Le fils (Florian Zeller / Ladislas Chollat / Comédie des Champs Élysées)

(quand on ne lit pas la bible)

Le fils ? Il est dur d’écrire une blague originale quand tout le monde a déjà écrit que la prochaine pièce de Florian Zeller s’appellerait le tonton, la grand-mère, Toby le chien…

 

(de quoi ça parle en vrai)

Nicolas a dix-sept ans et semble avoir du mal à vivre. Il n’est plus cet enfant lumineux qui souriait tout le temps. Que lui est-il arrivé ? Et pourquoi ne va-t-il plus en cours ? Dépassée par les événements, sa mère ne sait plus quoi faire, et Nicolas demande à vivre chez son père. Ce dernier va tout faire pour tenter de le sauver et lui redonner le goût de vivre. Mais peut-on vraiment sauver quelqu’un d’autre que soi-même ?  (http://www.comediedeschampselysees.com/spectacles/88/Le-Fils)

 

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Photo de couverture : Lisa Lesourd

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Il y a des auteurs comme Florian Zeller à côté duquel on passe. J’en entends parler, je sais à quoi il ressemble, qu’il a énormément de succès dans le théâtre privé français, qu’il est joué dans le monde entier. (le flyer cite The Guardian : « (Le Père est) la pièce la plus acclamée de la décennie ») (Comment ça ? On compte les applaudissements, les rappels ?)  J’ai pourtant vu une pièce courte « The girl on the sofa » qu’il avait écrite et qui avait été présentée lors des Mises en capsules au Ciné Théâtre 13 il y a quelques années (avec Nicolas Vaude, Chloé Lambert et Marine Delterme), mais je dois avouer que ça ne m’a pas franchement marqué. Cette longue introduction pour dire que j’étais curieux de voir cette pièce interprétée notamment par Yvan Attal que j’apprécie beaucoup en tant que comédien et réalisateur (en tout cas ses deux premiers films). FONDU AU NOIR / MUSIQUE

Et ne laissons pas le mystère planer plus longtemps, après avoir vu « Le fils », je ne comprends pas bien l’enthousiasme autour de cet auteur, alors que d’autres auteurs francophones moins connus auraient largement leur place ici ou là. Peut-être devrais-je découvrir ses autres pièces ? FONDU AU NOIR / MUSIQUE

Une des seules réussites de la pièce est de ne pas dévoiler le pourquoi du mal être du fameux fils. On reste dans la même position que celle des parents qui ne comprennent pas, qui sont face à un mur. Et cette impuissance est bien retranscrite. Même si on aurait envie que ça aille un peu plus vite. Le rythme s’étire, on se met à penser : « Mais tu vas la cracher ta Valda ! » (allez savoir d’où m’est venue cette expression) En outre, on devine assez rapidement (mince, je vais divulgâcher) qu’un certain objet transmis de père en fils aura un rôle prépondérant dans la destinée funeste (ou pas) du fils et ce n’est qu’un exemple. FONDU AU NOIR / MUSIQUE

Parlons maintenant des acteurs. Rod Paradot, que je n’ai jamais vu au cinéma, a hérité du rôle casse-gueule de l’adolescent en plein mal-être : « Alors tu vas te ronger les ongles, tu vas bouger frénétiquement ta jambe quand t’es assis et tu traceras au feutre rouge sur ton bras des fausses marques de scarification » et c’est à peu près tout. Il a également une scène, entre rêve et réalité, où on met de la musique à pleins tubes avec effets stroboscopiques à gogo (tubes à gogo… je ne suis pas un « Millennial », la preuve) où le fils fait tomber les étagères et les livres avec (qui resteront par terre pendant une bonne partie de la pièce sans que ça gêne qui que ce soit) en ayant un regard de psychopathe adressé à sa belle-mère (interprétée par Élodie Navarre). Mais pourquoi ? N’y avait-il pas un autre moyen pour signifier l’éventuel antagonisme entre ces deux personnages, alors qu’on ne reverra aucune autre scène du même acabit. Yvan Attal fait du Yvan Attal, le rôle parait écrit pour lui. Et j’apprécie ça (je précise). Il interprète assez bien cet archétype du mâle qui travaille et laisse la femme s’occuper du dernier né, qui reste persuadé qu’il soutient tout le monde et qui ne veut pas voir en face la gravité du problème (dans la pièce, le fils sèche pendant trois mois le lycée… euh… dans les collèges et les lycées… si on est absent un certain nombre de fois, les parents ne reçoivent des courriels d’alerte les prévenant des absences des élèves ?) FONDU AU NOIR / MUSIQUE

En résumé, j’ai trouvé l’écriture de la pièce assez plate et trop languissante (comme ma critique… oui, vous avez bien lu, je n’ai pas écrit « non-critique »), qui malheureusement ne met pas assez en valeur des acteurs (que j’apprécie par ailleurs) parfois en sur-jeu. FONDU AU NOIR / MUSIQUE

 

vu le mercredi 14 février 2018 à la Comédie des Champs-Élysées (Paris)

prix de la place : 0€ (invitation d’une amie)

 

LE FILS

de Florian ZELLER
Mise en scène : Ladislas CHOLLAT

Avec Yvan ATTAL, Anne CONSIGNY, Elodie NAVARRE, Rod PARADOT, Jean-Philippe PUYMARTIN, Raphaël MAGNABOSCO

Décors : Edouard LAUG – Lumières : Alban SAUVE – Son : Mathieu BOUTEL – Costumes : Jean-Daniel VUILLERMOZ – Assistants mise en scène : Grégory VOULAND et Lou MONNET

 

(d’autres histoires)

* J’imagine l’acteur qui entre sur scène alors que la pièce a démarré il y a une heure et demie. Il fait quoi pendant ce temps ? Il reste dans la loge qu’il partage avec l’autre acteur qui entrera sur scène encore plus tard que lui ? Il écoute le retour ?  Il finit d’apprendre son texte ? Il regarde Real Madrid / PSG ? Il discute avec le liftier de l’ascenseur de la Comédie des Champs-Élysées ? Il joue une autre pièce à 19h et prend un taxi-moto pour arriver sur scène dans sa tenue de médecin à 22h03 précises ? Peut-être est-il un vrai médecin et que le théâtre l’a engagé pour être son médecin de garde tout en l’employant en tant que comédien, dès que la pièce fait intervenir un médecin, parce que c’est quand même plus économique ?

* Je repense à l’acteur qui n’a qu’une seule réplique, qui se la répète ad libitum et dont la langue fourche à l’instant t

* Je ne veux pas dire, mais aux premier deuxième rangs en orchestre, on se gèle. C’est tout.

* C’était quoi, tous ces gens avec des bouquets de fleurs en main ? Je ne comprends pas. J’ai oublié quelque chose ? C’était la fête de la fleur ?

* Nous étions placés côté cour, à l’extrêmité du deuxème rang. De là, nous voyions les coulisses. Je fus terriblement gêné de voir Yvan Attal partir derrière une cloison se (?) verser un verre d’eau, réapparaître, boire deux gorgées , disparaître à nouveau et apercevoir une main se tendre, celle du régisseur pour récupérer le verre.

* Yvan Attal m’a longuement regardé pendant les saluts. J’ai applaudi. Je n’ai pas souri. Je ne sais pas ce que j’ai fait, mais je n’ai pas souri. Vous pensiez à quoi, M. Attal ?

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

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