Le dur désir de durer (Théâtre Dromesko / Monfort Théâtre)

(quand on ne lit pas la bible)

Le dur désir de durer ? Ceci n’est pas un spectacle inspiré par les écrits de Cioran, c’est certain.

 

(de quoi ça parle en vrai)

(…) Deuxième volet d’un diptyque, Le Dur désir de durer, démarre là où s’est arrêté Le Jour du Grand Jour. On les retrouve dans le même dispositif que traversent les comédiens, musiciens, danseurs comme on traverse sa vie. Ici, le Théâtre Dromesko évoque le temps qui passe, l’abandon, le désenchantement, la fragilité de la vie, ses tempêtes aussi, jusqu’à la disparition, avec l’inconnu et le mystère qui nous attend tous, derrière la porte. Il n’y a plus qu’à se laisser emporter… (…) Sur ce petit bout de plancher perdu au milieu du public, ponton flottant sur cette marée humaine, nous allons passer et repasser, courant ou trainant, seuls ou nombreux, allant toujours dans la même direction. Apercevoir des fragments de parcours, des parenthèses de vie avant un « après », ou après un «avant ». Une vierge naine, un homme portant un jeune enfant, un chirurgien dans son habit de lumière… Tous, anonymes de la vie et normaux de l’imaginaire. (http://www.lemonfort.fr/programmation/le-dur-desir-de-durer-apres-demain-demain-sera-hier)

 

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Crédits photos : Fanny Gonin

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

C’est drôle parfois la vie, on croise quelqu’un, on lui parle cinq secondes, cette personne a juste le temps de mentionner le nom Dromesko, allez comprendre pourquoi cela pique notre curiosité, la personne disparait, on pense à elle avant le début du spectacle puis on se dit qu’on ne la remerciera jamais assez pour avoir évoqué ce spectacle. (Ce n’est pas la première fois que ça m’arrive, ce genre de mésaventures. Peut-être me lira-t-elle ?)

Alors attention, ce spectacle, dont les thèmes sont éternels : la vie, la mort, le passage, que dis-je, la traversée d’un état à un autre (j’en reparlerai plus tard, de ces traversées), n’est pas exempt de défauts, car après un départ en fanfare avec ces corps sans tête à quatre jambes qui supportaient et faisaient avancer la Vierge Naine de Séville (ça je l’ai lu dans le programme) et ces musiciens tout droit sortis d’un Freak Show, le soufflé retombe quelque peu. Je ne suis pas à une contradiction près, moi qui écris beaucoup, mais les parties écrites/parlées font baisser le rythme et l’attention (je ne parle pas de la qualité de l’écriture, qui est bien présente, je précise). Car le Théâtre Dromesko sait nous transporter dans un ailleurs grâce à ces images qui m’ont fait penser aux meilleurs films de Kusturica (les naissances, les mariages…), il y aurait aussi quelque chose de Fellinien (j’imaginerais bien un jeune garçon qui verrait ce spectacle et qui tomberait amoureux d’une des artistes, un peu comme dans Amarcord).

Ce que je n’ai pas dit, c’est que nous sommes ici dans un dispositif bifrontal (et on est très mal assis, mais ça, c’est une autre histoire) et il y a une seule entrée et une seule sortie. Ce sont ces traversées qui fascinent. Rien ne s’arrête mais on fait tout pour durer ou faire durer le plaisir. Et c’est très bête, mais voir un personnage tirer un lit d’hôpital, le sortir de scène et le voir revenir de l’autre côté alors que le lit n’a pas fini sa sortie, ça me fait rire.

La dernière demi-heure est fantastique : un personnage ne parvient pas à sortir, se heurtant à un mur invisible, là où des dizaines d’individus (joués par les huit autres comédiens) entrent et sortent de plus en plus rapidement, le vent (et le burlesque) s’invite dans la partie, un « chien-taureau », un poney, pas de cochon hier soir mais cet oiseau… irréel. Je ne me souviens pas en avoir vu un tel de toute ma vie. Est-ce un contorsionniste ? Une marionnette ? C’est un marabout (je me suis renseigné) d’un autre âge, qui joue remarquablement bien. Ses ailes, son bec, ses pattes sont tout un poème (oui, je sais, j’ai déjà écrit cela du corps de Robert Lepage, mais Robert Lepage est-il un marabout ? Ahhh…)

« Le dur désir de durer »… à chaque fois que j’écris ce titre, j’ai envie d’écrire « Le dur désir d’aimer », allez comprendre…

 

vu le samedi 17 février 2018 au Monfort Théâtre (Paris)

prix de la place : 20€

 

LE DUR DÉSIR DE DURER (Après-demain, demain sera hier)

par le Théâtre Dromesko (http://www.dromesko.net/fr/)

conception, mise en scène et scénographie Igor et Lily – textes : Guillaume Durieux

jeu / danse Lily, Igor, Guillaume Durieux, Violeta Todό-González, Florent Hamon, Zina Gonin-Lavina, Revaz Matchabeli, Olivier Gauducheau, Jeanne Vallauri

interprétation musicale Revaz Matchabeli (violoncelle), Lily (chant), Igor (accordéon)

construction décor Philippe Cottais – costumes Cissou Winling – lumière Fanny Gonin – régie plateau Olivier Gauducheau – création son Philippe Tivilliers – régie son Morgan Romagny – création et régie lumière Fanny Gonin

EN PARTENARIAT AVEC LE THÉÂTRE DE LA VILLE

C’était la dernière représentation au Monfort Théâtre… Et du 22 au 26 mai 2018 à la Scène Nationale de Sète et du Bassin de Thau.

 

(une autre histoire)

Parfois j’ai des idées… Je vis dans le 19e arrondissement de Paris et le Monfort Théâtre se trouve dans le 15e. C’est 3 métros pour y aller ou 2 tramways. Mais quelle mouche m’a donc piqué pour que je me mette en tête d’y aller à pied ? Selon mon amie Mappy, cette promenade durerait près de 2h30 pour environ une dizaine de kilomètres. Et je suis parti chaussé de mes sempiternelles Docs Martens.

Il fait beau, pas trop froid. Faut dire que je suis resté toute la journée chez moi. Je devais me remettre à courir, à la place j’ai bu trois cafés et regardé deux films (Le paradis de Alain Cavalier et American Sniper de Clint Eastwood : aucun rapport, je sais). Je devais aller au cinéma, à la place j’ai regardé le début de la saison 2 de Search Party et envoyé deux courriels importants.

La meilleure façon de marcher… c’est de mettre de bonnes chaussettes.

Je respire le bon air parisien, je m’arrête quand le petit bonhomme est rouge, je suis un garçon discpiliné. Je lève les yeux au ciel. Oh Félix Potin ! Je commence à compter les Caisse d’Épargne mais arrête assez rapidement. Je marche de plus en plus lentement, il ne fait plus jour mais pas complètement nuit, comme dans un rêve. Je passe devant le Brady (jamais allé), l’Archipel (j’avais vu une pièce avec S.), le Théâtre Antoine (ils passent Art… pas envie…), le Comédia, la future Scala, la Gaîté Lyrique (toujours pas compris à quoi ça servait), les théâtres du Châtelet et de la Ville en travaux, au-dessus de la Seine avec un côté des berges encore inondé. Photo. Saint Michel. De ce côté-ci de la Seine, je ne suis pas à l’aise. C’est bien la seule fois où je suis heureux (et je le revendique) d’être à droite.

Mince, j’ai des ampoules au pied, c’est à cause des chaussettes, ça. Je crois que je transpire. Mince, j’ai torp envie de faire pipi. Je vais avoir quelle tête en arrivant ? C’est quand qu’on arrive ? Elle est longue la Rue du Cherche-Midi… Attends, je m’arrête, je vais envoyer un message à Calimero, ça va me reposer deux minutes. Non, je ne sais pas envoyer un texto tout en marchant.

J’arrive. Tout ça pour quoi ? Pour me donner de l’inspiration ? Pour économiser un ticket de bus ?

Moi je sais pourquoi.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

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