À nous deux maintenant (Capdevielle/Nanterre Amandiers)

(quand on ne lit pas la bible)

Pièce rétrofuturiste dans laquelle Jonathan Capdevielle, à l’aide d’une machine à voyager dans le temps, retourne dans le New York du début des années 80 et recherche Louise Ciccone désespérément.

 

(de quoi ça parle en vrai)

Jonathan Capdevielle s’empare d’Un crime, écrit par Georges Bernanos en 1935, et le tire vers les questions qui peuplent son univers théâtral. Dans ce polar qui se détache du réalisme du roman policier classique, l’enquête tourne autour de la figure énigmatique du curé de Mégère, personnage aussi trouble que charismatique. Nouveau venu dans une petite bourgade des Alpes, le jeune prêtre subjugue autant les habitants du village que le juge chargé de mener l’enquête. Sous la soutane, se devine un individu habité par un besoin absolu d’identité. (site de Nanterre Amandiers)

 

ANousDeux
Crédits photos : Pierre Grosbois

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Le spectacle se mérite. Il est moins évident, en tout cas pour moi, que les deux précédentes pièces de Jonathan Capdevielle, Adishatz/Adieu et Saga et je me suis quelque peu perdu dans cette histoire de crime.

Tout commence une nuit… Donc sur scène (et dans le public) il fait nuit, il fait noir. Pendant plus de vingt minutes. Je n’ai pas regardé ma montre, parce que je n’en ai pas et qu’il faisait noir, mais c’est sur ma liste pour mon anniversaire le 16 décembre, je passe ce message par hasard… Oui, bon, ok, j’ai légèrement somnolé. On écoute. On est absorbé par l’atmosphère sonore gérée depuis la scène même. Mais c’est grâce aux éléments comme les travestissements physique et vocal, éprouvés par l’ensemble de la distribution (satisfecit pour le troublant et indéfinissable Dimitri Doré) et qu’on retrouvait dans les oeuvres passées de Capdevielle ou bien le retour à lui, à Capdevielle lui-même et à ses obsessions qu’il nous intéresse le plus, qu’il m’intéresse le plus.

 

vu le dimanche 26 novembre 2017 au théâtre Nanterre Amandiers

Prix de la place : 15,5€ (abonnement Festival d’Automne)

 

À NOUS DEUX MAINTENANT

Conception, adaptation et mise en scène Jonathan Capdevielle

D’après le roman « Un crime » de Georges Bernanos

Avec Clémentine Baert, Arthur Bartlett Gillette (en alternance avec Jennifer Hutt), Jonathan Capdevielle, Dimitri Doré, Jonathan Drillet, Michèle Gurtner

Conseiller artistique, assistant à la mise en scène Jonathan Drillet – Conception et réalisation scénographique Nadia Lauro – Lumières Patrick Riou – Musique Arthur Bartlett Gillette – Réalisation de la bande son et régie son Vanessa Court – Collaboration informatique musicale Ircam Manuel Poletti – Costumes Colombe Lauriot Prévost – Régie générale Jérôme Masson – Regard extérieur Virginie Hammel

Jusqu’au 3 décembre 2017 au théâtre Nanterre Amandiers (dans le cadre du Festival d’Automne)

 

(une autre histoire)

Je me baladais en chantant la la la, dans le parc jouxtant le théâtre des Amandiers. Aucune navette en ce dimanche après-midi. J’ai le temps, la pièce est à 17h30.  Deux vieilles dames me demandent la direction du théâtre. Je leur indique la direction opposée. J’arrive, je fais la bise à une amie occupante, je guette une connaissance qui ne viendra jamais. Je lis que la durée du spectacle est de 2h50 environ. Mazette, j’avais pas lu sur le site 2h ? Mais c’est qu’à 19h45, je dois recevoir l’appel dominical de ma grand-mère paternelle ! Mais c’est qu’à 19h49, je dois ensuite appeler ma mère pour l’appel dominical du dimanche de fin de semaine ! Comment vais-je faire ? 2h50 sans entracte. Je calcule… Je vais rentrer à quelle heure, moi ? En fait la pièce durera trois heures. A la sortie, je croiserai celle avec qui j’ai vu « Julia » de Christiane Jatahy il y a quatre ans au Centquatre. Quatre ans déjà… Elle me voit, je la vois. Je ne la salue pas. On n’est plus amis Facebook, c’est pour ça. Non, c’est pas pour ça. Bien évidemment. Merde. Pourquoi ça tourne encore dans ma tête ? Je m’enfuis par le parc. Il fait nuit. Je croise les deux vieilles qui cherchent encore le théâtre. Comme j’ai passé trois heures au théâtre, THÉÂTRE THÉÂTRE THÉÂTRE, ma barbe a incroyablement poussé. Elles ne me reconnaissent pas. RER A RER B Métro 5. J’écoute l’album de Courtney Barnett et Kurt Vile. Je lis José Sarramago : « A nous deux maintenant », lui lancé-je. Je fais un clin d’oeil à mon livre de poche, caresse la couverture. Les gens autour me regardent. Bizarrement. Je leur dis qu’ils sont dans ma tête et que c’est typiquement le genre d’histoire dans laquelle je ne sais pas quoi raconter. Parce que je ne veux pas parler de celle que j’ai revue à la sortie du théâtre et de qui j’ai encore le goût de ses seins sur ma langue.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

 

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