La Chambre Désaccordée (Marc Lainé / Théâtre des Abbesses)

(quand on ne lit pas la bible)

La chambre désaccordée ? Marc Lainé fait d’une chambre d’enfant un gigantesque instrument de musique, dans lequel Léopoldine Hummel et ses comparses, déguisés en notes de musique, y font les quatre cents coups, pour le plus grand déplaisir de nos oreilles ?

(de quoi ça parle en vrai)

« Mettre le monde en musique permet-il d’en amortir le choc ? Dans La Chambre Désaccordée, la musique occupe une place prépondérante dans la relation que l’enfant entretient avec ses parents. Le principal protagoniste, un petit garçon d’une dizaine d’années, pratique le piano tous les jours. Comme il est très doué, ses parents et son professeur décident de lui faire passer un concours. Il ne sait pas s’il a vraiment envie de le passer, mais il s’y prépare pour faire plaisir à ses parents. Souvent, il les entend se disputer – même s’ils prennent soin de s’isoler quand le ton monte. Les cris et les mots recouvrent parfois les notes et l’empêchent de jouer. Plus le jour de l’audition approche, plus le garçon perd ses moyens. Quand éducation rime avec compétition : Marc Lainé sonde le point de vue de l’enfant. » (Maïa Bouteillet – source : ici)

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Crédits photos : Simon Gosselin

(ceci n’est pas une critique, mais…)

En cette année 2018, Marc Lainé est partout : « Hunter » à Chaillot, « Construire un feu » à la Comédie Française et aujourd’hui cette pièce jeune public : « La Chambre Désaccordée » au Théâtre des Abbesses (sans compter ses collaborations en tant que scénographe). Personnellement, je l’avais découvert en 2009 au Rond Point, un peu par hasard (merci à Raphaëlle Boitel que j’avais découverte chez James Thierrée que j’ai découvert grâce à ses parents, que j’avais découvert grâce à Charles C…), avec la pièce (également destinée aux plus jeunes d’entre nous) : « La nuit, un rêve féroce » de Mike Kenny.

Je l’ai déjà écrit pour « Tristesse et joie dans la vie des Girafes », mais rien ne me met plus en joie que quand un acteur interprète le rôle d’un enfant sans chercher à faire l’enfant. Et c’est le cas de François Praud, au jeu juste et subtil, secondé de belle manière, dans les rôles des parents, par la facétieuse Léopoldine Hummel (alias Léopoldine HH, dont j’ai déjà parlé par ici) qui sait également se montrer grave et Loïc Risser, qui joue de manière touchante un père blessé. Ces derniers interprètent également d’autres personnages secondaires, tels la professeure de musique légèrement excentrique ou le jeune voisin passionné de rap. Dommage que ces personnages soient un tantinet caricaturaux mais ceux-ci apportent une respiration loufoque à la pièce qui n’évite pas les moments plus dramatiques.

Les moments musicaux et oniriques sont particulièrement réussis, : quand les parents, à travers les chansons, dévoilent leurs fêlures et leurs désaccords ; quand l’enfant, grâce au piano, tente de faire le vide autour de lui.

Pour terminer, je rectifierai par moi-même, « La Chambre désaccordée » est une pièce pour tous les publics, simple et sensible.

 

LA CHAMBRE DÉSACCORDÉE

TEXTE, MISE EN SCÈNE & SCÉNOGRAPHIE Marc Lainé

CRÉATION MUSICALE François Praud – COLLABORATION ARTISTIQUE Tünde Deak SON Morgan Conan-Guez LUMIÈRES Kevin Briard COSTUMES Marc Lainé & Marie-Cécile Viault

AVEC Léopoldine Hummel, François Praud, Loïc Risser

Jusqu’au 24 octobre 2018 au Théâtre des Abbesses, Paris

 

(une autre histoire)

Y a trop d’enfants dans la salle. Je les vois m’entourer, avec leurs miasmes et leurs étiquettes autour du cou. Ça remue, ça chouine pour un oui ou pour un non : « Il m’a dit « Tais-toi ! » », « J’ai pas fait exprès. », « Mais je lui ai dit « Pardon « ! ». Ça ne sait plus chuchoter. On n’entend qu’eux.

J’admire les professeurs qui ne s’emportent pas, malgré leur patience mise à rude épreuve. Je serais incapable de faire ce qu’ils font. Je suis persuadé que certains gardent les mains dans les poches quand ils passent à côté des élèves insolents.

Quand j’étais petit, notre directeur d’école plaçait ses deux index derrière nos oreilles quand on avait oublié de faire signer nos contrôles. J’avais toujours des bonnes notes, donc je n’en étais pas victime. Il n’empêche, on ne mouftait pas.

Parfois il me plait à rêver… L’enfant derrière moi donne des coups de pieds dans mon fauteuil. Je me lève, me retourne, l’attrape par les couettes (parce que l’enfant a forcément des couettes) et le fais valdinguer le plus loin possible, comme dans « Matilda » de Roald Dahl.

Je crois que ça va se voir que je n’aime pas les enfants. Surtout ceux des autres. Et comme je n’en ai pas…

 

vu le mercredi 17 octobre 2018 au Théâtre des Abbesses, Paris (à 15h)

prix de ma place : 15€

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

3 réflexions au sujet de « La Chambre Désaccordée (Marc Lainé / Théâtre des Abbesses) »

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