très grande amie belge l’a vu fin 2017 au Théâtre National Wallonie Bruxelles et qu’elle m’en dit le plus grand bien (ou l’argument ultime). Pour information, la pièce a été sélectionné pour le prochain festival Impatience qui célèbre le théâtre émergent (au CentQuatre et au T2G).

 

2/ VOICI MON COEUR C’EST UN BON COEUR de et avec Anne Alvaro, Nicolas Daussy, Thierry Thieû Niang à la Belle Scène Saint-Denis / La Parenthèse (du 9 au 20 juillet 2018 à 19h (relâche le 15) – durée : 1h)

(photo by Pascal Victor/ArtComPress)
Crédit photo : Pascal Victor

Parce que, hormis le plaisir de voir Anne Alvaro et d’entendre sa voix, un soir d’avril, au sortir de la pièce Club 27, de triste mémoire, au TGP Saint-Denis, une amie et moi avions rencontré une spectatrice sur le quai du RER, qui sortait de ce spectacle et nous avait vraiment donné envie d’entendre ces textes d’autrices amérindiennes.

 

3/ PETITE CHIMÈRE de la Compagnie Les Voyageurs Immobiles à Présence Pasteur (du 6 au 29 juillet 2018 à 10h40 pour les 0-3 ans et à 11h45 pour les 3-6 ans (relâche les 9, 16 et 23) – durée : ?

Parce que la créatrice de ce spectacle, Magali Frumin, m’a mis en scène à la fac dans « La demande d’emploi » de Michel Vinaver et que j’avais déjà vu et apprécié « Le bruit des couleurs », autre spectacle jeune public qu’elle avait créé.

 

4/ LE MAÎTRE ET MARGUERITE par Igor Mendjisky au 11 Gilgamesh Belleville (du 6 au 27 juillet 2018 à 19h40 (relâche les 11 et 18) – durée : 1h50

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Crédit photo : Léna Roche

Parce que j’ai vu deux spectacles de la compagnie des Sans Cou (« Notre Crâne » et « J’ai couru comme dans un rêve ») et que je suis bien curieux de voir ce nouveau spectacle, déjà présenté au théâtre de la Tempête à Paris.

 

5/ POLAROÏDS par la Compagnie Lalasonge au Théâtre du Train Bleu (du 6 au 29 juillet 2018 à 15h50 (relâche les 9, 16 et 23) – durée : 1h20)

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Parce que j’ai vu l’unique actrice de ce spectacle, Claire Marx, dernièrement dans les Manigances de Johanne Debat au théâtre de l’Opprimé et que ça m’a donné envie de la suivre.

 

6/ J’APPELLE MES FRÈRES par la Compagnie du Rouhault à la Manufacture (du 6 au 26 juillet 2018 à 15h55 (relâche les 12 et 19) – durée : 2h)

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Crédit photo : Compagnie du Rouhault

Parce qu’une amie me l’a conseillé et je crois bien que j’ai fait un réveillon avec la metteure en scène, mais je n’en suis pas certain.

 

7/ SPEED LEVING (Hanokh Levin – Laurent Brethome) à la Manufacture (du 17 au 26 juillet 2018 à 19h50 (relâche le 19) – durée : 1h45)

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Compagnie le Menteur Volontaire

Parce que les élèves de l’ensemble 25 de l’ERACM que j’ai suivi sur au moins trois spectacles (encore grâce à l’ami marseillais…).

 

8/ LÉOPOLDINE HH à l’Arrache-Coeur (du 6 au 29 juillet 2018 (relâche les 11, 12, 18 et 25) à 15h – durée : 1h)

Parce que je suis tombé par hasard sur un de ses clips et que cette chanson m’a obsédé assez longtemps…

 

9/ SI RICHARD SI par Florence Fauquet et Chloé Lasne au Théâtre des Béliers (du 6 au 29 juillet 2018 à 10h50 (relâche les 9, 16 et 23 / séances supplémentaires : les 15 et 22 à 19h) – durée : 1h15)

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Si Richard si

Parce que l’ami marseillais l’a vu l’an passé et me l’a conseillé. Et que je ne peux résister à une histoire autour de Richard III (même si je n’ai pas aimé celle de Thomas Jolly… c’était ma confession)

 

10/ UNE LÉGÈRE BLESSURE au Théâtre des Halles (du 6 au 29 juillet 2018 à 19h30 (relâche les 9, 16 et 23) – durée : 1h)

Parce que le texte de Laurent Mauvignier, parce que Johanna Nizard.

 

11/ LA VIOLENCE DES RICHES au Théâtre des Carmes  (du 6 au 23 juillet 2018 à 11h25 (relâche les jeudis) – durée 1h10)

Parce que ça parle de violence sociale et que… ben… on est en plein dedans.

 

12/ UN GARÇON D’ITALIE (Philippe Claudel / Mathieu Touzé) au Théâtre Transversal  à 10h35

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Parce que j’en entends parler depuis longtemps grâce aux réseaux sociaux et que je suis curieux… (et si Arnaud Laporte en dit aussi du bien…)

 

13/ LODKA au Chêne Noir  (du 6 au 29 juillet 2018 à 10h (relâche les 9, 16 et 23) – durée : 1h20)

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Parce que Semianyki.

 

14/ 100 M PAPILLON par le Collectif Colette à la Manufacture (du 6 au 26 juillet 2018 à 16h25 (relâche les 12 et 19) – durée 1h05)

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Crédit photo : Collectif Colette

Parce qu’avant on disait « je peux pas, j’ai piscine »… Ce n’est absolument pas un argument, mais comme aujourd’hui « je peux pas, j’ai théâtre » l’a remplacé…

 

15/ LETZLOVE de Pierre Maillet à la Manufacture dans le cadre des Night Shot (du 21 au 26 juillet 2018 à 23h – durée : 1h10)

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Pierre Maillet

Parce que Michel Foucault.

 

16/ BELLE FILLE au Petit Louvre  (du 6 au 29 juillet 2018 à 20h25 (relâche les 11, 18 et 25) – durée 1h10

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Parce que Maud Wyler.

 

17/ LES TRAVAUX AVANCENT À GRANDS PAS, un projet collectif L’Amicale au 11 Gilgamesh Belleville (du 6 au 27 juillet à 15h (relâche les 11, 18 et 25) – durée 1h10)

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Parce que chaque jour sera différent et que j’espère bien tomber sur le projet d’Antoine Defoort voire celui d’une certaine Ina Mihalache…

 

18/ LA PEAU D’ÉLISA de Carole Fréchette au Théâtre des Halles (du 6 au 29 juillet 2018 (relâche les 9, 16 et 23) à 17h – durée : 1h10)

Parce que l’écriture de Carole Fréchette ne me quittera pas de sitôt…

 

19/ CONSTANCE « Pot Pourri » au Ciné Vox (du 7 au 29 juillet 2018 à 14h – durée : 1h10)

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Parce qu’il me manquait un spectacle d’humour, entendre un one-wo.man show. Parce que Constance me fait rire, que je l’ai déjà vue sur scène et qu’elle est une des rares humoristes qui ne m’a pas fait dire : « 1h c’est trop long… »

 

20/ AN IRISH STORY au Théâtre Artephile

21/ LOVE & MONEY au 11 Gilgamesh Belleville

******

Avant de partir… je voudrais ajouter que de nombreux théâtres (tous les théâtres ?) font relâche ici ou là mais ne ferment pas pour autant leurs portes et proposent, en lieu et place des spectacles, moults événements dont des lectures, notamment celle (musicale) du roman de Maryam Madjidi « Marx et la Poupée » en français et en langue des signes par la Compagnie Les Petits Plaisirs le 9 juillet à 23h à la Factory (nouveau nom du théâtre de l’Oulle) !

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À suivre…

Quatuor Tristesse (Daniel Léveillé / June Events)

(quand on ne lit pas la bible)

Quatuor Tristesse ? Ils sont quatre et ils dansent la tristesse ?

 

(de quoi ça parle en vrai)

Les espaces sont épurés, l’émotion fiévreuse, les corps lumineux. Depuis la fin des années 70, Daniel Léveillé, venu à la danse après des études d’architecture, marque de son empreinte exigeante le paysage artistique québécois. « Créer de la danse, dit-il, c’est nourrir l’espoir d’accéder à ce qui ne peut se nommer, d’en saisir l’état, la sensation, dans l’ici et maintenant de l’oeuvre en devenir ». Juste après la création au festival TransAmériques à Montréal, JUNE EVENTS accueillera cette pièce doucement tamisée par le parfum de la tristesse, tel qu’il peut voiler certains moments du quotidien, et qu’il convient de savoir délicatement accueillir. (http://atelierdeparis.org/fr/daniel-leveille/quatuor-tristesse-0)

 

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Crédits photos : Denis Farley

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Ma soeur me dit, ils sont tout nus. Je lui dis que non, que sur les photos ils ont des slips noirs. Il faut toujours écouter sa grande soeur : ils sont tout nus, durant les soixante minutes de la représentation. Quatre danseurs (trois hommes, une femme) arrivent sur le plateau dans le plus simple appareil. Et le plus étonnant, c’est que ce n’est absolument pas souligné dans le programme. Pourtant cela a son importance puisque on est fasciné par ces corps. Encore un écueil du genre, je le sais bien et de le dire l’est également, mais grâce aux délicates lumières de Marc Parent, on n’a d’yeux, si je puis dire, que pour ces muscles, ces parcelles de corps, qui s’étirent presque au ralenti.

Car la chorégraphie de Claude Léveillé est quasi millimétrée, la fragilité de certains pas, due à leur complexité, renforce l’empathie et une certaine émotion qu’on a pour ce Quatuor Tristesse ou plutôt Mélancolie.

Certes, on pourrait penser que c’est un poil (sans mauvais jeu de mots) trop long, mais l’ensemble des six danseurs (oui, ils apparaissent, disparaissent, réapparaissent… ils étaient six et pas quatre… Ellen Furey et Esther Gaudette se ressemblent comme deux gouttes d’eau quand on n’y regarde pas à deux fois…) livrent une performance fine grâce à une chorégraphie de Daniel Léveillé, dont je suis heureux d’avoir enfin découvert le travail, lui qui soutient un de mes chorégraphes préférés, Frédérick Gravel.

 

vu le mardi 12 juin 2018 au théâtre de l’Aquarium dans le cadre des June Events (première française)

prix de la place : invitation de ma soeur

 

QUATUOR TRISTESSE

Chorégraphie Daniel Léveillé

Interprétation Mathieu Campeau, Dany Desjardins, Ellen Furey, Justin Gionet, Esther Gaudette et Simon Renaud

Assistante chorégraphie Sophie Corriveau – Musique John Dowland, Marin Marais, Luca Marenzio, Claudio Monteverdi, Josquin des Prés, Giovanni Salvatore et Giovanni Maria Trabaci – Lumières Marc Parent – Participation au développement de l’écriture chorégraphique Emmanuel Proulx – Direction des répétitions Sophie Corriveau et Frédéric Boivin

 

(une autre histoire)

DANSEUR 1 : Je sais pas ce que j’ai mangé, y avait quoi dans mon souper ? Mais je vais faire quoi, moi ? J’vais danser dans quinze minutes, j’vais passer l’heure à poil et j’arrête pas de péter ! Si je me contorsionne et que je présente mon anus aux spectateurs et que je lâche un pet, je fais comment pour survivre à ça, dis ?

DANSEUR 2 : Est-ce que je peux soulever un problème ? C’est le tapis. Quand je transpire et que je pose mon dos sur le tapis, ça fait ventouse quand je me lève et ça fait comme si je pétais.

DANSEUR 1 : Ok, je sais ce que je vais faire. Je vais me retenir, je vais me retenir et quand l’autre, là, sera dos au tapis, je pète. Comme ça on pensera que c’est lui qui… Enfin vous m’avez compris…

DANSEUR 2 : Est-ce que je peux soulever un problème ? C’est le tapis. J’ai déjà évoqué la texture du tapis, l’effet ventouse de mon dos transpirant, mais là… Ce soir, y avait comme une odeur. On peut changer le tapis ? Parce que c’est hyper désagréable. Comme un parfum de cassoulet.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Courtney Barnett au Bataclan, 9 juin 2018

COURTNEY BARNETT au Bataclan (avec en premières parties : Loose Tooth + Waxahatchee)

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Pour tout vous dire, je n’écoute pas beaucoup de nouveaux artistes. Je n’arrive plus à suivre, le temps n’est pas extensible et mes priorités sont ailleurs. Pourtant, je suis tombé en amour avec Courtney Barnett dès son premier album. Oui, je sais, certains la connaissaient déjà via son double EP… Il n’empêche… Parfois, tu entends une chanson, puis tu achètes tout l’album que tu écoutes en boucle, tu rates l’occasion de la voir à la Gaîté Lyrique, tu attends la sortie du nouvel album, tu te consoles avec sa collaboration avec Kurt Vile et le Saint Graal arrive doublé d’une tournée mondiale qui passe par le Bataclan à Paris (troisième fois que j’y retourne… cette fois-ci, et pour la première fois, en configuration concert debout…)

Et l’organisation du concert a mis les petits plats dans les grands, puisqu’on nous offre une double première partie, avec le trio frais et juvénile australien Loose Tooth, du même label que Courtney Barnett et les divines Waxahatchee.

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Couverture : Axel Ito / Ci-dessus : DR

Mais place à Courtney Barnett qui va jouer l’intégralité de son nouvel album « Tell me how you really feel » puis une sélection de ses meilleures chansons (voir la setlist plus bas). C’est un show enfiévré, sauvage mais accueillant. Toute la place est donnée à Barnett, au centre de la scène, qui joue avec le micro, le pousse dans ses retranchements, sans jamais le faire tomber. On la voit parfois sourire. Elle est gauchère. Je ne sais pas pourquoi je me suis fait cette réflexion. Peut-être parce que je suis droitier et que quand j’utilisais ma raquette de tennis, quand j’étais petit, pour mimer les guitaristes, je prenais instinctivement ma raquette-guitare comme un gaucher. Ses trois acolytes sont dans le rythme (clavier, batterie, basse).

Courtney Barnett nous demande comment on se sent. On se sent bien avec sa musique et on aimerait que ça ne s’arrête jamais.

 

 

(SETLIST :  hopefulessness – city looks pretty – charity – need a little time – nameless faceless – I’m not your mother, I’m not your bitch – crippling self doubt and a general lack of self confidence – help your self – walkin’ on eggshells – sunday roast /// avant gardener – don’t apply compression gently – an illustration of loneliness (sleepless in ny) – small poppies – elevator operator – depreston – history eraser /// rappel : anonymous club – pedestrian

 

vu le samedi 9 juin 2018 au Bataclan (Paris)

Prix de la place : 36,20€ (assis/debout – placement libre)

 

(une autre histoire)

Oui, je sais que je ne suis pas le seul, mais tu m’as bien regardé, Courtney ? Nos regards se sont bien croisés ? Plusieurs fois !!! Je sais que rien n’est possible entre nous.  Que dirait Jen ? Et je ne parle pas de la différence d’âge.  (en même temps, je viens de me renseigner, tu as dépassé la trentaine… je te voyais plus jeune… encore une fois, je n’arrive pas estimer les âges…) J’ai vu un film cette semaine, je crois que c’était dans un film, où un des personnages disait qu’il était un homme mais qu’il se comportait comme un garçon. Je ne me rends pas bien compte de mon âge et de mon apparence. Pour moi, je suis toujours le gars de 17 ans, qui va au lycée ou au mieux à la fac et qui a la vie devant soi.

Tell me how you feel…

I feel old. I feel exhausted. I feel over. I’m feeling that’s the beginning of something else. I feel better. Because of you. Thanks to you. And you.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

 

La Caverne (L’Avantage du Doute / Théâtre de la Bastille)

(quand on ne lit pas la bible)

Moi, je ne connais pas Platon, j’ai eu 6 en philo au bac L coeff 7, donc je ne peux que penser à l’adaptation théâtrale de l’album « La Caverne » du groupe québécois Malajube ? Pas leur meilleur, mais bon L’Avantage du Doute peut transcender le matériau d’origine.

 

(de quoi ça parle en vrai)

Nous sommes en 2518, au Royaume de La Caverne, où vivent les souterriens. La légende dit que leurs ancêtres terriens ont dû fuir la surface de la planète parce que « le soleil s’est rapproché trop près de la terre ». Sous terre, leur vie est rythmée par des divertissements de masse et une technologie ultra-connectée. Parmi eux, la petite Manon se sent différente… Elle va alors découvrir le monde du dehors. Librement inspiré de l’allégorie de Platon et de la littérature fantastique, le collectif L’Avantage du doute mêle humour et poésie dans cette fable « écolo-futuriste » et invite, petits et grands, à questionner la place de la technologie et du virtuel dans notre quotidien. (http://www.theatre-bastille.com/saison-17-18/occupation-2)

 

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Crédits photos : couverture : Krystelle Paré / Ci-dessus : Sandy Korzekwa

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

C’est un spectacle tous publics avant d’être un spectacle jeune public. Y a du Platon, du Philip K. Dick, de la dystopie, du stop motion avec des playmobils, du fond bleu, des costumes originaux… C’est drôle, inventif, pour les petits et pour les grands comme on dit. On est séduit par la fraîcheur des acteurs (Nadir Legrand, Judith Davis et Claire Dumas, pour ne pas les nommer).

On peut toujours penser que c’est naïf, ces personnages qui vivent dans une caverne, parce qu’ils croient ce qu’on leur a dit. Fake News. Ça ne se passera pas comme ça ! Eeeeeeeeh… Et pourquoi pas ? Une société qui veut aller toujours plus vite, savoir toujours plus de choses, qui demande de l’aide à tout bout de champ à Google, qui ne retient plus, qui ne sait plus… C’est ce que nous sommes et le spectacle tente de nous mettre en garde contre l’ultra-connectivité et cela est complètement en raccord avec la semaine sans écrans organisée par le Collectif L’Avantage du Doute et le théâtre de la Bastille dans le cadre de l’Occupation 2. Attention, le propos n’est pas d’interdire tous les écrans, les jeux, etc. Mais d’en faire un meilleur usage, plus réfléchi, raisonné en somme. Ce à quoi je m’emploie cette semaine et ce à quoi je m’emploierai ces prochains mois.

 

vu le mercredi 6 juin 2018 à 14h30 au théâtre de la Bastille

Prix de la place : Pass Bastille (13€/mois)

 

LA CAVERNE

Création collective de L’Avantage du doute dirigée par Nadir Legrand

Texte de Nadir Legrand en collaboration avec les acteurs Mélanie Bestel, Judith Davis, Claire Dumas, Émilie Lafarge et Christophe Paou

Avec (en alternance) Mélanie Bestel, Judith Davis, Claire Dumas, Émilie Lafarge, et Nadir Legrand

Scénographie Delphine Sainte-Marie – Création lumières Jérôme Perez – Création vidéo Kristelle Paré et Baptiste Klein – Création costumes Marta Rossi – Régie générale Wilfried Gourdin

Jusqu’au 15 juin 2018 au Théâtre de la Bastille, Paris

Au théâtre Nouvelle Génération (Vaise) du 27 novembre au 1e décembre 2018, au Théâtre de Montbéliard du 11 au 14 décembre 2018, au Théâtre Forum Meyrin (Suisse) les 8 et 9 mai 2019

 

(une autre histoire)

« Mais pourquoi tout le monde me regarde comme ça ? Non, j’veux pas emmener ma classe voir la pièce. Rien de personnel, hein ? Mais le truc, c’est que… C’est la fin de l’année et j’suis épuisé et… Oui, j’suis en permanence épuisé mais là, j’fais de l’apnée, j’ai la tête dans le guidon. Oui, j’fais de l’aquabike, et alors ? Pis, c’est le mauvais moment, y a le spectacle de fin d’année dans quinze jours, ils retiennent rien. On s’est rajouté des répétitions, t’sais. Pourquoi j’accepte toujours de m’embarquer dans cette galère à chanter des chansons gnangnan ? J’veux chanter du Wham, du Chris Isaak, du Prince !

Non mais c’est vrai, l’autre jour on est allé à l’Autrucherie, j’ai des élèves plus bêtes qu’une autruche. Malheureusement je n’en ai perdu aucun. Tu leur dis de pas courir, ils courent. Mais pourquoi ils courent ? Pis ils parlent tout le temps. Comme si leurs parents leur scotchaient la bouche à la maison et qu’ils se rattrapaient à l’école ! Pourquoi j’ai pas le droit de leur scotcher leur gueule, putain !

Je ne dors pas à cause d’eux. A cause de leurs parents aussi. Spéciale dédicace aux parents d’élèves et autres collègues qui m’auraient cherché sur un moteur de recherche et qui lisent ces lignes… Je vous emmerde et je ne vous verrai plus l’an prochain, soyez rassurés. »

Ceci est une fiction. Je ne suis pas enseignant. D’ailleurs je ne m’appelle pas Axel Ito. Nous sommes en 2018 et si vous lisez ceci, c’est que vous ne participez pas à la semaine sans écrans. Vous écoutez la radio, avec Roland Garros sur votre télé, sans le son, votre machine à laver en marche, grignotage en bouche, tablette (l’appareil, pas le chocolat, sinon ça fondrait) sur les cuisses. (quoique… si ça fond et qu’il y a quelqu’un à côté de vous pour… je m’égare…)

Tout va bien.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Je suis un pays (Vincent Macaigne / La Colline)

(quand on ne lit pas la bible)

Je suis un pays ? Une pièce sur le Vatican qui revendique son statut de pays alors que personne ne le prend au sérieux en tant que tel ? (d’ailleurs a-t-il une équipe nationale de football ?)

 

(de quoi ça parle en vrai)

« Le théâtre de Vincent Macaigne est une expérience, le cri de révolte d’un romantisme plein d’espoir, mais sans concession. Derrière la démesure, voici un cauchemar qui tient autant de la série Z, du film gore que de la comédie ; un monde bâti sur les ruines fumantes d’un passé refoulé. Nous sommes après la fête, après la joie, face à un futur à inventer. Ce que Vincent Macaigne met en scène, c’est l’énergie de la jeunesse qui vient buter sur le monde actuel. Dans cette lutte passionnelle, on ne sait jamais vraiment si l’auteur metteur en scène et sa bande hurlante lorgnent la tragédie ou le burlesque, la cruauté ou  la tendresse. » (http://www.colline.fr/fr/spectacle/je-suis-un-pays)

 

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Crédits photos : Mathilda Olme

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

L’agente du théâtre me demande si je connais le théâtre de Vincent Macaigne. J’acquièsce et souris. « Alors je ne vous dis rien, mais tout va bien se passer », me répond-elle.

On peut cocher toutes les cases : hurlements dans le micro, du faux sang, une mini-piscine, de la fumée, du gros son, des télés qui passent des images en boucle, des spectateurs invités à se lever, descendre sur scène, danser, applaudir, boire de la bière, des acteurs qui viennent nous chercher sur les marches de la Colline.

« Vimala Pons est à côté de moi… Si elle me propose de rejoindre la scène, j’y vais ! Ou je lui montre de quoi je suis capable… Ah… Vimala… »

Je devrais relire ma chronique sur En Manque. Là où tout ça m’avait irrité en décembre dernier à la Villette, je me suis pris au jeu ces deux premiers soirs de juin. Je me suis levé, j’ai esquissé deux pas de danse, mais j’ai surtout écouté, j’ai réfléchi, j’ai oublié ma fatigue, j’ai entendu le propos…

Ce que dépeint Vincent Macaigne n’est pas bien optimiste : à cause des gens qui nous gouvernent, des sociétés qui nous dominent, c’est dans le futur, mais c’est surtout aujourd’hui ou presque : C’est la fin d’un monde, peut-être le renouveau d’un autre (je rêvais d’un autre monde…) pourtant Macaigne nous invite toujours à nous rassembler, car c’est ça qui nous sauvera. L’avenir est à nous. Dansons, dansons… 

Comme je l’ai écrit plus tôt, il n’y a rien de nouveau dans le dispositif mis en place par Macaigne, qui sera plutôt sage malgré sa présence habituelle en régie, en tout cas le soir où j’ai vu « Je suis un pays ». Il serait même intéressant de revoir « En Manque » pour noter les passerelles entre les deux oeuvres, cette réflexion sur l’art contemporain.

Mais tout ça fonctionne. L’ensemble des acteurs est excellent (Candice Bouchet qui n’est donc pas québécoise, Pauline Lorillard impressionnante et Vimala Pons en tête – qui remplace Thomas Blanchard ) et il y a cette générosité, comme si ce soir était le dernier soir.

 

vus les vendredi 1e et samedi 2 juin 2018 à la Colline (Paris 20)

Prix de la place : 13€ x2 (carte colline)

 

JE SUIS UN PAYS + VOILÀ CE QUE JAMAIS JE NE DIRAI

texte, mise en scène, conception scénographique, visuelle et sonore : Vincent Macaigne

avec Sharif Andoura, Candice Bouchet, Pauline Lorillard, Vimala Pons, Rodolphe Poulain, Hedi Zada , et Madeleine Andoura, Nina Béros et Lila Poulet en alternance

scénographie Julien Peissel – accessoires Lucie Basclet avec des compositions musicales de Nova Materia avec Caroline Chaspoul et Eduardo Henriquez – costumes Camille Aït Allouache – stagiaire costumes Estelle Deniaud – collaboration lumières Matthieu Wilmart – stagiaire lumières Edith Biscaro – collaboration son Charlotte Constant – collaboration vidéo Oliver Vulliamy – administration Compagnie Friche 22.66 AlterMachine Camille Hakim Hashemi, Elisabeth Le Coënt – production, technique, construction des décors Théâtre Vidy-Lausanne

Jusqu’au 14 juin 2018 à la Colline, Paris.

 

(le bonus en plus)

« Voilà ce que jamais je ne dirai » (avec la participation vidéo de Matthieu Jaccard et Eric Vautrin et les acteurs de « Je suis un pays ») c’est le spectacle dans le spectacle. 

SI VOUS COMPTEZ PRENDRE PART À CE SPECTACLE, JE VOUS REMERCIE DE NE PAS LIRE CE QUI SUIT. CECI ÉTAIT UNE ALERTE DIVULGÂCHAGE.

Pour une somme modique, le théâtre de la Colline et Vincent Macaigne te permettent de revêtir une très seyante combinaison blanche, des sur-chaussures et une lampe frontale. À partir du point de rendez-vous, on emprunte une traverse, un couloir étroit, sombre et obscur, puis tu regardes la télé. A l’écran, deux comédiens qui conversent à propos du mystère Von Sidow, Ulrich de son prénom, une personnalité à la B. Traven, personne ne sait qui il est, l’âge qu’il a, si ce n’est qu’il a joué et joue encore un rôle important dans le monde de l’art. Deux des comédiens de « Je suis un pays » arrivent, interrompent le film, on ne sait pas vraiment ce qu’il en est. On reprend le chemin inverse. Quelque chose a changé pendant notre absence. Le théâtre a été déserté, la brume a envahi l’espace. Nous pénétrons dans la salle de théâtre. On monte sur scène, on s’asseoit dans les gradins et… on ne sait pas vraiment ce qu’on y fait, ce qu’il s’y joue.

Un mal pour un bien : Si on doit assister aux deux spectacles, il faut d’abord commencer par « Voilà ce que jamais je ne dirai », ne serait-ce que pour l’effet de surprise, que je vous ai enlevé, si jamais vous lisez ces lignes. Car tout s’éclaircira lors de « Je suis un pays ».

On ne sent pas complètement concerné, à dire vrai. Si ce n’est qu’on doit être les auteurs de jolis effets de lumière grâce à nos lampes frontales. Certains bavardent, s’amusent avec leur loupiotes… Pour faire du mauvais esprit, je dirais qu’on a payé pour faire de la figuration dans un spectacle de Vincent Macaigne et on est content, on se prend en selfie…

Cela dit cette espèce de fausse interview d’un spécialiste de la vie et de l’oeuvre d’Ulrich Von Sidow est assez drôle.

J’ai encore beaucoup transpiré ce soir-là sous ma combinaison. Heureusement qu’on nous a offert une Heineken à la fin du spectacle pour nous désaltérer. La bière c’est la vie.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Un an

Je ne sais pas vraiment quand ni où tout a commencé exactement. Tout ce que je sais, c’est que c’est au mois de juin que le blog est devenu visible. Jusqu’à alors, j’écrivais  pour moi sur mes souvenirs de spectateur de la saison 16/17 en cours, je profitais de ma semi année sabbatique, entre Paris, Lisbonne, Marseille et un ferry naviguant entre Hirsthals (Danemark) et Seydisfjordur (Islande) en passant par Torshavn (Îles Féroé) pour me faire la main, tout restait sous contrôle, et surtout secret.

Ce qui est drôle, c’est que je commençais à prendre véritablement du plaisir et à trouver mon ton quand ce blog fut rendu public et surtout quand j’écrivis quasi instantanément après les spectacles, pendant le dernier Festival d’Avignon.

 

Pourquoi ce blog ?

Au départ, les spectacles n’étaient qu’un prétexte pour écrire sur ce qui trottait dedans ma tête : de l’auto-fiction, des chroniques, des histoires toutes bêtes, tout en en profitant pour me faire un pense-bête de tout ce que j’avais vu et donner un certain éclairage sur les spectacles. Puis je me pris au jeu de la « critique », pour le meilleur et surtout pour le pire.

Parce que je voulais me prouver que je pouvais tenir la distance. C’était un défi, oui : écrire sur tout ce que je voyais. Si j’avais pu, j’aurais écrit sur les films, les livres… cela dit, je chronique également les concerts. Parce que depuis deux ans, ma vie prend certains tournants, des envies surgissent… Pour le coup, ça devient trop personnel. Disons que certaines rencontres m’ont fait comprendre pas mal de choses (la première sur des planches de ski, la deuxième lors d’une certaine occupation d’un théâtre et d’autres encore par la suite… je me construis grâce à ça, aux gens, à vous)…

 

Et donc ?

Et donc… un an après… j’ai écrit quelques 135 chroniques (nombre très approximatif) (la partie critique et la partie fictionnelle, deux fois plus de travail, plus ou moins) depuis que mon premier lecteur (et un des plus fidèles, il se reconnaîtra, puisqu’il en eut la primeur) posa ses yeux sur mes textes, pour pratiquement autant de spectacles vus. Je suis heureux d’avoir tenu la distance, même si… la fin d’année est rude à plein d’égards. Parce qu’en septembre, j’ai repris une vie professionnelle à plein temps. Pour la blague,  pour expliquer cette boulimie, je disais que je n’avais aucune vie sociale ni amoureuse. Au fil de l’année, la pratique théâtrale prit progressivement beaucoup de place, entre le projet des Infilitré.e.s au théâtre de la Bastille, un projet d’écriture qui m’est cher et qui devrait aboutir à un seul en scène en 18/19. Sans parler de… Bref… Voilà…

Pour la blague, je disais aussi que je faisais ce blog pour obtenir l’accréditation au Festival Off d’Avignon… que j’ai obtenue. Je ne sais absolument pas ce que ça va changer, mais c’est une sacrée preuve que rien n’est vain. Depuis janvier, je commence à recevoir certaines invitations. J’éprouve encore des difficultés à dire non, à écrire les chroniques quand je dis oui. J’apprends. C’est bien d’encore apprendre.

Grâce au blog, j’écris aussi pour un autre blog : Le Blog de Nestor, qui parle de l’actualité de Montreuil. Ça aussi j’aime bien. Un autre exercice. Qui m’a permis également de mener mes premières interviews.

Grâce au blog et aux réseaux sociaux, je rencontre aussi des vrais gens. Même si je reste très discret et n’ose pas aller voir les gens (et je peux comprendre que ça peut en vexer certains), ça me plait. De lire les gens, de voir ce petit monde évoluer.

 

Et après ?

Ça va continuer, mais autrement. Je suis en grande discussion avec moi-même pour passer à la pastille vidéo, de temps à autre. Ou au moins audio. Ce que je sais, c’est que je chroniquerai moins. Parce que j’ai une vie, mine de rien et que je veux développer d’autres projets. Y aura tout de même Avignon 2018, la nouvelle saison 18/19, des incursions ailleurs (au Théâtre du Peuple à Bussang cet été, au festival Actoral à Marseille en septembre…)

En fait, j’ai toujours aimé écrire les bilans. Je voudrais donc remercier Laurent et Cyril qui ont bien voulu (parfois contraints et forcés) chroniquer à deux reprises pour mon blog et surtout pour leur fidélité et leurs mots. Y a les autres aussi que je ne citerai pas de peur d’en oublier un.e (en France, en Belgique, en Angleterre…), les gens inconnus de moi, les gens connus de moi qui se cachent…

Bref, « (Ceci n’est) pas une critique » continue, encore et encore, c’est que le début, d’accord, d’accord.

Pour citer une de mes camarades des Infilitré.e.s :

 

 » Tu fais quoi ce soir ?

Je vais au théâtre.

Et demain ?

Je vais au théâtre !

Et après demain ?

Au théâtre !

Et si c’est complet ?

Je tente la liste d’attente ! »