Les Molière de Vitez (Gwenaël Morin / Théâtre du Peuple)

(retour vers le futur)

Dans trente ans sera programmé au Théâtre du Peuple : « Les Molière de Vitez ET de Morin par Machin Chose…)

(de quoi ça parle en vrai)

« Il y a quarante ans Antoine Vitez présentait à Avignon quatre pièces de Molière avec de jeunes comédiens dans un décor unique. Aujourd’hui, Gwenaël Morin a choisi ces mises en scène comme matériau pour travailler avec de jeunes acteurs. Molière comme une formidable machine à jouer, pour sa puissance fondamentale de produire du théâtre. La distribution s’est faite par tirage au sort, sans tenir compte ni des rôles d’hommes ou de femmes, ni des personnages principaux ou secondaires. Gwenaël Morin centre son travail sur lʼacteur et ne sʼencombre pas de décors ou de costumes. De Molière à Vitez en passant par Morin, c’est ce même élan, cette même énergie qui sont ici réactivés. » (source : ici)

 

LES MOLIERE DE VITEZ
Crédits photos : Pierre Grosbois

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Je ne vais pas voir de moi-même les classiques. Entendre les Molière, Corneille, Racine. Sauf si c’est repris par un metteur en scène que j’affectionne. Ici ce n’est  même pas le cas, puisque je n’ai jamais rien vu de Gwenaël Morin, mais on m’en a beaucoup parlé, notamment pour sa résidence aux Laboratoires d’Aubervilliers avec Grégoire Monsaingeon. Et comme je ne fais pas les choses à moitié, je vais en voir quatre d’affilée.

Après un petit quart d’heure d’adaptati-on (ce sont des alexandrins, je répète, ce sont des alexandrins !), on ne peut que partager le plaisir que prennent ces jeunes acteurs à dire les mots de Molière, à triturer le rythme, à s’amuser des efforts fournis pour respecter la scansi-on et être époustouflé par l’énergie déployée par la troupe, notamment par le garguantuesque Julien Michel dans le rôle d’Arnolphe.

Malgré une lègère baisse de rythme et d’attention lors de la deuxième pièce (Tartuffe), l’action repartira de plus belle avec Don Juan et un Misanthrope qui explosera le quatrième mur, quitte à nous faire perdre le fil de l’action (mais c’est  pour la bonne cause, c’est pour Bussang 2018, c’est pour l’humanitE – sans accent).

Chloé Giraud et Lucas Delesvaux se révèleront particulièrement dans leur élément. D’ailleurs, chaque acteur, à un moment ou à un autre, arrivera à tirer son épingle du jeu, en jouant un/des personnage/s pour lesquels ils n’étaient pas forcément destinés s’ils étaient dans une production, disons, classique (le tirage au sort joue à fond le jeu du contre-emploi : les garçons jouent des filles et vice versa, sans que cela soit forcément marqué, mais on comprend et on adhère totalement)

A noter que la lumière reste allumée dans la salle, qu’il n’y a aucune création lumière sur scène, si ce n’est celle naturelle de la forêt de Bussang.

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(photo de moi)

On est ensemble et assister à cette intégrale est une drôle d’expérience, incomparable à celle de voir chacune des pièces séparément. De l’humour de répétition court sur les quatre pièces, on s’amuse à se demander quel rôle aura une telle ou un tel.

On aurait presque envie de rempiler pour les Molière 2 Vitez…

 

LES MOLIÈRE DE VITEZ

(L’École des Femmes + Tartuffe + Don Juan + Le Misanthrope)

De Molière

Mise en scène Gwenaël Morin

Avec Michaël Comte, Marion Couzinié, Lucas Delesvaux, Chloé Giraud, Pierre Laloge, Benoît Martin, Julien Michel, Maxime Roger, Judith Rutkowski, Thomas Tressy, Jules Guittier

 

vu le samedi 18 août 2018 au Théâtre du Peuple à Bussang

prix de ma place : 34€ (cat.2)

 

(une fin de semaine à Bussang, première partie)

J’arrive en voiture, une Twingo, une caisse à savon. C’est avec le sourire qu’on m’enjoint à me garer en marche arrière. Je n’ai jamais aimé faire des marche arrières ni des créneaux d’ailleurs. Lors d’un cours de conduite accompagnée, j’avais dit à mon professeur d’auto-école d’aller se faire enculer parce qu’il voulait que je refasse mon créneau trop vite exécuté. Evidemment, c’est pas venu comme ça, mais ce n’est peut-être pas l’endroit pour que je vous conte cette énième anecdote qui m’avait contraint à me taper cinq kilomètres à pied jusqu’à chez moi.

La première chose qui frappe à mon arrivée au théâtre, c’est une certaine sérénité. On est à la montagne (six cent mètres d’altitude, ce n’est pas le Pérou, certes, mais j’ai dormi comme un bébé les deux nuits où j’y suis resté), on est en vacances, on va voir du théâtre. Personne n’est stressé. Les gens arrivent bien en avance pour profiter du cadre, manger à une des tables mises à notre disposition. Certains, certaines viendront même avec leur glacière. On a le droit de venir avec notre glacière !!! La première chose que je fais, c’est boire une bière locale. Et qui me sert ? Simon Delétang, le nouveau big boss du lieu, qui a voulu s’inspirer de l’exemple du Théâtre du Soleil : tout le monde met la main à la pâte. Ici, pas d’égo mal placé, on est disponible, on discute un verre ou une glace à la main.

Pour sonner l’heure de la représentation, pas de trompettes de Maurice Jarre, mais une version pas piquée des hannetons (ressors ton expression du grand-père) du Final Countdown du groupe des 80’s Europe (j’avais le 45t !!!).

Les trois quarts des spectateurs sont des habitués, ils viennent tous avec des coussins. Ce qui est intéressant de constater, c’est que j’ai commencé à avoir mal au cul durant le dernier quart d’heure de la première pièce. Entracte. J’ai mal au cucul au bout d’une heure de la deuxième pièce. Entracte. Je n’ose dire à partir de quand j’ai eu mal au cucul pour la dernière pièce.

Après tant de poésie, je me souviens mon entrée dans ce théâtre. Le plateau est nu et la porte du fond ouverte sur la forêt. Le vert entre dans le théâtre. Aucune superstition. Les larmes me montent aux yeux. (on est sûr que ça monte ?) Je suis assez à fleur de peau. Je lis présentement « Le Lambeau » de Philippe Lançon. J’arrête pas. C’est mon deuxième essai, parce qu’à sa sortie je ne me suis pas senti prêt à le recevoir.

De la beauté ce théâtre. De la sérénité (oui, je me répète). On s’y sent bien.

(à suivre…)

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

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2 réflexions au sujet de « Les Molière de Vitez (Gwenaël Morin / Théâtre du Peuple) »

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