Littoral (Wajdi Mouawad / Simon Delétang / Théâtre du Peuple)

(quand on ne lit pas la bible)

Littoral ? Un drame sociétal ou comment la loi « Littoral » va changer la vie du pizzaiolo dont on a détruit la paillote sur une plage marseillaise ?

 

(de quoi ça parle en vrai)

« Wilfrid apprenant la mort de son père, se met alors en quête d’un lieu de sépulture. Il ne sait pas encore qu’il se lance dans une aventure qui le mènera aux fondements même de sa propre existence.

Fouillant la mémoire et le passé, faisant se côtoyer les vivants et les morts, mêlant comédie et tragédie, cette pièce au souffle épique écrite par l’un de plus grands auteurs du répertoire contemporain sera portée sur scène par dix-huit comédiens professionnels et amateurs. » (source : ici)

 

185236-littoral3_jeanlouisfernandez053
Crédits photos : Jean-Louis Fernandez

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

On ne peut qu’être envieux de ces « amateurs », même si je n’aime pas le mot, disons de ces comédiens dont ce n’est pas officiellement le métier : répéter une pièce de Wajdi Mouawad des semaines durant dans ce lieu magique qu’est le Théâtre du Peuple, au contact de personnes comme Simon Delétang, Anthony Poupard ou encore Emmanuel Noblet, pour citer ceux que je connais au moins de nom.

Parce qu’on perçoit que tout le monde va dans le même sens, ensemble. Que l’humanité de cette pièce, le récit à choix multiples toujours clair, oscillant entre rêve et réalité, sont bien retranscrits par la troupe (avec une première partie plus éclatée et plus rythmée que la seconde, proche du conte linéaire et accumulatif) . On rit, on pleure, on reçoit l’énergie de Wilfried, rôle taillé pour Anthony Poupard, la générosité d’Emmanuel Noblet, chevalier au grand coeur, l’engagement de ces « amateurs » pendant et même après la pièce.

La veille, nous avions vu les Molière de Vitez (et son plateau nu) qui nous offraient la forêt de Bussang durant l’intégralité de la représentation. Ici cette nature apparait avec parcimonie et Simon Delétang l’a rendue cinématographique, comme une toile animée, notamment quand le chevalier s’éclipse de la vie de Wilfried en chevauchant son fidèle destrier. Des images de toute beauté.

Lorsque je repris ma voiture, je ne pus m’empêcher d’observer un des acteurs qui rentrait avec ses pieds. Il avait le sourire aux lèvres. Ce n’était pourtant pas la première du spectacle, mais à quelques dizaines de mètres du théâtre, il avait encore le sourire aux lèvres. Ça m’a fait du bien, tout comme cette pièce.

 

LITTORAL

De Wajdi Mouawad

Mise en scène et scénographie Simon Delétang

Collaboration artistique Jean-Philippe Albizzati – Lumières Jérémie Papin – Son Nicolas Lespagnol-Rizzi – Costumes Marie-Frédérique Fillion – Collaboration à la scénographie et accessoires Léa Gadbois-Lamer – Direction des chants Margherita Trefoloni

Avec René Bianchini*, Marina Buyse*, Jean-Noël Delétang*, Simon Delétang, Baptiste Delon*, Claudine Deslandes*, Martial Durin*, Ali Esmili, Sylvain Grepinet*, Houaria Kaidari*, Michèle Lautrey*, Richard Mahoungou, Thibault Marissal*, Mathilde-Édith Mennetrier, Emmanuel Noblet, Anthony Poupard, Ousmane Soumah*, Sylvain Tardy* en alternance avec Clément Bellefleur* ou Coralie Bidal* ou Marie-Jeanne Burthey* (* Membre de la troupe des comédiennes et comédiens amateurs du Théâtre du Peuple)

 

vu le dimanche 19 août 2018 au Théâtre du Peuple à Bussang

prix de ma place : 19€ (cat.2)

 

(une fin de semaine à Bussang, deuxième partie)

Aujourd’hui, j’ai mangé local. De la charcutaille locale, du fromage local, une tarte aux mûres locale, de la bière locale. Que j’ai bue, la bière. Je m’imagine mâcher ma bière. Même la glace est locale.

Je dis bonjour à JeFreine alias Anthony Poupard (que j’avais déjà vu l’été dernier à Avignon dans « J’ai bien fait ? » de Pauline Sales et très bientôt au Théâtre de la Tempête à Paris). Ou plutôt j’ose le saluer. Je tiens d’ailleurs à m’excuser auprès de la personne à qui il parlait, parce que je ne me suis pas excusé d’avoir interrompu leur conversation.

Mes glandes lacrymales vont bien, merci. Je ne sais pas ce que j’ai, ça coule des yeux, ça n’arrête pas, mais je ne suis pas malade, je précise. C’est mon émotivité. Je suis comme ça. C’est normal, docteur ? Hier, aujourd’hui… Plus tard, quand je serai à Notre Dame du Haut, rêvée et créée par Le Corbusier, je vais chialer. Quand je serai en Lorraine, en train d’imaginer mon grand-père évoluer dans son ancien quartier, je vais sangloter… Je suis un quart lorrain. Je me le répète, parce que j’ai tendance à l’oublier.

J’aime bien conduire. Pas en ville. A la campagne, à la montagne. Dans les virages, le long des lacs et des rivières. Si possible avec de la musique savamment choisie. Ici Joni Mitchell et The Doors. Classique.

J’aimerais que ça ne se termine pas. Je sais que ça va se terminer, immanquablement, mais j’aimerais que…

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Publicités

2 réflexions au sujet de « Littoral (Wajdi Mouawad / Simon Delétang / Théâtre du Peuple) »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s