Eve Risser (Piano Solo / FGO Barbara)

(de quoi ça parle en vrai)

« Dans ce nouveau répertoire au piano et en solo je joue des pièces fraîches dans le temps. Je joue du piano, aussi sans préparations. J’appuie souvent sur les touches blanches et noires. J’organise mes doigts selon une logique presque pianistique ! Une main pour le coeur, l’autre pour l’âme….un pied pour la fête? Je joue des morceaux qui me chantent. Il y en a plusieurs. Je m’arrête entre chaque. J’en fais chanter certains. J’en tape d’autres. J’aime emprunter des lignes verticales et horizontales à des grands artistes que j’écoute depuis ma tendre vingtaine : Monk, Bley, Haden. Sinon ce sont plutôt des compositions. Je joue ces trucs là car ils sont là en ce moment. Avant, après, pas pareil mais différent. » Eve Risser (https://www.everisser.com)

 

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Photo de couverture : Sylvain Gripoix – Photo ci-dessus : Moi

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

L’amie qui m’accompagnait ce soir-là me demandait, à juste titre, si j’allais chroniquer ce concert. Deux raisons pour lesquelles je pourrais ne pas le chroniquer : 1/ J’ai déjà vu Eve Risser en concert dans une forme courte l’automne dernier. 2/ Je ne m’y connais absolument pas en jazz expérimental, contemporain… Et pourtant je vais tout de même chroniquer son concert.

Parce que comme de nombreux musiciens, la pianiste Eve Risser porte plusieurs projets dans ses bras et celui présenté au FGO Barbara n’a rien à voir avec celui présenté à Pantin. Ici elle est toute seule avec un piano droit ouvert devant elle, dont elle va triturer les cordes de la main gauche tout en appuyant sur les touches blanches et noires avec sa main gauche. Tout parait improvisé, mais cela ne l’est sûrement pas. On ne sait pas où Eve Risser nous emmène, mais elle, elle le sait… enfin je crois.

Et la force de sa musique, c’est qu’elle nous emmène loin. Eve Risser évoque entre deux longs morceaux sa résidence en Suisse, les stries d’un volcan noir… Sa musique devient bande originale de nos pensées qui vagabondent. Et même quand elle est rejointe par quatre autres musiciens (du groupe qui partageait l’affiche ce soir-là), la magie opère tout autant.

Je ne pourrai pas dire grand chose d’autre, si ce n’est qu’elle est également très drôle, plus ou moins volontairement, dans sa prise de parole entre les morceaux et qu’il ne faut pas la rater quand elle repassera par Paris ou ailleurs, sûrement avec un autre projet que celui-ci.

PS : Lors de cette soirée au FGO Barbara, il y avait également après le set de Eve Risser, le groupe Journal Intime qui présentait son projet « Lips on fire II », qui reprend Jimi Hendrix ou les Beatles. J’ai dû partir avant la fin pour des raisons physiques (je suis quelque peu éreinté par mon rythme, à dire vrai et je suis bien heureux de prendre très bientôt une pause « spectacles/blog » qui me sera salutaire) mais je dirai seulement qu’il est dommage qu’il n’y ait pas plus de compositions personnelles, car celle que j’ai entendue était vraiment bien (je crois que je viens d’atteindre le sommet de l’art critique après cette dernière phrase).

 

vu le vendredi 16 février 2018 au FGO Barbara (Paris)

prix de la place : Invitation Télérama

 

EVE RISSER + JOURNAL INTIME

au FGO Barbara (Paris) Lien -> ici

Autres dates de Eve Risser : 14 mars 18 au CRR Montreuil Festival (Duo Risser-Rühl), 22 mars 18 au Festival Banlieues Bleues à l’Atelier du Plateau (Paris) (Solo) et les 1e et 2 juin 18 à l’Atelier du Plateau (New Ensemble World Premiere – Fin de résidence)

 

(une autre histoire)

J’écoute la musique et…

Je suis dans un avion, on frôle les montagnes, les skieurs, les tire-fesses. Je me demande comment cet avion va passer entre les pylônes, mais il y arrive. Comme ces avions qui font le tour d’une ville pour vous la montrer sous toutes ses coutures, histoire de nous faire patienter parce que la piste d’atterrissage n’est pas encore prête. Ça tombe bien, de la montagne on voit Lisbonne, on voit le Tage. Ses collines sont enneigées. Au loin on voit le pont du 25 avril. Lisbonne me manque. L’an passé, je m’apprêtais à te rejoindre pour un long mois d’écriture. Je n’ai écrit que dix jours, mais c’était pas bien grave. Je n’ai jamais écrit un premier jet aussi rapidement, Lisbonne. Même si j’ai mis ce premier jet dans mon dossier « pour plus tard », il s’est passé quelque chose chez toi. Depuis toi, je n’écris plus pareil, ou plutôt devrais-je dire je ne me suis plus arrêté d’écrire.

L’avion ne s’arrête pas non plus. Où me mènera-t-il ?

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

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