Quatuor Tristesse (Daniel Léveillé / June Events)

(quand on ne lit pas la bible)

Quatuor Tristesse ? Ils sont quatre et ils dansent la tristesse ?

 

(de quoi ça parle en vrai)

Les espaces sont épurés, l’émotion fiévreuse, les corps lumineux. Depuis la fin des années 70, Daniel Léveillé, venu à la danse après des études d’architecture, marque de son empreinte exigeante le paysage artistique québécois. « Créer de la danse, dit-il, c’est nourrir l’espoir d’accéder à ce qui ne peut se nommer, d’en saisir l’état, la sensation, dans l’ici et maintenant de l’oeuvre en devenir ». Juste après la création au festival TransAmériques à Montréal, JUNE EVENTS accueillera cette pièce doucement tamisée par le parfum de la tristesse, tel qu’il peut voiler certains moments du quotidien, et qu’il convient de savoir délicatement accueillir. (http://atelierdeparis.org/fr/daniel-leveille/quatuor-tristesse-0)

 

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Crédits photos : Denis Farley

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Ma soeur me dit, ils sont tout nus. Je lui dis que non, que sur les photos ils ont des slips noirs. Il faut toujours écouter sa grande soeur : ils sont tout nus, durant les soixante minutes de la représentation. Quatre danseurs (trois hommes, une femme) arrivent sur le plateau dans le plus simple appareil. Et le plus étonnant, c’est que ce n’est absolument pas souligné dans le programme. Pourtant cela a son importance puisque on est fasciné par ces corps. Encore un écueil du genre, je le sais bien et de le dire l’est également, mais grâce aux délicates lumières de Marc Parent, on n’a d’yeux, si je puis dire, que pour ces muscles, ces parcelles de corps, qui s’étirent presque au ralenti.

Car la chorégraphie de Claude Léveillé est quasi millimétrée, la fragilité de certains pas, due à leur complexité, renforce l’empathie et une certaine émotion qu’on a pour ce Quatuor Tristesse ou plutôt Mélancolie.

Certes, on pourrait penser que c’est un poil (sans mauvais jeu de mots) trop long, mais l’ensemble des six danseurs (oui, ils apparaissent, disparaissent, réapparaissent… ils étaient six et pas quatre… Ellen Furey et Esther Gaudette se ressemblent comme deux gouttes d’eau quand on n’y regarde pas à deux fois…) livrent une performance fine grâce à une chorégraphie de Daniel Léveillé, dont je suis heureux d’avoir enfin découvert le travail, lui qui soutient un de mes chorégraphes préférés, Frédérick Gravel.

 

vu le mardi 12 juin 2018 au théâtre de l’Aquarium dans le cadre des June Events (première française)

prix de la place : invitation de ma soeur

 

QUATUOR TRISTESSE

Chorégraphie Daniel Léveillé

Interprétation Mathieu Campeau, Dany Desjardins, Ellen Furey, Justin Gionet, Esther Gaudette et Simon Renaud

Assistante chorégraphie Sophie Corriveau – Musique John Dowland, Marin Marais, Luca Marenzio, Claudio Monteverdi, Josquin des Prés, Giovanni Salvatore et Giovanni Maria Trabaci – Lumières Marc Parent – Participation au développement de l’écriture chorégraphique Emmanuel Proulx – Direction des répétitions Sophie Corriveau et Frédéric Boivin

 

(une autre histoire)

DANSEUR 1 : Je sais pas ce que j’ai mangé, y avait quoi dans mon souper ? Mais je vais faire quoi, moi ? J’vais danser dans quinze minutes, j’vais passer l’heure à poil et j’arrête pas de péter ! Si je me contorsionne et que je présente mon anus aux spectateurs et que je lâche un pet, je fais comment pour survivre à ça, dis ?

DANSEUR 2 : Est-ce que je peux soulever un problème ? C’est le tapis. Quand je transpire et que je pose mon dos sur le tapis, ça fait ventouse quand je me lève et ça fait comme si je pétais.

DANSEUR 1 : Ok, je sais ce que je vais faire. Je vais me retenir, je vais me retenir et quand l’autre, là, sera dos au tapis, je pète. Comme ça on pensera que c’est lui qui… Enfin vous m’avez compris…

DANSEUR 2 : Est-ce que je peux soulever un problème ? C’est le tapis. J’ai déjà évoqué la texture du tapis, l’effet ventouse de mon dos transpirant, mais là… Ce soir, y avait comme une odeur. On peut changer le tapis ? Parce que c’est hyper désagréable. Comme un parfum de cassoulet.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

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