Notre foyer (Florian Pautasso / Mains d’Oeuvres)

(quand on ne lit pas la bible)

Notre foyer ? Pourquoi je pense à Notre père ? La prière, pas la pièce de Florian Zeller…

 

(de quoi ça parle en vrai)

Elsa veut construire une maison dont elle ne sortirait plus. Stéphanie veut partir et ne plus jamais revenir. Rendez-vous, réunions, simulations… On assiste à l’acharnement, tantôt drôle, cruel ou vain, de ces deux jeunes femmes à réaliser ces projets plus grands qu’elles, foisonnants, mortifères, et résolument impossibles à concilier. Notre foyer est une fresque de la projection qui met en scène de jeunes adultes contraints de réagir face à une existence insatisfaisante. Les projets de Notre foyer ne peuvent exister que dans une zone trouble, par éclats, à la frontière du réel et de l’imaginaire, dans un angle mort entre le possible et l’impossible. Mais ce que tous traquent, c’est la croyance. Le projet n’existe que si quelqu’un d’autre consent à y croire. Ambition et désir amoureux se confondent jusqu’à l’indéfinissable ! (https://www.mainsdoeuvres.org/NOTRE-FOYER.html)

 

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Crédits photos : Vinciane Verguethen

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Voilà la troisième pièce des Divins Animaux que je vois. Les points communs sont Florian Pautasso à la mise en scène, Sophie Van Everdingen pour la musique (déception de ne pas la voir sur scène) et la troublante Stéphanie Aflalo (que je raterai encore à la Loge le mois prochain, mais un jour je la verrai seule sur scène, ô oui, un jour, je la verrai). Parce que Stéphanie Aflalo capte immédiatement l’attention, par son regard, son imprévisibilité, sa folie.

Et c’est une pièce déroutante qui se déroule devant nous. Déjà, parce qu’il n’y aura aucune interaction avec le public contrairement à « Quatuor Violence » ou « Flirt » ni véritablement de moments performatifs. Certes, il n’y a pas une réelle linéarité mais il y a une histoire, pas simple à appréhender. Ça commence avec Elsa qui a invité chez elle Stéphanie, Ava et Antonin. L’action se déroule en arrière-scène, on les entend à peine, malgré le micro suspendu (d’ailleurs, un des défauts récurrents du spectacle est la non-audibilité ou la non-articulation de certains acteurs). On ne sait pas trop ce qu’ils font là, mis à part qu’Elsa restera seule avec son rêve, que Stéphanie et Antonin feront connaissance et peut-être avanceront dans le projet de Stéphanie et Ava… Ben je n’ai pas bien compris le rôle joué par Ava Hervier dans cette pièce, si ce n’est d’apporter sur un plateau le dernier tableau chanté. Ava Hervier, dont on avait remarqué la voix et le grain de folie dans « On a dit, on fait un spectacle » au Centquatre, reste les trois quarts du temps à jardin en fond de scène, on ne sait pas vraiment si c’est elle qui actionne les touches du clavier, mais que fait-elle au juste ? Alors oui, son projet est de chanter, il est dommage que sa partie ne soit pas plus développée. De plus, je ne sais pas si c’était parce que c’était la première, mais les lumières sur scène furent longtemps hasardeuses (dans la pénombre, lumières à pleis tubes de néon), peut-être pour nous perdre.

Mais où vont-ils ? C’est la question qu’on peut se poser en voyant cette pièce. Et pourtant on est intrigué par la singularité d’Elsa Guedj et de son personnage qui veut seulement vivre dans une maison qu’elle aura construit presque de ses mains, avec des galeries et une salle DU bain, pour pouvoir mieux y disparaitre ensuite. On se prend à rêver de prendre la route avec Stéphanie Aflalo, malgré les hautes montagnes insurmontables. Malgré les longueurs de la pièce. Malgré un texte pas assez audible (oui, je me répète).

Mais où allons-nous ? Parce que ça nous rappelle tous ces projets pas forcément fous que nous avons mis de côté. Et quand je dis « nous », je dis surtout « je ».

 

vu le vendredi 27 avril 2018 aux Mains d’Oeuvres, Saint Ouen

prix de la place : 10€

 

NOTRE FOYER

Conception et mise en scène Florian Pautasso

Avec Stéphanie Aflalo, Elsa Guedj, Ava Hervier, Eugène Marcuse, Antonin Meyer-Esquerré, Marie-Christine Orry

Création musicale Sophie Van Everdingen – Création et régie lumière Philippe Ulysse, Marie-Sol Kim – Scénographie Philippe Ulysse, Florian Pautasso – Création costumes Florian Pautasso – Création et régie son Caroline Mas

Production Les Divins Animaux (https://www.lesdivinsanimaux.com)

du 16 au 20 octobre 2018 au théâtre de Vanves

 

(une autre histoire)

J’allais parler de mon expérience traumatisante de « Quatuor Violence » à la Manufacture à Avignon, mais j’en ai déjà parlé ici… Donc je parlerai… De quoi vais-je donc parler ?

De la cabane de Walden que je cherche et que je trouverai, dans laquelle je me terrerai, juste avec de quoi manger, une bouilloire, ma pile de livres. Elle sera protégée par une cloche en verre qui empêchera les ondes de passer. En même temps, je n’aurai ni ordinateur ni téléphone, donc bon. Elle se situera sur une plage de sable noir à Reynisfjara. Mes voisins seront les trolls. Je me lèverai tous les matins à sept heures, je mettrai ma doudoune et boirai mon café chaud sur la terrasse. Le lever du soleil. Les vagues.

De mon envie d’être un anonyme, de ne rendre aucun compte, à qui que ce soit. De mes adieux à tout bien matériel ou presque. De mes dents en acier mais blanches, qui font vraies. De savoir faire la rondade, le gratin de courgettes de ma mère, de me souvenir de l’intégralité du sonnet 20 de William Shakespeare.

De voir les années passer. De ne pas me souvenir des années passées.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

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