Denise Jardinière vous invite chez elle (Thibaut Boidin / Essaïon Théâtre)

(quand on ne lit pas la bible)

Denise Jardinière vous invite chez elle ? C’est un spectacle québécois ? On est reçu dans une serre ? On vient avec des bottes ? Qu’est-ce que je dois apporter ?

 

(de quoi ça parle en vrai)

Dans une atmosphère fantomatique, une étrange gouvernante accueille des convives pour une soirée. La tâche n’est pas facile car il faut également endormir le fils chéri de Madame, insomniaque et capricieux. En le bordant elle lui conte une bien étrange histoire : « La légende de Paul, le prince solitaire. « Petit à petit, l’atmosphère se colore et les spectateurs-convives comprennent la raison de cette bien singulière invitation… » (http://www.essaion-theatre.com/spectacle/755_denise-jardiniere-vous-invite-chez-elle.html)

 

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Crédits photos : Thibaut Boidin

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Autant vous dire que j’attendais ce spectacle inconnu de mes oreilles au tournant. Quand on me dit que c’est hilarant, j’ai tendance à tourner les talons. Quand je comprends que c’est participatif, je prends normalement mes jambes à mon cou. Parfois il est bon de prendre des risques. Je ne sais pas qui a dit ça, mais on va dire qu’il faut parfois savoir sortir de sa zone de confort. Me voilà donc à l’Essaion Théâtre, un soir de jour férié et, je dois aussi être honnête, j’ai lu le dossier de presse avant de voir la pièce et ça m’intéressait de voir si le fameux twist final pouvait être deviné avant son dévoilement.

Alors… Comment dire… Que cela soit écrit : Je ne suis pas un bon public pour ce type de spectacles. J’ai prié une entité supérieure pour ne pas être choisi par le comédien Thibaut Boidin et exécuter les différentes tâches qu’il ordonnait (plus ou moins) à ses victimes. Je n’aime pas ça. Point. Même si c’est fait avec bienveillance, quand le spectacle repose en grande partie sur l’interactivité avec le public, ça me laisse indifférent, voire ça me gêne. Il y a une atmosphère, oui, un peu inquiétante. La cave de l’Essaïon Théâtre est un écrin qui convient parfaitement à « Denise Jardinière… ». Thibaut Boidin tient son personnage de servante quelque peu enfantine de Denise Jardinière de bout en bout et le tient bien. De plus, il sait rebondir sur les différentes réactions des spectateurs qu’il choisit, je ne peux que le saluer. Il n’empêche, avec un argument qui tiendrait sur du papier d’Arménie : Mais qui est donc cette mystérieuse Denise Jardinière ? (dont on ne perçoit ni la silhouette ni la voix, contrairement à la mère de Norman Bates dans le film de l’Oncle Alfred), l’intérêt du spectacle reste très limité. Quant au fameux twist final… Je voudrais tout de même saluer la justesse de Thibaut Boidin… ça ne m’a pas intéressé.

Encore une fois, je ne suis sans doute pas un bon public car mes voisins paraissaient prendre beaucoup de plaisir et rire de bon coeur. Dommage pour moi.

 

vu le jeudi 10 mai 2018 à l’Essaïon Théâtre, Paris

prix de la place : invitation

 

DENISE JARDINIÈRE VOUS INVITE CHEZ ELLE

écrit, mis en scène, interprété par Thibaut Boidin (www.denisejardiniere.com)

Jusqu’au 28 juillet 2018 à l’Essaïon Théâtre, Paris

 

(une autre histoire)

Un jour, je suis allé voir le spectacle « Blond and Blond and Blond ». Une des comédiennes/chanteuses m’a appelé Oncle Olaf pendant tout le spectacle. Elle m’a aussi touché le mollet droit (j’étais en bermuda, c’était en Avignon).

Un jour, j’ai vu le spectacle « Quatuor Violence ». Une des comédiennes m’a pris à partie, m’a demandé de sortir et a finalement chanté que j’allais mourir dans trente secondes (j’étais en bermuda, c’était en Avignon).

Un jour, j’ai vu un spectacle d’après Sarah Kane. Une des comédiennes m’a demandé si je voulais bien danser avec elle sur la bande originale de Virgin Suicides. Je la connaissais, donc elle n’a pris aucun risque, mais j’ai tout de même eu une demi-molle, serré contre elle (j’étais en bermuda, c’était en Avignon).

Ce qui se passe en Avignon reste en Avignon.

Pour citer Tiago Rodrigues dans son « By Heart » : « Moi aussi, je suis allergique au théâtre interactif. » Et j’ajouterai : « Ça dépend avec qui… mais toujours en Avignon et en bermuda. »

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

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