Kreatur (Sasha Waltz / La Villette)

(de quoi ça parle en vrai)

Dans l’environnement sonore créé par le trio Soundwalk Collective, avec les costumes de la styliste Iris van Herpen et les lumières d’Urs Schönebaum, la chorégraphe allemande renoue ici avec quelque chose d’originel. Comment existe-t-on, aujourd’hui, dans cette société sans dessus dessous qu’est devenue la nôtre ? Brinquebalés, arc-boutés, malmenés, insurgés. Entre le pouvoir et la domination, la liberté et le contrôle, la communauté et la solitude, on s’essaye à l’équilibre. Ça blesse, ça vibre, ça cogne, ça échappe, ça insiste. Sans répit, les quatorze danseurs matérialisent ces tensions incessantes, ces déplacements d’un pôle à l’autre, intemporels autant qu’arrimés à notre contexte contemporain. (source : ici)

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(photo de couverture : Walter Bickmann – ci-dessus : Ute & Luna Zscharnt)

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Cette pièce de danse intitulée « Kreatur » a déjà été présentée lors du dernier Festival d’Avignon. Les retours avaient été plutôt frais mais l’envie de découvrir le travail de Sasha Waltz était intacte.

Le premier tableau du spectacle est « de toute beauté ». Nous voyons ces danseurs, toutes et tous torse nu, évoluer à l’intérieur d’une espèce de cocon, s’en extirper, se rencontrer, puis prendre place derrière des sortes de miroirs sans tain flexibles, dans lesquels ils s’enferment, nous donnant l’occasion d’admirer leurs corps diffractés (je ne sais absolument pas si cela veut dire grand chose), grâce également à la magnifique lumière de Urs Schönebaum.

Et c’est après cela que les ennuis commencent, que l’ennui s’empare peu à peu de moi. Je vois un groupe qui se meut, s’arrête et repart de concert. Puis le chef de la meute mène ses semblables qui reproduisent ses gestes. Attends, mais bon sang, c’est bien sûr : j’ai déjà fait cet exercice-là lors d’un atelier de théâtre amateur ! Quelque chose se brise dans ma perception de cette pièce. Les interprètes se mettent à parler : « La vie est fantastique, pourquoi on se la complique ? ». Non, les paroles c’est : « Le plastique, c’est fantastique ! » (jamais je n’aurais pensé citer le groupe Elmer Food Beat ici et je l’ai pourtant fait !).

Dans le dernier tableau, nous entendons « Je t’aime moi non plus », la chanson de Gainsbourg et Birkin. Les danseurs s’entremêlent, y a une poutre en bois qui s’imbrique dans ces corps… Je trouve cela daté et même ridicule.

Je trouve cela surtout dommage quand je repense à l’exceptionnel tableau introductif.

 

KREATUR

Direction, chorégraphie Sasha Waltz

Costumes Iris van Herpen – Musique Soundwalk Collective – Lumières Urs Schönebaum – Directeur de répétition Davide Di Pretoro Dramaturgie Jochen Sandig

Danseurs Liza Alpízar Aguilar, Jirí Bartovanec, Davide Camplani, Clémentine Deluy, Peggy Grelat-Dupont, Hwanhee Hwang, Annapaola Leso, Nicola Mascia, Thusnelda Mercy, Virgis Puodziunas, Zaratiana Randrianantenaina, Yael Schnell, Corey Scott-Gilbert, Claudia de Serpa Soares

 

(une autre histoire)

Sasha Waltz est allemande. Premier point commun, j’ai du sang allemand. Lorrain pour être plus précis, mais à un moment ou à un autre, ce sang était quand même allemand. Pis, j’ai fait Allemand LV1. Je ne le répète jamais assez.

Sasha Waltz est née à Karlsruhe. Avec ma classe de seconde, nous avions passé une journée à Karlsruhe. Les coïncidences parfois… Le matin, nous étions au lycée, le midi nous mangions des pates (allez savoir pourquoi ça m’a marqué) avec du Spezi. Le Spezi, c’est un mélange de Coca et de soda à l’orange. J’adore ! L’après-midi nous avions quartier libre. Je me baladais en chantant lalala avec un de mes amis, puis nous nous perdîmes. Les églises se ressemblaient toutes, nous faillîmes nous faire écraser par une bicyclette folle qui ne semblait pas comprendre que nous étions égarés sur cette immense piste cyclable : « Mais c’est où pour les piétons, c’est là où c’est clair ou là où c’est foncé ? ». Nous demandâmes notre chemin à un parfait inconnu : « Die Jugendherberge, bitte ? Wir sind verloren ! » Ce gentil monsieur nous proposa de nous ramener en voiture.

Notez que nous n’avons absolument pas pensé une seule seconde au pire. Cela dit, peut-être s’est-il passé quelque chose dans cette voiture, que mon inconscient a totalement occulté. Peut-être que tout cela n’existe pas, que tout ce que j’ai vu, tout ce que je raconte, tout ce que j’ai vécu, c’est dans ma tête. Que les mots que j’écris ici sont en fait sur les murs d’une cave allemande et que ça fait bien longtemps que j’ai dévoré et digéré mon acolyte…

 

vu le vendredi 19 avril 2019 à la Grande Halle de la Villette

prix de ma place : 12€ (tarif personnel Villette obtenu grâce à une amie)

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

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Belgium Rules, Belgian Rules (Jan Fabre / La Villette)

(quand on ne lit pas la bible)

Belgium rules, Belgian rules ? Oh un jeu de mots ? Les règles de la Belgique ou bien la Belgique et les Belges, ils assurent ! (dit-il en levant ses deux pouces)

(de quoi ça parle en vrai)

« Bienvenue en Belgique ! Jan Fabre s’empare de son pays pour en faire un portrait chaleureux et ironique. On compte 117 nationalités à Anvers, c’est plus qu’à New-York. Dans ces différences, il y a une unité qu’exaltent Jan Fabre et ses quinze interprètes à coup de bière, de corps, de fougue et de souveraine singularité. Contre la montée des nationalismes, le metteur en scène célèbre l’esprit naturellement critique des Belges, leur anticonformisme vigoureux, leur soif de chair et de vie. Il dessine cet étrange royaume où l’on parle trois langues, où le multiculturalisme et le multi-nationalisme sont des faits. Ici, plus que la loi, la règle ou les mots, c’est l’image qui sert de guide, inspirée par les artistes visuels qui ont jalonné l’histoire du pays, des primitifs flamands aux surréalistes, de Jérôme Bosch aux auteurs de bande-dessinée. Tableaux et esthétiques se succèdent et se tissent pour écrire un récit organique, aux antipodes des peurs et des replis identitaires. (source : ici)

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Crédits photos : Wonge Bergmann

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Je mentirais si je disais que je suis un spécialiste de Jan Fabre. J’ai seulement vu quatre de ses spectacles, le premier étant « Je suis sang » à Avignon en 2001 alors que j’étais dramatiquement puceau (comprenez cela comme vous le souhaitez) et que j’aimerais revoir aujourd’hui avec tout ce que je sais désormais, sur la vie, l’amour et les vaches. Pourtant je ne peux m’empêcher de penser que Jan Fabre nous a concocté ici un « Belgium Rules, Belgian Rules » proche d’un Mount Olympus light. (Pour rappel, Mount Olympus était une performance de 24h : mes chroniques ici et )

Jan Fabre teste toujours autant la résistance de ses artistes que celle des spectateurs : nombre d’entre nous ont quitté la salle tout au long de la performance (3h45 sans entracte sur les banquettes de la Villette, ça fait mal au cucul à la longue ou bien est-ce moi qui suis devenu particulièrement douillet). On a également retrouvé ces scènes où les danseurs scandent ces fameuses règles en exécutant en boucle des exercices de musculation (variante de la corde à sauter dans Mount Olympus) : et ça dure… et ça dure… (« oh, qu’ils sont résistants, oh c’est touchant, ils se donnent vraiment à fond ! »… mais c’est alors qu’on crie « Déjà-Vou »)

Certaines scènes ont également pour objectif de tester notre sens olfactif : encens et bière à gogo (si je devais faire du mauvais esprit, je dirais que c’était de la Tourtel et non une bière d’abbaye).

Alors oui, il y a des tableaux très beaux, hypnotiques même, comme celui des drapeaux (je me suis souvenu qu’en CM2, j’avais participé à la Fête du Stade : c’était au Stade Vélodrome de Marseille et les écoles participantes devaient exécuter une chorégraphie sur une musique de Jean-Michel Jarre. Nous avions chacun deux drapeaux que nous faisions virevolter, tournoyer…). On voit des danseur.ses légèrement vêtu.es (surtout les filles… tiens donc… je ne vais pas me plaindre, hein… mais quand on y pense… je dirais même, quand on y réfléchit…), on y fait gicler la bière, on retrouve ces scènes durant lesquelles les danseur.ses font de la muscu, une dame qui fait pipi… Les passages parlés sont les moins intéressants. Ceci étant dit, les numéros collectifs sont toujours aussi enthousiasmants (avec du Stromae, du Jacques Brel, de la techno style pompier et du Adamo en fond sonore) et parfaitement exécutés.

Pour résumer, dans cette histoire historique et culturelle de la Belgique qui oscille entre amour et haine du plat pays, qui n’hésite pas non plus à égratigner sa politique colonialiste (comme tant d’autres), Jan Fabre fait ce qu’on attend de lui et ce n’est pas suffisant.

(Et je suis curieux de savoir ce qu’en pensent les Belges… Les applaudissements furent plutôt mous hier soir par chez nous…)

 

BELGIAN RULES, BELGIUM RULES

Une production Troubleyn/Jan Fabre

Avec : Lore Borremans, Annabelle Chambon, Cédric Charron, Anny Czupper, Conor Doherty, Stella Höttler, Ivana Jozic, Gustav Koenigs, Chiara Monteverde, Andrew Van Ostade, Pietro Quadrino, Annabel Reid, Ursel Tilk, Irene Urciuoli, Kasper Vandenberghe

Concept, Mise-en-scène: Jan Fabre
Texte: Johan de Boose
Musique: Raymond van het Groenewoud (Belgian Rules et Vlaanderen Boven/Wallonie d’abord); Andrew Van Ostade (toutes les autres musiques)

Dramaturgie: Miet Martens

Assistante à la dramaturgie: Edith Cassiers – Technicien en chef: André Schneider – Chargé de production: Liesbeth Plettinckx – Régisseur lumières: Wout Janssens – Régisseur plateau: Randy Tielemans and Kevin Deckers  – Régisseur son: Tom Buys
Costumes: Kasia Mielczarek, Maarten Van Mulken, Jonne Sikkema, Les Ateliers du Théâtre de Liège, Catherine Somers (chapeaux de carnaval) – Accessoires : Alessandra Ferreri

Jusqu’au 24 mars 2019 à la Grande Halle de la Villette et les 12 et 13 avril 2019 au Théâtre des Salins à Martigues.

 

(une autre histoire)

C’est drôle, parfois, le cerveau humain. J’ai rêvé d’elle les trois nuits suivant notre séparation. Genre de rêve que tu fais au petit matin et qui te suit toute la journée. Comme dans un état second. Et t’es pas bien. Et t’es d’humeur mélancolique. « Ça va ? – Ça peut aller. » Je n’ai jamais su mentir. Je sais bien que cette question n’est que pure rhétorique, mais je ne sais plus sourire et dire : « Oui, ça va. »

J’ai supprimé toute trace (matérielle) d’elle. Photos, lettres. Elle habite quelque part à Bruges, mais je ne me souviens même plus de l’adresse exacte. C’est quoi le mot, déjà, quand on fait tout pour passer à autre chose, quitte à oublier ?

Je l’ai rencontrée ici, mais elle habite là-bas. Je ne me suis jamais rendu là-bas. Parfois je me dis que j’irais bien à Bruges. Qu’au détour d’une rue, même vingt-quatre ans après, je la croiserais. Elle parlerait toujours aussi bien français. Je lui ferais un tour de prestidigitation, elle rirait.

Je l’imagine faire le trajet inverse, aller là où je vivais à l’époque et me chercher en vain.

Parfois j’ai cette cruelle impression que je suis le seul à chercher, à ressasser.

 

Vu le vendredi 22 mars 2019 à la Grande Halle de la Villette, Paris

Prix de ma place : 12€ (tarif personnel Villette – mais c’est pas moi)

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Rain (Rosas / Ictus / La Villette / Festival d’Automne)

(quand on ne lit pas la bible)

Rain ? Si seulement je l’avais vu en novembre, j’aurais pu ironiser sur la chanson de Guns n’Roses, mais hélas non. Et comme la compagnie de Anna Teresa De Keersmaeker s’appelle Rosas, moi je dis, y a pas de hasard !

(de quoi ça parle en vrai)

« Cette pièce phare d’Anne Teresa De Keersmaeker, composée en 2001 sur Music for 18 Musicians de Steve Reich, est peut-être la clé de voûte de toute son oeuvre chorégraphique. La structure de la danse, à la fois imbriquée et adjointe à celle de la musique, agit comme une matrice ; par ses répétitions, ses variations, ses conjugaisons des motifs initiaux, elle génère une vitalité rare, une incandescence persistante et vertigineuse, que les danseurs, dans leur mouvement collectif, ne cessent d’auto-alimenter. Portés par les vagues ondulatoires et obsédantes de la musique, les ressorts formels de cette « danse pure » exercent leur action bien au-delà du plateau. Leur rigueur infaillible distille les sensations, s’immisce dans les gradins, insiste et recommence, jusqu’à l’envoûtement. » (source : ici)

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Crédits photos : Anne Van Aerschot

(ceci n’est pas une critique, car il faut vraiment que je prenne des vacances, hélas, avec celle-ci, j’ai encore 5 chroniques à pondre…)

On voit des danseuses et des danseurs courir en rond. On voit des danseuses et des danseurs à deux doigts de perdre l’équilibre. On voit et on entend surtout dix musiciens et choristes jouer une musique de Steve Reich. Entêtant, hypnotisant. Du mouvement pendant plus d’une heure, les danseurs ne prennent pratiquement aucune pause, les musiciens se relaient au piano, aux cordes ou au xylophone. Une sensation de fluidité. La musique répétitive de Reich mais jamais ennuyeuse se laisse écouter comme un morceau dont on découvrirait de nouvelles choses à chaque écoute.

(Parfois je laisse mon regard s’attarder sur une seule personne pendant de longues minutes, occultant tout le reste. Puis reviens sur le groupe. Ils vont bien ensemble.)

Parce qu’on n’est pas pareil à la fin du spectacle (et c’est un peu la moindre des choses quand on va au spectacle), notre seul souhait est que la pluie tombe sur nous. Et aussi courir.

 

RAIN (rosas / ictus)

Chorégraphie Anne Teresa De Keersmaeker

Dansé par Laura Bachman, Léa Dubois, Anika Edström Kawaji, Zoi Efstathiou, Yuika Hashimoto, Laura Maria Poletti, Soa Ratsifandrihana, Frank Gizycki, Lav Crnčević, Luka Švajda

Musique : Music for 18 Musicians Steve Reich

(dans le cadre du Festival d’Automne à Paris)

 

(une autre histoire)

Dans mes archives musicales, j’ai 109 chansons avec le mot « rain » et autres mots de la même famille, mais seulement 15 morceaux avec le mot français « pluie ». Je n’ose rechercher le nombre de fois où le mot « love » ou « amour » apparait. Ça me déprimerait bien trop. Surtout que la pluie elle-même me met dans un état proche de la larve qui aurait abusé de sucreries. Le gris aussi me fait ça. Revoir certaines personnes également. Alors j’ai dit « stop ». Je me mets au sport, j’arrête de boire, je n’écoute plus de musique triste ou grise. Je me regarde la face dans la glace et je tente de battre le record de souriage. Je pense alors à ma nouvelle dentiste dont j’ai sauvagement décommandé le rendez-vous. Je la rappellerai l’année prochaine, ça sera ma première résolution. Et j’arrêterai de commencer mes phrases par « je ».

(…)

J’aimerais ça, courir en rond, sans m’arrêter, sur une petite distance. J’irais tellement vite que la force centrifusionelle me permettrait de courir à 20° d’angle du sol. Je serais comme Fred Astaire et je courirais sur le tapis bleu du ciel. Parce que parce que je l’ai décidé, le ciel serait toujours bleu. Avec un ou deux petits nuages, pour agrémenter et faire fonctionner la boîte à imaginaire. Avec tout cet entraînement, je pourrais faire comme Michael Jackson dans le clip « Smooth Criminal » et me baisser sans décoller des pieds. Je ne perdrais point l’équilibre. Je ne sais pas bien à quoi ça me servirait, mais ça serait cool…

(…)

Voilà voilà…

 

vu le vendredi 7 décembre 2018 à la Grande Halle de la Villette, Paris

Prix de ma place : 12€ (place prise par une amie qui travaille à la Villette)

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

The Great Tamer (Dimitris Papaioannou / La Villette / Théâtre de la Ville)

(quand on ne lit pas la bible)

The great tamer ? Le grand dompteur… Dernier spectacle bravant l’interdiction de représenter des grands fauves dans l’enceinte d’une salle de spectacles ?

 

(de quoi ça parle en vrai)

Entre images d’actualité et iconographie byzantine, ce nouvel opus gravite autour de la Grèce, terre mythique où les légendes se font et se défont. En quête désespérée de nouveaux idéaux, l’homme projette sur des mirages ses désirs les plus obscurs et les plus fous. Les performances de Dimitris Papaioannou font cet effet-là, celui de résumer l’humanité par des images fortes et accomplies où la beauté est une invitée de marque. (https://lavillette.com/evenement/dimitris-papaioannou/)

 

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Crédits photos : Julian Mommert

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

C’est sur les bons conseils de Ronan dans cette vidéo (-> ici) que je me décidai à franchir les portes de la Grande Halle de la Villette pour découvrir le travail de Dimitris Papaioannou, qui y reviendra d’ailleurs l’an prochain (et j’y serai… enfin j’espère) pour présenter sa nouvelle création avec la compagnie de Pina Bausch, la Wuppertal Tanztheater. Mais n’anticipons pas et profitons de ce rêve éveillé que fut The Great Tamer.

Le Beau Danube Bleu de Strauss qui conclut toujours le concert du Nouvel An à Vienne (et qu’on m’oblige chaque année à le regarder) sera le fil conducteur de ce spectacle, mais sera trituré, ralenti… Je pourrais parler des images : l’homme qui se deshabille, s’allonge, un linceul est déposé sur son corps, le souffle d’une plaque en bois qui tombe le fait s’envoler (action qui sera répétée) / Cet être composé d’un buste féminin et de deux jambes de deux danseurs, à la démarche déglinguée / Ces trappes qui referment diverses surprises / l’ombre du cosmonaute / les épis de blés qui se plantent telles des flèches au sol… Je pourrais parler de l’absence de couleurs, des références picturales qui me manquent mais qui ne me frustrent pas…

Le spectacle est d’une sombre beauté insondable et poétique.

(je ne sais pas d’où je sors ça, mais il serait vain pour moi et pas très intéressant pour vous de tenter d’expliquer cette expérience, j’ai préféré aller à l’essentiel)

 

vu le mardi 20 mars 2018 à la Grande Halle de la Villette

prix de la place : 10€ (tarif obtenu grâce à une amie qui travaille à la Villette)

 

THE GREAT TAMER

conception & direction : Dimitris Papaioannou

avec Pavlina Andriopoulou, Costas Chrysafidis, Ektor Liatsos, Ioannis Michos, Evangelia Randou, Kalliopi Simou, Drossos Skotis, Christos Strinopoulos, Yorgos Tsiantoulas, Alex Vangelis

Jusqu’au 23 mars 2018 à la Grande Halle de la Villette (avec le Théâtre de la Ville)

 

(une autre histoire)

Je vous jure, ça a duré une fraction de seconde. Sur scène, le gars était en train d’enlever ses chaussures, j’ai fermé les yeux, je les ai rouverts, il enlevait ses chaussettes. Je n’ai rien raté. Enfin je crois. Parce que dans ce genre de spectacles, ça se répète pas mal. Mais faut me comprendre, je fais un métier pénible, je n’arrête pas d’y penser, je dors mal et mes rêves, je les fais lors de mes micro-siestes pendant des spectacles.

J’étais à l’hôpital, j’allais me faire ouvrir le ventre. J’angoissais à l’idée qu’on farfouille trifouille dans mes entrailles et qu’on y trouve je ne sais quoi. Un peu comme quand le mois prochain j’irai chez le dentiste alors que je n’y suis pas allé depuis plus de trois ans. Une honte m’étreint. Dans ma chambre, une personne que j’ai rencontrée quelque part (le côté abstrait et flou est totalement voulu car j’ai clairement identifié la personne) est à mes côtés, elle me tient la main et est venue avec toute sa famille nombreuse. Je me sens bien avec eux.

Mais tout disparait. J’ai arrêté de travailler. Je vis reclus dans la maison familiale. Plus personne de ma famille n’existe sauf moi. Un jour, on m’a dit : « Tu sais, la lignée familiale tient dans tes couilles. Tu ne procréés pas, ton nom meurt ». Je suis tout seul. Je vis sur mes économies, j’ai vendu les dernières terres pour subsister jusqu’à la saison nouvelle, la maison est maintenant encerclée par de nouvelles villas et une nouvelle route départementale dont les voitures dépassent allègrement la limite autorisée. Je regarde autour de moi, à la recherche d’objets que je pourrais revendre ou échanger contre des boîtes de thon. Je suis tout seul, je vis dans un bric à brac, dans la maison de mes parents qui est devenue ma maison, j’ai sur le dos une vieille veste en laine qui sent le bois brûlé. Je ne sais pas trop ce que je fais. Je ne sais pas trop quoi penser, je n’ai jamais su.

J’ouvre les yeux et sur scène un homme enlève ses chaussettes après avoir enlevé ses chaussures.

J’ai cligné des yeux combien de temps ?

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

À quelle sauce ? (Hiver 17/18)

L’AUTOMNE SE TERMINE ET L’HIVER APPROCHE… APRÈS UN MOIS DE DÉCEMBRE ENCORE BIEN CHARGÉ ET LA FIN DU FESTIVAL D’AUTOMNE, L’ANNÉE 2018 SERA  D’APPARENCE PLUS CALME. SI JAMAIS LE PÈRE NOËL EST GÉNÉREUX, PEUT-ÊTRE QUE DE NOUVEAUX SPECTACLES VIENDRONT REMPLIR MES CHAUSSONS…

 

DÉCEMBRE

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Bacchantes – crédit photo : Filipe Fereira
  • Mélancolie(s) (théâtre de la bastille) – Julie Deliquet : Mes mouchoirs sont prêts ou l’occasion d’enfin découvrir le travail de Julie Deliquet, moi qui me mords les doigts de ne pas avoir pu voir Vania à la Comédie Française. (du 29 novembre au 12 janvier) ✓
  • Jusque dans nos bras (bouffes du nord) – Les Chiens de Navarre : J’assisterai à la dernière aux Bouffes du Nord de cette nouvelle création. Note pour plus tard : vérifier où je suis assis, je me méfie toujours d’eux. (jusqu’au 2 décembre) ✓
  • Adieu Ferdinand (théâtre de l’athénée) : Je ne pouvais pas rater les deux derniers (?) épisodes de sa saga. Devrais-je avouer que j’ai déjà écrit mon autre histoire… (du 2 décembre au 14 janvier) ✓
  • La route chante : Hommage à Lhasa  (philharmonie de paris) : Patrick Watson, Sophie Hunger, Plants & Animals, Emilie & Ogden et compagnie pour rendre hommage à cette artiste aujourd’hui disparue. Deuxième rang au milieu. Je suis prêt. (3 décembre) ✓
  • Maîtres Anciens (théâtre de la bastille) – Nicolas Bouchaud : Love forever. (jusqu’au 22 décembre) ✓
  • Crowd (nanterre amandiers) – Gisèle Vienne : Mais sans Jonathan Capdevielle (du 7 au 16 décembre) ✓
  • Espaece (centquatre) – Aurélien Bory : Découverte également de ce créateur. (du 7 au 13 décembre) ✓
  • Bacchantes (centre pompidou) – Marlene Monteiro Freitas : Deuxième fois que je le verrai : Vais-je autant en prendre dans la face qu’en avril dernier au théâtre Dona Maria II de Lisbonne ? (du 13 au 16 décembre) ✓
  • Gala (kaaitheater) – Jérôme Bel : L’occasion était trop belle de retourner à Bruxelles fêter mon anniversaire (le 16 décembre, soit dit en passant) et revoir ce magnifique spectacle. ✓
  • Actrice (bouffes du nord) – Pascal Rambert : C’est Marina Hands qui parle pendant une heure suivie de Audrey Bonnet qui parle pendant une heure à son tour ? (du 12 au 30 décembre) ✓
  • Pindorama (chaillot) – Lia rodrigues : Pour le coup, je ne sais absolument rien de ce spectacle, mis à part que cette chorégraphe avait fait grande impression auprès de certains de mes amis lors de sa venue l’an passé au Centquatre. (du 19 au 22 décembre) ✓
  • En manque (grande halle de la villette) – Vincent Macaigne : Être au premier rang ou ne pas être. Et je viens d’apprendre que finalement le spectacle serait en placement libre. (du 14 au 22 décembre) ✓

JANVIER

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We’re pretty fuckin’ far from okay – Lisbeth Gruwez
  • Saïgon (théâtre de l’odéon – ateliers berthier) – Caroline Guiela Nguyen : En avant-première… ✓
  • Vies de papier (le mouffetard théâtre) – Cie La Bande Passante : Quelque chose de « Des gens dans l’enveloppe » de Isabelle Monnin, première venue au Mouffetard Théâtre et aussi première invitation en tant que blogueur, jouons-la cartes sur table. ✓
  • Iliade Odyssée (théâtre de la bastille) – Pauline Bayle : L’intégrale ! Ou revoir la première partie (déjà vue à la Manufacture – Avignon Off 2016) avant d’enchainer avec la seconde partie. (du 8 janvier au 3 février) ✓
  • 1993 (théâtre de gennevilliers) – Julien Gosselin : En attendant son adaptation de Don de Lillo à Avignon cet été et à Odéon au prochain festival d’automne. ✓
  • Les Bijoux de pacotille (théâtre paris villette) – Pauline Bureau : Même si je fus déçu par « Dormir 100 ans » et moyennement convaincu par « Mon coeur », j’irai voir la nouvelle pièce de Pauline Bureau, surtout qu’elle s’est apparemment mise au service de Céline Milliat Baumgartner qui a écrit et joue la pièce. (du 16 au 20 janvier) ✓
  • We’re pretty fuckin’ far from okay (théâtre de la bastille) – Lisbeth Gruwez : Mais nous le serons assurément devant la reprise de ce spectacle de Lisbeth. Oui je suis optimiste. Grande impatience après son magnifique « Lisbeth Gruwez dances Bob Dylan ». (du 15 au 20 janvier) ✓
  • Le jeu de l’amour et du hasard (théâtre de la porte st martin) – Catherine Hiégel : Nouvelle incursion dans le privé. Mais l’association (de malfaiteurs) Laure Calamy + Nicolas Maury + Clotilde Hesme + Vincent Dedienne a fini de me convaincre de lâcher plus de 30€ pour un 2e catégorie. (à partir du 16 janvier) ✓
  • La maladie de la mort (bouffes du nord) – Katie Mitchell : Duras avec Laetitia Dosch… Pourquoi pas ? (du 16 janvier au 3 février) ✓
  • Quoi/maintenant (théâtre de la bastille) – tg STAN : Rien à ajouter. (du 23 janvier au 9 février) ✓
  • L’après-midi d’un foehn (philharmonie de paris) – Phia Menard : Découverte également de cette artiste, qui a le mérite d’avoir un spectacle court, en après-midi, à sept minutes à pied de chez moi. (27 et 28 janvier)
  • Moeder (barbican london) – peeping tom : Faire totalement confiance en le choix de Camellia Burows : https://camelliaburows.com ✓
  • Ex Anima (Zingaro) – Bartabas : ou l’inverse… C’est mon cadeau d’anniversaire !!! ✓

 

FÉVRIER

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  • France Fantôme (tgp saint denis) – Tiphaine Raffier : De très bons échos… ✓
  • Vertigo (philharmonie de paris) – Cinéconcert Alfred Hitchcock : Première fois que j’assiste à ce genre d’événement. La salle, le film, Kim Novak en grand, Jimmy Stewart, Hitch, Bernard Herrmann : ça devrait aller. (4 février) ✓
  • Khatia Buniatishvili (philharmonie de paris) : Cette pianiste me fascine, je l’avoue. (5 février) ✓
  • Bêtes de scène (rond point) – Emma Dante : Après le Mount Olympus de Jan Fabre, les danseurs tous nus me manquaient trop. (du 6 au 25 février) ✓
  • Quills (colline) – Robert Lepage : Robert en visite chez Wajdi, c’est à ne pas manquer. (du 6 au 18 février) ✓
  • Jaguar (théâtre de la bastille) – Marlene Monteiro Freitas : Curieux de découvrir un deuxième spectacle de cette chorégraphe qui m’a fait grand effet avec Bacchantes (Bacantes en portugais) (du 12 au 18 février) ✓

 

J’AI DÉJÀ VU, C’EST BIEN MAIS JE N’Y RETOURNE PAS PARCE QUE JE N’AI PLUS DE SOUS ET QUE J’ESSAIE D’AVOIR UNE VIE SOCIALE…

  • Cap au pire à l’Athénée Louis Jouvet (du 2 décembre au 14 janvier) : pas la pièce la plus évidente, je ne pourrais même pas dire que c’est bien, ça ne serait pas le terme adéquat : fascinant et énervant. Mieux vaut être reposé avant d’entendre et voir Denis Lavant dire du Samuel Beckett.
  • Adishatz/Adieu au théâtre du Rond Point (du 12 décembre au 6 janvier) : Capdevielle Capdevielle Capdevielle !

 

Encore une fois, il s’agit ici d’une liste qui risque de s’allonger ou de se modifier dans les prochaines semaines, au gré des invitations gagnées, conseils et autres rencontres.

 

(court) BILAN AUTOMNE 2017

Autant vous dire que je me suis impressionné moi-même à voir autant de spectacles, à écrire une chronique pour chacun de ces spectacles tout en ayant une activité professionnelle plutôt prenante à côté, un atelier théâtre, un film ou deux au cinéma par semaine, sans parler d’autres activités que je ne mentionnerai pas ici. J’ai clairement perçu mes limites, non pas créatives car je suis parvenu, à une ou deux exceptions près, à livrer la chronique relativement dans le délai que je m’étais imparti (je crois que je n’avais jamais autant écrit de ma vie). C’est plutôt physiquement que ce fut compliqué (genre le sommeil) et je sais que je ne reprendrai plus autant de spectacles, Festival d’Avignon excepté (mais là-bas, je suis en vacances, y a pas les transports en commun, etc.)

45 spectacles vus du 9 septembre au 29 novembre, 45 chroniques écrites (double chronique pour le hors-normes Mount Olympus et 1 seule pour Stadium vu à la Colline et au Mucem à Marseille en format lecture). Le seul spectacle que j’ai raté fut le concert de Brad Meldhau qui tombait le même soir que mon atelier théâtre. Les beaux et vrais coups de coeur sont arrivés assez tardivement : (dans le désordre) Les Barbelés d’Annick Lefèbvre, Tous des oiseaux de Wajdi Mouawad, ainsi que les reprises de La Face Cachée de la Lune de Robert Lepage, We love Arabs de Hilel Kogan et Grande de Tsirihaka Harivel et Vimala Pons.

Les trois chroniques les plus lues : Des gens dans l’enveloppe (merci à Isabelle Monnin pour le partage de l’article sur Facebook et Twitter), Gardarem (merci à la compagnie L’oeil du renard pour le partage sur Facebook) et Tous des oiseaux (merci Google ?).

Spéciale dédicace à la famille éloignée et les amis qui me poussent à être encore plus imaginatif.

Spéciale dédicace à celles et ceux qui ont googlelisé mon nom et sont tombés ici bas : Papa ? Maman ? Les gens du boulot ?

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

 

Mount Olympus – To glorify the cult of tragedy, a 24h performance (dernière partie)

(d’après des notes prises dans le noir au cours de la dernière partie de « Mount Olympus », mais j’étais mieux placé, donc y avait plus de lumière, entre 13h et 19h)

(et je le répète encore une fois, ceci n’est pas une critique, seulement des pensées dites à voix haute. Pour une critique et une analyse plus approfondies, vous trouverez sûrement sur un autre blog (ou vlog))

 

J’ouvre les yeux à 8h du matin. Je consulte le programme de « Mount Olympus », calcule rapidement ce que je dois faire avant, je décide d’y retourner seulement pour 13h. Je n’ai même pas honte. J’aime prendre le temps le matin. Même quand je travaille : ralentir pour prendre mon petit déjeuner, mon caca en lisant le Télérama de la semaine, une douche chaude, peut-être même plus sous la douche… Et ce matin, je me devais (surtout à moi-même) d’écrire un texte sur la première partie de Mount Olympus de près de 1200 mots. Un jour, j’aurai un rédacteur qui me dira de couper ici ou là, mais pendant ce temps…

 

Avant de traverser l’avenue Jean Jaurès, je croise l’Occupant L., présent également à la Villette. Je lui confie que j’ai dormi la nuit dernière chez moi (je lui montre ma rue du doigt) et ai raté les parties 2 et 3. Je ne sais comment interpréter son regard. Est-ce de l’incompréhension : « Mais comment ? Tu aurais pu vivre une expérience unique et toi tu vas te coucher comme un vieux pépère ? » ou bien, et assez justement, de la déception teintée de ressentiment : « Espèce de bâtard, tu ne m’as même pas invité chez toi pour que je puisse me reposer au calme et me débarbouiller le visage et le cucul ? ».

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Crédit photo : Axel Ito (toujours aussi bien cadrée)

C’est la dernière pause avant le grand final (de cinq heures). Même quand on dort, il se passe toujours quelque chose sur scène. Les performeurs (mon correcteur orthographique me propose à la place de ce mot : perforateurs) dorment-ils vraiment ? La réponse doit être non. Seulement s’étendre, profiter du calme de la salle qui, elle, se réveille doucement de sa sieste. Je dois à tout prix rechercher des articles quant à la préparation de ces grands artistes. L’emploi du mot « performance » n’est ici pas usurpé.

 

Je me lance le défi un peu foufou d’éteindre complètement mon cellulaire durant les six prochaines heures. J’ai tenu deux heures et je ne suis pas le seul. C’est assez impressionnant de voir tous ces téléphones se dresser dès qu’une image parait intéressante sur scène (ce n’est pas la première fois que je le constate, évidemment, il n’empêche, ça m’étonne toujours). Je ne parlerai même pas du final, j’ai fait partie des nombreuses personnes à filmer le twerk ou la scène précédente et à publier les dites vidéos sur Instagram.

Quand j’étais au lycée, avec mes amis, nous voulions monter « Chroniques des jours entiers, des nuits entières » de Xavier Durringer. J’avais émis l’idée de jouer qu’une seule représentation, forcément unique, de fait, et qu’il n’y aurait aucune trace photographique et encore moins filmée. Plus de vingt ans plus tard, c’est toujours en état de projet.

Je vois également un petit vieux (enfin je crois, de loin je ne vois pas, je commence aussi à me faire vieux) au premier rang, qui filme plusieurs scènes à l’aide de sa putain de tablette. Je le vois reluquer sur son grand écran ces danseurs s’étalant de l’huile partout partout sur leur corps, puis qui luttent, dans un corps à corps (donc deux à deux) hypnotisant (à dire avec la voix de Jean-Paul Rouve). C’est un spectacle bandant, disons-le, les danseurs sont tous de toute beauté (à dire avec la voix de Jean-Paul Rouve). Les filles et les gars, et pour que je le dise… Je les ai trouvés si majestueux alors qu’ils dansaient le sirtaki sur la bande son du film « Zorba le Grec » ! Je me souviens avoir vu ce film très jeune, chez ma marraine. Elle possédait une immense collection de cassettes VHS. C’est chez elle que j’ai découvert Steve Mc Queen (dans La Grande Évasion), Kirk Douglas (dans Les Vikings) et donc Anthony Quinn.

Le sirtaki, c’était dans la première partie du spectacle. Pourtant, il ne me semble pas que je me sois absenté onze heures. Le temps accélère, ralentit, histoire de perception… Les scènes d’orgies végétales me reviennent également en tête. J’y pense, il doit bien exister un mot définissant les relations sexuelles avec des plantes. (je viens quand même de googleliser « relations sexuelles avec une plante ») (Saviez-vous que la paraphilie définissait l’intérêt sexuel persistant et puissant autre qu’un comportement et copulatoire ou précopulatoire avec un partenaire humain ? Wikipedia est mon ami.) Bon je n’ai pas trouvé le terme : plantophilie ? Ou bien terraphilie ? Je me souviens d’une interview de Paco Rabanne dans laquelle il déclarait qu’il avait fait l’amour à la terre. Après une averse, il avait creusé un trou dans la terre encore humide, avait introduit son machin dans le trou et puis, ben voilà quoi. Il se souvenait encore de l’odeur, ce mélange de sperme, de terre et sûrement de vers. Saviez-vous qu’un conseiller olfactif avait travaillé sur « Mount Olympus ». des parfums de vin, notamment, nous venaient nous caresser les narines tout au long du spectacle. Au premier rang, l’odeur devait être bien forte. Plus tard, un danseur se forcera à roter, à la limite du vomissement. Ça sentait fort, ça a dû l’aider.

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Crédit photo : Axel Ito (on voit le grand écran du petit vieux au premier rang)

Ceci dit, aucun regret de ne pas être resté sur le lieu durant 24 heures d’affilée (en parlant de 24 heures, je comprends bien la symbolique de ce nombre, mais il n’empêche que j’ai l’impression que certains segments sont étirés artificiellement, mais encore une fois, je le répète, je n’ai pas assisté à toute la performance, on pourrait me reprocher ma mauvaise foi ou mon ignorance envers le travail de Jan Fabre). Je me connais (enfin je crois…), c’est au-delà de mes forces, tout simplement. J’aurais râlé, fait la gueule (ce que je fais déjà naturellement). J’ai déjà tellement d’images dans ma tête, et y en a qui m’ont rassuré aussi, de voir ces acteurs qui oublient leur texte (quoi de compréhensible quand on est sur scène autant de temps) et répètent les répliques précédentes le temps de se souvenir. Alors on lit les sur-titres, le temps qu’ils se souviennent. J’ai même appris un nouveau mot : « Corroder ». En revanche, je ne sais toujours pas ce que ça veut dire (Ah mais oui… corroder… corrosif… ceci explique cela)… Puis on se rend compte qu’on lit des sur-titres en français, alors que le performeur parle français.

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Crédit photo : Wonge Bergmann

C’est la vingt-quatrième heure, la performance finit en apothéose (dans ce genre de spectacles, j’ai toujours une pensée émue pour le régisseur qui devra se coltiner le ménage), malgré une dernière partie moins forte, ai-je trouvé, que la première. mais deux derniers tableaux marquants dont la reprise du Twerk, trouvable très facilement sur Youtube.

Des phrases me restent en tête : « Every man needs a little bit of madness. » « Give me all the love you’ve got. » « Take the power back and enjoy your own tragedy, breathe, just breathe, and imagine something new ».

La fin n’a pas de fin.

Ps : J’ai adoré les lampes, il fallait que je l’écrive quelque part. Je veux les mêmes à la maison, que je puisse les monter et les descendre aussi, tant que faire.

 

Mount Olympus – To glorify the cult of tragedy, a 24h performance

Avec 28 interprètes perforateurs

Conception et mise en scène : Jan Fabre

Chorégraphie : Jan Fabre et ses danseurs

Textes : Jeroen Olyslaegers et Jan Fabre

Musique : Dag Taedelman

Scénographie : Miet Martens – Artiste olfactif : Peter de Cupere

Production : Troubleyn/Jan Fabre

 

Prochainement les 23 et 24 septembre 2017 à Belgrade (Serbie)

Du vendredi 15 septembre 2017 à 19h au samedi 16 septembre 2017 à 19h à la Grande Halle de la Villette (Paris 19)

Prix de la place : 20€ (tarif obtenu grâce à une amie qui travaille à la Villette)

 

Texte (sauf citations) : Axel Ito

Photo de couverture : © Wonge Bergmann and Troubleyn

 

Mount Olympus – To glorify the cult of tragedy, a 24h performance (1e partie)

(d’après des notes prises dans le noir au cours de la première partie de « Mount Olympus », entre 19h et 2h du matin)

(c’est que j’écris plutôt bien à l’aveugle !)

(je préviens, ce sera décousu, ce ne sera ni une non-critique, ni une autre histoire, « Mount Olympus », par son dispositif, est assez exceptionnel, d’où un format de chronique aussi exceptionnel, n’ayons pas peur des mots)

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Crédit Photo Axel Ito

L’automne dernier, j’ai participé à une course aux Buttes Chaumont et alors que je n’avais jamais couru plus de six kilomètres, je me suis inscrit aux huit (kilomètres). Course à l’aveugle, arriverai-je à tenir la distance, gravir quatre fois les montées du parc, telle était la question. Dans ma tête, pour ne pas être trop ridicule, j’ai calculé que je devais faire cette distance en moins d’une heure. Je l’ai finalement parcourue en moins de cinquante-quatre minutes. Loin d’être un temps génial, mais pour moi c’était bien, j’étais content.

Ce soir, je calcule dans ma tête les heures effectuées au travail, cette journée de la veille durant laquelle j’ai fait le tour du cadran au boulot, ces deux dernières semaines où je me suis endormi avant 23h (soirée au Rond Point mercredi dernier mise à part) : la reprise est dure. Sept mois que je n’avais pas travaillé, dans le sens traditionnel du terme. Sept mois que je (dans le désordre) regardais des films,  lisais, voyais des spectacles, écrivais comme je n’avais jamais écrit, parcourais l’Europe entre Lisbonne et Reykjavik en train et en bateau, prenais le temps. Un autre rythme.

Ces vingt-quatre heures me faisaient peur, avant même d’avoir commencé. Je m’en faisais une montagne (Olympus). Je quitte le travail à 17h35, lessivé et j’arrive à la Grande Halle de la Villette une heure plus tard. Dans ma tête, j’imaginais que le spectacle se jouerait en six parties, il n’y en aura que quatre, la première durera plus de six heures. Six heures ininterrompues.

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Crédit Photo : Axel Ito

« Bonjour, alors je m’entraîne depuis très longtemps pour ces vingt-quatre heures. Alors j’ai d’abord vu un spectacle de 3h30 sans interruption, c’était « My Dinner with André » (De Koe/tg STAN), j’avais bu du thé juste avant, j’ai besoin de me lancer des défis, puis y a eu un spectacle de 4h au Théâtre du Soleil. Certes, y avait un entracte, mais pour qui connait les bancs de ce théâtre, c’est un sacré challenge. Un été, j’ai passé la nuit dans la Carrière de Boulbon, près d’Avignon, pour la trilogie des Femmes de Wajdi Mouawad, on est passé au cran supérieur là, on avait les couvertures, c’était en plein air, 6h comme ça avec mes amis les moustiques qui m’aimaient bien, je me suis à peine assoupi. Pis, l’an passé, 2666, Gosselin, Bolano, 12h, même pas dormi, pas même une sieste, régime bananes chocolat… »

24h… Aucun suspense, je le dis d’avance, je suis rentré chez moi me coucher après la première partie et n’y retournerai que pour la dernière vers 13h. Il faut dire que je n’ai pas eu grand chose à parcourir entre la salle de spectacle et mon chez moi, 650 petits mètres seulement plus six étages. Mal à la gorge, mal assis, tout simplement fatigué et pas assez motivé pour rester la nuit entière. Je pensais déjà à un dimanche d’après nuit blanche, que je mettrais la semaine à m’en remettre. Je ne suis plus dans le Carpe Diem du Professeur Keating.

24h… Pourquoi finalement ? Je veux dire, en tant que spectateur. 24h pour faire 24h ? Un défi ? Un record ? Encore faut-il que ce qui est présenté en vaille la peine (ça vaut la peine, je précise). 24h ou le concours de celui qui a la plus grosse. Ça tombe mal, j’en ai une petite et je n’ai pas (plus) besoin de compenser. Même si je peux comprendre l’expérience.

Ceci étant dit… Cette première partie… Tout ce que je vois me rappelle une représentation l’an passé de Markus Öhrn à Gennevilliers. Le metteur en scène, avant le début de la pièce, nous prévient que nous sommes libres d’aller et venir pendant la représentation, celle-ci durant 3h30 sans entracte également. La durée de « Mount Olympus » est tellement exceptionnelle que tous les codes que nous connaissons deviennent caduques. On chuchote, on consulte notre téléphone, on boit, on mange (purée, le gars derrière moi a mangé des chips…), on applaudit à la fin de certains tableaux (applaudissements un peu provoqués, il faut dire), on participe en scandant des phrases affichées sur l’écran des sur-titres, donc, on va, on vient.

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Crédit Photo : Wonge Bergmann and Troubleyn
  • La tête dans le cul, ça me rappelle le film « Shortbus » de John Cameron Mitchell, dans lequel on voit un personnage chanter l’hymne américain dans le cul d’un autre.
  • Les métamorphoses (ou « Le maquillage des créatures »)
  • Cet acteur ventripotent qui bouge superbement.
Probe zu Mount Olympus von Jan Fabre im Festspielhaus Berlin
Crédit Photo : Wonge Bergmann and Troubleyn
  • « No Fuck Take me »
  • Dès que ça parle en français, je trouve ça mauvais.
  • Ces corps blancs magnifiques.
  • Du burlesque avec la couronne.
  • Le sirtaki.

Comment ont-ils pu répéter tout cela ? Certes, on voit les coutures, je ne pense pas qu’il y ait eu de générale, ils ont certainement dû revoir les débuts et fins de tous les segments, il n’empêche…

Accepter la non perfection. On voit des fragilités dans certaines chorégraphies collectives, mais on s’en fiche un peu, à dire vrai.

  • La corde à sauter. « What the pain that hurts the most ? »

L’épuisement. Ça joue sur l’épuisement et la répétition. Je connais très peu le travail de Jan Fabre, à dire vrai. La seule pièce que j’avais vue de lui, c’était ma première fois dans la Cour d’Honneur du Palais des Papes à Avignon, en 2001, pour « Je suis sang ». Je n’y avais vu que provocation gratuite, du sang, des corps… Aussi parce que je n’avais aucune référence en la matière. À l’époque, j’étais un petit étudiant qui faisait du théâtre en semi-amateur, mais qui n’y connaissait rien. J’aime quand le temps s’étire. Or ici, on sent un systématisme. Cette idée de répétition est elle-même répétée. Cette redondance (j’aime ce mot) peut, du coup (je déteste ce tic de langage), lasser.

24h… On peut dormir, se détendre, sortir, rater certains tableaux. C’est avant tout cela que je retiendrai de cette aventure. Se permettre de ne pas tout voir. Tout comme dans la vie de dehors. Malheureusement on ne verra jamais tous les films, séries, livres, pays qu’on aura en tête. Aujourd’hui, il devient difficile d’accepter de rater des événements. Aujourd’hui, il est difficile de se dire : « Je n’ai pas vu la dernière pièce dont tout le monde parle, ce n’est pas grave. »

J’aime l’idée de la représentation sans fin. Quelque chose se joue, en permanence. Pas loin. On sort, on vit ou on dort, on revient, on reprend en cours de route, la vie ne s’arrête jamais. Je vis à Paris, mes amis à Marseille, ils vivent des choses auxquelles je ne prendrai part, leurs enfants grandissent (une fois, je n’ai pas vu ma meilleure amie pendant 9 mois, je l’ai retrouvée avec un enfant en plus) mais nous vivrons autre chose. Accepter que les choses se fassent sans nous.

Ecrire dans le noir, comme quand on écrit ses rêves. Qu’en restera-t-il le lendemain matin ?

 

Mount Olympus – To glorify the cult of tragedy, a 24h performance

Avec 28 interprètes performeurs

Conception et mise en scène : Jan Fabre

Chorégraphie : Jan Fabre et ses danseurs

Textes : Jeroen Olyslaegers et Jan Fabre

Musique : Dag Taedelman

Scénographie : Miet Martens – Artiste olfactif : Peter de Cupere

Production : Troubleyn/Jan Fabre

 

Du vendredi 15 septembre 2017 à 19h au samedi 16 septembre 2017 à 19h à la Grande Halle de la Villette (Paris 19)

Prix de la place : 20€ (tarif obtenu grâce à une amie qui travaille à la Villette)

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

 

À quelle sauce… (mon programme pour cet automne)

(article mis à jour le mercredi 27 septembre 2017)

 

 

PARCE QUE JE FAIS COMME TOUT LE MONDE ET QUE J’AVAIS PEUR DE M’ENNUYER D’ICI MA RENTRÉE, VOICI MES MULTIPLES IMPATIENCES AUTOMNE 2017 (parce que les saisons, c’est beau et c’est raccord avec ce qui se passe à la Colline. Québec, tu me manques, le message est passé.)

SEPTEMBRE

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Crédit photo : Axel Ito
  • Camille (Trianon) : Enregistrement de l’émission Alcaline : Maman, on va me voir à la télé !!! ✓
  • Lecture concert du roman de David Grossman « Un cheval entre dans un bar » pour France Culture (Colline) : Je n’ai jamais lu ce monsieur, c’est grave ? ✓
  • We love Arabs – Hillel Kogan (Théâtre du Rond Point) : Le Rond Point ou la seconde maison de la Manufacture à Avignon, qui voit nombre de ses spectacles repris dans la maison de Jean-Michel Ribes avec notamment « We Love Arabs » – déjà programmé l’an passé avec succès au Monfort Théâtre. (du 12 septembre au 8 octobre 2017) ✓
  • Novecento – Alessandro Baricco/André Dussolier (Rond Point) : L’an passé, André Dussolier avait pris au pied de la lettre le « Merde » anglophone : « Break a leg ». (du 1e septembre au 1e octobre 2017) ✓
  • Mount OlympusJan Fabre (Grande Halle de la Villette) : J’espère qu’on me laissera sortir prendre une douche, je vis à six minutes chrono de la Villette. (du 15 septembre 19h au 16 septembre 19h) ✓
  • Les Grands – Fanny de Chaillé (Centre Pompidou) (avec, entre autres, le Grand Grégoire Monsaingeon, prochainement dans la reprise de « Bovary » au Théâtre de la Bastille) #FAP17 (du 20 au 23 septembre 2017) ✓
  • Agatha – Marguerite Duras/Hans Peter Cloos (Café de la Danse) : La preuve que je vais aussi voir des spectacles dans le privé. (jusqu’au 7 octobre 2017) ✓
  • La Pomme dans le noir – Clarice Lispector/Marie-Hélène Soma (MC93 Bobigny) : La preuve que je vais voir des spectacles en banlieue. (jusqu’au 8 octobre 2017) ✓
  • Real Magic – Forced Entertainment/Tim Etchells (Théâtre de la Bastille)  : Le retour (déjà) des responsables de The Notebook. Un spectacle vivement conseillé par Géraldine Chaillou, directrice adjointe du théâtre, mais quand elle nous en a parlé (période Occupation Bastille), j’étais un peu pompette, donc je ne me souviens plus de ce qu’elle a dit. #FAP17 (du 18 au 24 septembre 2017) ✓
  • Grande – Tsirihaka Harivel & Vimala Pons (Centquatre) : un des trois spectacles que je reverrai cette année, en tentant de récupérer ma place au milieu au deuxième rang – Vimala, je t’aime -) (du 19 septembre au 11 octobre 2017) ✓
  • Le Bruit des Arbres qui tombent – Nathalie Béasse (Théâtre de la Bastille) : Je suis contractuellement obligé de suivre l’intégralité de la programmation du Théâtre de la Bastille, celui-là (et 3 autres) en particulier. Attention, les Infiltré.e.s sont dans la place. (du 28 septembre au 14 octobre 2017) ✓

 

OCTOBRE

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Crédit photo : Axel Ito
  • Stadium – Mohamed El Khatib/Frédéric Hocké (Colline) S’ils avaient choisi des supporters du PSG, pas certain que j’aurais pris ma place, marseillais que je suis… #FAP17 (du 27 septembre au 7 octobre 2017) ✓
  • La Logique du Pire – Étienne Lepage/Frederick Gravel (Théâtre de la Bastille) : … est parfois la meilleure. (du 4 au 14 octobre 2017) ✓
  • Alex Beaupain – Les Gens sur l’Enveloppe (Philharmonie 2)… Un livre album qui m’a hautement ému, côté fiction comme côté enquête. (5 octobre 2017) ✓
  • Eve Risser (Dynamo Pantin) : Où comment je fais entièrement confiance en une amie chère qui m’a fortement conseillé d’assister à un des concerts de cette pianiste. (7 octobre 2017) ✓
  • Non c’est pas ça (Treplev Variations) (CentQuatre) : Mais combien d’adaptations de la Mouette cette année ? (du 5 au 14 octobre 2017)
  • Flêche la Chair (Bab-Ilo) : C’est vraiment pour faire plaisir à une amie que j’y vais…(tous les 2e jeudis du mois)
  • Se sentir vivant (Centre Culturel Suisse) : CCS qui est dans la même rue que la crêperie Suzette. (du 10 au 12 octobre 2017)
  • La Mécanique de l’Histoire – Yoann Bourgeois (Panthéon) : En treize ans de vie parisienne, je ne suis jamais entré dans le Panthéon, l’occasion fait le larron. (du 3 au 14 octobre 2017) ✓
  • Gala – Jérôme Bel (Rond Point) : Je croise les doigts pour qu’il y ait la magnifique Marlène Saldana ce soir-là. #FAP17 (du 4 au 15 octobre 2017) ✓
  • Le Camion (MC93) : Je rêve de remonter à pied les trois étages pour me rendre dans la nouvelle salle. (du 14 au 22 octobre 2017)
  • MaMA Festival 2017 : Ou quand tu es censé préparer ta venue en écoutant les artistes et que tu n’as pas le temps de le faire… (du 18 au 20 octobre 2017)
  • Weezer (Olympia) : Remember remember Summer 1995… (je tease déjà le côté fiction de la chronique) (19 octobre 2017) ✓
  • Mathieu Madenian (Bataclan) : Je n’ai jamais été trop fan des one-man shows, je trouve ça toujours trop long. (21 octobre 2017) ✓
  • Sgt Pepper’s Lonely Heart Club Band Live (Philharmonie) : et pour fêter les 50 ans de l’album et faire revivre la musique des Beatles sur scène : Ed Harcourt, Carl Barat & Pete Doherty (The Libertines), Steve Mason (The Beta Band), Danny Goffey & Gaz Coombes (Supergrass), Barrie Cadogan (Primal Scream), etc. (22 octobre 2017) ✓
  • Ensemble Ensemble – Vincent Thomasset (Théâtre de la Bastille) : Ne rien lire, ne rien savoir, se boucher les oreilles… #FAP17 (du 18 au 24 octobre 2017) ✓
  • The Rolling Stones (U Arena) : Qu’on veille à ce que Mick, Keith, Charlie, Ronnie prennent bien leurs cachets d’ici là, merci. (David, Roger, Leonard, si vous me lisez…) (25 octobre 2017) ✓
  • Stadium – Mohamed El Khatib (Mucem – Marseille) : Une lecture projection du spectacle vu un peu plus tôt dans le mois avec notamment Jacques Bonnaffé ou quand les ch’tis sont accueillis à Marseille. (27 octobre 2017) ✓

 

NOVEMBRE

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Crédit photo : Claire Guichon
  • Disabled Theater – Jérôme Bel (Espace Cardin et aussi à la Commune) : Moment sûrement émouvant qui me fera repenser à… (voir plus bas « Les étoiles nous regardent d’en haut ») #FAP17 (du 3 au 6 novembre 2017) ✓
  • Compassion, l’histoire de la mitraillette – Milo Rau (Grande Halle de la Villette) : Un des ces créateurs inconnus de moi mais qui reviennent souvent à mes oreilles (cf Simon Stone) #FAP17 (du 7 au 11 novembre 2017) ✓
  • Des Territoires (… d’une prison à l’autre…) – Baptiste Amann (Théâtre de la Bastille) : Ils sont de retour et ils ne sont pas contents. #FAP17 (du 2 au 25 novembre 2017) ✓
  • Les Barbelés –  Annick Lefèbvre/Alexia Bürger (Colline) : Québec mon amour. (je me répète) (du 8 novembre au 2 décembre 2017) ✓
  • Brad Mehldau & Chris Thile (Cité de la Musique 2) : On ferme les yeux. (13 novembre 2017)
  • La Cantatrice Chauve (13e Art) : Qu’on me tape sur les doigts, je ne suis toujours allé voir la version du théâtre de la Huchette ! (du 14 novembre au 10 décembre 2017) (remplacé par Réparer les vivants.)
  • C’est la vie – Mohammed El Khatib (Espace Cardin) : Après « Finir en beauté »… #FAP17 (du 10 au 22 novembre 2017) ✓
  • Bella Figura – Yasmina Reza (Rond Point) : Jean-Michel, il faut qu’on parle. J’avais prévu de voir un certain nombre de spectacles dans tes petites salles, mais ton abonnement m’oblige à choisir 4 spectacles dans ta grande salle, qui sont certainement de bonne facture, mais voilà j’ai dû choisir par défaut (et donc dépenser des sous en plus) (du 7 novembre au 31 décembre 2017) ✓
  • Ouvrage – Liv Compagnie (Théâtre de la Bastille) : Revoir notamment les gracieuses Alma Palacios et Ruth Vega Fernandez. (du 3 au 17 novembre 2017) : Les représentations de « Ouvrage » par la Compagnie Liv au mois de novembre au Théâtre de la Bastille ont été annulées, la compagnie n’ayant pas pu obtenir les droits d’un texte de Yukio Mishima. Les voies des ayants droits sont impénétrables
  • Les Damnés – Ivo Van Hove (Comédie Française) : Mais faut-il (re)voir le film avant la représentation ? (du 29 septembre au 10 décembre 2017) ✓
  • Le Chant de L’Oiseau Amphibie Tous des oiseaux – Wajdi Mouawad (Colline) : Mais sur mon ticket, je lis « Tous des oiseaux ». Que vais-je voir en fait ? (du 17 novembre au 16 décembre 2017) ✓
  • Les étoiles nous regardent d’en haut (L’Incendie) Laboratoire à Théâtre/Miguel Angel Sevilla (Spectacle avec des jeunes adultes ayant une déficience mentale ou physique) (MPAA St Germain) : Projet cher à mon coeur, puisque je fus un des comédiens soutiens sur les deux précédents projets de l’atelier. Heureux et curieux de les revoir avec les petits nouveaux. (18 et 19 novembre 2017) ✓
  • Conférence de Choses – François Grémaud/Pierre Mifsud (Rond Point) : Il faudra qu’on m’explique comment le Nouveau Théâtre de Montreuil peut proposer la même série de spectacles pour 5€ par conférence en juin prochain, alors qu’avec l’abonnement du Rond Point c’est trois à quatre fois plus cher. Je ne suis pas radin, mais je compte mes sous. (du 21 novembre au 31 décembre 2017) ✓
  • Gardarem – Brunelle Lemonnier (Manufacture des Abbesses) : Ça parle de la lutte du Larzac dans les années 70 avec des comédiens qui sont trop jeunes pour l’avoir connue, dont une de mes cousines éloignées que je verrai pour la première fois sur scène… (du 9 au 26 novembre 2017) ✓
  • Les Trois Soeurs – Anton Tchekhov/Simon Stone (Odéon) : Céline Salette et l’occasion pour moi d’enfin découvrir le travail de Simon Stone. (du 10 novembre au 22 décembre 2017) ✓
  • À nous deux maintenant – Jonathan Capdevielle (Amandiers) : Jerk forever. #FAP17 (du 23 novembre au 3 décembre 2017) ✓
  • Girls in Hawaii au Trianon : Le retour du groupe belge qui te fait monter au ciel et donne des frissons. (28 novembre 2017) ✓
  • La Face Cachée de la Lune – ExMachina/Robert Lepage (Grande Halle de la Villette) :  Transformers 2 ou 3 vs Pink Floyd. (du 24 novembre au 2 décembre 2017) ✓

 

J’AI DÉJÀ VU, C’EST BIEN MAIS JE N’Y RETOURNE PAS PARCE QUE JE N’AI PLUS DE SOUS ET QUE J’ESSAIE D’AVOIR UNE VIE SOCIALE…

Pinocchio (Carlo Collodi/Joël Pommerat) à la MC93 (deux ans sans nouvelle création de Joël Pommerat… Je dis ça, je ne dis rien (mais je le dis quand même) (du 13 au 17 septembre 2017)Réparer les Vivants au Théâtre de la Porte St Martin : deux ans après l’avoir vu à la Condition des Soies pendant le Festival Off d’Avignon, j’étais assis à côté de Jil Caplan, mon coude s’en souvient encore (à partir du 12 septembre 2017)Un Album (Laetitia Dosch) au Théâtre du Rond Point : vu sur le toit du Point Éphémère, insurpassable) (du 11 octobre au 5 novembre 2017) F(l)ammes à la Maison des Métallos (du 17 au 29 octobre 2017) et au Théâtre de la Tempête (du 16 novembre au 17 décembre 2017) – Les Particules Élémentaires (Michel Houellebecq/Julien Gosselin) au Théâtre de l’Odéon (du 12 septembre au 1e octobre 2017), etc (La Règle du Jeu à la Comédie Française, Singing in the Rain au Grand Palais, Tristesse et Joie dans la Vie des Girafes à Monfort, Intramuros à la Pépinière Théâtre, Néant au Tarmac)

Je dois en oublier, mais il y a tout de même de plus en plus de reprises…

 

ON PEUT S’EN PASSER…

Les Batteurs (Adrien Béal) au T2G : … qui ne m’avaient pas emballé la saison dernière au théâtre de la Bastille – Bovary (les films sont plus harmonieux que la vie) (Cendre Chassagne) à la Maison des Métallos : vu l’an passé au Théâtre des Halles (Avignon OFF 16)… il faudrait que je développe, mais j’ai trouvé ça assez vain (vidéo accessoire, dialogue au téléphone avec Truffaut ridicule…)

 

ÇA COMMENCE EN NOVEMBRE MAIS J’Y VAIS EN DÉCEMBRE…

Maîtres anciens (Thomas Bernhard/Nicolas Bouchaud) au Théâtre de la Bastille #FAP17 (à partir du 22 novembre 2017)Mélancolies (Julie Deliquet) au Théâtre de la Bastille #FAP17 (à partir du 29 novembre 2017)Je suis un pays – Voilà ce que jamais je ne te dirai (Vincent Macaigne) à Nanterre Amandiers (pour le coup, j’irai à la Colline en juin, parce que Nanterre c’est loin) #FAP17 (à partir du 25 novembre 2017)

 

Ce programme (donc le mien) est loin d’être représentatif de ce qui va être présenté ces prochains mois dans les différents théâtres (essentiellement publics, je plaide coupable), mais on ne peut pas être partout et je sais déjà que je vais rater une ou plusieurs perles (arriver à se dire : ce n’est pas grave si je rate ci ou ça). Mon planning est sûrement appelé à être modifié, des spectacles en plus, des flemmes inévitables, des conflits d’agenda également. Tous ces spectacles seront chroniqués à ma sauce…

Bonne rentrée à toutes et à tous mais surtout à moi.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito