We’re pretty fuckin’ far from okay (Lisbeth Gruwez / Théâtre de la Bastille)

(quand on ne lit pas la bible)

We’re pretty fuckin’ far from okay ? On est bien bien loin d’être oakie doakie, vindieu ? (j’ai fait Langues étrangères appliquées à la fac, si vous avez besoin d’une traduction…)

 

(de quoi ça parle en vrai)

Qu’est-ce que la peur ? À quoi nous pousse-t-elle ? Dans quel état met-elle nos corps ? C’est en partant de questions et d’observations sur ce sentiment puissant, instinctif, que la chorégraphe Lisbeth Gruwez et son comparse au son Maarten Van Cauwenberghe ont créé le duo We’re pretty fuckin’ far from okay, troisième volet d’un triptyque sur le corps extatique (…). Sur scène, les deux interprètes Lisbeth Gruwez et Wannes Labath sont pris entre la tétanie, la fuite et la lutte, et traversent des états de méfiance, de repli, de recherche d’appuis, dans lesquels la respiration prend une place cruciale. Lisbeth Gruwez crée ainsi une pièce qui transforme l’espace du plateau en piège anxiogène étouffant et fascinant. (Laure Dautzenberg   – http://www.theatre-bastille.com/saison-17-18/les-spectacles/were-pretty-fuckin-far-from-okay)

 

8-pretty7
© Leif Firnhabe

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Je prends une photo du plateau en arrivant, puis j’éteins l’appareil, le range dans ma poche et je les regarde faire. Ils sont nombreux à faire comme ça : être déjà sur scène au moment où le public arrive dans la salle. Je ne sais pas poursuivre ma conversation ou lire le journal. J’aime les regarder, tenter de capter leur regard avant le début. Ou peut-être sommes-nous déjà dans le spectacle ? Lisbeth Gruwez et Wannes Labath sont assis en face de nous. Noir dans la salle. Ça commence petit. On entend des souffles, le grincement des chaises, tout est contenu, pour prendre finalement de l’ampleur. La chorégraphe belge gère parfaitement la durée, étire le temps mais sait s’arrêter au bon moment (reprendre son souffle) avant de repartir de plus belle. D’abord chacun dans son coin sur sa chaise, puis ensemble.

La pièce est courte mais intense, qu’on ressent aussi physiquement en tant que spectateur. Après le spectacle où elle dansait sur du Bob Dylan et qui m’avait fait chavirer, Lisbeth Gruwez atteint encore sa cible et on ne détache pas un seul instant notre regard de la scène de tout le spectacle.

 

vu le mercredi 17 janvier 2018 au théâtre de la Bastille (dans le cadre du festival Faits d’hiver)

prix de la place : 13€/mois (Pass Bastille)

 

WE’RE PRETTY FUCKIN’ FAR FROM OKAY

Conception et chorégraphie Lisbeth Gruwez (http://www.voetvolk.be)

Avec Lisbeth Gruwez et Wannes Labath

Composition, son et assistanat Maarten Van Cauwenberghe – Dramaturgie Bart Van den Eynde – Répétiteur Lucius Romeo-Fromm – Lumières Harry Cole et Caroline Mathieu – Direction technique Thomas Glorieux – Scénographie Marie Szersnovicz, Lisbeth Gruwez et Maarten Van Cauwenberghe – Costumes Alexandra Sebbag – Manager pour la compagnie Arnaud Vanrafelghem.

 

(une autre histoire)

Une semaine plus tard, j’écris cette chronique. Que s’est-il passé dans ma vie pour que je mette une semaine à pondre cela, moi qui étais si prompt à publier au plus tard 48 heures après. Mmmh…

« Ça je ne peux pas le dire, ça non plus, ça je pourrais, mais ce n’est pas intéressant… »

Je regarde mes ongles pousser. Je mets mes mains derrière le dos pour ne pas me gratter. Je tente de battre mon record d’apnée dans un verre d’eau. Je compte les minutes avant que le réveil ne sonne. J’appuie sur la latte qui grince pour embêter mon voisin. Je pars en expédition à la recherche du Vélib perdu. Je reste de longues minutes en suspens au-dessus de la touche entrée de mon ordinateur. J’écoute l’intégrale des Cranberries et comprends pourquoi je ne les ai pas écoutés depuis belle lurette. Je rêve. Un peu trop. Je rêve mais ne dors pas. J’espère. Toujours trop. J’ajoute des livres sur ma pile de livres à lire. J’écris des listes. Je pense à St Pierre et à Miquelon. Je pense à elle.

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Publicités

2 réflexions au sujet de « We’re pretty fuckin’ far from okay (Lisbeth Gruwez / Théâtre de la Bastille) »

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s