Les Émigrants – The Ghostchasers (W.G. Sebald / Volodia Serre / Théâtre de la Bastille)

(quand on ne lit pas la bible)

Les émigrants ? C’est l’histoire d’un vagabond au pantalon trop large et à la veste étriquée qui traverse l’Atlantique sur un cargo. Là il rencontre un autre vagabond à la petite moustache et aux chaussures portées aux mauvais pieds, qui, lui aussi veut rejoindre l’Amérique ?

 

(de quoi ça parle en vrai)

Avec Les Émigrants, au travers d’une émission de radio, Volodia Serre tisse une vaste toile de parcours migratoires, déroulant les fils d’un réseau complexe de destinées traversant l’Europe. Cinq vies, si l’on ajoute celle du narrateur, prouvent à travers leurs pérégrinations, à quel point l’émigration est consubstantielle à nos sociétés depuis leurs origines et qu’il est bien évident que, si les personnes émigrent, c’est qu’elles n’ont pas le choix. (http://www.theatre-bastille.com/saison-17-18/les-spectacles/les-emigrants-the-ghostchasers)

 

LES EMIGRANTS (Volodia Serre 2018)
Photo de couverture :  Pierre Grosbois / Photo ci-dessus : Victor Tonelli (avec les acteurs Olivier Balazuc et le magnifique sourire de Gretel Delattre)

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

C’est dans l’atmosphère ouatée d’une émission radiophonique que les quatre comédiens nous accueillent, aidés par la voix suave de Marianne Faithfull, avec la chanson écrite avec Nick Cave « There is a ghost ». J’en profite tout de suite pour souligner et saluer la création sonore, pas seulement musicale (Leonard Cohen en deuxième partie, encore Marianne Faithfull…) mais aussi d’ambiance qui enveloppe parfaitement les spectateurs. L’émission est retransmise en direct sur un site internet dédié au spectacle. Je peux même réécouter les passages que je n’ai pas compris et/ou pendant lesquels je me suis endormi. La pièce radiophonique est à la mode, les émissions de France Culture, par exemple, emportent un vif succès et le fait de pouvoir simplement fermer les yeux et entendre les voix des comédiens est un plaisir. Même s’il est plus que conseillé de les garder ouverts pour profiter de la scénographie, dans laquelle se cachent de multiples trésors, comme on pourrait imaginer Sebald collectant tous les objets, photos et autres souvenirs en rapport avec ses personnages. Certains sortent la grande artillerie, ici, rien de spectaculaire sauf un train électrique qu’on regarderait rouler des heures et des heures…

Ce sont les acteurs eux-mêmes qui présentent l’oeuvre de Sebald, en leurs noms et s’engagent à personnifier certains passages du roman, font vivre quatre personnages plus ou moins liés à Sebald et dont le point commun sera le déracinement.

On ressent la sensibilité et l’affection que peuvent avoir le metteur en scène/adaptateur/acteur Volodia Serre et ses trois comparses envers l’oeuvre de Sebald. Pourtant, je ne suis pas parvenu à totalement m’impliquer dans ces récits et je n’arrive pas à me l’expliquer (une des raisons serait ma fatigue chronique… qui ne m’a cependant pas empêché de revenir pour la 2e partie, preuve d’un intérêt pour cette oeuvre).

Ps : Il faudra qu’on m’explique pourquoi c’est la personne de sexe féminin qui s’est mise nue à la fin de la pièce. Je n’en ai pas perçu l’intérêt, sans parler que Gretel Delattre interprétait un personnage masculin.

Pps : La bible est très bien documentée et intéressante (reproductions de photographies, de paroles de chansons), à conserver (mais je conserve toutes les bibles et autres tickets dans les cartons que je reçois de la part d’une société de capsules de café)

 

Vu le mardi 27 mars 18 (1e partie) et le mercredi 28 mars 18 (2e partie) au théâtre de la Bastille, Paris.

Prix de la place : 13€/mois (Pass Bastille)

 

LES ÉMIGRANTS – THE GHOSTCHASERS

Avec Olivier Balazuc, Gretel Delattre, Pierre Mignard et Volodia Serre

D’après Les Émigrants de W. G. Sebald Spectacle de la compagnie Le cinq mai en collaboration avec En votre compagnie

Adaptation et mise en scène Volodia Serre (http://www.volodiaserre.com)

Scénographie Mathias Baudry – Lumières Kévin Briard – Son et musique Frédéric Minière – Costumes Hanna Sjödin

Jusqu’au 31 mars 2018 au Théâtre de la Bastille (+ SOIRÉE OH OUÏE ! « LE BRUIT DU TEMPS » le 30 mars)

 

(d’autres histoires)

– C’est moi qui fais des bruits avec mes entrailles, mais c’est pas des pets. Je ne sais pas ce qui m’arrive. Pourtant, ça fait longtemps que je ne bois que du lait sans lactose, parce que je suis intolérant au lactose. Cela voudrait-il dire que je ne peux même plus manger de fromage ou de petits suisses ? Parce que je mange des petits suisses le soir au dessert. C’est par période. Parfois des yoghourts, parfois du fromage blanc et en ce moment des petits suisses.

– C’est elle qui pensait que la pièce était en anglais, parce que « LES ÉMIGRANTS » était sous-titré « THE GHOSTCHASERS ». Elle a très vite compris sa douleur. Assise au milieu du rang, elle ne pouvait point s’échapper. Alors, par intermittence, elle consultait son téléphone portable. Pendant la pièce, la comédienne soliloquait, nous regardait, la regardait, ce qui ne l’empêcha pas de prendre son GSM et de liker les dernières parutions sur Instagram de chatons perdus.

– C’est lui qui chausse ses lunettes lorsque l’actrice principale, devant nous, se dévêtit, le haut puis le bas. Il a chaussé ses putains de lunettes. Il est assis au troisième rang et pile à ce moment-là…

– Ce sont les acteurs qui sont déjà présents sur scène, pendant que les derniers spectateurs prennent place, qui écoutent la voix de Marianne Faithfull et qui se demandent si les deux spectateurs au cinquième rang (derrière moi) vont arrêter de parler quand le compte à rebours affiché au-dessus d’eux arrivera à terme. Mais ils ne peuvent pas se la fermer, pensent-ils peut-être, et écouter cette sublime chanson ?

– C’est l’acteur qui me fait penser à quelqu’un. Mais pas à quelqu’un de maintenant, mais d’avant. Avec un peu plus de cheveux et une petite bouille enfantine et… L’acteur devant moi a joué dans un de mes films préférés quand j’avais douze ans, le genre de films que tu revois avec un peu de honte, mais que tu revois quand même.  Jusqu’à la fin. Volodia Serre jouait dans… « Génial, mes parents divorcent ! »

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s