A kind of fierce (Katerina Andreou / Théâtre de la Bastille)

(quand on ne lit pas la bible)

A kind of fierce ? Une espèce de férocité ? Une variation autour de la figure du grand fauve à l’heure où il va boire ?

 

(de quoi ça parle en vrai)

Dans son solo baptisé A Kind of Fierce, la chorégraphe et danseuse grecque Katerina Andreou teste des figures, bifurque, se ravise, saute et se traîne, change de tempo, arpentant l’espace comme dans une course d’obstacles, évaluant son territoire. Car ce qu’elle met en scène ici c’est justement sa capacité et son envie d’inventer sans cesse de nouvelles règles du jeu. S’inspirant de l’observation de mouvements incarnant la liberté et l’audace – danses urbaines, concerts punk-rock des années 80, voguing né dans les clubs gay de New York – et s’imposant comme ligne de conduite la rupture et la déconstruction, elle cherche à trouver ce qui lui échappe. Les mouvements sitôt lancés sont interrompus ; des figures connues s’effacent devant quelque chose d’incongru ; la maladresse – feinte – vient perturber la dextérité – codée. A Kind of Fierce présente ainsi un parfait éloge de l’élan et de l’inattendu. (Laure Dautzenberg – http://www.theatre-bastille.com/saison-17-18/les-spectacles/a-kind-of-fierce)

 

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Crédits photos : Emilia Milewska

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Dans la série « Axel Ito tente de chroniquer de la danse sans paraphraser la note d’intention », aujourd’hui le solo de Katerina Andreou ! C’est ce que je disais à la personne qui m’accompagnait : « Quand tu vois du Pina Bausch ou du Marlene Monteiro Freitas, c’est quand même plus simple pour donner un avis… »

Ici le plateau est nu, hormis une série de néons au mur et deux autres posées au sol pour délimiter l’espace. Un micro est suspendu. Katerina Andreou arrive sans crier gare. Nous avons devant nous une danseuse aux airs de Buster Keaton, qui va essayer tout en conservant un air imperturbable. Démantibulée, déguingandée. On imagine son parcours si le plateau avait été plus grand (j’ai cru comprendre que le spectacle était conçu pour un espace plus étendu que celui de la salle du haut). Elle essaie, se ravise, elle recherche d’abord sans musique, même si on la soupçonne de se mouveoir sur le plateau avec quelque chose dans les oreilles. Des indications ? Une musique ? Katerina Andreou joue sur l’imprévisibilité. La tête de la danseuse heurte le micro, le son se répète. Un geste, la musique démarre (Chevreuil « Breakdance » et The Beatles « Because » dans une version bidouillée). Si on creuse, je reviens aux écouteurs dans les oreilles, lui dicte-t-on ce qu’elle doit jouer ? Le geste est libre. Enfin je crois.

C’est un régal de voir Katerina Andreou évoluer sur scène, d’y percevoir un certain humour, de l’audace (a kind of fierce…).

 

vu le samedi 14 avril 18 au Théâtre de la Bastille, Paris

prix de la place : 13€/mois (Pass Bastille)

 

A KIND OF FIERCE

Chorégraphie, interprétation et conception son Katerina Andreou

Régie son Éric Yvelin – Lumières Yannick Fouassier – Regard extérieur Myrto Katsiki

Production Mi-MAÏ 

C’était la dernière hier, dimanche 15 avril 18 au Théâtre de la Bastille (en collaboration avec l’Atelier de Paris – CDCN)

 

(une autre histoire)

Parfois je vais au théâtre tout seul. Parce que je suis un loup solitaire. Je creuse mon sillon, je gambade sur les chemins à mon rythme. Tout seul. Alone. Forever. Qui m’aime me suive ? Pas grand monde m’aime en ce moment, faut dire. Je jette en l’air les propositions, les invitations, pas grand monde pour les rattraper au vol.

Je n’ai pas invité la personne qui m’a accompagné aujourd’hui. Je lui ai dit : « Hey, je vais voir de la danse samedi à 19h, si tu veux me voir par la même occasion, ça sera ce moment-là ou jamais. ». L’ultimatum ultime. Je n’avais pas lancé cette bouteille au hasard dans la mer. La donzelle connaissait la danse, c’était son fond de commerce. Pas du genre à se suspendre à une barre de lapdance, je précise. Enfin… J’en sais rien. Non, danse contemporaine, tout ça, elle s’y connait.

Pas folle la guêpe ! Tu vois où je veux en venir ? J’invite quelqu’un qui s’y connait en danse, on assiste à la performance et juste après je la travaille. J’aurais bien voulu la travailler autrement, mais ça c’est une autre histoire… euh… Je la travaille, je l’interroge : Alors t’en as pensé quoi ? Mais le fin mot de l’histoire ? La technique ? Les références ? Ça parle de quoi finalement ?

Ne viens pas avec moi, tu risquerais de te retrouver ici. Je t’enregistre, je te note, je te reproduis. Ne viens pas avec moi ici, c’est à tes risques et périls.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

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