Jaguar (Marlene Monteiro Freitas / Andreas Merk / Théâtre de la Bastille)

(quand on ne lit pas la bible)

Jaguar ? Marlene Monteiro Freitas danse autour de voitures prêtées par la célèbre marque ? Une seule pensée vient alors à l’esprit des spectateurs : Mais comment diable ont – ils fait pour entrer toutes ces voitures dans la salle du bas du théâtre de la Bastille ?

 

(de quoi ça parle en vrai)

Accompagnée de son acolyte Andreas Merk, la chorégraphe cap-verdienne, au cours d’une partie de chasse endiablée, caresse les limites de l’esthétiquement correct. Les deux pantins clownesques se livrent à un savant mélange de sursauts et contorsions, saccadés et répétés en de multiples variations, alternant épuisement et état de transe devant un animal démesuré. Exaltés par la musique classique comme par les rythmes entraînants du carnaval du Cap-Vert, ils nous transportent dans leur univers énigmatique, fabuleux, singulier – évoquant le mythe de Diane surprise au bain par Actéon – où chacun pourra librement intérioriser les permanentes métamorphoses de ces deux danseurs. Une performance véritablement physique et animale. (http://www.theatre-bastille.com/saison-17-18/les-spectacles/jaguar)

 

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Crédits photos : Laurent Paillier

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Parce que je tiens « Bacantes » pour être l’un des meilleurs spectacles vus ces dernières années, c’est avec une impatience non dissimulée mais aussi une certaine appréhension, car peur d’être déçu, que je me suis rendu au Théâtre de la Bastille pour voir cette nouvelle pièce de Marlene Monteiro Freitas en collaboration avec Andreas Merk.

Ce spectacle est peut-être moins évident à appréhender que Bacantes, car on ne saisit pas immédiatement le lien entre les scènes (pour celui inspiré d’Euripide… ben la réponse était dans la question). Ce qui est en revanche bienheureux de retrouver, c’est la performance physique de Marlene Monteiro Freitas et de Andreas Merk qui, durant 1h45,  n’arrêteront pas une seule seconde.

« Jaguar » ne laisse pas indifférent. Il emprunte au burlesque, au clownesque dans cette façon de déformer les corps et les visages, épuise chaque possibilité autour de l’utilisation des accessoires : « ceci n’est pas une serviette », étire le temps et laisse surtout le champ libre à l’imagination et à toutes sortes d’interprétation. On apprécie également l’utilisation de morceaux classiques plutôt connus, d’airs de carnaval cap-verdien (ça je l’ai lu, je ne l’aurais pas deviné tout seul), tout comme on apprécie entendre un David Bowie qu’on n’a pas entendu 50-12 fois (Love is lost).

Puis ce mélange de baiser ou de tête de bête de foire…

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Encore une chose, Marlene Monteiro Freitas, je vous aime.

 

vu le mardi 13 février 2018 au Théâtre de la Bastille

Prix de la place : 13€/mois (pass Bastille)

 

JAGUAR

Chorégraphie Marlene Monteiro Freitas avec la collaboration de Andreas Merk

Performance Marlene Monteiro Freitas et Andreas Merk

Lumières et espace scénique Yannick Fouassier – Accessoires João Francisco Figueira en collaboration avec Miguel Figueira – Son Tiago Cerqueira – Recherches João Francisco Figueira et Marlene Monteiro Freitas

Spectacle présenté en coréalisation avec l’Atelier de Paris / Centre de développement chorégraphique national.

Jusqu’au 18 février 2018 au théâtre de la Bastille (Paris)

 

(une autre histoire)

Bonsoir, je vous remercie de bien vouloir signer cette autorisation. Vous vous engagez seulement à ne pas me poursuivre pénalement ou civilement, si jamais j’évoque un de vos faits et gestes durant cette soirée, mais également de continuer à m’adresser la parole. Je suis un peu à court d’idées, de ce fait, je grapille un peu tout ce qui me passe sous la main.

Par exemple, je pourrais évoquer ces deux spectatrices assises ce soir devant moi qui ont passé la moitié du spectacle à chercher un bijou qui avait glissé sous leurs sièges et qu’elles n’ont jamais retrouvé. Mais je ne le ferai pas, puisque l’une d’elles m’a avoué qu’elle lisait mes chroniques et que je suis un poltron. Je ne peux pas parler non plus de mes éventuelles conquêtes (rires du public) ni des rendez-vous galants que je donnerais au théâtre, car ces personnes-là sont également au courant de cet espace non-critique et je ne veux pas l’utiliser comme défouloir pour me venger d’une certaine personne qui aurait refusé mes avances et que j’ai déjà supprimé de mes contacts… Mais je n’en dirai pas plus. Non non, n’insistez pas. Je… Aaaah… Non, je ne raconterai rien, même sous la torture.

Tous mes amis partent de Paris, ils font des bébés, ah je vous jure ! Donc je n’aimerais pas me mettre à dos mes quelques amis restants. Sinon, je serais obligé de passer des annonces sur Twitter pour trouver des amis, je m’infiltrerais dans un atelier théâtre pour socialiser, pour me casser les dents sur des filles trop jeunes pour moi, j’essaierais de trouver une occupation près de Bastille, parce que j’aime beaucoup ce quartier, etc, etc.

Je deviendrais pathétique. Ou gênant. Ou les deux à la fois.

Vous pourriez dater, je vous prie, voilà, merci.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

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