Claude (Gauthier Ployette / La Croisée des Chemins)

(quand on ne lit pas la bible)

Claude ? Quarante ans après sa mort, voici le spectacle ultime sur Cloclo dans lequel sera dévoilée la face cachée et privée de l’artiste ? Un spectacle qui ne sera bien évidemment pas électrique ?

 

(de quoi ça parle en vrai)

Claude, 24 ans, seul en scène, est un être vivant de l’espèce humaine : Homo sapiens, communément appelé homme moderne, « homme », « homme anatomiquement moderne », « humain » ou encore « être humain », autrement dit, une espèce de primates appartenant à la famille des hominidés. Que fait-il ? Où va-t-il ? Qui est-il ? Entre homme, femme, enfant, qu’importe ce qu’il peut être. Claude a des choses à dire… (https://www.theatrelacroiseedeschemins.com/claude)

 

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

C’est dans la minuscule salle (à peine plus de trente places) du théâtre « La croisée des chemins » que je m’assois en ce mercredi pluvieux. La perplexité tout d’abord me gagne. Est-ce à cause de l’exiguïté du lieu ? Nous entendons le personnage ou l’acteur faire ses vocalises, se raser, se gargariser, alors que la lumière tournée vers nous nous aveugle. Le spectacle aurait-il déjà commencé ? Mais qu’est-ce que je fais là ? Noir dans le public, Claude arrive, torse nu, tignasse en liberté, seulement vêtu d’un caleçon défraîchi (Augustin Trappenard, sors de mon corps !). Dès l’entrée de Gauthier Ployette sur scène, on a la conviction qu’on ne va pas voir un spectacle comme les autres, parce que le fameux Claude n’est pas comme les autres, même si, par bien des égards, on (je) peut (x) se (me) reconnaître : « Sommes-nous obligés de nous mettre dans des cases ? », telle est la question.

Au départ, la pièce intrigue, on a devant nous un drôle d’énergumène avec un phrasé particulier, on ne sait pas trop où on va, ça peut paraitre décousu. Pourtant, passé un petit temps d’adaptation, on se laisse emporter par la qualité d’écriture (pas pompeuse, soignée) et d’interprétation (la voix, le corps, check), par la sincérité de l’entreprise, on sourit (la fameuse empathie) face à son rapport aux parents, à la mère, on s’interroge nous-mêmes (C’est quoi au juste ma vie ? Elle est où ma place ? Bon… ok… ça a un peu fait écho chez moi… et oui, je suis aussi poilu et alors ? Evidemment, il faut avoir vu la pièce pour comprendre la référence à la pilosité).

La pièce est très (trop) courte, à peine plus de trente minutes, on aurait envie d’en savoir encore plus sur ce Claude (et pas Michel comme je me l’étais noté dans mon agenda). Mais on ne va pas bouder son plaisir, alors qu’on reproche à certains spectacles d’être bien trop longs.

Une découverte à découvrir. (ça ne veut rien dire, mais j’assume)

 

vu le mercredi 7 mars 2018 au Théâtre À la croisée des chemins

prix de la place : invitation blog/presse

 

CLAUDE

de et par Gauthier Ployette

Regard extérieur : Gaelle Malandrone – Conception musicale : Simon Crasquin

les mercredis et jeudis à 21h30 au Théâtre À la croisée des chemins jusqu’au 5 avril 2018

 

(une autre histoire)

Dans une autre vie, j’avais écrit une pièce pour deux acteurs. Nous avions présenté le fruit de notre dure labeur deux soirs d’été dans un petit théâtre du onzième arrondissement de Paris. Le régisseur du théâtre s’appelait Régis. Nous l’appelions Régis le Dragon, car il n’avait pas été très avenant lors de notre première rencontre, alors que nous étions intimidés et inquiets de ce que nous nous apprêtions à faire. Puis la bête s’assagit après avoir constaté que nous étions respectueux et polis envers le théâtre qui nous accueillait, son travail et sa propre personne. Lors du pot de dernière, il nous donna quelques conseils : « Surtout ne jouez pas en hiver et encore moins en début ou milieu de semaine. Les gens ne sortent plus. Ils ne sont plus motivés, sont déprimés, il fait froid, ils préfèrent rester au chaud. Attendez le printemps.»

Mais pourquoi ai-je donc accepté d’aller dans un théâtre à trois métros de chez moi ? A 21h 30 ??? Je calcule mon temps de trajet, soupire, regarde la pluie tomber par la fenêtre, soupire mais pars tout de même. J’ai pas envie, mais j’y vais quand même. J’ai dit que j’y allais, j’y vais.

Comme quand on n’a pas envie de se rendre à une soirée, parce qu’on a peur des gens qu’on va y rencontrer, de ne pas se présenter sous son meilleur jour, parce qu’on a tant de choses à faire chez soi comme… euh… voilà. Mais on y va, même si on ne sait jamais quoi apporter comme vin, même si on ne se souviendra pas de la majorité des prénoms des gens… On y va, parce que… parce qu’on ne sait jamais. Si on ne sort pas, on meurt. (certains sont sortis et en sont morts, mais c’est une autre histoire…). Si on ne rencontre pas les gens… Mais de quoi je parle ? Je suis en train de détruire ma réputation de misanthrope, admirateur de Cioran et Pessoa. Oubliez ce que je viens de dire. Mais on sort tout de même, sans parler aux gens, on est pressé, on boit, on mate, on emmagasine du matériau pour des écrits futurs au passé simple et on repart. Nous sommes en mars.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

 

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