Cubix (Mathieu Enderlin / Le Mouffetard)

(quand on ne lit pas la bible)

Cubix ? C’est l’histoire de personnes qui n’ont aucun lien apparent entre eux, qui sont enfermés dans un cube et qui sont tout nus ?

 

(de quoi ça parle en vrai)

Sur une table, des cubes blancs. Deux joueuses les manipulent. Elles les déplacent, les empilent, les agencent, construisent des tours, des escaliers, des façades. Elles font et défont un puzzle infini en trois dimensions dans lequel s’invite la projection vidéo. Alors, le cube devient une matérialisation du pixel. Au centre des portraits en mille morceaux, une pièce manque parfois ! Entre le plaisir de la maîtrise et l’étonnement devant l’imprévu, les deux êtres explorent les possibilités d’un dialogue sans parole… (http://lemouffetard.com/spectacle/cubix-0)

 

CUBIX
Crédits photos : Jean-Yves Lacôte

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Alors que le dépouillement et l’économie de moyens de la pièce de Peter Brook me restent encore en mémoire (mon dada, en ce moment, c’est de faire le lien avec la chronique précédente, je commente… je commente… c’est plus fort que moi…), ici nous avons droit à un théâtre d’objets ET d’images animées. Et les deux faces de ce cube vont très bien ensemble (oui, je sais qu’un cube a plus de deux faces, mais je n’ai pas trouvé six autres qualificatifs pour cette oeuvre).

Le duo qui est face à nous ne s’exprimera (presque) jamais oralement (sauf pour l’original message traditionnel d’avant-spectacle du téléphone en mode théâtre, ici fait en japonais). Pourtant, je reste encore bluffé par l’expressivité de ces cubes blancs qui s’animeront à l’aide de nos manipulatrices qui ont un petit côté clown blanc et Auguste. On arrive à faire abstraction de tout le reste, on voit un chien, un personnage de jeu vidéo à la Mario Bros tentant de franchir des obstacles, on atteindra même le summum du suspense grâce à une tour infernale à la Jenga ! La partie vidéo est également assez impressionnante, car sur ces cubes sont projetées des images plus ou moins animées. Tout est millimétré et maîtrisé. D’ailleurs cela m’a fait penser à ces vidéos qu’on pouvait voir dans « L’oeil du cyclone » sur Canal Plus dans les années 90 ou dans certains musées d’art contemporain. Comme si les nouvelles technologies permettaient finalement de démocratiser quelque chose qui pouvait passer comme élitiste il y a vingt ans.

Ce maraboutdeficelle (un shiritori en japonais) qu’est ce spectacle pour jeunes et moins jeunes est très inventif, joue avec notre perception visuelle et nous fait passer un agréable moment (dit-il en prenant sa voix de journaliste de France 3).

 

vu le dimanche 18 mars 2018 au Théâtre Mouffetard (Paris)

Prix de la place : invitation

 

CUBIX

Mise en scène : Mathieu Enderlin

Interprètes : Yasuyo Mochizuki et Aurélie Dumaret

Scénographie : Jeanne Sandjian – Lumière : Pierre-Émile Soulié

Jusqu’au 25 mars 2018 au Théâtre Mouffetard et aussi à l’Espace Culturel Lionel Boutrouche à Ingré (45) les 30 et 31 mars 18.

 

(une autre histoire)

Je suis nostalgique des jeux vidéos de mon adolescence. J’étais l’heureux détenteur d’une magnifique console de salon Master System de marque Sega. J’avais même écrit une rédaction autour de cet objet qui avait fait son entrée au domicile familial un Noël 1991. J’étais en cinquième. Mes premiers jeux s’appelaient Hang On (un jeu de moto qui était intégré dans la console même), Shinobi (un jeu de ninja dont la musique me trotte encore dans la tête) et Golden Axe. Ce dernier, je le connaissais bien car j’y jouais en arcade, l’été, quand j’allais en vacances à la montagne. A côté du cnéma, y avait une salle de jeux avec des flippers et des jeux vidéos. Mes jeux préférés c’était donc Golden Axe (un jeu de combat dans l’univers de l’Heroic Fantasy) et Double Dragon (un Beat’em up). Mon coup préféré dans Double Dragon, c’était : Je prends la tête de mon adversaire par les oreilles et je la fracasse à coups de genoux. Je n’ai jamais su me battre dans la vraie vie. Même pour m’amuser. Un jour, au collège, j’avais défié un gars de ma classe, je ne me souviens même plus de la raison. On devait se retrouver à la sortie, mais comme il était retenu par un professeur, je savais qu’il n’arriverait pas à temps. J’ai fanfaronné devant le collège : « Il a eu peur de moi ! » Le collège dont je parle n’existe plus. Il a été détruit puis reconstruit, mais il ne ressemble en rien à celui qu’on a fréquenté. Tout comme le lycée où j’ai commencé à faire du théâtre. Le bâtiment est toujours là, imposant, en face du Cinémadeleine, mais il ne porte plus le nom qu’on lui connaissait. La salle de jeux à côté du cinéma dans cette station de montagne n’existe plus non plus. Le projectionniste du cinéma a pris sa retraite. Mes grands parents ont vendu le studio qu’ils possédaient dans cette station de montagne. Moi-même, je ne vais plus dans cette station de montagne. Je ne sais plus où se trouve ma console Master System 8Bits. J’aimerais y rejouer, pour retrouver certaines sensations, des souvenirs. Il n’est pas bon d’être nostalgique. Parfois je me dis que je pourrais acheter une nouvelle console de jeux, puis je me ravise car je me souviens que sur les manettes, il y a trop de boutons.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

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