France-Fantôme (Tiphaine Raffier / TGP Saint Denis)

(quand on ne lit pas la bible)

France Fantôme ? S’il y a quelque chose d’étrange, dans le voisinage, mais qui appelles-tu donc ? France Fantôme ?

 

(de quoi ça parle en vrai)

(…) Une oeuvre de science-fiction : voici ce que Tiphaine Raffier propose avec France-fantôme. Dans le monde qu’elle invente, grâce à une technologie nationale, il est devenu possible de décharger ses souvenirs dans des coffres-forts numériques reposant au fond de l’océan. Lorsque la mort advient, il suffit de les injecter dans un autre corps. On réintègre alors le monde des vivants. On appartient à la communauté des « rappelés ». (…) Dans cette « France-fantôme » où le deuil est au centre de la vie, on suit le parcours d’une femme qui perd son compagnon. Son amour pour le disparu, sa douleur, contredisent tous les mécanismes palliatifs. Le système se grippe, chair contre souvenirs. (http://www.theatregerardphilipe.com/cdn/france-fantome)

 

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Crédits Photos : Simon Gosselin

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Bienvenue dans cette non-critique sponsorisée par Recall Them Corp. ! (avec un petit quelque chose de Philip K. Dick, dit celui qui a connu cet auteur via les films de Ridley Scott et Paul Verhoeven avec un soupçon de Robocop par le même Verhoeven pour les fausses pubs au milieu de la pièce) N’oubliez surtout pas de décharger vos mémoires avant et après avoir lu cette chronique, surtout si vous la trouvez médiocre.

Il fallait oser s’attaquer à un genre peu exploité dans le théâtre français (genre qui commence aussi à revenir, et de belle façon, dans le paysage audiovisuel français grâce à Arte et aux séries Trepalium et surtout Transferts qui a des traits de ressemblance avec France-Fantôme dans son argument principal : le transfert d’une personne d’un corps à un autre, possible ici avant la mort) et Tiphaine Raffier, déjà vue en tant que comédienne chez Julien Gosselin (et j’arrêterai là le jeu des références, même si on peut s’amuser à chercher les points communs assumés entre eux deux), relève haut la main le pari.

C’est bien connu, les oeuvres de science fiction en disent beaucoup sur nos sociétés et France-Fantôme ne déroge pas à la règle. Celle-ci nous prévient même des dérives  (idéologiques, religieuses par exemple), qui nous pendent au nez, à coup de sentences déclamées ou écrites en grand sur un écran géant qui peuvent paraître un peu grossières et/ou donneuses de leçons. Mais là sera le seul bémol car Tiphaine Raffier nous présente un spectacle qui ne lasse pas malgré sa durée (2h35 sans entracte), nous immerge dans ce futur lointain (XXVe siècle) mais étonnamment ressemblant à notre présent grâce à un remarque travail musical/vidéographique (je ne sais pas si ce mot existe) /scénographique notamment et aussi surtout grâce à des acteurs et des musiciens hors pair.

La France a un incroyable talent : Tiphaine Raffier. (le pire, c’est que je ne regarde même pas cette émission… pardon pour cette ultime référence indigne)

 

vu le vendredi 2 février 2018 au TGP Saint Denis

prix de la place : 13,95€ (billetreduc)

 

FRANCE FANTÔME

Avec Guillaume Bachelé, François Godart, Mexianu Medenou, Édith Mérieau, Haïni Wang, Johann Weber, Rodolphe Poulain et les musiciens Marie Éberlé et Pierre Marescaux

Lumière Mathilde Chamoux – Composition musicale Guillaume Bachelé – Vidéo Pierre Martin – son Frédéric Peugeot – Scénographie Hélène Jourdan – Costumes Caroline Tavernier  – Assistanat à la mise en scène Lyly Chartiez-Mignauw et Lucas Samain – Régie générale Arnaud Seghiri

Compagnie La Femme coupée en deux

Jusqu’au 10 février 2018 au TGP Saint Denis et les 13 et 14 février 2018 au 61 (Alençon)

 

(une autre histoire)

Aujourd’hui, vendredi 2 février, c’est le jour de la marmotte. Cinq jours par semaine, je revis exactement la même journée. Ce sont les trompettes du Festival d’Avignon qui me réveillent toujours à la même heure, 6h58, je consulte mes courriels, lance le café, fais pipi, bois mon café, me recouche, attends le dernier moment pour prendre ma douche et partir de chez moi, me souviens qu’il n’y a aucune station vélib en activité près de mon lieu de travail, soupire, arrive en retard, subis toute la journée. Une fois celle-ci terminée, je ferme la porte de mon bureau et écoute le silence.

Aujourd’hui, vendredi 2 février, c’est le jour de la marmotte. Cinq jours par semaine, je revis exactement la même journée. Ce sont les trompettes du Festival d’Avignon qui me réveillent toujours à la même heure, 6h58, je consulte mes courriels, lance le café, fais pipi, bois mon café, me recouche, attends le dernier moment pour prendre ma douche et partir de chez moi, me souviens qu’il n’y a aucune station vélib en activité près de mon lieu de travail, soupire, arrive en retard, subis toute la journée. Une fois celle-ci terminée, je ferme la porte de mon bureau et écoute le silence.

Aujourd’hui, vendredi 2 février, c’est le jour de la marmotte. Si je décharge mes souvenirs, me souviendrai-je du jour d’avant ? Ça ne fonctionne pas comme ça, hein ? On se les garde ses putains de souvenirs. Un petit coup de Lacuna comme dans le film de Gondry, ça serait possible, s’il vous plaît ?

Le soir après la pièce, je bois deux Chouffe. A jeun. Ça va mieux. Je n’oublie pas,  mais ça va mieux. Je pense à autre chose.

Tu sais à quoi je pense.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

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2 réflexions au sujet de « France-Fantôme (Tiphaine Raffier / TGP Saint Denis) »

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