Opéraporno (Pierre Guillois / Théâtre du Rond Point)

(quand on n’a pas lu la bible)

Opéraporno ? J’hésite entre Jonas Kauffman et Natalie Dessay qui jouent dans Gorge profonde ou Ovidie et Rocco Siffredi (je ne suis pas très à jour quant à mes références pornographiques) dans La Traviata ?

 

(de quoi ça parle en vrai)

Tout aurait pu si bien se passer. Week-end à la campagne, bel étang, modeste baraque de famille. Mais la grand-mère reste enfermée dans la voiture. Le père s’ampute un doigt au sécateur. On le met au frigo, le doigt. On le prend vite pour un nem un peu dur. Tout le monde s’enfile dans une joie scatologique enchantée. Et le porno sort du bois, le genre n’est plus honteux. C’est une fête où tout dégénère, orgies, sexe à gogo et tous les liquides qui vont avec. Toutes les limites sont franchies. On vire à l’outrage, hilarant scandale. Mais la pièce fera la joie des partisans des valeurs sûres : il s’agit d’une œuvre lyrique, même si l’opéra traditionnel tire vers l’opérette. Une explosion du mauvais goût dans un écrin de soie. (https://www.theatredurondpoint.fr/spectacle/operaporno/)

 

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Crédits photos : Fabienne Rappeneau

 

(ceci n’est pas une critique mais un peu quand même…)

Autant vous dire que cette « non-critique » est passée par un peu toutes les couleurs de l’arc-en ciel, que j’ai d’ailleurs souvent retrouvées sur mon visage, selon mon humeur en écrivant, en repensant à ce spectacle.

JE SUIS CELUI QUI N’A PAS RI.

Régulièrement je me demande si je dois écrire sur tout ce que je vois. Le temps d’un instant, je baisse les bras sur telle ou telle pièce, parce que je suis fatigué, en retard, par manque d’inspiration, par manque d’envie (dois-je prendre du temps pour dire que je n’ai pas aimé ou compris un spectacle ?). Puis je me souviens de la promesse que je me suis faite : écrire durant la saison 17/18 sur tout ce que je vois.

J’ai donc vu Opéraporno. Je suis resté jusqu’au bout, je précise. Je n’ai pas applaudi à la fin de la pièce. J’ai dérangé la personne à côté de moi pour partir pendant les saluts. Pour commencer par la fin, je voudrais présenter mes excuses à l’équipe présente sur scène qui ne méritait sûrement pas mon mépris. Le pire, c’est que je n’ai évidemment rien à reprocher aux deux musiciens et aux quatre comédiens. Ils n’ont été nullement mauvais (pas tout à fait certain de ma double négation : ils étaient loin d’être mauvais, c’est ce que je voulais dire) et que ça chante pas trop mal si on aime l’opérette.

Ceci étant dit, ça faisait longtemps que je ne m’étais pas senti autant décalé par rapport au reste du public, même s’il y a eu quelque désaffections pendant la représentation. Durant le spectacle, j’entendais mes congénères s’esclaffer, rire grassement, tandis que je restais de marbre. Je pense avoir ri une fois : quand un rat s’échappe de la poubelle et se cache sous le buffet de la cuisine. Voir ce petit effet mécanique… oui, parce que ce n’était pas un vrai rat, m’a fait pouffer, oui.  J’ai peut-être l’air condescendant en écrivant tout cela, c’est possible, moi qui pourtant aimais le cinéma des frères Farrelly, de Kevin Smith, pourtant pas avare en blagues sexo-scato etc. (j’emploie l’imparfait, car ça fait bien longtemps qu’ils n’ont pas tourné de films dignes de ce nom), aime toujours les spectacles des Chiens de Navarre et ai découvert Angélica Liddell et Rodrigo Garcia au théâtre du Rond Point.

Alors certes, je n’avais alors vu aucune pièce de Pierre Guillois et j’ai profité de l’obligation dans l’abonnement de prendre quatre pièces se jouant dans la grande salle Renaud/Barrault pour découvrir son travail dont j’avais entendu du bien. On ne gagne pas toujours à ce jeu-là.

On va dire que je n’ai pas compris, que je suis passé à côté, que je n’étais pas assez reposé, que je ne possédais pas les clés. Ça m’arrive parfois quand je vois un spectacle de danse contemporaine ou une performance à laquelle je ne capte rien et je l’avoue bien volontiers. J’estime qu’il en faut beaucoup pour me choquer, ce qui n’a pas été le cas ici, même si j’ai poussé du bout des lèvres un « Oh non » quand la grand-mère montre son avant-bras souillé de la merde de son petit fils après un fist-fucking. En voyant ce spectacle, et je fais sans aucun doute un mauvais procès d’intention, mais je n’ai pu m’empêcher d’imaginer l’auteur avec ses post-its au mur sur lesquels étaient inscrits « mots, situations à caser » comme inceste, sodomie, godemiché, etc. (des mots qui vont permettre de faire monter mes stats…)

Bref je n’ai pas aimé.

 

vu le mercredi 21 mars 2018 au théâtre du Rond Point de Paris

prix de la place : 19€ (tarif abonnement)

 

OPÉRAPORNO

Texte et mise en scène : Pierre Guillois

Composition musicale et piano : Nicolas Ducloux

Avec : Jean-Paul Muel, Lara Neumann, Flannan Obé, François-Michel Van Der Rest

Violoncelle : Jérôme Huille En alternance avec : Grégoire Korniluk

Costumes : Axel Aust assisté de : Camille Pénager – Lumières : Marie-Hélène Pinon Son et régie son : Loïc Le Cadre – Scénographie : Audrey Vuong assistée de : Gérald Ascargorta – Accessoires : Judith Dubois, Patrick Debruyn – Régie générale : Fabrice Guilbert – Régie plateau : Colin Plancher, Elvire Tapie

Jusqu’au 22 avril 18 au théâtre du Rond Point de Paris, les 25 et 26 avril 18 au Carré Magique de Lannion et les 29 et 30 mai 18 au Quartz de Brest.

 

(une autre histoire)

Je suis allé une fois à l’opéra, c’était à Bastille pour La Dame de pique de Pouchkine. On voit de partout à Bastille, c’est bien.

Je suis allé plusieurs fois sur des sites pornographiques, je ferai l’impasse sur les noms, les titres, les tags, les pratiques (vous pouvez demander aux jeunes comédiens de « Notre innocence », prochainement sur ce blog…) J’ai mis un petit scotch sur la webcam de mon ordinateur. On ne sait jamais. Je suis quelqu’un de très curieux, avide de nouvelles expériences en tous genres, mais je ne me suis jamais enregistré ou filmé pendant quoi que ce soit. Je ne me supporte pas à l’écran et je n’aime pas ma voix. C’est uniquement pour cela. La première fois que j’ai vu un film olé olé… Tard… trop tard… Pas Canal à la maison, le magnétoscope est arrivé bien tard… Non, mais minute papillon, je ne vais pas parler de pornographie ici… Et encore moins de mes séances de paluchage dans mon lit, le soir, avant de me coucher… J’ai des murs très fins chez moi. J’entends souvent mon voisin, celui que je ne verrai jamais, puisque c’est celui de l’immeuble d’à côté. Je l’entends ronfler. Ça veut dire que son lit est placé tout contre le mur mitoyen. Donc si je l’entends, il doit m’entendre. Je pourrais mettre des écouteurs, mais ça me gêne. Alors je mets le volume sonore à 1 et je mords le polochon.

J’imagine certaines personnes qui arrêtent la lecture de cette histoire, préférant laver immédiatement leur cerveau de telles images… n’ayez crainte, je ne parle évidemment pas de moi, mais d’un autre, car tout ce que je raconte est de la fiction, bien évidemment : Je voudrais avouer ici que je ne me suis jamais masturbé. Et je suis toujours vierge, car mon film préféré est « 40 ans toujours puceau » de Judd Apatow avec Steve Carell et j’aurai gagné mon pari à la fin de cette année 2018. D’ailleurs, vous êtes tous invités à l’orgie que j’organise pour mes quarante ans. A bientôt ?

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

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