Si j’avais rencontré… Romane Bohringer

Romane Bohringer…

Nous pourrions parler de votre premier film en tant que réalisatrice, mais je ne l’ai pas encore vu. Je pourrais faire semblant, mais je n’ai jamais su mentir. C’est évidemment un mensonge. Je veux dire, que je ne sais pas mentir. Nous pourrions parler de votre nouvelle pièce, « L’Occupation » d’après Annie Ernaux, mais je ne l’ai pas aimée autant que je l’aurais souhaité. Cela dit, rien n’empêche d’en discuter. De l’écriture simple mais directe d’Annie Ernaux que j’ai découverte il n’y a pas si longtemps et que j’affectionne, de votre présence sur scène… vous êtes là, quoi (j’ai toujours été bon pour étayer mes arguments), bel et bien là, une musique pas trop  envahissante contrairement à la vidéo qui m’a semblé plutôt inutile. Quelque chose m’a manqué pour être complètement emporté.

Il y a quelques jours, je devais vous co-interviewer à Montreuil, au Théâtre Berthelot, pour le Blog de Nestor auquel je contribue modestement. Mais je dus annuler ma présence, la mort dans l’âme. Parce que quelques jours plus tôt, je m’étais rendu à Nanterre pour voir le spectacle de Laetitia Dosch, Hate. Il pleuvait, quatorze ans que je vis à Paris et je n’ai toujours pas acheté de parapluie et… j’ai déjà raconté cette histoire quelque part… Bref… Toux intempestive et surtout extinction de voix. Je me voyais mal arriver au théâtre avec mes germes et mes miasmes, quarante-huit heures avant la première représentation francilienne.

J’avais pourtant préparé ce que je vous aurais demandé, j’avais tout écrit dans mon carnet Moleskine couleur kraft. Oui, j’évolue, il n’est plus noir. Et surtout j’avais retrouvé dans une boîte, chez mes parents, d’anciens tickets…

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« Roméo et Juliette », par Hans Peter Cloos, avec Denis Lavant et vous dans les rôles titres. Au Théâtre du Gymnase, à Marseille, en 95. C’était ma première fois au théâtre. Je veux dire, la vraie. J’étais en première, en option théâtre, au lycée Michelet (Ce lycée n’existe plus, il sert à autre chose, je ne sais plus quoi, ça change chaque année. D’ailleurs mon collège non plus n’existe plus, il a été détruit et reconstruit ailleurs, je n’ai plus de repères) On était placé à cour, au balcon. Mes camarades et moi étions comme des fous, on était tombé littéralement en amour pour vous. Et quand on a vu qui jouait Roméo, on s’était dit : « Mais pourquoi pas nous ? »

Quelle est la première pensée que vous avez eue quand on vous a proposé le rôle de Juliette ?

 

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« La Ménagerie de Verre », par Irina Brook, au Théâtre de l’Atelier. C’était ma première fois à Paris, dans ma vie d’adulte. Donc ma toute première pièce de théâtre à Paris. C’était un certain 12 septembre 2001, le lendemain de. Honnêtement, je ne me souviens pas plus que ça de la pièce, parce que les circonstances font que… ben… Je suis arrivé la veille, je me suis baladé toute la journée sans trop savoir ce qui se tramait, les téléphones n’étaient pas encore intelligents. En rentrant à l’hôtel, j’avais senti que ça n’allait pas. En allumant la télé de ma chambre, je compris.

Comment on fait pour jouer après un tel événement ?

 

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« Les Sept Jours de Simon Labrosse », la pièce de Carole Fréchette, votre seule mise en scène, si je ne m’abuse. C’était en 2002 dans le Off d’Avignon. Au Paris. L’unique fois où je mis les pieds au Paris, théâtre tendance café théâtre / one man show. Je tombai en amour de ce texte, qui m’inspira, que je faillis jouer il y a deux ans…

Pourquoi n’avoir mis en scène qu’une seule pièce ?

 

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« Fantômas revient » de Gabor Rassov mis en scène par Pierre Pradinas avec Christophe Minck pour la musique. On parlera de la fidélité au théâtre, voulez-vous ? C’était au printemps 2005 au Théâtre de l’Est Parisien qui s’appelle maintenant le Tarmac qui s’appellera peut-être bientôt Théâtre Ouvert. J’habitais à deux pas du théâtre. D’ailleurs, parfois, quelques années plus tard, je vous croisais dans mon quartier avec…

Quand vous alliez au Country Bar, le patron vous faisait-il également la gueule ou ce n’était qu’avec moi ?

 

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Le metteur en scène de « Un Privé à Babylone » s’appelle Philippe Rebbot. Ce nom me dit quelque chose… C’est assez flou dans mon esprit… J’ai vu la pièce au Théâtre du Chêne Noir. Off Avignon. Vous étiez déjà toute seule sur scène, c’était en 2010. Richard Brautigan.

Vous reste-t-il des souvenirs de répliques ? Une réplique par pièce ? Parce que, moi, j’oublie assez rapidement mon texte, mais il me reste toujours une phrase. Que je ressers parfois dans la vraie vie, sans avoir l’air.

J’ai donné ma place pour « La Cantatrice Chauve » à ma cousine, l’an passé, parce que j’avais une répétition de théâtre. Enfin je crois… Je ne pouvais pas reporter. J’espère que ce n’était pas pour un rendez-vous Tinder…

Pourriez-vous lire ces quelques phrases de Ionesco, mises en musique par Hugues Le Bars ?

« Et puis, Monsieur, Madame, Mademoiselle… (bis)

Sachez qu’en ce moment, je suis bien fatigué,

J’en ai marre, j’en ai marre, j’en ai marre, j’en ai marre et… Je voudrais bien, me reposer. »

 

 

Merci.

 

(Romane Bohringer est présentement à l’affiche du Théâtre de l’Oeuvre dans « L’Occupation » mise en scène par Pierre Pradinas d’après le roman d’Annie Ernaux et prochainement au cinéma dans « L’Amour Flou », film qu’elle a co-réalisé avec Philippe Rebbot)

 

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