Stallone (Emmanuelle Bernheim / Fabien Gorgeart / CentQuatre / Festival d’Automne)

(de quoi ça parle en vrai)

« Lise, 25 ans, est une secrétaire médicale à l’existence paisible. Tout bascule après une séance de cinéma : le film Rocky 3 lui fait l’effet d’une véritable épiphanie. Suivant l’exemple de l’ancien champion de boxe qui rempile pour un dernier tour de ring, Lise se lance à corps perdu dans la reprise de ses études de médecine. » (source : ici)

huma rosentalski
Crédit photo : Huma Rosentalski

(ceci n’est pas une critique, mais…)

A l’origine, un roman court d’Emmanuelle Bernheim, aujourd’hui disparue. Un titre : Stallone. Un acteur mythique aux films inoubliables : Rocky 1, Rocky 2, Rocky 3, Rocky 4, Rocky 5, Rocky Balboa, Rambo 1, Rambo 2, Rambo 3, John Rambo, Rambo (tellement tu écris ce nom, il ne veut plus rien dire)

Alors oui, le seul reproche que l’on pourrait faire sans avoir vu le spectacle serait le suivant : encore ce dispositif archi-rabattu : une comédienne au micro + un musicien (ici au clavier) + une adaptation d’une oeuvre littéraire. Et pourtant…

Pourtant l’histoire de Lise, racontée à la troisième personne par Clotilde Hesme, fonctionne à merveille, car ce récit d’une jeune femme qui prend sa vie en mains après avoir pris un uppercut en voyant Rocky 3 est tour à tour émouvant, dynamique, drôle, inspirant, émouvant (oui, je l’ai déjà dit). La mise en scène sobre de Fabien Gorgeart met en avant la simplicité des mots d’Emmanuelle Bernheim.

Scène d’introduction : Nous entendons la scène du combat ultime entre Rocky Balboa et Clubber Lang (joué par Mr T.). Clotilde Hesme et Pascal Sangla (qui l’accompagne sur scène musicalement et théâtralement) entrent sur scène et sont captivés par ce qu’ils « voient » (le film n’est pas projeté). La comédienne est au bord des larmes.

Cependant elle ne nous émouvra pas immédiatement. Elle parait même en dedans, presque grise. Dans le jeu et physiquement. Sans un seul effet spécial ni raccord, Clotilde Hesme, au fil de la pièce, va gagner en assurance, comme son personnage, se colorer. C’est bête à dire, mais il faut le voir pour le croire.

Il fallait un Pascal Sangla (déjà vu chez les Chiens de Navarre) malicieux et juste, quel que soient les personnages qu’il interprète (tous les autres personnages du roman en somme) pour lui tenir la dragée haute, ce qu’il réussit haut la main. De multiples variations du thème « Eye of the Tiger » du groupe Survivor retentissent tout au long du spectacle, tout va vite, on passe du rire aux larmes en un clin d’oeil. On s’étonne à vouloir rattraper « Daylight » après le résumé hilarant qu’en fait Lise, on aimerait que l’histoire se poursuive…

En résumé, un grand coup de coeur pour cette histoire et ces deux grands artistes !

 

STALLONE

conception : Fabien Gorgeart et Clotilde Hesme
mise en scène : Fabien Gorgeart
d’après Stallone d’Emmanuèle Bernheim (Gallimard)
avec : Clotilde Hesme et Pascal Sangla

création sonore et musique live : Pascal Sangla – lumières : Thomas Veyssière – assistanat à la mise en scène : Aurélie Barrin – collaboration artistique : Cyril Gomez-Mathieu

Jusqu’au 26 octobre 2019 au CentQuatre (Paris) dans le cadre du Festival d’Automne à Paris puis en tournée à Rennes, Tulle, Toulon.

 

(d’autres histoires)

Dans l’histoire, dans la pièce, Lise se passe en boucle la chanson du film : « Eye of the Tiger » du groupe Survivor. Le mois dernier, après l’achat panurgique d’une platine disque vinyle, j’ai récupéré d’anciens vinyles à moi, chez mes parents. J’ai évidemment laissé derrière moi ma pléthorique collection de disques à la gloire de Chantal Goya et Dorothée (je ne pensais pas en avoir autant) pour conserver la substantifique moelle de mon passé vinylistique. S’en vient le moment de faire quelques confidences concernant ces fameuses chansons des années quatre-vingts :

  • Thriller de Michael Jackson m’a seulement effrayé à la toute fin de son clip, quand le King of Pop se retourne dévoilant le rire sardonique de Vincent Price.
  • You can call me Al de Paul Simon : J’ai toujours été persuadé que Chevy Chase était Paul Simon.
  • Pile ou face de Corynne Charby : Je me souviens être allé chez le coiffeur, tout le monde pensait que je lisais un Astérix mais j’avais caché un Lui avec Corynne Charby toute nue…
  • Nuit de folie de Début de soirée : Je connais toujours les paroles par coeur. Oui, je sais…
  • J’ai deux 45t de David Hallyday… et « Hélène » aussi de Roch Voisine.
  • Je pense vraiment utiliser le 45t de Michel Leeb La Ponctuation pour agrémenter mes cours de grammaire… (j’attends que Laurent Lafitte le réactualise au Français)
  • A mon retour de classe verte, mes parents m’avaient offert le 45t de Samantha Fox « Touch me » mais je n’ai pas pensé à appeler la DDASS. (et on ne faisait pas encore d’anglais en école élémentaire)

 

Vu le mercredi 9 octobre 2019 au CentQuatre (Paris)

Prix de ma place : 14€ (abonnement Festival d’Automne)

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

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