La Nuit des Taupes (Philippe Quesne / Nanterre Amandiers)

(de quoi ça parle en vrai)

« Dans cet univers des profondeurs, les sept taupes géantes mangent, boivent, font l’amour, enfantent et constituent un groupe de rock! Dans la pénombre de leur existence souterraine, elles manifestent avec joie ce qui caractérise le théâtre, cet art de la caverne où croire ou ne pas croire nous relie à la superbe allégorie de Platon. Bien plus profondément encore, l’univers des cavernes développe et déclenche un imaginaire immédiat remontant à la nuit des temps. » (source : ici)

Philippe Quesne - La nuit des taupes (Welcome to Caveland!)
crédits photos : MARTIN ARGYROGLO

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Aussi curieux que cela puisse paraître, voici donc la première fois que je découvre une oeuvre du directeur du théâtre des Amandiers à Nanterre, Philippe Quesne. Et je ne fus pas mécontent du voyage.

Welcome to Caveland ! Je pourrai dire à qui veut bien l’entendre que j’ai vu des taupes faire de la batterie et de la trottinette électrique (mais pas en même temps). Il n’y a pas vraiment d’histoire. Seulement des tranches de la vie des taupes. Qui pourraient très bien être des êtres humains. L’ensemble se veut burlesque, poétique, atmosphérique. On peut même se hasarder à la micro-sieste, nous ne perdrons aucune miette.

On pense aux grosses marionnettes du Fraggle Rock de notre enfance. La scénographie « cavernesque » en carton-pâte est impressionnante. La musique électro-rock (vive le thérémine) nous fait bouger la tête. Et surtout le spectacle comporte différents degrés de compréhension qui permettent de l’apprécier sans avoir toutes les références à Platon, Nietzsche comme j’ai pu le lire ici ou là. En bref, une belle découverte !

 

LA NUIT DES TAUPES

CONCEPTION, MISE EN SCÈNE ET SCÉNOGRAPHIE Philippe Quesne

AVEC Yvan Clédat, Jean-Charles Dumay, Léo Gobin, Erwan Ha Kyoon Larcher, Sébastien Jacobs, Thomas Suire, Gaëtan Vourc’h

COSTUMES Corine Petitpierre assistée d’Anne Tesson – COLLABORATION DRAMATURGIQUE Léo Gobin, Lancelot Hamelin, Ismaël Jude, Smaranda Olcèse – COLLABORATION ARTISTIQUE ET TECHNIQUE Marc Chevillon, Yvan Clédat, Élodie Dauguet, Abigail Fowler, Thomas Laigle – SON Samuel Gutman – RÉGIE GÉNÉRALE Marc Chevillon – RÉGIE LUMIÈRES Mickaël Nodin – RÉGIE PLATEAU Joachim Fosset – HABILLAGE Pauline Jakobiak – ASSISTANTE SCÉNOGRAPHIE Élodie Dauguet

 

(une autre histoire)

La taupe est aveugle ou presque. Comme Polly Magoo… Non… Comme Mr Magoo.

Lors d’un stage de sensibilisation au handicap visuel, nous avions chaussé des lunettes qui occultaient en grande partie notre vision. J’étais très fier d’avoir pu lire un texte malgré ces lunettes. Mais quand on m’a demandé ce que j’en avais retenu… Rien. 

Tu préfèrerais être sourd ou aveugle ? Ne plus avoir de bras ou de jambes ? Etre imberbe ou poilu ? (pour la dernière question, j’ai une réponse).

« J’fais des trous, j’fais des trous, toujours des p’tits trous… » Je prends mon grand marteau et je tape sur la tête de la première taupe venue.

Je ne sais pas prononcer correctement le mot « taupe ». Mon accent me joue des tours. Top taupe, c’est pareil pour moi.

La nuit, je vois courir des rats. Mais pas des taupes. C’est quoi la différence ? La nuit, tous les chats sont gris. Et le jour, comment sont les taupes ?

A t-on déjà vu une jeune femme malvoyante arpenter le podium d’un défilé de mode ? Non, je ne dirai pas comment on l’appellerait dans le métier. Ce bon mot serait trop facile. On lui demanderait seulement : Mais qui êtes-vous, Polly Magoo ? Un quelconque lien de parenté avec Mr Magoo ?

 

vu le samedi 20 avril 2019 au Théâtre Nanterre Amandiers

Prix de ma place : Invitation (page Facebook du théâtre Nanterre Amandiers)

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

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Purge, Baby, Purge (Zerep / Feydeau / Nanterre Amandiers)

(de quoi ça parle en vrai)

« La pièce raconte l’histoire de Toto, 7 ans, dont le père doit signer un important contrat pour équiper l’armée française en… pots de chambre. Ce jour-là, Toto, apparemment constipé, refuse de prendre sa purge malgré l’insistance de sa mère. Partant de cette situation bouffonne, Feydeau porte un regard cruel sur les travers de nos comportements : vanité et absurdité de l’appât du gain, mesquinerie et étroitesse d’esprit dans la cellule familiale. (source : ici)

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Crédits photos : Philippe Lebruman

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Le Zerep promet donc de dynamiter la pièce de Georges Feydeau « On purge bébé ». On rit durant le premier quart d’heure notamment grâce à une Marlène Saldana malicieuse dans le rôle de la servante. Puis on sourit et enfin on se lasse. Les metteurs en scène Sophie Perez et Xavier Boussiron jouent avec les codes (allez, les comédiens vont échanger leurs rôles), s’amusent avec les acteurs (bruitages de pets intempesifs, humour de répétition), mais on y voit surtout un massacre en règle de Feydeau, légèrement condescendant.

Comprenez-moi bien, je ne défends pas ici le théâtre du père Georges. Même si j’eus l’occasion de travailler sur une de ces pièces courtes (Amour et piano), je suis loin d’être un afficionado de ce genre théâtral. Mais je n’ai pas vu l’intérêt de faire ce qu’en a fait le Zerep. Ils auraient pu aller bien plus loin dans l’(h)énorme et éviter ainsi de tourner en rond.

 

PURGE BABY PURGE

CONCEPTION ET SCÉNOGRAPHIE Sophie Perez & Xavier Boussiron

TEXTE Georges Feydeau Complété par Sophie Perez & Xavier Boussiron

AVEC Sophie Lenoir, Stéphane Roger, Gilles Gaston Dreyfus, Marlène Saldana, Tom Pezier 

COSTUMES Sophie Perez, Corine Petitpierre – MUSIQUE Xavier Boussiron – LUMIÈRES Fabrice Combier – SON Félix Perdreau – SCULPTURES Daniel Mestanza – RÉALISATION COSTUMES Corine Petitpierre, Anne Tesson

(une autre histoire)

Dans la salle, il y a Adèle Haenel. J’ai failli l’aborder pour lui dire : « Tu te souviens, le soir où on s’est retrouvé dans les toilettes unisexe d’un bistrot vers Stalingrad et que tu m’as montré comment fonctionnait le sèche-mains ? C’était le plus beau jour de ma vie… » Mais je me suis abstenu.

Après la représentation, je mange ma merguez dans l’herbe, en attendant le spectacle suivant, il fait beau, il fait bon… Je crois d’alleurs que c’est la première fois qu’il ne pleut pas sur Nanterre. Bref, et je la vois, la déesse Marlène. J’ai failli l’aborder pour lui dire, rien… Parce que quand je suis amoureux, je fais comme Stan devant Wendy Testaburger, je vomis. Donc j’aurais rendu ma merguez, Marlène se serait demandé : « Mais c’est quoi ce machin phallique qui tombe à mes divins pieds ? » Il aurait plu des feuilles de salade sur nous deux, des taupes m’auraient emmené de force pour voir leur spectacle (La Nuit des Taupes de Philippe Quesne), un spectateur aurait battu mon record et aurait fait claquer le flipper qui se trouve dans le hall d’entrée… A la place, je termine de manger ma merguez, me lève, fais semblant de dire quelque chose de drôle et intéressant à l’acolyte qui m’accompagne au moment de passer à côté de Marlène… Puis je me souviens que j’ai quarante ans et que je me comporte comme si j’en avais dix-sept ou vingt-trois.

Je marche alors, la tête baissée, les bras ballants, tel Charlie Brown…

 

vu le samedi 20 avril 2019 au Théâtre Nanterre Amandiers

Prix de ma place : Invitation (page Facebook du théâtre Nanterre Amandiers)

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

À quelle sauce… (printemps 2019)

Le printemps est déjà là. Ce n’est pas moi qui le dis mais le réchauffement climatique. Je prends donc le temps de vous donner ma sélection des spectacles et autres concerts qui me donnent envie ou que j’irai voir. Je suis devenu très sélectif, et pas seulement pour des raisons économiques (un grand périple entre le Québec et St Pierre et Miquelon avec très peu de spectacles à l’intérieur se prépare pour cet été après mon séjour traditionnel à Avignon) : je fais ce que je dis, je ralentis la cadence.

Selon la formule consacrée, évidemment, cette liste sera amenée à muter, selon mes envies, mes humeurs, ma tirelire, les propositions… (liste parisienne et francilienne uniquement, désolé…)

MARS

J’y suis déjà allé

Saison Sèche : Enfin je vois un spectacle de Phia Ménard et à Marseille, qui plus est… et l’article est par .

J’irai voir 

Hernani, c’est un scandale ! : Un peu de copinage ne peut faire de mal, on va voir la mise en scène de Judith Policar qui écrit aussi par ici (à l’Université Sorbonne Nouvelle, dans le cadre du Festival À contre sens – les mardis 12 à 21h et 19 à 13h30)

Le Direktor : Ou l’adaptation d’un film méconnu de Lars Von Trier par un metteur en scène suisse inconnu de moi… (au Théâtre de la Bastille – du 12 mars au 4 avril)

Belgian Rules : C’est le retour de Jan Fabre à la Grande Halle de la Villette, avec un spectacle de grande envergure, mais beaucoup moins long que son Mount Olympus. L’ambiance y sera-t-elle aussi survoltée après les accusations portées à son encontre ? (à la Grande Halle de la Villette – du 22 au 24 mars)

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La Légende de Bornéo : Auréolé d’un bouche à oreille flatteur après le film « Tout ce qu’il me reste de la révolution », le collectif L’Avantage du Doute revient au théâtre avec la reprise de cette pièce. Etonnant de voir le Théâtre de l’Atelier appliquer ce que fait le Théâtre de la Porte St Martin ou la Scala (programmer des pièces créées dans le théâtre subventionné) et ce collectif s’aventurer dans le théâtre privé… (du 19 mars au 4 mai – Théâtre de l’Atelier et aussi cet été dans le Off d’Avignon au Théâtre des Carmes)

J’irai peut-être voir

La Collection : De Harold Pinter par Ludovic Lagarde avec Mathieu Amalric, Micha Lescot, Laurent Poitrenaux, Valérie Dashwood, quatre étoiles (Bouffes du Nord – jusqu’au 23 mars)

Bells & Spells : Après le grand-père, les parents, le frère, je demande la soeur : Aurélia Thierrée. Certes un peu réducteur, même si la mère (Victoria Thierrée) a créé le spectacle. Mais c’est assurément un rêve éveillé auquel nous allons assister. (jusqu’au 12 mai –  Théâtre de l’Atelier)

Apocalypse Bébé : Despentes au théâtre, encore (Paris Villette – du 12 au 28 mars)

Chanson douce : Pauline Bayle a le vent en poupe, avant la reprise d’Iliade Odyssée à la Scala… (au Studio – Comédie Française – du 14 mars au 28 avril)

Le Fils : Par Marine Bachelot Nguyen. Pas celui de Florian Zeller, je ne suis pas maso… enfin… (Théâtre du Rond Point – du 19 mars au 14 avril)

Loretta Strong : Copi dont, étonnamment, je n’ai vu aucune adaptation par les Divins Animaux, une mise en scène de Florian Pautasso avec la troublante et singulière Stéphanie Aflalo. (du 21 au 23 mars – à l’Etoile du Nord)

Potentia Gaudendi : Par Gurshad Shaheman, je sais déjà que sauf miracle je ne pourrai pas le voir, mais j’en ai eu de très bons échos, made in Marseille, car avec des élèves de l’ERACM. (Nouveau Théâtre de Montreuil – 21 et 22 mars)

Le Voyage de G. Mastorna : Marie Rémond poursuit sa collaboration avec la Comédie Française après le génial « Comme une pierre qui »… Elle prend comme matériau de départ un film de Federico Fellini qui n’a jamais existé. (du 28 mars au 5 mai au Vieux Colombier – Comédie Française)

Evel Knievel vs Macbeth : Une pièce de Rodrigo Garcia est toujours intéressante, parce qu’il y a toujours une parole, des idées à retenir. (à Nanterre Amandiers – du 29 mars au 7 avril)

Dans le rayon des concerts, on peut citer The Cinematic Orchestra, un (autre) rêve éveillé (Casino de Paris – 18 mars) ; Balthazar, la pop belge classe (Casino de Paris – 25 mars) ; Camp Claude, juste pour l’envie de découvrir (Maroquinerie – 27 mars) ; O – Olivier Marguerit, voir tout  seul celui que j’ai vu à plusieurs avec Syd Matters ou My Girlfriend is better than yours (FGO Barbara – 28 mars)

J’ai déjà vu (et je conseille)

Raoul : James Thierrée, point. (Scala – jusqu’au 20 mars et c’est complet)

Les Damnés : La reprise d’un grand spectacle… faudrait que je relise ma chronique(du 20 mars au 2 juin – à la Salle Richelieu – Comédie Française)

Je devais aller voir

La Trilogie de la Vengeance : Ou la nouvelle création de Simon Stone qui m’avait grandement séduit avec son adaptation très personnelle des Trois Soeurs… Je devais car la représentation à laquelle je devais me rendre a été annulée. C’est une création, ils n’étaient pas prêts… Ont-ils été présomptueux ? Réunir une bande d’acteurs pas forcément habitués à travailler ensemble, sur de l’écriture au plateau, qui plus est… Avec un metteur en scène australien – je ne sais finalement pas s’il parle français… Bref, j’avais profité de la place d’une amie en vacances qui échangera sûrement pour un autre jour. Avec ou sans moi ? (d’après les premiers retours, l’attente vaut la peine) (aux Ateliers Berthier – Odéon Théâtre de l’Europe – du 13 mars au 21 avril)

AVRIL

J’irai voir

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The Hidden Force par Ivo Van Hove (photo : Jan Versweyveld)

The Hidden Force : Ivo Van Hove, voilà. Avec sa troupe hollandaise en prime. (à la Grande Halle de la Villette – du 4 au 11 avril)

Body Roots / Rising (Shira Eviatar) + Hard to be soft – A Belfast Prayer (Oona Doherty) + Sunbengsitting (Simon Mayer) + Hymen Hymne (Nina Santes) : On pourrait penser que le Théâtre de la Bastille se repose un peu trop sur le tg STAN ou Tiago Rodrigues pour composer sa programmation, mais c’est sans compter ces temps forts autour de la danse qui donnent un éclairage sur des grands chorégraphes en devenir. Un risque mais l’assurance  de trouver la pépite de ces prochaines années. (au Théâtre de la Bastille en collaboration avec l’Atelier de Paris / CDCN – du 8 au 18 avril)

JR : J’avais raté leur Pays de Nod, je compte bien découvrir cette fois-ci ce collectif FC Bergman (à la Grande Halle de la Villette – du 12 au 16 avril)

Kreatur : Malgré l’accueil très réservé l’été passé à Avignon, j’ose m’aventurer dans l’univers de Sasha Waltz. (toujours à la Grande Halle de la Villette – du 17 au 20 avril) (j’aime ces soirées qui se passent à 7 min à pied de chez moi…)

J’irai peut-être voir

Affordable Solution for Better Living : Ça m’intrigue (CentQuatre – 5 et 6 avril)

Je suis Fassbinder : Par Falk Richter et Stanislas Nordey  , inratable parait-il (Théâtre du Rond Point – du 5 au 28 avril)

John : Pièce de jeunesse de Wajdi Mouawad, mise en scène par Stanislas Nordey. A quand une belle adaptation d’Alphonse, une autre de ses premières pièces, que j’avais découverte au Fringe Festival d’Edinburgh il y a déjà 9 ans ? (aux Quartiers d’Ivry – du 8 au 19 avril)

Trissotin ou les femmes savantes : Par Macha Makeïeff, sans Maud Wyler mais avec une partie des acteurs qu’on peut voir chez Jean Bellorini (Scala – du 10 avril au 10 mai)

Some Hope for the Bastards : Frédérick Gravel dans un format plus large que les pièces qu’il a l’habitude de nous montrer au Théâtre de la Bastille (Chaillot – du 11 au 13 avril)

Purge Baby Purge : Le Zerep et Marlène Saldana (à Nanterre Amandiers – du 13 au 20 avril)

Méduse : Pour la découverte d’un collectif déjà passé par le festival Impatience et le festival d’Avignon (T2G – du 16 au 10 avril)

Electre/Oreste : Le retour d’Ivo Van Hove au Français… (du 27 avril au 3 juillet à Richelieu – Comédie Française)

Dans les concerts :  Anna Calvi + Shannon Wright, dans le cadre du festival Les Femmes s’en mêlent ou la soirée rêvée (Trabendo – 4 avril) ; Rufus Wainwright, depuis le temps… (Olympia – 5 avril) ; Minimalist Dream House par Katia & Marielle Labèque avec la participation de Thom Yorke (Philharmonie – 7 avril) ; Elisapie, déjà vue et à revoir (Boule Noire – 16 avril) ; Hubert Lenoir, ou la nouvelle sensation québécoise (Maroquinerie – 17 avril) ; Soap & Skin, depuis le temps… (Trianon – 17 avril) ; Sophie Hunger, hypnotisante et émouvante (Gaité Lyrique, 25 avril) ; Glen Hansard, pour ceux qui se souviennent de The Swell Season et du film Once… (Casino de Paris – 27 avril)

J’ai déjà vu (et je conseille)

An Irish Story – Une Histoire Irlandaise : J’en ai déjà parlé, j’ai vu la pièce de Kelly Rivière l’été passé et l’histoire est désormais parisienne avec cette belle série de représentations (au Théâtre de Belleville –  du 3 avril au 30 juin)

MAI

J’irai voir

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Fauves : Ou la nouvelle création de Wajdi Mouawad (Colline, du 9 mai au 21 juin)

Occupation Bastille 3 : Troisième édition d’une occupation artistique qui ne ressemblera en rien à celles de Tiago Rodrigues et l’Avantage du Doute. Et pour cause, c’est l’artiste Nathalie Béasse qui la mènera. L’occasion de (re)découvrir Happy Child, Tout semblait immobile, Roses, Le Bruit des Arbres qui tombent. Et d’autres petites choses sont en préparation, me semble-t-il. (du 13 mai au 29 juin – au Théâtre de la Bastille)

J’irai peut-être voir

Opening Night, : Cassavetes meets Teste feat. Adjani (Bouffes du Nord – du 3 au 26 mai)

Ode to the Attempt / Sweat Baby Sweat : Par Jan Martens ou le genre de chorégraphe que je dois encore découvrir (Théâtre des Abbesses – du 6 au 11 mai)

Je m’en vais mais l’Etat demeure : Par Hugues Duchêne, grand ramdam autour de cette pièce (Scala – du 8 au 12 mai)

Logiqueimperturbabledufou : Par Zabou Breitman et raté lors d’un précédent passage au Festival Off d’Avignon (Théâtre du Rond Point – du 9 mai au 2 juin)

Désobéir : Par Julie Bérès, avec un parfum de F(l)ammes (Paris Villette – du 9 au 19 mai)

L’Ennemi Du Peuple : Nicolas Bouchaud, point. (du 10 mai au 15 juin – à l’Odéon Théâtre de l’Europe)

Contes Immoraux Partie 1 – Maison Mère : Après avoir vu Saison Sèche, je ne peux qu’ajouter ce spectacle à ma liste des envies… (à Nanterre Amandiers – du 13 au 18 mai)

Lostmovements : Par Jan Martens & Marc Vanruxt, si cette année je le rate, je le fais exprès (Nouveau Théâtre de Montreuil / Rencontres Chorégraphiques de Seine St Denis – 17 et 18 mai)

Cataract Valley : Parce que voir un spectacle de Marie Rémond est toujours un ravissement (j’en ai vu trois, je me donne le droit d’énoncer cette vérité) (du 17 mai au 15 juin dans la petite salle des Ateliers Berthier – Odéon Théâtre de l’Europe)

Ce qui demeure : Par Elise Chatauret, parce que je l’avais raté l’été dernier à la Manufacture pendant Avignon Off (Quartiers d’Ivry – du 18 au 28 mai)

Dans les concerts : Jesse Mac Cormack, découvert en 1e partie d’un concert de Patrick Watson, me semble-t-il et pour que je me souvienne d’une première partie, c’est qu’il en valait la peine (Pop Up! – 4 mai) Emilie Kahn, qui a abandonné son harpe Ogden (Café de la Danse – 15 mai) ; Jon Spencer & The Hitmakers, explosif à coup sûr – je ne me lave plus les cheveux depuis qu’il m’a ébouriffé lors d’un concert à emporter dans un atelier du XXe il y a six (?) ans (Maroquinerie – 17 mai) ; Constance Verluca, c’est avec une impatience non dissimulée que je vais découvrir les nouvelles chansons de celle qui chantait « Vive le chocolat, l’héroïne et la vodka ! » (Les Étoiles –  23 mai) ; The Good, The Bad & The Queen, avec Damon Albarn notamment (Bataclan – 27 mai) ; Erik Truffaz Quartet feat. Nya, genre de jazz qu j’écoute (Odéon Théâtre de l’Europe – 27 mai)

J’ai déjà vu (et je conseille)

Iliade / Odyssée, par Pauline Bayle, vus à la Manufacture (Avignon Off) et au Théâtre de la Bastille, repris ici mais avec une nouvelle distribution (Scala – du 21 mai au 2 juin)

Hors Concours

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Les Infilitré.e.s saison 2 : Je joue dedans, c’est une écriture collective, c’est un projet de Marc Woog de la Compagnie Mimesis, c’est les 9 et 10 mai au Théâtre de la Bastille. (hormis des tableaux collectifs, j’aurai la chance  (?) d’interpréter une scène de « Après la répétition » vu cette année dans le même théâtre avec Georgia Scalliet et Franck Vercruyssen du tg STAN.)

JUIN

J’irai voir

Je n’ai aucun billet dans mon escarcelle, une anomalie dans mon histoire spectaculaire…

J’irai peut-être voir

Où la chèvre est attachée : Par Rébecca Chaillon que j’avais ratée au dernier festival Transformes à la Villette (Nouveau Théâtre de Montreuil – du 3 au 6 juin)

Aziz Ansari : Master of None (Olympia – 8 juin)

Soufflette : Par François Chaignaud et la compagnie Carte Blanche, je veux revoir le premier depuis Romances Inciertos (MC93 Bobigny / Rencontres Chorégraphiques de Seine St Denis – les 12 et 13 juin)

Why ? : par Peter Brook et Marie-Hélène Estienne, cela se suffit à soi-même (Bouffes du Nord – du 19 juin au 13 juillet)

The Swan and the Pimp : Par Hillel Kogan, le créateur de I love Arabs (Nouveau Théâtre de Montreuil / Rencontres Chorégraphiques de Seine St Denis – 21 et 22 juin)

Moving with Pina : Par Christina Morganti, comme je ne verrai probablement aucun Pina Bausch cette saison, cela sera peut-être mon lot de consolation (Théâtre des Abbesses – du 25 au 29 juin)

Bon voyage, Bob… : Par Alan Lucien Oyen et surtout le Wuppertal Tanztheater, nouvelle tentative de faire vivre la troupe sans sa créatrice (Chaillot, du 29 juin au 3 juillet)

Dans les concerts :  Julia Holter + Cate le Bon, parce qu’on m’en a dit du bien (Trabendo – 8 juin) ; Chewing-Gum Silence, par le clarinettiste Antonin Tri Hoang (Philharmonie – 15 juin) ; Eve Risser, pianiste inclassable entre jazz et musique contemporaine (Philharmonie – 16 juin) ; Les Innocents, les meilleures chansons pop françaises au monde (Café de la Danse – 19 juin) ; Elton John, non non, vous avez bien lu (20 juin – Bercy) ; Kevin Morby, car on m’en a dit aussi du bien (Cabaret Sauvage – 20 juin) ; Tom Jones, et j’assume totalement (Salle Pleyel – 28-29 juin)

J’ai déjà vu (et je conseille)

Saïgon : Vous pouvez lire ma chronique par ici (du 5 au 22 juin – aux Ateliers Berthier – Odéon Théâtre de l’Europe)

JUILLET

J’irai voir

La Cité Idéale Radieuse et Éternelle : Ou la nouvelle pièce du Laboratoire à Théâtre que j’ai bien connu pendant 3 ans. (MPAA St-Germain – 6 et 7 juillet)

J’irai peut-être voir

Dans les concerts, Cat Power avec H-Burns en 1e partie, en souvenir de plein de choses que je n’écrirai pas ici (Philharmonie – 4 juillet) ; Jonsi & Alex Somers, quand il y a du Sigur Ros quelque part, c’est toujours bon à entendre (Philharmonie, 6 /7 juillet) ; Thom Yorke : Point (Philharmonie – 7 juillet)

Je n’irai pas voir mais j’ai une bonne raison

Since She : Je serai au même moment à Avignon. Et pourtant j’avais très envie de voir ce que Dimitris Papaioannou avait à dire avec les danseurs du Wuppertal Tanztheater. (du 8 au 11 juillet à la Grande Halle de la Villette)

Ps : Je ne dirai pas combien de temps m’a pris la rédaction et la mise en page de cet article, mais je ne le ferai pas tous les jours…

Les Analphabètes (Ingmar Bergman / Le Balagan’ retrouvé / TGP St Denis)

(quand on ne lit pas la bible)

Les Analphabètes ? Mes élèves ?

(de quoi ça parle en vrai)

(…) Les deux artistes s’inspirent ici du scénario de Scènes de la vie conjugale, film réalisé en 1973 par le cinéaste suédois Ingmar Bergman, chef d’oeuvre doux-amer, drame ordinaire et bouleversant de l’amour qui dure puis qui s’efface. Pour cette reprise, ils ont invité un musicien : Thibault Perriard, batteur, familier des plateaux de théâtre, compagnon de route de Samuel Achache et Jeanne Candel. Trois acteurs donc, pour un spectacle qui s’écrit oralement et corporellement au « soir le soir ». Il y a dans cette proposition une exigence, une intensité, quelque chose qui semble brûler sous nos yeux : la force du théâtre dans l’instant présent. (source : ici)

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© Charlotte Corman

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Le défi était de taille : à nouveau une adaptation d’un matériau d’Ingmar Bergman (on le saura qu’on fête les 100 ans de l’artiste), en l’occurence « Scènes de la vie de conjugale », dont j’avais déjà vu la version réussie du tg STAN avec Franck Vercruyssen et Ruth Vega Fernandez. D’autant que, comme pour les spectacles du collectif flamand, les acteurs sont déjà sur scène à notre arrivée dans la salle, proposent aux spectateurs de s’asseoir ici ou là, accueillent les retardataires. La comparaison s’arrête ici car le spectacle du Balagan’ Retrouvé se suffit à lui-même.

Le spectacle dure plus ou moins 2h30 avec l’entracte. Je dis plus ou moins car comme il est indiqué dans la bible :   le  « spectacle qui s’écrit oralement et corporellement au « soir le soir » ». Il n’y a pas de texte pré-établi, nous devons faire confiance aux acteurs pour nous emmener dans les recoins des relations de ce couple. Gina Calinoiu et Lionel González écoutent leurs corps, l’impulsion du moment, savent où ils doivent aller et prennent parfois des chemins de traverse. La parole est tantôt hésitante, heurtée ou assurée (on y est même enrhumé), comme une certaine vie. Rien n’est simple.

Les deux acteurs sont particulièrement remarquables. La « petite » salle du TGP St Denis permet une proximité, je dirais même une immersion assez étonnante. Il est important, je pense, de le signaler, mais nous savons que c’est du théâtre, il y a même un musicien sur scène (j’y reviendrai). Pourtant, lors d’une scène de dispute physique, quand l’homme frappe la femme, nous avons envie d’intervenir, de monter sur scène et d’empêcher ce qui se produit.

La pièce est à la fois dure, intense. On y rit aussi, parfois nerveusement – Lionel González est particulièrement impressionnant dans la lâcheté, la mauvaise foi et toujours sur le fil du rasoir, car il en pourrait en faire beaucoup plus.

Et la musique du Thibault Perriard (d’inspiration jazz, donc prompt à s’adapter aux improvisations des comédiens) souligne, tout en discrétion. Le musicien est spectateur, sait se faire oublier, mais a une présence indéniable.

Une vraie belle découverte mais attention, la représentation que vous verrez peut-être ne sera pas tout à fait la même que la mienne.

 

LES ANALPHABÈTES

Avec Gina Calinoiu, Lionel González, Thibault Perriard

Collaboration artistique Marion Bois – Scénographie Lisa Navarro – Lumière Fabrice Ollivier – Costumes Élisabeth Cerqueira

Production Le Balagan’ retrouvé.

Jusqu’au 24 février 2019 au TGP St-Denis

(une autre histoire)

Comme disait le père Ingmar sur nous autres les humains, moi aussi je suis un analphabète des sentiments. On pourrait même dire aveugle. Malvoyant. Sourd. Handicapé. Je ne sais pas s‘il est de bon ton, aujourd’hui, d’utiliser ce vocabulaire-là pour ça. Je ne sais pas faire, je n’ai jamais su faire et je pense bien que… ben… je ne saurai jamais. Je suis vieux. On apprend de moins en moins. Nos machinchoses dans notre cerveau ne sont plus aptes à s’adapter, intégrer de nouvelles données.

Je ne sens plus mon coeur battre d’ailleurs. Je mens. Je mens quand je dis que je mens. Je ne sais plus.

Le temps passe, je me vois vieillir – si je ne faisais pas ce que je fais présentement, vieillirais-je moins vite ?

Je suis le dernier.

Revenons-en aux sentiments, je m’égare – j’aime tellement me perdre, dans la ville, dans mes pensées.

Hey ! Mais demain c’est la St Valentin ! Non non… rien.

Je voudrais pour mon prochain anniversaire une machine à écrire, pour que tous les mots aient une résonnance. Qu’on m’offre des carnets Moleskine pour toute la vie – je suis immortel – pour aller à l’essentiel. Arrêter d’effacer. Apprendre par coeur. By heart. Peut-être que ça donnera de l’allant, qu’il fera sa vie, mon coeur (mon amour). Il me racontera ses aventures.

J’interromps momentanément le programme : un poil de torse vient de transpercer le tissu de mon t-shirt.

Là tout de suite, du repos, j’ai besoin, je crois.

 

vu le dimanche 10 février 2019 au TGP St Denis

prix de ma place : invitation

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

10 000 Gestes (Boris Charmatz / Nanterre Amandiers)

(de quoi ça parle en vrai)

Utopie de danse où aucun geste ne se répète jamais, 10000 gestes de Boris Charmatz est un torrent ininterrompu parcouru de tremblements et de soubresauts. Ses danseurs sont suédois, américains, turcs, français. Ils ont entre vingt et cinquante ans et ensemble, ils effectuent une myriade de mouvements, crient, chantent improvisent, dans une chorégraphie-scénographie aux allures chaotiques mais méticuleusement bien réglée. Ce moment fou imaginé par Boris Charmatz est un défi sensitif et chorégraphique saturant l’espace de la perception. Inventer un geste, inventer deux gestes, inventer trois gestes, d’accord. Mais inventer dix mille gestes, comment est-ce possible? À l’impossible, nul n’est tenu et surtout pas Charmatz, artiste coutumier des expériences inédites. Il invente ici un kaléidoscope de gestes, un assemblage bigarré, un rêve éveillé pour une danse tour à tour animale, érotique, violente et humaine. Du hip hop au ballet. Comme si c’était la fin du monde et qu’il fallait faire une dernière danse. «Une forêt chorégraphique» peuplée d’êtres ne s’interdisant pas de chanter, de gueuler, d’embrasser, de frapper, d’accoucher, de sauter, de faire un doigt, de tout faire et vite, dans une urgence vitale. Et puis tant qu’à faire, autant le faire sur le Requiem de Mozart ! Avec 10000 gestes, Boris Charmatz transcende l’éphémère beauté de la vie par l’éphémère et foisonnante beauté de la danse. (source : ici)

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Photo de couverture : © Ursula Kaufmann
Photo ci-dessus : © Gianmarco Bresadola

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Deux représentations seulement pour ces 10 000 Gestes (spectacle déjà présenté à Chaillot dans le cadre du Festival d’Automne en 2017), une grande salle qui affiche complet et qui tarde à ouvrir ses portes, l’impatience et la fébrilité se lisent dans les yeux des spectateurs qui sont dans les starting blocks pour obtenir la meilleure place, placement libre oblige. Une fois nous autres en place, noir dans la salle, lumières sur scène, sans crier gare. « Wow ». J’ai véritablement entendu de nombreux spectateurs faire « Wow. ».

Quelques petites notes de musique en sourdine, celles du Requiem de Mozart, les premiers pas, les premiers gestes effectués en solo par une des vingt danseurs avant l’entrée tonitruante des dix-neuf autres artistes.

On s’amuse parfois à noter mentalement les différents gestes, le style, l’origine, on est à l’affût d’une répétition, mais on oublie assez rapidement, parce qu’on est surtout submergé par cette énergie, cette profusion. On ne sait pas trop où donner de la tête. On se concentre sur l’une ou l’autre, on repère les rapprochements, les changements de rythme. On passe d’une sensation euphorique à une atmosphère anxiogène, les moments de silence silencieux, de quasi-immobilité (moi aussi, j’ai le petit doigt qui a bougé) ont d’autant plus de force et de grâce.

On se souviendra longtemps de ce vertigineux tour de force. Le Requiem de Mozart n’y est certainement pas pour rien. Il se passe quoi après le dix millième geste ?

 

10 000 GESTES

CHORÉGRAPHIE Boris Charmatz

INTERPRÉTATION Djino Alolo Sabin, Salka Ardal Rosengren, Or Avishay, Régis Badel, Jessica Batut, Nadia Beugré, Nuno Bizarro, Matthieu Burner, Dimitri Chamblas, Konan Dayot, Olga Dukhovnaya, Sidonie Duret, Bryana Fritz, Julien Gallée-Ferré, Kerem Gelebek, Alexis Hedouin, Rémy Héritier, Tatiana Julien, Maud Le Pladec, Johanna-Elisa Lemke, Noé Pellencin, Solène Wachter

ASSISTANTE Magali Caillet-Gajan – LUMIÈRES Yves Godin – COSTUMES

Jean-Paul Lespagnard – TRAVAIL VOCAL Dalila Khatir

au Théâtre Nanterre Amandiers ce dimanche 27 janvier 2010

 

(une autre critique)

Je demande un recomptage, Madame la Juge. Où se trouve Maître Qashquaï, notre huissier de justice ? Parce que, qui me dit qu’il y a effectivement 10 000 gestes effectués par nos danseurs et pas 9 997 ou bien 9 991 ? Bien malin celui qui parviendra à les compter en une seule fois ! Et on a bien vu l’entourloupette des danseurs dans le public, tout cela pour nous berner, qu’on s’emmêle les pinceaux ! Je veux être remboursé ! Oui je paye ma place, moi, Monsieur, c’est marqué à la fin de l’article ! C’est une mascarade, de la publicité mensongère ! Boris Charmatz ne nous avait pas habitués à cela. Je ne vous tire pas mon bonnet, Monsieur. La dernière fois que j’ai vu un de vos spectacles, cela s’appelait « Danse de nuit ». Certes, ça parlait un peu, mais ça dansait et c’était de nuit. A la belle époque, on ne nous prenait pas pour des jambons ! Je tenais également à signaler à Monsieur Charmatz ma déception de ne pas voir sur scène Marlène Saldana. Parce qu’il y avait de la place pour elle. En 2017, ils étaient 24 danseurs. En 2019, ils ne sont plus que 20. Eh ben, Marlène, elle aurait pu danser la somme des gestes de 4 danseurs. Eh ouais ! Je sais qu’elle joue présentement dans Les Idoles et je me suis promis d’écrire ou prononcer son nom une fois par semaine. J’ai même profité du décès de Michel Legrand pour vanter sa performance sur une des chansons du compositeur dans la pièce de Christophe Honoré, par le truchement d’un tweet : 21 likes et 5 Retweets, boom boom shake shake the room ! Même pas honte !

 

vu le samedi 26 janvier 2019 à Nanterre Amandiers

prix de ma place : 17 € (tarif adhérent FNAC)

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Deux mille dix-huit

SPECTACLE VIVANT

Une année record (j’avais déjà dit cela l’an passé, mais j’ai de nouveau battu mon record, c’est moi qui ai la plus longue, pour une fois). Alors même que cette année j’ai travaillé à plein temps (pour le pire et le moins pire), je sais déjà que j’en ferai beaucoup moins en 2019, j’ai vu mes limites, tant physiques qu’inspirationnelles, si je puis dire. (ça aussi, je l’ai déjà écrit l’an passé, mais à moins qu’on me paye pour écrire, je verrai réellement beaucoup moins de spectacles l’an prochain). Pour être plus sérieux, j’ai la fâcheuse impression que d’en voir beaucoup me blase un tantinet…

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Bibliothèque du Théâtre de Gennevilliers

139 spectacles (71 il y a 2 ans, 101 l’an passé) à Paris, Montreuil, Bobigny, Nanterre, Gennevilliers, Aubervilliers, Saint-Denis, Boulogne-Billancourt, Saint-Ouen, mais aussi Avignon, Bussang, Bruxelles, Londres et Lausanne, dans 66 lieux avec des artistes français, belges, anglais, néerlandais, italiens, portugais, canadiens, danois, suisses, brésiliens, grecs, polonais, allemands, israëliens, russes… parfois (souvent) dans le texte. Du théâtre, des chevaux, des images, du son, de la musique, des marionnettes, des objets, du théâtre documentaire, de la danse, du cirque, du seul en scène, du one wo.man show, des écoles de théâtre, des gens tous nus, des performances, du jeune public, des professionnels, des « amateurs » et même des pièces dans le privé…

Trois spectacles vus une 2e fois (« Iliade » par Pauline Bayle, « Bovary » et « Sopro » de Tiago Rodrigues) ou une 3e fois (« By Heart » de Tiago Rodrigues, toujours lui)

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Ça ne se passe jamais comme prévu de Tiago Rodrigues avec les élèves de la Manufacture au Théâtre de l’Aquarium

J’ai vu cinq spectacles du tg STAN (« Quoi Maintenant », « Infidèles », « Atelier », « Après la répétition », « Quartett »), quatre de Tiago Rodrigues (+ « Ça ne se passe jamais comme prévu ») (#TeamTiago), quatre de Julien Gosselin (« 1993 » et sa trilogie Don DeLillo), quatre de Gwenaël Morin (sa tétralogie « Molière de Vitez »), trois de Marc Lainé (« La fusillade sur une plage d’Allemagne », « Hunter », « La Chambre désaccordée »), deux du Collectif L’Avantage du Doute (« Grande Traversée », « La Caverne ») (le film de Judith Davis « Tout ce qu’il me reste de la révolution » sort début février, soit dit en passant), deux de Pauline Bayle (« Iliade » et « Odyssée »), deux avec Laetitia Dosch (« La Maladie de la Mort » de Katie Mitchell et « Hate »), deux avec Emilie Incerti Formentini (« Au bois » et « Love me tender »), deux avec Grégoire Monsaingeon (« Bovary » et « Ovni(s) »), deux de Lisbeth Gruwez (« We’re pretty fuckin’ far from ok », « The Sea Within »), etc.

Par souci de transparence, je tiens à mentionner que j’ai bénéficié de 43 invitations  (dont 19 dans le cadre du Festival Off d’Avignon) grâce à ce blog ou dans le cadre de  mes contributions au Blog de Nestor (blog sur l’actualité culturelle montreuilloise). J’ai donc payé 96 fois ma place…

À part ça de grands souvenirs avec (dans le désordre) :

  • France Fantôme de Tiphaine Raffier au TGP St-Denis
  • B. Traven de Frédéric Sonntag au Nouveau Théâtre de Montreuil
  • The Encounter de Simon McBurney à l’Odéon Théâtre de l’Europe
  • Tragédies Romaines de Ivo Van Hove à Chaillot (je ne l’ai pas chronique, vous rendez-vous compte ?!?)
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Tragédies romaines d’Ivo Van Hove à Chaillot

Et dans les (plus ou moins) bons souvenirs :

  • le bataillon 30 hyper dissipé aux Tanneurs pour le « By Heart » de Tiago Rodrigues.
  • ma crampe à la cuisse droite durant la trilogie Don DeLillo aux Ateliers Berthier.
  • le site magnifique du Théâtre du Peuple à Bussang.
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Théâtre du Peuple, Bussang
  • mon extinction de voix à cause de Laetitia Dosch (ou plutôt à cause de ma persévérance à ne pas vouloir acheter de parapluie)
  • mon accréditation pour le Off d’Avignon.
  • la découverte du Barbican à Londres (clin d’oeil à Camellia Burows)
  • tomber amoureux d’une bonne dizaine de comédiennes/danseuses (en vrai, j’ai préféré ne pas compter pour ne pas me faire du mal) (clin d’oeil à Laurent, je te laisse Laetitia, mais j’ai vu Lisbeth avant toi, je te ferai remarquer !)
  • ces moments « je vais aux toilettes ou je n’y vais pas » pendant les spectacles de Gosselin ou Van Hove.
  • ma gêne lors de ma rencontre avec une comédienne qui avait lu ma chronique mitigée d’une pièce dans laquelle elle avait joué (longue phrase bien lourde).

 

CONCERTS

16 soirées concerts (soit moitié moins que l’an passé) mais avec 27 artistes ou groupes.

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Parce que je fais parfois régisseur son…

TOP 5

 

EXPOS

La découverte (enfin) des Rencontres Photographiques d’Arles, les polaroïds de Wim Wenders à Londres, mon initiation à l’architecture…

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La Cité Radieuse par le Corbusier sur la Planète Mars

 

CINÉMA

Moitié moins de films cette année (35 au 26 décembre 2018), la faute au théâtre et aux chroniques à écrire, à la flemme. Huit films sont tout de même parvenus à se détacher : 

  • Leto de Kirill Serebrennikov
  • Shéhérazade de Jean-Bernard Marlin (#TeamLycéeMichelet)

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  • Amanda de Mikael Hers
  • Climax de Gaspar Noé
  • Woman at War de Benedikt Erlingsson
  • Au Poste de Quentin Dupieux
  • Phantom Thread de Paul Thomas Anderson
  • Ready Player One de Steven Spielberg

 

SÉRIES

J’ai vu énormément (trop ?) de saisons cette année : 50 si j’ai bien compté

TOP 5

  • l’intégrale de Six Feet Under (enfin !) : qui m’a totalement dévasté, je pèse mes mots.
  • la saison 2 de The Good Fight : série trop méconnue, légèrement anti-Trump.
  • la saison 1 de Kidding (+ S1 : I’m dying up here) : Jim Carrey. Voilà.
  • la saison 1 de Counterpart : Espionnage et monde parallèle…
  • la saison 1 de The First : Sean Penn, Mars… Elle prend son temps.

 

LIVRES

TOP 5

  • la découverte FabCaro avec « Zaï  Zaï Zaï Zaï »et son roman « Le Discours » auquel je me suis pas mal reconnu (c’était même assez troublant à certains endroits) :

 

« Je ne suis pas comme vous, je vous emmerde, j’ai trop de problèmes dans ma vie pour faire la chenille, j’ai lu « Le livre de l’intranquillité » de Pessoa, vous imaginez quelqu’un qui a lu « Le livre de l’intranquillité » de Pessoa faire la chenille ? »

 

  • l’Arabe du Futur 4 de Riad Sattouf
  • Vernon Subutex 3 de Virginie Despentes
  • Le Lambeau de Philippe Lançon

 

CÔTÉ BLOG 

5 articles pas par moi : de grands remerciements encore et toujours à Cyril Bivalski et Laurent Suavet. La porte reste toujours ouverte pour vous (et pour d’autres aussi, soyons fous !)

130 articles écrits par moi…

Top 10 fréquentation (au 26 décembre) :

Le blog va plutôt bien, merci de demander. 

 

SUR LE PLAN PERSONNEL

Sans rentrer dans les détails… J’ai donc écrit de nombreux articles pour ce blog (130), quelques articles pour le Blog de Nestor (19 peut-être). J’ai collaboré à Radio Mortimer (et fait la connaissance de personnes très très intéressantes). J’ai (enfin) terminé d’écrire ma deuxième pièce que j’espère pouvoir monter d’une façon ou d’une autre en 2019, participé au labo social (fantôme) mené par le collectif « L’Avantage du Doute » lors de l’Occupation Bastille 2 (dans le théâtre du même nom), joué à deux reprises dans la salle du haut du théâtre de la Bastille en compagnie de mes amis Les Infilitré.e.s (et dit un de mes textes, tout seul devant le public)… Je crois que j’ai beaucoup écrit cette année… (et je ne suis absolument pas épuisé, mais ça c’est l’âge)

 

Et prochainement en 2019… Les Infiltré.e.s saison 2 au théâtre de la Bastille les 9 et 10 mai… « Dedans ma tête », le seul en scène écrit et interprété par moi-même… Des chroniques made in Québec…

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photo : Marc Woog – Compagnie Mimesis

 

Textes et photos (sauf mention contraire) : Axel Ito

Radio Mortimer #17

À part ça, j’ai eu la joie et l’angoisse de participer à Radio Mortimer, dix-septième du nom. C’est une émission (audio) web faite par des passionné.e.s de théâtre comme moi, avec ou sans blog. Et c’est à l’Odéon Théâtre de l’Europe que nous avons eu la chance d’enregistrer ce nouveau numéro (j’allais ajouter quelque chose, mais je ne le ferai pas, je suis le seul à comprendre cela)

Nous avons disserté à propos de « La Locandiera » de Carlo Goldoni sur une mise en scène d’Alain Françon (Comédie Française), « J’ai rencontré Dieu sur Facebook » d’Ahmed Madani (en tournée), « J’abandonne une partie de moi que j’adapte » du Nabla Group sur une mise en scène de Justine Lequette (les 11 et 12 décembre au Théâtre de Gennevilliers), « Joueurs / Mao II / Les Noms » de Don DeLillo adaptés et mis en scène par Julien Gosselin (Ateliers Berthier – Odéon Théâtre de l’Europe) et « La Bible – vaste entreprise de colonisation d’une planète habitable » par Céline Champinot (Théâtre de la Bastille).

Pour ma part, je suis intervenu sur les deux derniers segments (à partir de 32’15) : j’ai bafouillé, hésité, eeeeeeeet…. cherché mes mots et mes idées. Un grand merci à Mélina (Théâtrices) pour ses coups de ciseaux et bien plus encore et évidemment à toute l’équipe de Radio Mortimer présente lors de l’enregistrement pour leur accueil chaleureux : (par ordre alphabétique) : Bénédicte (Nouvelle Claque), Bertrand, Christine (Théâtre Côté Coeur), Hélène, Iris, Thibaut, Suzanne (Mordue de Théâtre), Valérie (R42 Culture Gourmande), Véro (Théâtrelle)

Je ferai mieux la prochaine fois…

Ps : Je n’ai absolument pas été payé pour dire tout cela, j’ai même fait un chèque en sortant de l’enregistrement…

 

Un Instant (Marcel Proust / Jean Bellorini / TGP Saint Denis)

(de quoi ça parle en vrai)

Des quelque trois mille pages qui composent « À la recherche du temps perdu », Jean Bellorini et Camille de La Guillonnière conservent les passages de l’enfance de l’auteur auprès de sa mère tant aimée et mettent en lumière la relation tendre et profonde avec la grand-mère, jusqu’à la mort de cette dernière… (source : ici)

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Crédits photos : Pascal Victor

(ceci n’est pas une critique, mais…)

J’avais pris quelque peu mes distances avec le travail de Jean Bellorini. Tout avait pourtant commencé par un coup de foudre il y a quelques années grâce à son adaptation des Misérables. Malgré les Paroles Gelées de Rabelais, mon intérêt s’était ensuite quelque peu étiolé avec une pièce de Brecht et Liliom pour finalement faire l’impasse sur les Frères Karamazov. Trop d’échelles et d’accordéons tue l’échelle et l’accordéon.

C’est après avoir écrit cette phrase d’anthologie et absolument pas réductrice que je me rendis à St Denis pour voir ce spectacle inspiré de l’oeuvre majeure de Marcel Proust, que je n’ai jamais lu, soyons pour une fois sincère. Ce n’est pas faute d’avoir relu plusieurs fois la première phrase « Longtemps je me suis couché de bonne heure ».

A notre entrée dans la salle, on est immédiatement saisi par la beauté de la scénographie qui s’offre à nous : des chaises par centaines, une chambre suspendue, une échelle, évidemment. Les deux acteurs font leur entrée, noir, ça commence.

Je retrouve alors avec plaisir la voix et le phrasé si particuliers de Camille de Guillonnière, qu’on pourrait écouter des heures durant. On fait la connaissance de la touchante Héléne Patarot, qui évoquera aussi son enfance : « ceci n’est pas une madeleine ». Il est doux de constater la complicité entre les deux acteurs. On prend surtout notre temps. C’est rare, de prendre le temps. Un temps précieux. Un moment délicat.

P.S. : Je me suis assoupi un instant, la faute à une longue semaine de labeur. Je me devais de le mentionner. Ma mémoire s’est mise à rêver… J’ai laissé voyager mes pensées…

 

UN INSTANT

Avec Hélène Patarot, Camille de La Guillonnière

Musicien Jérémy Peret

Adaptation Jean Bellorini, Camille de La Guillonnière et Hélène Patarot – Scénographie et lumière Jean Bellorini – Costumes et accessoires Macha Makeïeff – Création Sonore Sébastien Trouvé – Assistanat à la scénographie Véronique Chazal

Jusqu’au 9 décembre 2018 au TGP St Denis mais aussi les 16 et 17 février au Théâtre Louis Aragon (Tremblay-en-France), du 13 au 16 mars à La Criée (Marseille), etc.

(une autre histoire)

J’avais rencontré un gars, lors d’une formation, très étrange. Nous l’avions surnommé Ignatius, parce qu’il ressemblait au protagoniste de la Conjuration des Imbéciles de John Kennedy Toole. J’avais même écrit une chanson sur lui. Il nous avait dit, au milieu d’une conversation, qu’il avait trois cents livres chez lui qu’il n’avait pas encore lus. Je lui demande de répéter. Trois cents. Je doute de sa réponse. Il confirme. Impossible. Trois cents. Tu te joues de nous. Trois cents. Non, mais c’est un chiffre énorme, tu te trompes. (silence) Ah oui, c’est peut-être pas trois cents. Ce fut sa dernière réponse.

Treize ans après l’avoir fait changer sa réponse, je regarde ma bibliothèque et si je compte… trois cents. Trois cents livres que je n’ai pas lus. Des qu’on m’a offert, des que j’ai achetés pour plaire à une fille, des qui me font encore peur. Comme « À la recherche du temps perdu », acheté en 2005. J’entre dans une librairie avec un livre en tête, j’en ressors avec cinq. J’en lis deux. Tous les mois. Treize ans que je fais ça. Faites le calcul.

Je suis Ignatius.

 

vu le vendredi 16 novembre 2018 au Théâtre Gérard Philippe, Saint Denis

prix de ma place : invitation

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Nachlass – Pièces sans personnes (Rimini Protokoll / MC93 Bobigny)

(de quoi ça parle en vrai)

« Huit personnes qui ont choisi de préparer leur départ imaginent leur chambre de mémoire, mettant en scène le témoignage de ce qu’elles souhaitent laisser après leur disparition. Une expérience sensible où chaque spectateur est invité à visiter les pièces scénographiées comme autant de seuils entre la présence et l’absence. » (source : ici)

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Crédits photos : Samuel Rubio

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Comme à mon habitude, je n’ai absolument rien lu en rapport avec cet objet non identifié. J’étais également incapable de dire ce qu’avait bien pu présenter le Rimini Protokoll auparavant, mais je savais que je devais voir ce Nachlass, et pas seulement en souvenir de mes cours d’allemand LV1.

En sortant du théâtre, je dis à la personne qui m’accompagnait : « Je crois que je n’écrirai rien sur ce qu’on vient de voir. » Non par manque d’intérêt, mais parce que j’avais béni ce choix de n’avoir rien lu, rien subi non plus, à l’heure de l’omniscience virtuelle. Et que je ne voyais pas comment en parler sans en dévoiler le contenu. Et pourtant, deux jours plus tard, j’écris.

« Nachlass », c’est le titre. En allemand, « nach » signifie « après ». « Lass » du verbe « lassen », laisser. Mais il peut prendre n’importe quel sens, c’est un peu comme le « get » en anglais, tout dépend de la particule ou de la préposition qu’on lui associe.

« Pièces sans personnes », c’est le sous-titre. Parce qu’effectivement, nous sommes dans une installation artistique et que nous ne croiserons personne, hormis les spectateurs avec qui nous partagerons huit moments intimes. Parfois émouvants, touchants, ludiques aussi, malaisants rarement, mais toujours pudiques. Huit pièces aux atmosphères savamment étudiées, mais en respect, je pense, avec ces personnes qui, apparemment, ont accepté de se livrer. Parce qu’ici, il n’y aucune notice, on ne nous dit pas : c’est vrai, c’est pas vrai. Parce que la déformation d’un spectateur averti nous fait toujours douter de la véracité de ce genre d’oeuvre dite documentaire.

Je ne voulais pas écrire, parce qu’on pense inévitablement à soi, à ce qu’on va laisser derrière nous.

Dans un mois, j’aurai quarante ans. La moitié d’une vie. En principe.

 

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Conception Rimini Protokoll (Stefan Kaegi / Dominic Huber)

Vidéo Bruno Deville – Dramaturgie Katja Hagedorn – Son Frédéric Morier – Assistantes conception Magali Tosato et Déborah Helle – Assistantes scénographie Clio Van Aerde et Marine Brosse – Conception technique et construction du décor Équipe du Théâtre de Vidy

Jusqu’au 17 novembre 2018 à la MC93 Bobigny

 

(une autre histoire)

J’avais quel âge quand on me la proposa ? Avant cela, une autre histoire, toujours.

Un jour, par curiosité, je posai à ma conseillère une question sur les emprunts immobiliers, pour un appartement dans Paris.

Sourire de la conseillère. Question de la conseillère : « Mais vous faites quoi de votre argent ? » Réponse de moi : « Ben, je voyage ? » Conseil de la conseillère : « Voyagez moins ! » La première chose que je fis en rentrant chez moi : acheter un aller retour Paris Montreal.

Je crois que mes conseillers changent tous les ans. J’en vois un sur deux. Bonne moyenne. Deux conseillers plus tard…

Le nouveau conseiller me regardait droit dans les yeux : « Vous avez déjà pensé à souscrire à une assurance obsèques ? Cela ne coûte que 3€ par mois et vos proches n’ont rien à débourser. Vous êtes marié ? Vos parents sont encore en vie ? Des enfants ? »

Je regardai le vague qui entourait mon conseiller dont j’ai déjà oublié le nom : « Euh… À vrai dire, je n’y avais pas pensé (je ne veux pas y penser)… Je suis encore jeune tout de même. »

Le nouveau conseiller se figea : « Mais Monsieur, tout le monde meurt ! »

J’ouvris la bouche pour répondre à cette déclaration fracassante, mais aucun son ne sortit de ma bouche.

vu le samedi 10 novembre 2018 à la MC93 Bobigny

prix de la place : invitation Télérama

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Western (Mathieu Bauer / Nouveau Théâtre de Montreuil)

(quand on ne lit pas la bible)

Western ? L’adaptation théâtrale du road movie de Manuel Poirier avec Sacha Bourdo et Sergi Lopez ?

(de quoi ça parle en vrai)

« Au milieu des forêts enneigées du Wyoming, à l’époque des pionniers, un hameau habité par des fermiers et des cow-boys se déchire. Un propriétaire installe des barbelés mais un éleveur s’y oppose. Ici, pas de shérif : chacun fait la loi. C’est sans compter l’arrivée de bandits qui prennent en otage la population. Un héros fort et courageux, de sinistres canailles, une passion amoureuse, des coups de poing… »  (source : ici)

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Le projet est risqué, voire casse-gueule : adapter un western au théâtre. Des Français qui adaptent un western… De mémoire, le cinéma français ne s’y est jamais risqué, hormis des parodies et autres adaptations de Lucky Luke.

(je viens de relire ma chronique et je confirme : elle est positive malgré tout ce que je vais dire ci-dessous)

On met un peu plus de temps à entrer dans l’action, contrairement à l’opus précédent, Shock Corridor, parce que les codes ne sont pas si évidents à s’approprier. Le jeu des comédiens est caricatural, ils tiennent tous un micro relié à un haut-parleur porté à la ceinture, tel un second colt. L’arrivée des bandits verra un concours de personnages affreux, sales et méchants. Les rires dans la salle fusent, plus ou moins involontaires. On est lundi soir, je repense à ces westerns que je n’avais pas le droit de voir à la Dernière Séance, John Wayne et sa voix française.

Finalement, je ne sais pas quel est le véritable parti pris de Mathieu Bauer. Je n’aime pas lire les programmes. Mais j’y ai vu des jeunes acteurs qui jouent aux cowboys, qui surjouent les répliques (cette manière de répéter les noms des personnages à chaque fin de phrase…), entre hommage et parodie (la question est : « était-ce voulu ? »). Cela dit, il y a tout de même ce huis-clos, dans le Wyoming froid et hivernal, une atmosphère sépulcrale (j’ai toujours rêvé placer ce mot). On aurait pu verser assez facilement dans du Tarantino. Les personnages féminins peinent tout de même à exister, mais c’est sans doute le lot de 95% des westerns, le bandit interprété par Rémi Fortin est de loin le plus convaincant, évite le manichéisme. Et la musique en direct qui nous accompagne et qu’on oublie et ça aussi, c’est un bon point.

Je peux comprendre que ça ait pu susciter de l’incompréhension. Ce n’était pas gagné au début, c’était osé, mais j’ai décidé d’y croire et j’ai aimé ça.

 

WESTERN

avec Éléonore Auzou-Connes, Clément Barthelet, Romain Darrieu, Rémi Fortin, Johanna Hess, Emma Liégeois, Thalia Otmanetelba, Romain Pageard, Maud Pougeoise, Adrien Serre et les musiciens Mathieu Bauer, Sylvain Cartigny, Joseph Dahan

librement inspiré du roman La Chevauchée des bannis de Lee Wells

adaptation, mise en scène Mathieu Bauer

collaboration artistique et composition Sylvain Cartigny – dramaturgie Thomas Pondevie – création sonore Alexis Pawlak – scénographie, costumes et accessoires Chantal de la Coste – création lumière et régie générale Xavier Lescat – régie lumière Alain Larue – régie plateau Ali Gacem – assistanat costumes Lise Crétiaux – construction marionnette Lou Simon

Jusqu’au 13 octobre 2018 au Nouveau Théâtre de Montreuil, puis du 18 au 26/11 toujours à Montreuil (dans le cadre de la Nuit Américaine), les 17 et 18 janvier 2019 au Théâtre du Gymnase (Marseille)

 

(pendant la représentation)

Lundi soir. Mais qui va au théâtre un lundi soir ? Des lycéens. Partout. Devant, derrière, à côté, je suis cerné. Comme mes yeux. Derrière moi, de l’agitation. Je ne comprends pas très bien. Le vigile du théâtre arrive, la représentation se poursuit. Le lycéen, à l’origine apparemment d’une échauffourée, ne bouge pas de son siège bien qu’on lui ait demandé de sortir. Il tente (il y parvient ?) de donner un coup au mastodonte.

Mais il va pas bien de le provoquer comme ça ? Le grand énergumène a une main trois fois plus grande que la mienne, je n’aurais jamais osé. De toute façon, je n’ai jamais su me battre, même pour de faux. Parfois je m’imagine répondant par la violence lorsqu’on me manque de respect. Un coup de poing, bim ! Et je me retourne avec la voiture qui explose derrière moi…

L’acteur voit la scène, poursuit sa longue tirade, se focalise sur ces nouveaux personnages. Le maître des lieux interrompt le spectacle. L’adolescent est emmené hors des murs.

Y avait de l’action ce soir, j’attendais que les chaises volent, que tout le monde se mette sur le pif ! Non, en fait, c’était assez choquant. La violence. Surtout parce qu’on ne savait pas d’où elle venait.

Qu’avait-il donc dans la tête ? Que s’est-il passé une fois le jeune homme sorti de la salle ? Une autre pièce se joue désormais dedans ma tête.

 

vu le lundi 9 octobre 2018 au Nouveau Théâtre de Montreuil

prix de ma place : invitation

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Hate (Laetitia Dosch / Nanterre Amandiers / Festival d’Automne)

(quand on ne lit pas la bible)

Hate ? Deuxième partie d’un diptyque Love/Hate qui dure le temps de tatouer ces quatre lettres sur les phalanges d’un comédien qui porte le masque de Robert Mitchum ?

 

(de quoi ça parle en vrai)

Dans ce nouveau spectacle, HATE, l’actrice nue joue, soliloque et dialogue avec un cheval auquel elle se livre sans candeur et sans impudeur. Afin de mieux comprendre et cerner le chaos de notre époque, et pour en finir une bonne fois pour toutes avec ce sentiment de pouvoir qui pousse à la destruction des gens supposés inférieurs, de la nature, des animaux, elle choisit de vivre avec un cheval en établissant une relation d’égalité avec lui et, au-delà, avec l’Autre (le partenaire, le faible, la nature). Une relation respectueuse. De petites chansons en rap ravageur, de récits intimes en engagements politiques, du temps qui passe en moments suspendus par la beauté des images, d’une quête joyeuse en incompréhensions violentes, HATE est aussi l’improbable mais possible invention d’un amour fou entre la femme et le cheval. Sans domination humaine, sans manipulation, sans sauvagerie animale, la relation est-elle viable? L’amour et le partage peuvent-ils apporter un peu de poésie? Alors, Laetitia Dosch monte à cheval, lève son épée et se jette à corps perdu dans cette épique quête utopique. (source : ici)

 

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(ceci n’est pas une critique, mais…)

Dorénavant, tout spectacle devrait avoir son cheval. Qu’est-ce que ça fait du bien d’entrer dans une salle à pas feutrés (j’espère que Laetitia Dosch, assise sur les marches, a remarqué combien je faisais attention à ne pas faire de bruit en les descendant), d’apprécier ce silence avant le début de la représentation. rien de tel pour entrer dans l’univers de Corazon, déjà présent sur scène.

Il reste immobile. Il joue ou bien il est ? Il parait vivant. Non, il parait conscient de la tournure des événements.

Laetitia Dosch arrive, l’observe, enlève ses vêtements par souci d’équité avec l’équidé et entre dans l’arène.

Alors que dans « Un Album », la comédienne suisse se prêtait au jeu des personnages, ici, elle parle à la première personne, parle à Corazon comme s’il était son confident apparemment muet, de ce que devient le monde, de ce qu’elle est et fait, elle, dans ce monde.

On ressent un amour et un respect quasi-mutuels entre les deux artistes présents sur scène. Parce que Corazon parle aussi. Comme les deux Corvidés auxquels Jonathan Capdevielle et Laetitia Dosch avaient prêté leurs voix lors d’un précédent festival d’Avignon.

Corazon joue, Laetitia s’adapte, improvise, retrouve le fil.

Corazon pisse, Corazon bande. Il parait tranquille, serein. Il apprivoise la comédienne.

Une relation intime, charnelle se crée sous nous yeux, parfois dérangeante quand on y pense.

Aux saluts, Corazon est accompagné d’une camarade. A la fin de ceux-ci, Laetitia Dosch adresse une dernière caresse à Corazon et lui chuchote quelque chose à l’oreille. Le spectacle est terminé, les spectateurs commencent à se lever, elle continue à lui parler avant de s’éclipser.

Un moment hors du commun, un moment suspendu.

 

HATE

Un spectacle de Laetitia Dosch avec la participation de Yuval Rozman

Co-Mise en scène : Yuval Rozman & Laetitia Dosch

Avec Laetitia Dosch et Corazon

Collaboratrice chorégraphique et coach cheval Judith Zagury / Shanju

Scénographie : Philippe Quesne, d’après une peinture de Albert Bierstadt (Courtesy Fogg Art Museum) – Lumières : David Perez – Son : Jérémy Conne – Collaborateur dramaturgique  : Hervé Pons – Collaborateurs ponctuels : Barbara Carlotti, Vincent Thomasset – Assistante à la mise en scène : Lisa Como

les 26 et 27 septembre 2018 à Marseille, au TNB de Rennes du 16 au 20/10, au NEXT Festival du 30/11 au 01/12, au Bonlieu d’Annecy du 16 au 18/01/19, au Quai d’Angers les 7 et 8/03/19…

 

(d’autres histoires)

Voilà quatorze ans que je vis à Paris et je n’ai toujours pas de parapluie. J’ai bien un imperméable de type K-Way, mais je ne le mets jamais. Je ferme alors mon blouson, enfonce ma casquette jusqu’à mes broussailleux sourcils et attend que ça se passe.

Aujourd’hui, il pleut. Je dois marcher sous la pluie, j’arriverai trempé au théâtre, prendrai froid parce que mes vêtements n’auront pas eu le temps de sécher pendant la représentation et je perdrai ma voix deux jours plus tard. Ce mercredi après-midi, j’aurais pu accomplir quelque chose qui m’aurait comblé, mais je ne pus point (du verbe pouvoir), à cause de ma voix et de ma toux (que j’avais déjà pour le Procès, mais vous le savez déjà, si vous me suivez). Tout comme au mois de novembre, j’aurais pu accomplir autre chose d’assez amusant, mais je suis empêché par une réunion de travail.

La pluie et le travail m’empêchent de réaliser mes rêves. Je vais donc démissionner  de ce pas de mon emploi rémunérateur et partir en croisade contre la pluie. Je ne sais pas comment je vais faire, mais je vais le faire.

*****

Je l’ai croisée un matin dans un parc parisien, vers le 14 juillet. Je courais, elle marchait. Je ne pouvais pas m’arrêter, parce qu’une fois que la machine est lancée…  Pis, qu’est-ce que je lui aurais dit ?

– Excusez-moi de vous déranger, j’aime beaucoup ce que vous faites. Je transpire un peu, je sais, je suis comme ça. Mais, ce que je voulais vous dire, c’est ce que… Je vous ai vue dans ce film et dans cette pièce et sur le toit du Point Ephémère aussi et dans cette performance au Centre Pompidou et encore dans cette pièce. Je serai là au deuxième rang (parce que je n’aime pas le premier rang).

– C’est pour mieux me voir mon enfant ?

– Oui.

 

vu le dimanche 23 septembre 2018 à Nanterre Amandiers

prix de la place : 15€ (abonnement Festival d’Automne)

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

La Fête de l’Humanité 2018

(ceci n’est pas une critique, mais…)

… cela ne sera pas non plus une chronique politique, même si je n’en pense pas moins…

Troisième fois à la Fête de l’Huma (on peut même lire mon recap de l’édition 2016 ici – un de mes premiers billets, griffonné neuf mois avant la création de ce blog) et j’oublie toujours la galère (pourtant comment l’oublier ?) pour se rendre sur le site. De plus, cette année, il n’y a plus de navettes mises à notre disposition par le festival, donc pour ma part ce fut métro + RER + mes pieds à l’aller et Tram au retour. Vendredi soir, j’ai suivi le mouvement, donc aucun problème, mais samedi matin, je me suis dit « Oh tiens, je vais prendre plutôt ce chemin-là ». J’ai doublé mon temps de trajet, transpiré et surtout raté la représentation de « 1336 parole de Fralibs » à l’espace Jack Ralite.

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Certes, j’ai pu acheter du thé à leur stand au Forum Social…

Ça c’était samedi, revenons à vendredi, parce que je n’aime pas faire les choses dans le désordre.

Vendredi soir… Du monde, donc. Enormément de monde, venu principalement pour le dernier concert de NTM, que j’ai vu au printemps dernier, donc j’ai fait l’impasse. Je dis que les gens sont venus principalement pour eux, mais c’est faux. Il y a du monde partout et il faut se balader dans les allées pour voir que chaque stand est bel et bien occupé par les militants. De la musique, les parfums…

J’arrive pile à l’heure pour Catherine Ringer sur la Grande Scène. Il est souvent difficile d’apprécier un concert quand on ne connait pas les chansons de l’artiste et c’est mon cas dans la première partie du set, mais très vite arrive « Singing in the shower » que les Rita Mitsouko chantaient avec les Sparks (ces derniers ont fait un album entier avec Franz Ferdinand, présents à la Fête le lendemain).

Le public commence à s’agiter et Catherine Ringer poursuit son opération de séduction car elle en impose sur scène. Puis s’enchaînent Le Petit Train, chanson glaçante quand on écoute les paroles, Alors c’est quoi, Marcia Baila (pensées à Fred Chichin et aussi Rachid Taha), Andy (qui subit depuis trente ans le harcèlement ininterrompu de l’interprète)… La voix ne va plus autant dans les aigus qu’auparavant, mais ce n’est pas grave. C’est un moment d’enchantement.

Puis je me rends à l’Agora de l’Humanité voir Guillaume Meurice & The Disruptives qui auront trente petites minutes de retard. Force est de constater la popularité de l’humoriste. Le concert est bon enfant, entrecoupé d’échanges avec le public et les membres du groupe. C’est inégal, mais tout de même drôle.

Deuxième jour… Si je n’avais pas raté la pièce contant la lutte des Fralibs, je ne me serais pas rendu à l’Agora assister à un débat (Comment faire face à la politique antisociale de Macron ?) avec, entre autres, le fameux François Ruffin, qui lui aussi, a une côte de popularité assez phénoménale, à en juger les applaudissements nourris qu’il a reçus et je n’aurais pas croisé une fille qui m’avait fait tourner la tête il y a cinq ans presque jour pour jour.

Le temps est chaud, le soleil est là, je crois même que je suis en train de prendre des coups de soleil au front et dans la nuque et je n’ai pas de biafine à la maison.

On s’approche pour le premier concert de la journée : Jeanne Added qui chante en anglais, qui fait danser, entre rock et électro avec des morceaux qui tiennent la route sur scène.

Puis je reste pour le groupe landais The Inspector Cluzo, avec de la musique brute de décoffrage, guitare/voix/batterie, de la musique sans additionnels électroniques comme le clame le chanteur : « c’est du putain de rock à 4 mains ! »

S’en vient le moment où je n’ai rien de prévu d’ici le concert de Franz Ferdinand à 21h55 (il est 17h). Je mange une glace à l’italienne, des panisses. J’assiste à un débat (Promesse ou désillusion après une victoire au Mondial) avec Vikash Dhorasoo et Marie-George Buffet qui a illuminé ma journée grâce à un fameux eye contact, puis à un autre débat à propos de l’audiovisuel public avec, notamment, encore lui, Guillaume Meurice.

Je regarde les gens autour de moi. Alors peut-être est-ce le fait de la présence de Big Flo et Oli, mais il y a beaucoup de familles, d’enfants. Et beaucoup de vieux. Et j’ai l’impression que je me situe entre. Et que je suis tout seul à me situer entre. Je suis un peu spleen en ce moment.

C’est l’heure de Cléa Vincent. J’avais écouté l’an passé son album « Retiens mon désir ». Une fois, deux fois, trois fois et je n’avais absolument pas accroché. Et mon avis se confirme en la voyant sur scène. Ça minaude, ça chante plutôt juste mais rien de transcendant, du son 80’s avec du synthé. Je suis trop vieux.

Je m’enfuis et je me rends au concert de Big Flo et Oli dont je ne connaissais qu’une seule chanson « Dommage », genre de chanson qui retentit, je pense, chez tout le monde et ben c’est pas si mal. Et ça fait du bien de voir un public en liesse pour des artistes qui paraissent sincères.

La transition est assez étrange avec Franz Ferdinand, puisqu’ils ne s’adressent pas forcément au même public. Alex Kapranos, le leader du groupe, est efficace. Ça m’a rappelé mes 15 ans… Pardon, ça m’a rappelé il y a 15 ans… ou presque quand j’entendis pour la première fois « Take me out »…


Je n’étais pas au coeur de la fosse, parce que j’ai peur de la foule (non non c’est pas une blague) et des gens qui ont un peu trop bu, mais j’ai un peu remué du popotin, puis je suis vite parti pour prendre mon tram esquiché comme une sardine (big up aux jeunes employés de la RATP qui ont géré ce weekend les festivaliers).

Comme je l’ai dit après ma première et ma deuxième fois, je ne reviendrai plus à la Fête de l’Huma, jusqu’à la prochaine fois.

 

Cadeau Bonus (entendu dans la file d’attente le premier soir)

« Tu me croiras pas, j’avais dit au boulot que j’étais malade, en fait je suis allé dans ce bar, dans le XXe, rue Lepic. Et en fait je me suis retrouvé en tof’ dans le canard « A nous Paris ». Au boulot, ils m’ont tous grillé ! »
« Wesh ma caille, y a un monde de malade, truc de ouf. Tu me croiras pas, c’est mon anniv, j’espère qu’ils vont me laisser entrer ! Tous les ans, je viens fêter mon anniv ici. Ça tombe soit le vendredi, soit le samedi, soit le dimanche. Oui, tous les ans ! »

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

présent au Parc Départemenalt les vendredi 14 et samedi 15 septembre 2018

prix de ma place : 38€ (pass 3 jours)

 

À quelle sauce… (automne 2018)

Nouvelle saison (18/19) et nouvelles habitudes. Un peu comme les résolutions du Nouvel An, nous essaierons de nous y tenir : je veux ralentir le mouvement. Ça veut dire, accepter de ne pas tout voir, ne pas tout voir, ne pas tout chroniquer. (même si je verrai tout du Théâtre de la Bastille, mon théâtre de prédilection)

Voici donc dans cet article les spectacles que j’irai voir, ceux que j’ai tout de même en vue, ceux que j’ai déjà vus (et que j’ai aimés… donc je ne parlerai du Fils, malgré le changement de distribution ou de Sombre Rivière de Lazare au Rond Point…).

Encore une fois, le théâtre subventionné, comme on dit, aura la part belle, on ne se refait pas, même si je ne suis pas (complètement) sectaire (suivez mon regard vers le Off d’Avignon…). Pour conclure, celle liste est évidemment non exhaustive (je n’ai pas l’oeil sur tout) et sera certainement amenée à être modifiée dans les semaines à venir.

Et c’est parti !

 

SEPTEMBRE

HATE
HATE par Laetitia Dosch (Photo Philippe Quesne et Dorothée Thébert Filliger)

J’irai voir :

  • LE SYNDROME DU BANC DE TOUCHE au Théâtre de Belleville (parce qu’on me                       l’a conseillé… et qu’on m’a invité, je l’avoue) (critique : ici)
  • le festival TRANSFORMES à la Villette (parce qu’il y aura notamment une pièce mise en scène par Thomas Resendes, le traducteur attitré de Tiago Rodrigues et qu’il est bon de soutenir un nouveau festival et comme c’est à côté de chez moi, je peux faire des allers retours très facilement)
  • INFIDÈLES au Théâtre de la Bastille / Festival d’Automne (tg STAN, prise 1) (critique : ici)
  • RADIO VINCI PARK (parce que j’aime aller sur un parking à Nanterre en milieu de semaine voir des motos)
  • LA FÊTE DE L’HUMANITÉ (essentiellement pour Franz Ferdinand et Catherine Ringer mais aussi pour la présentation de 1336, parole de Fralibs… j’en profiterai d’ailleurs pour faire le plein de leurs thés excellents)
  • LOVE ME TENDER aux Bouffes du Nord (parce que Guillaume Vincent)
  • SHOCK CORRIDOR au Nouveau Théâtre de Montreuil (parce que je vais sûrement écrire dessus pour le compte du blog de Nestor)
  • LE PROCÈS à l’Odéon Théâtre de l’Europe / Festival d’Automne (parce que j’ai déjà joué dans une adaptation du roman de Kafka, qui m’avait valu le plus grand trou de texte de toute l’histoire du théâtre amateur)
  • HATE à Nanterre Amandiers / Festival d’Automne (parce que Laetitia Dosch)
  • CHRIS GARNEAU (Point Éphémère) (parce que ça fait longtemps que je ne l’ai pas vu en concert… dix ans en fait, après Bruxelles et New York… oui, je me la pète, mais y a prescription)
  • L’OCCUPATION au Théâtre Berthelot (Montreuil) (parce que les mots d’Annie Ernaux et surtout la présence de Romane Bohringer)
  • CUISINE ET CONFESSIONS par les 7 Doigts à Bobino (parce que c’est québécois)

J’irai (peut-être) voir :

  • L’ENVOL DES CIGOGNES + LE DERNIER JOUR DU JEÛNE au Théâtre du Soleil (parce que Simon Abkarian et Ariane Ascaride)
  • LES DÉMONS à l’Odéon Théâtre de l’Europe (parce que Nicolas Bouchaud et Valérie Dréville et que je n’ai toujours pas vu de pièce de Sylvain Creuzevault)
  • LE PÈRE à la MC93 Bobigny (parce que Julien Gosselin)
  • SCALA à la Scala (parce que Yoann Bourgeois et la curiosité de découvrir ce nouveau théâtre)
  • LA NUIT DES ROIS à la Comédie Française (parce que Shakespeare et Ostermeier)
  • LA REPRISE à Nanterre Amandiers (parce que Milo Rau et toutes les bonnes choses que j’ai entendues pendant le Festival d’Avignon)
  • CALLISTO ET ARCAS aux Bouffes du Nord (parce que Guillaume Vincent deux fois)
  • CONSTRUIRE UN FEU à la Comédie Française (parce que Marc Lainé)
  • CONVERSATION EL KHATIB / CAVALIER à Nanterre Amandiers (parce que curieux de ce que peuvent se dire ces deux artistes)
  • RICHARD BOHRINGER au Théâtre de l’Oeuvre (parce que je ne l’ai jamais vu en vrai)

J’ai déjà vu (et je recommande) :

 

OCTOBRE

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Atelier par TG STAN / DE KOE / MAARSCHAPPIJ DISCORDIA (© Jorn Heijdenrijk)

J’irai voir :

  • ATELIER au Théâtre de la Bastille / Festival d’Automne (tg STAN, prise deux)
  • EVOL au Théâtre de la Bastille (parce que je suis obligé de le voir, car je suis passé en deuxième année d’infiltration, comprend qui pourra)
  • QUASI NIENTE au Théâtre de la Bastille / Festival d’Automne (parce que j’ai la carte illimitée)
  • OVNI(S) au Théâtre Ouvert (malgré les mauvais retours de cet été au Festival d’Avignon, parce que Grégoire Monsaingeon et les auteurs du Nouveau Ciné-Club)
  • WESTERN au Nouveau Théâtre de Montreuil (parce que Mathieu Bauer)
  • KING KONG THEORIE au Théâtre de l’Atelier (parce que j’adore cet essai de Virginie Despentes et que j’apprécie (et voudrais remercier pour un certain conseil) Marie Denarnaud)
  • LA CHAMBRE DÉSACCORDÉE à l’Espace Cardin (parce que Marc Lainé et Léopoldine Hummel aka Léopoldine H.H.)
  • COMPLETE WORKS à l’Espace Cardin (parce que Shakespeare et Forced Entertainment)
  • LA GUERRE DES SALAMANDRES à la Maison des Métallos (parce qu’on m’en a dit du bien)
  • FLÉAU au Tarmac (parce que Dave St Pierre)

J’irai (peut-être) voir :

  • GEORGE DANDIN à la MC93 Bobigny (parce que les acteurs du CDN de Vire)
  • LA PLAZA au Centre Pompidou (parce que je suis curieux)
  • FRANCIS SAUVE LE MONDE au Centre Wallonie-Bruxelles (parce que c’était une série de bandes dessinées hilarantes avec un blaireau au départ et je ne sais absolument pas ce que ça va donner)
  • MONSIEUR FRAIZE à l’Européen (parce qu’il crève l’écran)

J’ai déjà vu :

 

NOVEMBRE

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Joueurs / Mao II / Les Noms par Julien Gosselin (Photo : Christophe Raynaud de Lage. Hans Lucas)

J’irai voir :

J’irai (peut-être) voir :

  • LOVE aux Ateliers Berthier (parce qu’il n’y a pas tant que ça de metteurs en scène britanniques qui passent la Manche)
  • 4.48 PSYCHOSE au Théâtre Paris Villette (parce que Sarah Kane et Sophie Cadieux)
  • FURIA à Chaillot (parce que Lia Rodrigues)
  • SOEURS aux Bouffes du Nord (parce que Marina Hands, même si Pascal Rambert ne me convainc pas tout le temps)
  • L’AVALÉE DES AVALÉS aux Déchargeurs (parce qu’un texte québécois que j’ai raté cet été au Petit Louvre à Avignon)
  • LA VOIX HUMAINE à l’Espace Cardin (parce que Ivo)
  • THE OTHER VOICE à l’Espace Cardin (parce que Van Hove)

J’ai déjà vu :

 

À suivre…

Les Franglaises (Seine Musicale)

(quand on ne lit pas la bible)

Les Franglaises ? Un spectacle sur l’après Brexit et le désarroi causé par cette décision dans le milieu de la coiffure ?

 

(de quoi ça parle en vrai)

Détournant le jeu du blind-test, Les Franglaises, mettent en scène une comédie musicale à la façon d’un Opéra Pop à l’américaine. Se mêlant les pieds dans les incohérences des traductions littérales au premier degré à la « google-trad », et emportés par la fiction de ces pièces musicales, les interprètes offrent une tournure explosive au spectacle qui vire au cabaret fou version Monty Python ! (https://www.laseinemusicale.com/spectacles-concerts/les-franglaises_e153)

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Crédits photos : Bertrand Rindoff Petroff 

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Encore une fois, je le précise, je suis le Droopy parigot-marseillais, le Buster Keaton local, je ne sais m’amuser ni même me déhancher, même alcoolisé. Ne m’invitez pas aux mariages, c’est peine perdue. Et pourtant… Ben allez savoir pourquoi, hier soir au spectacle des Franglaises à la Seine Musicale, j’ai tapé dans mes mains, j’ai ri, j’ai tenté de deviner de quelles chansons étaient traduites les paroles en français, je me suis même levé pour le rappel, c’est dire.

Les Franglaises maîtrisent leur sujet, ils ont de quoi faire, et de ce que j’ai pu voir ici et là, le spectacle évolue, on n’entend pas toujours les mêmes chansons, qui restent tout de même cantonnées aux années 60/70/80/90, Reine et Michel Fils de Jacques restant les winners de la game. Il faut des chansons que tout le monde connaisse, c’est un fait. Est-ce à dire aussi que les années 2000 ont produit beaucoup moins de chansons populaires, c’est un autre débat.

On pourrait reprocher la taille de la salle, trop grande pour ce genre de spectacles. Malgré les efforts de la troupe, il n’est pas facile de créer une certaine proximité avec le public. J’avais également un peu peur que le spectacle ne se résume qu’à un simple test aveugle mais les Franglaises font leur petit effet, dès qu’elles adaptent à leur sauce les chansons, ça commence par le I grec M C, en mode doux. Le maître de cérémonie ne parvient plus à canaliser la folle énergie ou la folie énergique de ses comparses et le spectacle commence à partir dans tous les sens. C’est généreux, un peu long sur la fin, qui mériterait à être resserrée : mais ça fait du bien de voir une troupe aussi joyeuse et efficace, parce que je ne l’ai pas précisé : ils occupent presque tous les postes : chant, musique, comédie.

Une bien belle soirée malgré l’heure et quart en métro pour rejoindre Boulogne Billancourt, mais ça, c’est une autre histoire…

Ps : En première partie du spectacle des Franglaises se produisait le Pockemon Crew, sur une musique techno flamenco manouche. L’ensemble ne m’a pas vraiment convaincu, même s’ils m’ont impressionné techniquement et physiquement. 

 

vu le samedi 12 mai 2018 à la Seine Musicale, Boulogne Billancourt

prix de la place : invitation

 

LES FRANGLAISES

(http://www.lesfranglaises.fr)

mise en scène Quentin Bouissou

Avec Saliha Bala, Quentin Bouissou, Yoni Dahan, William Garreau, Stéphane Grioche, Marsu Lacroix, Philippe Lenoble, Adrien Le Ray, Roxane Terramorsi, Daphnée Papineau, Romain Piquet, Laurent Taieb, PV Nova, Fabien Derrien

Direction musicale : Philippe Lenoble

Une production Blue Lines Productions

 

(d’autres histoires)

Ligne 9 : Oberkampf – Pont de Sèvres

  • Ce soir, c’est match au Parc. Le PSG est champion, c’est le dernier match à domicile de la saison, va y avoir un feu d’artifice. Ben oui. Ils ont perdu en huitièmes de finale de Champions League, faut que ça se fête !
  • Dans ma poche, il reste de la salade, de la mache, que m’a donné A. parce qu’elle ne voulait pas gâcher avant son grand départ. Je la donne à un mendiant qui passait à côté de moi dans la rame. Je n’ai pas l’impression que ça lui fasse plaisir : « Mais faut pas gâcher, Monsieur ! », lui dis-je après qu’il m’a jeté les feuilles en pleine face.
  • Tu as vu, on a bien fait de prendre le métro à Oberkampf, du coup on a des places… Y a combien de stations d’ici le terminus ? C’est encore loin ? Une fois j’ai du réseau, une fois je n’en ai plus. Je peux dormir sur ton épaule ?
  • Je pense que désormais, ça irait plus vite de compter les personnes qui n’ont ni écouteurs ou casque ni smartphone à la main.

 

Dans la salle

  • Tu as vu, on a de la place pour les jambes. Même pas besoin de se lever pour laisser passer les gens. Quelle belle salle !
  • Les jeunes derrière nous, ils n’ont pas arrêté de parler foot. Ils regardaient les buts pendant le spectacle, mais je n’ai pas osé le leur reprocher, parce que je crois que… Ils étaient un peu… Ils étaient sûrement invités par le Pockemon Crew… Pourquoi ? Ben ça se voyait… hein ? Ben… Le… A la fin, ils se sont levés et ont esquissé quelques pas de krump, j’ai tout de suite reconnu. J’avais vu Rize, le film de David LaChappelle. Tu pensais quoi ? Que je les stigmatisais à côté de leur couleur de peau ? Ben voyons donc ! Je ne suis pas comme ça, à catégoriser les gens… Pis, j’étais placé trop loin de la salle pour voir si les Pockemon Crew étaient… je veux dire… le visage… Des danseurs HIPHOP, c’est forcément… Je travaille dans le 9-3, je sais de quoi je parle, je… Aux Lilas… Oui oui, c’est toujours le neuf trois, yo !

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Notre foyer (Florian Pautasso / Mains d’Oeuvres)

(quand on ne lit pas la bible)

Notre foyer ? Pourquoi je pense à Notre père ? La prière, pas la pièce de Florian Zeller…

 

(de quoi ça parle en vrai)

Elsa veut construire une maison dont elle ne sortirait plus. Stéphanie veut partir et ne plus jamais revenir. Rendez-vous, réunions, simulations… On assiste à l’acharnement, tantôt drôle, cruel ou vain, de ces deux jeunes femmes à réaliser ces projets plus grands qu’elles, foisonnants, mortifères, et résolument impossibles à concilier. Notre foyer est une fresque de la projection qui met en scène de jeunes adultes contraints de réagir face à une existence insatisfaisante. Les projets de Notre foyer ne peuvent exister que dans une zone trouble, par éclats, à la frontière du réel et de l’imaginaire, dans un angle mort entre le possible et l’impossible. Mais ce que tous traquent, c’est la croyance. Le projet n’existe que si quelqu’un d’autre consent à y croire. Ambition et désir amoureux se confondent jusqu’à l’indéfinissable ! (https://www.mainsdoeuvres.org/NOTRE-FOYER.html)

 

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Crédits photos : Vinciane Verguethen

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Voilà la troisième pièce des Divins Animaux que je vois. Les points communs sont Florian Pautasso à la mise en scène, Sophie Van Everdingen pour la musique (déception de ne pas la voir sur scène) et la troublante Stéphanie Aflalo (que je raterai encore à la Loge le mois prochain, mais un jour je la verrai seule sur scène, ô oui, un jour, je la verrai). Parce que Stéphanie Aflalo capte immédiatement l’attention, par son regard, son imprévisibilité, sa folie.

Et c’est une pièce déroutante qui se déroule devant nous. Déjà, parce qu’il n’y aura aucune interaction avec le public contrairement à « Quatuor Violence » ou « Flirt » ni véritablement de moments performatifs. Certes, il n’y a pas une réelle linéarité mais il y a une histoire, pas simple à appréhender. Ça commence avec Elsa qui a invité chez elle Stéphanie, Ava et Antonin. L’action se déroule en arrière-scène, on les entend à peine, malgré le micro suspendu (d’ailleurs, un des défauts récurrents du spectacle est la non-audibilité ou la non-articulation de certains acteurs). On ne sait pas trop ce qu’ils font là, mis à part qu’Elsa restera seule avec son rêve, que Stéphanie et Antonin feront connaissance et peut-être avanceront dans le projet de Stéphanie et Ava… Ben je n’ai pas bien compris le rôle joué par Ava Hervier dans cette pièce, si ce n’est d’apporter sur un plateau le dernier tableau chanté. Ava Hervier, dont on avait remarqué la voix et le grain de folie dans « On a dit, on fait un spectacle » au Centquatre, reste les trois quarts du temps à jardin en fond de scène, on ne sait pas vraiment si c’est elle qui actionne les touches du clavier, mais que fait-elle au juste ? Alors oui, son projet est de chanter, il est dommage que sa partie ne soit pas plus développée. De plus, je ne sais pas si c’était parce que c’était la première, mais les lumières sur scène furent longtemps hasardeuses (dans la pénombre, lumières à pleis tubes de néon), peut-être pour nous perdre.

Mais où vont-ils ? C’est la question qu’on peut se poser en voyant cette pièce. Et pourtant on est intrigué par la singularité d’Elsa Guedj et de son personnage qui veut seulement vivre dans une maison qu’elle aura construit presque de ses mains, avec des galeries et une salle DU bain, pour pouvoir mieux y disparaitre ensuite. On se prend à rêver de prendre la route avec Stéphanie Aflalo, malgré les hautes montagnes insurmontables. Malgré les longueurs de la pièce. Malgré un texte pas assez audible (oui, je me répète).

Mais où allons-nous ? Parce que ça nous rappelle tous ces projets pas forcément fous que nous avons mis de côté. Et quand je dis « nous », je dis surtout « je ».

 

vu le vendredi 27 avril 2018 aux Mains d’Oeuvres, Saint Ouen

prix de la place : 10€

 

NOTRE FOYER

Conception et mise en scène Florian Pautasso

Avec Stéphanie Aflalo, Elsa Guedj, Ava Hervier, Eugène Marcuse, Antonin Meyer-Esquerré, Marie-Christine Orry

Création musicale Sophie Van Everdingen – Création et régie lumière Philippe Ulysse, Marie-Sol Kim – Scénographie Philippe Ulysse, Florian Pautasso – Création costumes Florian Pautasso – Création et régie son Caroline Mas

Production Les Divins Animaux (https://www.lesdivinsanimaux.com)

du 16 au 20 octobre 2018 au théâtre de Vanves

 

(une autre histoire)

J’allais parler de mon expérience traumatisante de « Quatuor Violence » à la Manufacture à Avignon, mais j’en ai déjà parlé ici… Donc je parlerai… De quoi vais-je donc parler ?

De la cabane de Walden que je cherche et que je trouverai, dans laquelle je me terrerai, juste avec de quoi manger, une bouilloire, ma pile de livres. Elle sera protégée par une cloche en verre qui empêchera les ondes de passer. En même temps, je n’aurai ni ordinateur ni téléphone, donc bon. Elle se situera sur une plage de sable noir à Reynisfjara. Mes voisins seront les trolls. Je me lèverai tous les matins à sept heures, je mettrai ma doudoune et boirai mon café chaud sur la terrasse. Le lever du soleil. Les vagues.

De mon envie d’être un anonyme, de ne rendre aucun compte, à qui que ce soit. De mes adieux à tout bien matériel ou presque. De mes dents en acier mais blanches, qui font vraies. De savoir faire la rondade, le gratin de courgettes de ma mère, de me souvenir de l’intégralité du sonnet 20 de William Shakespeare.

De voir les années passer. De ne pas me souvenir des années passées.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Club 27 (Guillaume Barbot / TGP St Denis)

(quand on ne lit pas la bible)

Club 27 ? L’histoire d’un club réunissant des natifs de l’Eure qui ont eu 27 peines de coeur dans leur vie ?

 

(de quoi ça parle en vrai)

Guillaume Barbot pousse les portes du club très fermé des chanteurs de rock morts à l’âge de vingt-sept ans, le Club 27. Brian Jones, Jimi Hendrix, Janis Joplin, Jim Morrison et Kurt Cobain, tous morts en pleine gloire après une vie fulgurante, faite de musique, de drogues et d’alcool, en sont les membres éternels. (…) Club 27 fait entrer en collision ces icônes absolues avec une bande de joyeux drilles d’aujourd’hui. S’affublant de boas, de perruques et de lunettes, ils jouent, comme lors d’une soirée entre amis, à « qui est qui ? ». Une fausse conférence de presse, où aveux de faiblesse et provocations égocentriques s’enchaînent, met le feu aux poudres. L’espace théâtral, anarchique et mouvant, accueille le ballet des corps, des voix et des esprits qui se libèrent. Les géants apparaissent, survoltés et tendres. Ils charrient avec eux la grande histoire de la contestation et de la libération des moeurs. Brûlés et nus, ils livrent au grand soleil leur part d’ombre. C’est alors un déferlement de mots et de musique, une prise de parole collective pour tenter de saisir ce fameux esprit « rock », pour mettre en regard les idéaux d’hier et d’aujourd’hui. Doit-on tuer le père pour devenir un homme ? Comment construire nos mythes ? Faut-il brûler franchement ou s’éteindre à petit feu ? Ce sont des questions de vie. Et d’engagement. (http://www.theatregerardphilipe.com/cdn/club-27)

 

CLUB 27 DSC_0028
Crédits photos : Marion Chasseigne (le deuxième à gauche est Geoffroy Rondeau remplacé pour les représentations au TGP St Denis par Guillaume Barbot)

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Je ne veux pas cafter mais j’ai un ami qui a écrit à deux reprises pour ce blog (à propos d’ « Ensemble Ensemble » et « Les Bijoux de Pacotille ») et qui m’avait prévenu que ce spectacle était très dispensable… Il l’avait vu en 2012 à La Manufacture pendant le festival off d’Avignon. Il faut toujours suivre les conseils de mon ami Laurent dont je ne dévoilerai pas le prénom et qui vit au quatrième étage d’un immeuble en région PACA. Je ne l’ai pas écouté, parce que les pièces bougent, que je suis (presque) toujours optimiste et… non je ne m’en mords pas les doigts, c’est toujours un plaisir de faire tout ce chemin jusqu’à St Denis, mais ça fait poser énormément de questions.

Surtout que je n’ai rien à reprocher à la plupart des comédiens présents sur scène et qui se donnent à fond, j’ai en tête notamment le jeu de jambes et la folie de Élise Marie, je ne mangerai plus du tiramisu sans penser à Céline Champinot (qui reviendra du 20 novembre au 8 décembre 2018 au Théâtre de la Bastille avec sa nouvelle pièce « La Bible vaste entreprise de colonisation d’une planète habitable » avec également Elise Marie – j’avais bien apprécié Vivipares qui pour le coup exploitait à fond le concept déguisement/dispositif foutraque)…

Mais de quoi ça parle en fait ? « Est-ce que montrer sa chatte, c’est rock ? » Voilà où on en est, se demander si c’est rock, alors que tout le monde sait que « Rock’n’Roll is a slut » et surtout « Rock’n’Roll is dead ». Evidemment la comédienne montre sa chatte et c’est toujours épatant d’attendre la réaction de la moitié de la salle composée de collégiens et/ou lycéens qui n’ont apparemment pas l’habitude d’aller au théâtre. Sur l’argument fallacieux de la réunion de caricatures d’artistes tous morts à l’âge de 27 ans, qui sera très vite abandonné (idée pour plus tard : développer le personnage de Robert Johnson, membre originel du club 27, musicien méconnu des années 30), Guillaume Barbot se demande aussi où en est l’engagement. Ce n’est pas un hasard si cette pièce est reprogrammée en pleine « commémoration » de Mai 68, mais à quoi bon ? Tout est effleuré (un peu comme dans certaines de mes chroniques), rien n’est transcendé, tout est trop long. Alors que ça commençait bien (les comédiens nous accueillaient, nous offraient un verre de vin blanc… rien d’original là-dedans, mais toujours plaisant), que, finalement, on ne savait pas trop où on mettait les pieds, que l’idée que les comédiens s’amusent à incarner ces icônes du rock était suffisamment attrayante, mais on est vite revenu à quelque chose d’assez prévisible (un monologue, une chanson (enregistrée ou chantée plus ou moins bien en direct avec l’aide d’un guitariste-violoniste), un monologue, une chanson… chaque acteur a son moment…).

Le comble de l’hypocrisie est quand la pièce se regarde elle-même, se demandant pourquoi elle n’a pas été plus programmée (vous avez tout de même joué à Paris au TPV, aux Métallos, bénéficié d’aides à l’écriture… que je n’ai pas trouvée sensationnelle, soit dit en passant), si elle n’est pas assez rock, s’étonnant de se produire au TGP de Saint Denis (dans une salle trop grande pour eux et d’ailleurs rien n’est fait de ce grand et bel espace) : Geoffroy Rondeau faisait partie de la distribution originale (remplacé ici par le concepteur-auteur-metteur en scène Guillaume Barbot) et Geoffroy Rondeau travaille très souvent avec Jean Bellorini (metteur en scène de talent et directeur du TGP Saint Denis, pour ceux qui ne le sauraient pas). Quand j’écris cela, je ne suis pas dupe, tous les directeurs de théâtre programment en partie des artistes avec qui ils ont des affinités artistiques et/ou amicales et ça ne me dérange même pas, mais je trouve cela assez cynique d’en parler dans cette pièce.

Il me reste l’enthousiasme et l’engagement de la plupart des comédiens (Zoon Besse et aussi Séverine Astel, ne les oublions pas), mais pas grand chose d’autre et c’est surtout loin d’être suffisant.

 

vu le vendredi 6 avril 2018 au Théâtre Gérard Philippe, CDN Saint Denis.

prix de la place : invitation

 

CLUB 27

ÉCRITURE, CONCEPTION ET MISE EN SCÈNE Guillaume Barbot

Créé avec Séverine Astel, Guillaume Barbot, Zoon Besse, Pierre-Marie Braye-Weppe, Céline Champinot, Élise Marie

Scénographie Cécilia Delestre – Musique Pierre-Marie Braye-Weppe – Lumière Mathieu Courtaillier – Costumes Geoffroy Rondeau

Production Coup de Poker (http://coupdepoker.org/)

Jusqu’au 15 avril 18 au TGP CDN St Denis

 

(une autre histoire)

Au lycée, j’étais amoureux d’une fille qui aimait Kurt Cobain. Evidemment, je n’ai jamais fait le poids, même s’il m’arrivait de ne pas laver mes cheveux et de porter une chemise à carreaux. Elle avait découvert Nirvana après la mort du chanteur. Moi, j’avais déjà ses K7 audios. « I hate myself and I want to die », c’est ce qu’avait écrit l’ami Kurt. La fille que je croyais aimer avait écrit cette phrase dans son agenda Quo Vadis, agrémentée de petits dessins macabres. Une fois, elle avait pris mon agenda et avait voulu y écrire je ne sais quoi. Je n’ai jamais aimé retrouver des mots plus ou moins doux dans mes cahiers de texte. Je suis allergique à l’écriture de l’autre, connu.e ou pas connu.e. Comme quand j’ai découvert les annotations dans un exemplaire de « Sur la route » de Jack Kerouac acheté en occasion (le premier et le dernier) chez Gibert, j’en ai encore des frissons dans le dos.

Janis Joplin est morte à 27 ans et pourtant j’ai toujours cru qu’elle était plus vieille.  C’est sexiste de dire ça ?

Jim Morrison est enterré au Père Lachaise. J’y suis allé, j’ai vu sa tombe, nettoyée. Je suis reparti et ai réécouté chez moi ma chanson préférée (je connais les paroles par coeur) Alabama Song. Comme c’est une chanson de Kurt Weill reprise par The Doors, suis-je tout de même un fan de Jim Morrison ?

Quand j’ai appris la mort de Amy Winehouse, je me trouvais dans une chambre d’hôtel d’un Formule 1 dans une zone commerciale en périphérie d’Avignon. Je crois que je baignais dans mon vomi. Non, ça c’était mon rêve, je rêvais que j’étais Brian Jones. Je confonds toujours avec Jimi Hendrix. Parce que Brian Jones, c’est dans une piscine qu’il est mort. Je ne sais pas ce qui est préférable : mourir étouffé dans son vomi, avec le parfum des lasagnes mangées la veille au soir ou noyé dans l’eau trop chlorée d’une piscine sûrement agrémentée d’urine. Je ne sais pas.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Let me try (Virginia Woolf / Isabelle Lafon / TGP Saint Denis)

(quand on ne lit pas la bible)

Let me try ? Je ne sais pas pourquoi, quand je lis « Let me try », je ne pense pas à Virginia Woolf mais à Janis Joplin (just a little bit harder) ?

 

(de quoi ça parle en vrai)

Let Me Try est adapté du Journal de Virginia Woolf, écrit entre 1915 et 1941. (…) Dans son journal, oeuvre drôle, débordante, surprenante, Woolf décrit sans relâche ses amis, retranscrit sur le vif des pans entiers de conversations, comme une peintre esquisserait un croquis. Elle passe d’un registre à l’autre : réflexions bouleversantes sur l’écriture, descriptions à fleur de peau de personnes, d’événements ; interrogations sur ses amitiés, ses amours, la politique, ses colères, ses peurs, ses enthousiasmes… Il y a très peu de passages sur sa « folie ». Traverser au plus profond sa propre intimité ne signifie pas s’appesantir sur ses états d’âme. (http://www.theatregerardphilipe.com/cdn/let-me-try)

 

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Crédits photos : Pascal Victor

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

C’est dans un état un peu léthargique que je me rendis au TGP vendredi dernier… Et comme le dit l’adage prononcé par Virginia Woolf (et c’est là où je me maudis de n’avoir pas pris de notes… en même temps, je me voyais mal prendre des notes assis au premier rang… mais personne ne m’a obligé à m’installer au premier rang… il n’empêche, c’est un régal d’être tout près, surtout quand on sait qu’on ne risque rien, par exemple c’est une très mauvaise idée de s’asseoir au premier rang d’Ithaque de Christiane Jatahy… mais je m’emballe, j’anticipe une prochaine chronique et je digresse beaucoup trop) : C’est quand on n’a pas envie que la soirée se révèle délicieuse. Ce n’est absolument pas ce qu’a dit Virginia Woolf, mais ce n’est pas grave, car c’est bien ce que j’ai pensé de cette représentation.

Il n’est pas si aisé de rendre théâtral un matériau littéraire, ici des fragments du journal de Virginia Woolf (mais c’est déjà indiqué dans la partie « De quoi ça parle en vrai », donc j’allonge artificiellement cette partie « non-critique », ce dont je n’ai même pas besoin). Ce que j’aime aussi, c’est faire des parallèles entre les spectacles que je vois. Dans « Bovary » de Tiago Rodrigues, les feuilles étaient blanches et éparpillées sur tout le plateau. Ici les feuilles sont dactylographiées, rangées (d’après les dires des comédiennes) par ordre chronologique et nos trois admirables interprètes compulsent, nous livrent des extraits de l’imposante production intime de Virginia Woolf. Le terme « vagues » revient régulièrement, un jeu s’installe entre Johanna Korthals Altes, Isabelle Lafon et Marie Piemontese (que j’ai la chance d’apprécier depuis de nombreuses années maintenant dans les pièces de Joël Pommerat), tour à tour elles prendront la voix de Virginia Woolf, chacune à leur façon. Le tout est clair, on entend bien les mots de l’auteure britannique, il y a une délicatesse qui émane de la pièce et des comédiennes

C’est un travail admirable qu’a fourni Isabelle Lafon, car la somme des écrits intimes de Virginia Woolf est assez impressionnante et on perçoit bien la drôlerie, le sens de l’observation (cher à Henry James, cité à la fin du spectacle et que j’ai affiché au-dessus de mon bureau… ce qui est totalement faux, vu que j’écris partout sauf à mon bureau, ma phrase n’a aucun sens, je le sais, c’est la fièvre) de Virginia Woolf… Qu’est-ce que j’aime ce nom !

 

vu le vendredi 16 mars 2018 au Théâtre Gérard Philippe, Saint Denis.

prix de la place : invitation

 

LET ME TRY

une production Les Merveilleuses

D’après le Journal (1915-1941) de Virginia Woolf

Adaptation et mise en scène : Isabelle Lafon

Avec Johanna Korthals Altes, Isabelle Lafon, Marie Piemontese

Traduction : Micha Venaille – Lumière : Marion Hewlett en collaboration avec Patrice Lechevallier – Costumes : Agathe Mélinand et Nathalie Trouvé – Assistanat à la mise en scène : Marion Canelas

Jusqu’au 25 mars 2018 au théâtre Gérard Philippe (Saint Denis)

 

(une autre histoire)

Paraît-il, Virginia Woolf avait 38°7 de fièvre quand elle a écrit « Mrs Dalloway ». Déjà on peut douter de cette information : a-t-elle eu cette fièvre durant tout le processus d’écriture ? Ce qui me semble quasi impossible ou alors elle a écrit ce roman en une nuit ou deux jours ? Je dis ça parce que ça fait deux jours que j’ai une température oscillant entre 37°8 et 38°6 et que je me sens bien trop fatigué pour faire quoi que ce soit. Dois-je atteindre 38°7 pour que tout s’illumine dans mon esprit et ainsi pondre l’oeuvre de ma vie ?

Hier soir, après la pièce, je me suis rendu à un anniversaire. J’étais en nage, j’étais pas bien, mais j’y suis quand même allé. Pour la beauté du geste, de l’art. J’avais mis un vieux pull bien chaud si bien qu’au jeu de « Quel métier fais-tu ? », on a tout de suite deviné quel était le mien, là où je m’enorgueillissais que c’était quasi impossible de deviner. Le pire, c’est que je veux changer de métier. Les gens ne comprennent pas. « Mais tu veux faire quoi d’autre ? » Ben j’en sais rien. Enfin… si… je sais… Mais… De quoi je parle ? Je disais quoi ? 38°6. Je ne bois pas d’alcool, la fièvre ne me fait même pas délirer, je ne danse pas. J’offre mon présent à la reine de la soirée (un ouvrage de Fernando Pessoa) et marche jusqu’à la station de métro. Je monte péniblement mes six étages, envoie une photo de mon thermomètre rectal à la reine de la soirée, sûrement heureuse d’apprendre que mon histoire de température, c’était pas du chiqué, et aussi que j’utilise un thermomètre rectal.

38°7

Virginia Woolf, me voilà. Je me glisse sous la couette, l’ordinateur sur mes jambes, je tapote frénétiquement les soixante-trois mots les plus essentiels, que dis-je, les plus importants de toute ma vie d’auteur.

Ce soir, j’ai écrit un nouveau statut Facebook.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

À quelle sauce (printemps-été 18)

Parce que j’ai encore dix jours avant de voir mon prochain spectacle et que je m’ennuie, donc je dégaine avec un peu d’avance mon programme pour ces quatre prochains mois.

 

MARS

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Crédits photos : Théâtre de la Bastille
  • Claude de et par Gauthier Ployette (Théâtre À la croisée des chemins) : Premier spectacle du mois, premier saut dans l’inconnu… (tous les mercredis et jeudis, du 7 mars au 5 avril 18)
  • Bovary (Théâtre de la Bastille) : Tiago Rodrigues est de retour avec la reprise de Bovary (mais sans le grand Jacques Bonnaffé) avant un feu d’artifice en 18/19 ? (Sa façon de mourir avec le tg STAN + Sopro ?) (du 1e au 28 mars 18)
  • NTM (Accorhôtels Bercy) : Ce soir, on vous met… Ce soir on vous met la fièvre… pendant des heures… (du 8 au 10 mars 2018)
  • Hunter – Le chant nocturne des chiens (Théâtre de Chaillot) : Marc Lainé n’est jamais aussi bon que quand il écrit lui-même ses spectacles. (du 7 au 16 mars 18)
  • Cubix par Mathieu Enderlin (Le Mouffetard) : Découverte d’un spectacle jeune public. (du 14 au 25 mars 18)
  • Ithaque (Ateliers Berthier) : Christiane Jatahy est de retour avec les comédiennes de sa version des Trois Soeurs et rien que ça… (du 16 mars au 21 avril 18)
  • The Prisoner (Bouffes du Nord) : Peter Brook est de retour… Un beau moment de simplicité et de poésie en perspective. (du 6 au 24 mars 18)
  • The Great Tamer (Grande Halle de la Villette) : Après sa présentation au dernier Festival d’Avignon, je me suis laissé convaincre par la vidéo de Ronan sur ses attentes pour 2018. (du 20 au 23 mars 18)
  • 21 Pornographies par Mette Ingvartsen (Centre Pompidou) : Non non… rien… (du 22 au 24 mars 18)
  • M comme Méliès (Théâtre de Chaillot) : Di Fonzo Bo / Vigier dans un spectacle alliant théâtre, cinéma et magie. On fait confiance. (du 22 au 29 mars 18)
  • Notre innocence (anciennement Victoires) (La Colline) : Curieux de voir cette nouvelle création de Wajdi Mouawad, quelques mois seulement après le très beau « Tous des oiseaux ». (du 14 mars au 11 avril 18)
  • Les Émigrants – The Ghostchasers (en 2 parties) (Théâtre de la Bastille) : Je ne sais pas quoi dire. (du 20 au 31 mars 18)
  • By Heart (Les Tanneurs, Bruxelles) : Troisième fois que je verrai ce moment mené par Tiago Rodrigues. Oserai-je apprendre avec neuf autres personnes le fameux sonnet de Shakespeare ? (du 28 au 30 mars 18)

AVRIL

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Crédits photos : Robbie Jack
  • For Claude Shannon (du 3 au 6 avril 18) + This Duet that we’ve already done (so many times) (du 4 au 8 avril 18) + Radical Light (du 9 au 15 avril 18) + A Kind of Fierce (du 12 au 15 avril 18) (Théâtre de la Bastille) : Découvertes également de toutes ces pièces de danse avec tout de même l’envie de revoir Frédérick Gravel.
  • The Encounter (Odéon Théâtre de l’Europe) : Spectacle immersif par Simon McBurney (du 29 mars au 8 avril 18)
  • La Mécanique du Coeur d’après le roman de Mathias Malzieu (À la Folie Théâtre) : Pour être honnête, je fus un grand fan de Dionysos mais beaucoup moins des romans de Mathias Malzieu. Curieux de voir ce qui en a été fait pour le théâtre, même sans la musique du groupe. (les jeudis, samedis et dimanches, du 12 avril au 25 juin 18)
  • Les 7 jours de Simon Labrosse (Théâtre de Ménilmontant) : Je ne ferai aucun commentaire car cette pièce reste pour moi… Non, je ne dirai rien. (tous les mardis jusqu’au 29 mai 18)

MAI

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Olafur Arnalds
  • Au bois (Colline) : Revoir enfin Emilie Incerti Formentini sur scène après Rendez-vous Gare de l’Est de Guillaume Vincent (du 3 au 19 mai 18)
  • Mona (CentQuatre) : Ceci n’est pas un concert ni une pièce, mais Emily Loizeau. (les 2 et 3 mai 18) -> J’avais noté Mona, mais d’après le site internet du 104, ça serait un concert hommage à Lou Reed, à suivre…
  • Olafur Arnalds (Trianon) : Quelque chose de l’Islande dans ma tête, sûrement. (le 15 mai 18)
  • Gaz Coombes (Maroquinerie) : La satisfaction du concert hommage des Beatles l’autombe dernier, que je vois enfin tout seul, à défaut de l’avoir vu avec Supergrass. (le 29 mai 18)
  • Quelque chose se prépare au Théâtre de la Bastille auquel je participerai… les 25 et 26 mai 18… dans la salle du haut… Les Infiltré.e.s
  • Et toujours au théâtre de la Bastille, le collectif L’Avantage du doute prend la suite de Tiago Rodrigues pour occuper Bastille et ça sera forcément différent : Occupation Bastille 2 (du 23 mai au 16 juin 18)
  • Voilà ce que jamais je ne te dirai + Je suis un pays (La Colline) : C’est Macaigne et j’ai un peu peur de ce qu’il va nous demander de faire, surtout pour le 1e spectacle. (du 31 mai au 14 juin 18)

 

JUIN/JUILLET

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Crédits photo : Tanztheater Wuppertal
  • Tragédies romaines (Théâtre de Chaillot) : IVO VAN HOVE… voilà, c’est tout. (du 29 juin au 5 juillet 18)
  • Nefes (Théâtre des Champs Elysées) : PINA BAUSCH… voilà c’est tout. (du 2 au 12 juillet 18)

Encore une fois, il s’agit ici d’une liste qui risque de s’allonger ou de se modifier dans les prochaines semaines, au gré des invitations, conseils et autres rencontres.

 

J’AI DÉJÀ VU, C’EST BIEN MAIS JE N’Y RETOURNE PAS PARCE QUE JE N’AI PLUS DE SOUS ET QUE J’ESSAIE D’AVOIR UNE VIE SOCIALE…

  • Nicolas Bouchaud au Théâtre du Rond Point avec La loi du marcheur (du 7 au 18 mars 18), Un métier idéal (du 20 au 31 mars 18) et Le méridien (du 4 au 14 avril 18), avec une préférence pour le premier et les mots de Serge Daney.
  • La reprise, toujours au Rond Point des Bijoux de Pacotille par Céline Milliat Baumgartner et Pauline Bureau (du 6 au 31 mars 18)
  • La reprise encore au Rond Point du spectacle de Mathieu Madenian (du 24 au 26 mai 18)
  • La reprise de la Conférence de Choses par François Grémaud et Pierre Mifsud au Nouveau Théâtre de Montreuil (du 20 au 24 juin 18)
  • Jusque dans vos bras des Chiens de Navarre à la MC 93 Bobigny (du 24 au 29 avril 18)
  • La nuit je suis Robert de Niro de Guillaume Barbot, mise en scène par Elsa Granat (dont on devrait entendre parler la saison prochaine…) à la Loge (du 12 au 15 juin 18)
  • F(l)ammes à la Commune (du 9 au 11 avril 18)
  • Une Chambre en Inde au Théâtre du Soleil (même si je n’avais pas été complètement convaincu). (du 24 février au 29 avril 18)

(court) BILAN HIVER 2018

42 spectacles vus du 1e décembre 2017 au 19 février 2018, 35 chroniques écrites (une seule chronique pour les deux volets d’Adieu Ferdinand de Philippe Caubère et pour le diptyque Iliade Odyssée, aucune chronique pour des spectacles déjà vus et chroniqués : le concert des No Man’s Louise au Nez Rouge et au Jam à Marseille, Bacchantes de Marlene Monteiro Freitas, Gala de Jérôme Bel, pas de chronique non plus concernant une Pastorale dans le village familial pour des raisons de proximité, mais deux articles « hors série » avec mon bilan 2017 et la soirée Gladparty). Je n’ai raté aucun spectacle de mon programme, mis à part celui de Phia Menard, mais c’était pour la bonne cause et surtout pour Londres.

Dans les coups de coeur, je mentionnerai la confirmation Marlene Monteiro Freitas et son Jaguar à Bastille, la claque Lia Rodrigues et son Pindorama à Chaillot et la découverte des Petites Reines de Justine Heynemann (que des femmes, dites donc et encore je n’ai pas cité Emma Dante !)

Les chroniques les plus lues : Mélancolies, Saïgon et Adieu Ferdinand ! (sans compter celle de la Gladparty)

 

A bientôt en mai pour un billet spécial sur les nouvelles saisons 18/19 présentées dans les différents théâtres, ainsi que sur la programmation du prochain Festival d’Avignon !

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Gâchette du bonheur (Ana Borralho / João Galante / Nouveau Théâtre de Montreuil)

(quand on ne lit pas la bible)

Gâchette du bonheur ? Une pièce autour du bonheur qui gâche tout ?

 

(de quoi ça parle en vrai)

Ana Borralho et João Galante aiment davantage le réel que la fiction. La performance, plus que l’art dramatique. Les actes plutôt que les histoires. Et lorsqu’ils se mettent à l’écoute de la jeunesse pour prendre le pouls de notre époque, ils lui tendent un micro de manière franche et directe. Le tandem d’artistes habitué à des performances sur l’intimité s’efface pour laisser place à des jeunes rencontrés là où se jouera Gâchette du bonheur. À Montreuil, comme à Valenciennes, Budapest ou Lisbonne, les participants sont invités à se raconter. Ils parlent moins du bonheur que de leurs désirs, de leur regard sur la société, de l’intime. L’ensemble suit la logique aléatoire d’un jeu de roulette russe, où priment les associations d’idées et une énergie collective explosive… (site du Nouveau Théâtre de Montreuil)

 

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Crédits photos : DR – Photos non contractuelles : avec une autre distribution que celle de Montreuil

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Le hasard… non… Mes envies font que depuis la rentrée de cet automne, il s’agit déjà de la quatrième pièce documentaire à laquelle j’assiste. Et j’aimerais parfois garder un brin de fraîcheur, de la naïveté même. Car désormais je ne peux plus m’empêcher de me poser plein de questons durant la représentation : Lesquels sont des acteurs ? Comment ont-ils travaillé ? Quelle a été la préparation ? Y a quand même du faux dans le vrai ou l’inverse ?

Les acteurs brandissent chacun leur tour un pistolet qui éclatera (ou pas) un petit ballon de baudruche rempli de poudre colorée (magnifique effet. quand l’arme ne s’enraye pas…)… Ils jouent à la roulette russe. Celui qui perdra racontera une histoire dont le thème (ou une phrase) est dissimulé dans un petit papier logé dans la crosse de l’arme, mais qu’on ne nous lira pas.

Si on suit ce dispositif, chaque représentation est unique, puisque l’ordre n’est pas supposément pas connu d’avance et de fait les thèmes abordés par chacun les incitent à puiser dans leurs mémoires. Car tels des conteurs, ces jeunes gens racontent avec leurs propres mots et leurs hésitations, leurs vies (un problème de dos), leurs souvenirs (leur première fois), leurs doutes, leurs satisfactions (le bonheur d’être ensemble), des petits moments aussi (la première branlette… je ne sais pas pourquoi je l’ai mise dans les « petits » moments…).

L’histoire ne nous dit pas si tout est calculé d’avance. J’ai envie de garder cette part de mystère et de me dire que si jamais je retourne voir la pièce, je verrai une autre pièce mais avec un enthousiasme identique de la part de ces acteurs. Car il y a une fraîcheur, une sincérité qu’on ne doit pas remettre en question. Certes, tous ne sont pas convaincants ou ne racontent pas des histoires passionnantes et il peut y avoir un entre-soi qui met de côté le public, on ne se retrouve pas forcément dans les thèmes abordés (moi qui ai au moins quinze ans de plus que ces jeunes gens), il n’empêche, on est touché par l’histoire de la grand-mère délaissée par une grande partie de sa famille ou ces rapports avec les parents. On est aussi séduit par la spontanéité de certains acteurs.

« Gâchette du bonheur » était un spectacle un peu casse-gueule sur le papier mais qui remplit ses promesses.

 

vu le jeudi 8 février 2018 au Nouveau Théâtre de Montreuil, salle Maria Casarès

prix de la place : invitation Télérama

 

GÂCHETTE DU BONHEUR

Une production casaBranca

avec AMEUR-ZAIMECHE May; BARRAULT Eleonore, HERIN Nathan, LIZOP Camille, LUBUMA Pierre, MADIBA Sara-Angeline, MAGINOT-HARDY Maëlle, MASSINI Oriane, MICHEL- ENGELHORN Lila, ORIOU Eva, RAIGNEAU Loubna, ROYER Simon, SAUVAGE Axel, THIERRY Jonas

conception, direction artistique Ana Borralho, João Galante

création lumière Thomas Walgrave – son Coolgate, Pedro Augusto – collaboration dramaturgique Fernando J. Ribeiro – assistants artistiques Antonia Buresi, Alface (Cátia Leitão), Tiago Gandra

Jusqu’au 16 février 2018 au Nouveau Théâtre de Montreuil et les 12 et 13 juin 2018 à Lille (Festival Latitudes Contemporaines avec une autre distribution)

 

(une autre histoire)

Le doigt est sur la gâchette, une ritournelle trotte dedans ma tête. Ça te fait quoi de te suicider pour de faux chaque soir ? Tu sais que c’est du chiqué et pourtant… J’ai vu que ta main tremblait. C’est le pétard ou la chute qui va avec qui te faisait peur ? Tu tombais comme au ralenti. Je serais bien incapable de faire la même chose. J’ai plus cette insouciance. Tomber.

Tu te souviens quand je m’étais mis debout sur cette chaise haute, que j’avais fait mine de me pendre, que la corde avait lâché et que j’avais chuté de toute ma hauteur sans prendre conscience de ce que je faisais. J’aurais pu me faire très mal. Je n’étais déjà plus très jeune mais encore assez con.

Ou la fois où j’ai tourné sur moi-même une bonne dizaine de fois, à m’en rendre malade. Je vomis dès que je monte sur un manège, qu’est-ce qui m’est passé par la tête de tourner comme ça ? J’étais livide. Tu crois que si on tourne dans l’autre sens, ça annule tout ?

Tu sais quoi, je crois bien que je réfléchis trop. Y a une fameuse métaphore que j’ai lue je ne sais plus où. J’aime la ressortir. L’élastique. Dans la tête. Qui tire, qui tire mais ne pète jamais. J’aimerais bien que ça pète. Être inconséquent. J’aimerais crier, par exemple. Sans raison. Pourquoi je ne le fais plus ? Ailleurs que là où c’est permis.

J’aimerais tomber. Et me relever. Et tomber. Et me relever. Mais sans pleurer.

Je veux être élastique.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

France-Fantôme (Tiphaine Raffier / TGP Saint Denis)

(quand on ne lit pas la bible)

France Fantôme ? S’il y a quelque chose d’étrange, dans le voisinage, mais qui appelles-tu donc ? France Fantôme ?

 

(de quoi ça parle en vrai)

(…) Une oeuvre de science-fiction : voici ce que Tiphaine Raffier propose avec France-fantôme. Dans le monde qu’elle invente, grâce à une technologie nationale, il est devenu possible de décharger ses souvenirs dans des coffres-forts numériques reposant au fond de l’océan. Lorsque la mort advient, il suffit de les injecter dans un autre corps. On réintègre alors le monde des vivants. On appartient à la communauté des « rappelés ». (…) Dans cette « France-fantôme » où le deuil est au centre de la vie, on suit le parcours d’une femme qui perd son compagnon. Son amour pour le disparu, sa douleur, contredisent tous les mécanismes palliatifs. Le système se grippe, chair contre souvenirs. (http://www.theatregerardphilipe.com/cdn/france-fantome)

 

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Crédits Photos : Simon Gosselin

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Bienvenue dans cette non-critique sponsorisée par Recall Them Corp. ! (avec un petit quelque chose de Philip K. Dick, dit celui qui a connu cet auteur via les films de Ridley Scott et Paul Verhoeven avec un soupçon de Robocop par le même Verhoeven pour les fausses pubs au milieu de la pièce) N’oubliez surtout pas de décharger vos mémoires avant et après avoir lu cette chronique, surtout si vous la trouvez médiocre.

Il fallait oser s’attaquer à un genre peu exploité dans le théâtre français (genre qui commence aussi à revenir, et de belle façon, dans le paysage audiovisuel français grâce à Arte et aux séries Trepalium et surtout Transferts qui a des traits de ressemblance avec France-Fantôme dans son argument principal : le transfert d’une personne d’un corps à un autre, possible ici avant la mort) et Tiphaine Raffier, déjà vue en tant que comédienne chez Julien Gosselin (et j’arrêterai là le jeu des références, même si on peut s’amuser à chercher les points communs assumés entre eux deux), relève haut la main le pari.

C’est bien connu, les oeuvres de science fiction en disent beaucoup sur nos sociétés et France-Fantôme ne déroge pas à la règle. Celle-ci nous prévient même des dérives  (idéologiques, religieuses par exemple), qui nous pendent au nez, à coup de sentences déclamées ou écrites en grand sur un écran géant qui peuvent paraître un peu grossières et/ou donneuses de leçons. Mais là sera le seul bémol car Tiphaine Raffier nous présente un spectacle qui ne lasse pas malgré sa durée (2h35 sans entracte), nous immerge dans ce futur lointain (XXVe siècle) mais étonnamment ressemblant à notre présent grâce à un remarque travail musical/vidéographique (je ne sais pas si ce mot existe) /scénographique notamment et aussi surtout grâce à des acteurs et des musiciens hors pair.

La France a un incroyable talent : Tiphaine Raffier. (le pire, c’est que je ne regarde même pas cette émission… pardon pour cette ultime référence indigne)

 

vu le vendredi 2 février 2018 au TGP Saint Denis

prix de la place : 13,95€ (billetreduc)

 

FRANCE FANTÔME

Avec Guillaume Bachelé, François Godart, Mexianu Medenou, Édith Mérieau, Haïni Wang, Johann Weber, Rodolphe Poulain et les musiciens Marie Éberlé et Pierre Marescaux

Lumière Mathilde Chamoux – Composition musicale Guillaume Bachelé – Vidéo Pierre Martin – son Frédéric Peugeot – Scénographie Hélène Jourdan – Costumes Caroline Tavernier  – Assistanat à la mise en scène Lyly Chartiez-Mignauw et Lucas Samain – Régie générale Arnaud Seghiri

Compagnie La Femme coupée en deux

Jusqu’au 10 février 2018 au TGP Saint Denis et les 13 et 14 février 2018 au 61 (Alençon)

 

(une autre histoire)

Aujourd’hui, vendredi 2 février, c’est le jour de la marmotte. Cinq jours par semaine, je revis exactement la même journée. Ce sont les trompettes du Festival d’Avignon qui me réveillent toujours à la même heure, 6h58, je consulte mes courriels, lance le café, fais pipi, bois mon café, me recouche, attends le dernier moment pour prendre ma douche et partir de chez moi, me souviens qu’il n’y a aucune station vélib en activité près de mon lieu de travail, soupire, arrive en retard, subis toute la journée. Une fois celle-ci terminée, je ferme la porte de mon bureau et écoute le silence.

Aujourd’hui, vendredi 2 février, c’est le jour de la marmotte. Cinq jours par semaine, je revis exactement la même journée. Ce sont les trompettes du Festival d’Avignon qui me réveillent toujours à la même heure, 6h58, je consulte mes courriels, lance le café, fais pipi, bois mon café, me recouche, attends le dernier moment pour prendre ma douche et partir de chez moi, me souviens qu’il n’y a aucune station vélib en activité près de mon lieu de travail, soupire, arrive en retard, subis toute la journée. Une fois celle-ci terminée, je ferme la porte de mon bureau et écoute le silence.

Aujourd’hui, vendredi 2 février, c’est le jour de la marmotte. Si je décharge mes souvenirs, me souviendrai-je du jour d’avant ? Ça ne fonctionne pas comme ça, hein ? On se les garde ses putains de souvenirs. Un petit coup de Lacuna comme dans le film de Gondry, ça serait possible, s’il vous plaît ?

Le soir après la pièce, je bois deux Chouffe. A jeun. Ça va mieux. Je n’oublie pas,  mais ça va mieux. Je pense à autre chose.

Tu sais à quoi je pense.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Ex Anima (Bartabas / Zingaro)

(quand on ne lit pas la bible)

Ex Anima ? L’histoire d’un échange d’âme qui tourne mal ?

 

(de quoi ça parle en vrai)

Comme un souffle de l’âme, « un cheval hennit quelque part, jusqu’à la fin du monde »*…

Voilà presque trente ans qu’au cœur de l’Aventure Zingaro les chevaux vivent et travaillent à nos côtés. Ils sont les inspirateurs de nos créations, notre moteur de désir. À leur contact, nous avons appris à nous ensauvager pour recevoir les leçons qu’ils ont bien voulu nous enseigner et comprendre qu’ils sont une ‘‘partie mémorielle de nous-mêmes’’ **. Pour cette ultime création, je souhaiterais les célébrer comme les acteurs véritables de ce ‘‘théâtre équestre’’ si original… Montrer un rituel sans mémoire, une cérémonie où le spectateur se surprendra à voir l’animal comme le miroir de l’humanité. Pour cela nous devons apprendre à nous dépouiller de notre ego, de notre corps individuel au profit d’un corps partagé, anonyme… N’être plus qu’une présence en retrait et devenir des ‘‘montreurs de chevaux’’ et avec eux, défricher des terres nouvelles… BARTABAS (* Joseph Delteil  ** Michel Onfray)  (http://bartabas.fr/theatre-zingaro/spectacles/)

 

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Crédits photos : Marion Tubiana

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Deuxième spectacle signé Bartabas que je vois de mes yeux vus. Le premier baignait au son de Tom Waits et était accompagné par des anges. Il m’avait fait grande impression, notamment grâce au lieu magique qu’est le théâtre Zingaro, le survol des écuries…

Cette fois-ci, on nous promet un spectacle sans humains. Ou presque. L’homme, le dresseur restera en retrait, à l’image du grand Manitou Bartabas, tapi dans l’ombre mais veillant au grain à ce que tout soit parfait. Or, par définition, mettez deux canassons tout seuls sur scène, rien ne sera parfait et c’est ça qui est génial. On les voit récalcitrants, cabotins… Nous ne savons pas ce que nous regardons ni où nous allons. Cela fait-il partie du spectacle, ça commence quand, ça finit quand ? C’est une expérience quasi mystique à laquelle nous invite Bartabas et toute son équipe, durant laquelle l’animal et l’anima ne font qu’un (latin jusqu’en seconde). Moi qui n’ai jamais monté un seul cheval de toute ma vie (et ici, dois-je le préciser, aucun cheval n’est monté), je suis resté fasciné du début à la fin, ou presque. Je dis presque, car, hormis l’absence d’effet de surprise de la première fois, on peut ressentir quelques longueurs, mais largement compensées par une musique jouée en direct par des musiciens maîtrisant de multiples instruments de toutes origines (je ne pouvais pas faire plus vague, désolé… y avait le machin qu’on voit dans les westerns, comme un élastique…)

Mais surtout, à l’heure où on parle régulièrement de la souffrance animale, on ne peut s’empêcher de se demander : « Mais comment ont-ils fait ? A quoi réagissent les chevaux ? Une odeur, un ultra-son, une caresse, un toussotement ? Combien de temps pour ce résultat ? » (liste non exhaustive)

On reste en tout cas ébahi devant la beauté de ces chevaux, de gabarits et d’origines différents (je me souviens des chevaux courts sur pattes en Islande…). Dommage que ce spectacle ne se termine par une scène plutôt graphique, pour aller dans l’euphémisme (voir la section « une autre histoire »). On préferera garder en mémoire les sons, les parfums, le mouvement équestre et la liberté.

 

vu le mardi 30 janvier 2018 au théâtre Zingaro, Aubervilliers

prix de la place : cadeau anniversaire

 

EX ANIMA

Une création du Théâtre équestre Zingaro

Conception, mise en scène, scénographie : Bartabas

Musique Originale : François Marillier, Véronique Piron, Jean-Luc Thomas, Wang Li

Jusqu’au 4 mars 2018 au théâtre équestre Zingaro (Aubervilliers), du 19 avril au 13 mai 18 à Bourget-le-Lac, du 28 septembre au 24 octobre 18 à Caen.

 

(une autre histoire)

Un cheval mécanique ? Non. Un engin en forme de cheval avec un trou à la place de la queue (de cheval) pour accueillir la semence de l’étalon qui s’approche. Comment dire ? Je n’ai jamais vu ça. Comment appelle-t-on ce genre de… un étalon ? Pourtant j’ai déjà vu des films à caractère pornographique et… je me suis caché les yeux. Je n’ai jamais vu un tel membre. Il avait peine à trouver où était le trou, ça me rappelle quelqu’un… Euh… non, non… la piste est glissante, je ne dois pas m’y engager, même si c’est toujours bon signe quand c’est glissant. Je m’enfonce. Je ne devrais peut-être pas dire ça. On pourrait se méprendre, je ne suis absolument pas obsédé.

Attendez, je remets mon pantalon, j’aime me mettre à l’aise quand j’écris. Je m’imagine à une autre époque trempant ma plume… tout en trempant mon biscuit… J’ai honte. Je manque de sommeil, il faut dire. J’essaie de trouver un sous-entendu graveleux pour enchainer, mais je n’y arrive point. Je vous l’ai dit, je manque de sommeil. Je m’endors toujours facilement, mais je me réveille au milieu de la nuit, souvent à la suite d’un cauchemar. Je rêve qu’il n’y a plus rien là où je fais pipi. Vous me direz… enfin… l’une d’entre vous pourrait dire : Déjà qu’il faut bien chercher en temps normal… Purée, je m’étais promis de ne pas en parler ! Je n’ai donc plus rien. Mais y a même pas de trou à la place et j’ai envie de faire pipi.

La vérité, c’est que je ne sais pas où cette histoire va. Ou plutôt si, elle part à vau-l’eau. Encore de l’eau et ça me donne encore envie de faire pipi. Et du coup (je viens d’utiliser mon joker « du coup » du mois), je ne sais plus si j’ai envie de faire pipi en vrai ou seulement dans mon rêve. Une fois j’ai rêvé que j’étais aux toilettes…

De quoi je parlais ? De la queue du cheval. Est-ce qu’on peut en faire des tresses ?

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

1993 (Bellanger / Gosselin / TNS / Théâtre2Gennevilliers)

(quand on ne lit pas la bible)

2666 – 1993 = 673 : Prochain spectacle de Julien Gosselin ?

 

(de quoi ça parle en vrai)

Ce fut longtemps une légende. Puis, un jour, le tunnel sous la Manche reliant Calais à Douvres est devenu une réalité. La Grande-Bretagne enfin rattachée au continent, l’Europe pouvait s’enorgueillir d’avoir franchi un pas décisif. Sauf que, comme l’écrit Aurélien Bellanger, « le Tunnel, solution jadis miraculeuse, est devenu le nom d’un problème insoluble ». Cela commence au mitan des années 1990 quand des réfugiés kurdes ou kosovars font des anciens entrepôts ayant servi à la construction du tunnel une zone de transit. Dans ce spectacle construit avec le Groupe 43, sorti de l’École du TNS en juillet 2017, le metteur en scène Julien Gosselin et le romancier Aurélien Bellanger interrogent la vision d’une génération : que signifie être né après la chute du mur de Berlin ? De quelles déceptions, de quels rêves hérite-t-on ? Qui aurait imaginé en inaugurant le tunnel sous la Manche, en 1993, qu’au même endroit surgirait quelques années plus tard la Jungle de Calais ? Après Les Particules élémentaires adapté du roman de Michel Houellebecq et 2666, d’après Roberto Bolaño, Julien Gosselin poursuit son analyse sans concession des mythologies contemporaines. (https://www.theatre2gennevilliers.com/1993/)

 

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Crédits photos : Jean-Louis Fernandez

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Ceci est un spectacle déconseillé aux asthmatiques et aux épileptiques. Ceci n’est pas un spectacle de fin d’année. Aucun acteur de l’école TNS n’aura son moment de gloire et c’est tant mieux.

Une première partie avec beaucoup de texte. Quand ça parle trop, frontalement, que ça ne raconte pas une histoire, j’ai du mal, je suis comme ça. Je veux dire, ça me plait ou ça me plait pas, c’est pas le problème, c’est seulement pour ingérer les informations et les digérer que j’ai du mal. L’Europe c’est quoi ? La fin de l’histoire ? Pourquoi je sais pas tout ça ? Eurotunnel, le tunnel du CERN, les migrants, le nationalisme, tout fout le camp depuis 1993 ? L’Eurodance ??? Et s’ils n’avaient pas construit de tunnel ? Avant ? On fait quoi alors ? Je ne sais pas.

No no no no no no There’s no limit (j’ai résumé les no), dans tous les sens du terme.

(fin 92 début 93, j’ai vérifié, c’était Jordy avec « Dur dur d’être un bébé » qui était n°1 du TOP 50. Annonciateur !)

Une deuxième partie avec des jeunes pas si Erasmus que ça… De la coke, de la musique, des gens qui font la fête et se préparent à… Tout est filmé.

Ce qui a de bien chez Gosselin, c’est l’immersion. Les créations musicale, lumineuse (luminescente ?), filmique. Tout est maîtrisé. Superbe rendu de la vidéo, c’était déjà le cas dans 2666. Mais à part ça, je ne sais pas quoi penser. Parfois j’ai trouvé le texte douteux, parfois visionnaire. En fait, plus j’y pense, mieux je comprends. Je reviendrai la semaine prochaine.

(j’ajouterai pour conclure qu’il y avait longtemps que je n’avais pas assisté à un aussi long silence à la fin de la pièce, personne n’osait applaudir…)

 

vu le dimanche 14 janvier 2018 au Théâtre de Gennevilliers

Prix de la place : 3,5€ (WeClap)

 

1993

Texte : Aurélien Bellanger

Mise en scène : Julien Gosselin

avec Quentin Barbosa, Genséric Coléno-Demeulenaere, Camille Dagen, Marianne Deshayes, Pauline Haudepin, Roberto Jean, Dea Liane, Zacharie Lorent, Mathilde-Edith Mennetrier, Hélène Morelli, Thibault Pasquier, David Scattolin

scénographie Emma Depoid, Solène Fourt – musique Guillaume Bachelé – costumes Salma Bordes – son Hugo Hamman, Sarah Meunier – lumière Quentin Maudet, Juliette Seigneur en collaboration avec Nicolas Joubert – vidéo Camille Sanchez en collaboration avec Pierre Martin

jusqu’au 20 janvier 2018 au Théâtre de Gennevilliers et les 16 et 17 mars 2018 au Phénix (Valenciennes), du 26 mars au 10 avril 2018 au Théâtre National de Strasbourg, du 17 au 21 avril 2018 au théâtre de Liège, du 16 au 18 mai 2018 au théâtre de Vidy Lausanne.

 

(une autre histoire)

1993.

Je suis en troisième. L’Olympique de Marseille gagne la coupe d’Europe et l’OM VA. Deux ans plus tôt, j’étais à genoux devant ma télé, en pleurs après le pénalty raté de Manuel Amoros. Je prends le bus n°9. Parfois on marche jusqu’à l’arrêt avant le collège pour avoir les places assises. (A mi chemin, le bus. De ma voix qui mue et déraille : « Y a le bus ! ». On court). Je me rase déjà la moustache et uniquement la moustache. L’an prochain pour aller au lycée, on prendra le bus n°9 ou le bus n°10. Je passe le brevet. Je n’ai encore embrassé personne. Pour fêter la fin de l’année, on se retrouve chez Julien. Piscine et banga. Mon premier poil au dos. Je découvre les films de Hal Hartley sur Arte. Je lis quoi… un Stephen King ? Cet été-là… Pardon. D’abord. Patrick Roy meurt. Pierre Bérégovoy se suicide, c’est un samedi, je regarde chez mes grands-parents la série Beverly Hills. Ils interrompent l’épisode, ces bâtards. Pardon. Cette année-là, je tanne mon père pour prendre des actions Eurodisney et Eurotunnel. Bien lui en a pris de ne pas m’écouter. Blur sort « Modern Life is rubbish » mais je ne les écouterai que quelques années plus tard, à la sortie de « Parklife » : « Girls who are boys who like boys to be girls… ». Ma mère ne veut pas que ma soeur et moi allions voir U2 au Stade Velodrome. C’est ZOOROPA… Vorsprung durch Technik et l’Eurodance, Ace of Base, 2Unlimited (je suis un peu amoureux d’Anita la chanteuse). Cet été-là… Je joue au tennis et à la console portable SEGA Gamegear. Cet été-là, au ciné de la montagne, je vois Benny & Joon tout seul. Cet été-là, je rencontre la fille de la piscine.

Je viens de réaliser que c’était il y a 25 ans. 25 ans que je suis comme ça. En 1993, je ne savais pas encore que je chuchoterais quelques années plus tard « Non non non pas d’insectes dans ma tête ». En 1993, j’ai commencé à écrire. Parce que j’avais rencontré une fille, la fille de la piscine et que…

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Deux mille dix-sept

SPECTACLE VIVANT

Parce que j’aime faire des bilans, même si l’année théâtrale est plus scolaire que civile. L’occasion également d’inclure des spectacles vus l’été dernier durant le Festival d’Avignon (in & off).

Une année record, aussi parce que je n’ai pas travaillé entre février et août (vive le temps partiel annualisé qui me manque tant), pourtant c’est entre septembre et décembre que j’ai vu le plus de spectacles… Et je sais déjà que j’en ferai beaucoup moins en 2018, hors Festival d’Avignon bien entendu, j’ai vu mes limites, tant physiques qu’inspirationnelles, si je puis dire.

101 spectacles (71 l’an passé) à Paris, Avignon, Marseille, Saint Martin de Brômes, Montreuil, Nanterre, Toulouse, Les Lilas, Porto, Lisbonne, Bruxelles, Bobigny, dans 50 lieux avec des artistes français, portugais, suisses, québécois, italiens, grecs, belges, allemands, israëliens, brésiliens, parfois (souvent) dans le texte. Du théâtre, de la danse, du seul en scène, du one wo.man show, des lectures, des sorties d’ateliers, d’écoles de théâtre, du cirque, des lectures, des performances, du jeune public, des professionnels, des « amateurs » et même des pièces dans le privé, mais pas trop quand même… Trois spectacles vus deux fois (Gala, Bacchantes, Grande)…

À part ça de grands souvenirs avec (dans le désordre et les liens vers mes non-critiques qui vont avec) :

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(Sopro)
  • Bacantes / Bacchantes (Marlene Monteiro Freitas – TNDM II, Lisboa & Centre Pompidou, Paris)
  • Gala (Jérôme Bel – Rond Point, Paris & Kaaitheater, Bruxelles)
  • Sopro (Tiago Rodrigues – Cloître des Carmes, Avignon)
  • Grande (Tsirihaka Harivel & Vimala Pons – CentQuatre, Paris)
  • Tous des oiseaux (Wajdi Mouawad – Colline, Paris)
  • Les barbelés (Annick Lefèvbre/Alexia Bürger – Colline, Paris)
  • Néant (Dave St Pierre – Oulle, Avignon)
  • La face cachée de la lune (Robert Lepage – Grande Halle de la Villette, Paris)
  • F(l)ammes (Ahmed Madani – Les Halles, Avignon)
  • Maîtres anciens (Nicolas Bouchaud – Bastille, Paris)
  • Interview (Nicolas Truong / Nicolas Bouchaud / Judith Henry – Monfort, Paris)
  • We love Arabs (Hilel Korgan – Rond Point, Paris)
  • Doreen (David Geselson – Bastille, Paris)
  • Pindorama (Lia Rodrigues – Chaillot, Paris)
  • Mount Olympus (Jan Fabre – Grande Halle de la Villette, Paris)

 

CONCERTS

30 soirées concerts mais 46 artistes entre Paris, Bruxelles, Reykjavik, le fin fond des Alpes de Haute Provence, Pantin, Torshavn avec dans les coups de coeur (et dans le désordre, avec les liens vers mes non-critiques qui vont avec) :

Klo Pelgag – Le sexe des étoiles (Live) from DTO FILMS on Vimeo.

 

  • Klô Pelgag (Brussels Summer Festival)
  • La soirée hommage à Lhasa (Philharmonie de Paris avec le festival Aurores Montréal)
  • Girls in Hawaii (Trianon, Paris)
  • Shannon Wright (Café de la Danse, Paris)
  • Seu Jorge (Théâtre Silvain, Marseille)
  • et le spécial copinage mais elles le valent bien : No Man’s Louise (Vieille Grille, Paris & le Jam, Marseille) (tous les dimanches du mois de janvier à 17h sur la péniche Le Nez Rouge)

 

DISQUES

J’achète toujours des CD, j’en emprunte quelques uns à la médiathèque. Comme pour les livres, je ne suis pas forcément l’actualité… (réécoute des albums de Lhasa, de Suuns, de The Divine Comedy) mais à part ça…

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  • Girls in Hawaii « Nocturne »
  • Klô Pelgag « L’alchimie des monstres » (son premier album)
  • Lcd Soundsystem « American Dream »
  • Pierre Lapointe « La Science du Coeur »
  • Courtney Barnett & Kurt Vile « Lotta Sea Lice »
  • Lhasa « Live in Reykjavik »

 

 

CINÉMA

Beaucoup de films (70 au 27 décembre 2017), vus dans 31 cinémas différents et pourtant pas de grands coups de coeur et je serais bien incapable de faire un top 15. Et quand je liste les films que j’ai ratés, je ne peux que m’en tenir pour responsable. Donc on se limite à dix films avec, dans le désordre :

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  • La Villa (Robert Guédiguian)
  • L’autre côté de l’espoir (Aki Kaurismaki)
  • Le sens de la fête (Nakache / Toledano)
  • Diane a les épaules (Fabien Gorgeart)
  • Baby Driver (Edgar Wright)
  • Les Filles d’Avril (Michel Franco)
  • L’Amant d’un jour (Philippe Garrel)
  • The Square (Ruben Ostlund)
  • I am not your negro (Raoul Peck)
  • Lion (Garth Davis) , le plaisir coupable qui m’a fait pleurer comme ça faisait longtemps que je n’avais plus pleuré au cinéma…

Cependant je pourrais ajouter des films (re)vus enfin sur grand écran et qui m’ont procuré énormément de plaisir comme La Ronde (Max Ophüls), La règle du jeu (Jean Renoir), The Kid (Charles Chaplin), La Maman et la Putain (Jean Eustache)

 

RATTRAPAGE TV

  • Hungry Hearts de Saverio Costanzo avec Alba Rohwacher et Adam Driver
  • Jim & Andy, documentaire de Chris Smith avec Jim Carrey sur le tournage de « Man on the moon » de Milos Forman

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  • It follows de David Robert Mitchell
  • Frank de Lenny Abrahamson avec Michael Fassbender, Domnhall Gleeson, Maggie Gyllenhall
  • 99 Homes de Ramin Bahrani avec Michael Shannon, Andrew Garfield

 

SÉRIES

Je n’ai toujours pas vu The Crown, The Leftovers, The Handmaid’s Tale, la dernière saison de Twin Peaks, aucune saison du Bureau des Légendes, Stranger Things.

En revanche, j’ai apprécié :

  • la saison 2 de « Master of None »

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  • la saison 1 de « The Good Place »
  • la saison 1 de « The Good Fight »
  • la saison 1 de « This is us »
  • les trois saisons de « Broadchurch »

Et j’ajouterai également la saison 2 de la série québécoise humoristique « Like moi » qui va bientôt connaître une adaptation française, j’ai peur.

 

LIVRES

  • Dans les essais : « Modern Romance » d’Aziz Ansari (Hauteville) et « Aller au cinéma ou faire l’amour » de Christine Delmas (Textuel).
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illustrations de Yann Legendre
  • Dans les romans : « Marx et la poupée » de Maryam Madjidi (Le Nouvel Attila).
  • Dans les romans/documentaires : « Les gens dans l’enveloppe » de Isabelle Monnin (avec une musique de Alex Beaupain) (Livre de Poche)
  • Dans les bandes dessinées : toute l’oeuvre de Guy Delisle (Delcourt) et les « Faits divers » de Anouk Ricard (Cornélius).
  • Dans les correspondances : « Lettres à la fiancée » de Fernando Pessoa (Rivages)

 

Sur le plan personnel… Non, je n’en parlerai pas. Seulement que j’espère bien que ce blog vivra une année 2018 exceptionnelle, entre Paris, Avignon, Marseille, Bruxelles, Londres et ailleurs… Infiltré, bientôt de nouveau occupé (je vous laisse l’avantage du doute… comprend qui pourra)… En route vers de nouvelles aventures avec mon amie la sterne arctique croisée lors d’une balade en vélo à Seydisfjordur (Islande) et qui ne me quitte plus depuis. A bientôt ici ou ailleurs.

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Crowd (Vienne / Cooper / Nanterre Amandiers)

(quand on ne lit pas la bible)

Une fois n’est pas coutume, c’est mon voisin qui l’a très bien défini avant que le spectacle ne commence : Mais dans « Crowd », y a un seul comédien ?

 

(de quoi ça parle en vrai)

Surexposés sur fond noir, des corps brillent au cœur d’une nuit, comme figés par le flash d’un appareil photo. Quinze personnes participent à une fête improvisée, sur fond de musique électronique et techno. Pour Crowd, Dennis Cooper et Gisèle Vienne composent ensemble une partition chorégraphique et théâtrale où les histoires se croisent et se superposent, une narration sans paroles audibles qui vient déployer le paysage complexe de cette fête… (site des Amandiers)

 

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Crédits photos : Estelle Hanania

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Des boules quiès qui resteront dans la poche parce qu’on n’est pas dans un concert des Rolling Stones, une certaine odeur indescriptible (me suis demandé si c’était moi en sortant des toilettes), de la terre, c’est la fête… Noir, musique. Ce qui est appréciable c’est que la playlist figure dans le programme, c’est rarement le cas. Donc j’écris présentement ces quelques mots en écoutant Underground Resistance, mais avec mes boules quiès, car je suis vieux et qu’avec ma verveine et mes McVitie’s, c’est pas vraiment la musique que j’écoute pour écrire. Mais au moins, quand je m’ennuierai, je pourrai m’essayer à la chorégraphie virtuose de Gisèle Vienne qui montre les différents gestes que peuvent faire les gens qui dansent en ayant une télécommande à la main, le tout sans stroboscope (et ça c’est vachement fort). Une parfaite maîtrise des corps qui enchaînent ralenti, cut, accélération, bref rembobinage répété. Le groupe est là, exécute avec excellence les mouvements (ça c’est pour ne pas répéter « perfection »), des images qui collent à la rétine, même si parfois on aurait envie de sauter un ou deux chapitres (à la place, j’ai un peu piqué du nez, mais c’était dimanche après-midi, la digestion… oui, je suis capable de dormir même avec de la musique très forte). Le groupe est là, mais dans le ralenti, on voit un élement immobile, un changement de vitesse, tous les personnages ont leur histoire. On aimerait parfois que ça aille un peu plus loin, ça reste assez sage. Rien à voir : cette idée de l’auto-consumation est magnifique et rend à merveille.

Esthétiquement bluffant, c’est entêtant et je ne m’attendais pas à ça, connaissant seulement le travail de Gisèle Vienne par ses spectacles usant de la ventriloquie (Jerk et The Ventriloquists Convention).

 

vu le dimanche 10 décembre 2017 au théâtre Nanterre Amandiers.

prix de la place : 15,5€ (abonnement)

 

CROWD

Conception, chorégraphie et scénographie : Gisèle Vienne assistée de Anja Röttgerkamp & Nuria Guiu Sagarra

Dramaturgie : Gisèle Vienne, Dennis Cooper

Interprétation : Philip Berlin, Marine Chesnais, Kerstin Daley-Baradel, Sylvain Decloitre, Sophie Demeyer, Vincent Dupuy, Massimo Fusco, Rémi Hollant, Oskar Landström, Theo Livesey, Louise Perming, Katia Petrowick, Jonathan Schatz, Henrietta Wallberg et Tyra Wigg

Mixage, montage & sélection des musiques : Peter Rehberg

Conception de la diffusion du son : Stephen O’Malley – Ingénieur son : Adrien Michel – Lumière : Patrick Riou

Dramaturgie : Gisèle Vienne, Dennis Cooper

Dans le cadre du Festival d’Automne à Paris, jusqu’au 16 décembre 2017 au théâtre Nanterre Amandiers

et à la MC2: de Grenoble les 27 et 28 février 2018

 

(une autre histoire)

Non, je ne suis pas vieux. La dernière fois que je suis allé en boîte, c’était à mon arrivée à Paris, il y a treize ans et on fumait encore dans les lieux publics. D’accord, je suis vieux. Je trouve ça moche ces vêtements de jeunes, ça ressemble à rien. Je mets toujours les mêmes Docs qu’il y a vingt ans parce que c’est intemporel, voilà ! Mais ces survêtements, ces casquettes, c’est d’un ridicule… Moi aussi je portais des bermudas fluos mais j’avais douze ans ! Et ça rendait vachement bien avec mes t-shirts Waikiki achetés sur le marché de Bandol. Quand je vais dans la famille, on nous dit toujours : « Alors les jeunes ! » Bon, ok, après les gens se reprennent : « Oui, enfin plus si jeunes que ça ». Ben ouais, on sera toujours plus jeunes que les anciens. Oui, je serai toujours le plus jeune quand j’irai au Rond Point en matinée le dimanche. Et si j’aime les siestes, c’est que je suis insomniaque, c’est tout.

Non… je ne cogite pas du tout sur mon âge et sur le fait que je vais démarrer ma quarantième année dans quatre jours et que je suis à un an de la moitié de ma vie et que si je regarde derrière moi et ce que j’ai accompli et ce que je suis… Mais je vais pleurer ! Ma seule réussite, c’est de ne plus habiter chez mes parents : Champomy pour tout le monde !

Je suis celui qui dit à un jeune, un vrai : « Mais dis donc, tu peux me tutoyer, je ne suis pas si vieux ! », alors que je trouvais ça assez pathétique quand un vieux me le disait. Je suis celui qui recompte ses spermatozoïdes, en repensant à tous les petits bébés que j’ai tués dans du sopalin, sous la douche (liste non exhaustive) et qui sera bientôt trop vieux pour être un papa pas croulant. Je suis celui qui cherche des chambres d’hôtel avec petit déjeuner et salle de bains privative, parce que les auberges de jeunesse, j’ai déjà donné. De jeunesse… Je ne sais toujours pas pourquoi on ne met pas de physio devant les A.J. : « Désolé, je crois que ça ne va pas être possible, vous avez des poils blancs dans votre barbe. » J’avais rencontré un vieux, une fois, la soixantaine au fin fond de la Gaspésie qui disait : « Ben moi, j’ai pas vu de phoques et j’ai même pas fucké ! ». Phoques… fuck… Pathétique, soixante ans, en dortoir… Un jour, je serai ce vieux-là. Je serai assis sur mon fauteuil en plastique devant ma maison à la campagne, dans les Alpes de Haute-Provence, à raconter pour la quarante-douzième fois mon anecdote sur le vieux Gaspésien ou sur mes faits d’armes en 2001 dans le Off d’Avignon ou la mésaventure avec Julie Gayet… Quoi ? Je ne vous ai pas raconté mon histoire avec Julie Gayet ? Alors j’étais jeune, j’avais dix-sept ans…

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

 

À quelle sauce ? (Hiver 17/18)

L’AUTOMNE SE TERMINE ET L’HIVER APPROCHE… APRÈS UN MOIS DE DÉCEMBRE ENCORE BIEN CHARGÉ ET LA FIN DU FESTIVAL D’AUTOMNE, L’ANNÉE 2018 SERA  D’APPARENCE PLUS CALME. SI JAMAIS LE PÈRE NOËL EST GÉNÉREUX, PEUT-ÊTRE QUE DE NOUVEAUX SPECTACLES VIENDRONT REMPLIR MES CHAUSSONS…

 

DÉCEMBRE

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Bacchantes – crédit photo : Filipe Fereira
  • Mélancolie(s) (théâtre de la bastille) – Julie Deliquet : Mes mouchoirs sont prêts ou l’occasion d’enfin découvrir le travail de Julie Deliquet, moi qui me mords les doigts de ne pas avoir pu voir Vania à la Comédie Française. (du 29 novembre au 12 janvier) ✓
  • Jusque dans nos bras (bouffes du nord) – Les Chiens de Navarre : J’assisterai à la dernière aux Bouffes du Nord de cette nouvelle création. Note pour plus tard : vérifier où je suis assis, je me méfie toujours d’eux. (jusqu’au 2 décembre) ✓
  • Adieu Ferdinand (théâtre de l’athénée) : Je ne pouvais pas rater les deux derniers (?) épisodes de sa saga. Devrais-je avouer que j’ai déjà écrit mon autre histoire… (du 2 décembre au 14 janvier) ✓
  • La route chante : Hommage à Lhasa  (philharmonie de paris) : Patrick Watson, Sophie Hunger, Plants & Animals, Emilie & Ogden et compagnie pour rendre hommage à cette artiste aujourd’hui disparue. Deuxième rang au milieu. Je suis prêt. (3 décembre) ✓
  • Maîtres Anciens (théâtre de la bastille) – Nicolas Bouchaud : Love forever. (jusqu’au 22 décembre) ✓
  • Crowd (nanterre amandiers) – Gisèle Vienne : Mais sans Jonathan Capdevielle (du 7 au 16 décembre) ✓
  • Espaece (centquatre) – Aurélien Bory : Découverte également de ce créateur. (du 7 au 13 décembre) ✓
  • Bacchantes (centre pompidou) – Marlene Monteiro Freitas : Deuxième fois que je le verrai : Vais-je autant en prendre dans la face qu’en avril dernier au théâtre Dona Maria II de Lisbonne ? (du 13 au 16 décembre) ✓
  • Gala (kaaitheater) – Jérôme Bel : L’occasion était trop belle de retourner à Bruxelles fêter mon anniversaire (le 16 décembre, soit dit en passant) et revoir ce magnifique spectacle. ✓
  • Actrice (bouffes du nord) – Pascal Rambert : C’est Marina Hands qui parle pendant une heure suivie de Audrey Bonnet qui parle pendant une heure à son tour ? (du 12 au 30 décembre) ✓
  • Pindorama (chaillot) – Lia rodrigues : Pour le coup, je ne sais absolument rien de ce spectacle, mis à part que cette chorégraphe avait fait grande impression auprès de certains de mes amis lors de sa venue l’an passé au Centquatre. (du 19 au 22 décembre) ✓
  • En manque (grande halle de la villette) – Vincent Macaigne : Être au premier rang ou ne pas être. Et je viens d’apprendre que finalement le spectacle serait en placement libre. (du 14 au 22 décembre) ✓

JANVIER

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We’re pretty fuckin’ far from okay – Lisbeth Gruwez
  • Saïgon (théâtre de l’odéon – ateliers berthier) – Caroline Guiela Nguyen : En avant-première… ✓
  • Vies de papier (le mouffetard théâtre) – Cie La Bande Passante : Quelque chose de « Des gens dans l’enveloppe » de Isabelle Monnin, première venue au Mouffetard Théâtre et aussi première invitation en tant que blogueur, jouons-la cartes sur table. ✓
  • Iliade Odyssée (théâtre de la bastille) – Pauline Bayle : L’intégrale ! Ou revoir la première partie (déjà vue à la Manufacture – Avignon Off 2016) avant d’enchainer avec la seconde partie. (du 8 janvier au 3 février) ✓
  • 1993 (théâtre de gennevilliers) – Julien Gosselin : En attendant son adaptation de Don de Lillo à Avignon cet été et à Odéon au prochain festival d’automne. ✓
  • Les Bijoux de pacotille (théâtre paris villette) – Pauline Bureau : Même si je fus déçu par « Dormir 100 ans » et moyennement convaincu par « Mon coeur », j’irai voir la nouvelle pièce de Pauline Bureau, surtout qu’elle s’est apparemment mise au service de Céline Milliat Baumgartner qui a écrit et joue la pièce. (du 16 au 20 janvier) ✓
  • We’re pretty fuckin’ far from okay (théâtre de la bastille) – Lisbeth Gruwez : Mais nous le serons assurément devant la reprise de ce spectacle de Lisbeth. Oui je suis optimiste. Grande impatience après son magnifique « Lisbeth Gruwez dances Bob Dylan ». (du 15 au 20 janvier) ✓
  • Le jeu de l’amour et du hasard (théâtre de la porte st martin) – Catherine Hiégel : Nouvelle incursion dans le privé. Mais l’association (de malfaiteurs) Laure Calamy + Nicolas Maury + Clotilde Hesme + Vincent Dedienne a fini de me convaincre de lâcher plus de 30€ pour un 2e catégorie. (à partir du 16 janvier) ✓
  • La maladie de la mort (bouffes du nord) – Katie Mitchell : Duras avec Laetitia Dosch… Pourquoi pas ? (du 16 janvier au 3 février) ✓
  • Quoi/maintenant (théâtre de la bastille) – tg STAN : Rien à ajouter. (du 23 janvier au 9 février) ✓
  • L’après-midi d’un foehn (philharmonie de paris) – Phia Menard : Découverte également de cette artiste, qui a le mérite d’avoir un spectacle court, en après-midi, à sept minutes à pied de chez moi. (27 et 28 janvier)
  • Moeder (barbican london) – peeping tom : Faire totalement confiance en le choix de Camellia Burows : https://camelliaburows.com ✓
  • Ex Anima (Zingaro) – Bartabas : ou l’inverse… C’est mon cadeau d’anniversaire !!! ✓

 

FÉVRIER

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  • France Fantôme (tgp saint denis) – Tiphaine Raffier : De très bons échos… ✓
  • Vertigo (philharmonie de paris) – Cinéconcert Alfred Hitchcock : Première fois que j’assiste à ce genre d’événement. La salle, le film, Kim Novak en grand, Jimmy Stewart, Hitch, Bernard Herrmann : ça devrait aller. (4 février) ✓
  • Khatia Buniatishvili (philharmonie de paris) : Cette pianiste me fascine, je l’avoue. (5 février) ✓
  • Bêtes de scène (rond point) – Emma Dante : Après le Mount Olympus de Jan Fabre, les danseurs tous nus me manquaient trop. (du 6 au 25 février) ✓
  • Quills (colline) – Robert Lepage : Robert en visite chez Wajdi, c’est à ne pas manquer. (du 6 au 18 février) ✓
  • Jaguar (théâtre de la bastille) – Marlene Monteiro Freitas : Curieux de découvrir un deuxième spectacle de cette chorégraphe qui m’a fait grand effet avec Bacchantes (Bacantes en portugais) (du 12 au 18 février) ✓

 

J’AI DÉJÀ VU, C’EST BIEN MAIS JE N’Y RETOURNE PAS PARCE QUE JE N’AI PLUS DE SOUS ET QUE J’ESSAIE D’AVOIR UNE VIE SOCIALE…

  • Cap au pire à l’Athénée Louis Jouvet (du 2 décembre au 14 janvier) : pas la pièce la plus évidente, je ne pourrais même pas dire que c’est bien, ça ne serait pas le terme adéquat : fascinant et énervant. Mieux vaut être reposé avant d’entendre et voir Denis Lavant dire du Samuel Beckett.
  • Adishatz/Adieu au théâtre du Rond Point (du 12 décembre au 6 janvier) : Capdevielle Capdevielle Capdevielle !

 

Encore une fois, il s’agit ici d’une liste qui risque de s’allonger ou de se modifier dans les prochaines semaines, au gré des invitations gagnées, conseils et autres rencontres.

 

(court) BILAN AUTOMNE 2017

Autant vous dire que je me suis impressionné moi-même à voir autant de spectacles, à écrire une chronique pour chacun de ces spectacles tout en ayant une activité professionnelle plutôt prenante à côté, un atelier théâtre, un film ou deux au cinéma par semaine, sans parler d’autres activités que je ne mentionnerai pas ici. J’ai clairement perçu mes limites, non pas créatives car je suis parvenu, à une ou deux exceptions près, à livrer la chronique relativement dans le délai que je m’étais imparti (je crois que je n’avais jamais autant écrit de ma vie). C’est plutôt physiquement que ce fut compliqué (genre le sommeil) et je sais que je ne reprendrai plus autant de spectacles, Festival d’Avignon excepté (mais là-bas, je suis en vacances, y a pas les transports en commun, etc.)

45 spectacles vus du 9 septembre au 29 novembre, 45 chroniques écrites (double chronique pour le hors-normes Mount Olympus et 1 seule pour Stadium vu à la Colline et au Mucem à Marseille en format lecture). Le seul spectacle que j’ai raté fut le concert de Brad Meldhau qui tombait le même soir que mon atelier théâtre. Les beaux et vrais coups de coeur sont arrivés assez tardivement : (dans le désordre) Les Barbelés d’Annick Lefèbvre, Tous des oiseaux de Wajdi Mouawad, ainsi que les reprises de La Face Cachée de la Lune de Robert Lepage, We love Arabs de Hilel Kogan et Grande de Tsirihaka Harivel et Vimala Pons.

Les trois chroniques les plus lues : Des gens dans l’enveloppe (merci à Isabelle Monnin pour le partage de l’article sur Facebook et Twitter), Gardarem (merci à la compagnie L’oeil du renard pour le partage sur Facebook) et Tous des oiseaux (merci Google ?).

Spéciale dédicace à la famille éloignée et les amis qui me poussent à être encore plus imaginatif.

Spéciale dédicace à celles et ceux qui ont googlelisé mon nom et sont tombés ici bas : Papa ? Maman ? Les gens du boulot ?

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

 

À nous deux maintenant (Capdevielle/Nanterre Amandiers)

(quand on ne lit pas la bible)

Pièce rétrofuturiste dans laquelle Jonathan Capdevielle, à l’aide d’une machine à voyager dans le temps, retourne dans le New York du début des années 80 et recherche Louise Ciccone désespérément.

 

(de quoi ça parle en vrai)

Jonathan Capdevielle s’empare d’Un crime, écrit par Georges Bernanos en 1935, et le tire vers les questions qui peuplent son univers théâtral. Dans ce polar qui se détache du réalisme du roman policier classique, l’enquête tourne autour de la figure énigmatique du curé de Mégère, personnage aussi trouble que charismatique. Nouveau venu dans une petite bourgade des Alpes, le jeune prêtre subjugue autant les habitants du village que le juge chargé de mener l’enquête. Sous la soutane, se devine un individu habité par un besoin absolu d’identité. (site de Nanterre Amandiers)

 

ANousDeux
Crédits photos : Pierre Grosbois

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Le spectacle se mérite. Il est moins évident, en tout cas pour moi, que les deux précédentes pièces de Jonathan Capdevielle, Adishatz/Adieu et Saga et je me suis quelque peu perdu dans cette histoire de crime.

Tout commence une nuit… Donc sur scène (et dans le public) il fait nuit, il fait noir. Pendant plus de vingt minutes. Je n’ai pas regardé ma montre, parce que je n’en ai pas et qu’il faisait noir, mais c’est sur ma liste pour mon anniversaire le 16 décembre, je passe ce message par hasard… Oui, bon, ok, j’ai légèrement somnolé. On écoute. On est absorbé par l’atmosphère sonore gérée depuis la scène même. Mais c’est grâce aux éléments comme les travestissements physique et vocal, éprouvés par l’ensemble de la distribution (satisfecit pour le troublant et indéfinissable Dimitri Doré) et qu’on retrouvait dans les oeuvres passées de Capdevielle ou bien le retour à lui, à Capdevielle lui-même et à ses obsessions qu’il nous intéresse le plus, qu’il m’intéresse le plus.

 

vu le dimanche 26 novembre 2017 au théâtre Nanterre Amandiers

Prix de la place : 15,5€ (abonnement Festival d’Automne)

 

À NOUS DEUX MAINTENANT

Conception, adaptation et mise en scène Jonathan Capdevielle

D’après le roman « Un crime » de Georges Bernanos

Avec Clémentine Baert, Arthur Bartlett Gillette (en alternance avec Jennifer Hutt), Jonathan Capdevielle, Dimitri Doré, Jonathan Drillet, Michèle Gurtner

Conseiller artistique, assistant à la mise en scène Jonathan Drillet – Conception et réalisation scénographique Nadia Lauro – Lumières Patrick Riou – Musique Arthur Bartlett Gillette – Réalisation de la bande son et régie son Vanessa Court – Collaboration informatique musicale Ircam Manuel Poletti – Costumes Colombe Lauriot Prévost – Régie générale Jérôme Masson – Regard extérieur Virginie Hammel

Jusqu’au 3 décembre 2017 au théâtre Nanterre Amandiers (dans le cadre du Festival d’Automne)

 

(une autre histoire)

Je me baladais en chantant la la la, dans le parc jouxtant le théâtre des Amandiers. Aucune navette en ce dimanche après-midi. J’ai le temps, la pièce est à 17h30.  Deux vieilles dames me demandent la direction du théâtre. Je leur indique la direction opposée. J’arrive, je fais la bise à une amie occupante, je guette une connaissance qui ne viendra jamais. Je lis que la durée du spectacle est de 2h50 environ. Mazette, j’avais pas lu sur le site 2h ? Mais c’est qu’à 19h45, je dois recevoir l’appel dominical de ma grand-mère paternelle ! Mais c’est qu’à 19h49, je dois ensuite appeler ma mère pour l’appel dominical du dimanche de fin de semaine ! Comment vais-je faire ? 2h50 sans entracte. Je calcule… Je vais rentrer à quelle heure, moi ? En fait la pièce durera trois heures. A la sortie, je croiserai celle avec qui j’ai vu « Julia » de Christiane Jatahy il y a quatre ans au Centquatre. Quatre ans déjà… Elle me voit, je la vois. Je ne la salue pas. On n’est plus amis Facebook, c’est pour ça. Non, c’est pas pour ça. Bien évidemment. Merde. Pourquoi ça tourne encore dans ma tête ? Je m’enfuis par le parc. Il fait nuit. Je croise les deux vieilles qui cherchent encore le théâtre. Comme j’ai passé trois heures au théâtre, THÉÂTRE THÉÂTRE THÉÂTRE, ma barbe a incroyablement poussé. Elles ne me reconnaissent pas. RER A RER B Métro 5. J’écoute l’album de Courtney Barnett et Kurt Vile. Je lis José Sarramago : « A nous deux maintenant », lui lancé-je. Je fais un clin d’oeil à mon livre de poche, caresse la couverture. Les gens autour me regardent. Bizarrement. Je leur dis qu’ils sont dans ma tête et que c’est typiquement le genre d’histoire dans laquelle je ne sais pas quoi raconter. Parce que je ne veux pas parler de celle que j’ai revue à la sortie du théâtre et de qui j’ai encore le goût de ses seins sur ma langue.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito