Grande Traversée (L’Avantage du Doute / Théâtre de la Bastille)

(quand on ne lit pas la bible)

Grande Traversée ? Les membres du Collectif L’Avantage du Doute prennent leurs rames pour expliquer pendant deux heures aux participants de l’Occupation première du nom avec Tiago Rodrigues que : « Non, c’est pas pareil ! » ?

 

(de quoi ça parle en vrai)

Afin d’inaugurer « Occupation 2 », le collectif L’Avantage du doute revisitera ses trois premiers spectacles, tous présentés au Théâtre de la Bastille, sous la forme d’une pièce unique. Qu’est-ce qui a changé depuis leurs créations ? Qu’est-ce qui n’a pas bougé ? Comment trouver, ensemble, le germe d’un questionnement futur ? Tout ce qui nous reste de la révolution, c’est Simon questionnait l’engagement politique à la lumière de Mai 68, La Légende de Bornéo les formes contemporaines du travail tandis que Le bruit court que nous ne sommes plus en direct interrogeait le rôle des médias dans notre vie quotidienne. Revisiter ces spectacles, cela signifie en écrire une trajectoire nouvelle, mais aussi porter un regard rétrospectif, critique et sans aucun doute fécond. Une traversée en forme d’invitation au voyage et au doute. Une belle entrée en matière, pour découvrir ou redécouvrir le travail du collectif. (site du théâtre de la Bastille)

 

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Crédits photos : Pierre Grosbois

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Autant dire que ce n’est toujours pas simple d’écrire quelque chose d’un tant soit peu objectif quand on connait en vrai certains membres du collectif dont on veut parler. Là où c’est intéressant, c’est que depuis le début de cette année 2018, j’ai passé quelque chose comme quatre-vingts heures avec Judith Davis et Claire Dumas à découvrir le comment du pourquoi de la création d’un spectacle du Collectif L’Avantage du Doute. Parce qu’en connaissant plus ou moins la cuisine interne, forcément on ne voit pas le spectacle du même oeil.

Surtout que je n’avais point vu leurs deux premières pièces. J’ai eu donc plaisir à entendre, rééentendre, voir ces six scènes choisies (plus ou moins) au hasard par le public parmi les quatorze proposées (soit 1 chance sur 2 162 160 de tomber sur cette combinaison-là). Le collectif ne commente pas les scènes jouées, il laisse le public se faire sa propre opinion : Depuis le temps où les spectacles ont été créés (entre 2 et 10 ans), est-ce que ça a changé ? La réponse est non. Le Pôle Emploi brazilien dépeint avec folie par une Claire Dumas survoltée, les réflexions sur une certaine gauche, Mylène Farmer vs Bernard Stiegler, « mais faire du théâtre c’est un vrai métier ? » etc. font toujours écho aujourd’hui.

C’est toujours génial (et c’est cliché de le dire, je le sais) de voir que c’est du théâtre mais pas que. Qu’on peut rire, mais pas que. Ou plutôt qu’on sait qu’il y a énormément de recherches, de discussions, de collages, de doutes et que malgré tout, grâce au talent de ce collectif (non ce n’est pas improvisé…), tout passe et surtout tout fait sens.

Et ce qui est intéressant de constater, c’est que les scènes isolées de leur contexte (les pièces « Tout ce qui nous reste de la révolution, c’est Simon », « La légende de Bornéo », « Le bruit court que nous ne sommes plus en direct ») fonctionnent, que ce montage en direct de ces scènes apparemment disparates apparait presque miraculeusement naturel.

Je ne sais pas si je suis le seul à avoir fait ce parallèle-là mais je me souviens que lors de l’Occupation 1, trois soirées s’intitulaient : « Ce soir ne se répètera jamais ». Demain est un autre jour et justement samedi 26 et dimanche 27, c’est une autre Grande Traversée auxquelles vous assisterez, car ces soirées-là ne se répèteront pas.

Ps : Et j’ai comme une envie de lire du Walt Whitman.

Pps : Scène jouées lors de la première représentation : « Pôle emploi », « Ethique Télé 1 », « Le dîner » , « Rescapés de la gauche », « Simon ce héros » et « Disco » (le joker du collectif)

 

vu le mercredi 23 mai 2018 au théâtre de la Bastille, Paris

prix de la place : invitation

 

 

LA GRANDE TRAVERSÉE

par le collectif L’Avantage du Doute

Avec Simon Bakhouche, Mélanie Bestel, Judith Davis, Claire Dumas et Nadir Legrand

Lumière et régie générale Wilfried Gourdin – Vidéo Kristelle Paré – Collaboration technique Erwan Belland, Jérôme Perez et Thomas Rathier

Jusqu’au 27 mai 2018 au Théâtre de la Bastille et l’Occupation 2 continue jusqu’au 16 juin avec « La Caverne » (spectacle tous publics), les Veillées et différentes animations organisées par le théâtre lui-même. (http://www.theatre-bastille.com/saison-17-18/occupation-2)

 

(une autre histoire)

– Mais j’ai pas compris cette Occupation 2 ! C’est comme avec Tiago Rodrigues ?

– Attends, je ne suis pas le porte-parole du collectif ou du théâtre…

– Peut-être, mais tu dors au théâtre de la Bastille… L’Occupation 1, tu y étais, les Manifestes du Choeur l’an passé, tu y étais. Cette année…

– Mais je ne voulais rien faire cette année ! Mais on me l’a gentiment proposé, comment voulais-tu que je refuse ? Je n’ai jamais su dire non…

– Faut dire que tu n’as aucune vie sociale et sentimentale.

– Je ne te permets pas de dire ça. Je… Non… Rien. Je te le dirai une autre fois.

– Mais quoi ?

– J’ai un agenda.

– Oui, Moleskine, tout le monde le sait, avec Snoopy dessus.

– Je veux dire, j’ai un agenda. Un grand projet : je vais m’infiltrer.

– Ça aussi, tout le monde le sait. Tu fais partie des Infilitré.e.s. en spectacle au théâtre de la Bastille le vendredi 25 mai à 20h et le samedi 26 mai à 17h, réservations par téléphone au 01 43 57 42 14 ou par courriel : accueil@theatre-bastille.com …

– Je vais m’infiltrer dans toutes les occupations. En 2019, Nathalie Béasse, Occupation 3 : je m’infiltre. Ils feront sûrement une Occupation avec le tg STAN : je m’infitre. Céline Champinot, elle occupera, j’en suis persuadé et je m’infiltrerai, etc. L’idée c’est qu’à la dixième occupation…

– Tout le monde sera mort.

– A la dixième occupation, c’est moi qui occuperai tout seul. L’occupation d’un spectateur. Pendant dix ans, j’écrirai un texte au long cours sur mes différentes occupations et j’occuperai le théâtre : une déambulation infinie, une logorrhée interminable.

– Tu sais que personne ne viendra…

– Je sais que personne ne viendra. Mais j’ai dix ans pour convaincre les gens.

(à suivre…)

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

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2 réflexions au sujet de « Grande Traversée (L’Avantage du Doute / Théâtre de la Bastille) »

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