Le Procès (Kafka / Lupa / Odéon/ Festival d’Automne)

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Le Procès. Kafka. Un roman publié à titre posthume, dans le non-respect des dernières volontés de l’auteur tchèque, qui désirait que sa prose soit brûlée après sa mort. Merci Max Brod…

Le Procès. Lupa. Des répétitions interrompues par la situation politique en Pologne (ai-je déjà vu du théâtre hongrois ?), des artistes qu’on veut réduire au silence.

Le roman, pour le résumer très brièvement, raconte comment un homme qui n’a pas de nom, Joseph K. (comme Kafka ?) est arrêté un beau matin pour un crime qu’il aurait commis. Mais il ne saura jamais de quoi il est accusé.

 

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© Magda Hueckel

 

Il est tout à fait logique d’adapter une oeuvre, de la réactualiser, de la mettre en parallèle avec la situation actuelle, comme ce fut le cas avec Krystian Lupa et sa troupe (et il a bien fait). Et c’est ce qui est génial avec ce chef d’oeuvre de Kafka, c’est qu’il le permet. J’aime aussi le pas de côté qu’a effectué Lupa en consacrant la deuxième partie de la pièce à Franz K(afka) lui-même, son désespoir, ses relations avec son ami Max Brod, son ancienne fiancée Felice Bauer et Grete Bloch amie de Felice et correspondante de Franz (oui, je les appelle par leur prénom), grâce à son journal intime, ses fameuses correspondances.

En fait, je crois que c’est ce que j’ai le plus aimé, alors que j’adore le roman, son adaptation par Orson Welles. J’ai même joué Joseph K. dans une adaptation théâtrale pour un atelier amateur (qui m’a valu mon plus grand trou de mémoire  de toute ma carrière d’amateur professionnel dans toute la dernière scène) (mais j’étais en caleçon, je vous rassure). Je ne m’y suis pas ennuyé, il y avait des images terriblement belles et fascinantes : ces quatres lits d’hôpital, la projection de l’image filmée en direct reproduite à l’infini sur le mur, Kafka dans son lit de mort…

Tout ça pour dire que j’ai trouvé les première et dernière parties incroyablement lentes et ennuyeuses et qui m’ont mis face à ma supposée incapacité de comprendre et apprécier une certaine profondeur. Si bien qu’on avait envie de dire Krystian : « Mais les ciseaux, ça existe ! » (la pièce a duré 4h50 avec deux entractes – durée ressentie : le double). Alors je veux bien croire que c’est fait exprès, que c’est ça la méthode Lupa, l’intensité presque hypnotique (j’ai subi Salle d’attente et Des arbres à abattre, je suis maso, oui, mais c’est comme pour d’autres artistes qui sont loin d’être accessibles, comme Romeo Castellucci ou Claude Régy, il peut y avoir des moments de grâce qui nous bouleversent). Comme si F. Kafka avait annihilé tout intérêt pour l’histoire de Joseph K. Et même si Krystian Lupa semble nous (moi) avoir entendu pour l’ultime scène puisque nous connaissons la fin : pas de Joseph K. relevant la tête dans un dernier sursaut, un couteau dans le coeur, lâchant un dernier « Comme un chien », je ne peux m’empêcher que le mal était fait. Ça m’a déprimé au plus haut point, Lupa relevant une noirceur et un pessimisme d’un cran encore.

C’est un détail, mais aussi, entendre cette voix intérieure de Jésus… pardon de Joseph K., dite par Krystian Lupa lui-même dont on ne comprend qu’un mot sur cinq… (je suis celui qui ne termine pas ses phrases)

Je ne sais pas comment terminer cette chronique. 

 

LE PROCÈS

d’après Franz Kafka

adaptation, scénographie, lumière et mise en scène Krystian Lupa

avec Bożena Baranowska, Bartosz Bielenia, Maciej Charyton,, Małgorzata Gorol, Anna Ilczuk, Mikołaj Jodliński, Andrzej Kłak, Dariusz Maj, Michał Opaliński, Marcin Pempuś, Halina Rasiakówna, Piotr Skiba, Ewa Skibińska, Adam Szczyszczaj, Andrzej Szeremeta, Wojciech Ziemiański, Marta Zięba, Ewelina Żak

traduction Jakub Ekier – costumes Piotr Skiba – musique Bogumił Misala – vidéo, collaboration à la lumière Bartosz Nalazek – animations Kamil Polak

maquillages / coiffures Monika Kaleta

production principale Nowy Teatr – Varsovie

en partenariat avec le Festival d’Automne à Paris

Jusqu’au 30 septembre 2018 à l’Odéon-Théâtre de l’Europe, Paris puis les 16 et 17 /11/18 au Théâtre du Nord (Lille), le 15/12/18 à la Filature (Mulhouse)

 

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(l’anecdote qui tue)

Krystian Lupa a utilisé comme élément musical le Libertango de Astor Piazzola qui a inspiré lui-même Paul Buckmaster, compositeur de la musique de 12 Monkeys (L’Armée des Douze Singes) de Terry Gilliam, réalisateur du non moins fameux Brazil qui avait un tout petit quelque chose en commun avec l’univers kafkaïen…

(la question gênante)

Dans la deuxième partie, l’acteur qui joue Joseph/Franz était encore une fois nu et s’allongeait à plat ventre sur un sommier à ressorts. Comment va son zizi ?

(le jeu)

J’ai joué au ricochet pendant la première partie. J’ai lancé une quinte de toux, quatre personnes m’ont répondu.

(ceci explique peut-être cela)

La place qu’on m’avait attribuée se trouvait en Orchestre, Côté pair, au rang P, siège 4. P4… Je répète… P4.

 

vu le samedi 22 septembre 2018 à l’Odéon Théâtre de l’Europe, Paris, dans le cadre du Festival d’Automne.

prix de ma place : 28€ (cat.1 – abonnement festival d’Automne)

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito 

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2 réflexions au sujet de « Le Procès (Kafka / Lupa / Odéon/ Festival d’Automne) »

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