This duet we’ve already done (so many times) (Frédérick Gravel / Théâtre de la Bastille)

(quand on ne lit pas la bible)

This duet we’ve already done (so many times) ? Un spectacle sur deux chanteurs de karaoké qui reprennent une ulitme fois la chanson d’Elton John et Kiki Dee « Don’t go breaking my heart » ?

 

(de quoi ça parle en vrai)

Proche d’artistes comme Daniel Léveillé ou Étienne Lepage, le chorégraphe, danseur et musicien Frédérick Gravel fait partie des chercheurs actifs de la danse contemporaine sur la scène montréalaise. Dans ce nouveau spectacle, plus intimiste mais toujours électrique, il invente un pas de deux tout en crescendo. Un iPad laisse défiler du Joy Division, du Timber Timbre ou du Last Ex, un peu de whisky appelle à la détente… Sans artifice et tout en nonchalance, nous entrons dans la danse d’un couple amoureux, un peu mais pas si rock, fragile. Lui assume sa maladresse. Elle répond par une précision tranchante. Ils se regardent, jouent, dansent l’un pour l’autre. Puis, comme par accident, la complémentarité les gagne, romantique et jouissive. (Elsa Kedadouche – http://www.theatre-bastille.com/saison-17-18/les-spectacles/this-duet-that-weve-already-done-so-many-times)

 

OLYMPUS DIGITAL CAMERA
Crédits photos : Claudia Chan Tak

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Ces deux-là se connaissent, on le devine. Faut dire que le titre aide. À notre entrée dans la salle, Frédérick Gravel passe des vieilles chansons sur sa tablette, Brianna Lombardo s’échauffe, son collègue en fera de même. Ils boivent un verre de whisky coupé à l’eau.

Ça commence, it’s country time ! Chacun leur tour ils dansent, s’observent mais paraissent connaitre chacun le tour de l’autre. Partie deux, plus contemporaine, dans la musique je veux dire, c’est un corps à corps, chaque geste vers l’autre, chaque toucher sont autant de micro-histoires. Ils sont touchants, parfois drôles, toujours justes. Ce duo séduit instantanément, notamment grâce à leur simplicité.

Il faut saluer les choix musicaux de Frédérick Gravel et de Stéphane Boucher, toujours à propos, qui, mis à part la dernière chanson qui ponctuera la fin du spectacle et les saluts (« Love will tear us apart » par Joy Division ), font la part belle à des artistes méconnus par le grand public comme Timber Timbre ou Last Ex.

Le temps s’étire, comme si on n’avait pas envie de les quitter, comme s’ils n’avaient pas envie de se quitter, même si la dernière chanson évoque.…

 

vu le mercredi 4 avril 2018 au théâtre de la Bastille, Paris

Prix de la place : 13€ (Pass Bastille)

 

THIS DUET THAT WE’VE ALREADY DONE (SO MANY TIMES)

Avec Frédérick Gravel et Brianna Lombardo

Conception et direction artistique Frédérick Gravel

Lumières Alexandre Pilon-Guay – Environnement sonore Stéphane Boucher et Frédérick Gravel – Musique originale Stéphane Boucher – Aide à la création et à la production Ivana Milicevic et Jamie Wright – Aide aux costumes Elen Ewing – Conseillers à la création Stéphane Boucher, Clara Furey, Étienne Lepage et Katya Montaignac – Direction technique Olivier Chopinet

Production Frédérick Gravel et Daniel Léveillé Danse (https://www.danielleveilledanse.org)

Jusqu’au 8 avril 18 au Théâtre de la Bastille (en collaboration avec l’Atelier de Paris – CDCN)

 

(une autre histoire)

Il y a dix ans, je suis allé pour la première et unique fois à New York. Comme j’aime bien la difficulté, je ne suis pas parti de Paris ou de Marseille mais de la ville de Québec. D’abord du covoiturage avec Allostop entre Québec et Montréal, puis le bus de minuit pour arriver au petit matin dans la Grosse Pomme. Sur le trajet retour, au passage aux douanes, on me demanda ce que j’avais dans mon sac. « Mes affaires » répondis-je très naturellement. L’agent me regarda d’un air circonspect, haussa un de ses sourcils. « Vous savez, par chez nous, ça peut être mal compris le mot « affaires ». Ca peut paraitre louche ! » répliqua-t-il. « Euh… Euh… Ben… Mes vêtements, des souvenirs, des livres… » bredouillai-je.

A mon arrivée à Montréal, je pris une douche bien méritée dans une de ces salles de bains partagées avec une autre chambre. Ne surtout pas oublier de verrouiller la porte de communication, c’est un conseil. Le soir je retrouvai des connaissances françaises qui se produisaient en concert dans le cadre des Francofolies de Montréal. Pas peu fier d’arborer mon Pass Backstage. Je suis Wayne. Je suis Garth. Après le concert, dans les loges, on m’offrit un verre de vin, on me présenta une chanteuse que j’appréciais beaucoup (et encore aujourd’hui). Elle avait la peau douce. J’oubliai que j’avais le même âge qu’elle, que si j’avais voulu, j’aurais pu la courtiser, lui faire les yeux doux, comme on dit. Mais c’est comme si j’avais seize ans (et encore aujjourd’hui)

Je ne sais plus si c’était avant ou après New York, toujours à Montréal, toujours pendant les Francofolies, j’avais assisté à une des représentations de Mutantès, un opera rock de Pierre Lapointe. A l’époque, je ne savais pas que Frédérick Gravel avait signé la chorégraphie du spectacle.

Plusieurs années plus tard, en 2014, j’attendais dans la file du théâtre de la Bastille pour accéder à la salle du bas et voir « Ainsi parlait… » du même Frédérick Gravel (et aussi de Étienne Lepage). A côté de moi patientait Pierre Lapointe. Naïvement, je me dis qu’il venait seulement voir un compatriote québécois. Je n’osai pas l’aborder, parce que je ne savais jamais quoi dire dans une situation pareille. Même si je connais certaines de ses chansons par cœur, que je l’avais vu quatre ou cinq fois sur scène. J’aurais pu lui parler de Mutantès que j’avais vu à Montréal. Il m’aurait dit que Gravel en avait signé la chorégraphie.

C’est seulement hier que je découvris le lien entre les deux artistes : c’était écrit dans la bible du spectacle. On n’a pas entendu du Pierre Lapointe, mais du Timbre Timbre et c’est aussi vraiment bien. Après le spectacle, j’aurais pu dire à Frédérick Gravel tout le bien que je pensais de son travail. Ca commence à faire pas mal de spectacles que je vois de lui (je n’ai pas cité « Logique du pire », donc je cite aussi « Logique du pire »). J’aurais même pu lui parler de l’histoire avec Pierre Lapointe, mais j’allais voir l’autre spectacle de danse programmé dans le même théâtre.

Dommage que je ne puisse pas non plus me rendre à son DJ Set ce samedi à Bastille. Parce que je vais voir un autre spectacle.

Je vais voir trop de spectacles. Définitivement.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s