Andrea Schroeder (Queen Kong Club – Neuchâtel, Suisse – 13 avril 2018)

(ceci n’est pas une critique même si celle-ci est écrite par Cyril Bivalski…)

Bowie. C’est David Bowie qui récemment m’a fait découvrir Andrea Schroeder. Je réécoute sa trilogie berlinoise et le hasard a fait que je tombe sur une version de Heroes chanté en allemand par Andréa Schroeder. Quelle surprise ! Qui est cette femme ? D’où vient-elle ? Je tombe rapidement sur un article de Rolling Stone qui l’appelle la Voix de la Nuit. Elle a sorti trois albums et tourne sporadiquement.

La chance me sourit puisque je découvre qu’Andrea passe à deux kilomètres de chez moi, dans la plus petite salle de Neuchâtel, le Queen Kong Club. Elle est invitée par le Musée d’Art et d’Histoire de la ville. Tout de suite ça fait très sérieux. Est-ce que je mets une cravate ?

Le concert commence à 22:30. La salle est minuscule. Il doit bien y avoir une cinquantaine de personnes dans la pénombre. Cinq musiciens sont sur scène en comptant Andrea. Tous habillés en noir sur un sol en damier noir et  blanc. Très élégants, très calmes. J’aurais peut-être dû mettre une cravate finalement.

Le charme d’Andréa et de son groupe opère instantanément. Nous voici à Berlin, la nuit. Peut-être dans un film de Wim Wenders (les Ailes du Désir ?) ou dans un cabaret avec Marlene Dietrich. Nous chassons les fantômes et croisons les âmes égarées. Nick Cave et Nico ne sont pas loin. Barbara ? A ses débuts elle était surnommée la Chanteuse de Minuit. Rolling Stone n’a rien inventé.

Setlist Andrea
Crédits photos : Cyril Bivalski

Le concert se termine déjà. Il est presque minuit. Andrea est déjà repartie ! Pourtant il n’y a pas de pleine lune ce soir.

En quittant la salle, je m’arrête pour acheter son album « Where the wild oceans end ». Je suis intrigué par le titre. J’ai son 33 tours en main et quand je lève les yeux je m’aperçois que je suis face à Andrea et qu’elle m’attend avec le sourire. Comment est-ce possible ? D’où sort-elle ? J’ai trop tardé. Sans le vouloir je faisais la queue pour une dédicace. Trop tard pour reculer.

Je lui parle alors de sa reprise de Bowie et m’excuse en même temps de ne pas mieux connaître ses morceaux à elle. Elle me raconte les circonstances dans lesquelles elle a enregistré ce morceau et me pose alors une question :

Que crois-tu que David écoute là-haut ?

 

ANDREA SCHROEDER (http://andreaschroeder.com)

Vue à Neuchâtel le 13 avril 2018 au Queen Kong Club (http://www.case-a-chocs.ch/) à Neuchâtel, Suisse.

Prix de la place : 10CHF, premier rang sur la droite

 

(une autre histoire)

J’ai entretenu pendant une année une liaison interdite avec Marlene Dietrich (ou comment se mettre à dos son sergent instructeur quand tu fais ton service militaire).

Hiver 2000. Quelque part en France. Dans un fort.

Je suis l’un des derniers appelés en France. Chirac est Président. Jospin Premier Ministre. Le bug n’a pas eu lieu.

Je me suis mal débrouillé pour partir en coopération. Du coup je me retrouve en kaki pour dix mois.

Je siffle Lili Marleen quand je suis de corvée ou que je m’ennuie. C’est à dire la plupart du temps. Il y en a qui fument. Moi je siffle comme un merle. Pourquoi un chant allemand ? Je n’en sais rien. Ça m’est venu comme ça. J’aime bien cet air. Je trouve qu’en le sifflant bien, il dégage une certaine mélancolie. Je ne l’avais jamais sifflé avant d’être sous les drapeaux.

J’ai beau expliquer au sergent que pour moi c’est la version de Marlene Dietrich, un hymne à la résistance allemande contre les Nazis, apparemment c’est déplacé. Je suis même à deux doigts de me retrouver au trou pour outrage.

– Mais… elle a même sauvé Jean Gabin qui ne voulait pas tourner pour les Allemands !

– Ça ne compte pas. Ce n’est pas dans le répertoire.

– Alors quoi, La Marseillaise, on peut ?

– Première Classe, tu fais le fayot ? La Marseillaise on la chante, main sur le coeur et face au drapeau. On ne la siffle pas !

– Compris, Sergent, on peut siffler quoi alors ?

– Rien, tu ne siffles pas, et tu me nettoies ce couloir ! En silence.

A ce moment là, Ennio Morricone arrive de nulle part. J’attends que le sergent s’éloigne et je siffle le thème du Bon, la Brute et le Truand et je dompte mon couloir à coup de brosse à dents. Tiens, ça rime.

Sur ce, l’Ange Bleu m’appelle ! Prosit !

 

Textes et photos : Cyril Bivalski (Instagram.com/cyrilbivalski)

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