King Kong Théorie (Despentes / Larré / Théâtre de l’Atelier)

(de quoi ça parle en vrai)

« Porté à la scène pour trois comédiennes, ce coup de gueule aussi réjouissant que précurseur de Virginie Despentes bouscule avec vigueur, style et humour les idées reçues sur la place donnée aux femmes et aux hommes dans notre société. Libérateur ! » (source : ici)

(ceci n’est pas une critique, mais…)

J’ai lu le livre de Virginie Despentes, il y a peut-être un peu plus de deux ans. Pourtant, tout m’est revenu en mémoire assez facilement. Et ça, ça veut dire quelque chose : c’est un livre qui compte et ce spectacle le met en valeur de manière admirable. Je ne reviendrai pas sur le contenu du livre, d’autres l’ont déjà fait et bien fait. Ce que je peux dire, et c’est ce que le spectacle confirme, j’en avais apprécié la nécessité, l’absence de manichéisme.

Mis à part le texte, la force de la pièce est l’interprétation, des trois comédiennes, chacune dans leur style, toutes incroyablement justes. On entend, on suit le texte. Je mets Marie Denarnaud un tout petit peu au-dessus du lot, parce que je trouve qu’elle est sous-empoyée dans le cinéma et le théâtre et qu’une conversation que j’ai eue avec elle il y a douze ans a joué un rôle essentiel dans ce que je suis, théâtralement parlant. Ça n’a rien à voir mais je me devais de l’écrire (même si la principale intéressée ne se souvient sûrement pas de cette autre histoire de moi).

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© Stanley Wood Ward

La mise en scène est également impeccable. Aucune surenchère ni faute de goût, l’utilisation de la vidéo plutôt discrète et poétique (même si je tremblais de tout mon corps d’être l’homme filmé dans le public… ceux qui ont vu la pièce comprendront).

Dans la pièce, les comédiennes posent au public une question assez significative (que je ne reproduirai pas ici) et qui rend compte d’une certaine lenteur de l’évolution des moeurs et des comportements. Même si l’essai de Virginie Despentes a été écrit il y a une bonne dizaine d’années, ce qu’elle dénonce est toujours d’actualité, plus que jamais. Ce qui rend ses écrits, ce spectacle nécessaires.

 

KING KONG THÉORIE

Texte de Virginie DESPENTES

Adaptation de Valérie de DIETRICH et Vanessa LARRÉ

Mise en scène de Vanessa LARRÉ

Avec Anne AZOULAY, Marie DENARNAUD et Valérie de  DIETRICH

au Théâtre de l’Atelier jusqu’au 31 décembre 2018

 

(une autre histoire)

« Je trouve ça inquiétant. J’ai encore mal à la gorge. On peut enchaîner deux rhumes ? C’est ce temps, là. Y a plus de saison. On a chaud, on a froid, on ne sait plus comment s’habiller, c’est la mi-octobre et il fait 25° On n’est pas bien, là. » C’est une affirmation. Je ne réécris pas la réplique des Valseuses. C’est ce que je dis à A. hier soir, à la sortie de la pièce.

« Je trouve ça inquiétant. Il y a trop de monde dans les rues, dans le métro. La surpopulation, le tourisme de masse. Avec ce temps-là, c’en est trop. On n’est pas bien, là. » C’est encore une affirmation. C’est ce que je dis à A. hier soir, dans le métro.

« Je trouve ça inquiétant… Je trouve ça inquiétant… »

Je ne dis pas à A. ce que je trouvais inquiétant. Je le gardai pour moi. Je n’écrivis pas non plus dans un texte ce que je trouvais inquiétant. Ça tourneboulait dedans ma tête, mais j’avais fermé les vannes de ma langue et de mes doigts. Ça ne devait pas sortir. J’ai tenu bon, malgré le sang craché ce matin.

 

vu le vendredi 12 octobre 2018 au Théâtre de l’Atelier, Paris

prix de ma place : 10€ (WeClap)

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

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