La route chante : Hommage à Lhasa (Aurores Montréal / Philharmonie de Paris)

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Vingt ans déjà que le premier album de Lhasa « La Llorona » est sorti, près de huit années que Lhasa est partie.

Je suis toujours un peu perplexe face à ce genre de soirée, même si je fus un des premiers à prendre ma place en mars dernier à l’annonce de la nouvelle saison de la Philharmonie ; à l’aveugle, sans même connaître les artistes qui allaient y participer. J’ai lu Lhasa et Aurores Montréal (festival de qualité promouvant la musique québécoise), je n’ai pas hésité et j’ai bien fait puisque nombre d’artistes que j’affectionne étaient présents, dont certains avaient collaboré avec Lhasa.

C’est donc assis au milieu du deuxième rang que je m’apprête à écouter « La Llorona » dans son intégrité, comme l’indique Yves Desrosiers, un des premiers à avoir cru en Lhasa, puis un florilège de ses autres chansons. Quand je disais être perplexe, c’est que la voix, le timbre et l’intensité de l’interprétation de Lhasa sont tellement imprimés dans notre mémoire qu’il est difficile de passer après elle. Je mentirais si je disais que tous les interprètes qui se sont prêtés au jeu m’ont ému (dommage que certains n’aient pas appris par coeur les paroles des chansons : nous mettrons cela sur le compte de l’émotion), mais je dois dire que j’ai été particulièrement cueilli par les prestations du bouleversant Patrick Watson (un de ceux qui ne me déçoit jamais), de l’inimitable Arthur H (tous deux avaient travaillé avec Lhasa) (Watson et H ont d’ailleurs collaboré l’un avec l’autre, ceci ne peut être une coïncidence), de l’hypnotisante Sophie Hunger (les poils se hérissent à la seule pensée de son regard) et de la passionnante Safia Nolin (que j’ai enfin découvert après tout le bien que j’ai entendu d’elle), avec en point d’orgue ce moment magique et émouvant durant lequel la voix de Lhasa s’est superposée au son du oud de Anouar Brahem.

La soirée se clôture avec émotion avec la mère de Lhasa lisant des extraits d’un livre écrit par Lhasa « La route chante ». Le public se lèvera et saluera encore une fois la poésie et l’humanité de Lhasa.

le dimanche 3 décembre 2017 à la Philharmonie de Paris (salle des musiques)

prix de la place : 28,50€ (abonnement cat 1)

 

LA ROUTE CHANTE : hommage à Lhasa

avec Yves Desrosiers (direction musicale), Didier Dumontier (accordéon), Joe Grass (pedal steel), François Lalonde (batterie), Christelle Lassort (violon), Mario Légaré (contrebasse, basse), Barbara Leliepvre (violoncelle), Alexandra Karam (voix), Amparo Sanchez (chant), Anouar Brahem (oud), Arthur H (chant), Dom La Nena (voix, violoncelle), Emilie & Ogden (chant),  Freddy Koella (guitare), Luz Casal (chant), Patrick Watson (chant), Plants and Animals, Safia Nolin (chant), Sophie Hunger (chant), Souad Massi (chant), Jeanne Added, Camelia Jordana, L-Raphaele Lannadere, Sandra Nkaké (quatuor vocal, chant)

En partenariat avec le festival Aurores Montréal

 

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(une autre histoire)

Une semaine plus tard, je tiens entre mes mains l’album live de Lhasa à Reykjavik, son dernier concert. J’aurais tellement voulu l’avoir dans mes oreilles cette nuit du 21 juin où je me tenais sur mes deux pieds, tentant de maintenir mon équilibre sur le pont du bateau qui m’emmenait vers l’est de l’Islande pour fêter le solstice d’été. Sigur Ros a bien fait l’affaire, mais il n’empêche.

En retard sur tout. J’ai réellement commencé à écouter Lhasa après sa mort. J’avais récupéré tous les disques de ma soeur, mais ne m’étais pas encore attardé sur ceux de Lhasa. Comment aurais-je perçu sa musique de son vivant ? Et dire qu’elle a vécu deux ans et demi à Marseille… (je viens de là, de la planète Mars…)

(En retard sur tout : pour découvrir le travail de certains metteurs en scène, pour fumer des cigarettes qui font rire, des cigarettes tout court, pour embrasser, pour faire l’amour, pour arriver à mes rendez-vous, aux déjeuners dominicaux, pour rendre mes travaux, mes écrits, répondre à mes courriels… Thomas Bernhard disait quelque chose à propos du retard dans « Maîtres anciens », mais je ne m’en souviens plus. C’est pas bien grave.)

La première fois que j’ai entendu les chansons de Lhasa, les dernières qu’elle a chantées, il faisait froid, ma casquette ne suffisait pas à couvrir ma tête et me protéger du vent glacial de décembre, les cygnes faisaient la course sur le canal de l’Ourcq, j’avais dans ma besace deux pièces québécoises (d’Annick Lefèvbre et de Carole Fréchette), je me dirigeais vers un des cinémas du quartier pour voir le dernier Guédiguian et me souvenir de Marseille et de sa lumière d’hiver. J’ai reçu aussi un SMS. (…)

Comme une envie de prendre le large. Retourner entre les Îles Féroé et l’Islande, pourquoi pas ? Avec la bande originale de ma vie (et un peu de Lhasa à l’intérieur) dans les oreilles.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

 

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3 réflexions au sujet de « La route chante : Hommage à Lhasa (Aurores Montréal / Philharmonie de Paris) »

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