Club 27 (Guillaume Barbot / TGP St Denis)

(quand on ne lit pas la bible)

Club 27 ? L’histoire d’un club réunissant des natifs de l’Eure qui ont eu 27 peines de coeur dans leur vie ?

 

(de quoi ça parle en vrai)

Guillaume Barbot pousse les portes du club très fermé des chanteurs de rock morts à l’âge de vingt-sept ans, le Club 27. Brian Jones, Jimi Hendrix, Janis Joplin, Jim Morrison et Kurt Cobain, tous morts en pleine gloire après une vie fulgurante, faite de musique, de drogues et d’alcool, en sont les membres éternels. (…) Club 27 fait entrer en collision ces icônes absolues avec une bande de joyeux drilles d’aujourd’hui. S’affublant de boas, de perruques et de lunettes, ils jouent, comme lors d’une soirée entre amis, à « qui est qui ? ». Une fausse conférence de presse, où aveux de faiblesse et provocations égocentriques s’enchaînent, met le feu aux poudres. L’espace théâtral, anarchique et mouvant, accueille le ballet des corps, des voix et des esprits qui se libèrent. Les géants apparaissent, survoltés et tendres. Ils charrient avec eux la grande histoire de la contestation et de la libération des moeurs. Brûlés et nus, ils livrent au grand soleil leur part d’ombre. C’est alors un déferlement de mots et de musique, une prise de parole collective pour tenter de saisir ce fameux esprit « rock », pour mettre en regard les idéaux d’hier et d’aujourd’hui. Doit-on tuer le père pour devenir un homme ? Comment construire nos mythes ? Faut-il brûler franchement ou s’éteindre à petit feu ? Ce sont des questions de vie. Et d’engagement. (http://www.theatregerardphilipe.com/cdn/club-27)

 

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Crédits photos : Marion Chasseigne (le deuxième à gauche est Geoffroy Rondeau remplacé pour les représentations au TGP St Denis par Guillaume Barbot)

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Je ne veux pas cafter mais j’ai un ami qui a écrit à deux reprises pour ce blog (à propos d’ « Ensemble Ensemble » et « Les Bijoux de Pacotille ») et qui m’avait prévenu que ce spectacle était très dispensable… Il l’avait vu en 2012 à La Manufacture pendant le festival off d’Avignon. Il faut toujours suivre les conseils de mon ami Laurent dont je ne dévoilerai pas le prénom et qui vit au quatrième étage d’un immeuble en région PACA. Je ne l’ai pas écouté, parce que les pièces bougent, que je suis (presque) toujours optimiste et… non je ne m’en mords pas les doigts, c’est toujours un plaisir de faire tout ce chemin jusqu’à St Denis, mais ça fait poser énormément de questions.

Surtout que je n’ai rien à reprocher à la plupart des comédiens présents sur scène et qui se donnent à fond, j’ai en tête notamment le jeu de jambes et la folie de Élise Marie, je ne mangerai plus du tiramisu sans penser à Céline Champinot (qui reviendra du 20 novembre au 8 décembre 2018 au Théâtre de la Bastille avec sa nouvelle pièce « La Bible vaste entreprise de colonisation d’une planète habitable » avec également Elise Marie – j’avais bien apprécié Vivipares qui pour le coup exploitait à fond le concept déguisement/dispositif foutraque)…

Mais de quoi ça parle en fait ? « Est-ce que montrer sa chatte, c’est rock ? » Voilà où on en est, se demander si c’est rock, alors que tout le monde sait que « Rock’n’Roll is a slut » et surtout « Rock’n’Roll is dead ». Evidemment la comédienne montre sa chatte et c’est toujours épatant d’attendre la réaction de la moitié de la salle composée de collégiens et/ou lycéens qui n’ont apparemment pas l’habitude d’aller au théâtre. Sur l’argument fallacieux de la réunion de caricatures d’artistes tous morts à l’âge de 27 ans, qui sera très vite abandonné (idée pour plus tard : développer le personnage de Robert Johnson, membre originel du club 27, musicien méconnu des années 30), Guillaume Barbot se demande aussi où en est l’engagement. Ce n’est pas un hasard si cette pièce est reprogrammée en pleine « commémoration » de Mai 68, mais à quoi bon ? Tout est effleuré (un peu comme dans certaines de mes chroniques), rien n’est transcendé, tout est trop long. Alors que ça commençait bien (les comédiens nous accueillaient, nous offraient un verre de vin blanc… rien d’original là-dedans, mais toujours plaisant), que, finalement, on ne savait pas trop où on mettait les pieds, que l’idée que les comédiens s’amusent à incarner ces icônes du rock était suffisamment attrayante, mais on est vite revenu à quelque chose d’assez prévisible (un monologue, une chanson (enregistrée ou chantée plus ou moins bien en direct avec l’aide d’un guitariste-violoniste), un monologue, une chanson… chaque acteur a son moment…).

Le comble de l’hypocrisie est quand la pièce se regarde elle-même, se demandant pourquoi elle n’a pas été plus programmée (vous avez tout de même joué à Paris au TPV, aux Métallos, bénéficié d’aides à l’écriture… que je n’ai pas trouvée sensationnelle, soit dit en passant), si elle n’est pas assez rock, s’étonnant de se produire au TGP de Saint Denis (dans une salle trop grande pour eux et d’ailleurs rien n’est fait de ce grand et bel espace) : Geoffroy Rondeau faisait partie de la distribution originale (remplacé ici par le concepteur-auteur-metteur en scène Guillaume Barbot) et Geoffroy Rondeau travaille très souvent avec Jean Bellorini (metteur en scène de talent et directeur du TGP Saint Denis, pour ceux qui ne le sauraient pas). Quand j’écris cela, je ne suis pas dupe, tous les directeurs de théâtre programment en partie des artistes avec qui ils ont des affinités artistiques et/ou amicales et ça ne me dérange même pas, mais je trouve cela assez cynique d’en parler dans cette pièce.

Il me reste l’enthousiasme et l’engagement de la plupart des comédiens (Zoon Besse et aussi Séverine Astel, ne les oublions pas), mais pas grand chose d’autre et c’est surtout loin d’être suffisant.

 

vu le vendredi 6 avril 2018 au Théâtre Gérard Philippe, CDN Saint Denis.

prix de la place : invitation

 

CLUB 27

ÉCRITURE, CONCEPTION ET MISE EN SCÈNE Guillaume Barbot

Créé avec Séverine Astel, Guillaume Barbot, Zoon Besse, Pierre-Marie Braye-Weppe, Céline Champinot, Élise Marie

Scénographie Cécilia Delestre – Musique Pierre-Marie Braye-Weppe – Lumière Mathieu Courtaillier – Costumes Geoffroy Rondeau

Production Coup de Poker (http://coupdepoker.org/)

Jusqu’au 15 avril 18 au TGP CDN St Denis

 

(une autre histoire)

Au lycée, j’étais amoureux d’une fille qui aimait Kurt Cobain. Evidemment, je n’ai jamais fait le poids, même s’il m’arrivait de ne pas laver mes cheveux et de porter une chemise à carreaux. Elle avait découvert Nirvana après la mort du chanteur. Moi, j’avais déjà ses K7 audios. « I hate myself and I want to die », c’est ce qu’avait écrit l’ami Kurt. La fille que je croyais aimer avait écrit cette phrase dans son agenda Quo Vadis, agrémentée de petits dessins macabres. Une fois, elle avait pris mon agenda et avait voulu y écrire je ne sais quoi. Je n’ai jamais aimé retrouver des mots plus ou moins doux dans mes cahiers de texte. Je suis allergique à l’écriture de l’autre, connu.e ou pas connu.e. Comme quand j’ai découvert les annotations dans un exemplaire de « Sur la route » de Jack Kerouac acheté en occasion (le premier et le dernier) chez Gibert, j’en ai encore des frissons dans le dos.

Janis Joplin est morte à 27 ans et pourtant j’ai toujours cru qu’elle était plus vieille.  C’est sexiste de dire ça ?

Jim Morrison est enterré au Père Lachaise. J’y suis allé, j’ai vu sa tombe, nettoyée. Je suis reparti et ai réécouté chez moi ma chanson préférée (je connais les paroles par coeur) Alabama Song. Comme c’est une chanson de Kurt Weill reprise par The Doors, suis-je tout de même un fan de Jim Morrison ?

Quand j’ai appris la mort de Amy Winehouse, je me trouvais dans une chambre d’hôtel d’un Formule 1 dans une zone commerciale en périphérie d’Avignon. Je crois que je baignais dans mon vomi. Non, ça c’était mon rêve, je rêvais que j’étais Brian Jones. Je confonds toujours avec Jimi Hendrix. Parce que Brian Jones, c’est dans une piscine qu’il est mort. Je ne sais pas ce qui est préférable : mourir étouffé dans son vomi, avec le parfum des lasagnes mangées la veille au soir ou noyé dans l’eau trop chlorée d’une piscine sûrement agrémentée d’urine. Je ne sais pas.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

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