T-Rex (Marc Oppecini / Marie Guibourt / Théâtre de la Contrescarpe)

(quand on ne lit pas la bible)

T-Rex ? Un spectacle musical sur la vie de Marc Bolan ?

 

(de quoi ça parle en vrai)

Jeune cadre dans une grande banque, Alexandre est propulsé manager. Une opportunité de carrière à saisir. Mais le terrifiant T-Rex de son enfance resurgit… Le burn-out est sur le point de le dévorer… (http://www.theatredelacontrescarpe.fr/t-rex-chronique-dune-vie-de-bureau-ordinaire-par-et-avec-alexandre-oppecini)

 

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Crédits photos : Armand Luciani

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Ce spectacle est hybride, cela commence comme un stand up : le comédien nous présente le T-Rex, enchaine en faisant un parallèle avec le métro parisien, on est censé se reconnaître (la dame devant moi n’a pas arrêté d’acquiescer et de dire « c’est vrai ») et donc (sou)rire. Puis on passe au one man show avec la chronique d’une vie de bureau où le comédien brosse le portrait de ses collègues de l’open space, passage pour lequel il les imitera (je vais passer pour un rabat-joie, mais on était vraiment obligé d’imiter la personne malentendante et d’identifier une autre employée comme étant une personne noire, alors que cela n’apporte vraiment rien au récit ?) et devient un seul en scène pendant lequel le comédien ne cherchera pas le seul rire et c’est la partie où disons je fus le plus captivé.

Alexandre Oppecini a le mérite, et ce n’est pas si évident que cela, de nous présenter un personnage pas vraiment aimable, qui se réjouit de sa future promotion suite au suicide de son supérieur, n’est pas heureux en couple mais ne parait pas avoir très envie que cela fonctionne pour autant et qui va se transformer en gros dinosaure qui mange tout sur son passage. Ce que dit surtout le spectacle, c’est que ce fameux T-Rex qui dévore le personnage de Alexandre de l’intérieur et qui le fera exploser, nous l’avons tous enfoui en nous, il suffit d’un élément déclencheur pour nous oublier pour mieux nous retrouver.

Cette tentative est honnête mais pas complètement réussie, en raison d’un rythme pas suffisamment soutenu et de certaines incohérences dans la narration  et dans les adresses au public (par exemple et sans divulgâcher, la révélation au père à la fin de la pièce aurait pu être intéressante et drôle si le public avait été mis au courant dès le départ, or on a été tout de suite mis sur une fausse piste)

Pour conclure, ce spectacle donne tout de même matière à réflexion, ce qui n’est déjà pas si mal.

 

vu le dimanche 18 février 2018 au théâtre de la Contrescarpe

prix de la place : invitation blog/presse

 

T-REX – Chronique d’une vie de bureau ordinaire

Auteur : Alexandre OPPECINI

Distribution : Alexandre OPPECINI

Mise en scène : Marie GUIBOURT

Scénographie et lumières : Lucie JOLIOT – Musique : Rémi OPPECINI (Infra-Rem)

les dimanches, lundi et mardi jusqu’au  27 mars 2018 au théâtre de la Contrescarpe (http://www.theatredelacontrescarpe.fr)

 

(une autre histoire)

Je ne sais pas comment j’ai fait pour rester aussi calme. Là où j’aurais rué dans les brancards ou même pleuré, tiens, je suis resté stoïque face à mon supérieur hiérarchique. Je lui ai exposé mon sentiment sur la situation, ce à quoi il m’a répondu : « Si c’est comme ça, vous n’avez qu’à vous arrêter. » Ce que j’ai fait.

Le premier jour, je reste chez moi, en peignoir, prends ma douche à quatre heures de l’après-midi, pile au moment où le soleil (quand il y en a) fait une percée à travers la lucarne. Le matin, je me suis réveillé exactement à la même heure que d’habitude, et ce sans alarme.

Le deuxième jour, je suis déjà à court de pâtes. J’élabore un stratagème pour me doucher un peu plus tôt, m’habiller et sortir. Or j’ai peur du regard des autres. D’habitude, à cette heure-là de la journée, en semaine de surcroît, le monde n’a pas le loisir de me voir. Que va penser la gardienne de mon immeuble ?

Le troisième jour, je sors. Procrastinateur un jour, procrastinateur toujours. Un nouveau monde s’ouvre à moi : prendre un café au comptoir, aller au cinéma à midi, profiter d’une expo sans se presser, courir aux Buttes Chaumont avec les retraités et les intermittents du spectacle.

Le quatrième jour, je fais mes nuits, comme un petit bébé. D’une seule traite. Je range, je trie, je me rase. J’achète des pâtes sans gluten. Non, je déconne.

Le cinquième jour, je passe la journée dans un café que j’affectionne et comme la plupart des clients, tapote sur le clavier de mon MacBook Air en me passant la main dans les cheveux.

Le sixième jour, je prends un billet de train, n’importe lequel, juste pour voir ce que ça fait de voyager hors saison. Je vais en Islande. Tant qu’à faire…

Le septième jour, je suis sur un bateau et c’est le solstice d’été. Oui, parce que le train pour aller en Islande, ce n’est pas possible. J’écoute Sigur Ros, parce que j’ai oublié de mettre dans mon appareil photo téléphone la musique de Olafur Arnalds.

Le huitième jour, je me réveille à 6h59, une minute avant mon réveil. Toujours une minute avant mon réveil. Soixante secondes pour décider de la suite. Aujourd’hui, je ne me lèverai pas. Je n’appellerai pas mon supérieur hiérarchique. J’attendrai qu’on vienne me chercher, m’extirper de mon lit. Je suis un poids mort. Vous allez en chier, moi je vous dis. Une fois n’est pas coutume, j’ai rêvé cette nuit. Je sais que j’ai rêvé, mais je ne me souviens plus de quoi j’ai rêvé. De quoi j’ai rêvé ?

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

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